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Une migration ratée vers la 5G serait à l'origine de la panne massive du réseau Orane qui a touché des millions d'abonnés

orange

Une panne majeure a frappé le réseau mobile d'Orange ce mercredi 21 octobre, affectant des millions d'abonnés en France. La cause serait une migration ratée vers le réseau 5G SA. Les appels d'urgence n'ont pas été impactés, mais le retour à la normale a pris plusieurs heures.

C’est une panne majeure qui a touché ce mercredi 21 octobre le réseau mobile d’Orange, premier opérateur national, suscitant l’incompréhension des abonnés Orange et Sosh, qui s’épanchaient sur les réseaux sociaux, sans obtenir d’information.

« Vous pouvez rencontrer actuellement des perturbations sur le réseau mobile Orange. Nos équipes sont pleinement mobilisées pour rétablir le réseau dans les meilleurs délais. Veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée », a communiqué l’opérateur sur le réseau X sans donner plus de précisions. Durant toute la journée, les abonnés, particuliers comme entreprises, n’ont pas pu téléphoner, envoyer des SMS ou se connecter à internet. Certains abonnés ont vu ponctuellement leur mobile passer en 3G avant d’être réduit au silence.

Ce n’est qu’à 19 heures que l’opérateur a diffusé un communiqué de presse, indiquant que « Les appels d’urgence ne sont pas impactés » et rappelant à ses clients « qu’ils peuvent conserver la plupart de leurs usages mobiles (accès au site internet mais aussi communication au travers de services de messagerie et de visioconférences) en se connectant à un réseau Wi-Fi disponible et sécurisé. » À condition d’avoir reçu le message… « Orange informera ses clients de l’évolution de la situation dès que de nouvelles informations seront disponibles, via ses canaux d’information, notamment sur orange.fr, l’application Orange et Moi et ses comptes sur les réseaux sociaux. » Un peu court tout de même…

Migration ratée

Selon plusieurs sources chez l’opérateur, cette panne n’est pas due à une cyberattaque mais à une migration ratée d’une partie des abonnés vers un cœur de réseau 5G, c’est-à-dire l’ensemble des serveurs qui authentifient une carte SIM et s’occupent de faire transiter les connexions.

« Sur le papier, Orange gère trois grandes familles de lignes : les forfaits 4G, rattachés au cœur de réseau 4G historique et incompatibles avec la 5G. C’est le cas de nombreuses lignes Sosh. Les forfaits 5G NSA, qui ajoutent une couche radio 5G sur ce même cœur 4G. C’est le cas de la majorité des forfaits 5G Orange et Sosh. Les lignes en 5G SA, déjà rattachées au nouveau cœur 5G, via l’option 5G + », détaille le média spécialisé Numerama. C’est la migration vers la 5G SA qui n’aurait pas fonctionné et qui a impacté plusieurs millions des 21,6 millions de clients mobile Orange partout en France.

Le retour à la normale s’annonçait long, le temps pour l’opérateur de tout reconfigurer.

Fin de la 2G : des milliers de téléphones et téléalarmes à remplacer

 

teleassistance

Orange coupe ce 6 octobre son réseau 2G dans l'Aude, l'Aveyron, le Gard, l'Hérault, la Lozère, les Pyrénées-Orientales et le Tarn. Une transition technologique qui concerne encore de nombreux seniors et des milliers de dispositifs de téléassistance dépendants des anciens réseaux.

La 2G, c’est bientôt fini. Et pour des milliers d’utilisateurs, notamment les plus âgés, l’affaire est loin d’être seulement technique. Ce mardi 6 octobre, Orange a franchi une nouvelle étape majeure dans l’extinction de son ancien réseau mobile. En Occitanie, l’Aude, l’Aveyron, le Gard, l’Hérault, la Lozère, les Pyrénées-Orientales et le Tarn basculent à leur tour.

Ils rejoignent l’Ariège, la Haute-Garonne, le Gers, le Lot, les Hautes-Pyrénées et le Tarn-et-Garonne, où la 2G d’Orange avait déjà été coupée le 9 juin. Le mouvement avait commencé dès le printemps dans le Sud-Ouest avant de s’étendre progressivement à toute la France.

44 départements

Ce 6 octobre, ce sont au total 44 départements métropolitains qui sont concernés par cette nouvelle vague. Quarante-trois autres suivront le 20 octobre. À cette date, Orange prévoit d’avoir totalement arrêté son réseau 2G, à l’exception de certaines zones blanches réglementaires où l’extinction interviendra entre le 1er et le 15 décembre.

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Une page de l’histoire de la téléphonie mobile est donc en train de se tourner. Déployée dans les années 1990, la 2G a permis l’explosion du téléphone portable et des SMS. Mais alors que la 4G couvre désormais la quasi-totalité de la population et que la 5G poursuit son déploiement, maintenir simultanément plusieurs générations de réseaux n’a plus beaucoup de sens pour les opérateurs.

Des technologies plus performantes

Orange met en avant des technologies plus performantes, plus sûres et moins énergivores. L’Arcep rappelle de son côté que les opérateurs justifient également cette extinction par des enjeux de qualité de service, de sécurité et de consommation énergétique.

Reste que derrière cette modernisation se cachent encore des millions d’équipements. Fin décembre 2025, l’Arcep recensait 5,2 millions de cartes SIM utilisées dans des terminaux limités à la 2G ou à la 2G/3G. La migration s’est depuis accélérée : fin juin, ce parc était tombé à 3,9 millions, soit un tiers de moins en un an. Quelque 1,7 million de terminaux exclusivement 2G restaient cependant encore actifs.

Pour leurs propriétaires, la conséquence est simple : un téléphone limité à la 2G cessera de fonctionner lorsque le réseau correspondant sera coupé. Les appareils compatibles uniquement avec la 2G et la 3G devront également être remplacés avant l’extinction future de la 3G. Et même la présence du logo « 4G » ne suffit pas forcément : certains anciens mobiles 4G ne sont pas compatibles avec la VoLTE, qui permet de faire transiter les appels vocaux sur le réseau 4G. Ils pourront alors continuer à échanger des données mais plus nécessairement à passer des appels.

« Un sujet d’autonomie, de sécurité et d’inclusion numérique » pour Doro

C’est précisément ce qui inquiète Doro, fabricant spécialisé dans les téléphones pour seniors. « La fin de la 2G n’est pas seulement un sujet télécom. C’est un sujet d’autonomie, de sécurité et d’inclusion numérique », avertit Valérie Olek, sa directrice France.

Car changer de téléphone n’a rien d’anodin pour une personne âgée habituée depuis des années au même appareil, à ses grosses touches ou à son fonctionnement simplifié.

200 000 équipements de téléassistance concernés

Le problème dépasse d’ailleurs largement le seul téléphone. Selon les chiffres de l’Association française de téléassistance cités par Doro, environ 200 000 des quelque 750 000 équipements de téléassistance installés auprès de personnes âgées ou fragiles utiliseraient encore la 2G ou la 3G. Téléalarmes, bracelets anti-chute ou pendentifs d’urgence peuvent donc eux aussi être concernés par la disparition progressive des anciens réseaux. L’Arcep cite également parmi les équipements à migrer les alarmes, dispositifs de télésurveillance ou encore certaines téléalarmes d’ascenseur.

Vérifier sans attendre la compatibilité de ses équipements

La disparition de la 2G était annoncée depuis plusieurs années. Elle entre désormais dans sa phase concrète. Pour les particuliers, mais aussi pour les familles qui accompagnent un parent âgé, un réflexe s’impose donc : vérifier sans attendre la compatibilité du téléphone et des éventuels équipements de téléassistance. La modernisation du réseau, elle, n’attendra pas.

Philippe Rioux

OneWeb : Airbus livre les premiers satellites et relance la bataille des constellations


airbus
Jean-François Fallacher, CEO d'Eutelsat, et Alain Fauré, Head of Space Systems at Airbus.

Airbus a livré à Eutelsat les 32 premiers satellites de nouvelle génération destinés à renouveler OneWeb. Fabriqués à Toulouse avant un prochain lancement aux États-Unis, ils marquent une nouvelle étape pour la seule constellation européenne déjà opérationnelle à grande échelle, alors que Starlink domine l’orbite basse, qu’Amazon accélère et que l’Europe prépare IRIS².

Dans les salles blanches d’Airbus Defence and Space à Toulouse, la nouvelle génération de OneWeb commence à prendre corps. Le constructeur européen a livré à Eutelsat un premier lot de 32 satellites en orbite basse, prêts à être expédiés aux États-Unis pour leur prochain lancement. Une étape industrielle qui ouvre le renouvellement de la constellation de l’opérateur européen et intervient au moment où la compétition pour l’orbite basse change d’échelle.

669 nouveaux satellites OneWeb

Eutelsat prévoit 669 nouveaux satellites OneWeb. Ils doivent remplacer progressivement les appareils les plus anciens de la flotte actuelle et renforcer les capacités du réseau. La constellation compte aujourd’hui plus de 600 satellites répartis sur douze plans orbitaux, à environ 1 200 kilomètres d’altitude. Son modèle diffère de celui de Starlink : OneWeb vise d’abord les entreprises, les gouvernements et les institutions, avec une offre de connectivité à haut débit et faible latence sur terre, en mer ou dans les airs.

Pour Airbus, cette première livraison a aussi valeur de démonstration industrielle. La production en série des satellites a été rapatriée en Europe et installée à Toulouse. Le groupe doit maintenant tenir une cadence élevée pour livrer plusieurs centaines d’appareils. Le programme OneWeb devient ainsi l’un des principaux tests de la capacité européenne à fabriquer en volume des satellites de télécommunications, dans un secteur où la logique n’est plus celle de quelques plateformes complexes produites à l’unité, mais de constellations composées de centaines, voire de milliers d’engins.

La bataille mondiale se joue d’abord sur le nombre

Car la bataille se joue d’abord sur le nombre. En juin 2026, le baromètre spatial Look Up recensait 15 711 satellites actifs autour de la Terre. Starlink en représentait alors 10 365, soit près des deux tiers. SpaceX dispose d’un avantage considérable : l’entreprise maîtrise à la fois ses satellites, son réseau et ses lanceurs Falcon 9, ce qui lui permet d’entretenir un rythme de déploiement sans équivalent. Son ambition dépasse désormais l’accès à Internet fixe. Avec les communications directes vers les téléphones mobiles, Starlink cherche aussi à se positionner sur une partie du marché traditionnel des opérateurs télécoms.

Face à lui, Amazon accélère le déploiement de sa propre constellation, désormais appelée Leo. Le groupe américain vise plus de 3 000 satellites et multiplie les contrats de lancement, notamment avec Ariane 6. La Chine développe de son côté plusieurs projets de constellations, tandis que l’accumulation des demandes de fréquences et de positions orbitales ajoute un enjeu réglementaire à la compétition industrielle. L’orbite basse devient une ressource stratégique : il faut y accéder, y maintenir une flotte, disposer de spectre et garantir un service continu.

Eutelsat veut assurer la continuité d’un réseau opérationnel

Dans ce paysage, OneWeb occupe une place particulière. Eutelsat ne cherche pas à reproduire à l’identique le modèle de Starlink. L’enjeu immédiat est d’assurer la continuité d’un réseau opérationnel, tout en préparant son évolution technologique. Les nouveaux satellites doivent notamment améliorer les capacités de traitement à bord et permettre davantage de flexibilité. Leur renouvellement est aussi appelé à rapprocher progressivement OneWeb de l’architecture européenne IRIS².

Le calendrier européen d'ailleurs se précise. Lors du premier Sommet international sur l’espace, organisé à Paris les 9 et 10 septembre, le projet IRIS² a été réaffirmé comme l’un des piliers de la souveraineté spatiale européenne. La constellation doit compter 348 satellites, avec de premiers déploiements annoncés à partir de 2029. Eutelsat fait partie du consortium SpaceRISE chargé du programme, tandis qu’Airbus et Thales Alenia Space ont obtenu des travaux industriels sur ses premières composantes.

La livraison des 32 satellites toulousains dépasse donc le simple renouvellement d’une flotte. Elle relie trois enjeux désormais imbriqués : maintenir une constellation européenne déjà en service, préserver une capacité industrielle de production en série et préparer l’arrivée d’IRIS². 

Mais l’Europe reste très loin de la masse orbitale déployée par Starlink et doit encore transformer ses annonces en cadences industrielles et en lancements réguliers. Mais avec OneWeb elle dispose déjà d’un réseau opérationnel sur lequel construire. Dans la bataille des constellations, le prochain défi ne sera plus seulement de concevoir des satellites : il faudra les produire, les lancer et les remplacer assez vite pour rester dans la course.

Philippe Rioux

Télécoms : bataille spatiale pour la fin des zones blanches

 

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La connectivité spatiale redéfinit l’avenir des réseaux mobiles. SpaceX et Orange, entre autres, investissent dans des technologies permettant aux smartphones de se connecter directement aux satellites.

La bataille de l’internet par satellite s’est invitée cette année au Mobile World Congress de Barcelone qui s’est achevé jeudi. Au-delà des réseaux 5G terrestres, plusieurs annonces ont confirmé que la prochaine frontière de la connectivité mobile pourrait bien se jouer dans l’espace.

SpaceX, via son service Starlink, a d’abord détaillé sa stratégie visant à connecter directement les smartphones aux satellites. L’objectif est de permettre à des téléphones standards d’envoyer des messages, passer des appels ou accéder à internet même en dehors de toute couverture mobile. Ce service, désormais présenté sous le nom Starlink Mobile, doit progressivement transformer la constellation satellitaire d’Elon Musk en extension directe des réseaux mobiles traditionnels. À terme, la promesse est simple : réduire les zones blanches et offrir une connectivité quasiment partout sur la planète.

Orange est également en piste

Au même moment, Orange a annoncé au MWC une initiative similaire, mais dans un cadre européen. Le groupe s’est associé à AST SpaceMobile et à l’organisation Satellite Connect Europe pour tester la technologie direct-to-device (D2D), qui permet aux smartphones de se connecter directement à des satellites sans antenne spécifique. Les premiers essais doivent avoir lieu en Roumanie afin d’évaluer l’intégration de cette technologie dans les réseaux mobiles européens.

Ces annonces illustrent un basculement stratégique : les satellites ne sont plus seulement destinés à connecter des zones isolées via des appareils et antennes spécifiques, mais deviennent progressivement une extension des réseaux mobiles classiques. La connectivité spatiale pourrait ainsi compléter les infrastructures terrestres pour couvrir les zones rurales, les régions montagneuses ou les espaces maritimes.

Blue Origin veut concurrencer Starkink

Derrière ces démonstrations technologiques se joue aussi une féroce compétition industrielle particulièrement intense. SpaceX, avec Starlink, conserve aujourd’hui une avance considérable car sa constellation compte déjà plusieurs milliers de satellites en orbite et des millions d’utilisateurs dans le monde, ce qui en fait le premier réseau d’internet spatial opérationnel à grande échelle, notamment utilisé en Ukraine.

Mais le secteur attire désormais d’autres géants. Blue Origin, société du patron d’Amazon Jeff Bezos, a récemment annoncé TeraWave, une future constellation d’environ 5 400 satellites destinée à transporter des volumes massifs de données pour les entreprises, les centres de données et les gouvernements. L’architecture du réseau promet des liaisons pouvant atteindre un débit de plusieurs térabits par seconde et doit commencer à être déployée à partir de 2027.

Face à ces ambitions américaines, l’Europe tente de répondre. L’Union européenne développe le programme IRIS², une constellation d’environ 290 satellites destinée à sécuriser les communications des États et des infrastructures critiques. Parallèlement, des acteurs comme Eutelsat et SES renforcent leurs propres capacités dans les communications satellitaires.

Futures autoroutes de la donnée

L’ensemble de ces initiatives montre à quel point le secteur est entré dans une phase d’accélération. À mesure que les constellations se multiplient et que les technologies progressent, l’internet spatial devient un enjeu stratégique pour l’économie numérique mondiale. La compétition ne porte plus seulement sur la connectivité des zones isolées mais concerne désormais le contrôle des futures autoroutes de la donnée.

Pour l’Europe, l’enjeu, capital, est d’exister dans cette nouvelle géographie de l’internet, où une part croissante des réseaux circulera bientôt… au-dessus de nos têtes.

MWC de Barcelone : la vie sans smartphone Apple ni Android, c’est possible

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Le Mobile World Congress 2026 met en lumière l’essor de l’intelligence artificielle dans les smartphones. En parallèle, le débat sur la souveraineté numérique européenne s’intensifie, avec des alternatives comme /e/OS et Fairphone, qui défient le duopole Apple-Google.

Le Mobile World Congress (MWC) s’ouvre demain à Barcelone. Comme chaque année, le plus grand salon mondial de la téléphonie mobile donne le ton des tendances à venir. En 2026, les annonces matérielles restent mesurées : les smartphones pliables gagnent en maturité, en robustesse et parfois en autonomie, mais sans révolution majeure.

La véritable vedette du salon est ailleurs : l’intelligence artificielle. Désormais embarquée directement dans les smartphones, elle promet des assistants plus contextuels, des fonctions photo enrichies, de la traduction en temps réel ou encore une meilleure gestion énergétique. L’IA devient une brique centrale de différenciation, au même titre que l’appareil photo ou la puissance du processeur.

Souveraineté numérique européenne

Mais derrière cette vitrine technologique, un autre débat traverse les allées du MWC : celui de la souveraineté numérique européenne. Aujourd’hui, l’immense majorité des smartphones fonctionne soit sous iOS d’Apple, soit sous Android de Google. Ce duopole structure non seulement les usages, mais aussi l’accès aux applications, aux données et aux services cloud.
Face à cette dépendance, des alternatives émergent, encore confidentielles – moins de 1 % du marché – mais de plus en plus structurées. C’est le cas de Murena, entreprise française qui promeut /e/OS, un système d’exploitation dérivé d’Android (via LineageOS), mais débarrassé des services Google. Les applications peuvent fonctionner grâce à des solutions de compatibilité, tandis que les données sont hébergées en Europe, dans le respect du RGPD.

Au MWC 2026, Murena met en avant le HIROH Phone, un smartphone fonctionnant sous /e/OS et misant sur une double protection, logicielle et matérielle. Particularité notable : des interrupteurs physiques permettent de couper l’alimentation du micro, de la caméra ou des connexions sans fil (cellulaire, Wi-Fi, Bluetooth, NFC). Une approche radicale de la confidentialité, recherchée par des journalistes, cadres, administrations ou entreprises sensibles aux risques d’espionnage.

Autre acteur clé : Fairphone. L’entreprise néerlandaise, fondée en 2013, s’est imposée comme pionnière de la réparabilité et de l’électronique responsable. Avec plus de 600 000 appareils vendus, elle démontre qu’un smartphone peut durer huit à dix ans. Associé à /e/OS, un Fairphone devient une combinaison singulière : matériel européen, logiciel dégooglisé, réparabilité accrue. Un triptyque qui répond à la fois aux enjeux écologiques et à ceux de souveraineté.

Des systèmes open source qui couvrent 80 à 95 % des usages quotidiens

D’autres systèmes existent, comme GrapheneOS, Sailfish ou postmarketOS. Tous misent sur l’open source et la réduction de la dépendance aux géants américains. Ils couvrent 80 à 95 % des usages quotidiens (navigation, mails, messagerie, documents, appels sécurisés). Les limites apparaissent surtout du côté des applications bancaires, du streaming ou de certains réseaux sociaux, souvent conçus pour vérifier l’environnement Android ou iOS officiel. Des solutions hybrides existent toutefois : cloisonnement, double environnement, ou usage complémentaire d’un ordinateur.

L’histoire récente de Huawei illustre à quel point ces questions sont stratégiques. Privé des services Google en 2019 à la suite d’un embargo américain décidé par Donald Trump, le géant chinois a vu ses ventes s’effondrer en Occident. Mais il a développé HarmonyOS, son propre système, désormais installé sur un milliard d’appareils et dominant en Chine. Cette trajectoire montre qu’une alternative au modèle Google-Apple est techniquement possible… à condition de disposer d’un écosystème solide et d’un vivier d’utilisateurs prêts à s’engager.

Câbles sous-marins : l’infrastructure cachée qui porte l’internet, l’IA… et les tensions géopolitiques

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Invisibles depuis la surface, les câbles sous-marins en fibre optique transportent plus de 99 % du trafic intercontinental et forment l’ossature de l’économie numérique mondiale. Alors que leur réseau doit croître de près de 50 % d’ici 2040, sous l’effet du cloud et de l’intelligence artificielle, les États s’inquiètent de leur vulnérabilité aux sabotages et à l’espionnage. L’atterrissement à Marseille du câble Medusa, accueilli dans les infrastructures d’Orange, illustre à la fois cette expansion et la course à la résilience.

Au XIXe siècle, le télégraphe a tissé la première trame de la mondialisation. Au XXIe, ce rôle est assumé par un réseau méconnu : près de 1,4 million de kilomètres de câbles sous-marins, qui transportent plus de 99 % du trafic internet international. Environ 550 à 570 systèmes sont aujourd’hui actifs, auxquels s’ajoutent plus de 80 projets en construction. L’Europe de l’Ouest, avec 152 câbles opérationnels, figure parmi les nœuds les plus denses de cette carte invisible qui relie continents, centres de données et grands hubs numériques. Derrière les usages quotidiens – vidéo, visioconférences, paiements, services en ligne – se jouent aussi des enjeux économiques considérables : transactions financières, services cloud, chaînes logistiques et plateformes numériques reposent sur cette "colonne vertébrale" en verre et en acier.

Les investissements dans de nouveaux systèmes devraient dépasser 10 milliards de dollars sur la période 2025-2029, avec une priorité donnée aux grandes routes transpacifiques et aux liaisons Asie-Pacifique. Les géants du cloud déploient leurs propres câbles, parfois sur des dizaines de milliers de kilomètres, afin de maîtriser de bout en bout le transport de données entre leurs centres.

Cette dynamique est désormais dopée par l’intelligence artificielle (IA). Les modèles d’IA et les services associés exigent, en effet, une bande passante massive et très stable entre data centers. Certains câbles peuvent déjà acheminer jusqu’à 400 Tbit/s.

Une croissance nette de 50 %

Selon les projections, 1,6 million de kilomètres supplémentaires devraient être posés d’ici 2040, tandis qu’environ 850 000 km seront retirés. La croissance nette du réseau atteindrait ainsi près de 50 %, et le nombre annuel de réparations augmenterait d’environ un tiers.

Dans ce contexte, Marseille illustre la montée en puissance des hubs régionaux. Le 8 octobre dernier, Orange y a accueilli le câble sous-marin Medusa (1 050 km pour son segment entre Marseille et Bizerte). La cité phocéenne concentre désormais l’arrivée de 17 câbles sous-marins, renforçant son statut de hub d’interconnexion mondial entre Europe, Afrique, Asie et Amériques.

Les câbles sous-marins sont devenus un enjeu stratégique majeur. Une coupure peut isoler des territoires, désorganiser des économies régionales et fragiliser la souveraineté numérique d’un État. Les incidents suspects en mer Baltique et en mer Rouge, les perturbations répétées de câbles autour de Taïwan ou en mer de Chine méridionale, montrent que l’on est passé d’un risque "accidentel" – chalutiers, ancres, séismes, glissements sous-marins – à un risque géopolitique assumé, où les câbles deviennent des leviers de coercition.

Sabotage et intimidation

Dans le détroit de Taïwan, l’opérateur Chunghwa Telecom a recensé 27 incidents en cinq ans. En 2025, cinq dysfonctionnements ont déjà été signalés, contre trois en 2023 et trois en 2024. Chaque réparation immobilise un navire spécialisé, coûte entre 1 et 3 millions de dollars et peut entraîner plusieurs semaines de perturbation. En parallèle, des navires civils ou para-étatiques, des drones sous-marins et une milice maritime structurée sont mis en cause dans des actes de sabotage ou d’intimidation visant les câbles régionaux, tandis que des incidents comparables ont été documentés en mer Baltique. Le sabotage ciblé des câbles tend à s’imposer comme un instrument de pression à part entière dans la panoplie des stratégies dites hybrides.

Face à ces menaces, la défense repose d’abord sur la conception même des câbles (armures en acier, enfouissement près des côtes, diversification des routes, stations d’atterrissement fortement sécurisées). Le chiffrement généralisé des flux limite les risques d’espionnage, tandis que de nouvelles technologies de détection vibratoire permettent de repérer des anomalies le long des fibres. Mais la résilience dépend aussi d’éléments plus discrets : une flotte de navires de maintenance vieillissante, dont une partie devra être remplacée d’ici 2040, et des modèles économiques qui peinent à financer ces investissements.

La décennie qui s’ouvre sera donc décisive. Plus de câbles, plus de trafic, plus de tensions politiques… mais encore trop peu de capacités de réparation souveraines et de redondance robuste.

Extinction 2G/3G : 5,6 millions de cartes SIM encore actives en France

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L’Arcep publie la deuxième édition de son observatoire dédié à l’extinction des réseaux 2G et 3G. Malgré la baisse constatée au troisième trimestre 2025, 5,6 millions de cartes SIM restent actives sur ces technologies en France métropolitaine, alors que les opérateurs approchent des échéances de coupure.

À un an des premières échéances d’extinction annoncées par les opérateurs, l’Arcep affine son diagnostic sur la transition vers les technologies 4G et 5G. La deuxième édition de l’observatoire lancé en septembre 2025 confirme un recul du parc de cartes SIM encore limité aux réseaux 2G ou 3G/2G, mais le volume résiduel demeure significatif : 5,6 millions d’unités en service à fin septembre. Sur un trimestre, le retrait de 285 000 cartes, soit – 4,8 %, traduit une dynamique engagée mais insuffisante au regard du calendrier de fermeture des réseaux historiques.

L’analyse distingue clairement les usages. 2,6 millions de cartes SIM, représentant 47 % du total, sont insérées dans des terminaux destinés aux services voix, SMS ou internet mobile : 1,6 million en 2G et 1 million en 3G/2G. Les 3 millions restants, soit 53 %, relèvent d’équipements Machine to Machine (MtoM), un segment où la persistance des technologies anciennes demeure structurelle. Là encore, la répartition est contrastée : 1,1 million en 2G, 1,9 million en 3G/2G.

L’enjeu de préparation

La décroissance est plus nette lorsque l’on observe l’évolution du trimestre. Entre juin et septembre 2025, le parc 2G utilisé pour des services voix/SMS/data recule de 4 %, tandis que le segment MtoM en 2G enregistre une contraction supérieure à 10 %. Cette tendance reflète les premiers effets des actions de migration menées par Bouygues Telecom, Free Mobile, Orange et SFR, mais l’Autorité anticipe un mouvement plus marqué à mesure que les dates d’extinction se rapprochent.

L’Arcep insiste sur l’enjeu de préparation. Le remplacement des terminaux encore limités aux anciens standards constitue désormais un impératif industriel, notamment pour les acteurs dont les flottes MtoM reposent sur des équipements difficiles à renouveler rapidement. L’Autorité prévient qu’elle suivra de près les opérations engagées par les opérateurs afin d’éviter toute rupture de service au moment où les réseaux 2G, puis 3G, seront progressivement désactivés.

La France, 6e pays où le prix des données mobiles est le moins cher au monde

 

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Alors que l'Arcep, le gendarme des télécoms, vient de faire un point d'étape sur le New Deal Mobile, attestant d'une progression significative de la couverture mobile en France métropolitaine entre 2018 et 2022, d'une amélioration générale de la qualité de service et d'une progression sur ces deux points en zones rurales, les Français peuvent se réjouir d'une chose : le prix des données mobiles dans notre pays est l'un des moins cher au monde.

En effet, HelloSafe dévoile ce mardi 6 février une carte interactive du prix des données mobiles dans le monde qui place la France au 6e rang. "L'étude du prix d'un gigaoctet de données mobiles dans le monde révèle que certains pays proposent des tarifs particulièrement avantageux. En effet, Israël (0,04 €), l'Italie (0,12 €) et les îles Fidji (0,15 €) sont ceux où le prix du Go de données mobiles est le moins cher au monde en 2022. Sur cette même année, la France figure également parmi les dix pays les moins chers avec un tarif de 0,23 € par giga, se classant ainsi à la 6ème position", explique HelloSafe, qui note par ailleurs la spectaculaire chute des prix Outre-mer.

"De 2019 à 2022, le prix moyen pour un Go de données mobiles Outre-mer a chuté de 67 %, passant de 5,71 € à 1,71 €. En 2022, les Français payent leurs données mobiles 10 fois moins cher que le reste des Européens", précise l'étude.

Compétition entre opérateurs

"L'évolution de l'offre internet et la compétition entre opérateurs ont joué un rôle déterminant dans la baisse du prix des données mobiles en France ces dernières années. Cela est particulièrement notable en comparant le prix des données mobiles en France par rapport aux autres pays dans le monde - à titre d'exemple, les Canadiens payent 26 fois plus cher leurs données mobiles qu'en France métropolitaine", explique Alexandre Desoutter, porte-parole de HelloSafe France.

"L'arrivée de Free dans en Outre-Mer à partir de 2017 a été un facteur clé de cette évolution positive, entraînant une baisse notable des prix. Grâce à sa politique tarifaire compétitive, l'enseigne a en effet favorisé une concurrence qui a bénéficié aux consommateurs dans les territoires ultramarins", poursuit-il.

Au niveau mondial, le continent africain affiche des prix exorbitants. "Les prix des gigaoctets de données mobiles présentent d'importantes variations d'un continent à l'autre, reflétant les disparités économiques et le niveau de développement des infrastructures de télécommunications. l'Afrique est le continent où le coût des données mobiles est le plus élevé, avec une moyenne de 4,04 € par giga. En 2022, l'Asie se positionne comme le continent où les données mobiles sont les plus abordables, avec un prix moyen de 2,21 € par giga. L'Europe se positionne comme le 2e continent le moins cher avec en moyenne 2,31 € pour 1 Go de données mobiles, soit 81 centimes en dessous de la moyenne mondiale en 2022 (3,12 €)."

(Article publié dans La Dépêche du Midi du 7 février 2024)

Téléphone fixe : ce que va changer la fin du réseau cuivre pour les abonnés

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C’est l’une des conséquences inattendues des confinements et dans une moindre mesure du couvre-feu : les Français ont (re) découvert qu’ils avaient un téléphone fixe. Souvent oublié sur la console de l’entrée ou la commode du salon, l’appareil qu’il soit connecté à une box internet ou une prise traditionnelle T, a connu un regain d’activité pendant les huit semaines du confinement selon un rapport de l’Arcep publié récemment. « Au deuxième trimestre 2020, l’usage vocal global atteint un nouveau record jamais égalé en 20 ans : 72,2 milliards de minutes, soit une augmentation de 28,3 % en un an contre - 2 % un an auparavant », note le gendarme des télécoms. Huit minutes sur dix sont certes consommées depuis les téléphones mobiles, mais le téléphone fixe a connu un « revival » totalement inédit.

« Alors que l’usage de ce service diminuait depuis sept ans, le volume de communications vocales augmente depuis le début de l’année 2020 : +22 % en un an au deuxième trimestre contre un recul de - 15 % en 2019 », indique l’Arcep. « En conséquence, la consommation mensuelle moyenne des détenteurs d’un abonnement téléphonique sur réseaux fixes en voix sur large bande (2 h 17 par mois ce trimestre), qui était en baisse de 20 à 30 minutes par an et par abonnement, progresse de près d’une demi-heure en un an ce trimestre après +4 minutes le trimestre dernier. Sur le RTC (réseau téléphonique commuté c’est-à-dire le réseau cuire), elle s’élève à 1 h 51, soit +9 minutes en un an, alors qu’il n’y avait pas eu d’effet visible de la crise sanitaire au premier trimestre », poursuit l’Arcep.

Le téléphone fixe n’est donc pas mort. Et pourtant il va connaître une véritable révolution : la fin du cuivre. A l’image de ce qui s’est passé avec la télévision hertzienne qui est passé au numérique avec la TNT, la téléphonie fixe va abandonner progressivement le réseau cuivre pour utiliser les réseaux internet, essentiellement la fibre. Annoncée en 2016 par Orange, l’opérateur historique, cette bascule se fera selon un calendrier qui court sur plusieurs années.  Depuis le 15 novembre 2018, les offres de téléphonie fixe classique (RTC) ne sont plus commercialisées et progressivement à partir de 2023, Orange ferme les « plaques » du réseau cuivre en France, un long processus qui devrait s’étaler jusqu’en 2030.

Un entretien coûteux du réseau

Les raisons de cet arrêt du cuivre sont doubles. D’une part, l’entretien d’un tel réseau est très coûteux : les réparations et les interventions deviennent complexes car les équipementiers ne produisent plus forcément certaines pièces et les compétences des techniciens se font aussi de plus en plus rares sur ce type de réseau. Orange a pourtant l’obligation d’entretenir le réseau cuivre qui a connu ces derniers mois des baisses de qualité de service.  Fin 2018, l’Arcep, alerté par des particuliers et des collectivités, avait même mis en demeure Orange sur la qualité du « service universel », menaçant l’opérateur d’une amende d’un milliard d‘euros. L’opérateur avait promis de corriger le tir, expliquant avoir dû gérer un certain nombre d’aléas : intempéries, vols de câbles de cuivre, travaux de voirie qui sectionnent les lignes, etc.

Fermer le réseau cuivre, installé dans les années 1970 et qui relie toujours 5 à 6 millions de clients est d’autant plus compliqué pour Orange que l’opérateur doit aussi développer en parallèle le réseau fibre et les réseaux mobiles, 4G aujourd’hui, 5G bientôt.

Mise en garde de l’Autorité de la concurrence

Mi-septembre, Fabienne Dulac, PDG d’Orange France a bien confirmé la volonté de l’opérateur de fermer son réseau cuivre (et donc ses lignes d’interne ADSL) d’ici 2030. Pour faciliter cette complexe transition, l’Arcep a accepté d’augmenter légèrement le tarif de dégroupage, c’est-à-dire le prix payé par mois et par ligne à Orange par SFR, Bouygues Télécom et Free pour utiliser son réseau cuivre. Il va passer de 9,46 à 9,65 € pour la période 2021-2023, et pourrait encore augmenter, l’objectif étant de voir la France basculer le plus rapidement possible vers un réseau 100 % fibre.

Reste que le démantèlement du réseau cuivre est surveillé de près par l’Autorité de la concurrence. Celle-ci demande au gendarme des télécoms « de garantir que les mesures prises n’avantagent ou ne désavantagent pas indûment certains opérateurs, et n’affaiblissent pas la dynamique concurrentielle actuelle » et entend bien surveiller les impacts « technique, commercial et opérationnel », notamment « la planification des travaux nécessaires ou l’anticipation de la bascule des abonnés du cuivre vers la fibre ». L’Autorité de la concurrence a annoncé « approuver la proposition de l’Arcep de ne permettre une fermeture « rapide » du réseau de cuivre qu’avec un délai de prévenance de deux mois pour les offres généralistes et de six mois pour les offres spécifiques entreprises » dans les zones déjà fibrées. Une sage décision pour ne laisser aucun consommateur sur le carreau.


Dysfonctionnements du téléphone fixe : un rapport rendu mercredi
La grogne monte dans certains territoires ruraux qui pâtissent d’une mauvaise qualité du réseau de téléphonie fixe quand ce ne sont pas de coupures pures et simples ou des délais de raccordement trop longs. Fin décembre, 210 élus inquiets de voir la fin de la convention qui liait l’État et Orange pour assurer l’entretien de ce qu’on appelle le « service universel », avaient écrit une tribune pour dire leur inquiétude. La semaine dernière, ce sont 269 élus de la Drôme et de l’Ardèche qui ont signé une pétition pour demander des comptes à Orange et forcer l’opérateur à remplir ses obligations. Le gouvernement n’est pas resté sourd à ces prises de paroles. « Si la fibre et le mobile connaissent un rythme de déploiement inégalé, l’accès au téléphone fixe reste essentiel pour beaucoup de Français. Les problèmes répétés d’accès et de qualité signalés dans certains territoires ne sont plus acceptables. Cette situation ne peut plus durer. Avec la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale et Roland Lescure (son président, NDLR), nous avons décidé de confier à Célia de Lavergne une mission flash pour préciser le diagnostic des dysfonctionnements et faire des propositions au gouvernement », a annoncé le 14 janvier Cédric O, secrétaire d’Etat chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques. « Sur cette base, je présenterai en lien avec l’Arcep (l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse) un plan d’action d’ici mi-mars afin de garantir un accès de qualité au combiné téléphonique fixe partout sur le territoire, le temps que la fibre soit déployée », poursuivait le ministre qui annonçait par ailleurs qu’il recevrait avec Joël Giraud, secrétaire d’État à la Ruralité, le PDG d’Orange Stéphane Richard. De son côté la députée LREM de la Drôme Célia de Lavergne, s’est lancée dans la consultation des opérateurs, des élus et des usagers, notamment le collectif « Orange j’enrage ! ». La députée doit rendre son rapport au gouvernement ce mercredi 10 février.


Une pétition pour en finir avec le fléau du démarchage téléphonique

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Le matin, à midi ou le soir, le téléphone sonne et au bout du fil un commercial pour de l’isolation, des enquêtes, des lots que l’on aurait gagnés, des services divers et variés, etc. Et la situation se répète jour après jour. Le démarchage téléphonique est ainsi devenu pour certains Français un véritable calvaire. Un calvaire qui ne date pourtant pas d’hier puisqu’il y a quatre ans déjà, le gouvernement lançait le service Bloctel pour empêcher ces pratiques commerciales si agaçantes via une simple inscription gratuite. Las ! La situation ne s’est guère améliorée, ce qui vient de conduire pas moins de dix associations de défense des consommateurs à taper du poing sur la table et à réclamer, via une pétition en ligne, l’interdiction "du fléau".

"Les pouvoirs publics doivent rompre avec la complaisance et interdire les appels non désirés. Véritable harcèlement commercial, le démarchage téléphonique n’a pas été limité par Bloctel. 4 ans après sa mise en place, le dispositif s’avère inefficace en raison de dérogations bien trop extensives et de sanctions insuffisamment dissuasives", estiment les associations "La prospection téléphonique, particulièrement intrusive, est le seul système de démarchage individualisé où le consentement par défaut du consommateur est admis. Pour les courriels et les SMS, c’est le système de l’opt-in qui est retenu (le consommateur doit expressément accepter de recevoir des sollicitations). Cette interdiction des appels non désirés s’étend en Europe où après l’Allemagne, le Royaume-Uni a basculé vers l’opt-in face à l’échec de la liste d’opposition. Face au fléau que représente le démarchage téléphonique non désiré pour les consommateurs, nous demandons aux pouvoirs publics d’interdire purement et simplement cette pratique."

Durcir la réglementation

Ll’objectif affiché par le collectif de réunir 175 000 signataires a été très rapiidement atteint , en moins d’un jour, preuve si besoin de l’importance du sujet pour les Français. Mi-2018, l’UFC, qui avait déjà lancé une pétition pour réclamer un cadre législatif plus restrictif avait sondé les Français : plus de 9 sur 10 jugeaient les appels de démarchage téléphonique "agaçants" et "trop fréquents" (92 %) et, déjà, 88 % d’entre eux se prononçaient en faveur de l’opt-in, le consentement avant. Une mesure qui avait été retirée par la Commission des Affaires économiques au moment de la création de Bloctel.

En attendant une modification réglementaire, l’Etat a toutefois durci l’exercice du démarchage téléphonique. Depuis le 1er août, les entreprises françaises qui avaient pris l’habitude de pratiquer le démarchage téléphonique depuis l’étranger (moins cher), n’ont plus le droit de le faire, du moins en faisant croire qu’elles appellent depuis la France avec un numéro français qui s’affichait sur le téléphone des personnes démarchées.

Autre mesure plus complexe, qui pourrait prendre deux ans : le blocage par les opérateurs des appels depuis des systèmes de démarchage robotisés à partir de numéros en 06 ou 07.

Bloctel : le fiasco d’une bonne idée
Le principe d’une liste d’opposition au démarchage téléphonique généralisée a été introduit par la loi relative à la consommation du 17 mars 2014. Baptisée Bloctel, elle est en place depuis le 1er juin 2016 par la société Opposetel. Blotel a remplacé le service Pacitel, qui n’était pas soumis à obligation réglementaire. Pour bénéficier du service, il suffit d’entrer son (ou ses) numéro(s) de téléphone (huit numéros maximum) sur le site www.bloctel.gouv.fr. Au bout de 3 ans, l’inscription à Bloctel arrive à échéance et doit être renouvelée.

Bouygues Telecom accélère en Occitanie sur la 4G

Didier Casas, Secrétaire Général de Bouygues Telecom, répond aux questions sur le New Deam Mobile, la couverture 4G de l'opérateur et la future 5G.

La Dépêche - Vous venez inaugurer une nouvelle boutique à Pamiers (la 30eme en Occitanie) et parler du New Deal Mobile avec les élus de l’Ariège. En quoi consiste ce dernier ?
Didier Casas, Secrétaire Général de Bouygues Telecom - Le New Deal Mobile est un accord qui a été signé en janvier 2018, entre le Gouvernement, l’Arcep et les quatre opérateurs. Il vise à accélérer le déploiement du numérique dans les territoires car nous savons tous que c’est un des leviers de leur compétitivité. En échange du prolongement de l’utilisation des fréquences sur 10 ans, les opérateurs s’engagent à faire passer intégralement le réseau existant en 4G d’ici à fin 2022 et à déployer plusieurs milliers de nouveaux sites. C’est un accord pragmatique qui privilégie l’investissement au bénéfice des citoyens, des entreprises et des territoires. Les élus y jouent un rôle central car ce sont eux qui déterminent les priorités de couverture.


A l'échelle de la région Occitanie combien de nouvelles antennes 4G allez-vous déployer ? Quel est le montant de vos investissements ?
Nous allons déployer 82 nouvelles antennes sur les axes routiers prioritaires d’Occitanie d’ici à fin 2022. En outre, 414 nouveaux sites seront déployés sur la région d’ ici 2022 sur des emplacements proposés par les collectivités. La plupart seront mutualisés.

97% de la population d'Occitanie couverte en 4G

La couverture en 4G touchera au final combien d'habitants ? 
Aujourd’hui, le réseau 4G de Bouygues Telecom couvre en moyenne 97% de la population  de la région Occitanie. Il y a des disparités entre les départements en raison notamment des contraintes géographiques, comme en Lozère, un département où il reste beaucoup à faire en termes de couverture. Sur la région au global, notre objectif est de rattraper rapidement notre couverture nationale qui est de 99%. Nous poursuivons nos efforts d’investissement dans ce sens.

On parle beaucoup de 5G. Où en est Bouygues Télécom sur ce sujet ?
Nous préparons l’arrivée de cette nouvelle technologie sur nos réseaux, en 2020. Mais pour ouvrir concrètement notre réseau 5G, nous avons besoin de fréquences. Celle-ci seront mises aux enchères en avril prochain. Nous commencerons à couvrir progressivement le territoire à partir du second semestre 2020.  avons l’obligation de couvrir deux villes en 2020. Dans un premier temps, la 5G nous servira à  « désengorger » nos réseaux. Cette technologie a donc plutôt vocation à être déployée les premières années dans les grands centres urbains où les lieux de forte concentration comme des gares ou des stades.