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EPR, mini-centrales SMR, fusion : le futur multiple du nucléaire

 

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La campagne présidentielle vient-elle de donner un coup de pression sur le gouvernement quant à sa décision sur la construction ou non de nouvelles centrales nucléaires ? Alors que la pertinence des éoliennes agite le débat public et que la hausse du prix des énergies inquiète les Français le gouvernement a annoncé qu’il pourrait décider la construction en France de nouveaux réacteurs nucléaires EPR (Evolutionary Power Reactor), des réacteurs de troisième génération, avant même la fin du chantier de la centrale de Flamanville (Manche). 

Les retards de l'EPR de Flamanville

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« Lorsque l’EPR de Flamanville sera livré, nous devons prendre cette décision », a déclaré la ministre déléguée à l’Industrie Agnès Pannier-Runacher, vendredi 30 septembre sur BFMTV. « Peut-être nous la prendrons un peu en avance lorsque nous serons sûrs que l’EPR de Flamanville sera sur la bonne voie. » Car là où le bât blesse, c’est que l’EPR de Flamanville a accumulé un énorme retard. Initialement prévue pour 2012, la mise en service est planifiée pour 2023… tandis que le coût est passé de 3,4 milliards d’euros à 19,1 milliards d’euros selon une évaluation de la Cours des comptes en juillet 2020. 

L’EPR – dont il n’existe pour l’heure qu’une centrale en fonctionnement à Taishan en Chine depuis 2018 et 3 en constructions (à Flamanville, à Olkiluoto en Finlande et à Hinkley Point au Royaume-Uni) – est pourtant une technologie prometteuse. Un EPR est plus sûr, plus performant et réduit les volumes de déchets radioactifs de 15 à 30 % grâce à une fission plus complète de l’uranium.

Le Graal de la fission

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Autre axe de recherche pour le nucléaire de demain, celle de la fusion nucléaire. La fission actuelle consiste à casser un noyau atomique lourd (uranium ou plutonium) en deux ou plusieurs noyaux plus légers. La fusion, elle, consiste à réunir deux noyaux atomiques légers ou plusieurs, en l’occurrence des isotopes de l’hydrogène en un noyau plus lourd, de l’hélium. 

L’avantage est que cette technique produit peu de déchets et surtout qu’elle produit 3 à 4 fois plus d'énergie que la fission… Considérée par ses défenseurs comme l’énergie de demain, la fusion nucléaire est expérimentée en France avec le Réacteur thermonucléaire expérimental international (ITER) qui termine d’être construit dans les bouches du Rhônes à Saint-Paul-lez-Durance.

Les mini-centrales SMR

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Enfin, l’avenir du nucléaire pourrait passer par de petites centrales SMR (Small Modular Reactor), de petits réacteurs modulaires nouvelle génération d’une puissance de 170 MWe, soit près de dix fois moins qu’une centrale nucléaire classique. Ces réacteurs qu’Emmanuel Macron voudrait voir construire en appui à des centrales électriques classiques ne sont pas nouveaux. 

Outre une utilisation militaire (sous-marin, porte-avions), les SMR peuvent alimenter en électricité des sites isolés, permettre de créer des réseaux de chauffage urbain, de dessaler l’eau de mer, etc. En 2018, la société américaine Hyperion Power Generation, qui a périclité depuis, avait imaginé un réacteur domestique de 20 tonnes à enterrer sous une maison avec une autonomie de 8 à 10 ans. 

En France, le projet NUWARD conduit par EDF, TechnicAtome, Naval Group et le CEA est en cours pour un aboutissement pas avant 2035. La Russie, la Chine, le Japon et les Etats-Unis sont eux aussi dans la course. 

(Article publié dans La Dépêche du Midi du mardi 5 octobre 2021)

Et maintenant, le réacteur nucléaire à domicile


Pour préparer l'ère de l'après-pétrole, certains misent sur les sources d'énergie vertes comme la géothermie, le solaire, l'hydraulique ou l'éolien. D'autres prennent une direction radicalement différente, aussi osée qu'inattendue : le réacteur nucléaire personnel.

Très sérieusement, la société américaine Hyperion Power Generation est en train de mettre au point de petits réacteurs nucléaires, baptisés Hyperion Power Module (HPM). Ces HPM ont été inventés par le docteur Otis Peterson, un scientifique qui travaille au Laboratoire national de Los Alamos, le LANL où a été mené le projet Manhattan et inventée la première bombe H américaine.

Pour commercialiser l'invention du mini-réacteur - encore à l'état de prototype - le LANL a donné une licence exclusive à Hyperion dans le cadre d'un programme de transfert de technologies. Le projet a été présenté l'an passé dans l'incrédulité générale, et pourtant, la jeune société confirme bien ses objectifs. John R. Deal, son PDG, qui a présenté le concept à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) la semaine dernière, a récemment déclaré qu'il prévoyait de livrer les premiers produits en juin 2013.

25 à 30 millions de dollars pièce

« Notre combustible est unique. C'est de l'hydride d'uranium. Sa formule chimique est UH3. Peu enrichie, environ 10 % de 235, le reste étant du U-238. Par comparaison, un combustible de bombe est enrichi à environ 98 % », affirme le PDG, précisant par là que ses mini-réacteurs ne peuvent contribuer à la fabrication d'une bombe.

D'ailleurs, Hyperion souscrit au programme GNEP (global nuclear energy partneship) de non -prolifération nucléaire. Reste l'épineuse question des résidus à retraiter. « Les déchets produits par [le] réacteur après avoir alimenté 20 000 foyers pendant 8 à 10 ans sont à peu près de la taille d'un ballon de football », précise le PDG, qui a reçu fin septembre le prix national de meilleur projet de transfert de technologie. Hyperion, qui devait être hier l'une des vedettes d'un colloque sur l'énergie nucléaire organisé à Washington par le ministère du Commerce, a déjà reçu des engagements pour dix HPM dont le prix unitaire est de 25 à 30 millions de dollars. La société prévoit de construire trois usines dans le monde pour produire environ 4 000 unités de son mini-réacteur.

8 à 10 années d'autonomie

Le mini-réacteur nucléaire d'Hyperion est de la taille d'un petit jacuzzi. Il loge dans un tube de 1,5 mètre de diamètre, qui est ensuite inséré dans un caisson étanche. Le tout pèse 20 tonnes. Enterré sous l'habitation, il produit 70 MW d'énergie thermique ou 27 MW d'électricité, soit les besoins d'environ de 20 000 foyers américains. Le mini-réacteur, qui peut être transporté par train ou par bateau, affiche une autonomie de 8 à 10 ans. Après cette période, il doit être retourné à l'usine pour un rechargement. Hyperion précise que le mini-réacteur n'est jamais ouvert sur son site d'accueil. La société vante les avantages de son mini-réacteur : propre (pas de gaz à effet de serre), sûr, abordable et fiable ; et estime que ses mini-réacteurs pourraient être la bonne solution pour apporter l'électricité (et donc l'eau potable) dans les endroits les plus reculés de la planète.