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Protéger les données, un impératif stratégique pour les éditeurs de veille

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Par Arnaud Marquant, directeur des opérations chez KB Crawl SAS

Pour les éditeurs de solutions de veille, la Journée mondiale de la sauvegarde des données informatiques, ce 31 mars, rappelle l’importance cruciale de la protection des informations, particulièrement dans un monde marqué par l’instabilité géopolitique et les cyberattaques.

Jamais, sans doute, la question de la sécurisation des données n’a-t-elle été aussi cruciale. Alors que le monde traverse actuellement des crises géopolitiques majeures, la protection de l’information est devenue une priorité absolue pour les entreprises et les gouvernements. Cette réalité s’impose avec une acuité particulière aux éditeurs de solutions de veille stratégique, dont les outils traitent quotidiennement des volumes massifs de données sensibles. Confrontés à la montée des menaces et aux exigences croissantes des régulations (RGPD, Cloud Act, normes ISO…), les éditeurs de veille doivent démontrer un engagement sans faille en matière de sécurisation et de résilience des données qu’ils manipulent.

La donnée, un actif stratégique en pleine mutation

L’explosion des volumes de données (de 64 zettaoctets en 2020 à 149 zettaoctets en 2024, à l’échelle mondiale) a profondément modifié la gestion de l’information au sein des entreprises. Dans le domaine de la veille, ces évolutions sont d’autant plus marquantes que les données collectées et traitées sont non seulement nombreuses, mais également sensibles et souvent confidentielles.

Autre élément de contexte : ces dernières années, les cyberattaques visant les infrastructures de données se sont multipliées, incitant les éditeurs de veille à renforcer drastiquement leurs protocoles de sécurité. Dans de telles conditions, la question n’est plus seulement de stocker les données, mais aussi de les protéger contre les intrusions, la corruption ou la fuite d’informations critiques. Ainsi, les entreprises spécialisées dans la veille doivent désormais intégrer des solutions avancées de cybersécurité, incluant le chiffrement systématique des données, la gestion rigoureuse des accès et la mise en place de systèmes de surveillance continue.

En parallèle, la gestion du cycle de vie des données est devenue un enjeu majeur. Une information obsolète peut encombrer les serveurs et ralentir les performances des outils de veille. C’est pourquoi les éditeurs les plus avisés intègrent des mécanismes de nettoyage automatique des bases de données, supprimant les informations périmées tout en gardant celles qui conservent une valeur analytique ou stratégique.

L’infrastructure de stockage, un levier de confiance et de performance

Ce n’est pas tout. Pour un éditeur de solutions de veille, la maîtrise de l’infrastructure de stockage est un élément clé de la stratégie de sécurisation des données. Il ne s’agit pas seulement de garantir un stockage fiable, mais aussi d’assurer la disponibilité et l’intégrité des données en toute circonstance.

Les meilleurs acteurs du secteur adoptent des approches multisites, avec des data centers redondants et des systèmes de sauvegarde synchronisée en temps réel. Cette organisation permet d’assurer une reprise rapide des services en cas d’incident majeur, grâce à des Plans de Reprise d’Activité (PRA) qui réduisent au maximum les interruptions de service. Certains éditeurs proposent même des offres premium permettant une bascule instantanée d’un data center à un autre, garantissant une continuité opérationnelle totale pour leurs clients.

Un autre enjeu crucial est celui de la souveraineté des données. Dans un monde où la dépendance aux infrastructures étrangères pose des questions stratégiques, de plus en plus d’éditeurs font le choix de centres de données situés en France ou en Europe, garantissant ainsi un meilleur contrôle sur les conditions de stockage et une protection accrue contre les réglementations extraterritoriales comme le Cloud Act américain. Cette approche est devenue un critère de différenciation fort pour les entreprises soucieuses de la confidentialité et de la maîtrise de leurs données.

Au moment où les menaces cybernétiques et les incertitudes géopolitiques s’intensifient, les éditeurs de solutions de veille stratégique n’ont d’autre choix que d’adopter une politique exemplaire en matière de protection des données. Au-delà des enjeux techniques, il en va de leur crédibilité et de leur pérennité sur un marché où la confiance des clients est primordiale.

Garantir la sécurité des informations, mettre en place des infrastructures robustes et assurer une gouvernance rigoureuse des données sont autant d’impératifs devant guider l’évolution des solutions de veille. À l’ère du numérique, protéger la donnée ne relève plus du simple impératif légal, mais constitue un levier stratégique majeur pour toute entreprise souhaitant se développer en toute sérénité.

Célébrer la Journée mondiale de la sauvegarde des données, un impératif à l'ère du tout numérique

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Par Arnaud Marquant, directeur des opérations KB Crawl SAS

À l'aube d'une nouvelle ère numérique, la Journée mondiale de la sauvegarde des données, célébrée le 31 mars, nous offre un moment de réflexion critique sur notre rapport aux données. Dans une époque marquée par une digitalisation accrue, la sauvegarde des données se positionne au cœur des débats sur la sécurité, la conformité et la continuité des activités.

De bonnes pratiques de sauvegarde essentielles

La sauvegarde des données commence par des gestes simples mais cruciaux d'hygiène numérique, préconisés par des institutions telles que l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI) en France. Ces mesures de base incluent la réalisation de copies de sauvegarde régulières, la mise à jour des systèmes et des applications, ainsi que la sensibilisation à la cybersécurité. Le renforcement du cadre juridique autour de la gestion des données personnelles, comme le Règlement général sur la protection des données (RGPD) dans l'Union européenne, témoigne de l'importance croissante de la sauvegarde dans la protection des libertés individuelles. Ces dispositions légales obligent les entreprises et les organisations à adopter de bonnes pratiques de sauvegarde rigoureuses pour éviter des sanctions potentiellement lourdes.

La sauvegarde, un enjeu pour les professionnels de la veille

Pour les professionnels de la veille, experts en gestion de l'information, la sauvegarde des données n'est pas seulement une obligation réglementaire, mais une composante essentielle du métier. Elle permet de sécuriser l'information collectée, de garantir sa disponibilité pour des analyses futures et d'enrichir la qualité de la décision stratégique. Dans un contexte où l'information évolue rapidement, la capacité à récupérer des données historiques peut s'avérer déterminante pour comprendre les tendances de marché, anticiper les évolutions du secteur ou analyser la concurrence.

L'importance de la sauvegarde dans la continuité des activités

Les récentes catastrophes informatiques, qu'elles soient dues à des cyberattaques, des erreurs humaines ou des catastrophes naturelles, rappellent la vulnérabilité de nos infrastructures numériques. La sauvegarde des données apparaît comme une assurance vitale contre la perte d'informations cruciales, garantissant la résilience et la pérennité des activités économiques. Dans ce cadre, l'élaboration de plans de continuité d'activité (PCA) incluant des stratégies de sauvegarde et de récupération des données devient une priorité pour les entreprises de toutes tailles.

La Journée mondiale de la sauvegarde des données souligne l'urgence et la nécessité d'adopter des pratiques rigoureuses de sauvegarde des données. Face aux défis numériques de notre époque, ces pratiques ne sont pas seulement une question de conformité ou de sécurité, mais un véritable enjeu stratégique pour l'avenir. Reconnaître la valeur de nos données et les protéger efficacement est essentiel pour naviguer avec confiance dans le paysage numérique en constante évolution. Il est impératif que chaque individu, entreprise et institution prenne des mesures proactives pour sauvegarder ses données, assurant ainsi leur intégrité et leur disponibilité pour les générations futures.

Journée mondiale de la sauvegarde des données informatiques : 3 questions à Patrick Sena

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Ce 31 mars est la Journée mondiale de la sauvegarde des données informatiques. Patrick Sena, Senior Manager en Solution Engineering chez SailPoint répond à 3 questions sur l'importance de la sauvegarde.

Pourquoi sauvegarder ses données ?

La protection des données est désormais essentielle. Toute personne possédant un ordinateur portable, un smartphone ou un objet connecté n’est plus étranger quant à l’importance et la valeur de la sauvegarde des données et des fichiers. Elle est également vitale pour les entreprises. Une sauvegarde régulière - de préférence quotidienne - préserve les fichiers importants des pertes de données dues à des événements banals tels que les pannes de système, les logiciels malveillants, les bugs ou les pannes de disque dur.

Quels sont les risques pour les sauvegardes ?

Les attaques de cybercriminels sont de plus en plus complexes et difficiles à détecter et peuvent cibler directement les entreprises directement ou les sauvegardes. Les ransomwares, par exemple, peuvent crypter les données de sauvegarde lors de la phase finale de l'attaque, après être passés inaperçus pendant des mois. Cela peut empêcher les entreprises de se débarrasser complètement du virus et donc causer encore plus de dégâts.

Comment protéger ses sauvegardes et ses données ?

La sauvegarde des données est nécessaire, mais elle fait partie d’un pan plus large de protection des données des entreprises qui doit se faire sur plusieurs niveaux. L'authentification à deux facteurs pour toutes les données, y compris celles qui sont sauvegardées, est un indispensable.

Pour répondre à cette problématique, la sécurité et la gestion des identités est essentielle. Grâce à des solutions appropriées, les entreprises peuvent non seulement voir et comprendre qui accède à quels programmes et données, mais aussi attribuer les droits et les rôles d'accès en fonction de la tâche. Grâce à cette visibilité centralisée, les entreprises peuvent en outre réagir rapidement aux comportements suspects, bien avant qu'un incident ne se produise.

Payer avec des données : parce que sur Internet, rien n’est jamais gratuit

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Par Arnaud Le Hung, Senior Channel Account Manager, BlackBerry

Vingt dollars, c’est ce que rapporte l’intégralité des données sur l’identité d’une personne à un cybercriminel sur le marché noir. Les pirates achètent des ensembles de données sur le dark web et les revendent. Trop souvent, nous nous mettons en danger en partageant nos données personnelles en ligne. Sur internet, rien n’est gratuit – pas même nos réseaux sociaux comme WhatsApp, Instagram, TikTok ou encore Facebook. Dès l’instant où l’on « accepte » les conditions d’utilisation, on accepte que ces entreprises utilisent et vendent ces données à d’autres entités, qui finalement en savent souvent plus sur nous que nous ne pourrions le penser. Si les données sont le nouvel or, Mark Zuckerberg serait l’Oncle Picsou. Par ailleurs, il est aussi probable qu’il ne s’agisse pas uniquement d’une personne ou une organisation qui se cache derrière la collecte de données, mais d’un pays entier. En effet, TikTok appartient à une entreprise d'État chinoise : le pays sait tout sur ses utilisateurs.

Il faut donc être conscient des risques et s’informer sur les moyens de se protéger, afin de garder le contrôle sur ce qui est partagé, et donc ne pas laisser les données se perdre dans les méandres d’internet.

Le facteur omniscient

La vente de données se traduit généralement par des publicités de manière relativement inoffensive. Il y a quelques années, en surfant sur le web, les utilisateurs rencontraient des publicités aléatoires à foison. C'était comme recevoir une pile de prospectus dans sa boîte aux lettres, et cette pile était la même pour tout le monde. Aujourd’hui, il y a un facteur omniscient qui dépose dans votre boîte aux lettres exactement les annonces qui correspondent à vos recherches. Ce facteur connaît vos centres d’intérêt, les personnes que vous fréquentez, il sait où vous êtes allé, pire encore il sait des choses sur vous que vous ne savez même pas vous-même. L’anecdote rocambolesque de Target, le supermarché américain, en est une impressionnante démonstration : l’entreprise a envoyé des bons de réduction pour du matériel de puériculture à une adolescente vivant chez ses parents - alors que ces derniers ne savaient pas (encore) qu’ils allaient devenir grands-parents. Gênant !

Mais cela peut aussi se révéler bien plus dommageable. Aux Etats-Unis, il y a quelques années, des criminels ont volé les données personnelles d’employés d’une grande entreprise de médias. Sur le moment, il ne semblait pas y avoir de conséquences spécifiques, jusqu'au jour où de nombreux salariés ont constaté des cas d’usurpation d’identité plusieurs mois après cet incident.

Pour toutes ces raisons (et tant d’autres) nous devrions mettre en pratique les formations cybersécurité reçues dans le cadre de nos activités professionnelles et les appliquer dans notre vie personnelle en ligne. Après tout, les cybercriminels n’ont pas de barrière à cette vie privée/vie professionnelle - des données restent des données, qui ont une valeur financière non négligeable.

Plus nous partageons...

... Plus le marché des données illégales devient attractif. En effet, elles sont de plus en plus riches, ce qui permet aux criminels de commettre de plus en plus de fraudes. Ces données proviennent souvent de sources qui semblent gratuites, comme les applications des réseaux sociaux. Chaque « J’aime » sur Facebook, TikTok ou Instagram constitue une nouvelle ligne dans le livre de Big Data d’un individu. Et chaque ligne supplémentaire brosse un portrait plus net d’une identité numérique, ce qui devient in fine un atout plus précieux pour les cybercriminels.

Par conséquent, il est plus que recommandé de faire attention aux informations personnelles que l’on partage. Il faut veiller à ce que les paramètres de confidentialité soient rigoureusement mis à jour, et mettre à jour les logiciels le plus régulièrement possible. La quasi-majorité des utilisateurs se précipite sur les avis de confidentialité et les formulaires de conformité lors de la création de leurs comptes pour des achats en ligne, des forums, des cartes de fidélité et autres. Bien que ces conditions semblent interminables à parcourir et que le temps manque pour beaucoup, il est impératif de prendre le temps de cocher (ou non) les cases qui éviteront que les données personnelles soient partagées en dehors de l’entreprise en question. Plus encore, il faut toujours être vigilant et attentif aux tentatives de phishing ou d’ingénierie sociale qui peuvent compromettre la sécurité des données privées et professionnelles.

En cas de violation, la rapidité est de mise

La plupart des gens n’ont pas conscience de ce qu’il peut se passer en cas de violation ou d’utilisation malveillante de leurs données. On peut croire que seuls les enfants et leurs parents ne savent pas quoi faire, mais il arrive parfois que les entreprises ne savent pas non plus. Il est pourtant essentiel d’être préparé à cette situation donnée.

Ces dernières années, les gouvernements à travers le monde ont pris de bonnes mesures en la matière et ont mis la protection de la vie privée à l’ordre du jour – pendant un court instant. De la même manière que des messages de prévention contre les effets néfastes de l’alcool et du tabac sont affichés sur les produits en question, l’ensemble des utilisateurs d’internet et des réseaux sociaux doivent également être sensibilisés aux effets néfastes de ces plateformes et de leur utilisation abusive des données. Les cybercriminels bâtissent des empires entiers sur les données personnelles qu’ils achètent ou détournent en ligne. Une prise de conscience de notre propre utilisation des données doit être la première brique sur le chemin de la lutte contre leurs activités illicites.

La chasse au gaspillage dans le cloud et les data centers

 

Optimiser la consommation énergétique des bâtiments hébergeant les data centers a eu un global effet négatif : la consommation a augmenté. Oleksiy Mark, Shutterstock
Romain Rouvoy, Inria; Pierre Jacquet, Inria et Thomas Ledoux, Inria

En l’espace de quelques années, les services numériques ont envahi notre quotidien. Notre dépendance aux nombreux avantages qu’ils nous procurent s’accroît un peu plus chaque jour. Que ce soit depuis un ordinateur, un smartphone, une télévision ou une enceinte connectée, nous sollicitons constamment de nombreux serveurs dispersés à travers le monde pour accomplir diverses tâches personnelles et professionnelles.

Si l’impact environnemental des ordinateurs et téléphones est de plus en plus perceptible par leurs usagers, l’impact des serveurs pose encore régulièrement question. En particulier, les data centers — immenses entrepôts hébergeant plusieurs milliers de serveurs — sont souvent décriés pour leur impact négatif sur l’environnement.

Tous les acteurs de l’écosystème des services numériques — des constructeurs de matériel informatique et opérateurs du cloud aux clients et citoyens — peuvent s’atteler à ce problème en encourageant l’émergence de pratiques plus sobres dans l’utilisation, la conception et l’hébergement des services en ligne.

Les entreprises ont favorisé l’efficacité énergétique des data centers

Au fil des ans, les entreprises ont délégué la gestion des serveurs qu’elles hébergeaient auparavant à des data centers. Cet hébergement mutualisé a alors stimulé la recherche et l’innovation dans le domaine de l’efficience de ces bâtiments (systèmes de refroidissement, réflexions sur la situation géographique des data centers, etc.) et a contribué à développer des solutions d’hébergement de moins en moins énergivores, mises en compétition au travers d’un standard de facto : le Power Usage Effectiveness ou PUE.

Ainsi, entre 2007 et 2021, les data centers français ont amélioré leur efficience énergétique par 47 %.

Dans le même temps, sous l’impulsion d’acteurs internationaux majeurs comme Google, Microsoft ou Amazon, ces data centers sont devenus le socle d’un nouveau paradigme qui a gommé les nombreuses contraintes imposées par le matériel : le « cloud computing ».

L’adoption du cloud annule les efforts faits sur les data centers

En introduisant la notion de « virtualisation », le cloud computing a offert l’illusion d’une abondance de ressources, rendue accessible depuis n’importe quel endroit, pour n’importe quelle entreprise et à n’importe quel moment.

La virtualisation consiste notamment à permettre l’exécution concurrente de plusieurs systèmes d’exploitation (dénommées « machines virtuelles ») sur une même machine physique. Cette innovation technologique majeure permet de se dédouaner de la contrainte matérielle pour rapidement mettre à disposition de nombreux services en ligne. En quelques clics, de coûteux et encombrants serveurs sont remplacés par la location de machines virtuelles, facturées à l’usage, qu’il est possible de répliquer à l’infini et de manière quasiment instantanée.

La fabrication de ressources informatiques coûte cher, y compris en eau, minéraux et énergie. Alors que certaines machines sont sous-utilisées, les mutualiser peut permettre d’optimiser leur utilisation. Laura Ockel/Unsplash, CC BY

Mais, comme souvent, l’émergence de nouvelles technologies améliorant l’efficacité avec laquelle une ressource est employée, a inévitablement contribué à une augmentation de la consommation totale de cette ressource en place de la réduction escomptée, c’est l’effet rebond ou paradoxe de Jevons.

Notamment, la plupart des opérateurs du cloud constate encore que les machines virtuelles qu’ils hébergent dans leurs data centers sont nettement sous-utilisées : leurs clients commandent des serveurs en ligne pour des sommes modiques, sans nécessairement les utiliser sur la durée. Ainsi, l’espoir d’une réduction de la consommation énergétique par la mutualisation des ressources matérielles s’avère être en réalité une gangrène pour ces infrastructures, car ces machines virtuelles abandonnées gâchent une importante quantité de ressources matérielles qui ne peuvent plus être utilisées pour répondre aux besoins pressants d’autres clients.

En d’autres termes, les économies réalisées en efficacité dans les data centers ont été rapidement contrebalancées par une exploitation sous-optimale des ressources matérielles à l’échelle du cloud.

De nouveaux outils pour contrer l’effet rebond : du recyclage au surbooking

Pour contrer cet effet rebond, de nouveaux outils identifient automatiquement les machines virtuelles abandonnées afin de les « recycler », c’est-à-dire de libérer les ressources matérielles (processeur, mémoire) des serveurs physiques qu’elles mobilisent inutilement.

Cette solution logicielle permet notamment de récupérer les ressources matérielles réservées mais non utilisées, pour qu’elles puissent être de nouveau allouées à des tiers, maximisant ainsi l’usage effectif des machines physiques par les solutions de virtualisation.

Au-delà de la simple « traque » des machines virtuelles abandonnées à travers le cloud, il est possible de détecter des plages de temps durant lesquelles une machine virtuelle n’est jamais utilisée pour recycler temporairement ses ressources. Par exemple, une machine virtuelle utilisée uniquement en journée peut être temporairement recyclée la nuit, et uniquement sur cette période, pour déployer une machine virtuelle chargée d’une sauvegarde ou d’une analyse. Cependant, encore à l’état de prototype de recherche, le recyclage des ressources du cloud doit encore être adopté par les principales solutions de virtualisation.

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En revanche, la surallocation constitue une option complémentaire pour accroître l’usage des ressources matérielles déjà intégrées. Cette technique, dénommée overbooking (ou overcommitment ou oversubscription), est proche de ce qui se pratique dans les transports. Elle consiste, pour chaque processeur physiquement disponible, à proposer plusieurs processeurs virtuels à la réservation, forçant ainsi un ensemble de machines virtuelles à se partager les ressources matérielles, ce qui minimise le risque d’inutilisation de celles-ci.

Cependant, en l’absence de mécanisme de contrôle approprié, la surallocation des ressources matérielles peut aussi conduire à une surutilisation de ces dernières dans certains cas, avec un impact perceptible sur la qualité de service, à l’image du surbooking dans les avions, et les opérateurs de cloud sont peu enclins à adopter largement ce mécanisme de surallocation.

Le problème de la gestion mémoire et sa surallocation

De plus, la surallocation des ressources s’avère être particulièrement difficile dans le cas de la gestion de la mémoire, organe tout aussi important que le processeur, en charge de la manipulation et du stockage des données.

En effet, si des approches comme Kernel Samepage Merging (KSM) permettent de mutualiser la mémoire physique occupée par les systèmes d’exploitation de plusieurs machines virtuelles, la majeure partie des informations manipulées par les machines virtuelles ne peuvent être partagées, ne serait-ce que pour préserver les secrets des usagers.

De plus, il est souvent difficile pour les clients d’estimer précisément la mémoire nécessaire à la bonne exécution de leurs services. Ces derniers préfèrent donc généralement surestimer cette quantité nécessaire afin de ne pas pénaliser la qualité de service. Notamment, il s’agit généralement de la ressource la plus utilisée, faisant d’elle la première ressource critique d’une infrastructure cloud, celle dont la faible disponibilité empêche l’exploitation d’autres ressources, comme le processeur.

Plusieurs pistes pour mieux utiliser la mémoire

La réduction de l’empreinte mémoire des services numériques revêt donc d’une importance toute particulière dans la perspective d’opérer des infrastructures cloud plus sobres.

En premier lieu, l’estimation plus fine et plus précise de l’empreinte mémoire des services déployés en ligne doit s’accompagner d’une révision des offres de machines virtuelles. Ces offres sont généralement décrites via des catalogues fixant les ressources allouables. À titre d’exemple, un service nécessitant 17 Go de mémoire peut actuellement imposer la réservation de 32 Go chez un opérateur cloud, faute d’offres disponibles entre 16 Go et 32 Go et conduisant donc au gâchis de près de la moitié des ressources qui ne pourront pas être allouées à d’autres clients.

Au-delà des améliorations escomptables dans les couches matérielles et logicielles des infrastructures cloud, les choix des clients doivent également être mieux accompagnés. Les quantités de ressources réservables pourraient notamment être recommandées avec une plus grande transparence des opérateurs cloud, de manière à optimiser l’efficience énergétique de bout en bout, tout en atteignant les performances attendues, et ainsi limiter le gaspillage de ressources inutilisées.

En conclusion, ces dernières années, l’industrie du logiciel a surtout privilégié le développement rapide de services numériques. Notamment, les contraintes économiques de développement — conjuguées avec l’abondance de ressources offertes par le cloud — et son apparente efficience énergétique — ont plutôt eu pour effet de négliger l’empreinte écologique des services développés au profit de la rapidité de mise en ligne et du retour sur investissement. Développer et opérer des services en ligne plus frugaux, respectant les contraintes de production industrielle, constitue donc un enjeu particulièrement critique pour les années à venir.The Conversation

Romain Rouvoy, Professeur en informatique à l'Université de Lille et chercheur, Inria; Pierre Jacquet, Doctorant en informatique, Inria et Thomas Ledoux, Professeur à IMT Atlantique et chercheur, Inria

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Forêts en péril : comment l’imagerie et la big data peuvent contribuer à les protéger ?

 

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Satellite Sentinel-2. ESA/ATG medialab

Par Frédéric Archaux, Inrae et Cécile Vincent-Barbaroux, Université d’Orléans

Avec plus de 65 000 hectares de végétation partis en fumée, l’été 2022 aura été celui des incendies et s’inscrit parmi les pires de ces dernières décennies, avec 2003 et 2019.

Ces feux, qui ne se limitent plus à la seule zone méditerranéenne, provoquent leur lot de victimes au sein de la population et chez les pompiers, de destructions, de pertes économiques et environnementales. Des assauts répétés du climat qui engendrent aussi une dégradation progressive de la santé des arbres.

Au fil du siècle dernier, des outils de diagnostic ont émergé pour suivre de près l’état des forêts. Aujourd’hui, les progrès de l’imagerie offrent un potentiel immense.

Forêts fragiles, la lente prise de conscience

Dès le début du XXe siècle, les forestiers constatent l’émergence de nouveaux pathogènes des arbres – oïdium du chêne, chancre du châtaignier, dendroctone… Mais il faudra attendre 1958 pour que soit créé l’inventaire forestier national, institut destiné à récolter des statistiques sur les forêts.

Ce n’est que dans les années 1960 que se mettent en place les premiers observatoires puis les premiers suivis de l’état des forêts métropolitaines. La sécheresse de 1976, la mortalité des chênes de la forêt de Tronçais ou encore les dépérissements des résineux dans l’Est entraînent la création d’un département santé des forêts (DSF) au sein du ministère de l’Agriculture en 1989. Est alors établi un suivi de l’état d’environ 12 000 arbres sur 600 placettes permanentes installées de façon systématique tous les 16 km sur l’ensemble du territoire métropolitain.

Chacun de ces arbres est scruté à la loupe, pour repérer d’une part les mortalités de branches pour toutes les essences et d’autre part, le manque de ramifications pour les feuillus et le déficit d’aiguilles pour les résineux. Les observations menées depuis la mise en place de ce dispositif et sur des placettes non permanentes dressent un tableau inquiétant de la santé de nos forêts. Si moins de 1 % des arbres suivis meurent chaque année, la mortalité est en constante progression depuis 2010.

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Dans le houppier, c’est-à-dire la partie sommitale des arbres, le constat est encore plus net : la perte de feuilles – dite déficit foliaire – y a crû de manière constante depuis le début des mesures en 1997. Pour la mortalité comme le déficit foliaire, pratiquement toutes les espèces d’arbres sont touchées.

Le « dépérissement forestier » est évoqué lorsque ce phénomène de dégradation affecte un peuplement entier, voire des massifs. Généralement, il implique plusieurs facteurs environnementaux, qui peuvent se succéder ou agir de concert.

Cercle vicieux et course contre la montre

On distingue des facteurs prédisposants (la nature des sols, l’identité et l’origine génétique des arbres en place, la densité du peuplement et/ou considérées), des facteurs déclenchants (des événements de sécheresse et de canicule sévères ou répétés, des défoliations successives à la suite d’attaques de phytophages) induisant une perte de vigueur des peuplements, et enfin des facteurs aggravants (des ravageurs des parties aériennes ou racinaires) contribuant à la mort des arbres affaiblis.

Connus de longue date, ces phénomènes se manifestent actuellement avec une intensité et une ampleur sans précédent. Or les modélisations n’incitent pas à l’optimisme : le climat continuera de se dégrader, mettant à mal la capacité de nombreuses essences d’arbres à se maintenir et adapter leur répartition naturellement.

Cela menace les multiples services que nous offrent les forêts : une forêt qui dépérit stocke de moins en moins de carbone et devient plus sensible au feu.

Le carbone étant relargué sous forme de CO2 dans l’atmosphère lors des incendies, cela renforce l’intensité, la durée et la fréquence des sécheresses et des canicules, et donc le risque de feu. Un cercle vicieux auquel s’ajoute un risque accru de tempêtes et d’attaques de ravageurs favorisés par le changement climatique.

Des arbres qui dépérissent perdant très vite leur valeur économique, il est crucial de détecter le phénomène rapidement pour sauver ce qui peut l’être et récolter le bois.

À gauche, parcelle de chênes en forêt d’Orléans en juillet 2022, à droite parcelle mixte de chênes et pins en juin 2021. Cécile Vincent-Barbaroux

La forêt vue du ciel

Ce faisant, il est aussi indispensable de mieux appréhender le rôle relatif des facteurs prédisposants, aggravants et déclenchants pour proposer d’autres pratiques de gestion forestière. Les observations au sol, comme les suivis du DSF, sont à cet égard nécessaires pour alerter et comprendre le phénomène du dépérissement. Mais elles ne permettent pas de couvrir tout le territoire.

Le développement de satellites ouvre quant à lui de nouveaux horizons. Le premier dédié à l’observation de la Terre, Landsat-1, est lancé le 23 juillet 1972 par les États-Unis. La France se dote des satellites SPOT (Système Probatoire d’Observation de la Terre) à partir de 1985. S’ils fournissent des images de haute résolution, le coût prohibitif de traitement des images limite leur utilisation.

Orthophoto au drone sur le massif de Tronçais dans le nord-ouest de l’Allier. Unisylva
Image satellite Sentinel 2 en infra rouge couleurs sur le massif d’Orléans. Theia, Fourni par l'auteur

Les images ne sont pas seulement dans le domaine visible mais aussi dans l’infrarouge, car ce domaine spectral renseigne précisément sur la structure interne des feuilles (proche infrarouge) ou encore sur l’humidité des sols et des végétaux (moyen infrarouge), et permet de distinguer correctement les feuillus des résineux, un feuillage sain d’un feuillage sénescent.

Il existe aujourd’hui une batterie de métriques qui intègrent dans leur calcul différentes bandes spectrales pour un pixel donné. La plus connue d’entre elles est sans conteste le NDVI (normalised difference vegetative index) basé sur la réflectance des canaux rouge (R) et proche infrarouge (PIR).

Dépérissement à l’heure du big data

satellite volant au-dessus de la planète
Vue d’artiste d’un satellite Sentinel 3. ESA -- J. Huart/Wikimedia

Aujourd’hui, les satellites SPOT ont laissé place aux satellites européens Sentinel du programme européen Copernicus, avec des avancées majeures. La résolution des images au sol est au minium de 10m×10m et les appareils, qui embarquent des capteurs optiques et/ou radars, repassent aux mêmes endroits tous les cinq jours. Cerise sur le gâteau, les images sont gratuites.

La recherche s’est lancée depuis longtemps dans l’exploitation de ces images. Et l’augmentation spectaculaire des capacités informatiques pour les traiter offre la possibilité de suivis à grande échelle et haute résolution encore inimaginables il y a dix ans.

Dans le domaine de la télédétection forestière, les acteurs de la recherche (ONF, CNPF, DSF, IGN, CNES, INRAE, Université d’Orléans, entre autres) ont mis leurs forces en commun au sein du Centre d’expertise scientifique changements et santé des forêts tempérées.

Les couleurs de l’épicéa

Ils ont ainsi développé une routine informatique (ForDead, Dutrieux et coll., 2021) pour quantifier la mortalité des forêts d’épicéas à partir des images Sentinel.

La France a en effet connu à partir de 2018 des attaques massives sur des épicéas, d’abord dans le Grand Est, puis les années suivantes dans la quasi-totalité de la moitié nord de la France. La faute au typographe, un coléoptère d’un demi-centimètre, capable de tuer des épicéas lors de ses pullulations, en agressant les vaisseaux conducteurs de l’arbre. On estime que cette crise, qui commence seulement à marquer le pas, a touché environ 55 000 ha, obligeant à récolter en urgence 19 millions de m3 d’épicéas en France.

main sur un arbre abîmé
Dans la forêt de Villiers-les-Nancy, un épicéa dépérissant. Marielle Brunette, CC BY-SA

Un épicéa en bonne santé est d’un vert sombre, un épicéa tout juste mort prend une coloration diagnostique orangée tendant vers le gris à fur et à mesure que tombent les aiguilles. C’est ce changement radical de couleur du houppier, mesuré par différentes métriques de végétation, qu’exploite ForDead.

Cette chaîne de traitement, qui a prouvé son efficacité dans le cas de l’épicéa, est en cours d’évaluation pour suivre l’état de santé d’autres essences. C’est le cas notamment des chênaies.

Hécatombe de chênes pédonculés

Des mortalités massives de chênes pédonculés et, dans une moindre mesure, de chênes sessiles sont observées dans plusieurs grandes forêts de plaine comme à Chantilly et à Vierzon. Les premières études ont montré que la télédétection permettait de bien identifier les peuplements sains et les plus touchés mais peinait à prédire correctement les taux d’attaques intermédiaires. L’exercice s’avère plus délicat que pour l’épicéa.

Mise au point d’une méthode cartographique couplant observations de terrain et analyse d’images Sentinel 2 pour l’évaluation de l’état sanitaire des chênaies. Florian Mouret, Aurore Alarcon et Cécile Vincent-Barbaroux

En effet, le dépérissement des chênes est un processus lent qui peut prendre plusieurs décennies avant d’aboutir à la mort des arbres, les chênes pouvant même récupérer les bonnes années. Le changement de coloration est également moins spectaculaire que pour l’épicéa. Enfin, ils sont souvent en mélange avec d’autres essences, avec un sous-étage et un sous-bois qui peuvent masquer, vu du ciel, la dégradation de l’état de santé des chênes.

Les études s’orientent aujourd’hui vers l’identification des métriques les plus pertinentes ou l’utilisation de l’intelligence artificielle dont l’intérêt n’est plus à démontrer pour l’exploitation des séries temporelles d’images. C’est ce que s’attache à faire le programme de recherche Sycomore. Les attentes des forestiers sont grandes et le pari scientifique et technique est en passe d’être gagné. Pour que nos forêts ne partent pas en poussières ou en fumée.


Cet article est publié dans le cadre de la Fête de la science (qui a lieu du 7 au 17 octobre 2022 en métropole et du 10 au 27 novembre 2022 en outre-mer et à l’international), et dont The Conversation France est partenaire. Cette nouvelle édition aura pour thème : « Le changement climatique ». Retrouvez tous les événements de votre région sur le site Fetedelascience.fr.The Conversation

Frédéric Archaux, Chercheur, Inrae et Cécile Vincent-Barbaroux, Chercheuse, Université d’Orléans

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Secteur public : 5 conseils pour mettre en place une stratégie de données efficace


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Par Raphaël Savy, Directeur Europe du Sud, Alteryx

Depuis le premier recensement « moderne » effectué au niveau national en 1694 par Louis Phélypeaux, comte de Pontchartrain, le gouvernement français a commencé à recueillir des données. L’État est ainsi l’un des plus anciens producteurs de données et ce pour des besoins d’analyse et de gouvernance. Un travail si essentiel qu’il est de nos jours difficile à quantifier tant l’usage que l’on a des données est omniprésent. Aujourd’hui, les données gouvernementales jouent un rôle majeur dans tous les domaines. C’est le cas notamment d’Etalab qui illustre la volonté de la France d’ouvrir les données publiques via le lancement du portail Data.gouv.fr.

Si la science des données peut avoir un impact significatif sur des décisions cruciales prises dans le secteur public, le sujet reste complexe et difficile à traiter. En effet, la majorité des données gouvernementales sont difficiles d’accès et d’utilisation tant elles sont hétérogènes. Afin d’aider les Chief Data Officer (CDO) du secteur public, Alteryx a listé cinq conseils que ces derniers doivent suivre afin de pouvoir exploiter, pour le bien commun, les bases de données de l’État.

Tirer parti des meilleurs modèles de leur catégorie pour le partage des données

De nombreuses organisations publiques et privées ont créé des centres de données pour pouvoir partager celles qui sont utiles entre divers utilisateurs. Néanmoins, ces nombreuses bases sont difficilement accessibles et cela peut freiner la collaboration. Il est donc crucial pour les CDOs, notamment dans le secteur public, de construire des bases de données communes, avec des modèles permettant à d’autres entités, en particulier les agences locales et régionales, de contribuer avec leurs propres données. Grâce à un référentiel collaboratif, les data scientists pourront identifier des tendances et recueillir des informations précieuses pour faciliter le processus décisionnel.

L’importance de la diversité

A l’heure où les sources et les formats de données disponibles se diversifient, les entreprises qui sauront en tirer profit seront celles avec la plus forte croissance. Il en est de même pour les administrations publiques. En sachant extraire l’essence même des données dont ils disposent, ils pourront ainsi améliorer le service usager. Transport of London (TfL) a d’ailleurs annoncé le lancement d’un programme d’analyse de données pour surveiller les mouvements des passagers sur le réseau londonien. En collectant anonymement ces données, TfL veut ainsi aider les usagers à éviter les encombrements et améliorer la politique des transports.

Mais plus que l’hétérogénéité des données, c’est de la diversité au sein des équipes dont dépendra la réussite d’un projet. D’ailleurs, ceux qui savent travailler avec plusieurs interlocuteurs (industriels, universitaires, …) font de la diversité des profils un levier de richesse, de performance et de développement pour leurs projets.

Les CDOs devraient donc faire appel à ce vaste réseau diversifié pour composer leurs équipes. Néanmoins, l’un des principaux obstacles auquel ils sont actuellement confrontés est l’absence de profils qualifiés dans la science des données. Face à une telle pénurie de talents, force est de constater que les administrations publiques ne pourront pas enrôler le (ou les) profil(s) tant recherché(s). Pour y remédier, certaines font appel à des profils hétérogènes. Ces profils et leurs différents points de vue s’avèrent exceptionnellement précieux en science des données, surtout lorsqu’il s’agit de résoudre des problèmes incroyablement complexes. Cette diversité de pensées peut contrebalancer les préjugés et les idées reçues qui peuvent être pénalisants pour créer une meilleure analyse des données.

Créer des ensembles de données en se basant sur un problème

De nombreuses administrations ont progressivement repensé leur organisation en créant des départements « data », afin d’imaginer une nouvelle gouvernance de leurs données. Cette nouvelle organisation s’explique par un paysage de plus en plus complexe suite à l’explosion des sources de données mal structurées, mal documentées et mal entretenues et qui sont souvent appelées « data swamps ». Mal conservés et perdant rapidement leur valeur, ces ensembles de données peuvent rapidement devenir des failles de sécurité. Pour éviter cela, les CDOs doivent acquérir une vision d’ensemble des données et démarrer une gouvernance data.

Fournir des données aussi précises que possible

Il existe toute une série d’ensembles de données gouvernementales qui sont regroupées au niveau national, régional ou parfois local. Cette disponibilité des données administratives à grande échelle pourrait permettre d'obtenir de meilleurs moyens de mesurer l’efficacité de mesures économiques grâce à des données plus étendues et granulaires. En effet, la granularité ou la finesse des données recueillies sont essentielles pour la qualité des observations faites. Cette granularité est d’autant plus utile à l’heure du RGPD. En effet, l’anonymisation nécessite une analyse des données méticuleuse afin de décider de quelles données l’administration aura besoin et celles qu’il est inutile de garder, décuplant la valeur des données restantes.

Profiter des meilleures technologies existantes


Chaque jour, ce sont 4 millions de recherches Google qui sont effectuées, 2,46 millions de contenus partagés sur Facebook, 347 222 photos via WhatsApp ou encore 204 millions emails qui sont envoyés. Toutes ces données représentent une source incroyable, dès lors qu’elles sont rendues accessibles et exploitées. En effet, leur mise à la disposition de tous permet de tester, valider et améliorer les modèles prédictifs existants afin de les faire progresser. L’accessibilité des données est le fondement même de la capacité de chacun à les explorer et les associer pour mieux les comprendre et en tirer de plus grands bénéfices.

Ainsi, afin de tirer profit des technologies et des outils existants les CDOs peuvent mettre en œuvre des plateformes communautaires. Ces outils pourront être un levier de connaissance et de croissance pour l’entreprise et l’administration, fournissant de précieuses ressources pour les équipes qui pourront y trouver les méthodes existantes et les meilleures pratiques. Par exemple Kaggle Data, une communauté de scientifiques des données en ligne, est un excellent exemple du type de plateforme dont les CDOs peuvent s’inspirer pour construire des modèles basés sur des informations accessibles au public.

Assumer le rôle de CDO pour un organisme public comporte des nuances et, pour assurer son succès, les nouveaux CDOs du secteur public doivent tenir compte de bien plus que le simple fait de structurer des ensembles de données. Dans cette révolution des données, la France devra tracer son propre chemin. Elle le fera avec d’autant plus de clarté, et d’autant plus de vigueur, qu’elle aura pris soin de maîtriser et de s’approprier les outils et les pratiques qui vont lui permettre d’exploiter tout le potentiel qui réside dans toutes ses données qui sont actuellement éparpillées à travers ses différentes administrations.

La diversité des données qui existent dans le secteur public est unique et exige des CDOs et des professionnels des données qu’ils exploitent les meilleurs modèles de leur catégorie et qui sont propices à la collaboration. Ces ensembles de données, en particulier, ont le potentiel d’orienter les décisions qui ont une répercussion sur certains des plus grands défis du pays.

Le nettoyage annuel de printemps concerne-t-il nos appareils numériques?



Par Rainer W. Kaese, Senior Manager Business Development Storage Products, Toshiba Electronics Europe

Que vous vous promeniez dans une ville lambda ou que vous passiez du temps au restaurant, il y aura toujours des gens pour prendre des photos et des vidéos d’amis, d’eux-mêmes ou de leurs repas. Activité autrefois liée au coût de développement d'un film, la photographie et la vidéographie sont maintenant à la portée de presque tout le monde. Mais qu’advient-il de toutes ces photos ? Prenons-nous le temps de supprimer des vidéos dont nous ne voulons plus?

Dans la mesure où le 31 mars a été désigné Journée mondiale de la sauvegarde, Toshiba a décidé de consulter Facebook pour savoir si nous sécurisions nos données et si nous prenions le temps de nettoyer nos smartphones, ordinateurs portables et ordinateurs de bureau.

Est-il vraiment facile de sauvegarder nos données?


Beaucoup d’entre nous aurons, ou connaîtrons quelqu'un qui a eu, une histoire concernant une perte de données. Nous avons soit supprimé la seule copie d'un fichier sensible, soit la disparition d'un ordinateur portable ou d'un téléphone a également entraîné la perte de nos données. Quand on les interroge après une catastrophe, il semble toujours que nos malheureux amis aient eu l'intention de mettre en place une sorte de régime de sauvegarde mais, pour diverses raisons, ne s'en sont pas souciés à temps. Heureusement, selon notre enquête, cela est en train de changer. Parmi les 1 600 personnes interrogées, 73% déclarent que la sauvegarde de fichiers à partir de périphériques intelligents et de PC est facile, tandis que 27% la trouvent toujours compliquée.



Cela s'explique en partie par le fait que les systèmes d'exploitation pour smartphones, tablettes et ordinateurs sont fournis avec une gamme de services de sauvegarde et de synchronisation. Sur les PC, la suppression d’un fichier ne le supprime plus immédiatement du disque dur. Au lieu de cela, il est déplacé vers une corbeille, permettant ainsi de récupérer des fichiers supprimés par inadvertance si nécessaire. Les appareils Android conservent une copie des photos et des vidéos dans la bibliothèque Google Photos, tandis que les utilisateurs Apple disposent des mêmes fonctionnalités via la bibliothèque iCloud Photo. Une fois téléchargées sur le cloud, les photos et vidéos de l’utilisateur peuvent être synchronisées avec d’autres périphériques, tels que des tablettes, ainsi qu’avec des services liés à un navigateur spécifique.


Le nettoyage de printemps s'étend-il à nos vies numériques ?


On pense que le nettoyage de printemps a pour origine la tradition du « Réveil de la maison » du Nouvel An persan, mais il pourrait également être lié à la pratique juive ancienne consistant à nettoyer la maison avant Pâque. Peu importe, la saison du printemps, avec la vie qui fleurit tout autour de nous, semble être un bon moment pour éliminer les déchets indésirables. Mais pensons-nous également notre courier numérique  indésirable ?

Selon nos répondants, la réponse est affirmative : 87% d'entre eux déclare avoir supprimé des photos et des vidéos non désirées de leurs appareils numériques au cours des douze derniers mois. Malgré la quantité de stockage disponible sur les smartphones d’aujourd’hui, la capacité maximale est finalement déjà atteinte, nous laissant ainsi le choix entre conserver des photos ou des vidéos ou supprimer les applications les moins souvent utilisées. Même les solutions de stockage cloud ne fournissent gratuitement qu'une quantité limitée de stockage. Nous sommes donc obligés de choisir entre le nettoyage ou le stockage supplémentaire.


Optimisons-nous notre espace de stockage disponible ?


La mémoire disponible a toujours été une primordiale depuis l'invention du PC et de nombreux outils ont été développés pour l’optimiser. Celles-ci vont de la compression de fichiers sur des disques durs à des solutions pour augmenter la quantité de mémoire disponible. Les participants à notre enquête ont déclaré que seulement 44% d’entre eux utilisaient une sorte d’application pour optimiser le stockage sur leurs appareils numériques. L'une des raisons est peut-être la connotation négative liée à l'optimisation du stockage; en  fin de journée, il faudra se résoudre à supprimer un fichier  pour libérer de l'espace.

Certains smartphones et tablettes émettent déjà des recommandations de temps en temps lorsque le stockage est limité, suggérant des applications peu utilisées pouvant être supprimées pour libérer de l'espace. Sinon, sans une application pour vous aider, il vous faudra beaucoup de temps pour trouver un moyen de libérer du stockage. La plupart des appareils proposent dans leurs paramètres une méthode indiquant quelles applications encombrent le stockage. Il s'agit généralement d'applications de messagerie et de médias sociaux qui conservent des copies locales d'images, de vidéos et de textes. Ici, il vaut la peine de faire appel à des applications qui gérent les demandes de stockage et fournissent un avertissement à l’avance avant que les problèmes ne surviennent.

Pour les utilisateurs de PC et d’ordinateurs portables, il existe également toute une gamme d’outils utiles. Pour les utilisateurs Windows, WinDirStat fournit une vue visuelle simple des fichiers qui consomment le plus d’espace. Les types de fichiers communs codés par couleur pour les images et les vidéos facilitent l’évaluation. Il existe également des versions disponibles pour les utilisateurs Linux et iOS. Pour ceux qui travaillent et modifient de grandes quantités de photos, les fichiers en double peuvent devenir un problème avec le temps. Les appareils reflex mono-objectif grand format devenant de plus en plus abordables, chaque photo peut atteindre des dizaines de mégaoctets. Les applications de recherche de fichiers en double aident à localiser les images avec le même contenu, de sorte que vous ne puissiez en conserver qu'une seule.


Mais sauvergardons-nous actuellement nos fichiers?


Bien que plus du quart de nos répondants aient affirmé qu'il était difficile de sauvegarder ses données les données numériques, près de neuf sur dix sauvegardent tout de même leurs fichiers. C’est une bonne nouvelle et nous éviterons une peine irremediable lorsque les appareils numériques, sur lesquels nous comptons tant, nous font défaut à un moment critique.


Pour les 9% qui n’ont pas développé d’approche liée à la sauvegarde de fichiers, la solution ne pourrait être plus simple. Masses de stockage portable, sous la forme de disques durs externes USB. Depuis l’avènement de l’USB 3.0, le transfert de données vers de tels périphériques est devenu extrêmement rapide et les disques d’aujourd’hui offrent une capacité de téraoctets non néglogeable dans des boîtiers élégants et minces, sans nécessiter une alimentation séparée. Connectez simplement le disque externe à votre ordinateur portable et copiez vos précieux fichiers comme vous le feriez sur un disque ou un dossier interne. Cependant, certains disques, tels que la gamme Toshiba Canvio, sont également fournis avec des outils de sauvegarde qui simplifient considérablement la vie (figure 2). Le logiciel de sauvegarde Toshiba Storage, fourni avec les disques Canvio, peut être configuré pour sauvegarder automatiquement des fichiers individuels ou des dossiers entiers à un moment de la journée qui convient à l'utilisateur.

La vente de nos données personnelles est-elle envisageable ? Quelle en est la valeur ?

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Par Yves Benchimol, Président de WeWard

Les données personnelles sont devenues un sujet sensible, tout particulièrement à la suite de l'affaire Cambridge Analytica qui a suscité de nombreuses polémiques autour du traitement des données. Aujourd’hui, le consommateur est devenu le point focal de la collecte et l’exploitation des données. Des géants comme Google ou Facebook dominent le marché de la publicité ciblée et engrangent des milliards de dollars, notamment grâce à l’émergence des technologies dites de « Big Data ».
La donnée est devenue l’actif stratégique des géants du Web. Nous acceptons à titre gracieux de la partager, en échange d’un service gratuit. Bien que la plupart d’entre nous ont conscience que ces acteurs utilisent nos données en échange de leur service numérique, très rares sont ceux qui ont la connaissance du type d’informations qui peuvent être déduites par l’analyse de nos données, et encore plus rares sont ceux qui peuvent en estimer la valeur.

L'Europe est pionnière

De nombreuses initiatives politiques obligent les acteurs concernés à fournir toujours plus de transparence quant à l’utilisation de nos données. L’Europe est pionnière sur ce sujet avec la mise en place du RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données). Aux États-Unis, Gavin Newsom, gouverneur de Californie, va encore plus loin et affirme que « les consommateurs californiens devraient aussi être en mesure d’avoir leur part de la richesse créée par leurs données ». Autrement dit, il envisagerait de forcer les géants du Web à rémunérer leurs utilisateurs.

Il est donc légitime de se demander si à l’avenir, nous serons en mesure de monétiser nos données personnelles et d’en tirer des bénéfices monétaires, et quelle en serait la valeur. Tout d’abord, il faut se poser la question du type de données personnelles que ces acteurs collectent et essayer de comprendre ce qu’ils peuvent en déduire sur nous. La réponse est simple : à peu près tout. Les articles que vous consultez, vos conversations, votre géolocalisation, les pages que vous suivez/likez permettent à ces acteurs de construire un profil général à votre sujet, mais également de détecter ce qu’on appelle les « moments de vie ». Il s’agit des évènements importants dans la vie d’un consommateur, ayant un impact fort sur ses besoins (un déménagement, une naissance, un mariage, l’achat d’un véhicule…).

Et c’est essentiellement pendant ces moments-là que vos données prennent beaucoup de valeur, parfois plusieurs centaines d’euros ! En effet, pour un distributeur alimentaire, la « life-time value » d’une femme enceinte est largement supérieure à celle d’une consommatrice lambda. Détecter une période de grossesse afin de tenter de fidéliser le client est une opportunité qui a une valeur marchande claire, identifiée, et chiffrée.

La donnée à l'échelle individuelle ne vaut rien

Cependant, il faut se rendre compte que revendre nos données telles-quelles, de manière individuelle, serait une illusion. « La donnée à l'échelle individuelle ne vaut rien ! Sa valeur marchande provient uniquement de l'agrégation de masse », déclare Valérie Peugeot, membre de la CNIL, présidente de l'association Vecam et chercheuse à Orange Labs. La valeur des données augmente plus vite que leur volume, et plus généralement en fonction de l’aptitude à les utiliser pour influencer les comportements d’achats. Et c’est bien sur cette aptitude que les géants du Web ont construit leur position dominante. La maîtrise du ciblage à travers l’intelligence artificielle leur permet de nous influencer dans nos décisions d’achat, avec une meilleure probabilité que n’importe quel acteur auparavant.

La connaissance de nos besoins n’est rien sans la capacité à nous influencer dans nos décisions. Une société ayant connaissance de mon besoin d’un véhicule ne pourra en tirer profit qu’à partir du moment où elle est capable d’influencer mon choix quant à la marque du véhicule qui fera de moi un consommateur satisfait. C’est pourquoi la métrique la plus importante dans le monde publicitaire est le taux de conversion. Ce taux de conversion est directement lié à la capacité de ciblage d’une entreprise.

Les réseaux sociaux et les moteurs de recherche ont su exploiter les données que nous fournissons en consommant les médias qu’ils ont constitué autour d’eux, pour nous solliciter constamment et nous influencer dans nos décisions quotidiennes (quel est la meilleure pizzeria autour de moi ? quel type de bougie parfumée vais-je offrir à ma tante ?).

Le marché de la donnée n’est pas nouveau

Ce marché de la donnée n’est cependant pas nouveau. Les acteurs traditionnels de la grande distribution avaient compris son importance il y a plus de 60 ans lorsqu’ils ont instauré les premiers programmes de fidélité. Cette petite carte vous influence chaque semaine au travers de coupons et promotions « réservés aux encartés », tout en vous rendant captif à une enseigne. Ils utilisent nos historiques d’achat pour en déduire nos besoins présents et futurs, et nous inciter à consommer différemment (en général plus, ou plus cher).

Pour conclure, monétiser sa donnée « brute » de manière individuelle serait une illusion car sa valeur réside dans la capacité d’une entreprise à influencer un grand nombre d’individus dans leurs choix. Cependant, des initiatives, à l’instar de WeWard, envisagent de réattribuer une grande partie de la valeur monétaire de nos données personnelles en regroupant au sein d’une même plateforme un grand nombre d’individus et offrant aux annonceurs une capacité de ciblage basée sur les données personnelles. Le succès de ce type d’initiative restera directement corrélé à l’influence des comportements consommateurs qui en découle.

L'exploitation des données : un avantage concurrentiel majeur pour le commerce de détail

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Par Edouard Beaucourt, Directeur Régional France et Europe du Sud de Tableau

Les spécialistes du retail doivent répondre à une attente grandissante des consommateurs : ils ne souhaitent plus seulement un produit, ils veulent vivre une expérience complète. Et la clé se trouve dans l'exploitation des données. Depuis plusieurs décennies, les magasins de détails collectent des données sur le comportement d'achat de leurs clients au travers de programmes de fidélités, de formulaires d'enquêtes, de promotions... Aujourd'hui, la numérisation du secteur et la multiplicité des canaux de distribution - magasins en ligne et physique - et de ses points de contacts avec les clients – réseaux sociaux – leurs permettent d'accroître la masse d'information collectée et donc de mieux connaître les clients. Avec cette vision globale des clients, ils peuvent ainsi délivrer une expérience clients performante et en phase avec leurs attentes.

Regrouper des données hétérogènes


Si connaître le nombre de clients, les achats effectués, le nombre de visiteurs en ligne, en magasins physiques ou le montant dépensé par client, est simple, toutes ces données sont issues de sources diverses : magasins, sites web, réseaux sociaux, appareils mobiles, IoT, capteurs pour suivre et surveiller le trafic piétonnier ou l'interaction avec les affichages de marchandisage. Des données hétérogènes, dispersées dans des silos et non connectées. Résultats, les détaillants ne peuvent accéder en temps réel à ces données et les faire parvenir aux bonnes personnes pour qu'elles puissent engager la bonne action.

Et c'est pourtant là le nerf de la guerre. C'est dans la gestion de cette donnée que les détaillants font la différence. Ainsi, ceux susceptibles de délivrer une expérience clients performante ont une vision globale des données et sont capables d'en extraire des informations pertinentes. À mesure que les outils deviennent de plus en plus sophistiqués et que les sources de données ne cessent d'augmenter, les entreprises de vente au détail doivent mettre en place une stratégie d'intégration ou de regroupement des ensembles de données afin d'obtenir une vue multidimensionnelle de leur entreprise et de leurs clients.

À titre d'exemple citons Metro, qui collecte en permanence une variété de données issues de ses magasins. L'entreprise analyse toute une masse de données : périodes de pointe en magasin, flux des stocks, décisions d'achat des clients, etc. En intégrant les données provenant de plusieurs sources, l'équipe d'analyse des données est en mesure, grâce à cette vision multidimensionnelle, de prendre des décisions éclairées dans le cadre de ses stratégies opérationnelles et promotionnelles. Ainsi la direction de l'enseigne a fait le choix de stopper les commandes de chaussures demi-taille après l'analyse et la visualisation des stocks des données de leurs magasins.
 

Générer des visualisations de données pour une meilleure prise de décision


Longtemps réservée aux analystes des données, les nouvelles plateformes de BI permettent à tous les collaborateurs de recueillir en temps réel les informations nécessaires à l'exécution de leurs missions. Grâce à ces outils en libre-service, les données sont accessibles aux employés de tous les niveaux, des assistants de vente au détail aux cadres supérieurs. Ces outils remplacent également les processus de génération de rapports manuels, car ils permettent à la bonne personne d'accéder aux bonnes données au bon moment. Enfin, ces plateformes de BI génèrent des visualisations de données permettant aux utilisateurs de transformer automatiquement des colonnes et des lignes de données en présentations visuelles et tableaux de bord tels que des tableaux ou des graphiques. Valeurs aberrantes et tendances dans leurs données sont ainsi aisément identifiables. Notons que communication visuelle est devenue une compétence indispensable pour tous les managers, car de plus en plus souvent, c'est le seul moyen de donner un sens au travail que nous faisons.
 

Anticiper les tendances et besoins futurs avec l'analyse de données

 
Aujourd'hui les consommateurs exigent une expérience clients personnalisée et apprécient l'anticipation. Dans ce contexte les détaillants ont tout intérêt à utiliser des plateformes d'analyse prédictive pour analyser les données à des fins de prédiction d'événements futurs inconnus. La projection basée sur les données des tendances futures permet aux détaillants d'anticiper les besoins et les préférences des clients, de les traiter en tant qu'individus, de leur faire des suggestions éclairées et de préparer leurs magasins (comme stocker certains produits) en fonction des besoins futurs.

Aujourd'hui, le marché exige des détaillants une stratégie de la donnée intégrant toutes les sources de données de l'entreprise et nécessite de les rendre accessibles à tous les collaborateurs afin qu'ils puissent les exploiter pour optimiser leurs opérations et procéder à des ajustements rapides et efficaces pour répondre aux demandes des clients. Les détaillants doivent se tourner aussi vers l'avenir. Grâce à l'analyse prédictive ils peuvent anticiper de manière proactive les besoins des clients et les tendances du marché. Une stratégie de données performante doit englober et intégrer toutes les initiatives.

Les données ont une pierre angulaire : la confiance

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Commentaire de Mark Barrenechea, CEO OpenText

La Journée Mondiale de la Protection des Données aura lieu à la fin d’un mois de janvier 2019 mouvementé : le vol de données de centaines d’élus en Allemagne, le piratage de 772 millions d’adresses e-mail connu sous le nom de Collection #1, l’amende infligée à Google pour non-respect du RGPD, sans oublier les enquêtes chez Facebook qui sont encore en cours, depuis l’affaire Cambridge Analytica.

Dans ce contexte, voici le commentaire de Mark Barrenechea.

« Plus de 2,5 milliards de milliards d’octets de données sont créés chaque jour. Ce rythme ne va aller qu’en accélérant à mesure que les voitures autonomes, les capteurs, les drones et l’Internet des objets (IoT) inaugurent de nouveaux formats à la vitesse grand V. Clairement, notre avenir sera « data » ou ne sera pas. Ces données représentent la sève de l’entreprise et leur utilisation adéquate nécessite un élément essentiel à son succès : la confiance.

Les données sont indissociables de l’activité et de la vie


Si l’on bannit les données, ou la confiance nécessaire à leur protection, le monde s’écroule : tout le commerce s’arrête ; les comptes bancaires voient leur solde réduit à zéro ; les avions s’écrasent ; les voitures s’immobilisent ; l’approvisionnement en énergie et en eau s’interrompt. Les données sont indissociables de l’activité et de la vie, et aussi indispensables que l’eau, l’air et l’électricité. Plus encore, les données et les systèmes connaissent de telles avancées que notre forme humaine et cognitive se dessine dans les propres traces numériques que nous laissons. Chaque jour nous construisons, brique par brique et bit par bit, un double numérique de nous-mêmes, consciemment ou non.

Les données personnelles englobent nos différents comportements


La nature des données a changé, elles vont aujourd’hui bien au-delà de nos coordonnées dans un annuaire téléphonique il y a dix ans. A l’ère du numérique, les données personnelles englobent nos différents comportements (la liste de nos amis, nos lectures, nos photos, ou l’enregistrement de tous nos appels téléphoniques). Or quelle est véritablement la différence entre un acteur malveillant volant les données de 135 millions d’utilisateurs de cartes de crédit ou un réseau social revendant les données de 85 millions de personnes à un cabinet-conseil en politique ? Les acteurs sont différents mais l’effet sur les consommateurs est le même : une rupture de la confiance. Qu’il s’agisse d’administrations, de particuliers ou d’entreprises qui se voient confier des données, leur obligation première consiste à les défendre et les protéger. Cette confiance transcende les produits ou les services. »

La clé du succès des start-up : la capacité à analyser les données


startup



Par Nick Gaubitch, directeur de recherche de Pindrop pour l’EMEA


Aujourd’hui, l’algorithme est le point de départ de la majorité des startups dans le domaine des nouvelles technologies. Cependant, il ne s’agit que d’un des éléments à prendre en compte pour les entreprises cherchant à se faire un nom dans une industrie de plus en plus concurrentielle.

Avoir un algorithme unique est un bon début pour une startup, mais ce n’est pas suffisant pour rivaliser contre des mastodontes tels que Facebook et Amazon, qui disposent de suffisamment de ressources pour écraser leurs concurrents de moindre envergure et monopoliser le marché. Dorénavant, il est essentiel de faciliter et de favoriser le développement de vastes ensemble de données pour alimenter et compléter ces algorithmes. Ces données doivent également être analysées et traitées à l’aide de technologies d’autoapprentissage, comme le Machine Learning, afin de produire des résultats pertinents. Sans cela, l’entreprise sera rapidement bridée dans sa capacité à se développer et à innover.

Aujourd’hui, il est quasiment impossible pour une startup dans la high tech de réussir sans les technologies d’autoapprentissage nécessaires à l’analyse de vastes quantités de données, et ce pour différentes raisons.

Toujours plus de données 

L’utilisation de capacités d’autoapprentissage sur les grands ensembles de données existants peut fournir de précieux résultats, notamment pour créer des expériences clients uniques et personnalisées, ou rationaliser une chaîne d’approvisionnement grâce à l’automatisation ou à l’aide d’alertes anticipant les problèmes potentiels. Ces deux éléments, le Machine Learning et les vastes quantités de données toujours plus riches, sont essentielles pour les startups d’aujourd’hui.

Chez Pindrop, nous avons analysé plus de 400 millions d’appels rien que l’an dernier. Nos clients ont ainsi l’assurance d’accéder à un ensemble de données immensément riche. Notre technologie brevetée Phoneprinting™ distingue les escrocs des appelants légitimes, enregistre ces informations dans une base de données des criminels récidivistes, catégorise les cas de fraude et dresse les profils de leurs auteurs. Les fraudeurs s’attaquant aux consommateurs du monde entier peuvent ainsi être identifiés et dénoncés.

L’accès à une telle quantité de données permet de signaler rapidement les comportements suspects, et même d’identifier les modes opératoires les plus sophistiqués afin d’obtenir une vision plus globale, et d’informer les clients en temps réels des fraudes détectées et de la méthode employée. Les données ont également une multitude d’utilisations au-delà de la simple détection des fraudes : elles peuvent aider les entreprises à éviter les fuites d’informations, et servir de Proof-of-concept lors d’échanges avec des prospects.

L’omniprésence des données
Dans un monde toujours plus connecté, il apparaît de plus en plus que la valeur des entreprises n’a d’égale que celle des données auxquelles elles ont accès ou qu’elles collectent. Pour les petites entreprises, la gestion des quantités importantes d’informations peut faire toute la différence entre réussite et faillite. Tout se joue sur leur capacité à utiliser ces données afin d’ajuster leur approche client en fonction de leurs objectifs, et pour rivaliser avec les startups concurrentes sur le marché, saturé, des nouvelles technologies.

Proposer une solution ou un algorithme unique est une chose ; mais sans données, comment créer des produits répondant aux besoins spécifiques des clients et s’adapter à l’évolution constante des exigences du marché ? Les startups cherchant à soutenir leur croissance doivent gérer une multitude de problématiques, et notamment :


  • Comment s’assurer que les consommateurs soient au courant de leurs nouveaux produits et innovations ? 
  • Comment assurer un suivi idéal des clients ayant effectué un achat initial ou avec qui il y a eu des interactions ? 
  • Comment entretenir la fidélité des clients ? 


Toutes ces questions ont un point en commun : le fait que l’on puisse y répondre en exploitant les données, volontairement partagées par les clients (lors de leur enregistrement sur un site web, ou lors d’un achat), afin de leur fournir des expériences sur mesure. Les startups capables de consigner des données sur le profil de leurs clients existants et de leurs prospects, et d’utiliser ces informations dans leurs algorithmes afin de créer des services personnalisés sont assurément sur la voie du succès.

Ces données peuvent ensuite être examinées et enrichies par des programmes d’autoapprentissage afin de fournir des résultats riches d’enseignements. Et c’est précisément cela qui va permettre à une startup de prendre l’ascendant sur la concurrence : ni l’algorithme de base, ni le volume de données collectées et stockées, mais le type de données et la capacité à les traiter et à les utiliser efficacement.

De l’importance de la protection des données
Tandis qu’elles commencent à accumuler des tonnes de données en provenance de leurs clients, les entreprises doivent bien évidemment absolument tenir compte de la mise en conformité avec le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD). Depuis l’entrée en vigueur de cette loi, le 25 mai 2018, la protection des données personnelles doit être au cœur de l’ensemble des procédures, produits et services des entreprises sur tous les canaux. Les employés devront également tous être conscients de leurs obligations afin de protéger les données des consommateurs sur tous les canaux, y compris en ligne et par téléphone.

Le RGPD doit donc être vu comme une opportunité – en particulier les petites entreprises et les startups – de mettre en place une stratégie de protection de qualité couvrant les appels, la voix, ainsi que toute autre donnée transitant sur des canaux numériques.

De plus en plus d’objets sont connectés, ce qui donne naissance à toujours plus de données enrichies. Les startups doivent donc regarder au-delà de leurs algorithmes et s’intéresser aux données existantes et aux connaissances à leur disposition afin de mettre leurs idées en avant. Elles pourront ainsi séduire des investisseurs et faire face à l’hégémonie croissante des géants de la high tech.