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L’Arabie Saoudite rêve d’avoir le record du plus grand bâtiment jamais construit

the line

D’aucuns y verront la folie des grandeurs du prince héritier d’Arabie Saoudite, le très controversé Mohammed ben Salmane, d’autres une nouvelle étape dans la course au gigantisme. Toujours est-il qu’avec le projet The Line (la ligne) on franchit un nouveau cap dans les constructions humaines.

Après les gratte-ciel qui cherchent à être toujours plus fins (comme à New York) ou toujours plus hauts comme aux Émirats arabes unis (la tour Burj Khalifa et ses 828 mètres de hauteur), le projet saoudien prend le contre-pied… à l’horizontale. Depuis 2017, en effet, MBS rêve de développer des projets de diversification en construisant des infrastructures modernes et écologiques regroupées dans le projet Vision 2030. Avec plusieurs années de retard, il vient de présenter The Line dans le cadre du projet Neom, une ville futuriste d’un coût de 500 milliards de dollars située au Nord-Ouest de l’Arabie saoudite, à proximité de la Jordanie, de l’Égypte et d’Israël.

Une ville de 170 km de long

« En tant que président du conseil d’administration de Neom, je vous présente The Line, une ville pouvant accueillir un million d’habitants, de 170 km de long et qui préservera 95 % des zones naturelles », a affirmé MBS à la télévision. Dans cette ville futuriste « zéro voiture, zéro route et zéro émission de carbone », MBS veut construire non pas une longue ligne de bâtiments à file unique reliés par un train à grande vitesse, mais deux gratte-ciel parallèles de 500 mètres de haut qui s’étendront donc sur des dizaines de kilomètres, entre mer Rouge et intérieur des terres le long d’une coulée verte. Pour les futurs habitants, tous les services essentiels seraient à cinq minutes et le plus long trajet intra-urbain ne dépasserait pas 20 minutes. Reste qu’un tel projet laisse les spécialistes sceptiques.

Les experts sceptiques

« Personne ne déménagera dans une ville avec un bon réseau d’égouts mais pas d’emplois. Historiquement, les infrastructures suivent le marché, et non l’inverse », estime Alain Bertaud, chercheur principal au Marron Institute of Urban Management de NYU. De fait les villes nouvelles qui ont été pérennes ont souvent été des capitales de pays comme Brasilia au Brésil, conçue par Oscar Niemeyer ou Washington DC aux Etats-Unis, imaginée par l’ingénieur français Pierre Charles L’Enfant.

The Line verra-t-elle vraiment le jour ? Selon des sources internes à Neom et interrogées par Bloomberg, des architectes ont été chargés de plancher sur des prototypes de bâtiments de près de 800 mètres de long. Le projet s’est attaché la collaboration de Thom Mayne, de l’agence Morphosis, qui a reçu le prix Pritzker (le Nobel d’architecture) en 2005. Les premiers habitants pourraient s’installer sur The Line en 2024.


Security by Design : les architectes face à la sécurité des villes


Shanghai


Par Jean Marc Sanchis - Directeur Commercial et Marketing de La Barrière Automatique


La sécurité dans les villes est aujourd’hui au cœur des débats dans de nombreux pays, y compris en France. Le concept de « Security by Design » fait beaucoup parler dans les milieux où la sécurité est concernée. Ce concept fait référence à l’intégration de la sécurité en amont du processus de création d’une architecture réfléchie pour des villes où l’on souhaite que la sécurité des citoyens soit intégrée dans l’architecture. Selon ce concept, la sécurité doit être une priorité et non pas une option. Les architectes en charge de l’aménagement des villes peuvent allier l’esthétisme à la sécurité afin d’embellir les villes. En effet, les dispositifs de sécurité sont comme leur nom l’indique destinés à la sécurité des habitants des villes. Cependant, lorsque ces dispositifs ne sont pas esthétiques, l’effet inverse se produit. Cela crée de l’anxiété et un sentiment d’insécurité auprès des citoyens. Prenons par exemple les écoles aux Etats-Unis dotées de détecteurs de métaux à l’entrée qui permettent d’assurer la sécurité des élèves. Ces détecteurs ne sont ni dissimulés, ni esthétiquement beau. Cela crée un effet d’insécurité dans l’école bien que ces détecteurs soient là pour la sécurité au départ.

La discrétion : priorité pour les architectes


Face à ces défis d’esthétisme, les architectes peuvent réfléchir à l’aménagement des villes de façon différente en intégrant la sécurité dans leurs créations de manière plus discrète, en l’incorporant de manière passive. D’autant plus qu’une remise en question constante doit être effectuée en termes de sécurité dans les villes. Les réflexions autour de la sécurité doivent constamment se renouveler. En effet, de nouvelles menaces émergent ainsi de nouveaux moyens de sécurité doivent être mis en place. Ces moyens doivent-ils s’adapter à la ville et à cette volonté de discrétion ? La technologie évolue, la sécurité doit évoluer en même temps, tout comme les architectes qui doivent s’adapter à ces évolutions. Ces derniers vont certainement devoir anticiper le futur pour adapter leurs créations à un monde en constante évolution en termes de menaces et des nouvelles technologies.

Mais alors, les architectes devront-ils planifier 10 ans à l’avance pour être sûrs que la sécurité soit assurée dans les villes ? Devront-ils désormais travailler de pair avec d’autres acteurs de la sécurité ? Une chose est sûre, la sécurité reste une priorité pour les années à venir.