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Étudiants, qu'ont-ils à faire sur LinkedIn ?

Les étudiants doivent comprendre que leur profil LinkedIn ne peut être qu’une simple copie de leur CV. PixabayCC BY

Par Géraldine Galindo, ESCP Business School

« Avez-vous un compte LinkedIn ? » À chaque fois qu’on leur pose cette question, au début de cours sur le « Personal Branding » que nous animons à l’ESCP Business School, 100 % des étudiants lèvent la main. Mais lorsqu’on les interroge sur la manière dont ils utilisent ce réseau social, leurs réponses convergent vers ce type de propos : « je sais que je dois y être mais je ne sais pas comment agir et m’en servir réellement ».

Pourquoi ces étudiants, pourtant souvent addicts à Facebook et à Instagram, semblent-ils entretenir une relation circonspecte avec ce réseau social, et ce, alors même que les recherches soulignent les effets positifs de l’usage de LinkedIn sur la carrière ? (Davis et al).

Plusieurs hypothèses peuvent être avancées pour expliquer leur posture paradoxale.

Apparaître plus que paraître

Force est de constater que de nombreux étudiants se sentent obligés d’être présents sur LinkedIn mais ne savent pas exactement pourquoi. Leur présence sur Facebook, Instagram et plus récemment TikTok, est devenue pour eux « une norme implicite de rigueur » où ils exposent plutôt facilement des « métaphorisations » d’eux (selon les propos de De Rigail, 2013). Ils ont ainsi pris l’habitude de prendre part à des « mondanités numériques » qu’ils ont sélectionnées, pour entretenir ou élargir leurs liens amicaux, ou tout simplement se montrer et être vus.

Loin de ces visées personnelles, LinkedIn correspond plus pour eux à une norme sociale développée par d’autres, à laquelle ils doivent adhérer pour prétendre développer leurs réseaux professionnels, et qu’ils ont souvent du mal à identifier et à choisir.

Si les étudiants ont pris l’habitude de parler d’eux sur les réseaux sociaux, ils ont ainsi souvent plus de facilités à montrer leur identité personnelle que leur identité professionnelle. Leurs photos, leurs participations à des événements et leurs passions sont exposées plus facilement que leurs parcours et leurs réalisations. Le « paraître », parfois assorti d’artifices ou de projections de soi, tend ainsi à être une démarche plus aisée pour ces jeunes adultes, que d’« apparaître » à l’aide de faits et de réalisations aux yeux d’une nouvelle sphère professionnelle.

L’enjeu de LinkedIn est d’élargir leur réseau au-delà de leur cercle rapproché de connaissances. Mais les jeunes s’arrêtent parfois à cette étape, n’osant pas solliciter des personnes plus expérimentées. Ils peinent à dynamiser leur profil, par leurs activités, par des réactions ou des posts. Beaucoup s’estiment peu légitimes à relayer de l’information, à réagir aux activités des autres et à créer de l’information.

LinkedIn offre quatre types de potentialités à ses membres :

  • la visibilité

  • la persistance (en récupérant les posts)

  • l’édition de contenu

  • l’association entre les personnes.

Beaucoup d’étudiants se contentent d’exploiter le potentiel de visibilité, a minima, en renseignant les rubriques avec des copier-coller de leurs CV, et donc en restant une ombre sur LinkedIn avec le sentiment du devoir accompli. Ils passent alors à côté des opportunités offertes par ce réseau social qui compte 700 millions d’inscrits dans le monde et 20 millions de membres en France (soit 64 % de la population active).

Les étudiants ont dès lors à (re)penser leur présence sur LinkedIn, et ce, en suivant trois objectifs.

Se différencier

Le premier objectif est d’inciter les jeunes à enrichir leur identité déclarative pour se différencier. Les étudiants doivent comprendre que leur profil LinkedIn ne peut être qu’une simple copie de leur CV. Ils doivent sortir d’une logique de substitution pour aller vers une vision de complémentarité entre ces deux outils. Il s’agit d’en dire plus et de donner envie d’en savoir plus encore.

Cela passe en premier lieu par des actions assez simples. La partie « infos » n’est souvent pas ou trop peu renseignée et n’attire pas l’attention de potentiels recruteurs. Au cours de formations que l’on pourrait considérer comme génériques, certains choix de spécialisations ou des réalisations (mémoires, projets…) permettent de différencier un étudiant d’un autre, d’estimer son potentiel et ses centres d’intérêt.

De nombreuses rubriques sont aussi pertinentes et sous-utilisées par les étudiants comme les investissements dans des associations, les réalisations, les appartenances à des groupes et le suivi de personnes ou organisations. C’est donc un travail à mener avec les étudiants, pour les amener d’abord à identifier dans leurs parcours ce qu’ils pourraient mettre en valeur.

Dynamiser son profil

Le challenge est ensuite de ne pas se contenter de ce travail déclaratif. L’enjeu pour les étudiants est d’oser passer à une utilisation active du réseau social : nouer de nouveaux contacts, poster des informations sur leurs sujets d’intérêts professionnels et participer à des groupes.

Cette mise en action a un préalable incontournable pour eux : savoir pourquoi et pour quoi initier et développer ces démarches, afin d’aller vers une posture active. La cohérence de ces activités doit donc être pensée pour asseoir leur crédibilité numérique. Cela signifie donc sortir de leur spontanéité habituelle sur les réseaux sociaux pour penser son activité et ses finalités.

Gérer sa réputation

Le nombre de personnes dans le réseau est un indicateur certes, mais insuffisant si l’on aspire à être repéré. La diversité des membres de son réseau (organisations, postes, formations) indique aussi le capital social que peut et pourrait avoir un étudiant, futur salarié demain. Plus encore, le nombre de personnes ayant lu, réagi et commenté les posts représente un outil clef pour mesurer l’audience de leur marque personnelle et surtout son évolution.

Il existe des outils, comme Shield ou Social Selling Index, qui permettent de mesurer les effets de l’activité sur LinkedIn. Ces outils inscrivent la démarche, au-delà des mesures quantitatives, dans une perspective dynamique et non statique.

En définitive, LinkedIn permet de donner et de dépasser la première impression que l’on peut avoir sur un individu. Il donne une épaisseur numérique à une personne à travers les trois facettes de sa personnalité : déclarative, agissante et calculée.

Comme le disait le philosophe Alain, « le secret de l’action, c’est de s’y mettre ». Concernant LinkedIn, cette étape d’activation du profil, que tout étudiant a souvent bien consciencieusement construite, est donc cruciale pour leur insertion professionnelle. Leur reste cependant le choix de penser leurs particularités, d’inventer leurs propres manières d’utiliser les fonctionnalités du réseau social et de s’adapter aux contextes professionnels auxquels ils aspirent.

LinkedIn n’agrège donc pas que des contraintes mais peut aussi être vu comme un espace de liberté pour permettre à ces jeunes de montrer qui ils sont, ou pourraient être, dans une sphère professionnelle. À condition de les y accompagner.The Conversation

Géraldine Galindo, Professeur, ESCP Business School Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Microsoft et LinkedIn : deux géants du collaboratif d'entreprise pour un nouveau standard mondial ?




Par Marc Trilling, Président Fondateur du Cabinet SAEGUS

« Nous n'aurons plus le choix », « Nous serons tous Microsoft ». Telles sont les premières réactions à l'annonce hier du rachat de LinkedIn par Microsoft. Réaction compréhensibles dans les faits puisqu'effectivement, si l'organisation professionnelle à laquelle nous appartenons fait partie des (très) rares entreprises à ne pas avoir de Microsoft en interne, il est fort à parier que nous avons à minima un compte LinkedIn. Alors au final, cette acquisition portera-t-elle le fruit de ses promesses ?

26 Milliards
Le chiffre a de quoi impressionner. Il représente presque le PIB de Côte D'Ivoire (28Mds), et certes un mois de CA d'Apple, mais tout de même… Est-il pour autant surévalué ? Non pas forcément, et pour plusieurs raisons. D'abord, le cours de l'action LinkedIn a fortement chuté dernièrement (près de -40%), principalement lié au rachat pour d'1,5 milliard de Lynda.com, et à l'incertitude des produits et services de recrutement. Ensuite, parce que la base de profils et d'informations relative est colossale. On parle de 433 millions de membres et même si le chiffres des membres actifs n'est pas communiqué, on peut légitimement penser qu'une fiche profile à jour mérite largement ces quelques 60$, en comparaison du prix des autres profils sur d'autres médias sociaux.

Ouvrir le champ des possibles
La présentation faite aux équipes Microsoft présente plusieurs promesses. Bien que le temps de mise en application n'ait pas été évalué – on peut légitiment raisonner en années - certaines représentent un intérêt plus que certain.
Du (vrai) social CRM. Avant LinkedIn Social Sales Navigator Revenue vous permettait de cibler, organiser et suivre vos campagnes en ligne. Demain vous pourrez y intégrer également directement les données de votre CRM Dynamics.
Intégrer vos informations LinkedIn dans votre contexte de travail. Lancer une conversation Skype, travailler à plusieurs sur un document, organiser une réunion, toutes ces situations pourront venir s'enrichir d'informations récupérées directement de LinkedIn.
Un fil d'actualité tout intégré : vous aviez jusqu'à maintenant votre fil d'actualité LinkedIn, maintenant vos aurez dans ce même fil les évènements liés à votre actualité opérationnelle : vos prochaines réunions, le collaborateur qui vient de déposer un commentaire ou faire une modification sur un de vos documents…
Un assistant encore plus savant. Cortana aura accès aux infos de LinkedIn : saviez-vous que la personne que vous alliez rencontrer a fait la même école que vous, et que vous aviez deux connaissances en commun ? Voulez-vous en savoir plus ?


Quel succès pour ce mariage ?
Difficile à dire tant les précédents rachats de Microsoft n'ont pas toujours rencontré les succès escomptés : Nokia, Yammer…
Les intégrations et convergences promises entre ces deux géants sont extrêmement prometteuses. Le potentiel de LinkedIn associé à la puissance de Microsoft et à ces innovations laisserait présager de très belles réalisations technologiques. Le risque majeur étant de voir LinkedIn s'éteindre peu à peu, gageons que ce succès reposera d'abord sur la bonne coopération entre ces deux géants. Leur taille et leur organisation le permettront-elles ? Après tout Microsoft est bien le premier éditeur mondial sur le travail collaboratif, non ?

Tribune libre. "Réseaux sociaux : la nouvelle porte d'entrée des cybercriminels dans les entreprises ?



Wieland Alge est vice-président et directeur général EMEA chez Barracuda Networks.

Aujourd'hui, la cybercriminalité est de plus en plus importante et organisée. Nous sommes loin de l'époque du pirate solitaire qui envoyait des malware du fond de sa chambre. Le phishing, par exemple, a prospéré au cours des dernières années. Les cybercriminels utilisent des méthodes de plus en plus sophistiquées de phishing pour cibler les entr eprises, ce qui entraîne non seulement une perte de crédibilité des entreprises mais aussi et par conséquent une perte de clients et de bénéfices. La priorité première pour entreprise, cible d'une attaque via le phishing devrait être la protection de ses clients. 
Mais de nos jours, ce n'est pas aussi facile qu'il y paraît. 
La disponibilité des informations personnelles via les réseaux sociaux a rendu la tâche plus facile pour les cybercriminels. Il est maintenant aisé pour eux de produire des messages de phishing de plus en plus convaincants avec les informations qu'ils arrivent à trouver sur Internet. Des informations mises en ligne par des utilisateurs qui deviennent des proies faciles. Dans le même temps, les entreprises de toutes tailles ne parviennent pas à éduquer leurs utilisateurs sur le fait d'être constamment vigilants, en particulier dans leurs activités personnelles en ligne.
 
L'exemple de LinkedIn
Au cours de ces derniers mois, plusieurs articles ont mentionné un nouveau mode d'attaque phishing via LinkedIn. En fait, l'une des meilleures méthodes pour toucher une entreprise avec une attaque ciblée consiste à envoyer un simple email LinkedIn. Une enquête récemment réalisée a révélé que les attaques dissimulées dans les invitations LinkedIn avaient un taux de clics deux fois plus élevé.
 
Il y a un nombre toujours croissant de faux profils sur LinkedIn, et c'est l'un des plus gros problèmes de ce réseau social. Ces comptes peuvent être utilisés pour espionner les entreprises, phénomène que nous appelons le « Social Klepto ». D'après une enquête menée récemment : par rapport à des sites tels que Facebook ou Twitter, LinkedIn est le réseau social le moins bloqué (20%); et c'est aussi le réseau social qui comprend le moins d'utilisateurs se sentant en danger sur le site (14%).
 
Ces chiffres nous montrent que la population a plus confiance en LinkedIn qu'en d'autres medias sociaux.  Il n'est donc pas surprenant que les invitations LinkedIn aient un taux de clics plus important que les demandes d'ajout en ami de Facebook ou les invitations aux cercles de Google+. Afin de vous assurer que vous utilisez LinkedIn de la manière la plus sûre possible, lisez bien les points suivants.
 
Vérifiez vos paramètres de confidentialité LinkedIn
Tout comme la plupart des services gratuits, le site LinkedIn peut utiliser les informations de votre profil pour des recherches ou à des fins marketing à savoir pour de la publicité ciblée (comme Gmail et Facebook). Plusieurs paramètres par défaut et concernant la confidentialité du compte ont été choisis de sorte à ce que les utilisateurs reçoivent des emails marketing de la part de LinkedIn. La plupart des utilisateurs ne pensent pas à vérifier ces paramètres. Cependant, c'est en ne contrôlant pas ces paramètres qu'ils peuvent recevoir des courriers indésirables (spam). Il est donc essentiel pour les utilisateurs de vérifier leur profil, leurs paramètres de confidentialité et d'envoi d'emails sur leur compte LinkedIn afin de s'assurer que leurs données ne soient pas partagées avec des tierces personnes ou que leurs informations ne soient pas trop publiques. Globalement, décocher toutes les cases de la page 'Préférences & Confidentialité' est la meilleure des solutions, à moins de vouloir recevoir les emails de certains groupes LinkedIn spécifiques.
 
Prenez garde aux emails suspicieux d'invitation LinkedIn
Étant donné la nature de l'utilisation des réseaux sociaux dans un contexte professionnel et le fait que la population ait pris confiance en des noms tels que LinkedIn, cette méthode d'attaque est de plus en plus utilisée ces derniers temps. Comme toujours donc, évitez de cliquer sur les liens à l'intérieur de vos emails. Si vous recevez un email envoyé par LinkedIn, le mieux est d'aller visiter le site directement pour confirmer ces demandes plutôt que de cliquer sur le lien de l'email, et ce, même si vous connaissez la personne émettrice de la prétendue invitation.
 
En suivant ces instructions, il y a de grandes chances pour que vous ne deveniez pas la dernière victime d'une fausse invitation LinkedIn.