Le Mobile World Congress 2026 met en lumière l’essor de l’intelligence artificielle dans les smartphones. En parallèle, le débat sur la souveraineté numérique européenne s’intensifie, avec des alternatives comme /e/OS et Fairphone, qui défient le duopole Apple-Google.
Le Mobile World Congress (MWC) s’ouvre demain à Barcelone. Comme chaque année, le plus grand salon mondial de la téléphonie mobile donne le ton des tendances à venir. En 2026, les annonces matérielles restent mesurées : les smartphones pliables gagnent en maturité, en robustesse et parfois en autonomie, mais sans révolution majeure.
La véritable vedette du salon est ailleurs : l’intelligence artificielle. Désormais embarquée directement dans les smartphones, elle promet des assistants plus contextuels, des fonctions photo enrichies, de la traduction en temps réel ou encore une meilleure gestion énergétique. L’IA devient une brique centrale de différenciation, au même titre que l’appareil photo ou la puissance du processeur.
Souveraineté numérique européenne
Mais derrière cette vitrine technologique, un autre débat traverse les allées du MWC : celui de la souveraineté numérique européenne. Aujourd’hui, l’immense majorité des smartphones fonctionne soit sous iOS d’Apple, soit sous Android de Google. Ce duopole structure non seulement les usages, mais aussi l’accès aux applications, aux données et aux services cloud.
Face à cette dépendance, des alternatives émergent, encore confidentielles – moins de 1 % du marché – mais de plus en plus structurées. C’est le cas de Murena, entreprise française qui promeut /e/OS, un système d’exploitation dérivé d’Android (via LineageOS), mais débarrassé des services Google. Les applications peuvent fonctionner grâce à des solutions de compatibilité, tandis que les données sont hébergées en Europe, dans le respect du RGPD.
Au MWC 2026, Murena met en avant le HIROH Phone, un smartphone fonctionnant sous /e/OS et misant sur une double protection, logicielle et matérielle. Particularité notable : des interrupteurs physiques permettent de couper l’alimentation du micro, de la caméra ou des connexions sans fil (cellulaire, Wi-Fi, Bluetooth, NFC). Une approche radicale de la confidentialité, recherchée par des journalistes, cadres, administrations ou entreprises sensibles aux risques d’espionnage.
Autre acteur clé : Fairphone. L’entreprise néerlandaise, fondée en 2013, s’est imposée comme pionnière de la réparabilité et de l’électronique responsable. Avec plus de 600 000 appareils vendus, elle démontre qu’un smartphone peut durer huit à dix ans. Associé à /e/OS, un Fairphone devient une combinaison singulière : matériel européen, logiciel dégooglisé, réparabilité accrue. Un triptyque qui répond à la fois aux enjeux écologiques et à ceux de souveraineté.
Des systèmes open source qui couvrent 80 à 95 % des usages quotidiens
D’autres systèmes existent, comme GrapheneOS, Sailfish ou postmarketOS. Tous misent sur l’open source et la réduction de la dépendance aux géants américains. Ils couvrent 80 à 95 % des usages quotidiens (navigation, mails, messagerie, documents, appels sécurisés). Les limites apparaissent surtout du côté des applications bancaires, du streaming ou de certains réseaux sociaux, souvent conçus pour vérifier l’environnement Android ou iOS officiel. Des solutions hybrides existent toutefois : cloisonnement, double environnement, ou usage complémentaire d’un ordinateur.
L’histoire récente de Huawei illustre à quel point ces questions sont stratégiques. Privé des services Google en 2019 à la suite d’un embargo américain décidé par Donald Trump, le géant chinois a vu ses ventes s’effondrer en Occident. Mais il a développé HarmonyOS, son propre système, désormais installé sur un milliard d’appareils et dominant en Chine. Cette trajectoire montre qu’une alternative au modèle Google-Apple est techniquement possible… à condition de disposer d’un écosystème solide et d’un vivier d’utilisateurs prêts à s’engager.
Ce lundi 3 mars 2025, Barcelone accueille le Mobile World Congress 2025, rassemblant plus de 100 000 professionnels du secteur. Organisé par la GSMA, cet événement est devenu une plateforme mondiale où se confrontent innovations, stratégies technologiques et avancées en matière de connectivité.
Des avancées vers la 6G et au-delà
Si la 5G continue de se déployer, plusieurs acteurs du secteur évoquent déjà les prémices d’une 6G. Des prototypes et des démonstrations techniques, centrés sur la réduction de la latence et l’hyperconnectivité, sont présentés pour répondre aux besoins croissants de l’Internet des objets et des applications industrielles. Cette phase de transition est décrite de manière pragmatique par les analystes présents sur le salon.
L’intégration de l’intelligence artificielle
L’IA reste au cœur des discussions au MWC 2025. Les exposants montrent comment l’intelligence artificielle est désormais intégrée dans la gestion des réseaux, l’optimisation des performances et même l’amélioration des fonctionnalités des smartphones. Plusieurs entreprises, comme Honor et Samsung, mettent en avant des solutions permettant d’automatiser la prise de décision et d’offrir une expérience utilisateur personnalisée.
Réalité augmentée et réalité mixte : entre démonstration et usage quotidien
Au-delà des smartphones, la réalité augmentée et la réalité mixte s’affichent comme des technologies transversales, offrant de nouvelles possibilités pour la formation, la maintenance industrielle ou l’enrichissement de l’expérience client. Les présentations se veulent pragmatiques, illustrant des cas d’usage concrets sans tomber dans le spectaculaire
Une approche éco-responsable dans la tech
L’événement met également l’accent sur la durabilité, avec une présentation de solutions visant à réduire l’empreinte environnementale des équipements et des infrastructures réseau. Les entreprises expliquent comment elles intègrent des matériaux recyclables et des stratégies d’économie d’énergie dans leurs processus de production, illustrant ainsi l’évolution des priorités dans un secteur historiquement orienté vers la performance pure.
Un impact sur l’expérience utilisateur et la transformation numérique
Le MWC 2025 ne se limite pas à une exposition technologique : il propose également une réflexion sur la transformation numérique des entreprises et l’amélioration de l’expérience utilisateur. Des démonstrations en direct, associées à des conférences thématiques, montrent comment la convergence des technologies – de l’IA à la 5G – se traduit par des innovations concrètes dans divers domaines, allant de la santé aux transports.
Lundi prochain s’ouvre à Barcelone LE grand rendez-vous de la téléphonie mobile et des acteurs des télécoms : le Mobile World Congress (MWC), organisé par la GSM Association. Comme chaque année, l’Occitanie sera présente sur ce salon international via une délégation d’entreprises et de start-up.
La délégation régionale sera conduite par La Mêlée – l’association qui depuis 20 ans fédère un réseau de plus de 550 adhérents et 20 000 professionnels du numérique en Occitanie – et Aktantis, en collaboration avec le Pôle Action Média, la Région Occitanie et Ad’Occ.
La délégation pourra notamment rencontrer les géants mondiaux de la tech présente sur let salon comme Samsung, Intel, HP, Lenovo, Google, Dell, etc. Cette grand-messe attire chaque année quelque 100 000 participants, 2 700 partenaires de plus de 200 pays.
Les Occitans pourront notamment participer au French Time Barcelona, mardi 4 mars. Organisé en collaboration avec la French Tech Barcelone, cet événement permettra aux start-up de rencontrer des investisseurs, ou des partenaires stratégiques pour se développer.
70 exposants sur le stand de Business France
Cette année, la France sera à nouveau très présente sur le salon. « Avec plus de 400m² d’espace au cœur du Hall 5, 30m² sur le Hall 8.1 et forte de 70 exposants, la délégation française constituera, pour la douzième année consécutive le plus grand pavillon national du salon » se félicite Business France. « Les entreprises françaises que nous accompagnons cette année excellent dans des domaines variés allant des infrastructures de télécommunications aux plateformes gaming, en passant par l’IA, les solutions mobiles, la sécurité informatique… Cela montre la richesse de notre écosystème d’entreprises technologiques », précise Thomas Levy, Chef de projet Télécom – Broadcast de Business France.
Le MWC 2025 sera cette année particulièrement marqué par le développement de l’intelligence artificielle tant dans la gestion des réseaux que dans les usages sur les smartphones.
(Article publié dans La Dépêche du mercredi26 février 2025)
Par Thomas Husson, VP et Analyste principal chez Forrester
Même si le transhumaniste Ray Kurzweil ou d'autres PDG d'entreprises spécialisées dans l'intelligence artificielle laissent entrevoir un avenir radicalement différent sur la scène du Mobile World Congress, il est révolu le temps où le salon de la téléphonie mobile était le centre de gravité de l'innovation pour n'importe quel secteur d'activité. Ne vous méprenez pas, les acteurs des télécommunications jouent toujours un rôle essentiel en tant que catalyseurs de l'écosystème technologique au sens large, mais le MWC est redevenu un salon B2B des télécommunications avec quelques opportunités limitées dans le domaine des technologies grand public.
La nouvelle collection été/automne chinoise de smartphones
Comme toujours, la nouvelle collection d'appareils pour l'été et l'automne fera l'objet d'un certain battage médiatique. Au-delà de la démonstration du Samsung Galaxy S25, il faut s'attendre à de grandes nouveautés de la part de marques plus modestes. Les acteurs chinois lanceront probablement de nouveaux smartphones comme le Serie 14 Pro de RealMe, le One Plus Open 2 d'Oppo, le X200 Ultra de Vivo, le 15 Ultra de Xiaomi et l'accent sera mis davantage sur les téléphones d'entrée de gamme pour HMD ou les smartphones abordables avec Nothing.
L'IA partout, des réseaux aux appareils : un rôle transformateur mais pas une nouvelle activité
L'intelligence artificielle ne sera pas seulement intégrée dans les appareils, elle sera partout. Nous continuerons à assister à des transactions dans lesquelles les opérateurs de télécommunications tireront parti de leurs canaux de distribution pour conclure des accords avec divers acteurs de l'IA (par exemple, des LLM tels que DeepSeek, OpenAI, Gemini, mais aussi d'autres acteurs tels que Perplexity), mais la plupart des discussions porteront sur le rôle de l'IA dans la transformation des opérateurs de télécommunications.
Celles-ci exploitent la technologie de l'IA depuis un certain temps pour améliorer l'efficacité opérationnelle du réseau et la maintenance prédictive, ainsi que l'efficacité et la qualité des appels vocaux, mais avec l'IA générative, il y aura davantage de discussions sur la manière dont l'IA peut transformer l'expérience des clients et stimuler la productivité interne. L'idée que les telcos puissent devenir des usines à IA semble prématurée et il sera plus pertinent de discuter de la manière dont l'IA peut aider les réseaux à devenir plus autonomes et économes en énergie tout en étant combinée avec les technologies edge et IoT.
6G, technologie quantique, cybersécurité et perturbation des satellites
La technologie 6G pourrait être présentée, mais ce n'est que pure spéculation puisqu'elle ne sera pas disponible commercialement avant la fin de la décennie. Il y aura également des discussions sur les futurs cas d'utilisation de la technologie quantique.
En attendant, la question pour les opérateurs de télécommunications reste de savoir comment monétiser la 5G et tirer parti de l'IA pour permettre à d'autres secteurs verticaux de se moderniser, de l'industrie 4.0 à la cybersécurité alimentée par l'IA en passant par les options de service par drone. En ce qui concerne les perturbations potentielles, les opérateurs traditionnels devraient suivre de plus près le développement des satellites.
Le congrès mondial de la téléphonie mobile (Mobile World Congress) s’ouvre ce lundi à Barcelone dans un contexte très particulier pour les fabricants de smartphones. Après plusieurs années où chaque nouveau modèle comportait de sérieuses innovations et améliorations, notamment sur la partie photo, les smartphones peinent à se renouveler.
Les consommateurs l’ont bien compris et, crise inflationniste aidant, conservent plus longtemps leur appareil. Ainsi, les livraisons mondiales de smartphones ont diminué d’environ 3 % en 2023, pour s’établir à 1,17 milliard d’unités expédiées selon les analystes d’IDC. « Bien qu’il s’agisse du volume annuel le plus bas depuis une décennie, dû en grande partie aux défis macroéconomiques […], la croissance observée au second semestre a cimenté la reprise attendue pour 2024 », rajoutent-ils toutefois.
Ce sont les smartphones haut de gamme qui tirent davantage leur épingle du jeu. De quoi satisfaire Apple qui a mis fin avec son iPhone à douze ans de règne de son concurrent Samsung sur le marché mondial des smartphones. Mieux, en plus d’occuper la première place annuelle du marché pour la première fois, Apple est également le seul acteur du top 4 à afficher une croissance des ventes (+4 % contre -14 % pour Samsung).
Mais ce dernier n’a pas dit son dernier mot et avec son dernier modèle S24 mise sur l’intelligence artificielle. L’IA sera d’ailleurs la vedette du salon. « Parallèlement au thème plus traditionnel de la connectivité, l’IA et l’IA générative occuperont le devant de la scène. Avec la présence du président de Microsoft et du directeur général de DeepMind de Google, l’IA ne sera pas seulement au cœur de la conférence, elle fera également partie du discours de la plupart des fournisseurs pour optimiser les expériences de télécommunication, du matériel au logiciel en passant par les réseaux », explique Thomas Husson, analyste principal de Forrester VP, qui s’attend « à ce que de nombreuses marques chinoises de smartphones telles que Xiaomi, Honor et One Plus communiquent fortement » sur le sujet.
Connexion satellite en zones rurales
« Le Mobile World Congress reste avant tout un salon [professionnel] et l’accent sera mis sur l’innovation en matière de batteries, sur les réseaux 5G avancés et 6G, sur la convergence cloud-réseau et sur les nouveaux cas d’utilisation industrielle alimentés par l’IA et les jumeaux numériques. La nouveauté de cette année sera l’accent mis sur la connectivité par satellite dans les zones rurales et éloignées, grâce à Starlink et aux constellations croissantes de satellites en orbite basse » , estime l’expert.
Enfin, les questions environnementales occuperont une place de choix. « Avec Barcelone qui souffre de restrictions d’eau dues à la sécheresse, il ne fait aucun doute que la durabilité environnementale fera également partie des conversations commerciales. La réalité commerciale est que le numérique représente déjà environ 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) et qu’il est en passe de doubler d’ici à 2025. Les opérateurs de télécommunications et leurs partenaires ont un rôle essentiel à jouer dans la réduction des déchets numériques et dans l’offre de nouvelles solutions GreenTech », indique Thomas Husson.
Lunettes et bagues connectées
Au-delà de ces sujets déterminants pour le secteur des télécoms, le salon offrira comme chaque année son lot de curiosités et d’innovations futuristes. Alors qu’Apple – toujours absent du salon – a dévoilé son casque de réalité virtuelle Apple Vision, plusieurs constructeurs et opérateurs proposeront des lunettes légères et connectées qui affichent des informations en transparence sur les verres.
Smartphones pliants, bagues connectées seront de la partie et même… des voitures. Le géant chinois Xiaomi, qui veut devenir l’un des cinq premiers constructeurs de voitures électriques, pourrait présenter son modèle SU7.
Il n’y a pas si longtemps, Barcelone devenait au mois de février l’épicentre de toutes les innovations en matière de télécoms, de mobiles et d’innovations numériques, à l’occasion du Mobile World Congress (MWC 2022).
Après la pandémie de Covid-19 et la situation internationale inquiétante de la guerre en Ukraine, cette édition 2022 du plus important salon du mobile s’est tenue dans une quasi-discrétion, nombre de conférences se faisant en format hybride, mi-présentiel, mi-ditanciel. Pour autant, il a permis de dessiner les grandes quelques grandes tendances dont le boom… des ordinateurs portables. Une surprise pour un salon dédié aux smartphones mais qui s’explique par la généralisation du télétravail depuis la pandémie. Sur ce segment, Samsung fait son grand retour et on a vu apparaître des PC de marque Nokia. Le célèbre fabricant finlandais des Nokia 3310 a octroyé une licence à OFF Global, une entreprise lyonnaise fondée en 2020.
Autre tendance, la puissance et la montée en gamme des fabricants chinois Xiaomi, Oppo, Honor ou Huawei dont les smartphones se rapprochent des modèles star Galaxy S22 et iPhone 13. Si pour en mettre plein les yeux et montrer leur savoir-faire, Xiaomi a présenté un cyberdog, un robot-chien, Oppo, encore peu connu du grand public a présenté d’étonnantes lunettes connectées qui ambitionnent de faire oublier l’échec des Goggle Glass du géant Google lancées en 2013.
Un monocle high-tech
Les Oppo Air Glass consistent en un dispositif de 30 grammes, qui vient se clipser sur l’une des branches de vos lunettes et qui positionne devant l’un des verres un monocle sur lequel des informations vont être projetées. Un peu à la manière de l’affichage tête haute de certaines voitures.
Développé par Oppo, le micro-projecteur Spark doté d’une micro-LED et de 5 lentilles en verre à haute transparence, permet de projeter sur le monocle des informations en 16 ou 256 niveaux de gris. Jumelées avec votre smartphone, ces lunettes high-tech prennent en charge quatre modes d’interaction différents : le toucher, la voix, les mouvements de la main et les gestes de la tête. Devant vos yeux peuvent alors être projetés l’heure, la date, la météo, un trajet GPS, un texte défilant comme sur un prompteur ou une traduction. Le tout en surimpression du champ de vision. Piétons, personnes âges, touristes dans une ville inconnue, cyclistes : les utilisateurs potentiels sont nombreux.
L’autonomie atteint 3 heures en utilisation active et 40 heures en veille.
Les Oppo Air Glass vont être commercialisées en Chine dans un premier temps au prix de 4 999 yuans, soit environ 708 euros.
Qui n’a pas été fasciné devant le film « Minority Report » de Steven Spielberg ou la série à succès « Westworld » dans lesquels les personnages principaux manient des écrans pliables ou des tablettes ultrafines que l’on déplie pour obtenir de grands écrans ? Ce rêve de science-fiction est en passe de devenir réalité et le Mobile World Congress de Barcelone sera cette année marquée par les smartphones pliables.
Avant même l’ouverture du salon hier, Samsung a dévoilé un premier modèle baptisé Fold, qui fait suite à un prototype à écran flexible, le Youm, présenté en 2013.
Samsung dégaine le premier son Fold
Le Samsung Galaxy Fold
Le constructeur sud-coréen, qui célèbre les dix ans de son modèle phare le Galaxy S, a présenté jeudi dernier à San Francisco son smartphone à écran pliable, compatible 5G, qui sera commercialisé au prix d’entrée astronomique de 1 980 dollars. Plié, le Fold mesure 4,6 pouces (11,7 cm). Il s’ouvre grâce à un écran pliable : la face interne devient un écran de 7,3 pouces (18,5 cm), faisant du smartphone une tablette. « Le Galaxy Fold est une révolution, pas seulement parce qu’il répond aux sceptiques qui disent que tout ce qui est possible a été fait et que l’ère de l’innovation du smartphone est terminée, dans un marché saturé. Nous sommes là pour dire qu’ils ont tort », a lancé DJ Koh, patron de la division mobile chez Samsung.
L’accueil de ce mobile de luxe reste mitigé, beaucoup se demandant quels peuvent être les usages de cet écran au format carré assez inédit. « Comme prévu, il n’est pas donné, mais le GalaxyFold va être LE modèle à avoir pour les mordus de gadgets », a réagi sur Twitter l’analyste Bob O’Donnell de Technalysis Research. Chez Forrester, Julie Ask est plus mesurée : le modèle est « magnifique », mais « épais ». Et encore faut-il trouver un marché pour ce produit « qui coûte aussi cher que d’acheter une tablette plus un smartphone », ajoute l’analyste, qui voit du coup plutôt du potentiel du côté des entreprises que des particuliers.
Un prototype de chez Oppo
En tout cas, la tendance des smartphones pliables semble prise et d’autres constructeurs présentent des mobiles pliables à Barcelone. Ce sont les constructeurs chinois qui explorent ce nouveau segment. Oppo, Huawei, Nubia (filiale de ZTE), Xiaomisont dans les starting-blocks. Huawei a fait sensation en présentant dimanche soir le Mate X, un modèle 5G pliable plus élégant et plus fin que celui de Samsung, avec un seul grand écran repliable de 8 pouces (20,3 cm). Et plus cher aussi : 2 299 euros !
Si tous ces constructeurs misent sur les smartphones pliables c’est aussi pour créer un nouveau segment qui soit un levier de croissance pour un marché qui a connu le premier déclin annuel de son histoire (près de - 5 % de livraisons).
Le Mobile World Congress (MWC, congrès mondial de la téléphonie mobile) s’est ouvert hier à Barcelone. Cette grand-messe qui réunit tous les acteurs des télécoms - hormis Apple qui fait toujours bande à part - sera dominée par les smartphones à écran pliable et les promesses de la 5G. Samsung a déjà pris tout le monde de vitesse, en présentant mercredi dernier à San Francisco le tout premier smartphone à écran pliable, le Galaxy Fold (lire page suivante). Huawei lui a répliqué dimanche soir avec un modèle pliable encore plus élégant. C’est que Huawei jouera gros à Barcelone…
L’enjeu de la norme 5G
Le géant chinois a pris de l’avance sur ses concurrents en termes de qualité des équipements de 5e génération, une technologie qui promet de tout connecter plus vite, partout et en tout temps. Les Etats-Unis cherchent à convaincre leurs alliés que les Chinois de Huawei représentent un danger pour la confidentialité de leurs réseaux parce que les services secrets chinois pourraient les espionner. « Cette année, nous verrons de vrais lancements de la 5G dans différents pays et l’attention de l’industrie sera tournée vers quand, comment, où et de quelle manière les utilisateurs pourront profiter de la 5G en 2019 », estime Ian Fogg, vice-président en charge de l’analyse pour OpenSignal, une entreprise spécialisée dans la cartographie des réseaux sans fil.
Si l’Australie, la Nouvelle-Zélande ou le Japon notamment ont suivi les Américains et boycottent les équipements 5G de Huawei, la question n’est toujours pas tranchée en Europe, où les opérateurs, notamment en Allemagne, craignent de prendre du retard dans le déploiement.
Le géant chinois a d’ailleurs remporté quelques succès avant l’ouverture du Congrès. Le Financial Times rapportait il y aune semaine que le service de renseignement britannique pour la cybersécurité (NCSC) juge possible de limiter les risques liés à l’utilisation d’équipements Huawei dans la 5G. De plus le GSMA, l’association mondiale de 800 opérateurs qui organise le congrès, « a également expliqué que ce serait une mauvaise idée de bannir Huawei du continent », ajoute Dexter Thillien, analyste chez Fitch Solutions. « Si Huawei réussit à convaincre totalement le GSMA durant le congrès, en rassurant ses clients, cela pourra avoir encore plus d’impact ». Le MWC sera par ailleurs l’occasion, pour Huawei, de « montrer qu’ils continuent à faire leur travail, qu’ils innovent toujours et qu’ils font bien les choses différemment de leurs concurrents, et ainsi être dans une actualité plus positive que ces derniers mois », poursuit-il.
Consommateurs frustrés
Côté terminaux, les écrans pliables offrent une chance aux fabricants d’endiguer la baisse des ventes : - 4,1 % en 2018 après 0,5 % en 2017, selon le cabinet spécialisé IDC. L’écran pliable est vu, au même titre que l’arrivée de la 5G, comme une chance de redonner de l’air à un marché qui ne suscite plus autant d’engouement que durant les grandes années de l’iPhone.
« Les gens conservent leurs téléphones plus longtemps. Les consommateurs sont frustrés parce que les appareils n’évoluent pas des masses alors que les prix continuent à monter ». On dépasse désormais les 1 500 euros pour les appareils les plus chers.
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Les smartphones ont remplacé les objets du quotidien
Lorsque sont apparus les premiers smartphones, ces téléphones mobiles «intelligents», les constructeurs n’avaient de cesse de vanter le côté «couteau suisse» de ces appareils aors très onéreux. Une expression qui était au départ purement marketing mais qui, au fil des ans, est devenue une réalité. Car les smartphones d’aujourd’hui on bel et bien remplacé tout un tas d’outils physiques que nous utilisions.
Répertoire, agenda
En premier lieu, grâce aux applications installées d’office sur les smartphones, on s’est progressivement passé des répertoires de contacts, de l’agenda papier, du bloc-notes, de la calculette, des différentes listes en post-it (de courses ou de choses à faire), voire de la lampe de poche. Toutes ces taches sont désormais numérisées et sont de plus liées les unes aux autres pour gagner du temps.
Le GPS surpassé
Autre fonction : le GPS. Les terminaux que l’on ventousait au pare-brise ont été rapidement dépassés, notamment grâce aux fonctions connectées des smartphones qui ajoutent de multiples points d’intérêts le long d’un trajet, permettent d’obtenir des itinéraires alternatifs en temps réel. Et désormais permettent de s’orienter à l’intérieur des bâtiments.
Musique, appareil photo
Ensuite, ce sont des appareils qui nous étaient familiers qui ont progressivement été remplacés. Le baladeur MP3 a disparu au profit d’applications de lecture de musique ou d’écoute en streaming. Deezer, Spotify, Amazon Music ou AppleMusic proposent des bibliothèques de millions de titres pour 10 €par mois. La musique en streaming a également ouvert la voie à la vidéo à la demande : Netflix, Amazon Prime, OCS permettent là aussi de visionner films, séries, documentaires mais aussi les programmes télé en replay ou en direct.
L’appareil photo
L’appareil photo numérique est sans doute l’objet le plus emblématique que le smartphone a remplacé. Les capteurs photos - désormais au nombre de trois voire cinq sur les smartphones les plus récents - mais aussi les logiciels embarqués de traitement des images, qui mettent en œuvre de l’intelligence artificielle, permettent aux smartphones de rivaliser dans certaines circonstances avec des appareils reflex. Surtout la fonction photo - et vidéo - des smartphones a ouvert un nouveau pan de la photographie avec les selfies à partager sur les réseaux sociaux.
Banque, ticket, santé
Le smartphone n’entend pas s’arrêter là et de nouvelles fonctionnalités se développent. Il peut d’ores et déjà remplacer une carte de paiement pour payer les achats chez les commerçants. Il embarque tickets de cinéma, de métro ou billets d’avion numériques. Et demain ? Le smartphone va pouvoir servir de clé pour déverrouiller sa voiture ou son domicile. Et de multiples applications en lien avec la santé sont en réflexion.
Surtout, le smartphone connecté en 4G est devenu une porte d’entrée majeure pour l’accès à internet. « Le mobile tire la croissance : il est devenu le premier écran de connexion et conquiert chaque année toujours plus d’internautes. On compte aujourd’hui 34 millions de mobinautes au quotidien, soit 3 millions de plus que l’an dernier », selon une étude Médiamétrie parue ce mois-ci, qui pointe une tendance de fond : après le « mobile-first », voici l’émergence du « mobile-only », notamment chez les plus jeunes. C’est-à-dire que le « mobile d’abord » est supplanté par le « mobile seul », qui a remplacé l’ordinateur ou la tablette.
La bataille de la 5G commence
L’année 2019 sera celle du démarrage de la 5G, la prochaine génération de réseau mobile, qui promet des débits bien plus importats que ceux de la 4G et qui doit également permettre de connecter les objets numériques à internet. Cette année au Mobile World Congress de Barcelone, plusieurs fabricants vont dévoiler les premiers appareils compatibles avec cette nouvelle norme de téléphonie mobile. Outre la version 5G du Galaxy S10 de Samsung qui a été dévolé jeudi dernier, on devrati découvrir les nouveaux appareils de Xiaomi, Huawei, HTC ou encore OnePlus. Apple, éternel absent du salon, devrait quant à lui attendre 2020 avant d’intégrer la 5G dans l’ un de ses iPhones, selon Bloomberg.
Le marché de la 5G, qui décollera véritablement à partir de 2021, apparaît en tout cas colossal. Selon la dernière étude Ericsson Mobility Report, il devrait générer plus d’un milliard d’abonnements dans le monde à l’horizon 2023. Le nombre d’abonnements mondiaux pourraient même approcher les 1,5 milliards dès l’année suivante, en 2024. On comprend mieux les fortes réserves survenues en Amérique du Nord et maintenant en Europe à propos du chinois Huawei, leader des équiements de réseaux 5G, soupçonné d’espionnage, ce dont se déend le conxtructeurs.
Alors que l’édition 2018 du Mobile World Congress s'est achevée jeudi soir, Digimind analyse les marques et tendances les plus remarquées sur le web et les médias sociaux lors du salon phare du mobile. La marque Samsung et ses smartphones occupent la première place du podium, la 5G s’impose comme une tendance incontournable tandis que TheICollection, Phonandroid et BF TechServices confirment leurs positions en tant qu’influenceurs majeurs.
Les marques qui dominent les discussions
Samsung dévoile les Galaxy S9 et... les AR Emojis
Sur les médias sociaux, Samsung domine les conversations avec 16% de parts de voix. La marque coréenne a suscité de nombreux commentaires avec la conférence dédiée au Galaxy S9/S9+ ainsi qu’avec des échanges sur le DexPad et des interrogations et conjectures sur un futur Galaxy S10. Enfin, ses “AR emojis”, ses emojis dynamiques en réalité augmentée ont été largement partagés sur Instagram.
Chez Nokia, le vintage l’emporte sur le haut de gamme
Nokia se place en 2ème position. L’ancienne marque star du mobile, dont la communication et commercialisation sont gérées par HMD, a présenté de nouveaux modèles (Nokia 6 2018 et Nokia 7 Plus). Elle a aussi joué sur la nostalgie avec le Nokia 8110 4G, sorte d’anti-smartphone retro. Ce modèle vintage a suscité le plus de commentaires pour la marque, devant le tout nouveau produit haut de gamme Nokia 8 Sirocco.
Huawei brille avec l’IA
A la 3ème place, le chinois Huawei concentre les conversations avec des actualités diversifiées : le Huawei Matebook Pro, un ultrabook avec écran bord à bord, des fuites sur le Huawei P20 présenté le 23 mars et le fameux Huawei RoadReader qui a retenu l’attention : la conduite d’une Porsche via un smartphone et l’utilisation de l’intelligence artificielle.
Les très attendus Galaxy S9 et S9+ captent un quart des conversations sur les produits lors du MWC 2018. La marque coréenne a créé l’événement avec sa conférence dès le dimanche précédent l’ouverture officielle du salon en présentant ce produit qui ambitionne de devenir son porte-drapeau et, surtout, un concurrent direct des iPhone 8. La présentation des AR Emojis a renforcé le buzz pour le grand public.
Comme sur le dernier iPhone, les Animoji font aussi leur apparition sous le nom d’AR Emoji et introduisent des fonctionnalités de réalité augmentée. Il sera aussi possible de scanner un visage pour créer un avatar 3D. #samsung#mwc18#GalaxyS9#GalaxyS9Pluspic.twitter.com/opqhvHHjXp
Loin derrière, 10% des conversations concernent la gamme Sony Xperia XZ2 avec les Xperia XZ2 et XZ2 Compact, modèles avec lesquels Sony modifie le design et les finitions de ses smartphones haut de gamme.
Je sais pas pour vous mais je sens que le nouveau Sony Xperia sera peut être la grande surprise de ce salon !#MWC2018pic.twitter.com/l3hWTUsFNG
Symbole de la puissance de la notoriété de la marque, Apple réussit à se placer en 3ème position des produits commentés, sans présenter de nouveaux produits. Tous les messages commentent en effet les rumeurs sur de nouveaux iPhone X. En effet, d'après plusieurs médias américains, l'entreprise de Cupertino préparerait trois nouveaux modèles pour la rentrée 2018, dont « l'iPhone le plus grand jamais produit ».
📱 Même si Apple est absent du #MWC18, de nouveaux indices semblent confirmer les rumeurs...
Trois déclinaisons de l'iPhone X pourraient composer la gamme 2018 du constructeur !
La 5G occupe près d’un tiers des conversations sur le MWC 2018
La première place est occupée par les réseaux 5G, qui représenteront 14% des connexions d’ici 2025 et près d'un milliard d'abonnés à l'horizon 2023, comme le précise le rapport "Mobile Economy" de la GSMA, publié à l'occasion du Mobile World Congress et Ericsson.
En effet, la plupart des marques présentes proposent des applications pour cette norme, depuis les smartphones (débit multiplié par 10) aux voitures connectées en passant par le pilotage de drone rendu possible grâce à des temps de réactivité plus performants que le cerveau humain.
L’Intelligence Artificielle
La seconde tendance technologique, qui sonne comme une évidence tant elle est commentée et analysée depuis deux ans, est l’Intelligence Artificielle. Si le concept reste souvent abstrait, le MWC a donné l’occasion de montrer des applications concrètes voire spectaculaires : la Porsche conduite à distance via un smartphone Huawei, la reconnaissance de sujets pour le réglage de l’appareil photo chez LG, l’assistance vocale en sont des illustrations marquantes.
Les experts estiment d’ailleurs que d’ici la fin 2018, plus aucun smartphone haut de gamme ne sera dépourvu de son unité d’IA.
Barcelone accueille à partir d'aujourd'hui et pour trois jours le salon mondial du mobile, avec des annonces majeures sur les téléphones, les réseaux, les applications, les objets connectés, etc. Pour la 5e fois, des PME et start-up innovantes de Midi-Pyrénées seront sur place pour présenter leurs savoir-faire.
La planète mobile se retrouve aujourd'hui à Barcelone et pour trois jours pour le Mobile World Congress (MWC), la grand-messe du secteur des télécoms, organisé par la GSMA, association qui regroupe 800 opérateurs de télécommunications. La capitale de la Catalogne va, en effet, accueillir plus de 85 000 participants, 3 400 journalistes représentant 1 500 médias de 79 pays et près de 1 800 exposants venus du monde entier sur un gigantesque espace d'exposition de 94 000 mètres carrés. C'est qu'année après année, ce salon – qui a débuté sur notre Côte d'Azur à Cannes – a pris une importance considérable au fur et à mesure que la téléphonie mobile et la connexion permanente à internet s'imposaient dans notre vie numérique quotidienne, personnelle et professionnelle, avec les smartphones, ces mobiles «intelligents» couteaux suisses des temps modernes.
2,1 milliards de smartphones
Aujourd'hui, «le nombre de personnes qui possède un smartphone est passé de 1,5 milliard en 2013 à 2,1 milliards en 2014» indique Linda Sui, une analyste du cabinet Strategy Analytics, soit près d'un individu sur trois dans le monde où l'on compte 7 milliards de mobiles. Autant dire que la bataille est rude pour les constructeurs qui veulent séduire les consommateurs, notamment dans les pays émergents.
À l'exception notable d'Apple qui peut se permettre le luxe de bouder la manifestation en organisant ses propres présentations de produits – mais dont l'ombre est omniprésente à Barcelone chaque année – tous les constructeurs de smartphones sont donc présents sur le salon pour présenter leurs nouveautés de l'année. Des plus petits comme Wiko ou Doro (spécialisé dans les mobiles simplifiés pour seniors), aux ambitieux constructeurs chinois comme Xiaomi ou Huawei, jusqu'au géant Samsung.
Le géant Samsung fragilisé
Ce dernier devait présenter hier le Galaxy S6, son nouveau porte-drapeau d'une pléthorique gamme de mobiles que le géant sud-Coréen entend bien élaguer. C'est que Samsung a vu sa suprématie mondiale s'effriter au profit d'Apple qui a cartonné avec ses iPhone 6 et 6Plus, et des constructeurs chinois très offensifs. Selon le cabinet IDC, la part du marché mondial de Samsung est passée de 34 % début 2014 à 20 % au dernier trimestre et sa première place ne tient plus qu'à un fil face à l'américain Apple… C'est dire si Samsung compte sur 2015 pour se refaire une santé avec son Galaxy S6 présenté hier avec un modèle Edge (photo) disposant d'un écran débordant sur les côtés. Mais ce mobile haut de gamme qui remplacera le décevant S5 est un pari risqué.
Les autres constructeurs présenteront eux aussi leurs nouveautés comme HTC avec son One M9 ; Huawei et son Ascend P8 ; Doro et Haier et leurs mobiles pour seniors. Un nouveau constructeur suscitera la curiosité : Microsoft qui va commercialiser des smartphones sous sa propre marque et non plus sous celle de Nokia, jadis n° 1 mondial.
Des montres et des capteurs
Mais cette année, les smartphones et les tablettes vont peut-être se faire voler la vedette par les objets les montres connectés. Alors qu'Apple doit prochainement booster le secteur en commercialisant son Apple Watch fin mars, de nombreux constructeurs misent sur ce secteur : LG, Samsung, Motorola, Alcatel, Pebble, etc. Tous proposent des qui relaient certaines informations du smartphone auquel elles sont reliées (SMS, prise d'appel, alertes infos, etc.) mais surtout analysent via leurs nombreux capteurs une foule de données sur la condition physique de leur propriétaire.
Le Mobile World Congress 2015 dresse ainsi une perspective – heureuse pour les uns, effrayante pour les autres – : après nous avoir connectés aux autres puis au monde, les technologies mobiles vont nous connecter... à nous-mêmes.
C'est la folie des montres
2015 année de la montre connectée ? En tout cas les smartwatches (montres «intelligentes») pour reprendre la terminologie anglo-saxonne seront sans conteste les vedettes du Mobile World Congress qui s'ouvre ce lundi à Barcelone. L'idée d'avoir une montre intelligente qui servirait à passer des appels et consulter des informations n'est pas nouvelle ; elle émaille depuis longtemps les films et séries télé de science-fiction. Mais passer à la réalité est un vrai casse-tête pour les constructeurs, particulièrement en ce qui concerne la batterie : comment faire tenir au moins 24 heures un appareil électronique si gourmand en énergie, relié en permanence par Bluetooth avec un smartphone et bourré de capteurs pour mesurer le nombre de pas, les calories brûlées ou la pression artérielle ?
Pour l'heure personne n'a trouvé de solution miracle. Le géant Samsung s'est lancé le premier sur le secteur en 2013 avec sa Galaxy Gear. Un coup d'essai, pas un coup de maître. Depuis, tous les constructeurs ont sorti de leur carton des montres connectées plus ou moins réussies. En 2014, la donne change avec l'entrée en lice d'Apple qui, avec son Apple Watch, espère réitérer les succès de l'iPod, l'iPhone et l'iPad. À côté de cette montre luxueuse qui sera commercialisée en avril à partir de 349 € on trouve de nombreux modèles originaux : le français Withings propose une montre connectée avec capteurs mais sans écran et qui a toute l'apparence d'une montre normale. Loin de ces montres à écran tactile, Pebble (ci-contre à gauche) mise sur une montre avec un écran à encre électronique. L'avantage : une batterie moins gourmande. Mais le plus joli coup vient peut-être d'Alcatel qui propose sa OneTouch Watch ronde fonctionnant avec les smartphones Android et Apple. À 130 €, elle devrait remporter un vif succès.
Les «pépites» de Midi-Pyrénées débarquent en force
Avec quelque 5 300 entreprises et 34 000 emplois, le secteur des technologies de l'information et des communications (TIC) est la 2e économie de la région Midi-Pyrénées qui, au plan national, est la seconde région française après l'Île-de-France pour les TIC avec une place de n° 1 pour l'édition de logiciels applicatifs, la programmation informatique et la fabrication d'équipements électriques et électroniques. «Au sein des TIC, les technologies logicielles représentent 56 % de ce potentiel avec 19 000 salariés, dont 60 % de cadres fortement qualifiés, et 4 600 sociétés générant 2,70 € milliards de chiffre d'affaires. Un secteur qui a vu son effectif tripler en l'espace de quinze ans.
Autres points forts de la région : l'électronique (800 salariés), avec la plus forte concentration scientifique dans le domaine de l'électronique de puissance, et les télécommunications, qui ne représentent pas moins de 7 000 emplois», détaille Madeeli, Mon agence développement Export Innovation. Cette nouvelle agence de l'innovation et du développement économique – lancée au début du mois par la région Midi-Pyrénées avec pour marraine Anne Lauvergeon, présidente de la Commission Innovation 2030 – va conduire avec Rézopep (Réseau de pépinières d'entreprises), cette semaine au Mobile Word Congress de Barcelone, une forte délégation de start-up et de PME midi-pyrénéennes du secteur des TIC. C'est la 5e fois que des entreprises de la région participent à la grand-messe du mobile.
La délégation régionale regroupe des experts en technologie des réseaux ; en solutions innovantes de contrôle et de supervision des accès par téléphone et Internet ; des promoteurs d'une technologie sonique/ultrasonique de paiement par mobile ; des spécialistes de technologies de géolocalisation indoor ; des experts en traitement de l'image 3D ; de produits autour de l'harmonisation radiométrique, de la reconstruction 3D d'environnements et de solution pour simulateurs de vols ; les concepteurs d'une application d'essayage virtuel pour l'ameublement ; et les constructeurs d'une gamme de mobiles tout terrain, incassables et utilisables en milieu extrême comme dans l'eau.
Autant dire que Midi-Pyrénées envoie à Barcelone ses meilleures compétences et les talents de ces entreprises dont certaines commencent à être connues du grand public comme Sigfox bien sûr, qui a récemment réalisé une levée de fonds de 100 millions d'euros, ou Pole Star. Cette dernière est spécialisée dans la géolocalisation à l'intérieur des bâtiments grâce à un smartphone. Du coup l'utilisateur peut s'orienter sans mal dans des aéroports, de grands centres commerciaux, etc. L'expertise de Pole Star a d'ailleurs séduit les organisateurs du salon : les 85 000 participants vont pouvoir utiliser la technologie toulousaine pour s'orienter dans les 94 000 mètres carrés d'exposition !
Le commerce sur mobile devrait doubler d'ici 2015
Avec la possibilité d'être géolocalisé en temps réel, de surfer sur internet en déplacement et de payer en direct sur le web ou dans des magasins dûment équipés, le mobile est l'outil idéal pour faire ses achats. Un m-commerce (le commerce sur mobile) qui devrait s'amplifier cette année selon une étude RetailMeNot, réalisé le mois dernier en Europe et en Amérique du Nord. Aujourd'hui, 54 % des Français possèdent un smartphone (contre 43 % en 2014), en retard sur la moyenne européenne (60 %).
Sans surprise, c'est la Grande-Bretagne qui est le champion du m-commerce en Europe. Les Britanniques devraient dépenser en moyenne 17,7 milliards d'euros en 2015 contre 10 milliards en 2014, soit une croissance de +78 %, et 2,5 fois de plus que les dépenses en France. La France est le 3e marché européen du m-commerce, après le Royaume-Uni et l'Allemagne. En 2015, les recettes des ventes sur mobile devraient presque doubler par rapport à 2014, de 3,7 milliards d'euros à 7 milliards d'euros. Au total, 19 % des dépenses dans l'e-commerce français devraient se faire sur mobile, contre 28 % en Allemagne et 29 % en Angleterre (soit 2,5 fois plus qu'en France).
Tendances : «Grands écrans, objets et montres connectés»
Caroline Noublanche est experte du marché de la téléphonie mobile et vice-présidente de Doro.
Quelles vont être les tendances de l'édition 2015 du Mobile World Congress qui s'ouvre aujourd'hui à Barcelone ?
On n'a pas encore les annonces mais ce que l'on peut dire, c'est que sur cet énorme salon, des annonces sont faites par les gros constructeurs de téléphones mobiles. Des annonces sur la partie infrastructure aussi : réseaux mobiles et applications et logiciels. On va ainsi beaucoup entendre parler de la 5G, qui succédera à la 4G actuellement déployée. Les grosses annonces sont celles des constructeurs et trois tendances se dégagent pour cette année.
Quelles sont-elles ?
La première concerne la taille des écrans, toujours plus grande, et des téléphones avec des écrans particuliers. Samsung va ainsi annoncer son S6 avec un écran incurvé des deux côtés. Microsoft devrait annoncer une phablette ; HTC son nouveau mobile One, etc.
On va aussi beaucoup parler des «wearables», c'est-à-dire les objets connectés. Par exemple HTC va annoncer une montre, Motorola également.
Enfin, il va y avoir beaucoup d'annonces du côté des constructeurs low-cost car le marché des smartphones s'est structuré entre d'un côté des appareils très haut de gamme avec Apple et ses challengers ; et de l'autre côté des mobiles plus abordables, conçus par des sociétés comme Wiko ou des constructeurs chinois.
Justement, comment les petits constructeurs – comme Doro – peuvent tirer leur épingle du jeu ?
Chez Doro, on fait de la téléphonie simplifiée adaptée pour les seniors. On prend le meilleur de la technologie pour l'adapter à un usage. Notre ADN est de prendre des plateformes Android et les rendre super-simples pour aider des gens à commencer avec les nouvelles technologies.
Il faut donc viser des marchés de niche ?
Absolument. Chacun a sa façon d'exister mais nous, on s'adresse à une audience particulière avec des produits vraiment adaptés. Ce n'est pas la course à l'échalote, au processeur le plus puissant, à la caméra la plus performante, etc.
Les montres connectées sont l'une des grandes tendances de cette année. Seront-elles un vrai relais de croissance ? Le grand public va-t-il être conquis ?
En tout cas, il y a des choses de plus en plus sympas qui sortent. Déjà l'an dernier il y avait beaucoup d'annonces dans ce domaine avec des acteurs comme Withings ou Fitbit. Ce qu'on voit aujourd'hui, c'est qu'il y a un marché mais qui a encore des problèmes. Par exemple la batterie qu'il faut recharger souvent. On s'aperçoit que les gens qui achètent des montres ou bracelets connectés finissent par ne plus les porter au bout de quelques semaines. Le challenge de l'industrie du wearable est d'arriver à bien cibler les attentes des utilisateurs. Mais au-delà de ce défaut de jeunesse, on sent qu'il y a une véritable dynamique.