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TF1 fête ses 40 ans de succès


TF1 célèbre ce soir ses quarante ans d'existence. Quarante ans déjà pour la «Télévision française 1», cette chaîne qui naquit le 1er janvier 1975 sur les décombres d'un Office de radiodiffusion télévision française (ORTF) devenu bien poussiéreux et que Valery Giscard d'Estaing, à peine élu président de la République, avait décidé de supprimer. Depuis, la Une a volé de succès en succès, trustant aujourd'hui encore les meilleures audiences face à ses concurrentes sur le terrain du divertissement et de l'info. Derrière ces succès sur le temple de l‘audimat, l'histoire de la chaîne a toutefois été marquée par de nombreux soubresauts, qui illustrent aussi toute l'évolution de la société.

Le choc de la privatisation…

Le premier d'entre eux survint bien sûr en 1986 lorsque, en pleine cohabitation, le gouvernement de Jacques Chirac opte pour la privatisation d'une des trois chaînes publiques. Alors que tout le monde pensait qu'il s'agirait d'Antenne 2, le ministre de la Communication François Léotard annonce que c'est TF1 qui sera privatisée et que le candidat à l'achat sera celui du «mieux-disant culturel.» Une formule qui sera souvent ressortie par les détracteurs du nouveaux propiétaire : le groupe de BTP Bouygues. Car sous la houlette de Francis Bouygues, et surtout du redoutable duo Patrick Lelay (nommé PDG en 1988) et Etienne Mougeotte (directeur d'antenne), la chaîne va, d'évidence, changer de dimension

Et de la téléréalité

Les deux hommes vont, en effet, asseoir la domination de la Une sur le paysage audiovisuel français avec une kyrielle de nouveaux programmes, qui compense d'une certaine façon le départ de certaines stars (Jean-Claude Bourret, Patrick Sabatier, Patrick Sébastien…) pour La Cinq de Berlusconi. Le Lay et Mougeotte mettent ainsi à l'antenne des programmes phares qui vont marquer le public : Le Club Dorothée, Le Juste Prix, Sacrée Soirée, Ciel, mon mardi ! etc.. Le duo promeut ensuite des reality shows, honnis de la critique mais adorés par le public et cette fameuse ménagère de moins de 50 ans, cœur de cible des annonceurs qui font désormais vivre la chaîne. TF1 propose donc Perdu de vue, L'Amour en danger, Témoin n° 1… avant de rater le coche de la téléréalité. Quand M6 lance Loft Story en avril 2001, premier programme de ce type en France, Le Lay prend la plume pour dénoncer une «télé poubelle.» Mais devant le succès de ces programmes, l'homme qui disait vendre «du temps de cerveau disponible» aux annonceurs, mettra de l'eau dans son vin et TF1 viendra aussi aux programmes de Real TV (Secret story, Koh Lanta, The Voice), etc.

L'arrivée de la télévision numérique terrestre (TNT) en 2005 à laquelle il ne croît pas est l'erreur stratégique qui coûtera à la chaîne des parts de marché et son poste à Patrick Le Lay, en mai 2007. Son successeur Nonce Paolini préservera toutefois un héritage bâti sur le divertissement, le sport avec les grands matches de foot et bien sûr l'information. Troisième pilier de la Une l'info, sera longtemps incarnée par Patrick Poivre d'Arvor, qui part en 2008.

À côté de Nikos Aliagas ou d'Artur, Claire Chazal, l'indéboulonnable Jean-Pierre Penaut à 13 heures et le très pro Gilles Bouleau au 20 heures sont aujourd'hui les visages d'une chaîne populaire qui, au-delà des aléas, reste toujours la Une dans le cœur des téléspectateurs.

Dechavanne et Bouleau soufflent les bougiesCe soir à 20 h 50, TF1 fête son 40e anniversaire en grande pompe avec une émission spéciale «40 ans d'émotions partagées», présentée par Christophe Dechavanne et Gilles Bouleau. À eux deux, ils représentent bien les deux facettes de la chaîne : le divertissement grand public pour l'un, l'information dans une grande chaîne européenne pour l'autre. Cette émission en public reviendra en images sur tous les moments forts vécus sur la chaîne depuis quatre décennies. Et c'est peu dire que les souvenirs sont nombreux : Gainsbourg dans 7 sur 7 face à Anne Sinclair, la victoire de Yannick Noah à Roland-Garros, Le Bébête Show, la chute du mur de Berlin, Tien an men, etc. Le producteur Frédéric Pedraza promet les grands moments de la chaîne et ceux qu'on a un peu oubliés. Tous seront présentés non pas chronologiquement mais par thèmes : jeux, information, breaking news, sport, séries, aléas du direct, etc. Les téléspectateurs retrouveront les vedettes d'hier et d'aujourd'hui. Et sans doute aussi Denise Fabre dont le rire et la bonne humeur nous touchent à chaque fois. C'est d'ailleurs elle qui ouvrit l'antenne le 6 janvier 1975…

L'arrivée de la pub interactive

TF1 a commencé à afficher lundi 7 février des icônes sur ses publicités afin d'informer le téléspectateur de la possibilité de bénéficier de promotions ou d'informations supplémentaires sur internet, qui devraient bientôt être « interactives. » Ces « tags » sont intitulés « coupon » pour ceux qui renvoient vers la possibilité de télécharger des bons de réductions sur www.tf1conso.fr

Bataille de géants autour de la télé connectée

Au 2e jour du 32e Digiworld Summit, organisé à Montpellier par l'Institut de l'audiovisuel et des télécommunications en Europe (Idate), une table ronde a mis en évidence la bataille de géants qui va se livrer dans les mois à venir autour de la télévision connectée.
Chaînes de télévisions, sociétés du monde numérique, opérateurs télécoms et constructeurs portent chacun une vision différente de cette télévision connectée dont tout le monde sent bien qu'elle va prendre beaucoup d'ampleur.

Les chaînes sur leurs gardes

Pour Laurent Souloumiac, directeur de France Télévisions Interactive, les chaînes de télévision traditionnelles doivent conserver le contrôle de ce qui s'affiche sur le téléviseur. "Nous voulons maîtriser les contenus s'affichant en surimpression", explique-t-il, proposant là un système fermé, notamment avec la norme Hbbtc, mais qui pourrait laisser place à des partenariats avec les opérateurs de télécoms et les constructeurs. Une position qui semble bien éloignée des nouveaux usages que l'on constate aujourd'hui, comme le live-tweet des programmes. France Télévisions, qui est arrivé sur le tard sur le marché de la télé de rattrappage, en fait désormais "un axe majeur" de développement, déclinable "sur tous les supports (câble, ADSL, mobiles, tv connectées)" avec un modèle de VOD gratuit mais avec publicité.
L'expérience de la BBC, présentée par Edouard Benroubi, semble différente mais reste là-aussi assez fermé. "La BBC propose des expériences à son public pour qu'il profite de la richesse de ses contenus", explique le responsable, qui entend "panacher le linéaire et le non-linéaire" avec un objectif : "que le multiplateforme soit intégré des la production des contenus." La BBC a d'ores et déjà tagué ses programmes éducatifs, créé un moteur de recherche et une plateforme multimédia innovante.
Enfin, pour Nonce Paolini, PDG de TF1, la télé connectée n'est "pas un danger" ; à condition que les chaînes restent en pôle position. "Les studios de création préféreront signer des accords avec les chaînes. Nous avons notre métier d'éditeur et de diffuseur à faire, nous le ferons", a estimé le PDG mettant en garde contre toute réglementation qui ne serait pas équitable entre tous les acteurs.

Google veut laisser le choix au consommateur

Face aux chaînes de télé, Carlo d'Asaro Biondo, vice-président EMEA de Google, a joué les trouble fête. Il a tout d'abord rappelé combien YouTube, propriété de Google, avait évolué pour gagner en matutité. Le service de partage de vidéos - qui accueille 35 heures de nouvelles vidéos chaque minute - est prêt à "grandir aux côtés des créateurs de contenus" en proposant de la location, du live streaming, un meilleur contrôle de la contrefaçon et de la publicité ciblée. Surtout, Google a bien l'intention de transposer sur la télé connectée le modèle des applications des smartphones Android ; une vision opposée donc à cette de France Télévisions. "Au final c'est le consommateur qui décidera", estime Carlo d'Asaro Biondo, qui a indiqué que Google était prêt à des partenariats avec créateurs de contenus ou constructeurs (Sony).

Les constructeurs veulent devenir le point central

Troisième acteur à intervenir, le constructeur Technicolor. "Qui va gagner la bataille du consommateur ? Aucune idée", assène Frédéric Rose, son président. Mais pour lui, il faut dépasser la situation actuelle où les boîtiers se multiplient dans les foyers. "Aujourd'hui, il faut dépasser les goulets d'étranglement et il fait des contenus", explique le président de Technicolor qui propose sa solution : une passerelle multimédia connectant d'un côté les fournisseurs de VOD (payante essentiellement) et de l'autre les différents appareils du foyer (téléviseurs, tablettes, mobiles) avec de puissants outis de recherches de contenus faisant appel aux métadonnées combinées aux données des utilisateurs.

Les box n'ont pas dit leur dernier mot

Le 4e acteur de cette guerre, absent de la table ronde, est l'opérateur de communication. Alors que Frédéric Rose enterrerait bien les box internet, les opérateurs les transformeraient bien en vraies passerelles mutimédias. SFR a donné le ton mardi avec sa nouvelle Neufbox Evolution. Free devrait suivre d'ici quelques jours.
Pour l'heure, difficile de savoir qui sortira vainqueur de cette guerre à quatre dont l'un des enjeux est à la fois l'exploitation multisupport des contenus, la compréhension de l'audience et l'adaptation de la pub à de nouvelles formes de publicités ciblées.

La télé quand vous voulez

Un rendez-vous qui s'éternise, votre voiture immobilisée dans un bouchon et vous ratez votre émission préférée que vous n'aviez pas pris soin d'enregistrer sur votre magnétoscope. Jusqu'à présent, en dehors d'une hypothétique rediffusion, il n'y avait pas de solution de rechange, jusqu'à ce que débarque le concept de « catch-up TV » soit en français télé de rattrapage ou télé à la demande. Tous les programmes d'une chaîne sont ainsi enregistrés et stockés sur des serveurs informatiques. Ils sont alors proposés à la consultation via internet selon le principe de la vidéo à la demande (VOD) déjà expérimentée par les « box » des fournisseurs d'accès à internet (Freebox, Neufbox, Livebox, etc.)

France 5 met déjà en ligne l'intégralité de ses magazines depuis mars 2006 et une partie de ses documentaires depuis juin 2007. Ils sont visibles par les internautes gratuitement huit jours à partir de leur date de diffusion. Arte propose, elle aussi gratuitement avec « Arte + 7 », quatre à quinze programmes par jour et a pour objectif d'offrir en télé de rattrapage 80 % de ses programmes.

Canal + s'est également lancé sur ce créneau ce mois-ci. Son service « Canal + à la demande » reste cependant réservé aux abonnés de Canal + Le Bouquet et nécessite l'installation d'un petit logiciel supplémentaire. Les programmes sont alors disponibles jusqu'à un mois après leur diffusion.

Alors que France Télévisions a signé un accord avec Orange pour diffuser fin mars son service « Rewind TV » auprès des abonnés TV de l'opérateur, c'est M6 qui a fait l'actualité cette semaine. En effet, la chaîne vient d'annoncer que le 19 mars prochain, elle lancera une offre de télé de rattrapage très ambitieuse. « La plupart des programmes de M6 seront accessibles sur www.m6.fr ou www.m6replay.fr une heure après leur diffusion à la télévision, et pendant sept à quinze jours », explique Valéry Gerfaud, directeur général de M6 Web.

L'offre de M6 est la plus aboutie

Environ 200 programmes seront disponibles le 19 mars : séries télé y compris américaines (Desperate Houseviwes, NCIS), fictions, divertissements (Pékin Express, Nouvelle Star), magazines (Capital, Zone Interdite). En revanche, les films de cinéma et le sport sont exclus de l'offre pour des questions de droits. L'offre de M6, gratuite financée par la publicité, est pour l'heure réservée aux possesseurs de PC avec Windows Media, mais elle sera la plus aboutie et ouvre véritablement l'ère de la télé à la carte.