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SFR Player, Antennes relais : vers plus de pédagogie

Mon interview pour SFR player dans le cadre des actions de la Semaine du développement durable.

Nouveau signal sur les ondes


Le débat sur les risques d'exposition aux radiofréquences des antennes relais de téléphonie mobile vient de prendre une tournure inattendue. Alors que l'on pensait que les opérateurs d'un côté et les associations de consommateurs de l'autre étaient irréconciliables sur les seuils de puissance des antennes, Bouygues Télécom s'est dit prêt hier à ne pas franchir le seuil de 6 volts par mètres dans les lieux de vie. La proposition a été émise dans un entretien au Figaro par Olivier Roussat, directeur général de Bouygues Télécom, qui a rappelé que ce seuil de 6V/m était en vigueur en Italie.
Cette initiative intervient alors que le Grenelle des ondes, lancé au printemps, vient de prendre la semaine dernière une première initiative. Le Comité opérationnel d'expérimentations sur les antennes relais (COMOP), chargé de conduire les études et expérimentations sur les ondes électromagnétiques aux alentours des antennes relais, a, en effet, présenté la liste des communes retenues pour mener plusieurs expérimentations (lire ci-dessous).
Pour Nathalie Kociusko-Morizet, secrétaire d'État à l'économie numérique, la proposition de Bouygues Télécom est « un bon signal » qui peut entraîner les autres opérateurs dans ce sens. Mais « six volts, c'est encore beaucoup. Il faut progresser », a estimé la ministre. Sur la même… longueur d'ondes, les associations Priartém et Agir pour l'environnement estiment elles aussi qu'il faut aller beaucoup plus loin que le seuil proposé par Bouygues, « un engagement virtuel » qui toucherait « moins de 1 % des antennes » de l'opérateur… Les deux associations souhaiteraient idéalement une valeur limite de 0,6V/m et plaident en tout cas pour voir reprise la proposition de l'agence française de sécurité sanitaire de l'environnement (Afsset) d'imposer aux opérateurs d'émettre et d'exposer au niveau le plus faible techniquement possible, soit en deça d'un volt par mètre.

Plus d'antennes ?

Reste que l'abaissement de la puissance des antennes relais ne va pas sans poser problème. Les opérateurs ont, en effet, des obligations contractuelles avec l'État, pour couvrir la population en téléphonie mobile. « En 2011, l'Arcep nous demande de couvrir 90 % de la population en 3G », rappelait récemment Cyrille Frantz Honegger, directeur des relations régionales de SFR sud ouest. Et l'explosion de l'internet mobile à partir des mini-PC ou des smartphones comme l'iPhone font que les utilisateurs veulent être parfaitement connectés, partout en France
Si la baisse de puissances antennes relais était généralisée, pour conserver une bonne qualité de réception, notamment à l'intérieur des habitations, les opérateurs seraient conduits à… multiplier les antennes.
Le juste équilibre reste donc encore à trouver.


3G : le défi des opérateurs
Noël 2009 sera connecté ou ne sera pas. Les opérateurs s'attendent, en effet, à une explosion de la demande pour l'internet mobile soutenue à la fois par les ventes de mini-ordinateurs netbooks associés à une clé USB 3G et par les smartphones, ces téléphones intelligents dont le fer de lance est le mobile d'Apple, l'iPhone. Selon le cabinet d'étude Forrester, d'ici 2014, près de 40 % des Européens utiliseront l'internet sur mobile, et, en France, le taux de pénétration de l'internet mobile atteindra 41 % à cette date, contre 16 % aujourd'hui. Pour faire face aux obligations réglementaires (90 % de la population couverte en 3G en 2011) sur lesquelles ils accusent du retard, à la demande des consommateurs et afin d'éviter que les réseaux ne saturent, les opérateurs doivent massivement investir dans de nouveaux équipements. « C'est un enjeu commercial et réglementaire qui ne passe pas par de nouveaux sites d'implantation mais par le changement de matériel », explique Philippe Cometti, responsable environnement de SFR Sud ouest. Pas de nouvelles antennes à implanter donc mais le changement de technologie pour passer de la 2G à la 3G.

Tests à Lavelanet et Couffouleux
À la suite du Grenelle des ondes du printemps dernier, la décision a été prise d'étudier une réduction de l'exposition aux ondes électromagnétiques aux alentours des antennes-relais. 238 communes se sont porté candidates en septembre dernier. Dans le Sud Ouest, trois communes ont été retenues pour des expérimentations sur l'exposition aux ondes avec une baisse de puissance des antennes : il s'agit de La Rochelle en Charente-Maritime, de Couffouleux dans le Tarn et de Lavelanet en Ariège. Deux communes ont été choisies pour des expérimentations sur de nouveaux protocoles de concertation : Pessac en Gironde et Bayonne dans les Pyrénées-Atlantiques.
Les travaux de modélisation débuteront en janvier 2010 et les premiers résultats sur les deux types d'expérimentations seront disponibles courant du deuxième trimestre de l'année prochaine.
À noter que sur la concertation, SFR a mené dernièrement une initiative originale pour l'installation de trois nouvelles antennes relais à Toulouse, Béziers et Rennes. Les personnes habitant dans un rayon de 100 mètres autour de l'emplacement de la future antenne ont reçu dans leur boîte à lettres un courrier d'information - un millier de lettres expédiées à Toulouse. Un site internet dédié par antenne a été développé pour donner tous les détails aux riverains et des permanences dans les quartiers concernés ont été organisées par SFR qui était également joignable par une adresse e-mail spécifique.

(Photo : Une antenne relais GSM sur un toit à Paris, France Copyright © 2006 ~Pyb)

Des antennes installées à grand bruit

Si les études scientifiques sur la nocivité des ondes électromagnétiques de la téléphonie mobile restent contradictoires, l'exigence légitime de transparence de la population ne cesse de croître. C'est pour répondre à cette demande, notamment exprimée lors du « Grenelle des ondes » par les associations, que SFR, deuxième opérateur télécoms en France, a décidé d'organiser une opération de communication inédite et unique en France pour l'installation de trois nouvelles antennes à Toulouse, Béziers et Rennes.

« On a souvent reproché aux opérateurs un manque d'informations, un manque de transparence. Nous avons décidé de répondre à cela en faisant mieux alors que rien ne nous y oblige, puisque nous avons bien sûr toutes les autorisations à l'installation de nos antennes », explique Patrick Caméo, chargé de communication de SFR Région Sud-Ouest. À Toulouse justement, dans le quartier Saint-Cyprien, les personnes habitant dans un rayon de 100 mètres autour de l'emplacement de la future antenne ont reçu en début de semaine dans leur boîte à lettres un courrier de Philippe Cometti, responsable environnement de SFR. Un millier de courriers a ainsi été distribué, accompagné d'un dépliant expliquant le fonctionnement d'une antenne. Mieux, un site internet a été réalisé entièrement dédié à l'antenne toulousaine (www.antennerelaisSFR-toulousesaintcyprien.fr). Le dossier de présentation du projet, qui est habituellement consultable en mairie, est téléchargeable sur le site. « Pourquoi une nouvelle antenne ? Comment sera-t-elle intégrée à l'architecture existante ? Quel est son fonctionnement ? Que va-t-elle permettre ? » sont quelques-unes des questions qui seront abordées sur le site. SFR a également ouvert une adresse e-mail (relations-regionales.sudouest@sfr.com) pour recueillir les questions des riverains. Enfin, l'opérateur va tenir deux permanences d'information mardi 27 et mercredi 28 octobre.
« C'est vraiment une première, un test. S'il est concluant, cette méthode de communication sera mise en place pour l'installation de chaque nouvelle antenne », précise Patrick Caméo.

Ces ondes qui inquiètent


L' État a lancé jeudi une table ronde pour clarifier la situation sur les éventuels risques sanitaires des radiofréquences.

Bien plus que le Grenelle de l'environnement sur lequel il est calqué, le Grenelle des antennes - officiellement baptisé « Radiofréquences, santé, environnement » - lancé hier par Roselyne Bachelot, s'annonce très délicat. Alors que plusieurs jugements récents ont demandé aux opérateurs télécoms de démonter des antennes et que l'inquiétude grandit notamment dans le Grand Sud, cette table ronde doit répondre à un paradoxe. D'un côté, les Français plébiscitent le téléphone portable et tous ses usages multimédia (SMS, MMS, télévision, internet mobile, etc.) et pestent dès qu'ils ne peuvent capter de réseau ; de l'autre, ils s'inquiètent, légitimement, des conséquences sur leur santé d'un environnement de plus en plus baigné d'ondes radios (cf. infographie).
Paradoxe également pour les opérateurs auxquels l'État impose de couvrir la quasi-totalité du territoire et qui se heurtent à la fronde d'associations de résidents, de parents d'élèves, de collectivités qui freinent l'implantation de nouvelles antennes pourtant indispensables pour répondre aux besoins numériques… Ce casse-tête se complique un peu plus puisqu'il n'existe pas d'études scientifiques incontestables, compte tenu notamment de la « jeunesse » de la technologie mobile mais aussi de méthodologies différentes. De fait les experts sont très partagés et chacun avance ses études, systématiquement controversées.
« Les informations accumulées n'ont jamais montré l'existence d'effets indésirables à court ou à long terme imputables aux signaux produits par les stations de base », dit l'Organisation mondiale de la santé (OMS). « Les antennes de téléphonie mobile entraînent une exposition aux champs électromagnétiques 100 000 à 100 000 fois plus faible que les téléphones portables », assure l'Académie des sciences. Mais des cancérologues de renom tirent la sonnette d'alarme ; des personnes « électrohypersensibles » refusent de s'entendre dire que le mal dont elles soufrent serait psychosomatique. Et des associations citent le rapport Bio-initiative (synthèse d'études sur tous types de rayonnement) pour réclamer, comme l'Agence européenne de l'environnement et le Parlement européen, une réévaluation des seuils d'exposition.
De cette table ronde, chacun des participants attend sans doute beaucoup trop et la déception risque d'être grande. Plus encore qu'avec les OGM, l'application du principe de précaution, réclamée hier par plusieurs députés, devra être finement pesée. L'État, qui tranchera fin mai après le travail des ateliers thématiques du Grenelle, devrait opter pour une charte de bonne conduite et la mise en place d'instances de concertation dans chaque préfecture. Et si un moratoire sur l'installation des antennes pourrait être mis en place durant le Grenelle, pour l'heure, la question de la baisse des seuils d'exposition reste en suspens.

Nous sommes cernés partout
Entre la radio, la box internet wifi, les lampes basse consommation, la télé hertzienne, etc. Nous sommes cernés par les ondes radio, dans la rue comme à domicile. Notre exposition aux ondes radio doit être inférieure aux seuils réglementaires en tout lieu (hormis dans le périmètre de quelques mètres interdit au public qui entoure une antenne relais). « Les seuils réglementaires sont de 28V/m pour la radio FM, 31 à 41 V/m pour la télévision, et 41, 58 ou 61 V/m pour la téléphonie mobile » explique l'Association française des opérateurs mobiles (AFOM). Les seuils d'exposition aux ondes radio recommandés par l'OMS et en vigueur en France sont révisés régulièrement. Plusieurs associations plaident pour un seuil contrôlé d'exposition maximal (et non moyen) du public de 0,6V/m pour toutes les ondes. Les opérateurs y sont opposés, estimant ce seuil sans fondement scientifique.


Dans la région, la guerre des antennes
Depuis le début l'année, plusieurs décisions de justice ont condamné des opérateurs à démonter leur antenne relais ou interdit des installations pour risques sanitaires : .Bouygues Telecom à Tassin-la-Demi-Lune le 4 février, SFR à Château-Neuf-du-Pape le 16 février et Orange à Notre-Dame-d'Alençon le 5 mars. Dans le Grand Sud, pas de condamnation pour l'instant mais une mobilisation grandissante. Que ce soit dans les centres villes ou les campagnes, des élus, des associations de riverains, des parents d'élèves s'inquiètent tant pour l'installation de nouvelles antennes que pour la présence d'antennes déjà intallées à côté de leur immeuble, de leur maison, ou de l'école de leur enfant et craignent un «Tchermobile.»
A Montauban, par exemple, une douzaine d'antennes inquiètent les habitants. A Cugnaux, près de Toulouse, la mairie a refusé en mai 2008 à Orange l'autorisation d'implantation d'une antenne non loin d'une école. «Au nom du principe de précaution», expliquait alors le maire Philippe Guérin. A Rodez, les habitants de la résidence Saint-Eloi sont mobilisés. A Albi, une résidante de la cité HLM de Rayssac se bat contre les antennes placées sur le toit de son immeuble et dont les ondes, sont, selon elles, à l'origine de pathologies lourdes. L'association nationale «Robin des Toits», créée en 2004, intervient très souvent sur ces situations locales. Les opérateurs s'appuient de leur côté sur un «guide des relations» avec les communes.

Bouygues condamné à démonter une antenne

Voilà une décision de justice qui va, à n'en pas douter, relancer la polémique sur la dangerosité des ondes émises par les antennes relais de téléphonie mobile. Bouygues Telecom a, en effet, été condamné le 18 septembre par le tribunal de grande instance de Nanterre à démonter, d'ici 4 mois et sous astreinte de 100 € par jour, une de ses antennes à Tassin-la-Demi-Lune (Rhône) pour « risque de troubles » à la santé, en application du principe de précaution. Le tribunal donne donc raison à trois couples qui se plaignaient du risque sanitaire posé par ces antennes relais installées depuis 2006 sur un pylône jouxtant leurs habitations. Bouygues Telecom, qui doit aussi faire face dans les Yvelines à une plainte au pénal pour « administration de substances nuisibles », a annoncé qu'il allait faire appel. Selon l'Association française des opérateurs mobiles (Afom), qui souligne qu'« aucune antenne n'a jamais été démontée pour raison sanitaire », cette décision, révélée hier, pourrait être cassée.

Reste que le tribunal s'est bien gardé de trancher le débat, estimant que la « discussion scientifique reste ouverte. » Une discussion que de nombreuses associations souhaiteraient voir s'engager plus intensément en France comme cela s'est fait dans plusieurs pays européens dont certains reconnaissent les syndromes dit des micro-ondes (maux de têtes, troubles du sommeil, etc.). Mais le temps de latence entre l'exposition aux champs électromagnétiques et le développement éventuel de maladies est un sérieux obstacle aux études épidémiologiques qui n'ont pas assez de recul. Ceci explique l'existence de résultats contradictoires. Toutefois, cet automne, l'étude internationale Interphone réalisée dans 13 pays européens sur l'influence de l'usage du téléphone mobile sur le risque de cancer, pourrait apporter de nouveaux éléments.