Technomedia

Numérique · médias · sciences · intelligence artificielle

Réseaux télécoms et intelligence artificielle : l'Arcep se penche sur une révolution silencieuse

network


L’intelligence artificielle ne transforme pas seulement nos usages mais redessine en profondeur l’architecture et la gouvernance des réseaux de télécommunications. Dans une note de synthèse publiée le 26 juin 2025, l’Arcep détaille les mutations en cours et à venir. En toile de fond, une interrogation centrale : qui maîtrisera les nouveaux équilibres techniques, économiques et politiques de cette transition numérique ?

Automatisation progressive, promesse d’autonomie

Loin des projections futuristes, l’intelligence artificielle est déjà à l’œuvre dans les télécoms. Dans les réseaux fixes, elle prend la forme d’une vision par ordinateur qui contrôle les raccordements à la fibre. À partir de simples photos, les opérateurs d’infrastructure peuvent désormais détecter des malfaçons avec une précision de 90 à 99 %. Le contrôle qualité, hier manuel, devient systématique, automatisé, intégré.

Côté mobile, l’IA est mobilisée pour surveiller les équipements (climatisation, batteries), prédire les pics de trafic ou réduire la consommation énergétique des antennes. Les réseaux se dirigent vers une autonomie croissante : jumeaux numériques capables de simuler des reconfigurations complexes ; réseaux dits « zero-touch » s’auto-réparant ; ou encore architectures « AI natives », où l’intelligence n’est plus une surcouche mais une colonne vertébrale.

Cette convergence provoque un changement de paradigme : l’intelligence n’est plus localisée dans les centres, elle irrigue l’ensemble de l’infrastructure, du cœur de réseau jusqu’à la boucle locale.

Vers de nouveaux services et de nouveaux rapports de force

Ces évolutions techniques ne sont pas neutres. Elles préparent, selon l'Arcep, l’arrivée de nouveaux services, déjà expérimentés : assistants IA embarqués dans les box, détection native des appels frauduleux, « accès VIP » à la 5G en un clic, ou retranscription automatique des appels professionnels. Le secteur, longtemps perçu comme saturé, trouve dans l’IA une respiration stratégique.

Mais cette innovation redistribue aussi les cartes entre acteurs. Les opérateurs cherchent à capitaliser sur leur accès privilégié aux données des abonnés ; les équipementiers intègrent de plus en plus de briques IA dans leurs offres ; les hyperscalers avancent leurs pions sur la couche logicielle et la puissance de calcul. Aucun ne détient seul les clés de cette recomposition et tous multiplient les alliances : Orange avec Mistral AI, Vodafone avec Microsoft, Bouygues avec Perplexity.

Pour l’Arcep, l’IA transforme la chaîne de valeur, mais ne crée pas encore de position dominante insurmontable. Le marché reste fragmenté, mouvant, ouvert – à condition d’un accès équitable aux données d’entraînement et aux capacités de calcul.

Des tensions montantes : trafic, sécurité, climat

Reste l’infrastructure. Les usages génératifs (images, vidéo, assistants IA, robotaxis…) changent la nature du trafic : hausse du volume, du trafic montant, des exigences en latence. Le modèle historique des réseaux – dimensionnés pour un téléchargement massif et centralisé – vacille. La montée en puissance de l’edge computing et du slicing permettrait de mieux absorber cette pression, mais l’ajustement ne sera ni immédiat, ni sans coût, selon l'Arcep.

L’IA améliore la résilience, identifie les incidents, anticipe les pannes, mais elle crée aussi de nouvelles vulnérabilités : attaques sur les données d’entrée, manipulation d’algorithmes, opacité des modèles. Une IA performante, mais non maîtrisée, pourrait devenir un facteur de déstabilisation systémique.

Enfin, l'Arcep aborde dans sa note la question environnementale. Peu d’opérateurs sont aujourd’hui capables de mesurer l’impact carbone précis de leurs usages IA. Et pourtant, l’Agence internationale de l’énergie anticipe un doublement de la consommation électrique des data centers entre 2022 et 2026, principalement du fait de l’IA. L’optimisation énergétique, autrefois un objectif secondaire, devient une condition de légitimité.

Le réseau est-il plus important que les datacenters ?

reseau


 Par Scott Brindamour, Senior Director, Platform Enablement chez Lumen Technologies.

Les relations commerciales se créent en de nombreux endroits et à diverses occasions.  Mais qu’elles prennent naissance dans une tour à la Défense entre équipes commerciales, dans un magasin entre un vendeur et un client ou dans une usine aux confins d’une zone industrielle, ces interactions de visu se raréfient au vu du contexte actuel. Aujourd’hui, les collègues se contactent via des outils de visioconférence et les consommateurs effectuent leurs achats directement depuis leur téléphone. Même si les conditions changent, tous souhaitent une expérience aussi fluide et rapide qu’auparavant.

Les entreprises modernes doivent s’appuyer sur des réseaux offrant une large bande passante et une faible latence. Ils doivent être capables de traiter les nombreuses données au plus près de l’endroit où elles ont été créées. Pour répondre à cette problématique de décentralisation, de plus en plus d'entreprises adoptent aujourd’hui des stratégies d’Edge Computing et investissent dans leur infrastructure réseau pour déplacer les charges de travail des datacenters vers la périphérie.

Qu’est-ce que l’Edge Computing ?

L'essor de l’Edge Computing a modifié la façon dont les données sont créées, utilisées et stockées, ainsi que le lieu où elles le sont. L’Edge Computing décrit une architecture informatique distribuée destinée à rapprocher les systèmes de calculs et de stockage au plus près du point de création des données et des utilisateurs finaux. Cette infrastructure est généralement alimentée en données par de nombreux dispositifs tels que les appareils mobiles, les dispositifs IoT, les capteurs, les systèmes autonomes, etc. Bien qu’avantageuse, cette décentralisation des données soulève une problématique majeure : assurer la puissance et la fiabilité du réseau. En effet, la croissance exponentielle du nombre d’appareils, de sources de données et d’utilisateurs connectés pèsent toujours plus sur le réseau. On estime par ailleurs que chaque individu sur terre disposera en moyenne de 3,6 appareils connectés à un réseau d’ici à 2023. Pour adresser cette pression, il est nécessaire de mettre  en place un réseau plus distribué afin de libérer de la bande passante, de réduire le temps de latence et de fluidifier les accès aux données tout en repensant leur sécurité.

Objectif : améliorer l'expérience des utilisateurs

Les datacenters centralisés ont autrefois permis d'offrir une expérience optimale aux utilisateurs en proposant une haute disponibilité, de la connectivité et une gestion simplifiée. A l’époque, ces datacenters se trouvaient au plus près des utilisateurs et de leurs PC puisqu’ils étaient généralement installés dans les locaux des entreprises. Mais maintenant que la puissance de calcul et de stockage s’est davantage orientée vers la périphérie et que l’utilisateur peut désormais en disposer depuis le dispositif qu’il a dans sa poche, il devient nécessaire de revoir l’approche de l’expérience des utilisateurs dans son ensemble : ils ont toujours besoin de disponibilité et d’une bonne connectivité et les administrateurs informatiques recherchent toujours de la simplicité de gestion.

Comment assurer une expérience utilisateur optimale alors que l’infrastructure réseau est décentralisée ?

Premièrement, en misant sur des réseaux dits adaptatifs. Ils permettent aux entreprises d’ajuster leurs capacités en fonction de la demande. Elles peuvent ainsi faire preuve de souplesse et d’agilité pour répondre aux exigences du marché et des utilisateurs en matière de débit et de latence. L’expérience utilisateur est ainsi améliorée au point même d’interaction utilisateur/machine.

Ensuite, assurer une meilleure portée géographique du réseau améliore sa disponibilité et la connectivité des utilisateurs tandis qu’une mise en réseau « software-defined networking » (SDN) offre une gestion dynamique, centralisée et automatisée et donc simplifiée. Les entreprises peuvent, grâce à l’automatisation, offrir une meilleure expérience à l'utilisateur via l’amélioration du débit et de la stabilité du réseau.

Enfin, des connexions dynamiques permettent de faire le lien entre les différents sites d’une entreprise tout en assurant une mise à l’échelle automatique. Les entreprises peuvent ainsi ajouter ou supprimer plus facilement des connexions dès qu’elles l’estiment nécessaire. Cette capacité d’adaptation aide les entreprises à répondre à la demande en temps réel et à proposer la meilleure expérience possible à l’utilisateur final.

Investir dans le réseau

Le réseau et le datacenter sont tous deux importants mais ils assument deux rôles différents pour s’adapter à la nouvelle réalité de l’Edge Computing. Dans un tel contexte, il est évident que des investissements plus importants dédiés au développement des capacités et de l’architecture sont indispensables. En effet, il est indispensable pour les entreprises de proposer des réseaux de grande portée ainsi qu’une capacité de trafic évolutive si elles souhaitent pouvoir adresser les principaux besoins des utilisateurs. 3 pans de développement sont alors à prendre en considération :

La connectivité : Elle repose sur la capacité des différentes parties du réseau de l’entreprise à communiquer. Concrètement, elle permet de se connecter facilement à de nouveaux sites, de se relier à des datacenters dispersés et d’accéder aisément à des applications ou à des données stockées dans le cloud. Une connectivité établie dans le cloud est essentielle compte tenu des environnements hybrides et multicloud d’aujourd’hui.

La redondance : À mesure que les réseaux se décentralisent, la redondance est un élément critique pour assurer la continuité des activités– et donc d’éviter les pertes, en cas de panne. Les entreprises doivent mettre en place des routes alternatives dans leur réseau, afin de prévenir les défaillances et permettre la sauvegarde pour la récupération des données. Elles peuvent le faire en s’appuyant sur un réseau redondant et global.

L’équilibrage de la charge : L'équilibrage de charge décrit la capacité à répartir uniformément et efficacement le trafic sur un réseau. Les réseaux qui en disposent utilisent au mieux les ressources disponibles, améliorent la disponibilité des applications et réduisent au minimum les temps de latence tout en contournant les goulets d'étranglement potentiels.

Les utilisateurs exigent un accès aux données et aux applications fiable et rapide, et investir dans le réseau permettra aux entreprises de fournir aux utilisateurs la meilleure expérience possible.

S'éloigner du datacenter et miser davantage sur l’infrastructure Edge

L’Edge Computing a rendu obsolète le concept de datacenter traditionnel avec ses infrastructures physiques et ses dépôts de données centralisés.  Évidemment, ils peuvent toujours faire partie des infrastructures réseaux mais ils n’en sont plus la pièce maitresse. Plutôt que de s'appuyer sur une infrastructure centralisée, les entreprises se retrouvent maintenant à en construire une davantage basée sur le modèle du réseau mobile/cellulaire : une architecture maillée qui a la capacité de s’étendre ou de réduire son envergure en fonction des besoins et des utilisations.

Les entreprises sont plus que jamais concernées par l’Edge Computing. Effectivement, il est devenu indispensable pour les entreprises de pouvoir gérer les montées en charge, toujours plus gourmandes en bande passante, tout en assurant une latence minimale, pour notamment favoriser une expérience utilisateur optimale.  Votre infrastructure réseau est-elle prête ?

L'Internet des Objets (non sécurisés) : la menace fantôme de l'année 2017




James Plouffe, Architecte en chef chez MobileIron

D'après le dernier rapport Hype Cycle for Emerging Technologies, l'IoT n'a pas encore atteint le pic des espérances exagérées (Peak of Inflated Expectations) et n'atteindre pas le plateau de productivité (Plateau of Productivity) d'ici cinq ans à dix ans minimum. Et pourtant, il fait déjà parler de lui de manière positive. Cela va d'histoires assez comiques, comme le fait d'essayer pendant 11 heures de faire bouillir l'eau du thé, à des choses plus affolantes, comme cette cyberattaque record par déni de service distribué (DDoS, Distributed Denial of Service) contre le site Web du journaliste Brian Krebs en passant par l'attaque - aussi record - contre Dyn (fournisseur d'une infrastructure de services DNS essentielle au fonctionnement d'Internet) qui s'est traduite par une panne géante de la toile sur la côte Est des États-Unis, ou encore, plus récemment, l'attaque contre les routeurs ADSL domestiques qui a privé près d'un million d'Allemands de connexion Internet. Le dénominateur commun de ces cyberattaques ? Des terminaux vulnérables connectés à Internet et dans le collimateur du botnet Mirai ou de ses variantes.

Si les publicités diffusées en fin d'année sont un indice de ce qu'ont été les cadeaux offerts à Noël, on peut  supposer  qu'un grand nombre de dispositifs connectés se sont bien retrouvés au pied du sapin.  Nous pouvons également en déduire, sans trop nous avancer, que les logiciels dont ces nouveaux gadgets sont équipés ne sont pas moins vulnérables. On parle de menace fantôme de l'Internet des Objets.

Face à tous ces appareils photo vulnérables à SQLi, à ces DVR avec mot de passe par défaut non modifiable, à ces systèmes de sécurité domestique piratables à loisir dont le firmware ne peut être mis à niveau, et à ces routeurs dont la configuration peut être modifiée sans authentification avec une connexion non chiffrée, la question est de savoir ce qui peut être fait.

Devant la menace imminente d'attaques plus importantes et catastrophiques, il serait possible de se tourner vers le néo-luddisme, et renoncer aux technologies ou nous employer activement à les détruire. Certes, la menace serait neutralisée, mais cette « solution » est tout aussi irréalisable que le pronostic est irréaliste. Nous pourrions également émettre cette hypothèse tout aussi utopique selon laquelle nous allons tout d'un coup nous surpasser en programmation, faisant disparaître comme par magie toutes ces failles. Voici donc quelques conseils concrets qui vous seront utiles quelque soit votre métier.

Si vous êtes reponsables produits ou gestionnaires de programmes : Vous pouvez vous inspirer de Benjamin Franklin : « Il vaut mieux créer un code pour prévenir plutôt que pour guérir », une position peu téméraire, mais qui constitue un excellent point de départ. Vous devez intégrer la sécurité et son cycle de vie dans la conception de vos produits. Cela peut faire peur, mais c'est en fait plus facile (et, encore mieux, plus économique) qu'il n'y paraît. Vous êtes sceptique ? Prenez en compte les excellentes recommandations de John Overbaugh de chez InfoSecure.io sur le cycle de vie du développement sécurisé (SDLC) avec un budget dérisoire. En matière de coûts, gardez ce point à l'esprit : modifier techniquement et conceptuellement un produit en dernière phase d'un projet parce que l'audit de sécurité réalisé lors de la validation de son cycle de vie n'était pas bon vous coûtera moins cher que de revoir la conception et la création d'un produit après sa commercialisation.

Si vous êtes ingénieur informatique ou développeur :  Un mauvais chiffrement est tout aussi mauvais que l'absence de chiffrement. Essayez les défis du site Cryptopals (Cryptopals Crypto Challenges). Mettez à profit ces huit exercices pour affiner votre compréhension de la cryptographie logicielle, en particulier l'identification, l'exploitation et la prévention des failles du chiffrement. Apprenez à effectuer des tests d'intrusion, car vous pouvez être sûr que la « Red Team » de quelqu'un s'attaquera à votre logiciel. Alors, autant prendre les devants. En étant conscient de la manière dont les attaques contre les applications se produisent, vous apprendrez à éviter les erreurs les plus courantes et rédigerez un code plus sécurisé.

Si vous êtes opérateur réseau/sécurité, architecte ou ingénieur :  Il faut se préoccuper des « MANRS ». Oui, c'est naturel de vouloir bien faire pendant les fêtes de fin d'année, mais les normes communément adoptées d'Internet Society en matière de sécurité du routage (MANRS, Mutually Agreed Norms for Routing Security) fournissent un cadre simple qui permet au « I » de « IoT » de se tenir bien droit tout au long de l'année. Les recommandations MANRS mettent en avant quatre actions et tout responsable de réseau se doit d'accomplir la seconde : prévenir tout trafic d'adresses IP provenant de sources usurpées. L'impact des cyberattaques DDoS qui se sont produites en 2016 aurait facilement pu être limité si le trafic issu des adresses usurpées avait été relégué en marge d'Internet. Si, en guise de bonne résolution pour la nouvelle année, vous voulez vous impliquer davantage, envisagez sérieusement de segmenter le réseau. Les dispositifs IoT vulnérables constituent des cibles parfaites et sont des tremplins vers les autres segments de votre infrastructure. Si segmenter le réseau n'est pas une mince affaire, c'est votre meilleure parade contre les dispositifs IoT faciles à pirater.

Campings connectés : le Montpelliérain Osmozis met le cap sur l'Europe



En dépit de tous ceux qui nous invitent à débrancher pendant les congés, les vacances se vivent de plus en plus connectées. Dans les locations saisonnières comme dans les hôtels, le Wifi est, en effet, devenu un critère de choix. Et dans les campings ? Le critère est de plus en plus d'actualité et une société montpelliéraine est au premier rang pour apporter aux campings des services connectés (accès à l’internet sans-fil, mais aussi vidéo surveillance, gestion technique, système d’alertes sonores...).

Osmozis a récemment équipé son millième site de ses services, soit 10 % des sites d’hôtellerie de plein air en France. Une réussite qui repose sur une innovation technologique et une conception de ses bornes WiFi maillées brevetées. « A la base, la technologie du wifi par des bornes maillées est une technologie militaire, explique Gérard Tremblay, le dirigeant et fondateur d’Osmozis. Depuis, la technologie est passée dans le civil, mais elle reste complexe. Nous sommes l’un des cinq constructeurs au monde à savoir concevoir ce type de réseau».

Osmozis connaît une croissance de plus de 25% par an, liée à une demande de plus en plus forte en France, mais également en Europe. Et l'Europe est justement un veritable levier de croissance. La société montpelléraine a ouvert plusieurs filiales, à Barcelone fin 2014, à Milan en juillet 2015 et maintenant à Sarrebruck en Allemagne. "Nous avons ouvert une vingtaine de sites en Espagne l’année dernière, et sommes dorénavant prêt à commercialiser notre offre en Italie et en Allemagne. Nous souhaitons maintenant accélérer sur ces trois pays où la demande est très forte et le potentiel de développement important. L’objectif est de rapidement nous imposer comme le leader européen des services connectés pour les campings et résidences de vacances", explique Yves Boulot ,co-fondateur d’Osmozis.

Tribune libre. "Réseaux sociaux : la nouvelle porte d'entrée des cybercriminels dans les entreprises ?



Wieland Alge est vice-président et directeur général EMEA chez Barracuda Networks.

Aujourd'hui, la cybercriminalité est de plus en plus importante et organisée. Nous sommes loin de l'époque du pirate solitaire qui envoyait des malware du fond de sa chambre. Le phishing, par exemple, a prospéré au cours des dernières années. Les cybercriminels utilisent des méthodes de plus en plus sophistiquées de phishing pour cibler les entr eprises, ce qui entraîne non seulement une perte de crédibilité des entreprises mais aussi et par conséquent une perte de clients et de bénéfices. La priorité première pour entreprise, cible d'une attaque via le phishing devrait être la protection de ses clients. 
Mais de nos jours, ce n'est pas aussi facile qu'il y paraît. 
La disponibilité des informations personnelles via les réseaux sociaux a rendu la tâche plus facile pour les cybercriminels. Il est maintenant aisé pour eux de produire des messages de phishing de plus en plus convaincants avec les informations qu'ils arrivent à trouver sur Internet. Des informations mises en ligne par des utilisateurs qui deviennent des proies faciles. Dans le même temps, les entreprises de toutes tailles ne parviennent pas à éduquer leurs utilisateurs sur le fait d'être constamment vigilants, en particulier dans leurs activités personnelles en ligne.
 
L'exemple de LinkedIn
Au cours de ces derniers mois, plusieurs articles ont mentionné un nouveau mode d'attaque phishing via LinkedIn. En fait, l'une des meilleures méthodes pour toucher une entreprise avec une attaque ciblée consiste à envoyer un simple email LinkedIn. Une enquête récemment réalisée a révélé que les attaques dissimulées dans les invitations LinkedIn avaient un taux de clics deux fois plus élevé.
 
Il y a un nombre toujours croissant de faux profils sur LinkedIn, et c'est l'un des plus gros problèmes de ce réseau social. Ces comptes peuvent être utilisés pour espionner les entreprises, phénomène que nous appelons le « Social Klepto ». D'après une enquête menée récemment : par rapport à des sites tels que Facebook ou Twitter, LinkedIn est le réseau social le moins bloqué (20%); et c'est aussi le réseau social qui comprend le moins d'utilisateurs se sentant en danger sur le site (14%).
 
Ces chiffres nous montrent que la population a plus confiance en LinkedIn qu'en d'autres medias sociaux.  Il n'est donc pas surprenant que les invitations LinkedIn aient un taux de clics plus important que les demandes d'ajout en ami de Facebook ou les invitations aux cercles de Google+. Afin de vous assurer que vous utilisez LinkedIn de la manière la plus sûre possible, lisez bien les points suivants.
 
Vérifiez vos paramètres de confidentialité LinkedIn
Tout comme la plupart des services gratuits, le site LinkedIn peut utiliser les informations de votre profil pour des recherches ou à des fins marketing à savoir pour de la publicité ciblée (comme Gmail et Facebook). Plusieurs paramètres par défaut et concernant la confidentialité du compte ont été choisis de sorte à ce que les utilisateurs reçoivent des emails marketing de la part de LinkedIn. La plupart des utilisateurs ne pensent pas à vérifier ces paramètres. Cependant, c'est en ne contrôlant pas ces paramètres qu'ils peuvent recevoir des courriers indésirables (spam). Il est donc essentiel pour les utilisateurs de vérifier leur profil, leurs paramètres de confidentialité et d'envoi d'emails sur leur compte LinkedIn afin de s'assurer que leurs données ne soient pas partagées avec des tierces personnes ou que leurs informations ne soient pas trop publiques. Globalement, décocher toutes les cases de la page 'Préférences & Confidentialité' est la meilleure des solutions, à moins de vouloir recevoir les emails de certains groupes LinkedIn spécifiques.
 
Prenez garde aux emails suspicieux d'invitation LinkedIn
Étant donné la nature de l'utilisation des réseaux sociaux dans un contexte professionnel et le fait que la population ait pris confiance en des noms tels que LinkedIn, cette méthode d'attaque est de plus en plus utilisée ces derniers temps. Comme toujours donc, évitez de cliquer sur les liens à l'intérieur de vos emails. Si vous recevez un email envoyé par LinkedIn, le mieux est d'aller visiter le site directement pour confirmer ces demandes plutôt que de cliquer sur le lien de l'email, et ce, même si vous connaissez la personne émettrice de la prétendue invitation.
 
En suivant ces instructions, il y a de grandes chances pour que vous ne deveniez pas la dernière victime d'une fausse invitation LinkedIn.

Tous pistés sur Internet


En surfant sur la toile, chacun de nous laisse de nombreuses traces qui peuvent nous jouer des tours…

C'était en décembre dernier. Un jeune homme de 29 ans a eu la surprise de découvrir dans la confidentielle revue « Le Tigre » un portrait très fouillé de sa personne. Ses amis, ses voyages, ses goûts musicaux, son parcours professionnel et amoureux… Tout ou presque y était. Vertigineux. D'autant plus qu'à aucun moment il n'avait rencontré un journaliste de la revue. La publication a, en effet, expliqué la démarche qui était la sienne pour réaliser son premier « Google portrait » : « On prend un anonyme et on raconte sa vie grâce à toutes les traces qu'il a laissées, volontairement ou non sur internet. » L'objectif a dépassé toutes les espérances et suscité un emballement médiatique inédit. Pour la première fois peut-être, les internautes, aussi insouciants que friands de buzz, se sont rendus compte que tels des Petit Poucet du XXIe siècle, ils laissaient derrières eux des traces dont l'utilisation peut facilement se retourner contre eux.

Des traces si nombreuses que les bases de données de l'État de type Edvige contre lesquelles les internautes se sont justement mobilisés pourraient paraître bien pâles. Car les données utilisées par Le Tigre ont été laissées volontairement par sa « victime ». Partager ses photos sur FlickR, retrouver ses camarades de classe sur Copains d'avant, raconter ses voyages sur un blog ou entretenir son réseau sur Facebook, etc. Ces sites web sont si pratiques qu'on y laisse sans ciller et en confiance photos, adresses e-mail, numéros de téléphone, CV et, bien sûr, les peines et les joies de la vie qui en disent long sur nous. Une mine de données que tout un chacun ou presque peut consulter. Vos amis, vos concurrents, la police et, bien sûr, les entreprises. Dans un marché de l'emploi tendu, taper dans Google ou sur un site spécialisé comme 123People le nom d'un candidat est désormais monnaie courante. Gare à vous si le recruteur tombe sur une photo où l'on vous voit un rien éméché lors d'un anniversaire arrosé. Ou si, déjà embauché, vous critiquez trop souvent votre société. Et même si vous ne fréquentez pas le web, vous pouvez être cité dans un billet de blog ou apparaître sur la photo dûment légendée d'un profil Facebook que vous ne connaissez pas…

Aux États-Unis, où la collecte de données nominatives fait l'objet d'un juteux marché, des sites spécialisés se chargent de restaurer votre réputation électronique en supprimant les documents indésirables sur le net. En France, la Commission nationale informatique et libertés (Cnil), tire le signal d'alarme. Alex Türk, son président, plaide pour un droit numérique à l'oubli et prépare activement une proposition d'établissement de normes internationales sur la vie privée et la protection des données personnelles. D'ici là, à chacun d'être vigilant sur ce que l'on dévoile de soi sur le Net.


Conseils : comment vous protéger

Il faut distinguer deux types de traces : celles qui concernent votre navigation internet ; et celles qu'on laisse volontairement sur les sites web sur lesquels on s'inscrit.

Navigation. Les premières sont enregistrées chez votre fournisseur d'accès à internet, chez les sites web qui vous envoient des cookies, ou dans la mémoire cache de votre propre ordinateur. On peut toutefois surfer anonymement en utilisant des sites qui vont masquer vos traces comme Anonymizer.com. On peut aussi activer les options «InPrivate» de la dernière version d'Internet Explorer qui n'enregistrent aucune trace sur les disques et bloquent les sites trop curieux.

Partage. Concernant les données laissées sur des sites comme FlickR ou Facebook, il ne faut pas hésiter à entrer dans la rubrique paramètres pour régler la confidentialité public-privé des données que l'on poste. Enfin, même si les sites web insistent, on n'est pas obligé de compléter entièrement son profil.


Les Infostratèges préservent votre e-réputation

La société Les Infostratèges, créée par Fabrice Molinaro et Didier Frochot, est spécialisée dans la gestion de l'information stratégique sur internet pour les particuliers comme pour les entreprises.

Pourquoi s'adresse-t-on à vous ? Les personnes qui font appel à vos services le font-elles de façon préventive ou à la suite d'un problème qu'elles ont rencontré ?

Didier Frochot et Fabrice Molinaro. Il y a deux cas de figure. D'une part les clients qui sont déjà dénigrés sur le Net et qui souhaitent voir disparaître les propos hostiles tenus à leur encontre. D'autre part, certaines entreprises "exposées" sont conscientes qu'elles courent un risque d'image et nous demandent d'intervenir à titre préventif. Dans un cas comme dans l'autre, nous mettons en œuvre des méthodes éprouvées, basées sur l'expertise humaine, loin des solutions tout technologiques. Nous avons lancé depuis quelques semaines un partenariat avec la société canadienne Filteris, qui, elle aussi, base ses méthodes sur l'expertise vivante pour analyser scientifiquement les valeurs et contre-valeurs véhiculées sur le Net.
Notre offre commune Capital-Image Web est aujourd'hui la plus complète et la plus riche du marché.
Rappelons qu'une récente étude signale que 67% des dirigeants d'entreprises sont inquiets pour leur réputation sur Internet, conscients des conséquences négatives sur leur performance économique.
Pour répondre à ces nouveaux défis, nous prenons en compte tous les aspects de la gestion d’image sur le Web depuis l'audit, l'optimisation, jusqu’à la sécurisation et la pérennisation de ce Capital-Image Web.

Quelles sont les ressources en ligne que l'on vous demande de retirer en général ?

Il peut s'agir de propos constituant un délit de diffamation ou d'injure. Il faut savoir que des allégations mensongères, même proférées sous forme dubitative ou de sous-entendus peuvent constituer le délit de diffamation. Les propos peuvent aussi constituer un dénigrement des produits ou des services d'une entreprise. Dans ce dernier cas le préjudice d'image, voire de perte de chiffre d'affaires est évident.
Dans tous les cas, notre action consiste à agir très vite (dans les heures qui suivent), donc à l'amiable, plutôt que d'attendre que la justice intervienne. Sur Internet, des propos hostiles peuvent se répandre en quelques heures de manière d'autant plus nuisible qu'ils sont relayés par un grand nombre de sites. Il importe donc d'agir dès les premières heures pour stopper leur propagation au plus vite. Nos
approches amiables, basées sur des argumentaires juridiques incontestables, nous permettent d'obtenir le retrait des propos hostiles dans 95% des cas. La synergie juridique-technique constitue le cœur de notre valeur ajoutée.
En revanche, si le client veut obtenir un indemnisation du préjudice qu'il estime avoir subi, il devra agir en justice après coup.

Les entreprises sont de plus en plus soucieuses de leur e-réputation. S'adressent-elles à vous ?

Oui bien sûr, depuis 5 ans que nous pratiquons l'e-réputation - avant même que le terme existe -, nous avons pu constater que, de quelques dizaines de missions les premières années, nous voyons les demandes s'accroître significativement. Aujourd'hui, les chefs d'entreprise les plus vigilants ont le souci de nous confier leur veille image sur le Net, avec alerte immédiate dès que des propos litigieux sont diffusés.
Toutefois, les demandes ne proviennent pas uniquement du monde de l'entreprise. Aujourd'hui, chacun d'entre nous peut se sentir concerné par les enjeux associés à son identité numérique. On le voit notamment avec le cas de ces internautes qui - par imprudence - ont laissé certains témoignages de leur vie privée sur le réseau sans se rendre compte que ce genre de traces pouvaient avoir des conséquences sur leur avenir professionnel. Mais il y a également les élus qui ne sont pas à l'abri de propos diffamatoires sur Internet de la part d'opposants très déterminés.
Aujourd'hui, les demandes proviennent aussi bien des entreprises et des particuliers que des élus et des collectivités locales.

Les principaux réseaux sociaux

Facebook
Réseau social
200 millions de membres, 9 en France

FlickR
Partage de photos
3 milliards de clichés stockés

Copains d'avant
Réseau social français
10 millions de membre

Skyrock blog
Plateforme de blogs française
23 millions de membres

Viadeo
Réseau social professionnel
6,55 millions de membres dont 2 en France

Twitter
Plateforme de microblogging
6 millions de membres

Windows Live Messenger
Messagerie instantanée
18,4 millions d'utilisateurs en France