Accéder au contenu principal

Face aux fake news, les techniques de veille peuvent vous aider

Avis d'expert d'Arnaud Marquant, directeur des opérations chez KB Crawl SAS Les fake news n’ont de cesse de se développer : selon un récent sondage, 2/3 des Français y seraient sensibles. Face à ce phénomène, les techniques propres à la veille stratégique peuvent servir de grille d’analyse. Il y a quatre ans, l’immersion de la pandémie de Covid-19 s’est caractérisée par un vaste mouvement de désinformation sur les réseaux sociaux. Loin d’avoir disparu, celui-ci perdure en 2024, comme l’indique notamment l’étude récemment réalisée par Ipsos sur la désinformation qui touche actuellement la campagne électorale européenne. Selon cette dernière, 74 % des personnes interrogées estiment être capables de réaliser un tri entre vraies et fausses informations. Dans le même temps, 2/3 des personnes interrogées (66%) adhèrent à au moins l’une des fake news qui leur ont été présentées… Comment les Françaises et les Français peuvent-ils s’armer face aux phénomènes de désinformation qui frapp

Numérique : la révolution ADN pour le stockage de nos données est en marche

 

adn


L’ADN n’a pas fini de nous surprendre. Découvert pour la première en 1869 par le biologiste suisse Friedrich Miescher, puis expliqué en 1953 par les biochimistes américain James Watson et britannique Francis Crick avec la double hélice, l’acide désoxyribonucléique, qui contient le génome de tout être vivant, a permis des avancées majeures dans le génie génétique, la police scientifique, la médecine légale, l’histoire, l’anthropologie ou les biotechnologies.

Aujourd’hui, l’ADN révolutionne un nouveau domaine : celui du stockage de nos données. Et c’est aux Archives nationales que cette révolution s’est concrétisée cette semaine avec l’expérimentation de DNA Drive, une technologie de stockage d’information numérique sur ADN développée et brevetée par Stéphane Lemaire et Pierre Crozet, respectivement directeur de recherche CNRS et maître de conférences à Sorbonne Université. Et pour cette première mondiale, deux textes très symboliques ont été choisis : la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, rédigée par Olympe de Gouges en 1791.

Répondre à l’explosion des données dans le monde

statista

Mais revenons à la genèse de cette technologie de stockage dans l’ADN qui mobilise des chercheurs du monde entier depuis une dizaine d’années. Le stockage, la conservation et donc la transmission de nos données aux générations futures constituent des enjeux capitaux pour l’humanité. Mais ils se heurtent aujourd’hui à facteurs de limitation majeurs. D’abord, la faible durée de vie des supports de stockage : un CDROM, une clé USB ne sont physiquement pas éternels. Ensuite, l’expansion vertigineuse des données induit une demande de stockage largement supérieure à nos capacités. Selon les dernières estimations, le volume de données numériques créées ou répliquées à l’échelle mondiale a été multiplié par plus de trente au cours de la dernière décennie et les experts tablent sur une croissance de 40 % dans les 5 prochaines années. Enfin, troisième limitation : la quantité d’énergie gigantesque requise pour ce stockage dans des fermes de serveurs gigantesques, ce qui représente un coût économique et un impact environnemental considérables.

Le stockage sur l’ADN présente au contraire de formidables qualités. Il est durable (la stabilité de l’ADN se compte en dizaines, voire en centaines de milliers d’années), n’est pas énergivore (l’ADN est stable à température ambiante sans aucun apport d’énergie s’il est conservé dans des conditions adéquates) et il est compact. Un gramme d’ADN peut contenir 450 To ; l’intégralité des données mondiales pourrait tenir dans 100 g d’ADN !

Dans l'Armoire de fer des Archives nationales

ArmoiredeFer

Pour stocker sur ADN, il faut transformer les données binaires 0 et 1 numériques en données quaternaire (les fameux A, T, C, G) pour obtenir une séquence sur des petits fragments d’ADN appelés oligonucléotides. Mais cette « écriture » était jusqu’à présent coûteuse. DNA Drive met en œuvre au contraire une piste biologique jusqu’ici jamais exploitée. L’information est stockée, comme dans le vivant, sur de longs fragments d’ADN en double hélice. Ces fragments sont ensuite stockés dans des capsules métalliques DNAshell conçues par Imagene. La lecture des données qui sont agencées comme dans un de nos disques durs actuels, se fait par un séquenceur ADN, un lecteur qui sera de plus en plus compact l’avenir.

Chaque capsule peut contenir une quantité d'ADN correspondant à 5000 To de données numériques © Philippe Tran

Pour établir la faisabilité du projet « La Révolution de l’ADN » avec la technologie DNA Drive, une équipe pluridisciplinaire a été montée avec des biologistes, informaticiens, historiens, philosophes et archivistes. Les deux capsules contenant les deux textes symboliques sont désormais conservées dans l’Armoire de Fer qui contient les plus précieux documents des Archives nationales.

Posts les plus consultés de ce blog

Le bipeur des années 80 plus efficace que le smartphone ?

Par André Spicer, professeur en comportement organisationnel à la Cass Business School (City University of London) : Vous vous souvenez des bipeurs ? Ces appareils étaient utilisés largement avant l'arrivée massive des téléphones portables et des SMS. Si vous aviez un bipeur, vous pouviez recevoir des messages simples, mais vous ne pouviez pas répondre. Un des rares endroits où on peut encore en trouver aujourd’hui sont les hôpitaux. Le Service National de Santé au Royaume-Uni (National Health Service) en utilise plus de 130 000. Cela représente environ 10 % du nombre total de bipeurs présents dans le monde. Une récente enquête menée au sein des hôpitaux américains a révélé que malgré la disponibilité de nombreuses solutions de rechange, les bipeurs demeurent le moyen de communication le plus couramment utilisée par les médecins américains. La fin du bipeur dans les hôpitaux britanniques ? Néanmoins, les jours du bipeur dans les hôpitaux britanniques pourraient être compté

Comment les machines succombent à la chaleur, des voitures aux ordinateurs

  La chaleur extrême peut affecter le fonctionnement des machines, et le fait que de nombreuses machines dégagent de la chaleur n’arrange pas les choses. Afif Ramdhasuma/Unsplash , CC BY-SA Par  Srinivas Garimella , Georgia Institute of Technology et Matthew T. Hughes , Massachusetts Institute of Technology (MIT) Les humains ne sont pas les seuls à devoir rester au frais, en cette fin d’été marquée par les records de chaleur . De nombreuses machines, allant des téléphones portables aux voitures et avions, en passant par les serveurs et ordinateurs des data center , perdent ainsi en efficacité et se dégradent plus rapidement en cas de chaleur extrême . Les machines génèrent de plus leur propre chaleur, ce qui augmente encore la température ambiante autour d’elles. Nous sommes chercheurs en ingénierie et nous étudions comment les dispositifs mécaniques, électriques et électroniques sont affectés par la chaleur, et s’il est possible de r

Ce que les enfants comprennent du monde numérique

  Par  Cédric Fluckiger , Université de Lille et Isabelle Vandevelde , Université de Lille Depuis la rentrée 2016 , il est prévu que l’école primaire et le collège assurent un enseignement de l’informatique. Cela peut sembler paradoxal : tous les enfants ne sont-ils pas déjà confrontés à des outils numériques, dans leurs loisirs, des jeux vidéos aux tablettes, et, dans une moindre mesure, dans leur vie d’élève, depuis le développement des tableaux numériques interactifs et espaces numériques de travail ? Le paradoxe n’est en réalité qu’apparent. Si perdure l’image de « natifs numériques », nés dans un monde connecté et donc particulièrement à l’aise avec ces technologies, les chercheurs ont montré depuis longtemps que le simple usage d’outils informatisés n’entraîne pas nécessairement une compréhension de ce qui se passe derrière l’écran. Cela est d’autant plus vrai que l’évolution des outils numériques, rendant leur utilisation intuitive, a conduit à masquer les processus in

De quoi l’inclusion numérique est-elle le nom ?

Les professionnels de l'inclusion numérique ont pour leitmotiv la transmission de savoirs, de savoir-faire et de compétences en lien avec la culture numérique. Pexels , CC BY-NC Par  Matthieu Demory , Aix-Marseille Université (AMU) Dans le cadre du Conseil National de la Refondation , le gouvernement français a proposé au printemps 2023 une feuille de route pour l’inclusion numérique intitulée « France Numérique Ensemble » . Ce programme, structuré autour de 15 engagements se veut opérationnel jusqu’en 2027. Il conduit les acteurs de terrain de l’inclusion numérique, notamment les Hubs territoriaux pour un numérique inclusif (les structures intermédiaires ayant pour objectif la mise en relation de l’État avec les structures locales), à se rapprocher des préfectures, des conseils départementaux et régionaux, afin de mettre en place des feuilles de route territoriales. Ces documents permettront d’organiser une gouvernance locale et dé

Midi-Pyrénées l’eldorado des start-up

Le mouvement était diffus, parfois désorganisé, en tout cas en ordre dispersé et avec une visibilité et une lisibilité insuffisantes. Nombreux sont ceux pourtant qui, depuis plusieurs années maintenant, ont pressenti le développement d’une économie numérique innovante et ambitieuse dans la région. Mais cette année 2014 pourrait bien être la bonne et consacrer Toulouse et sa région comme un eldorado pour les start-up. S’il fallait une preuve de ce décollage, deux actualités récentes viennent de l’apporter. La première est l’arrivée à la tête du conseil de surveillance de la start-up toulousaine Sigfox , spécialisée dans le secteur en plein boom de l’internet des objets, d’Anne Lauvergeon, l’ancien sherpa du Président Mitterrand. Que l’ex-patronne du géant Areva qui aurait pu prétendre à la direction de grandes entreprises bien installées, choisisse de soutenir l’entreprise prometteuse de Ludovic Le Moan , en dit long sur le changement d’état d’esprit des élites économiques du pay

La fin du VHS

La bonne vieille cassette VHS vient de fêter ses 30 ans le mois dernier. Certes, il y avait bien eu des enregistreurs audiovisuels avant septembre 1976, mais c’est en lançant le massif HR-3300 que JVC remporta la bataille des formats face au Betamax de Sony, pourtant de meilleure qualité. Ironie du sort, les deux géants de l’électronique se retrouvent encore aujourd’hui face à face pour déterminer le format qui doit succéder au DVD (lire encadré). Chassée par les DVD ou cantonnée au mieux à une petite étagère dans les vidéoclubs depuis déjà quatre ans, la cassette a vu sa mort programmée par les studios hollywoodiens qui ont décidé d’arrêter de commercialiser leurs films sur ce support fin 2006. Restait un atout à la cassette VHS: l’enregistrement des programmes télé chez soi. Las, l’apparition des lecteurs-enregistreurs de DVD et, surtout, ceux dotés d’un disque dur, ont sonné le glas de la cassette VHS, encombrante et offrant une piètre qualité à l’heure de la TNT et des écrans pl