Par Léo-Paul Barthélémy , Université de Lorraine Certains parient sur l’issue de tel ou tel événement sportif. D’autres sur l’évolution à court terme d’un indicateur économique largement suivi. D’autres encore – parfois les mêmes – engagent des sommes importantes sur des questions nettement plus discutables d’un point de vue moral, comme la prise d’une ville en Ukraine par l’armée russe. Les sites permettant ce type de paris sont en plein essor. Un marché prédictif n’est pas tout à fait un site de paris. C’est un dispositif de spéculation collective dans lequel des participants achètent et vendent des contrats indexés sur la réalisation d’un événement futur précisément défini (« X aura lieu avant telle date », « Y gagnera l’élection », etc.). Le prix de ces contrats fluctue en fonction de l’offre et de la demande : plus un événement est jugé probable par les participants, plus le contrat associé est recherché et plus son prix augmente. À la...
Par Marc Trilling, Président Fondateur du Cabinet SAEGUS
« Nous n'aurons plus le choix », « Nous serons tous Microsoft ». Telles sont les premières réactions à l'annonce hier du rachat de LinkedIn par Microsoft. Réaction compréhensibles dans les faits puisqu'effectivement, si l'organisation professionnelle à laquelle nous appartenons fait partie des (très) rares entreprises à ne pas avoir de Microsoft en interne, il est fort à parier que nous avons à minima un compte LinkedIn. Alors au final, cette acquisition portera-t-elle le fruit de ses promesses ?
26 Milliards
Le chiffre a de quoi impressionner. Il représente presque le PIB de Côte D'Ivoire (28Mds), et certes un mois de CA d'Apple, mais tout de même… Est-il pour autant surévalué ? Non pas forcément, et pour plusieurs raisons. D'abord, le cours de l'action LinkedIn a fortement chuté dernièrement (près de -40%), principalement lié au rachat pour d'1,5 milliard de Lynda.com, et à l'incertitude des produits et services de recrutement. Ensuite, parce que la base de profils et d'informations relative est colossale. On parle de 433 millions de membres et même si le chiffres des membres actifs n'est pas communiqué, on peut légitimement penser qu'une fiche profile à jour mérite largement ces quelques 60$, en comparaison du prix des autres profils sur d'autres médias sociaux.
Ouvrir le champ des possibles
La présentation faite aux équipes Microsoft présente plusieurs promesses. Bien que le temps de mise en application n'ait pas été évalué – on peut légitiment raisonner en années - certaines représentent un intérêt plus que certain.
Du (vrai) social CRM. Avant LinkedIn Social Sales Navigator Revenue vous permettait de cibler, organiser et suivre vos campagnes en ligne. Demain vous pourrez y intégrer également directement les données de votre CRM Dynamics.
Intégrer vos informations LinkedIn dans votre contexte de travail. Lancer une conversation Skype, travailler à plusieurs sur un document, organiser une réunion, toutes ces situations pourront venir s'enrichir d'informations récupérées directement de LinkedIn.
Un fil d'actualité tout intégré : vous aviez jusqu'à maintenant votre fil d'actualité LinkedIn, maintenant vos aurez dans ce même fil les évènements liés à votre actualité opérationnelle : vos prochaines réunions, le collaborateur qui vient de déposer un commentaire ou faire une modification sur un de vos documents…
Un assistant encore plus savant. Cortana aura accès aux infos de LinkedIn : saviez-vous que la personne que vous alliez rencontrer a fait la même école que vous, et que vous aviez deux connaissances en commun ? Voulez-vous en savoir plus ?
Quel succès pour ce mariage ?
Difficile à dire tant les précédents rachats de Microsoft n'ont pas toujours rencontré les succès escomptés : Nokia, Yammer…
Les intégrations et convergences promises entre ces deux géants sont extrêmement prometteuses. Le potentiel de LinkedIn associé à la puissance de Microsoft et à ces innovations laisserait présager de très belles réalisations technologiques. Le risque majeur étant de voir LinkedIn s'éteindre peu à peu, gageons que ce succès reposera d'abord sur la bonne coopération entre ces deux géants. Leur taille et leur organisation le permettront-elles ? Après tout Microsoft est bien le premier éditeur mondial sur le travail collaboratif, non ?

