Fin de la 2G : des milliers de téléphones et téléalarmes à remplacer
Orange coupe ce 6 octobre son réseau 2G dans l'Aude, l'Aveyron, le Gard, l'Hérault, la Lozère, les Pyrénées-Orientales et le Tarn. Une transition technologique qui concerne encore de nombreux seniors et des milliers de dispositifs de téléassistance dépendants des anciens réseaux.
La 2G, c’est bientôt fini. Et pour des milliers d’utilisateurs, notamment les plus âgés, l’affaire est loin d’être seulement technique. Ce mardi 6 octobre, Orange a franchi une nouvelle étape majeure dans l’extinction de son ancien réseau mobile. En Occitanie, l’Aude, l’Aveyron, le Gard, l’Hérault, la Lozère, les Pyrénées-Orientales et le Tarn basculent à leur tour.
Ils rejoignent l’Ariège, la Haute-Garonne, le Gers, le Lot, les Hautes-Pyrénées et le Tarn-et-Garonne, où la 2G d’Orange avait déjà été coupée le 9 juin. Le mouvement avait commencé dès le printemps dans le Sud-Ouest avant de s’étendre progressivement à toute la France.
44 départements
Ce 6 octobre, ce sont au total 44 départements métropolitains qui sont concernés par cette nouvelle vague. Quarante-trois autres suivront le 20 octobre. À cette date, Orange prévoit d’avoir totalement arrêté son réseau 2G, à l’exception de certaines zones blanches réglementaires où l’extinction interviendra entre le 1er et le 15 décembre.
Une page de l’histoire de la téléphonie mobile est donc en train de se tourner. Déployée dans les années 1990, la 2G a permis l’explosion du téléphone portable et des SMS. Mais alors que la 4G couvre désormais la quasi-totalité de la population et que la 5G poursuit son déploiement, maintenir simultanément plusieurs générations de réseaux n’a plus beaucoup de sens pour les opérateurs.
Des technologies plus performantes
Orange met en avant des technologies plus performantes, plus sûres et moins énergivores. L’Arcep rappelle de son côté que les opérateurs justifient également cette extinction par des enjeux de qualité de service, de sécurité et de consommation énergétique.
Reste que derrière cette modernisation se cachent encore des millions d’équipements. Fin décembre 2025, l’Arcep recensait 5,2 millions de cartes SIM utilisées dans des terminaux limités à la 2G ou à la 2G/3G. La migration s’est depuis accélérée : fin juin, ce parc était tombé à 3,9 millions, soit un tiers de moins en un an. Quelque 1,7 million de terminaux exclusivement 2G restaient cependant encore actifs.
Pour leurs propriétaires, la conséquence est simple : un téléphone limité à la 2G cessera de fonctionner lorsque le réseau correspondant sera coupé. Les appareils compatibles uniquement avec la 2G et la 3G devront également être remplacés avant l’extinction future de la 3G. Et même la présence du logo « 4G » ne suffit pas forcément : certains anciens mobiles 4G ne sont pas compatibles avec la VoLTE, qui permet de faire transiter les appels vocaux sur le réseau 4G. Ils pourront alors continuer à échanger des données mais plus nécessairement à passer des appels.
« Un sujet d’autonomie, de sécurité et d’inclusion numérique » pour Doro
C’est précisément ce qui inquiète Doro, fabricant spécialisé dans les téléphones pour seniors. « La fin de la 2G n’est pas seulement un sujet télécom. C’est un sujet d’autonomie, de sécurité et d’inclusion numérique », avertit Valérie Olek, sa directrice France.
Car changer de téléphone n’a rien d’anodin pour une personne âgée habituée depuis des années au même appareil, à ses grosses touches ou à son fonctionnement simplifié.
200 000 équipements de téléassistance concernés
Le problème dépasse d’ailleurs largement le seul téléphone. Selon les chiffres de l’Association française de téléassistance cités par Doro, environ 200 000 des quelque 750 000 équipements de téléassistance installés auprès de personnes âgées ou fragiles utiliseraient encore la 2G ou la 3G. Téléalarmes, bracelets anti-chute ou pendentifs d’urgence peuvent donc eux aussi être concernés par la disparition progressive des anciens réseaux. L’Arcep cite également parmi les équipements à migrer les alarmes, dispositifs de télésurveillance ou encore certaines téléalarmes d’ascenseur.
Vérifier sans attendre la compatibilité de ses équipements
La disparition de la 2G était annoncée depuis plusieurs années. Elle entre désormais dans sa phase concrète. Pour les particuliers, mais aussi pour les familles qui accompagnent un parent âgé, un réflexe s’impose donc : vérifier sans attendre la compatibilité du téléphone et des éventuels équipements de téléassistance. La modernisation du réseau, elle, n’attendra pas.
Philippe Rioux