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Pourquoi les Français plébiscitent les jeux vidéo comme jamais

 

jeux

Ils ont souvent eu mauvaise presse, certains, notamment chez les politiques les accusant d’encourager les comportements violents, le harcèlement, l’oisiveté ou les pires stéréotypes. Et pourtant, les jeux vidéo, puisque c’est d’eux dont il s’agit, n’ont jamais été autant plébiscités par les Français. Preuve qu’ils ont singulièrement évolué, que les procès d’intention à leur égard étaient souvent grossiers mais aussi que les jeux vidéo, qui constituent un vrai secteur économique dans lequel les Français brillent – la fameuse french touch – sont devenus une part importante du quotidien des Français. 

« Jamais la France n’a compté autant de joueuses et de joueurs : 73 % des Français jouent au moins occasionnellement, soit plus de 38 millions de personnes », se félicite le Syndicat des Éditeurs de Logiciels de Loisirs (SELL) qui vient de dévoiler les résultats de son étude annuelle « Les Français et le Jeu Vidéo » conduite par Médiamétrie. 58 % des Français y jouent régulièrement, soit une augmentation de 6 points par rapport à l’année dernière et ces joueurs réguliers sont à 53 % un homme, à 47 % une femme avec un âge moyen de… 38 ans. On est loin de l’adolescent.

« Mis en lumière par le contexte sanitaire de 2020, le caractère social du jeu vidéo s’est confirmé en 2021 : 61 % des joueuses et joueurs (+ 9 points) considèrent que le jeu vidéo permet de créer du lien social », assure l’enquête. 43 % des joueurs jouent en ligne avec des amis (+6 points), 37 % jouent accompagnés (+10 points). 33 % ont le sentiment d’appartenir à une communauté, une tendance principalement marquée chez les enfants, qui sont 53 % à le déclarer (+13 points).

Les parents encadrent bien la pratique de leurs enfants

Ce sentiment très d’appartenance à une communauté s’est doublé aussi d’une pratique familiale et responsable des jeux vidéo. 70 % des parents déclarent ainsi encadrer la pratique de leurs enfants, et 77 % jouent avec eux. Les systèmes de contrôle parental gagnent d’ailleurs très fortement en notoriété, observe le SELL puisque 92 % des parents déclarent connaître leur existence (+4 points). En 2021, 48 % des parents les utilisent alors qu’ils n’étaient 37 % en 2020 et 32 % en 2019. Une belle progression.
Le jeu vidéo est aujourd’hui devenu beaucoup plus qu’un simple divertissement. Près de 3 adultes joueurs de jeux vidéo sur 4 estiment que le jeu vidéo a joué un rôle dans leur apprentissage des nouvelles technologies.

Si le smartphone reste le support le plus utilisé, avec 51 % des joueurs, la console de salon est revenue en force, avec une forte progression de +4 points à 49 %.

Facebook et son « métavers » : le cauchemar devient-il réalité ?


Une personne avec un casque de réalité virtuelle. Lux Interaction/Unsplash, CC BY-SA

Par Andreas Kaplan, ESCP Business School

Lorsqu’il y a plus de 10 ans, en 2010, avec Michael Haenlein, professeur de marketing également à ESCP Business School, nous avons identifié les mondes virtuels comme des médias sociaux, notre raisonnement a souvent été remis en question. Pour nous, cependant, le lien était plus qu’évident puisque, à l’époque, nous avons fait beaucoup de recherches sur ces mondes virtuels, notamment « Second Life ». Récemment, notre logique a été confirmée lorsque Facebook, colosse des réseaux sociaux, a annoncé son entrée dans le monde des métavers, c’est-à-dire des mondes virtuels.

Nos recherches sur Second Life, un monde social virtuel tridimensionnel lancé en 2003, ont montré que nombre de ses utilisateurs, sous la forme d’avatars personnalisés ou, en d’autres termes, de représentations graphiques du caractère ou de la personnalité d’un utilisateur, considéraient ce monde virtuel non pas comme un simple jeu, mais comme une extension de leur vie réelle.

Dans Second Life, les utilisateurs interagissent avec d’autres personnes en temps réel, se rencontrent et se parlent, deviennent amis et cultivent leur réseau, voire vendent et achètent des produits virtuels en utilisant la monnaie virtuelle de Second Life, le linden dollar, qui peut être obtenu soit en échangeant des dollars US, soit en travaillant et en gagnant un salaire (virtuel). Une possibilité de gagner sa seconde vie est de créer des produits virtuels en les vendant dans sa propre boutique (virtuelle également). Mais aussi la spéculation immobilière semble opportune. Ainsi, Anshe Chung, alias Ailin Graef, aurait gagné un million de (vrais) dollars US en acquérant de grands terrains virtuels qu’elle a revendus en petites parcelles pour plus cher.

Gagner du vrai argent est possible, car les Linden Dollars peuvent également être ré-échangés en dollars US, ce qui permet de gagner de l’argent réel, ce qui, déjà à l’époque, avait créé de sérieux maux de tête aux avocats fiscalistes et aux autorités fiscales.

Un monde virtuel plus attrayant que la réalité

Les utilisateurs décrivaient Second Life comme étant plus attrayante que la réalité, que leur vie réelle, leur première vie. L’utilisateur moyen de notre échantillon avait déclaré qu’il utilisait Second Life environ 4 heures par jour, avec une médiane de 2,8 heures. Pourtant, certains d’entre eux passaient plus de 16 heures par jour dans cet environnement virtuel, n’utilisant leur vie réelle que pour dormir. Pour cette recherche, nous nous sommes basés sur une série de 29 entretiens qualitatifs en profondeur que nous avons conduits auprès de résidents de Second Life venant de partout au monde et avec une moyenne d’âge de 35 ans.

Qu'est-ce que Second Life ?

Sur la base de nos recherches, nous avons identifié quatre motivations principales pour l’utilisation de Second Life : la recherche de distractions, le désir de nouer des relations personnelles, le besoin d’apprendre, et le souhait et la possibilité mentionnés ci-dessus de gagner de l’argent.

Alors que le battage médiatique autour de Second Life a rapidement diminué, le métavers de Facebook pourrait effectivement être le début d’une autre histoire, plus importante.

Le fait de choisir pour Facebook le nom de métavers, une combinaison de méta, qui signifie au-delà, et de l’univers, n’est en effet pas anodin. L’écrivain américain de science-fiction Neal Stephenson a utilisé ce terme exact pour décrire son monde virtuel imaginaire dans son best-seller de 1992 Snow Crash. Dans ce roman, qui se déroule au début du XXIe siècle, Stephenson raconte l’histoire du livreur de pizza : Hiro, qui vit physiquement à Los Angeles, mais qui passe virtuellement la plupart de ses journées dans le métavers, où des avatars assistent à des concerts, vont au travail ou consomment des drogues virtuelles, comme le pseudo-narcotique Snow Crash. Le métavers devient si populaire que certaines personnes décident même d’y rester connectées en permanence en passant leur vie réelle dans des unités de stockage, entourées seulement de l’équipement technique nécessaire pour entrer dans le monde virtuel.

Neal Stephenson décrit fictivement ce que Second Life a partiellement transformé en réalité il y a près de vingt ans et ce que Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, semble avoir en tête pour son métavers récemment annoncé, qui semble devenir une version plus avancée de Second Life appliquant les dernières technologies en matière de réalité virtuelle et augmentée. Grâce à un casque de réalité virtuelle, les utilisateurs feront et verront tout en trois dimensions. Assister à un concert de son idole ou flâner aux Galeries Lafayette avec ses amis tout en restant chez soi ne sera plus aucun problème. Même les expressions faciales du porteur du casque, équipé d’un lecteur biométrique, pourront être reproduites sur le visage virtuel de l’avatar correspondant. Ainsi, pour Mark Zuckerberg, le métavers simplement révolutionnera l’idée même d’Internet.

Le moment est peut-être bien choisi. Au cours du Covid-19, l’état d’esprit de la société à l’égard des environnements numériques a considérablement changé, ayant connu des heures de réunions virtuelles sur Zoom, Google Meet ou Microsoft Teams. La question qui se pose est de savoir pourquoi un tel métavers pourrait devenir le cauchemar de la société ?

En 2010, nous avions terminé notre analyse en concluant que les utilisateurs n’avaient « rien à perdre que leurs chaînes ». Aujourd’hui, davantage semble être en jeu. En supposant que les progrès de l’intelligence artificielle (IA), de l’automatisation et de la transformation numérique laisseront une part importante de chômeurs vivre avec une forme de revenu de base universel, on peut se demander comment ils rempliront leur journée ?

Le métavers n'est pas pour tout de suite

Il y a déjà plus de 10 ans, plusieurs utilisateurs de Second Life ont déclaré qu’ils préféraient leur vie virtuelle à leur vie réelle. Avec un environnement virtuel bien amélioré, offrant plus de fonctionnalités et d’opportunités (virtuelles), n’y a-t-il pas plus de gens qui préfèrent transférer leur vie dans le métavers ? À quelle distance sommes-nous d’un monde comme celui illustré dans le roman de Neal Stephenson ?

Pour l’instant, Facebook a annoncé que la réalisation complète du métavers prendra 10 ans ou plus, même s’ils dépenseront des milliards de dollars américains pour lui donner vie. On peut également se demander si Facebook réussira dans cette entreprise compte tenu de son historique de lancements de nouveaux produits – et de leurs échecs (juste pensez à Parse, Beacon, ou encore Facebook Credits). Pourtant, ce n’est peut-être pas la bonne question à se poser. Facebook a remis sur la table l’idée d’un monde virtuel. Si ce n’est pas eux, une autre entreprise prendra le relais. Les véritables questions doivent être les suivantes : que signifierait un tel développement pour notre société, et si cela est souhaitable pour l’humanité ? Comment se préparer au mieux à une telle évolution éventuelle ?The Conversation

Andreas Kaplan, Rector, ESCP Business School

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

« Mr. Robot », le hacker et sa toile

 MrRobot

Rami Malek dans Mr Robot. Ecran large
Par Stéphane Sitayeb, Université d’Evry – Université Paris-Saclay et Samantha Lemeunier, École normale supérieure (ENS) – PSL

Diffusées sur USA Network de 2015 à 2019 et désormais disponibles sur Netflix, les quatre saisons de Mr. Robot, série réalisée par Sam Esmail, retracent la lutte cyber-anarchiste menée par fsociety (« f » comme « fuck society ») sous l’égide de « Mr. Robot » (interprété par Christian Slater) contre l’oligarchie capitaliste des banques et le conglomérat des grandes entreprises. Ainsi s’esquisse la quête d’Elliot, qui emprunte les sentiers sinueux du monde virtuel pour soigner les maux du monde réel.

Les critiques ne tarissent pas d’éloges à l’égard de Mr. Robot, série retentissante sur Twitter, où le personnage d’Elliot prend vie en 2016 avec Baptiste Robert, développeur toulousain qui, sous couvert du pseudonyme « Elliot Alderson », dénonce le traitement frauduleux, dans l’application NaMo, des données personnelles des utilisateurs, avant de s’inspecter les enseignes OnePlus et Wiko.

Depuis quelques années, le nombre croissant de cyberattaques encourage les entreprises à briguer les services de hackers bienveillants qui, bien que capables de prouesses criminelles en un claquement de doigts depuis leur salon (vols de carte de crédit, interception et contrôle des données mobiles, usurpations, etc.), choisissent de respecter l’ethos régissant la société – leur rôle étant de porter secours aux compagnies victimes de piratage, moyennant une compensation financière.

La figure du hacker : plus de réalisme, moins de stéréotypes

C’est bien le personnage du hacker moderne, incarné par Elliot, qui fascine. Les véritables hackers ont maintes fois loué la dimension réaliste des pirouettes informatiques réalisées par fsociety, bien que plus réservés sur certaines opérations de piratage par Bluetooth plutôt destinées au grand public (saison 1, épisode 6, à titre d’exemple). Un hacker anonyme confirme à Konbini que le protagoniste de Mr. Robot offre une vision plus juste (« assez réaliste ») du hacker, jusqu’ici reléguée davantage au stéréotype :

« Ils auraient pu aller plus loin dans le réalisme, mais ils auraient lâché des gens en route. Le but est de s’adresser aussi bien au geek débutant qu’au mec vraiment pointu. […] [Darlene] semble plus technique alors que lui [Elliot] décode les gens. […] Je considère que les vrais bons informaticiens sont un peu autistes. »

Nous confirmons que si l’une des pierres angulaires de la série réside effectivement dans le dévoilement des coulisses du hacker, un autre enjeu aussi essentiel consiste à révéler les coulisses de diverses mentalités postmodernes dont les luttes convergent lorsque l’intrigue principale et l’intrigue secondaire, a priori non liées, se télescopent : le PDG capitaliste occidental au bras long (Michael Cristofer alias Phillip Price), l’agente lesbienne du FBI qui préfère dialoguer avec son assistante vocale Alexa plutôt qu’avec ses proches (Grace Gummer alias DiPierro), l’impitoyable ministre chinois transgenre chronométrant chacune de ses conversations par souci de productivité (B.D. Wong alias Whiterose), le cadre suédois « parvenu », banni et érigé en bouc émissaire (Martin Wallström alias Tyrell Wellick), etc.

C’est plus particulièrement la routine nocturne du geek asocial, celle d’Elliot, qui fait l’objet d’un portrait original, au même titre que les lieux secrets et interdits qui la jalonnent et où s’officient des rites marginaux voire décadents : prostitution, trafic de stupéfiants, falsifications, infiltrations, évasions carcérales ou encore piratages informatiques constituent autant d’édens de substitution auxquels les exclus de la série ont recours. En proie à des troubles exacerbés par les facteurs psycho-environnementaux de la ville de New York (entre autres, la dépression et l’anxiété sociale), le cyberjusticier, protagoniste et narrateur Elliot Alderson (Rami Malek) compte parmi les personnages de série les plus originaux et les mieux dessinés.

Un langage et une bande-son cyberpunk

Cultivant une esthétique cyberpunk, Mr. Robot s’attache à brosser un portrait dystopique des métropoles, où l’indigence sociale est compensée par le culte des nouvelles technologies.

Sur le plan musical, des synthétiseurs analogiques chaleureux mais aux textures granuleuses (voire désaccordées et rembobinées) permettent au compositeur Mac Quayle de cultiver une atmosphère musicale nostalgique (voire rétro) et futuriste à la fois. La signature cyberpunk du thème principal, « What’s your ask ? », ajoute à cette influence des tons de musique d’infiltration ou d’espionnage par le truchement de crescendos rythmiques ou d’ostinatos dramatiques, et ce, tout en restant fidèle au motif de l’identité fragmentée.

Le masque : de l’identité individuelle à l’identité collective

Dans Mr. Robot, l’anonymat du protagoniste est préservé au moyen de nombreux accessoires (capuches, masque, etc.). Le masque caractéristique de la fsociety, s’il brouille l’identité individuelle de celui qui le porte, a toutefois valeur d’identité collective lorsque tous les personnages, y compris les figurants, le revêtent simultanément. Il est le symbole d’une idéologie commune, nommément, celle de la lutte pour la démocratie : la physionomie du masque de Mr. Robot est en effet inspirée de celle de Guy Fawkes, complotiste anglais ayant participé à la Conspiration des poudres (1605). Derrière ce masque, le hacker se fait ainsi « hacktiviste » sociopolitique.

En outre, dans Mr. Robot, les rassemblements de personnes masquées devant l’entreprise E Corp sont directement inspirés de faits sociohistoriques américains, nommément le mouvement « Occupy Wall Street » qui apparaît en 2011 avec le slogan « Nous sommes les 99 % » pour réclamer une démocratie directe à la place de la démocratie représentative – d’où la référence directe à cet événement : « Depuis quand peut-on être plus que 99 ? ».

Puisqu’ils planifiaient de se réapproprier la ville par l’occupation de l’espace urbain, les militants d’Occupy Wall Street se sont inspirés des mobilisations visant à réaffirmer un « droit à la ville » comme le théorise Henri Lefebvre dans Le Droit à la Ville (1968). Mr. Robot modernise ces revendications en transformant métaphoriquement ce « droit à la ville » en « droit aux données » : à l’épisode 3 de la saison 5, intitulé « 3rr3ur_d’3x3cuti0n.r00 », le flux de personnes (fuyant l’attaques de casseurs masqués) symbolise les flux de données dans le piratage informatique. Le masque uniformise ainsi les identités de ce peuple-hacker tandis que le hacker s’érige simultanément en allégorie du peuple (demos) et de la démocratie : « On a piraté notre démocratie ».

Abolir les rigidités : l’avènement du « fluide »

Il s’agirait donc pour le hacker d’abolir les systèmes de pouvoir et d’inaugurer une ère post-foucaldienne et anticapitaliste (le projet de la fsocietyest en effet de redistribuer les richesses). Néanmoins, le personnage de Whiterose, à la tête de la Dark Army, complique la définition du hacker : ses projets hypercapitalistes font de ce personnage l’antagoniste d’Elliot.

Cette opposition entre les deux personnages rappelle une différentiation manichéenne qui a longtemps perduré dans l’imaginaire collectif, nommément celle opposant « cracker » et « hacker » désignant, respectivement, un criminel égoïste esclave du capitalisme et un justicier altruiste au service de la démocratie.

Néanmoins, peut-on vraiment considérer Elliot comme un justicier bienveillant alors même qu’il enfreint la loi et viole l’intimité d’autrui ? Inversement, les scènes évoquant le passé de Whiterose rappellent que derrière le criminel froid se cache l’humain. « Ce qui fait d’eux un contre-pouvoir face à la surveillance, c’est le fait qu’ils utilisent à la fois la désobéissance civile, les canaux légaux et les outils technologiques », comme le déclare l’anthropologue Gabrielle Coleman à Libération lors d’une interview réalisée le 19 février 2016.

Le hacker ne répond ainsi à aucun système de classification manichéen, il transcende les rigidités et a une identité fluide. C’est d’ailleurs ce que confirme les métamorphoses de Whiterose : plus « gender fluid » que transsexuel, l’apparence de ce personnage reflète les idées de simulacre et de société du spectacle évoquées par nombre de critiques.

Mr. Robot comme algorithme

Ces simulacres permettent aux hackers de subvertir les normes sociales et de dissimuler, si ce n’est de coder leur identité. Le codage est d’ailleurs partie intégrante de la série Mr. Robot, qu’il soit identitaire, informatique ou encore linguistique. Si les lignes de codes informatiques constituent séparément des instructions, celles-ci doivent être mises bout à bout pour former un programme, être exécutées et prendre tout leur sens.

Peu étonnant, dès lors, que l’un des intertextes principaux de la série soit le poème « The Red Wheelbarrow » (« La Brouette rouge ») (1923) de William Carlos Williams : c’est à la fois le nom du journal d’Elliot (épisode 1, saison 2) et celui du restaurant de grillades vu à diverses reprises, mais le poème est, de plus, récité par Tyrell (épisode 12, saison 2). Les words qua words employés par le poète (à savoir, ces mots et syntagmes qui prennent un sens différent lorsqu’ils sont complétés par le vers suivant) sont tout à fait comparables à un système de codage informatique configuré au fur et à mesure que s’ajoutent de nouvelles lignes de code.

La progression de la série s’organise suivant ce même modèle : la saison 2 laisse le spectateur penser qu’Elliot est chez sa mère avant de modifier le sens de ces scènes par la révélation de l’emprisonnement du protagoniste. Ainsi, comme pour une série de lignes de codes, ce n’est qu’en visionnant l’intégralité des épisodes (si ce n’est en les décodant tant la série est rendue interactive par la voix off) que l’algorithme Mr. Robot s’exécute.

Les 200 millions d’abonnés de Netflix permettront-ils aux fans de la série de voir, dans un avenir incertain, une cinquième saison ? C’est certainement l’opportunité pour celles et ceux qui l’auraient déjà vue de se replonger dans la série sombre et pourtant lumineuse de Sam Esmail.The Conversation

Stéphane Sitayeb, Professeur agrégé et Docteur en littérature anglaise, Université d’Evry – Université Paris-Saclay et Samantha Lemeunier, Doctorante, École normale supérieure (ENS) – PSL

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Industrie 4.0 et cybersécurité : un mariage d'avenir

 

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Par Sylvain Guilley, CTO de Secure-IC et éditeur principal à l'ISO.

L'industrie n'est pas la seule concernée : pour beaucoup, la cybersécurité n'est ni plus ni moins qu'un centre de coût, un passage obligé. Pourtant, la crise sanitaire l'a prouvé : sans sécurité, pas de système d'information et une production (de produits comme de services) au ralenti ou pire, à l'arrêt. À l'heure de l'industrie 4.0, la cybersécurité n'est plus un élément subsidiaire, mais bien l'enjeu majeur de la sécurisation de nos chaînes de production.

Industrie 4.0 : quand l'industrie devient agile

Bien que le concept soit loin d'être nouveau, l'industrie 4.0 reste un sujet d'actualité pour les acteurs et les observateurs du secteur. Qu'on la nomme industrie du futur ou quatrième révolution industrielle, le concept reste toujours le même : organiser les moyens de production physiques par le prisme de la donnée, de l'information. Les retombées sont évidentes en termes de capacité à personnaliser les produits et de collecte de méta-données (analytics), utiles par exemple pour la maintenance prédictive.

Outre les systèmes, l'informatisation et l'automatisation, déjà présentes dans la troisième génération industrielle, l'industrie 4.0 a recours à toute une kyrielle de capteurs et divers objets connectés, qui forment ensemble le socle des systèmes de contrôle et d'acquisition de données en temps réel (SCADA). Ce socle est capable ensuite de dialoguer avec les chaînes de production, pour adapter les cadences aux besoins marché, personnaliser finement chaque produit à la demande client ou encore anticiper les besoins de maintenance.

Car c'est là tout l'apport de l'industrie 4.0 : la donnée. Avec elle, finies les productions de masse et les chaînes de production déversant en continu les mêmes produits, avec pour seule capacité d'adaptation l'analyse a posteriori de la demande. Place désormais à la personnalisation des produits et à l'adaptation en temps réel à l'aide de données marketing et commerciales internes ou économiques, environnementales, voire politiques, issues de l'externe. En bref, voici venue l'ère de l'agilité industrielle, qui n'a désormais plus rien d'un oxymore.

Un contexte normatif simple et compréhensible

Une fois n'est pas coutume, le contexte normatif n'est pas constitué de couches superposées se renvoyant les unes aux autres, dans un imbroglio incompréhensible et, in fine, particulièrement difficile à mettre en œuvre. En matière de cybersécurité industrielle, une seule norme fait loi : le standard IEC 62443, qui s'inscrit, de façon homogène, dans les contextes de la sécurité industrielle et de la sécurité des systèmes d'information.

Issues, notamment, des travaux du comité 99 de l'International Society of Automation (ISA) dans les années 2000, les recommandations du standard IEC 62443 ont été formalisées en 2010. Ce qui correspond peu ou prou à la découverte du virus Stuxnet, qui a profondément perturbé le programme nucléaire iranien. Mais qu'il s'agisse d'Opérateurs d'Intérêt Vital (OIV) comme de n'importe quelle usine, les enjeux sont tels que le standard IEC 62443 s'est rapidement imposé au secteur industriel.

Sans entrer dans les détails techniques, la norme propose une approche en quatre piliers, des généralités jusqu'au moindre composant, en passant par les stratégies et procédures, et tout l'aspect système. Mais c'est surtout son évolution et son agilité qui sont à saluer : depuis 11 ans maintenant, le standard n'a cessé de s'adapter aux nouveaux besoins et nouvelles réalités de l'industrie 4.0, tout en restant fiable et clair. En cours de rédaction, une nouvelle version de la norme devrait voir le jour courant 2022.

Données et sécurité, pierres angulaires des chaînes de production

Dans un contexte commercial de plus en plus « orienté client », la production industrielle, comme les secteurs du service avant elle, franchit donc peu à peu le cap d'une approche par l'offre vers une approche par la demande. Pour les industriels, l'usine de demain sera donc 4.0 ou ne sera pas. Aidées par la couverture 4G et accélérées par le déploiement progressif de la 5G, les nouvelles chaînes de production adoptent désormais systématiquement la flexibilité de l'industrie 4.0. Ceci représente un enjeu, car l'instrument de production de nombreuses usines est vieillissant et hétérogène.

Face à cette « softwarisation » de l'industrie, ce n'est plus seulement l'instant T qu'il faut considérer, mais bien tout le cycle de vie de la chaîne de production 4.0, avec, comme pour tout système d'information ou industriel, un maintien en conditions opérationnelles (MCO) et un maintien en conditions de sécurité (MCS). Dès lors, la conception comme la maintenance de l'usine ne sont plus seulement physiques mais également logicielles, avec l'adoption d'une démarche cybersécurité au moins aussi importante que l'outil de production en lui-même.

En ce sens, c'est certain : l'industrie 4.0 est une véritable révolution, capable de transformer durablement le visage du secteur industriel partout dans le monde. Et c'est en négociant ce virage plus vite et parfois mieux que d'autres, que certains industriels ont déjà pris de l'avance, faisant de la cybersécurité un atout plutôt qu'une contrainte.

Numérique : la révolution ADN pour le stockage de nos données est en marche

 

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L’ADN n’a pas fini de nous surprendre. Découvert pour la première en 1869 par le biologiste suisse Friedrich Miescher, puis expliqué en 1953 par les biochimistes américain James Watson et britannique Francis Crick avec la double hélice, l’acide désoxyribonucléique, qui contient le génome de tout être vivant, a permis des avancées majeures dans le génie génétique, la police scientifique, la médecine légale, l’histoire, l’anthropologie ou les biotechnologies.

Aujourd’hui, l’ADN révolutionne un nouveau domaine : celui du stockage de nos données. Et c’est aux Archives nationales que cette révolution s’est concrétisée cette semaine avec l’expérimentation de DNA Drive, une technologie de stockage d’information numérique sur ADN développée et brevetée par Stéphane Lemaire et Pierre Crozet, respectivement directeur de recherche CNRS et maître de conférences à Sorbonne Université. Et pour cette première mondiale, deux textes très symboliques ont été choisis : la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, rédigée par Olympe de Gouges en 1791.

Répondre à l’explosion des données dans le monde

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Mais revenons à la genèse de cette technologie de stockage dans l’ADN qui mobilise des chercheurs du monde entier depuis une dizaine d’années. Le stockage, la conservation et donc la transmission de nos données aux générations futures constituent des enjeux capitaux pour l’humanité. Mais ils se heurtent aujourd’hui à facteurs de limitation majeurs. D’abord, la faible durée de vie des supports de stockage : un CDROM, une clé USB ne sont physiquement pas éternels. Ensuite, l’expansion vertigineuse des données induit une demande de stockage largement supérieure à nos capacités. Selon les dernières estimations, le volume de données numériques créées ou répliquées à l’échelle mondiale a été multiplié par plus de trente au cours de la dernière décennie et les experts tablent sur une croissance de 40 % dans les 5 prochaines années. Enfin, troisième limitation : la quantité d’énergie gigantesque requise pour ce stockage dans des fermes de serveurs gigantesques, ce qui représente un coût économique et un impact environnemental considérables.

Le stockage sur l’ADN présente au contraire de formidables qualités. Il est durable (la stabilité de l’ADN se compte en dizaines, voire en centaines de milliers d’années), n’est pas énergivore (l’ADN est stable à température ambiante sans aucun apport d’énergie s’il est conservé dans des conditions adéquates) et il est compact. Un gramme d’ADN peut contenir 450 To ; l’intégralité des données mondiales pourrait tenir dans 100 g d’ADN !

Dans l'Armoire de fer des Archives nationales

ArmoiredeFer

Pour stocker sur ADN, il faut transformer les données binaires 0 et 1 numériques en données quaternaire (les fameux A, T, C, G) pour obtenir une séquence sur des petits fragments d’ADN appelés oligonucléotides. Mais cette « écriture » était jusqu’à présent coûteuse. DNA Drive met en œuvre au contraire une piste biologique jusqu’ici jamais exploitée. L’information est stockée, comme dans le vivant, sur de longs fragments d’ADN en double hélice. Ces fragments sont ensuite stockés dans des capsules métalliques DNAshell conçues par Imagene. La lecture des données qui sont agencées comme dans un de nos disques durs actuels, se fait par un séquenceur ADN, un lecteur qui sera de plus en plus compact l’avenir.

Chaque capsule peut contenir une quantité d'ADN correspondant à 5000 To de données numériques © Philippe Tran

Pour établir la faisabilité du projet « La Révolution de l’ADN » avec la technologie DNA Drive, une équipe pluridisciplinaire a été montée avec des biologistes, informaticiens, historiens, philosophes et archivistes. Les deux capsules contenant les deux textes symboliques sont désormais conservées dans l’Armoire de Fer qui contient les plus précieux documents des Archives nationales.

Comment les chercheurs conçoivent la prothèse du futur, imprimée en 4D et biodegradable

 

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Par Conrad Mastalerz, Université de Reims Champagne-Ardenne (URCA)

L’os est un organe qui peut se réparer naturellement par le biais de divers mécanismes. C’est ce que l’on appelle la régénération osseuse naturelle.

Dans certains cas néanmoins, lorsque le traumatisme est trop important ou que l’os est atteint de pathologie, comme l’ostéoporose, il est nécessaire de faire appel à des greffes osseuses ou à l’installation d’implants.

Le recours à ces derniers peut néanmoins, pour le moment, mener à des complications ou à un retrait après un certain temps dans le corps par le biais d’une chirurgie. L’une des causes des complications est une mauvaise vitesse de dégradation de la prothèse.

Si celle-ci se détériore trop rapidement, cela laisse un vide à combler à l’os qui n’aura pas eu le temps de se régénérer. Dans le cas inverse, une dégradation trop lente de la prothèse va gêner la régénération osseuse. C’est pourquoi il est nécessaire de pallier ce problème.

Le temps de traitement et le coût des prothèses actuelles sont par ailleurs particulièrement élevés. L’objectif est donc de concevoir une prothèse à moindre coût, en un court laps de temps et favorisant la régénération osseuse.

C’est un sujet qui a attiré mon attention, car il se rapprochait d’un projet effectué lors de mes études en lien avec le secteur médical, et qu’il portait sur une application concrète. Le domaine de l’impression 4D étant par ailleurs complètement nouveau, le thème a piqué ma curiosité et mon désir d’en savoir davantage.

Un biomatériau à la « poudre d’os »

L’usage des polymères, que l’on peut associer à de grosses molécules ou plus grossièrement à du plastique, permet d’être la matière première de la prothèse. Les polymères ont un faible coût et certains d’entre eux possèdent des propriétés similaires aux os, tout en étant acceptés par le corps humain, du fait de leur biocompatibilité.

Pour autant, n’utiliser que des polymères serait insuffisant pour améliorer la régénération osseuse. C’est pourquoi l’hydroxyapatite, considérée comme de la poudre d’os, est ajoutée pour former un biomatériau, qui possède alors une composition similaire à l’os.

Afin d’élaborer le biomatériau qui constituera la prothèse, les polymères et l’hydroxyapatite vont être mélangés à chaud au sein d’une extrudeuse – une sorte de hachoir à saucisse. Le biomatériau obtenu se retrouve alors sous la forme d’un filament ou de granulés. C’est une étape cruciale qui implique d’optimiser les paramètres d’élaboration et d’éviter le moins possible des blocages et par conséquent une perte de temps. Il est alors agréable d’observer sans difficulté l’élaboration de ces filaments et granulés.

Un objet imprimé en 3D

Il ne reste alors plus qu’à mettre en forme la prothèse, et pour y parvenir toujours à faible coût et en un temps minime, l’impression 3D s’y prête très bien. C’est un procédé qui va permettre d’obtenir un objet selon les trois dimensions de l’espace, en déposant couche par couche la matière à l’état fondu.

En refroidissant, elle se solidifie, formant ainsi l’objet final. Mais avant d’utiliser l’impression 3D, il est impératif de concevoir la structure de l’objet souhaité, en l’occurrence la prothèse.

À l’aide d’un logiciel de modélisation, il est possible d’assembler des formes géométriques simples comme des cylindres, des cubes… pour constituer la structure de l’objet sous la forme d’un fichier STL. Celui-ci constitue le plan d’élaboration de l’objet nécessaire à l’imprimante 3D pour concevoir l’objet 3D.

Il devient alors possible d’imprimer l’objet, en prenant soin d’optimiser les paramètres du procédé tels que la vitesse d’impression, la température de la tête ou buse d’impression.

Stimulus et dégradation de la prothèse

Seulement, afin de répondre à la problématique de vitesse de dégradation, une quatrième dimension va intervenir : le temps. On parle alors d’impression 4D.

Cette dernière possède le même principe que l’impression 3D, exception faite qu’à la suite de ce procédé, l’objet imprimé va changer de forme, de propriété ou de fonctionnalité avec le temps, sous l’action d’un stimulus extérieur.

Celui-ci peut prendre la forme de la chaleur, de la lumière, de l’humidité ou encore d’un champ électrique/électromagnétique. Autrement dit, un objet imprimé 4D ayant la forme d’un bourgeon pourrait s’ouvrir en une fleur sous l’action d’un stimulus extérieur.

Dans le cadre de notre projet de recherche, des irradiations sont utilisées comme stimulus externe dans le but de modifier prématurément le biomatériau obtenu. C’est un peu comme un vieillissement prématuré de la matière afin de modifier la vitesse de dégradation et donc le temps de vie de la prothèse. Tout cela ne représente évidemment aucun danger pour le corps humain.

Des défis à chaque étape

Les analyses sur le biomatériau s’effectuent donc à chaque étape de l’élaboration de la prothèse afin de s’assurer que ses propriétés demeurent proches de celles de l’os. Plusieurs biomatériaux contenant différentes quantités d’hydroxyapatite et de polymère sont testés pour déterminer le mélange optimal.

Vient ensuite l’optimisation des paramètres d’impression selon le biomatériau utilisé, afin d’obtenir des prototypes comportant le moins de défauts possible. Tout comme lors de l’élaboration du biomatériau en filament ou granulés, trouver les bons paramètres d’impression durant l’optimisation est particulièrement long et nécessite de réaliser des centaines voire des milliers d’essais qui se soldent souvent par des échecs. Lorsqu’enfin l’impression se déroule sans encombre, imaginez la satisfaction de voir apparaître les prototypes de prothèse que nous avons conçus.

Désormais, il s’agit pour nous de déterminer la dose d’irradiation adéquate afin que la vitesse de dégradation de la prothèse imprimée en 4D soit la même que la vitesse de régénération osseuse, tout en maintenant les propriétés mécaniques de la prothèse.

Ce travail permettrait d’obtenir une prothèse à moindre coût et en un court laps de temps avec des propriétés similaires aux os, et qui avec le temps disparaîtrait sans laisser de trace pour qu’il ne reste plus que l’os.

Bien que ce projet nécessite encore beaucoup de travail, il est très gratifiant d’apporter sa pierre à u qui pourrait aider de nombreuses personnes.The Conversation

Conrad Mastalerz, Doctorant en science des matériaux, Université de Reims Champagne-Ardenne (URCA)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Black Friday : les 5 conseils de McAfee pour repérer une escroquerie lors des achats en ligne

ecommerce

Vous n’êtes pas la seule personne à attendre impatiemment les offres spéciales de la période des fêtes, notamment le Black Friday et le Cyber Monday. Les pirates informatiques sont aussi à l’affût. Alors que les gens se pressent sur les sites des grands magasins ou des petites boutiques à la recherche des meilleures offres en ligne, les escroqueries des pirates informatiques sont bien prêtes.

Le facteur humain est un aspect de la cybercriminalité qui mérite une attention particulière. Les escrocs ont toujours joué sur nos sentiments, nos peurs et notre confiance mal placée. Cela n’est pas différent en ligne, en particulier pendant les fêtes. Nous savons tous que cette période peut être stressante et que nous cédons parfois à la pression de trouver le cadeau incontournable et introuvable de l’année. Les escrocs le savent aussi : ils adaptent leurs attaques en conséquence, alors que nous sommes plongés dans l’empressement de la saison.

5 façons de repérer une escroquerie lors des achats en ligne grâce à McAfee.

Si vous savez déjà comment repérer les bonnes affaires, voici comment votre famille et vous pouvez repérer les escroqueries en ligne afin de protéger vos finances lors des achats des fêtes :

1) Pièces jointes à des e-mails qui prétendent provenir de commerçants et livreurs légitimes

Une escroquerie classique des pirates informatiques consiste à envoyer des malwares par le biais de pièces jointes à un e-mail. Pendant la période des fêtes, ils envoient souvent des malwares cachés dans de faux e-mails d’offre spéciale ou de fausses notifications d’expédition. Les vrais commerçants et sociétés de transport ne vous enverront jamais d’offres, de codes promotionnels ou de numéros de suivi dans une pièce jointe. Ils les indiqueront directement dans le corps de l’e-mail.

2) Tromperie du typosquatting

Le « typosquatting » constitue une autre technique classique des escrocs. Ils utilisent de fausses adresses e-mail et URL qui ressemblent très fortement aux vraies adresses d’entreprises et de commerçants légitimes. Elles apparaissent souvent dans des e-mails de phishing afin de vous rediriger vers des sites frauduleux plutôt que vers l’offre prétendue. Les escrocs peuvent alors vous soutirer vos informations d’identification, vos informations de paiement ou même vos fonds si vous essayez de passer une commande par leur intermédiaire. Vous pouvez éviter ces sites en vous rendant directement sur le site du commerçant. Méfiez-vous de tous les liens que vous recevez par e-mail, SMS ou message direct. Il est préférable de vous rendre vous-même directement sur le site en saisissant manuellement l’adresse réelle et de rechercher l’offre sur place.

3) Imitations d’offres et de sites

Une autre astuce des escrocs utilise également le typosquatting. Elle consiste à créer des sites qui semblent être gérés par un commerçant ou une marque de confiance, mais qui ne le sont pas en réalité. Ces sites peuvent promouvoir une offre spéciale ou un bon prix sur un article prisé, mais ils représentent seulement un moyen supplémentaire pour les cybercriminels de recueillir des informations personnelles et financières. Ces sites se propagent souvent par le biais des réseaux sociaux, d’e-mails et d’autres plates-formes de messagerie. Une fois de plus, une adresse URL « proche de la réalité » est un signe révélateur d’une copie, alors rendez-vous directement sur le site du commerçant. De même, un logiciel de protection en ligne complet peut empêcher votre navigateur de charger des sites suspects et vous avertir de la présence de sites suspects dans vos résultats de recherche.

4) Applications d’achat contrefaites

Si les meilleures d’entre elles peuvent avoir l’air pratiquement professionnelles et être difficiles à repérer, une façon d’éviter les applications d’achat contrefaites est de vous rendre directement à la source. Consultez le site web du commerçant sur votre navigateur mobile et recherchez un lien vers l’application. De même, tenez-vous en aux boutiques d’applications légitimes tels que Google Play et l’App Store d’Apple. Toutes deux ont mis en place des mesures pour empêcher les applications malveillantes d’apparaître dans leurs magasins. Certaines peuvent cependant se faufiler sans être détectées, alors recherchez le nom de l’éditeur dans la description et assurez-vous qu’il est légitime. Sur une fausse application, le nom peut être proche du commerçant que vous recherchez, mais pas tout à fait exact. Les fautes de frappe, une grammaire déficiente et un design un peu inhabituel sont d’autres signes de contrefaçon.

5) L’offre « trop belle pour être vraie »

La rareté est au cœur des achats des fêtes : des offres spéciales à durée limitée, des articles populaires difficiles à trouver, et le temps qui nous manque pendant cette saison pour faire certaines choses, notamment le shopping. Les escrocs adorent cette période de l’année. Pendant les fêtes, ils joueront sur la rareté et le stress dont vous faites l’objet dans leurs offres et leurs messages. L’offre « trop belle pour être vraie » est généralement proposée sur des sites factices tels que ceux mentionnés ci-dessus. Si le prix, la disponibilité ou le délai de livraison semblent trop beaux pour être vrais, il peut s’agir d’une escroquerie destinée à recueillir vos informations personnelles et à pirater vos comptes. Faites attention avant de cliquer. Si vous n’êtes pas sûr d’un produit ou d’un commerçant, consultez les avis les concernant sur des sites web de confiance pour vous aider à déterminer s’il est légitime.



Conseils pour les achats en ligne en toute saison


Outre repérer les escroqueries, plusieurs conseils peuvent vous aider à assurer votre sécurité lors de vos achats de la période des fêtes. En fait, ils peuvent également vous protéger durant vos achats tout au long de l’année.



Recherchez l’icône de cadenas



C’est un excellent point de départ. Les adresses des sites web sécurisés commencent par « https », pas seulement « http ». Ce « s » supplémentaire signifie « sécurisé ». Cela indique que le site utilise un protocole sécurisé pour transmettre des informations sensibles telles que des mots de passe, des numéros de carte de crédit, etc. sur Internet. Les sites sécurisés présentent souvent une petite icône de cadenas dans la barre d’adresse de votre navigateur, alors vérifiez cela. Si vous ne voyez pas qu’il est sécurisé, il vaut mieux éviter de faire des achats sur ce site.



Pensez à vous procurer une carte de crédit virtuelle



Une autre solution consiste à mettre en place une carte de crédit virtuelle, qui représente un proxy de votre carte de crédit réelle. À chaque achat, ce proxy change, ce qui le rend beaucoup plus difficile à exploiter pour les pirates informatiques. Il convient d’approfondir les recherches sur les cartes de crédit virtuelles, car elles peuvent présenter des inconvénients, comme dans le cas des retours, où un commerçant voudra utiliser le même proxy pour rembourser un achat.


Utilisez une protection lors de vos achats


L’utilisation d’une suite complète de logiciels de protection en ligne peut offrir des niveaux de protection supplémentaires, notamment une protection de la navigation web et un gestionnaire de mots de passe. La protection de la navigation web peut bloquer les liens malveillants et suspects qui pourraient vous mener directement sur une escroquerie financière ou un malware. Un gestionnaire de mots de passe permet de créer des mots de passe fiables et uniques et de les stocker en toute sécurité, ce qui rend la tâche des pirates informatiques beaucoup plus difficile pour compromettre vos comptes. La protection contre le vol d’identité renforce votre sécurité en vous aidant à protéger votre identité en ligne et à la restaurer si vos informations personnelles se retrouvent entre de mauvaises mains.



Utilisez l’authentification à deux facteurs sur vos comptes



L’authentification à deux facteurs constitue une couche de défense supplémentaire qui s’ajoute à votre nom d’utilisateur et votre mot de passe. Elle ajoute l’utilisation d’un code spécial à usage unique pour accéder à votre compte, qui vous est généralement envoyé par e-mail ou sur votre téléphone par SMS ou par appel téléphonique. En somme, elle combine quelque chose que vous connaissez, comme votre mot de passe, avec quelque chose que vous avez, comme votre smartphone. Utilisés ensembles, il est plus difficile pour un escroc de pirater votre compte. Si l’un de vos comptes prend en charge l’authentification à deux facteurs, les quelques secondes supplémentaires nécessaires à sa mise en place valent largement l’amélioration de la protection que vous obtiendrez.



Utilisez un VPN si vous réalisez vos achats sur des réseaux Wi-Fi publics



Les réseaux Wi-Fi publics dans les cafés et autres lieux publics peuvent exposer votre navigation privée à des regards indiscrets, car ces réseaux sont ouverts à tous. L’utilisation d’un réseau privé virtuel (VPN) permet de chiffrer votre navigation, vos achats et vos autres échanges sur Internet. Cela permet de les protéger contre les tentatives d’interception de vos données sur les réseaux Wi-Fi publics et de collecte d’informations telles que vos mots de passe et vos numéros de carte de crédit.



Faites vos achats en toute sérénité ! (Ne cédez pas au stress et à la frénésie).



Alors, lorsque vous ferez vos achats en ligne cette année, prenez une grande inspiration avant de vous lancer. Vérifiez doublement les offres qui semblent trop belles pour être vraies. Examinez attentivement les liens. Et surtout, ne cliquez pas sur les pièces jointes qui ressemblent à des avis d’expédition ou à des offres de bons de réduction. Les pirates informatiques comptent sur vous pour être un peu pressé en cette période de l’année. Prendre un moment supplémentaire pour repérer leurs pièges peut contribuer à vous protéger, vous et vos finances.

Comment rendre l'internet des objets plus durable ?

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Par Bruno Hamamlian, Directeur International & Marketing Stratégique chez Birdz

Lorsque l'on parle de performance en matière de services numériques connectés, on s'attarde souvent sur la disponibilité, la rapidité ou encore le débit utiles de données pour évaluer les performances des réseaux de connectivité utilisés. A l'aube du déploiement massif de la 5G, du NB-IoT ou encore du LTE-M, ces notions de quantité de données et de vitesse d'échanges sont au cœur de l'actualité technologique. Plus de données, plus vite, disponible partout et à tout instant, sans attendre, voilà ce qui semble focaliser les attentes.

C'est en réalité partiellement vrai. En matière d'accès internet mobile, pour les usages B2C, il est effectivement attendu que les réseaux télécoms soient plus véloces, performants, partout. Dans le monde des entreprises et des villes, ce sont d'autres attentes qui émergent et mûrissent. Ces acteurs professionnels choisissent de plus en plus des capteurs connectés (IoT) pour mesurer, suivre et comprendre de nouvelles informations issues de leurs villes et territoires. Ces nouveaux IoT, destinés spécifiquement aux acteurs B2B, structurent de nouvelles attentes en matière de connectivité. A la course effrénée vers des réseaux de connectivité toujours plus rapides et généreux en données, s'oppose désormais un besoin de frugalité et de sobriété numérique. Désormais, c'est la capacité de choisir un réseau de connectivité, en fonction du besoin qui définit la performance, et la réussite, d'un projet IoT. Il s'agit là d'un point crucial pour développer l'IoT de manière responsable et respectueuse de l'environnement. L'IoT durable ne cherche pas la performance à tout prix, il cherche à répondre à un besoin réel, en utilisant les technologies ayant la plus petite empreinte environnementale possible.

Des objets connectés durables pour amoindrir l'impact environnemental

Une grande partie des besoins en matière d'IoT se concentre en effet sur la remontée d'informations peu volumineuses. De telles données n'ont pas besoin d'utiliser des réseaux cellulaires de haute performance. Il est donc possible d'adopter ici une approche Low Tech et de choisir un réseau moins énergivore. En tête de ces réseaux "basse consommation", on retrouve les réseaux de connectivité utilisant le protocole de communication LoRaWAN™, déployé dans 167 pays par 151 opérateurs à travers le monde.

Fondée en 2014, l'Alliance LoRa a défini et promu le protocole LoRaWAN™ afin de satisfaire les nouvelles attentes en matière de connectivité pour les applications professionnelles. Grâce à ce protocole, les objets connectés peuvent utiliser une même pile pendant 10 à 25 ans, évitant ainsi aux exploitants et utilisateurs de services numériques de devoir intervenir pour changer la pile de leurs capteurs IoT. En allongeant la durée d'exploitation d'un capteur IoT, les utilisateurs de nouveaux services numériques contribuent à réduire l'impact environnemental des technologies qu'ils consomment.. Devenu standard de facto grâce à ses nombreux avantages, le réseau LoRaWAN™ ambitionne de devenir un standard de télécommunication au même titre que la 5G. L'ambition est forte, mais le parcours de standardisation est long et périlleux.

La standardisation du protocole LoRaWAN™ au coeur de l'IoT durable

La LoRa Alliance, association regroupant plus de 600 entreprises partenaires, permet aux acteurs engagés de se regrouper et de demander la reconnaissance de LoRaWAN en tant que standard - au même titre que le Wifi ou encore le Bluetooth. Cette standardisation permettrait de garantir une interopérabilité parfaite entre les différents opérateurs. Fondée en 2014, cette association a battu des records en matière de rapidité de croissance et d'adoption communautaire. Preuve qu'il s'agit d'une technologie clé dans ce marché protéiforme.

Mais, au-delà des opérateurs et spécialistes de l'IoT, il est important que les acteurs professionnels et industriels s'engagent eux-aussi pour le déploiement du réseau LoRaWAN et de l'IoT durable. Car ce réseau, ayant déjà prouvé son efficacité, ne doit plus se cantonner à des prototypes et projets tests, il faut à présent qu'il serve une réelle destinée municipale, territoriale ou citoyenne. Et cela ne se fera pas sans le déploiement de projets de grande envergure.

L'Edge computing, autre pilier de l'IoT durable

L'Edge computing, c'est-à-dire la capacité de traitement d'information en périphérie et non sur un système informatique central, est une autre technologie cruciale en matière d'IoT durable. Le rôle premier des objets connectés est de capturer et de transmettre des mesures en tout genre. Dans un fonctionnement "classique" toutes ces données sont transmises à un Data Center chargé de les traiter grâce aux algorithmes présents sur les serveurs. Avec l'Edge Computing, l'intelligence est embarquée dans l'objet en lui-même. Au lieu d'envoyer un flot continu d'informations vers un Data Center, l'objet va donc traiter les données directement, les trier, et n'envoyer vers le cloud que les données utiles. Encore une fois, cette démarche permet de réduire l'impact environnemental en réduisant la consommation énergétique.

L'IoT durable ne se positionne pas sur le "big data" mais au contraire sur "l'information utile". L'idée n'est pas de récupérer l'ensemble des informations, mais seulement les données utiles à l'usage décidé. Ainsi, la qualité de service reste la même, mais l'impact environnemental est réduit.

La technologie au service de l'usage

L'important dans un projet IoT durable est de prendre en considération l'intégralité des usages et de leurs enjeux. Si certains usages nécessitent une très forte bande passante et une instantanéité sans faille, comme la vidéosurveillance par exemple, d'autres nécessitent des réseaux peu énergivores mais durables, comme le monitoring souterrain des réseaux d'eau. C'est pourquoi le réseau doit être choisi en fonction des usages, en gardant toujours en tête les enjeux environnementaux.

Les technologies comme le NB-IoT seront ainsi très puissantes, et nécessaires pour certains usages, mais elles occasionneront également des problématiques de déchargement rapide des batteries et de déchets électroniques. A l'inverse, le réseau LoRaWAN™ sera, de son côté, utile pour les objets connectés nécessitant peu de bande passante et de maintenance, mais limité lorsqu'il s'agit de données volumineuses.

Une approche plus durable de l'IoT est cruciale au développement des territoires intelligents, aussi appelés smart cities. Ces derniers nécessitent une offre multi-services et multi-applications (collecte de déchets, contrôle de la qualité de l'air, parking intelligent, réseau de caméra, etc.), qui devra mêler intelligemment plusieurs types de réseaux tout en assurant l'interopérabilité. Lorsque l'on sait que, dans l'optique d'un futur déménagement, 42%[1] des Français privilégieront une ville ayant déjà entamé des démarches de "territoire intelligent", on comprend alors rapidement l'urgence de déployer de tels projets, tout en garantissant l'interopérabilité et la durabilité des projets IoT.

[1] Sondage Birdz, réalisé par Opinion Way en janvier 2021 sur un échantillon représentatif de 1001 Français

Quand l’open data et l’open source deviennent des leviers pour accélérer la transition écologique

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Des simulateurs ouverts et réutilisables ont été créés par l’Ademe pour aider les citoyens à réduire leur impact carbone. AdemeFourni par l'auteur

 


Par Martin Régner, Ademe (Agence de la transition écologique)

Sites Internet, applications d’information ou d’achat… ces très nombreux outils comptent chaque jour des millions d’utilisateurs. Mais dès qu’il s’agit d’obtenir des informations environnementales, cela exige souvent pour les citoyens d’aller chercher l’information par ailleurs, sans qu’ils sachent toujours sur quelles données s’appuient les résultats. De plus en plus soucieux de tenir compte de l’impact environnemental de leur consommation, les citoyens se trouvent bien souvent démunis à l’heure de choisir.

C’est à cet enjeu que répond Datagir, le service conçu par l’Agence de la transition écologique (Ademe) en s’appuyant sur les données qu’elle produit. Son objectif : que l’information environnementale arrive directement jusqu’au consommateur, intégrée aux applications qu’il utilise déjà ou via des simulateurs aussi simples à utiliser qu’à intégrer à tout type de site.

Plus de 100 jeux de données en open data

Chaque année, l’Ademe produit une multitude de données sur l’environnement. L’idée de Datagir est d’exploiter ces plus de 100 jeux de données ouvertes dont elle dispose pour en faire bénéficier le plus grand nombre.

Deux grandes thématiques émergent : l’alimentation avec Agribalyse, la base de données qui recense l’impact environnemental de plus de 2 500 produits. La Base Carbone, qui répertorie de nombreux ratios CO2 (appelés facteurs d’émissions) : transport, énergie, biens de consommation…

Agribalyse, du champ à l’assiette, améliorons nos pratiques (Ademe, 31 juillet 2020).

Certains acteurs, sous l’impulsion de l’Ademe, peuvent désormais s’approprier ces données en les réintégrant par exemple à leur service : c’est ce qu’ont fait l’application Yuka, le site Marmiton, Frigo Magic ou Open Food Facts avec Agribalyse. Cela leur a permis de créer puis fournir à leurs utilisateurs un écoscore, à l’image du nutriscore qui existe déjà, afin qu’ils aient accès à l’impact de la recette qu’ils s’apprêtent à mitonner ou du paquet de chips qu’ils sont tentés d’acheter.

Des simulateurs personnalisables

Avec ces données, Datagir a par ailleurs conçu à date six simulateurs qui permettent au citoyen de calculer son empreinte carbone ou de s’informer dans différents domaines. Présents sur le site de Datagir et chacun un site dédié, ils ont surtout pour vocation d’être diffusés et encapsulés en iframe : concrètement, cela signifie que n’importe quel organisme peut s’en saisir et les intégrer à son site sans effort, pour directement toucher sa communauté.

  • Mon impact transport : alors que le transport représente 30 % des émissions françaises de CO2, cet outil permet de comparer l’impact des différents modes de mobilité afin d’aider les citoyens à faire leurs choix.

  • Sa déclinaison Mon impact transport-télétravail permet de calculer les émissions de gaz à effet de serre évitées sur les déplacements grâce au télétravail.

  • Mon convertisseur CO₂ permet de mesurer les émissions nécessaires pour fabriquer et consommer les objets qui nous entourent, et ainsi les comparer entre eux ou mieux percevoir ce qui se cache derrière une tonne de CO2 par exemple.

  • Mes fruits et légumes de saison : alors que 25 % des émissions de gaz à effet de serre en France sont liées à l’alimentation, cet outil permet de découvrir quels sont les fruits et légumes de saison et de mesurer l’impact carbone de son alimentation.

  • Que faire de mes déchets pour savoir comment et où trier ses déchets, mais aussi être guidé pour éviter de produire ce type de déchet.

  • Nos Gestes Climat permet d’informer le citoyen sur son empreinte environnementale, de faire la pédagogie sur les ordres de grandeur de la transition à opérer pour respecter l’accord de Paris et d’encourager à adopter de gestes concrets, à notre échelle.

Un simulateur national, de nombreuses déclinaisons

Le simulateur d’empreinte carbone individuel Nos Gestes Climat, développé en partenariat avec l’Association Bilan Carbone (ABC), s’inscrit comme tous les outils Datagir dans une démarche open source. La méthodologie de calcul est transparente, améliorée en continu grâce aux retours utilisateurs.

S’il a déjà conquis un très large public (plus de 700 000 visiteurs début novembre 2021), le simulateur peut aussi être vu comme un point de départ fiable favorisant les initiatives de développement à d’autres échelles. Cette base open source permet ainsi à ces initiatives de gagner du temps en repartant d’un existant sans obligatoirement tout reconstruire.

L’interview Datagir – Clément Auger : Comment nous avons adapté Nos Gestes Climat à Centrale Nantes (DatAgir ADEME-betagouv, 15 avril 2021).

La première déclinaison a été développée par l’École Centrale Nantes dans le cadre de l’option « Neutralité Carbone ». Grâce à cette version personnalisée et adaptée aux enjeux de leur campus, les étudiants ont pu sensibiliser les usagers de l’établissement aux problématiques environnementales pour initier des changements à l’échelle universitaire.

Plus récemment, Game Earth et BL Evolution ont développé une version qui permet de calculer l’empreinte carbone associée à ses pratiques sportives (équipements, déplacements, alimentation) : Mon Match Carbone.

À d’autres échelles et dans d’autres contextes, des développements sont également en cours, preuves du potentiel d’accélération de l’open data et de l’open source en matière de transition écologique !The Conversation

Martin Régner, Intrapreneur, service Datagir, Ademe (Agence de la transition écologique)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

À Montpellier, le Digiworld Summit dessine l'Europe numérique de demain

 

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Le DigiWorld Summit organisé par l’Idate, le think tank européen spécialisé dans l'économie numérique, les médias, l'internet et les télécommunications, basé à Montpellier, se tient mardi 23 et mercredi 24 novembre à la Cité de l’Economie et des Métiers de demain. 

L’événement réunira les élus de Montpellier avec notamment Michaël Delafosse, président de Montpellier Méditerranée et Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, mais aussi des experts du numérique (Orange, PWC, Afnum), de grandes entreprises (Engie, SNCF, BNP) et des acteurs de l’éducation (Université de Montpellier, Polytechnique). Placée sous le haut patronage d'Emmanuel Macron cette édition a pour thème "Les territoires au cœur d’une Europe digitale unie, responsable et plus forte et s'articulera autour de quatre axes : Future of Work (le travail du futur), territoires et numérique, numérique et santé, et enfin numérique et environnement.

Quatre grands thèmes

Quatre thématiques qui résonnent tout particulièrement avec le monde d'après-Covid. "À l’heure où la situation pandémique transforme considérablement notre société, l’Idate DigiWorld est plus que jamais engagé dans la valorisation et la promotion de l’innovation et de la tech française sur les territoires, essentielles pour un projet industriel digital européen, inclusif et responsable. La période post-Covid offre une opportunité inédite pour relever les défis de la transformation économique et sociale. L’Europe de demain sera nécessairement digitale", assurent les organisateurs, qui entendent dresser un panorama complet à la veille de la présidence française de l'Union européenne qui démarre le 1er janvier 2022. 

A l'heure où la France se prépare à affronter une 5e vague de Covid et où l'on reparle du télétravail, l'atelier "Future of Work : l’inversion des paradigmes du travail ?" apportera des pistes de réflexion intéressantes sur les nouveaux besoins en compétences, le travail hybride entre le bureau et le domicile, les outils numériques individuels ou collectifs.

La transition numérique des territoires et la e-santé

Le second thème "Territoires X.0 : rôle du numérique dans le développement économique et social" permettra de dessiner les contours de la transition numérique des territoires. "Derrière le mot « territoires », on trouve plusieurs réalités : les territoires comme espace géographique et administratif soumis à des dynamiques de développement socio-économique différents selon leur typologie (aire métropolitaine, villes moyennes, territoires ruraux) ; les territoires comme espace réunissant des acteurs publics, privés mais aussi des populations, chacun engagé dans des interrelations concourant au développement", explique l'Idate.

Le 3e thème, "Numérique en santé : enjeux médicaux, économiques et sociétaux au cœur du territoire", est particulièrement d'actualité après plus d'un an et demi de Covid. "Au cœur de la crise de la Covid-19, le numérique appliqué à la santé a joué un rôle majeur pour freiner l’épidémie, accélérer la prise de décision, permettre la continuité des soins et donner aux patients davantage d’autonomie dans le dépistage et le suivi de leurs symptômes. Le numérique a démontré son efficacité pour prendre un rendez-vous médical, pour effectuer des démarches administratives, pour consulter à distance et être suivi en continu en dehors des consultations. L’augmentation des admissions aux urgences et du recours à la télémédecine a aussi montré l’utilité pour les professionnels de santé et du médico-social d’avoir accès aux données des patients, notamment dans le cadre d’une consultation du dossier", énumère l'Idate, qui estime qu'il fait aller plus loin.

Il existe des marges de progression importantes puisque si 86 % des habitants de la région sont connectés à internet à leur domicile, seuls 51 % sont utilisateurs de e-santé, dont 26 % occasionnellement et 25 % régulièrement, selon une enquête France Assos Santé Occitanie réalisée avec l’institut BVA.

Le numérique et l'environnement : problème et solution

Enfin le dernier thème, "Numérique et environnement" recouvre, là aussi à l'heure de la lutte contre le réchauffement climatique, des enjeux majeurs qui consistent à développer le numérique tout en limitant son impact sur l'environnement. "Le numérique, au même titre que toute activité humaine, porte une partie de cette responsabilité. Quel est son impact réel et comment les entreprises et les collectivités s’emparent de la question en mettant en place des démarches green it et d’eco conception ? Par ailleurs, le numérique se distingue des autres secteurs par son aspect dual : s’il est une petite partie du problème environnemental, il peut représenter une grande partie de la solution à la transition écologique. Quelles sont les initiatives originales qui s’appuient sur le numérique pour aider à la transition écologique dans les secteurs privés et publics (it for green) ?", expliquent les organisateurs.

Tous ces échanges à Montpellier se poursuivront car le Digiworld Summit se déroulera aussi à Paris du 1er au 3 décembre, puis en Région Grand Est le 7 décembre.

Vidéo-surveillance : où vont nos données ?

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Ne souriez plus, vos données s'envolent et… vous ne pourrez pas les récupérez. Stocksnap/pixabayCC BY-NC-ND

 

Par Yoann Nabat, Université de Bordeaux

Remise au-devant de l’actualité récente sous la forme d’une injonction au maire de Lyon, la vidéosurveillance sur la voie publique ne s’est jamais aussi bien portée. Pour autant, quel est son encadrement juridique en France et quels en sont ses usages réels ?

Juridiquement, la possibilité d’installer des caméras de surveillance sur la voie publique (qu’il s’agisse de rues ou de routes voire autoroutes) ou dans les lieux publics (transports en commun, bâtiments administratifs, etc.) relève de la compétence des autorités publiques. La décision peut donc être prise par un maire, le président d’une communauté de communes, le directeur d’une prison ou le responsable d’un service de transports par exemple.

Un cadre juridique restreint

Si la caméra filme la rue, l’installation du système est subordonnée à une autorisation du préfet (valable cinq ans), et nécessite un avis de la « commission départementale de vidéoprotection », présidée par un magistrat. En cas d’urgence liée par exemple à un projet terroriste, cet avis peut être repoussé temporairement.

La mise en place de la vidéo-surveillance doit répondre de finalités prévues par la loi. Celles-ci sont néanmoins, comme souvent en la matière, rédigées de manière particulièrement large : « protection des bâtiments et installations publics », « prévention des atteintes à la sécurité », etc.

Depuis 2011, les acteurs privés comme les commerçants peuvent également mettre en place de tels caméras aux abords immédiats de leur établissement, après autorisation du maire.

Dans tous les cas, une limite importante se trouve dans l’interdiction formelle de filmer, même accidentellement, des lieux d’habitation. Les caméras doivent être orientées de telle manière à ne pas viser de maisons ou d’immeubles, ou, à défaut, équipées de système de floutage des façades.

La Loi Informatique et Libertés, également d’application pour ces dispositifs lorsqu’ils permettent la collecte et l’enregistrement de données identifiantes, c’est-à-dire permettant de reconnaître des individus dans la rue ou dans les commerces, impose également un processus particulier, nécessitant parfois l’autorisation de la CNIL.

Les établissements privés ouverts aux publics (bars, restaurants, etc.) peuvent également mettre en place ces dispositifs à l’intérieur de leurs locaux mais selon des modalités plus rigoureuses.

Enfin, en dehors de ces règles et même si ce n’est pas prévu par la loi, la Cour de cassation autorise la mise en place de vidéo-surveillance spéciale et ponctuelle pour les besoins d’une enquête judiciaire.

Le développement d’une vidéo-surveillance parallèle

Ces systèmes classiques de vidéo-surveillance par caméras installées se doublent aujourd’hui de nouveaux dispositifs qui ne répondent pas de cet encadrement juridique classique. Il s’agit d’une part de l’usage des drones, et d’autre part des caméras individuelles utilisées par les forces de l’ordre.

L’utilisation des drones comme dispositif de vidéo-surveillance par les forces de l’ordre fait l’objet d’une véritable saga juridique débutée notamment lors du confinement, passant par plusieurs interdictions données par le Conseil d’État, une intégration dans la loi Sécurité globale et enfin une censure par le Conseil constitutionnel.

Si le gouvernement tient autant à autoriser le recours à ces dispositifs, c’est qu’il permette, désormais équipés de caméras de très haute résolution, une couverture virtuellement illimitée en vidéo-surveillance de tout le territoire. Leur usage, très périlleux pour les libertés fondamentales, doit néanmoins encore trouver un équilibre juridique.

En parallèle, se généralise également le déploiement de « caméras-piétons » qui équipent les forces de l’ordre et même les agents assermentés de sociétés de transport, autorisant l’enregistrement des images et du son de certaines interventions ou contrôles.

Un devenir incertain des données

Que deviennent toutes les images ainsi collectées, qu’il s’agisse des outils classiques de vidéo-surveillance sur la voie publique ou de celles des nouveaux dispositifs de captation vidéo ?

La première catégorie d’images est traitée par le service qui a demandé l’installation des caméras, qu’il s’agisse d’une municipalité ou d’une autre structure publique. Cela doit être prévu explicitement, ainsi que la durée de conservation des images qui ne peut excéder un mois.

Les vidéos collectées par les caméras individuelles des forces de l’ordre sont quant à elles transmises aux services de police ou de gendarmerie et conservées six mois.

Durant leur temps de conservation, l’ensemble de ces données peut faire l’objet de réquisitions, c’est-à-dire de demandes par les services de police ou de gendarmerie dans le cadre d’une enquête ou d’une instruction. Dans ce cas, plus de durée maximum car les vidéos intègrent le dossier pénal.

Depuis l’adoption de la loi Sécurité globale, les images captées par les caméras individuelles des forces de l’ordre peuvent également, en parallèle de leur enregistrement, être transmises en flux direct au centre de commandement.

Une exploitation limitée

Comment assurer le traitement efficace de ces milliers d’heures d’enregistrement ? Si certaines villes décident de s’équiper de centres de traitement voyant se relayer un personnel 24h/24, la difficulté est bien réelle. Ce n’est pas tout d’avoir des caméras, encore faut-il avoir des humains derrière les écrans.

Cette problématique est-elle en passe de se voir résolue par les nouveaux usages de la vidéosurveillance, fondés sur les outils algorithmiques, la reconnaissance faciale voire l’intelligence artificielle ?

Le recours à de tels outils a en tout cas de quoi séduire les décideurs publics, et ce à l’air des « smart cities » ou « villes intelligentes ». Pourtant, ils constituent bien davantage une forme nouvelle de « techno-police » et posent de vrais problèmes sur nos libertés fondamentales.

De nouveaux usages problématiques

Que penser en effet de la possibilité laissée aux policiers et aux gendarmes d’utiliser leurs outils de reconnaissance faciale (prévus notamment dans le cadre du principal fichier de police) sur les images obtenues par les caméras embarquées ?

Rien n’interdira ainsi que demain, lors d’une manifestation, les nombreux policiers présents, tous équipés de telles caméras (qui ont vocation à être généralisées) reçoivent dans leurs oreillettes, en direct, l’identité et les informations relatives aux personnes qui se trouvent en face d’eux, leur signalant tel ou tel individu déjà connu. Cette pratique se réaliserait en dehors du cadre juridique relativement contraint des contrôles d’identité.

De même, les expérimentations de recours à la reconnaissance faciale par les caméras de vidéosurveillance classiques se multiplient, même si la CNIL reste encore, heureusement, très vigilante et si l’interdiction reste le principe. La question de son utilisation lors des prochains Jeux olympiques de Paris a d’ailleurs été évoquée, même si elle semble aujourd’hui écartée.

La reconnaissance faciale n’est pas la seule technologique pouvant se nourrir des images de vidéosurveillance. L’utilisation de techniques de reconnaissance automatique de plaque (LAPI) permettant la vidéo-verbalisation de nombreuses infractions et l’identification immédiate de véhicules est désormais possible dans notre droit et tend, là aussi, à se généraliser.

Enfin, le recours à des formes d’intelligence artificielle, de « police prédictive », peut également contribuer à l’exploitation de ces données, au moins, pour le moment, en suggérant aux forces de l’ordre où regarder parmi le flux d’images.

Nombreux risques et faible efficacité

Pourtant, ces outils constituent des risques très importants pour nos libertés individuelles, au premier rang desquels figure la liberté d’aller et venir. Demain, en effet, la généralisation des caméras couplées à la reconnaissance faciale et à la lecture automatique des plaques pourra permettre, au moins virtuellement, la géolocalisation de tout individu sur le territoire. Or, l’exercice plein de cette liberté nécessite une forme d’anonymat : je n’irais en effet sans doute pas aussi librement rencontrer une personne ou me rendre à une réunion politique si je sais que mon déplacement peut être enregistré.

Tous les outils techniques sont déjà en place pour cela, même si l’encadrement juridique y fait encore, heureusement, en partie barrage. Le fichier des cartes d’identité et des passeports contient ainsi une photographie de chacun d’entre nous, mais n’est pas accessible aux forces de l’ordre et n’autorise pas la reconnaissance faciale. Un simple texte réglementaire pourrait néanmoins modifier ce point, même si ce n’est, pour le moment, pas à l’ordre du jour.

D’une solution miracle, la vidéo-surveillance, semble constituer l’illustration d’une technologisation des formes de contrôle et de surveillance, à l’efficacité douteuse, mais aux dangers réels. Stocksnap/pixabayCC BY-NC-ND

Ces transformations sont d’autant plus préoccupantes que l’efficacité réelle de la vidéo-surveillance sur la délinquance et la criminalité n’a jamais été démontrée. Une longue étude récente menée notamment par Laurent Muchielli en atteste :

« Les résultats soulignent la grande faiblesse de la contribution de la vidéosurveillance à la lutte contre la criminalité. »

Au mieux, elle ne fait que déplacer la délinquance d’un quartier à un autre.

L’efficacité sur la résolution des enquêtes est également difficile à évaluer, mais semble marginale, comme le pointait l’année dernière la Cour des comptes qui en dénonçait le prix exorbitant pour un résultat très limité. Cela est notamment dû à la quantité d’images et aux faiblesses structurelles des outils (dont certains subissent même des biais racistes).

D’une solution miracle, la vidéo-surveillance, renommée habilement depuis quelques années déjà vidéo-protection, semble ainsi constituer l’illustration d’une technologisation des formes de contrôle et de surveillance, à l’efficacité douteuse, mais aux dangers réels.

Elle incarne ce « paradigme du techno-solutionnisme », plus empreint de considérations politiques et industrielles que de souci véritable du bien commun.The Conversation

Yoann Nabat, Doctorant en droit privé et sciences criminelles, Université de Bordeaux

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.