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Patron de Tesla et de Space X, ministre de Donald Trump… : Elon Musk, milliardaire inspirant ou inquiétant ? Génie ou mauvais génie ?

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La semaine dernière, le milliardaire américain Elon Musk, patron de Space X, Tesla ou du réseau social X, est devenu l’homme le plus riche du monde… de l’ère moderne (XIXe-XXIe siècles). La fortune de l’homme d’affaires d’origine sud-africaine a atteint, en effet, 348 milliards de dollars – en hausse de près de 130 milliards de dollars en un an – devançant de très loin celles de Jeff Bezos, patron d’Amazon (219 milliards de dollars), de Larry Ellison, fondateur d’Oracle (206 milliards), ou du Français Bernard Arnault, à la tête de LVMH (163 milliards).

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Elon Musk avec Donald Trump lors d’un meeting de la présidentielle.

Elon Musk surpasse surtout les grandes fortunes de l’ère industrielle comme celle de John Rockefeller, qu’on pensait inégalable, et qui avait 336 milliards de dollars actuels. Au contraire de Rockefeller qui était un magnat de l’énergie, d’Henry Ford dans l’automobile ou d’Andrew Carnegie dans l’acier, Elon Musk a investi plusieurs domaines clés : l’automobile électrique, l’espace, les réseaux sociaux, l’internet par satellite, la recherche médicale, l’intelligence artificielle… et désormais la politique. En remerciement du soutien déterminant de Musk pour sa réélection, Donald Trump l’a, en effet, nommé, avec l’entrepreneur Vivek Ramaswamy, à la tête d’un département de l’Efficacité gouvernementale (DOGE) pour « démanteler la bureaucratie gouvernementale ».
À 12 ans il vend 500 dollars le jeu vidéo qu’il a créé

Avec toutes ses casquettes – dont celle de Make America Great Again évidemment – , Elon Musk apparaît comme l’homme le plus puissant – ou en tout cas influent – du monde. Un vertige qui nous fait nous interroger : Musk est-il inspirant ou inquiétant ? Est-il un génie ou… un mauvais génie ?

Aujourd’hui, l’enfant prodige sud-africain devenu magnat multi-milliardaire de la Silicon Valley fascine autant qu’il divise ; visionnaire pour certains, dangereux pour la démocratie pour d’autres. Son parcours digne d’un roman donne en tout cas certaines clés pour comprendre le personnage mais il reste suffisamment de parts d’ombre pour s’inquiéter qu’autant de pouvoirs soient concentrés dans les mains d’un seul individu.

Né en 1971 à Pretoria, le jeune Elon, diagnostiqué Asperger, montre très tôt des signes de précocité. À 12 ans, cet enfant victime de harcèlement scolaire qui vit avec son père après le divorce de ses parents et admire son grand-père aviateur et explorateur, vend déjà son premier logiciel, un jeu vidéo, pour 500 dollars. « J’étais un enfant très introverti, obsédé par la lecture et la technologie », confiera-t-il plus tard. Cette obsession ne le quittera jamais – il conseille d’ailleurs de lire beaucoup.


Paypal, la première entreprise d’Elon Musk. DR



Après des études au Canada puis aux États-Unis où il étudie la physique et l’économie, Musk se lance dans l’entrepreneuriat. Il commence sa carrière en cofondant la société de logiciels Zip2 avec son frère, Kimbal Musk. La start-up est rachetée par Compaq pour 307 millions de dollars en 1999. Il cofonde alors X. com – déjà cette fascination pour la lettre X – qui deviendra ensuite PayPal, révolutionnaire service de paiement en ligne. La vente de l’entreprise au site d’enchères eBay en 2002 lui rapporte 1,5 milliard de dollars ! De quoi financer ses rêves les plus fous. Car Musk voit grand, très grand.

Avec Space X, fondée en 2002, il veut révolutionner l’industrie spatiale et rien moins que coloniser Mars. Avec Tesla, créée l’année suivante, il entend accélérer la transition vers les véhicules électriques. Deux paris jugés impossibles à l’époque, que l’entrepreneur transformera en succès retentissants.

En 2006, il participe à la création de SolarCity, reprise par Tesla pour devenir Tesla Energy. En 2015, il cofonde et devient coprésident d’OpenAI, la société qui a créé le fameux ChatGPT, qu’il quittera en 2018 – il lancera xAI en 2023. En 2017, il lance Neuralink pour connecter le cerveau humain à l’intelligence artificielle. En 2020, c’est The Boring Company qui voit le jour pour révolutionner les transports urbains avec des tunnels. Et depuis longtemps, Musk promeut les cryptomonnaies, comme le bitcoin, qui connaissent une spectaculaire envolée de leurs cours depuis l’élection de Trump.



« L’échec est une option ici. Si les choses n’échouent pas, c’est que vous n’innovez pas assez », martèle Musk. Une philosophie qui lui permettra de surmonter les nombreuses difficultés, notamment les débuts chaotiques de Tesla et les explosions des premières fusées Space X.
Management brutal

Derrière ces réussites se cache un patron complexe, aux méthodes de management brutales. « Elon peut être un tyran impitoyable », témoigne un ancien cadre de Tesla sous couvert d’anonymat. « Il exige l’excellence à tout prix, quitte à épuiser ses équipes », qu’il invite, comme lui, à dormir dans leur bureau… Car cette exigence extrême, Musk se l’applique d’abord à lui-même. « Je travaille 120 heures par semaine », se vantait-il en 2018. Un rythme effréné qui l’a conduit à plusieurs burn-out, sans pour autant freiner ses ambitions démesurées.


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Elon Musk devant une Tesla S


Mais c’est en 2022 que Musk franchit un nouveau cap avec le rachat de Twitter pour la somme astronomique de 44 milliards de dollars. Une opération qui marque un tournant dans sa trajectoire et soulève de nombreuses inquiétudes. Car si Musk le libertarien, père de six enfants, à la triple nationalité, se présente comme un « absolutiste de la liberté d’expression », ses décisions à la tête du réseau social font craindre une dérive autoritaire.

Licenciements massifs, rétablissement de comptes controversés, suppression des comptes certifiés au profit d’abonnements payants mieux exposés, multiplication des propos polémiques et des fake news… : en quelques mois, l’entrepreneur s’est aliéné une grande partie de l’opinion publique tout en perdant des millions de dollars.

A la suite d’une blague il fabrique des lance-flammes. DR


« Musk est devenu un danger pour la démocratie », s’alarme Shoshana Zuboff, professeure émérite à Harvard. « Il concentre un pouvoir immense sur l’information et l’utilise de manière irresponsable. » L’intéressé balaie ces critiques d’un revers de main. « Je me fiche de ce que pensent les gens. Je veux juste que l’humanité explore l’espace et devienne une civilisation multiplanétaire », déclarait-il récemment.

Une vision messianique qui ne doit pas occulter les zones d’ombre du personnage. Accusations de harcèlement sexuel, manipulation des cours de Bourse, promesses non tenues… La liste des controverses s’allonge au fil des années. Mais qu’importe, Musk n’hésite pas à ferrailler, par exemple avec l’ancien commissaire européen Thierry Breton, un des rares à lui tenir tête, quand d’autres, comme Emmanuel Macron, le reçoivent comme un chef d’État.
« Un danger pour la démocratie »

« Musk est un génie, c’est indéniable. Mais c’est aussi un mégalomane dont le pouvoir est devenu incontrôlable », analyse Roger McNamee, ancien mentor de Mark Zuckerberg. « Il représente tout ce qui ne va pas dans la tech aujourd’hui : l’hubris, l’absence de garde-fous éthiques, le mépris des institutions. »


SpaceX
Les employés de SpaceX en 2015

Adulé ou détesté, Elon Musk ne laisse personne indifférent. À 53ans, l’entrepreneur le plus influent de sa génération, devenu aussi une figure people, semble plus que jamais déterminé à façonner le monde à son image et utiliser accessoirement la nouvelle position que vient de lui donner Donald Trump pour asseoir sa domination sur le marché des voitures électriques ou du New Space ; faisant fi des conflits d’intérêts qui le cernent.

Mais, telle la grenouille de la fable qui voulait se mesurer au bœuf, Musk pourrait voir sa démesure se retourner contre lui. La presse américaine se fait de plus en plus l’écho des tensions entre Musk et l’équipe Trump, le milliardaire – qui a assisté à plusieurs appels avec des chefs d’État étrangers dont Zelensky – cherchant notamment à imposer ses vues et ses candidats à des postes clés.

La bromance entre les deux hommes, qui détestent rien moins qu’être numéro 2, pourrait tourner court. Reste à savoir lequel prendra l’ascendant sur l’autre…

(Article publié dans La Dépêche du Midi du dimanche 1er décembre 2024)

Après les voitures, Elon Musk présente les robots Tesla

 

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Elon Musk est l’un des plus fantasques patrons de la Silicon Valley - capable de fabriquer et commercialiser… un lance-flamme après un pari - mais aussi l’un des plus visionnaires. Après les voitures 100 % électriques Telas, la constellation de satellites Starlink ou l’aventure spatiale avec Space X - dont la capsule ultramoderne Dragon Crew a amené Thomas Pesquet dans la station spatiale internationale - Elon Musk s’attaque au robot dont il promet de révolutionner les usages.

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1,75 m pour 56,7 kg

S’exprimant cette semaine dans le cadre du Tesla AI Day, la Journée de l’intelligence artificielle de Tesla, le directeur général a dévoilé au cours d’une présentation très léchée le prototype d’un robot humanoïde baptisé « Tesla Bot ». Ce robot en projet mesurera environ 1,75 m pour 56,7 kg et aura une capacité à porter 20 kg. Il pourra soulever une charge de 68 kg ou 4,5 kg à bout de bras. Sa vitesse sera de 8 km/h.

« Pas encore prêt »

« Est-ce qu’on pourra lui demander des choses comme s’il te plaît, prend cet écrou et serre le sur la voiture avec cette clé, je pense que oui. On devrait aussi pouvoir lui demander de se rendre au supermarché pour nous rapporter tel ou tel produit », a expliqué Elon Musk qui veut utiliser des éléments déjà employés sur les voitures Tesla pour produire son robot ouvrier dont le calendrier de sortie n’a, en revanche, pas été précisé.

« Pour l’instant, notre robot ne fonctionne pas et les robots suffisamment perfectionnés pour que cela arrive ne sont pas encore prêts. Mais cela arrive », a précisé le patron de Tesla qui entend bien révolutionner la robotique, un domaine où il n’est ni le seul ni le premier.

Cette semaine l’Américain Boston Dynamics a ainsi publié une impressionnante vidéo où l’on voit deux de ses robots Atlas effectuer sans erreur un difficile parcours d’obstacles.