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L'eurodéputée du Gers Françoise Castex en guerre contre le profilage des internautes



Vous souhaitez acheter un voyage sur internet et vous vous rendez sur un site web pour consulter différentes offres. Vous prenez le temps de la réflexion, revenez plus tard sur le site et… surprise, découvrez que les prix ont sensiblement augmenté. Un de vos amis se connecte sur le même site et lui retrouve des prix plus bas. Derrière cette situation qu’ont vécue de nombreux internautes se cache la pratique de l’IP-tracking, le traçage de votre adresse internet qui a permis au cybercommerçant de vous reconnaître et d’augmenter ses tarifs pour vous inciter à acheter plus rapidement.

Enquête de la CNIL

Cette pratique de profilage de navigation des internautes qui repose sur la collecte de l’adresse IP sans qu’ils en soient informés a alerté l’eurodéputée Françoise Castex qui vient de demander à la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) d’enquêter sur le sujet. « L’IP-tracking doit également être appréhendée sur le fondement des pratiques commerciales déloyales », estime la CNIL, qui « travaille en collaboration étroite avec la DGCCRF afin de déterminer […] de l’opportunité de réaliser des actions conjointes auprès des principaux opérateurs concernés. » Interrogée par La Dépêche, Françoise Castex estime qu’il est urgent d’agir alors qu’un règlement européen sur la protection des données personnelles est actuellement en débat au Parlement européen.



Interview : "Il y a urgence à légiférer"

Comment vous êtes-vous intéressée à l'IP-tracking ?

J'ai une attention particulière à ces questions parce que je travaille actuellement au Parlement européen sur la directive relative à la protection des données personnelles. C'est une directive qui date de 1995 qui est en cours de révision parce que, évidemment, avec internet, la problématique des données personnelles a été modifiée. Donc j'ai eu vent de cette pratique et en janvier j'ai posé une question écrite à la Commission européenne pour savoir ce qu'elle en pensait et pour qu'elle me confirme que l'adresse IP était ou pas une donnée personnelle.

Elle m'a répondu en mars pour me dire que l'adresse IP constituait une donnée personnelle donc à ce titre qu'elle était protégée, et que sur l'usage qui en était fait à des fins commerciales, il fallait interroger les autorités nationales de contrôle de données personnelles sur internet. J'ai donc saisi la CNIL qui a répondu en me disant qu'elle allait lancer une enquête. Elle n'a pas encore commencé.

En quoi est-ce illégal ?

Cette pratique, si elle est avérée, aurait enfreint deux choses. D'une part l'usage des données personnelles et à ce titre, c'est illégal puisqu'on ne peut pas les utiliser sans votre consentement. Et d'autre part, elle mettrait au jour des pratiques commerciales sur internet qui sont déloyales sinon illégales, puisqu'elles gèrent la rareté et des fausses promotion en fonction de l'intérêt que manifeste l'internaute à un produit sans qu'il y ait son consentement et sans que ce soit du yield management (pratiqué par la SNCF par  exemple qui augmente ses prix en période d'affluence ou en faisant des promotions qui doivent être clairement identifiées comme telle avec une date limite ou un nombre limité de place.)

Ce que je constate depuis que je travaille sur ce dossier, c'est que l'IP-tracking est une pratique parmi d'autres de profilage des internautes soit à des fins marketing, soit à des fins de pratiques commerciales  déloyales. Il y a les cookies, la géolocalisation, etc. Il y a tout un arsenal de profilage de l’internaute. On trace vos connexions internet pour connaître vos habitudes, votre pouvoir d'achat, etc. Et en fonction de cela, soit on vous cible pour de la publicité  mais on modifie aussi les prix en fonction de ce profil établi.

Si c'est avéré, quels sont les moyens d'action au niveau européen ?

L'Europe est en train de réviser cette directive sur la protection des données personnelles et le débat qui oppose la  droite et la gauche est : quelle est la tolérance que l'on admet sur l'intérêt légitime à collecter des données personnelles et à la traiter à des fins commerciales ? Où va-t-on mettre le curseur pour dire que c'est interdit ou qu'il y a une autorisation de profilage ?

Certaines de ses sociétés sont extra-européennes, comment agir sur elles ?

Sur la protection du consommateur et des données personnelles en Europe, c'est toujours le droit qui s'applique en Europe, c'est d'ailleurs pourquoi la chambre de commerce et d'industrie américaine en Europe est extrêmement attentive aux débats qui ont cours actuellement au Parlement européen. Ils ont fait déposer des amendements par certains députés pour garantir une liberté d'utilisation de ces données.

Il y a une étude américaine qui a été publiée par le Financial Times qui évalue à l'heure actuelle à 315 milliards d'euros la valeur des données personnelles des européens. En 2020, cette valeur atteindrait 1000 milliards d'euros. L'intérêt économique et commercial est immense. Nos données personnelles, c'est l'âge, le sexe, les amis que l'on fréquente sur Facebook, les sites d'information, de consommation auxquels on accède le plus souvent. Tout cela permet d'établir un profil.

On sait qu'aux Etats-Unis, cela va très très loin puisqu'il y a un marché des profils. Et cela influence les  polices d'assurance qu'on vous propose, les assurances-vie pour lesquelles il y a même un marché. On peut savoir si vous êtes malade, si vous avez des enfants, etc.

L'IP-traking est peut-être la face émergée d'un iceberg sur le marché des données personnelles. Et de mon point de vue, il faut que l'on ait une vigilance maximale là-dessus. IL y a un seul critère qui doit être mis en oeuvre : le consentement de la personne. Il faut que par défaut la protection maximale soit assurée sur internet. Et si vous acceptez de recevoir des offres partenaires, vous aurez à décocher une case.

Il y a des tensions entre la droite et la gauche au Parlement. Ne peut-il y avoir consensus ?

Pour le moment, il apparaît qu'il y a des positions assez tranchées et que dans la commission des affaires juridique, le vote a eue lieu . Dans la commission des affaires de libertés civiques, le vote a encore été reporté, parce qu'il y a eu des centaines et centaines d'amendements et les rapporteurs n'arrivent pas encore à trouver une rédaction de compromis. C'est un dossier extrêmement sensible. Il y a urgence à réagir, urgence à alerter les consommateurs pour qu'ils soient vigilants et il y a urgence à légiférer.

Wikileaks : le procès des secrets d'Etat

C'est un procès historique qui s'ouvre ce lundi aux États-Unis. Un procès qui fera date et que certains ont déjà qualifié de «procès du siècle» tant il touche de domaines à la fois : politique, diplomatique, social, militaire. Ce procès, c'est celui de Bradley Manning, un soldat accusé d'avoir divulgué des centaines de documents secrets américains qui, publiés sur le site internet WikiLeaks au nom de la transparence et du droit de savoir, ont bouleversé la diplomatie mondiale et montré par la même occasion combien internet est aujourd'hui devenu un sixième continent, numérique, où vont se faire et se défaire les économies, les trafics en tout genre et les guerres du XXIe siècle.

Vingt-deux charges d'accusation

Il y a toutefois fort à parier que le procès du soldat Manning, qui doit durer trois mois sur la base militaire de Fort Meade, dans le Maryland, à quelques miles de la capitale Washington DC, n'aborde pas tous ces thèmes mais se concentre sur les agissements du jeune soldat de 25 ans, féru d'informatique et qui est devenu la plus célèbre des taupes. Un traître ou un héros selon les points de vue.

Arrêté il y a trois ans, Bradley Manning encourt la réclusion criminelle à perpétuité devant le tribunal militaire présidé par la juge Denise Lind, qui aura à examiner rien moins que 22 charges. Il est accusé de «collusion avec l'ennemi» - en l'occurrence Al Qaïda - pour avoir livré au site internet WikiLeaks des milliers de documents militaires américains sur les guerres d'Irak et d'Afghanistan, mais aussi quelque 250 000 câbles diplomatiques du Département d'État que dirigeait alors Hillary Clinton.

Dans les deux cas ont été mises au jour les pratiques peu reluisantes des États-Unis et de certains de ses alliés. La publication des documents militaires (les War Logs) a ainsi porté à la connaissance du grand public les bavures de l'armée américaine.

Le 5 avril 2010, WikiLeaks publie une vidéo de l'armée américaine, transmise par Manning, montrant deux photographes de Reuters et des civils, tués par un hélicoptère Apache, lors d'un raid aérien à Bagdad, le 12 juillet 2007. Cette première publication donne le départ d'une série de révélations très embarrassantes pour les États-Unis. S'associant très intelligemment à de grands journaux dans le monde (The Guardian, The New York Times, Der Spiegel) à qui il fournit ses documents pour commentaires et analyses, WikiLeaks permet ainsi de démontrer le double jeu du Pakistan, révéler que la guerre en Irak a fait environ 110 000 morts dont 66 000 civils, et attester que plusieurs milliers d'Irakiens ont été livrés par des soldats américains à des centres de détention pratiquant la torture…

Sarkozy «susceptible et autoritaire», Berlusconi «incapable»

Le 25 juillet 2012, WikiLeaks lance une nouvelle offensive avec l'opération «Cablegate» qui dévoile quelque 250 000 télégrammes échangés entre les diplomates américains. Ces documents, relayés là aussi par des journaux dans le monde entier, lèvent le voile sur l'appréciation réelle qu'ont les États-Unis de différents pays, leur leader comme leur politique ou leur économie. Nicolas Sarkozy, qualifié de «président le plus pro américain depuis la Seconde Guerre mondiale» y est ainsi dépeint comme «très susceptible et autoritaire», et «brillant tacticien». Berlusconi comme «incapable» et «inefficace», «ayant un goût prononcé pour la fête»… Mais ce coup de projecteur sur la diplomatie mondiale, dont la pratique du secret et du double langage est consubstantielle à son fonctionnement, s'attire les foudres de très nombreux gouvernements.

Dès lors, pas étonnant que le procès de Manning, pour éviter d'autres révélations, se tienne alors à huis clos et que la juge Lind ait annoncé qu'elle interdirait aux plaidoiries d'aller vers un débat général sur la politique étrangère américaine. Un débat qui se tiendra de toutes façons hors du prétoire où des manifestations de soutien au prévenu sont prévues. Car ce procès d'un seul homme est assurément aussi celui de la transparence et des secrets d'États en démocratie.

Julian Assange, le reclus de Londres
Le fondateur et rédacteur en chef du site WikiLeaks est toujours reclus à Londres, accueilli à l'ambassade d'Équateur. Il s'était réfugié le 19 juin 2012 dans cette représentation diplomatique afin d'échapper à une extradition vers la Suède pour une affaire de viol, dans laquelle il clame son innocence. La justice suédoise, qui a émis un mandat d'arrêt, espère bien que Londres va l'appliquer. Le cybermilitant, qui avait tenu une rocambolesque conférence de presse depuis le balcon de l'ambassade, craint, si cela se réalisait, d'être à terme transféré vers les États-Unis, où il pourrait encourir la peine de mort ou la prison à vie pour la publication des documents secrets.
Si Julian Assange est comme privé de sa liberté de déplacement, sa liberté de parole reste, elle, intacte. L'Australien, aujourd'hui âgé de 41 ans et qui fit la couverture du magazine Time, entend bien continuer son combat, à la fois dans la publication de nouveaux documents confidentiels, et dans la défense des libertés individuelles. Car pour lui les deux sont liés, comme il l'explique dans «Menaces sur nos libertés. Comment internet nous espionne. Comment résister» dont le credo final est «vie privée pour les faibles, transparence pour les puissants.»
Mi-mai, à quelques jours du procès de Manning, Assange assurait que WikiLeaks est «plus fort aujourd'hui qu'il y a deux ans»

Quand WikiLeaks fait des petits dans le monde
La divulgation de documents secrets au nom du droit de savoir et de la transparence démocratique a fait la puissance de WikiLeaks, qui s'est fait connaître avec la publication de documents militaires et diplomatiques confidentiels. Le site de Julian Assange a d'ailleurs dévoilé depuis bien d'autres documents gênants sur les accidents nucléaires de Fukushima, sur les conditions de vie des détenus du camp de Guantanamo ou sur la Syrie. Dernièrement le site a annoncé la publication des «Kissinger Cables», soit un ensemble de 1,3 million de câbles diplomatiques dont 320 000 documents classés secrets.
Mais la force de WikiLeaks est que le site a fait école et des «petits» WikiLeaks sont apparus partout dans le monde.
Parmi ceux-ci, OpenLeaks, né d'une dissidence de WikiLeaks mais qui n'a encore rien publié. La chaîne d'informations continue arabe Al Jazeera a lancé en janvier 2011 Al Jazeera Transparency Unit (AJTU) qui a sorti des documents sur la Jordanie ou la mort de Yasser Arafat. Et au Québec, QuébecLeaks lancé en mars 2011.
Décrypter et analyser des documents confidentiels a aussi donné des idées aux médias qui ouvrent eux aussi des plateformes similaires. Le Wall Street Journal a lancé, le 6 mai 2011 une section Safe House (coffre-fort) ; le New York Times veut pour sa part fédérer des lanceurs d'alerte parmi ses lecteurs. En France, le site Mediapart d'Edwy Plénel, a lancé le 10 mars 2011 un FrenchLeaks. Le Monde et d'autres journaux ont publié il y a deux mois des documents relatifs aux paradis fiscaux fournis par le consortium d'investigation américain ICIJ pour une «Opération Offshore Leaks
Enfin, il y a eu le VatiLeaks. Même si l'appellation a été un peu détournée des initiatives de type WikiLeaks, il s'agit de la publication dans la presse italienne de documents confidentiels sur les luttes d'influence au sein de la Curie romaine. Des documents transmis par le majordome de Benoît XVI, Paolo Gabriele.

Vos données personnelles sont-elles à l'abri ?
De prime abord rien de commun entre des secrets d'États et des documents militaires qui fuitent et nos données personnelles, photos de familles ou commentaires sur les réseaux sociaux. Et pourtant… Dans son livre «Menace sur nos libertés. Comment Internet nous espionne. Comment résister», Julian Assange démontre que toute notre activité électronique, des SMS aux recherches sur Google, est scrutée par «des systèmes de surveillance globaux» à la fois pour mieux contrôler ce qui circule sur Internet, quitte à censurer tel ou tel contenu sous un vernis juridique, et pour «tirer profit du nouvel or noir du XXIe siècle : les données personnelles»
Vie privée et droit à l'oubli. Pour Assange, le respect de la vie privée, donc des données, qui doit aller de pair avec la transparence des États, est capital. Un constat partagé d'ailleurs par les participants du récent colloque international sur l'e-réputation et les traces numériques qui s'est tenu à Toulouse. «L'e-réputation, c'est un enjeu de société. Les traces numériques qu'on laisse par notre pratique du web permettent de vous identifier. On a dépassé «1984» de George Orwell», confiait à La Dépêche Christophe Alcantara, enseignant-chercheur en Sciences de l'information et communication au sein de l'IDETCOM de l'Université Toulouse I Capitole. Quelle solution pour nos données ? «La cryptographie» proclame Assange dans son livre. Mais aussi, tout simplement, comme le dit Alcantara «savoir que tout ce que l'on va dire sur internet pourra être exploité... en bien comme en mal.»

Neventy : l'avenir du réseau social passe par Toulouse


Alors que Facebook connaît une – légère – désaffection, notamment de la part des jeunes (le réseau social américain, sur les six derniers mois, aurait perdu neuf millions d’inscrits aux États-Unis et 2 millions au Royaume-Uni), les initiatives se multiplient dont, l’une, Neventy, lancée ce 8 mai à 17 heures à Toulouse, préfigure peut-être l’avenir du réseau social.

Imaginé par 8 étudiants toulousains soutenus par un investisseur, Neventy est un réseau social d’événements géolocalisés en temps réel, qui joue la carte mobile avec une application dédiée.

« Lors d’une soirée, nous avons constaté qu’un de nos amis se trouvait dans la rue juste à côté sans qu’on le sache, déplore le jeune homme. On s’est dit que c’était vraiment dommage et qu’il fallait y remédier », expliquait à La Dépêche le mois dernier Stéphane Nimer, qui a travaillé un an sur le projet avec ses camarades, qui suivent ou ont suivi des études d’informatique et de communication.

« Le réseau social se décline en deux axes : le privé, permettant d’échanger avec ses amis et de créer des événements, et le public, en partenariat avec des bars et des boîtes de nuit », détaillait Stéphane Nimer.

Le partenariat avec les établissements a déjà permis de réunir plusieurs noms célèbres de Toulouse comme le Saint des Seins, le Snapper Rock, la Couleur de la Culotte ou Chez Tonton. Une vingtaine d’établissements au total. Ce nouveau réseau, qui va rester toulousain dans un premier temps, vise 24 000 utilisateurs jusqu’à 40 000.

Neventy a été lancé hier en version beta. « Cette version regroupe seulement 70 % des fonctionnalités mais elle est indispensable car elle permet de tester l’application dans son environnement, avec une base de données et un nombre d’utilisateurs réels », expliquent les fondateurs, qui donnent rendez-vous aux Toulousains le 18 mai prochain pour avoir accès à une version complète de Neventy..

Plus d'infos ici : www.neventy.fr

Le web a déjà 20 ans




Déjà 20 ans et pourtant nous avons l'impression que le web a toujours fait partie de notre vie, tellement cette innovation nous accompagne tout au long de nos activités : consulter une encyclopédie ou lire La Dépêche en numérique, télécharger un album ou voir un film en vidéo à la demande, jouer en réseaux ou partager ses photos sur Facebook ou sur son blog, déclarer ses impôts, faire ses courses, réserver ses vacances, etc. Autant d'activités auxquelles les inventeurs du web, le Britannique Tim Berners-Lee et le Belge Robert Cailliau, n'avaient sans doute pas à l'esprit lorsqu'ils ont entamé leurs travaux.

Au début, un outil pour les chercheurs
La toile (le « web »), principale application d'internet, a été inventée à Genève, en mars 1989, au Centre européen de recherche nucléaire (CERN). L'idée était d'offrir aux chercheurs, notamment aux physiciens des hautes énergies, une nouvelle façon d'échanger de l'information. Internet était alors, en effet, très peu ergonomique. Berners-Lee va imaginer de lier entre elles les adresses web et le langage hypertexte. En 1990, lui et ses équipes font fonctionner le premier serveur et le premier navigateur web. L'année suivante, d'autres laboratoires de physique des particules vont profiter de cette invention.
Le web pour le grand public verra, lui, réellement le jour il y a 20 ans, fin avril 1993, année où les pages web, qui ne contenaient que du texte, s'ouvrent aux images…
En 1995, Cailliau et Berners-Lee convainquent le CERN de mettre le web et ses protocoles dans le domaine public. Par pragmatisme d'une part, pour accélérer son développement ; mais aussi par adhésion aux principes de partage et de standards ouverts (le fameux open source) portés par le monde universitaire.

Le risque d'un web à deux vitesses
Le web connaît alors un développement fulgurant, faisant émerger des empires comme Google, Youtube, Amazon, etc. En constante évolution, il devient « 2.0 » dans les années 2000. Ce « nouveau » web propose alors des sites conçus pour que l'internaute, de spectateur, devienne aussi producteur. Les communautés émergent, le partage d'informations, de contenus, n'a jamais été aussi fort et simple à réaliser. Les réseaux sociaux comme Facebook inventent de nouveaux liens amicaux, familiaux, professionnels, commerciaux et surtout intergénérationnels. Bien sûr, tout n'est pas rose et sur la Toile se développent aussi virus, cybercriminalité voire cyberterrorisme.
Vingt ans après sa naissance, le web est aujourd'hui à un tournant, tiraillé entre des intérêts particuliers, économiques ou gouvernementaux, et l'ambition généreuse des débuts. En 2010 déjà, Tim Berners-Lee tirait la sonnette d'alarme : entre la bataille des droits d'auteurs, l'émergence de plateformes verrouillées, le non-respect des standards, et la remise en cause par les grands opérateurs télécoms de la neutralité du Net (le réseau transmet les informations sans discrimination), le web risque la balkanisation. Pour éviter ce web à deux vitesses, Berners-Lee compte sur nous tous ; car le web n'est finalement que le reflet de ce que nous en faisons, individuellement et collectivement.

A noter que le CERN a mis en place un site web spécial pour fêter cet anniversaire : http://first-website.web.cern.ch/


20 ans du web : ce qui vous attend demain



En matière de numérique, il est toujours hasardeux de prédire l'avenir.  Thomas Watson, le PDG d'IBM, n'avait-il pas assuré en 1943: « Je pense qu'il existe un marché mondial pour environ 5 ordinateurs » ? Pour autant, de grandes tendances se dessinent pour le web de demain.

1. L'internet des objets (IdO). 
Qu'un ordinateur, une tablette ou un smartphone soit connecté au web, rien de plus normal. Mais d'autres objets qui ne sont pas des terminaux de consultation sont également connectés au web, de façon indépendante et autonome. Votre frigo à écran tactile scanne vos courses et passe commande sur internet de ce qu'il vous manque. Votre machine à laver en panne vous alerte ainsi que le réparateur ; une balance connectée suit au fil des jours votre poids ; un bracelet analyse votre biorythme et vous suggère des exercices physiques. Les possibilités sont infinies dans de nombreux domaines (transport, commerce, santé, énergie, services à la personne, etc.) pour les particuliers, les entreprises, les collectivités. En 2020, on estime qu'il y aura entre 24 et 50 milliards d'objets connectés dans le monde… Seul écueil pour l'instant, l'absence de standard.

2. L'explosion des données.
Une autre tendance, qui découle en partie de l'internet des objets, est la multiplication des données que nous produisons. L'on parle alors de « big data » (grosses données) tellement les volumes générés sont importants et constituent un défi pour le secteur informatique. Certaines collectivités qui émettent de telles données décident de les rendre publiques : on parle alors d'« open data » (donnés ouvertes). N'importe qui peut s'en saisir pour les utiliser. Par exemple à Toulouse, les données du réseau de bus sont ouvertes et ont permis à certains d'imaginer des applications à installer sur son smartphone pour suivre toutes les caractéristiques de sa ligne de bus préférée.
Enfin, la multiplication des données se retrouve aussi chez les particuliers (photos, vidéos, musique, etc.) qui s'installent sur des disques durs à la capacité de plus en plus importante ou sur des serveurs distants (c'est le « cloud computing », l'informatique dans les nuages).

3. Internet sur soi.
Enfin, une autre tendance très marquée dans les années à venir sera les objets connectés à internet que l'on porte sur soi («wearable computing»). Un capteur dans ses chaussures pour mesurer sa performance au footing, ou encore les lunettes de Google qui projettent sur un prisme, devant le regard, une multitude d'informations.


Journée mondiale de la liberté de la presse



Le 3 mai est le jour choisi pour célébrer les libertés de la presse durement gagnées, mais aussi pour constater combien ces victoires restent fragiles.
Ci-dessous l'éditorial de la WAN-IFRA,  l’Association Mondiale des Journaux et des Éditeurs de Médias d’Information, qui  représente plus de 18 000 publications, 15 000 sites Web et plus de 3 000 sociétés dans plus de 120 pays.


Le principe d’une presse libre

Nous voulons une presse libre ! Un refrain familier, un de ces refrains repris d’une voix de plus en plus forte chaque année et qui ne perd jamais de son actualité. Mais pourquoi la liberté de la presse est-elle sujette à discussion ? Ne parvenons-nous pas à faire passer le message ?

La réponse toute simple est que la presse représente le pouvoir et là où il y a pouvoir, il y a aussi ceux qui cherchent à le contrôler ou à l’influencer. Une presse libre est sauvage de nature ; elle est capable de parler sans retenue à l’opinion publique ; elle a toujours été un support essentiel de la liberté d’expression.

Et c’est pour cela qu’elle a toujours été prise pour cible.

Nous acceptons de plus en plus notre citoyenneté numérique, mais les tyrans qui s’opposent à la liberté d’expression apprennent rapidement à devenir des oppresseurs numériques. Les cibles sont de plus en plus nombreuses ; les attaques de plus en plus complexes et diverses. Nous devons faire preuve d’une sensibilisation et d’une vigilance accrues.

L’impunité pour les meurtriers de journalistes s’applique maintenant aussi à ceux qui assassinent les blogueurs. La censure ne fait pas de différence entre les plates-formes rédactionnelles. Les prisons sont construites pour ceux qui offensent, quel que soit le support média.

Il est impossible d’empêcher ceux qui étouffent la liberté d’expression de saper nos libertés fondamentales. Et ils ne s’en privent pas, comme l’indiquent les divers classements mondiaux de la liberté de la presse. Ils le font souvent et sans crainte des conséquences.

Notre droit à l’information – chercher, recevoir et répandre les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit – est peut-être inscrit dans les droits de l’homme et les lois internationales, mais les médias doivent se battre tous les jours et faire office de rempart contre les abus vis-à-vis de la liberté d’expression. En tant que contrôle du pouvoir en place, une presse libre sert de fenêtre de la société au travers de laquelle les abus, les digressions, les mensonges et les intérêts de ceux au pouvoir sont révélés au public.

Selon les gouvernements corrompus, les criminels et les fondamentalistes de tout genre, il serait préférable de définitivement murer cette fenêtre.

Prenez l’exemple du Mexique, où les journalistes font face à un climat de violence, souvent meurtrier. Les répercussions d’un tel environnement sont dévastatrices. « Cela engendre la peur et il est préférable de se taire plutôt que de s’exprimer sur des événements qui pourraient constituer une menace », indique la journaliste et écrivaine Anabel Hernández. « Cela mène à l’autocensure qui a un impact sur la liberté d’expression, qui à son tour influe sur la qualité et la profondeur des informations données à la société. Si la société ne connaît pas la réalité qui l’entoure, qui peut alors prendre des décisions ? »

Où que vous viviez, quoi que vous fassiez, réfléchissez une seconde à votre environnement et de quoi il aurait l’air si les médias n’étaient pas présents pour poser des questions.

Qui prend les décisions en votre nom et quel est le degré de transparence du processus ?

C’est en fin de compte la raison pour laquelle nous défendons les journalistes et la liberté de la presse dans le monde entier.

Avec Internet, l’enjeu est poussé à son maximum. Les règles du contrôle assuré par les médias traditionnels depuis si longtemps comme contrepoids du pouvoir évoluent rapidement pour adhérer à des paramètres non définis par les médias.

Internet invite les censeurs jusque dans nos foyers, souvent involontairement, et la liberté d’expression devient un souci quotidien pour tous ceux qui sont membres de réseaux sociaux, communiquent par mail et possèdent un smartphone ou une tablette.

Tout au moins devraient-ils s’en soucier. Paradoxalement, la grande révolution numérique qui nous a projetés à une époque de connexion mondiale est également la source d’un autre mécanisme de contrôle, une occasion de restreindre la liberté d’expression. Les médias d’information en ligne, avertis par les expériences vécues par la presse écrite, sont peut-être prêts pour combattre ce problème, mais nous, en tant qu’individus, le sommes-nous ?

En ligne ou hors ligne, les nouveaux défis à relever ou les menaces familières ne sont pas moins choquants. Chaque année a son lot de journalistes morts, de professionnels des médias emprisonnés, de publications menacées, intimidées obligées de mettre la clef sous la porte car financièrement étranglées.

Cette journée du 3 mai est principalement l’occasion solennelle d’avoir une pensée pour les collègues harcelés en raison de leur travail, notamment pour ceux qui ont été tués dans l’exercice de leur profession.

Leur ‘profession’ n’a pas seulement consisté à nous ramener les informations. Leur travail – de par sa nature risqué, parfois dangereux, toujours direct et franc – allait au-delà des titres et de leurs articles qui devenaient en soi des notices nécrologiques involontaires. Leur travail repose sur une croyance en un principe sur lequel est basée la démocratie et qui est palpable dans chaque article, chaque photo ou chaque émission.

Et c’est à ce principe que nous adhérons fièrement. C’est sur ce principe que repose notre industrie et au nom duquel le journalisme se développe.

Message vidéo d'Irina Bokova, directrice générale de l’UNESCO

Plus d’informations sur le site de l'Unesco consacrée à la Journée mondiale


Une balise toulousaine à l'assaut du continent de plastique



Une expédition va partir fin mai à l'assaut du «7e continent», une gigantesque plaque de déchets plastiques flottant sur l'océan Pacifique. Un capteur réalisé par des élèves ingénieurs toulousains et le Cnes.

Le réchauffement climatique, la fonte de la banquise ou l'élévation du niveau de la mer sont désormais bien connus du grand public. Ce dernier va découvrir une autre conséquence environnementale de l'inconscience des hommes à la faveur d'une expédition scientifique impliquant des Toulousains, qui va partir fin mai à l'assaut du «7e continent». Derrière cette expression se cache une gigantesque plaque de déchets plastiques flottant sur l'océan Pacifique. Rassemblés par les courants marins en un immense vortex appelé «gyre», ces déchets forment un «continent» grand comme six fois la France !

Un an après une première tentative, une expédition va repartir le 20 mai de San Diego, en Californie, pour mieux cerner les conséquences dramatiques de ces plastiques sur l'eau et la faune. À l'origine de cette aventure, Patrick Deixonne, un explorateur guyanais de 48 ans, qui a découvert le «continent» en 2009 lors de sa participation à la course en solitaire à l'aviron Rames-Guyane. Revenu à terre, cet ancien sapeur-pompier au centre spatial de Kourou et membre de la Société des explorateurs français, se documente et s'aperçoit que le «continent», découvert fortuitement par un océanographe américain, Charles Moore, en 1997, n'est pas cartographié car difficilement détectable par les satellites. Dès lors, Patrick Deixonne ambitionne d'étudier l'impact de cette «soupe» de plastiques et mobilise des partenaires.

Parmi ceux-ci le Centre national d'études spatiales (Cnes) mais aussi des élèves ingénieurs de l'Institut Catholique d'Arts et Métiers (ICAM) de Toulouse.

Cinq bouées au total

Ces derniers ont réalisé une bouée dérivante qui sera larguée, avec quatre autres, par Patrick Deixonne au cours de son périple. À l'intérieur de la balise toulousaine baptisée Gyroplastic, différents capteurs vont mesurer les paramètres de l'environnement : température, luminosité, fluorescence, salinité. Dans un second temps, les élèves-ingénieurs toulousains vont développer un capteur qui sera capable de différencier les microdéchets plastiques collectés du plancton, afin de pouvoir déterminer ensuite la concentration de plastiques dans la zone.

Sur le site internet de l'expédition, le grand public pourra suivre le parcours des balises - arrivées à San Diego vendredi dernier pour être embarquées sur le voilier - et parcourir un carnet de bord multimédia.

Le CNES en première ligne
Le 7e continent n'a été exploré que par deux expéditions américaines en 2006 et 2009. L'expédition française mise en œuvre par Patrick Deixonne est fortement soutenue par le Cnes. Le programme pédagogique de l'expédition a intégré le dispositif Argonautica du Cnes. Et les capteurs Modis à bord des satellites Aqua et Terra, ainsi que les satellites Parasol et Jason seront sollicités pour des prises de vue et fourniture de données sur la zone.

Toulouse : l'homo numericus au programme de la 17e Mêlée numérique



L'association toulousaine La Mêlée - principale association numérique en France qui regroupe quelque 570 adhérents dont une centaine de PME - a dévoilé ce mercredi le programme de la 17e édition de son grand rendez-vous. Organisée les 5 et 6 juin au centre des congrès diagora de Labège, en partenariat avec le Sicoval et Toulouse Métropole, la Mêlée numérique abordera la thématique "L'homo numericus est là."
"La révolution digitale est une révolution sociale qui est encore peu intégrée  par l'entreprise et les organisations. En 2020, il y aura 6,6 objets connectés par personne dans le monde. On ne se connecte pas ; on est connecté", explique Edouard Forzy, délégué général de l'asociation et cheville ouvrière de la manifestatoon avec les 9 permanents.

Cinq thèmes

Pour explorer comment cette connectivité permanente qui bouleverse notre quotidien, La Mêlée numérique s'articuliera autour de cinq thèmes : la ville connectée (en terme de réseaux, d'énergie, de transports avec l'exemple de Rio de Janeiro) ; l'open société (télétravail, ouverture des données publiques) ; le marketing digital (cybercommerce, réseaux sociaux, e-réputation) ; innovaton et corévolution ; systèmes d'information (cloud computing, télécoms).

Trophées de l'économie numérique

Les quelque 3500 visiteurs attendus pourront partir à la rencontre de 150 exposants réunis dans le village  des start-up. A cpoté d'ateliers et de t ables rondes, de grandes conférences seront données par des personnalités comme Benoît Thieulin, président du Conseil national du numérique, Louis Dreyfus, président du directoire du Monde, ou Francis Pisani, journaliste et enseignant à l'université de Californie-Berkeley.
Enfin, comme chaques année, la Mêlée décernera les trophées de l'économie numérique qui, pour la 11e fois, vont distinguer les initiatives les plus innovantes de la région.

6 millions de visiteurs pour comprendrechoisir.com


En 2007, Christophe Poupinel devait faire les travaux d'isolation de sa maison. Frustré de devoir aller sur plus de 20 sites internet non spécialisés, pour au final glaner des informations incomplètes, il décide de créer ComprendreChoisir.com.
Six ans plus tard, ComprendreChoisir.com propose une information extrêmement complète et de qualité sur l'isolation et... sur plus de 420 autres sujets couvrant les différents univers de la vie quotidienne : Maison/travaux, Argent/Droit, Santé/Beauté, Conso/Services et Carrière/Business.

« L'idée est très simple : un internaute qui recherche des infos fiables sur l'isolation, les trouvera beaucoup plus facilement sur un site dédié qui ne parle que d'isolation et pas de carrelage ou de piscine. Nous offrons aux internautes, sur plus de 420 sujets différents, une info complète, indépendante et de qualité pour l'aider à 'Mieux Comprendre pour bien choisir' » explique Christophe Poupinel, Président-Fondateur de ComprendreChoisir.com.

Le site vient de franchir la barre des 6 millions de visiteurs uniques et plus de 100% de croissance

Le commerce mobile et les réseaux sociaux transforment le comportement des voyageurs Français



L’émergence du commerce mobile et l’importance croissante des réseaux sociaux ont modifié en profondeur le comportement des voyageurs Français selon le site internet TripAdvisor. Ce dernier vient de faire le point avec son TripBarometer, la plus grande enquête combinée sur les hébergements et les voyageurs du monde.

Le marché mobile : un petit écran, de grands écarts
44% des voyageurs français interrogés estiment que la possibilité de réserver des hébergements via des appareils mobiles est très utile et 48% attendent des hôteliers qu'ils interagissent avec eux par le biais d'appareils mobiles alors que seulement 28% des propriétaires d’hébergements français le font.
Parmi les propriétaires d’hébergements français qui communiquent via les appareils mobiles :
-       66% ont des sites internet adaptés aux appareils mobiles et ils sont les plus nombreux devant les autres pays interrogés à en proposer,
-       56% proposent la réservation via un appareil mobile,
-       26% proposent des offres spéciales pour les utilisateurs mobiles.

Des voyageurs connectés en permanence
Pendant leurs voyages, les Français interrogés :
-       naviguent sur le web à l’aide d’appareils mobiles (43%)
-       téléchargent des photos sur les réseaux sociaux (28%)
-       téléchargent des applications spécifiques (28%)
-       trouvent des activités locales à l’aide d’appareils mobiles (27%)
-       publient des mises à jour sur les réseaux sociaux (21%)
Pour préparer le dernier voyage,  les voyageurs qui utilisent les plateformes de médias sociaux ont été sur Facebook (49%), Google+ (35%) et Flickr (8%).

Lancement d'un site web de référence des services sans contact en France



L'Association Française du Sans Contact Mobile (AFSCM) et le Forum des Services Mobiles Sans Contact (Forum SMSC) annoncent le lancement du site internet : « Observatoire du NFC et du Sans Contact ». Cette initiative a pour objectif de regrouper et de mettre à disposition de tous, l'ensemble des données chiffrées fournies par les acteurs du sans contact en France.

Le site propose des informations statistiques régulièrement mises à jour sur l'intégralité de l'écosystème du sans contact en France. Actuellement, 30 modèles de mobiles NFC Cityzi sont disponibles et le parc ne cesse de progresser, avec une augmentation de 290%  en 8 mois. On constate que ce développement est complété par une forte hausse du nombre de points de ventes (+ 2000%) et de cartes de paiements (+ 340%) sans contact.

L'AFSCM, le GIE Cartes Bancaires, la Fédération Française des Télécoms et le Forum des Services Mobiles Sans Contact (Forum SMSC, pilote de l'opération) collaborent comme membres contributeurs, en participant notamment à l'enrichissement mensuel des statistiques. 
Retrouvez l'Observatoire NFC et du sans contact sur http://observatoireNFCsanscontact.fr

Tribune libre : l'encadrement juridique de l'utilisation de leurs équipements personnels par les salariés

Par Donatienne Blin, avocat au sein du département Informatique & Réseaux du cabinet Courtois Lebel.


Le BYOD (« Bring your own device »), ou l'utilisation par les employés de leurs équipements personnels (smartphone, pc portable, tablette tactile...) dans un contexte professionnel, est aujourd'hui une pratique courante en entreprise, qui demeure pourtant peu encadrée juridiquement.

L'accès immédiat et en toutes circonstances au système d'information de l'entreprise grâce aux BYOD améliore la réactivité et la productivité des employés.
Pourtant cette pratique souvent tolérée par les entreprises présente, en l'absence d'encadrement spécifique, des risques substantiels pesant sur la sécurité du système d'information, précisément sur la confidentialité et l'intégrité des données de l'entreprise : négligence de l'utilisateur (prêt ou perte du terminal), applications malveillantes téléchargées, virus ou failles de sécurité de l'OS (operating system) rendent possibles les accès frauduleux au système d'information par des tiers non autorisés.
Chaque type de BYOD présente des risques particuliers qui devront être traités différemment.
L'utilisation des équipements personnels et l'anticipation des risques est donc une problématique majeure au sein de l'entreprise et précisément des directions juridiques et des directions des systèmes d'information.
Toute perte ou altération des données personnelles peut provoquer des dommages économiques à l'entreprise, mais peut également engager sa responsabilité : l'article 34 de la loi n°78-17 Informatique, fichiers et libertés du 6 janvier 1978 impose au responsable de traitement de données personnelles de prendre toutes précautions utiles, au regard de la nature des données et des risques présentés par le traitement pour « préserver la sécurité des données et notamment, empêcher qu'elles soient déformées, endommagées, ou que des tiers non autorisés y aient accès ».
Ainsi, dans le prolongement de la politique de sécurité mise en œuvre par les DSI (directions des systèmes d'information), les entreprises doivent encadrer l'utilisation des BYOD et garder en toutes circonstances le contrôle de l'accès au réseau et des données y étant accessibles.
Cet encadrement devra se matérialiser par la mise en place d'une charte informatique, ou la mise à jour de celle-ci dès lors qu'elle serait existante, en vue d'y inclure les mesures propres à leur utilisation, applicables à l'ensemble des salariés.

Les problématiques suivantes devront y être abordées :

L'accès au système d'information de l'entreprise
Compte tenu des risques (introduction de virus, fuite, perte, altération de données personnelles ou sensibles et confidentielles...) pesant notamment sur les données de l'entreprise, des règles d'accès au système d'information de l'entreprise via un équipement personnel devront être adaptées.
On pourra prévoir que le salarié utilisant un équipement personnel soit obligé, préalablement à la connexion de son terminal au réseau de l'entreprise, d'avertir le DSI et de faire contrôler son équipement afin de s'assurer de sa conformité en termes de sécurité.
De même, le salarié devra toujours disposer d'un équipement en état de fonctionnement, et systématiquement, télécharger les mises à jour proposées par les éditeurs (du système d'exploitation, des logiciels et des applications utilisés).
Il pourra également être imposé au salarié de protéger son équipement par mot de passe afin d'en interdire l'accès aux tiers.
L'obligation de faire l'acquisition d'outils permettant de limiter les risques de sécurité pourra également être imposée au salarié : logiciel antivirus, de cryptage des données, ou encore dispositif permettant de supprimer les données à distance dès lors que les données seraient directement stockées sur l'équipement personnel du salarié.
Afin d'éviter la perte définitive des données (les applications cloud le permettent), il peut également être imposé au salarié d'installer des outils de sauvegardes journalières ou de synchronisation des données avec un autre appareil.
En cas de vol, perte, ou constat quelconque d'intrusion frauduleuse sur l'équipement personnel, le salarié devra immédiatement prévenir le DSI afin qu'il prenne toutes mesures nécessaires pour protéger le système d'information de l'entreprise et les données y étant stockées.

La propriété et le contrôle des données accessibles via l'équipement personnel
Il devra être précisé que toutes données professionnelles stockées ou accessibles via un équipement personnel demeureront la propriété exclusive de l'employeur.
Les cas d'accès et de contrôle aux données stockées sur l'équipement personnel du salarié par l'employeur devront être précisément définis dans la charte.
Pour rappel, la règle est la suivante : le salarié utilisant un équipement professionnel doit expressément identifier les éléments personnels comme tels ; à défaut d'identification explicite contraire, le contenu est considéré comme ayant un caractère professionnel et son employeur peut dès lors y accéder.
L'employeur ne peut accéder aux fichiers personnels expressément identifiés comme tels par son salarié hors la présence de ce dernier, et ce sauf risque ou évènement particulier.
Il devra être imposé au salarié, en cas de départ de l'entreprise, de transférer à son supérieur hiérarchique l'ensemble des données professionnelles éventuellement stockées sur son équipement personnel. En cas d'application cloud, l'accès doit être coupé au jour du départ.

La problématique du coût ou la participation de l'entreprise aux frais payés par les salariés
Dans le cas des BYOD, le coût des équipements personnels utilisés à des fins professionnelles et les éventuels frais annexes (assurance, maintenance, anti-virus, forfait téléphone/internet, logiciels indispensables à l'activité, tel que le Pack Office de Microsoft) sont de fait déportés chez les salariés.
Certains coûts pourraient être partiellement pris en charge par les entreprises, dès lors qu'il est raisonnable de considérer que le salarié n'aurait pas fait l'acquisition de ces différents outils, imposés par l'entreprise, dans le cadre d'une utilisation strictement personnelle.
Ces règles liées à la prise en charge totale ou partielle des coûts devront être définies et portées à la connaissance des employés.
Cette problématique rejoint celle de la discrimination entre les salariés : certains salariés pourront se procurer eux-mêmes leur propre équipement tandis que d'autres ne le pourront pas pour des raisons exclusivement financières.

La durée légale du travail
En utilisant son équipement personnel, notamment pour recevoir ses mails professionnels, le salarié reste connecté en permanence avec le réseau de son entreprise.
Cela a pour conséquence d'augmenter la durée du travail. Or les entreprises doivent respecter la durée légale du temps de travail sous peine de sanction.
La charte devra donc tenir compte du fait que l'utilisation de l'équipement personnel ne doit en aucun cas porter atteinte à la durée légale du travail applicable à chaque salarié concerné.
Au même titre, aucune sanction ne devrait découler d'une absence de réactivité d'un salarié en dehors de ses horaires de travail.
Les accès aux applications ou plus généralement au réseau de l'entreprise en dehors des horaires de travail peuvent être directement bloqués à distance par la direction des systèmes d'information. Ce système impose de créer des groupes d'utilisateurs autorisés, en fonction des horaires de travail qui leur sont applicables, du poste ou encore du rang hiérarchique occupé.

La responsabilité en cas de vol ou de dommages matériels causés à l'équipement personnel
La question des éventuels dommages causés à l'équipement personnel de l'employé sur le lieu de travail sans aucune faute de sa part devra être tranchée dans la charte.
Par exemple un virus pourrait être transmis sur l'équipement personnel du salarié qui se serait connecté au réseau de l'entreprise.
Dès lors que l'équipement du salarié serait endommagé par la faute ou la négligence de l'entreprise, celle-ci devrait, dans ces conditions, être responsable des réparations.
Les conditions de responsabilité et de réparation totale ou partielle en cas de dommages matériels doivent donc être précisément définies, dans le respect des règles du code du travail applicables.

La redéfinition des règles d'utilisation prohibées
Il conviendra d'élargir les règles d'utilisation prohibées des ressources de l'entreprise aux ressources personnelles, dès lors que le réseau internet de l'entreprise devient accessible via un équipement personnel.
Ainsi, il faudra rappeler au salarié que les règles d'utilisation prohibées des ressources de l'entreprise s'étendent à son équipement personnel (faits d'atteinte à la vie privée ou à l'image d'un tiers, diffamation, injure, discrimination, dénigrement de l'entreprise, l'atteinte à l'image de marque, à sa réputation ou à ses droits)
De même, devront être prohibés les téléchargements de contenus portant atteinte au droit de la propriété intellectuelle qui seraient effectués par le salarié via le réseau de l'entreprise avec son équipement personnel.
Enfin, il devra être interdit au salarié de se connecter via des réseaux wifi non sécurisés mais également de télécharger des applications ou logiciels non sécurisés sur son équipement personnel. La DSI pourrait préalablement établir une liste d'applications ou d'éditeurs interdits car présentant des risques en termes de sécurité, et mettre à jour cette liste.

L'opposabilité des règles
L'opposabilité de ces règles devra être assurée afin de pouvoir engager la responsabilité disciplinaire ou judiciaire du salarié qui ne les aurait pas respectées et qui aurait été responsable du dommage causé à l'entreprise par sa faute.

Ces règles peuvent donc figurer dans la charte informatique de l'entreprise, laquelle sera elle-même annexée au règlement intérieur. Les instances représentatives du personnel devront être consultées.


Courtois Lebel en bref
Cabinet d'avocats d'affaires français fondé en 1969, Courtois Lebel offre à une clientèle de dimension internationale une large gamme de prestations juridiques dans les principaux domaines du droit des affaires avec une réelle dimension internationale.

Une application pour scanner son compte Facebook


Plus de 600 millions d'utilisateurs accèdent à leur profil Facebook via leurs smartphones. Un tiers ne pensent pas à modifier les paramètres de confidentialités et ainsi laissent n'importe qui voir n'importe quoi. Grâce à l'analyse des paramètres de sécurité des comptes Facebook, l'application Trend Micro Privacy Scanner assure une protection supplémentaire des informations personnelles sur les réseaux sociaux en suggérant des modifications pour protéger les informations personnelles. En un clic, les utilisateurs vérifient les paramétrages de leur page Facebook et contrôlent ainsi l'accès à leurs informations personnelles, ce qui améliore leur sécurité personnelle et numérique.
Trend Micro Privacy Scanner pour Android est disponible gratuitement sur Google Play (en version anglaise uniquement).


«Le droit à l'oubli ne peut être qu'européen»

Christophe Alcantara, enseignant-chercheur en Sciences de l'information et Communication au sein de l'IDETCOM de l'Université Toulouse 1 Capitole, a réuni les 21 et 22 mars à Toulouse, un colloque international inédit sur l'e-réputation et les traces numériques.


Pourquoi organiser un tel colloque ?

D'abord, c'est un enjeu de société. L'e-réputation dépasse le cadre des professionnels du web. Nous sommes tous confrontés à ces enjeux parce que l'e-réputation, si l'on regarde la partie émergée de l'iceberg, ce sont les contenus que l'on va dire sur un sujet donné. Mais pour le chercheur que je suis, c'est bien plus que cela : ce sont les traces numériques que l'on laisse par notre pratique du web. Par exemple, ce sont toutes les données de géolocalisation qui sont collectées lorsque l'on utilise un smartphone. Ces traces permettent de vous identifier. Aujourd'hui, on a dépassé «1984» de George Orwell. En tant que citoyen, c'est interpellant. J'ai eu aussi envie de faire un tel colloque car il y a derrière cela un véritable gisement, des richesses. De plus en plus d'entreprises utilisent les réseaux sociaux pour optimiser leur communication.

Que pensez-vous du droit à l'oubli numérique que le gouvernement voudrait mettre en œuvre ?

Ce qu'annonce Fleur Pellerin est la même ineptie que ce que déclarait Nathalie Kosciusko-Morizet. Le droit à l'oubli, tout le monde est pour, mais dans la réalité des faits, c'est impossible à mettre en œuvre. Par exemple si le petit ami britannique d'une étudiante française Erasmus à Londres publie des photos compromettantes sur Facebook, il y a quatre droits qui interviennent : l'anglais, le français, l'américain pour Facebook et peut-être même le scandinave si ce pays héberge les serveurs. Faire cohabiter ces quatre droits est impossible sans au moins un accord européen.

Le droit à l'oubli est-il donc utopique ?

Non, il peut se mettre en œuvre au plan communautaire européen. Fin 2013, doit sortir un règlement qui s'appliquera à tous les pays membres de l'Union. A priori ce règlement cherche à être coercitif mais la machine à lobbying est extrêmement forte auprès de l'Europe. Des acteurs comme Facebook, Google n'ont jamais signé ne serait-ce que la charte à l'oubli numérique de Mme Kosciusko-Morizet qui n'était qu'une simple déclaration d'intention. Car aujourd'hui, leur cœur de métier est de constituer la plus grande base de données comportementales au monde. Elle e st là, leur valeur ajoutée.

Face à ces géants du Net, qui dépendent du droit américain, quelle capacité d'action a-t-on ?

On a la possibilité se faire entendre si l'on met en œuvre ce fameux règlement au niveau européen. Quand on représente 500 millions de consommateurs, Google nous regarde différemment que si l'on ne représente que la Belgique. Et au niveau européen, il faut faire du lobbying. Le fait d'organiser un colloque comme celui de Toulouse, permet d'exprimer des opinions d'experts, de chercheurs, pour faire passer des messages.

En attendant que ce droit à l'oubli existe, que conseiller aux citoyens, aux parents qui sont inquiets ?

L'idée est de ne pas être technophobe. Il faut dire aux gens de ne pas aller sur internet d'une façon aussi naïve qu'ils le font. Ils y vont sans aucune considération sur l'effet boomerang qu'il peut y avoir pour eux. Il faut savoir que tout ce que l'on va dire sur internet pourra être exploité en bien comme en mal. Il faut en avoir conscience.

La Ville de Toulouse investit le réseau social Pinterest

La Ville de Toulouse est l'une des métropoles françaises parmi les plus actives sur les réseaux sociaux. Depuis 2008, elle a déjà investi Facebook, Twitter, Youtube, Dailymotion, Instagram, Flickr, Foursquare. Elle utilise aussi les flux RSS pour les principales rubriques de son site.

Depuis quelques jours, la Ville est présente sur le réseau http://pinterest.com/toulousefr/" target="_blank">Pinterest. Encore peu connu dans l'hexagone, ce réseau permet à ses abonné d'épingler (pin = épingle en anglais) des photos dans des albums photographiques thématiques ; et de  ré-épingler des photos présentes dans d'autres albums.

Lancé en 2010, Pinterest, disponible uniquement en anglais mais avec un fonctionnement suffisamment intuitif pour le rendre acessible aux non-anglophoes, a connu une très forte croissance. Avec 49 millions de visiteurs uniques, contre 9 un an auparavant, il est actuellement valorisé à 2,5 milliards de dollars.

Sur la page Pinterest de la Ville de Toulouse, on trouve 13 albums (boards) thématiques : patrimoine, histoire, arts & cultures, musiques, se promener, se déplacer, nager, Toulouse en chiffres, apprendre, découvrir, éducation, jumelages et grand parc Garonne.
http://pinterest.com/toulousefr/">http://pinterest.com/toulousefr/

Ci-dessous, une vidéo promotionnelle de la présence de Toulouse sur le web 2.0

La Dépêche du Midi lance une offre Premium avec iPad



Depuis le 26 septembre, La Dépêche du Midi a ouvert son service Premium composé d'un fil d'informations régionales en temps réel, de la version électronique et multimédia du journal et de services exclusifs réservés à ses abonnés. Vous êtes de plus en plus nombreux à nous rejoindre sur ce service.
Aujourd'hui, à l'occasion des fêtes de fin d'années, La Dépêche lance une offre exceptionnelle à destination de  nouveaux abonnés : un pack iPad avec abonnement.
Cette offre consiste en une tablette Apple iPad 2 (16 Go, Wifi) et l'abonnement Premium ; au tarif de 139€ par chèque puis par prélèvements automatiques mensuels de 29,90€ pour une durée d’engagement de 24 mois.
Vous pouvez acquérir séparément l’abonnement à La Dépêche du Midi en numérique à 19,90 € par mois et l’iPad 2 à 379 €.
L'offre est valable jusqu’au 31/01/13 et réservée aux nouveaux abonnés.
Conditions particulières et conditions générales de vente disponibles sur demande au numéro suivant : 0 811 652 222 ou à l’adresse : La Dépêche du Midi – Service Abonnements – Avenue Jean Baylet – 31095 Toulouse Cedex 9. Photo non contractuelle.



La téléphonie 4G de SFR bientôt disponible à Toulouse et Montpellier



Stéphane Roussel, PDG de SFR, a inauguré ce matin le réseau 4G de SFR à Lyon. SFR est ainsi le premier opérateur à lancer commercialement la 4G en France pour le grand public et les entreprises.
Après Lyon, Montpellier et Toulouse vont être couvert par cet internet mobile à très haut débit. La  capitale du Languedoc-Roussillon va ouvrir le service le 18 décembre prichain. A l'occasion du collque de l'Idate Digiwirld Summit les 14 et 15 novembre deriner, SFR avait déjà fait la démonstration de la 4G à Montpellier. La Ville Rose sera quant à elle couverte commercialement durant le premier semestre 2013, notamment avec les villes de Lille, Marseille et Strasbourg.
"La 4G offre des débits 5 fois supérieurs en réception (download) et près de 10 fois supérieurs en émission (upload) par rapport à la 3G+. Le temps de latence (ping), c’est-à-dire le temps de réaction entre l’action et sa réalisation diminue de moitié. Cette technologie va permettre la démocratisation sur le mobile et les tablettes de services tels que, la vidéo HD, le visionnage de la TV, les jeux en ligne, les appels vidéo, le cloud, les applications temps réel pour les entreprises et de nombreux autres services", explique SFR, qui va lancer des applications tirant partie de ces débits.

Des abonnements plus chers, des terminaux dédiés
Pour bénéficier de la 4G, les consommateurs devront souscrire des forfaits spécifiques plus cher. SFR, comme les autres opérateurs qui vont lancer la 4G, entendent bien en faire un levrier de croissance qui compensera les forfaits low cost à 20€ mensuels généralisés avec l'arrivée de Free Mobile en début d'année.
"Ce lancement commercial s’appuie sur une gamme complète de terminaux compatibles et sur les tarifs des « nouvelles formules carrées » lancées le 25 septembre dernier. Les clients bénéficient ainsi, à partir de 49,99€/mois (prix avec mobile), d’un accès Internet mobile de 2, 4 ou 6Go de données en 4G (à Lyon puis Montpellier) et en Dual Carrier (60% de la population française couverte), ainsi que des services dédiés pour le Très Haut Débit Internet Mobile", détaille SFR.


Pour SFR, un Français teste le réseau 4G à... par SFR

Les opérateurs télécoms face au défi de la fibre et des usages



Le gratin international du monde des télécoms, de l'internet et des médias se retrouve depuis hier et jusqu'à ce soir au Digiworld summit de Montpellier. Organisé par l'Idate, ce colloque fait chaque année le point sur un secteur bousculé par l'évolution rapide des nouvelles technologies dont les règles évoluent sans cesse. Le changement de règles, justement, est au cœur de cette 34e édition qui aborde trois grands thèmes : les mobiles, les smartphones connectés à internet ; le cloud, c'est-à-dire le stockage de nos données sur des serveurs distants ; et ce que l'on appelle les big data, toutes ces données produites par les utilisateurs, les institutions, les entreprises, les collectivités, etc.

Dans ces trois domaines, une constante : l'augmentation des contenus d'un côté (vidéo, photos, sons, etc.) et celle des usages sur de plus en plus d'appareils connectés (smartphones, tablettes, etc.) de l'autre. Entre les deux, les opérateurs dont les coûteuses infrastructures sont soumises à rude épreuve sans forcément un retour sur investissement correspondant. Engagés qui plus est dans une guerre des prix sur le mobile en France, les opérateurs télécoms cherchent un juste modèle de rémunération. Le PDG de Swisscom, Hans Carsten Schloter, leur a suggéré de faire payer leurs clients en fonction du débit. Pas sûr que cela prenne en France où l'accès à internet à haut débit ADSL est l'un des moins cher d'Europe, ce qui pour certains freine l'arrivée massive de la fibre. «La différence en termes de service et d'innovation n'est pas toujours évidente pour l'utilisateur», note l'expert Roland Montagne, soulignant que la Russie et l'Ukraine comptent plus d'abonnés à la fibre que les 35 pays de l'Europe de l'ouest ! Et pourtant la demande semble là, dans les villes, mais aussi en zones rurales. Les maires ruraux réclament d'ailleurs un fond de péréquation pour éviter la France numérique à plusieurs vitesses qui pourrait se dessiner.

SFR inaugure la 4G à Montpellier

l’occasion de la 34ème édition du DigiWorld Summit organisée par l’IDATE à Montpellier les 14 et 15 novembre, SFR a déployé son infrastructure 4G au Palais des Congrès Le Corum, qui accueillera la manifestation. Le DigiWorld Summit 2012 sera ainsi le premier congrès couvert en technologie 4G en France. Des démonstrations avec des terminaux compatibles seront en libre accès sur l’espace SFR.

Avec son réseau 4G ainsi ouvert pendant les deux jours de la manifestation, SFR va démontrer et promouvoir les nouveaux usages rendus possibles grâce à cette nouvelle génération.

SFR s’appuiera notamment sur la gamme de terminaux compatibles (Motorola RAZR HD, HTC One XL, Samsung Galaxy S3 4G, Galaxy Note 10.1 4G) qui sera disponible lors du lancement commercial le 28 novembre à Lyon, première ville de France à proposer la technologie 4G, avec SFR.

Des démonstrations qui mettent en avant les avantages 4G seront en libre accès sur l’espace SFR :
- délai de latence réduit (temps de réponse entre la demande et la concrétisation de l’action), avec des débits descendants et montants supérieurs en moyenne à ceux de l’ADSL ;
- performances du jeu en mobilité ;
- qualité de la TV avec des flux HD.

La ville de Montpellier sera ouverte à son tour commercialement le 18 décembre.




Tribune libre : Apple en bout de course ?


Par Jules Minvielle, Président et Fondateur de Surikate


Les ventes records de l’iPhone 5 et le lancement attendu de l’iPad mini ne sauraient masquer cette question : après avoir créé le marché des smartphones et des applications mobiles, Apple a-t-il définitivement perdu sa place de leader incontesté ?

La part de marché d’Apple sur le marché des smartphones a atteint 14,9% au troisième trimestre 2012, contre 16,9% au trimestre précédent. Selon les estimations publiées par le cabinet de recherche IDC le 1er novembre dernier,  le système d’exploitation Android de Google équipe désormais 75% des appareils, soit 136 des 182,1 millions de smartphones vendus dans le monde au troisième trimestre. La marque à la pomme, connue pour la fidélité quasi-religieuse de ses utilisateurs, les fascinerait-elle moins aujourd’hui ?

Un rapport de Strategy Analytics [1] paru la semaine dernière met en évidence le fait qu’Apple ne serait plus autant vu comme le leader de l’innovation qu’il était il y a encore quelques mois. Il démontre en effet que la loyauté des utilisateurs d’iPhone recule. Ainsi, aux Etats-Unis, les utilisateurs d’iPhone prévoyant de rester fidèle à Apple lors de leur prochain achat sont aujourd’hui 88%, alors que ce chiffre était de 93% l’an passé. En Europe occidentale, cette proportion plonge de 12 points (de 88 à 75%). Certes, la chute n’est pas énorme et le nombre de possesseurs d’iPhone continue d’augmenter, mais cette baisse semble marquer un signe avant-coureur.

D’autant plus que le nombre de smartphones vendus n’est pas la seule bataille perdue récemment par Apple. Deux autres batailles décisives l’ont été également.
La première est hautement symbolique : il s’agit du nombre d’applications disponibles sur le store. Même si une étude d’Adeven[2] a montré qu’une grande partie des applications disponibles sur les stores n’ont jamais été téléchargées (applications dites « mortes » ou « zombies »), le nombre d’applications disponibles a toujours été un argument marketing pour Apple. Et avec les 700 000 applications disponibles sur Google Play, soit autant que sur l’App Store, les consommateurs ont aujourd’hui un choix qu’ils n’avaient pas auparavant.

La seconde se situe également sur le terrain des applications. Après avoir tenté de se passer de Google pour son application de cartographie, Tim Cook a dû présenter ses excuses aux utilisateurs : la nouvelle application « Plans »  intégrée par défaut dans les iPhones présentant de nombreuses erreurs et approximations qui provoquent des réactions dont Apple n’était pas coutumier.

Il est très surprenant qu’Apple laisse penser, à travers ses récentes décisions, qu’il n’a pas pris la mesure de la situation. Les ventes de l’iPad mini nous diront si le choix était le bon. Mais le maintien d’un prix élevé, supérieur à la concurrence pour une tablette de taille similaire et dont l’écran semble décevoir certains commentateurs spécialisés[3], a surpris.



C’est dans ce contexte qu’Apple a publié récemment les nouvelles conditions tarifaires de son AppStore, applicables à certains pays, majoritairement de la zone Euro. Principal enseignement : les tarifs des applications payantes et de l’achat in-app augmentent. La première tranche qui était de 0,79 € passe à 0,89€ ; la seconde passe de 1,59 à 1,79€, la dixième de 7,99 à 8,99€, etc.

Ces augmentations ont été justifiées par les variations des taux de change euro/dollar.  On peut également y voir la volonté d’Apple de faire un geste envers les éditeurs en augmentant ainsi leurs revenus. Mais malheureusement, une fois encore, cette réforme tarifaire aura été réalisée sans concertation. La hausse est certes très faible en valeur (de quelques centimes à quelques euros d’augmentation), mais non négligeable en proportion (12,5% en moyenne). Même s’ils bénéficient en partie de cette hausse des prix, les éditeurs sont mis devant le fait accompli. Et au final, ce sont les consommateurs qui vont en assumer les conséquences.

Apple peut-il encore se permettre ce type de décision dans un contexte de plus en plus concurrentiel ?
Pour le moment, les chiffres parlent d’eux-mêmes : même si la proportion d’iPhones dans le parc mondial de smartphones diminue, Apple a en vendu 58% de plus que l’an dernier à la même période. Les ventes record de l’iPhone 5 ne laissent pas présager une mort soudaine, loin de là, car, dans le même temps, les ventes d’iPad ont augmenté de 26%, même si là encore Apple n’est plus aussi dominateur qu’avant[4].

Avec la sortie de Windows 8, les prévisions de l’IDC[5] désignant Apple comme troisième acteur en 2016, derrière Google et Microsoft sont-elles en train de se réaliser ?

Apple est tout à fait conscient que pour conserver son avance de leader et ne pas voir le marché qu’il a créé lui échapper, son salut passe par l’innovation. C’est ce que tous les utilisateurs d’iPhone attendent, sous peine de rejoindre rapidement la communauté des androinautes.

Tribune libre : A quand un enseignement vraiment « numérique » ?




Tribune libre par Emmanuel Benoit – Groupe Jouve


La nouvelle génération d’écoliers et d’étudiants (entre 6 et 25 ans), utilise naturellement et plus qu’aucune autre précédente les ordinateurs, les tablettes, les liseuses numériques et les smartphones. « Génération Y » ou encore «  Digital native », elle est née avec internet et s’est familiarisée dès son plus jeune âge avec les nouvelles technologies.
La génération Y est une utilisatrice compulsive des smartphones, applications mobiles, jeux vidéos, programmes de e-learning ou des médias sociaux, quels qu’ils soient. Pour ces utilisateurs avisés, éclairés et experts naturels du monde numérique, le maniement de toutes ses nouvelles interfaces numériques est un reflexe naturel.
Si l’arrivée récente de tablettes tactiles sur le marché, telles que l’iPad, a d’ailleurs séduit beaucoup d’enseignants et d’étudiants dans les faits, aujourd’hui, encore très peu d’écoles ou d’universités ont réellement adopté les tablettes tactiles dans leur programme pédagogique.
Le contact avec les étudiants comme avec les enseignants est actuellement plus de l’ordre de la découverte et de l’exploration. Selon les dernières estimations, seuls 3% des étudiants en université utilisent aujourd’hui une tablette tactile.
C’est un fait, les étudiants passent aujourd’hui un temps considérable, à titre personnel, devant des écrans, depuis leur smartphone jusqu’à leur ordinateur portable. Néanmoins, selon un récent sondage, 75% des étudiants universitaires préfèreraient encore et de loin les livres traditionnels imprimés à leurs pendants numériques. Par ailleurs, d’après le projet américain de recherche en cours « Student Attitudes Toward Content in Higher Education” réalisée par le BISG (Book Industry Study Group), moins de 20% des enseignants utiliseraient les derniers supports et contenus d’enseignement à leur disposition pour dispenser leur cours. Ainsi, alors que le potentiel de supports numériques à leur disposition est de plus en plus vaste et facile d’accès, les enseignants préfèrent encore opter pour une combinaison de supports différents, souvent un peu datés, et avec toujours une préférence pour les supports traditionnels imprimés.

Les éditeurs investissent dans les technologies numériques
De leur côté, les grands éditeurs ont investis assez tôt et avec intelligence dans les nouvelles technologies en multipliant les partenariats avec des prestataires de services d’édition numérique tels que le Groupe Jouve afin d’optimiser l’édition combinée de livres d’enseignement en version traditionnelle comme en version numérique.
Les premières technologies XML couplées à des formats éditoriaux numériques innovants, ont permis aux éditeurs de créer des collections entières de supports d’enseignement pour tous les âges, dorénavant à disposition à la fois en version traditionnelle imprimée comme en version digitale.
Ils ont développé de nouvelles méthodes permettant d’adapter et de personnaliser le contenu aux besoins spécifiques des étudiants, pour les cours individuels, les institutions et les enseignants. Les éditeurs ont, par ailleurs, développé de nouveaux algorithmes évolutifs et intelligents, permettant d’adapter les cours au rythme des besoins et des progrès des étudiants. Utilisé intelligemment et à bon escient, le recours à ces nouveaux supports numériques permet d’optimiser les résultats, pour les enseignants comme pour les étudiants que ce soit en ligne et à distance ou dans le cadre de l’école ou de l’université.

Du point de vue des étudiants
Toutes les études indiquent aujourd’hui que les supports traditionnels imprimés ne répondent que partiellement aux besoins réels des étudiants. Le rapport qualité/ prix est notamment trop élevé pour justifier un recours unique à ces supports face à des étudiants constamment à la recherche de supports d’enseignement complémentaires ou alternatifs en version numérique.
Les étudiants sont des consommateurs avisés, toujours à la recherche du meilleur rapport qualité/ prix considérant leur budget souvent limité. La majorité des étudiants achètent eux-mêmes leurs livres de cours et parce que les éditions imprimées traditionnelles, neuves comme d’occasion, sont souvent trop chers pour leur budget, seuls 55% d’entre eux achètent la dernière version à jour des ouvrages au programme de leur classe. Les autres achètent soit des éditions plus anciennes, soit des éditions d’autres pays, ou encore des versions en livre numérique (e-books) moins onéreuses, voir souvent des copies frauduleuses disponibles sur internet ou plus simplement les empruntent à la bibliothèque. Leur comportement indique clairement qu’ils ne perçoivent pas de réelle valeur ajoutée à acheter la dernière mise à jour du contenu d’un cours, telle que proposée par les éditeurs officiels. Le contenu des livres de cours s’est banalisé et il est bien souvent accessible en un clic soit gratuitement soit à prix plancher sur internet.
A l’inverse, les étudiants qui ont recours à des supports numériques de dernière génération comme “Wiley Plus”, « Pearson’s Mastering series » ou « McGraw Hill’s Connect », trouvent une valeur ajoutée complémentaire immédiate et mesurable qui correspond mieux à leurs attentes. Dans la dernière étude menée par le BISG sur le sujet, ces nouvelles interfaces pédagogiques entièrement numériques obtiennent systématiquement de meilleures notes d’évaluation que les ouvrages classiques imprimés et ce, sur l’ensemble des critères d’évaluation : simplicité, efficacité, ergonomie, mémorisation, etc. Par contre, si les étudiants d’aujourd’hui ont en effet une large préférence pour les éditions multimédias, il doit être souligné qu’il s’agit bien des outils interactifs de dernière génération. Les livres numériques dits « homothétiques », simples répliques au format PDF de leur livres classiques n’ont, par contre, pas connu ce succès. Lors de la précédente année scolaire, seuls 3% des étudiants ont acheté ce type de livre numérique « simple ».



Du point de vue des enseignants
Nombre d’écoles et d’universités expérimentent actuellement activement de nouvelles méthodes et de nouvelles technologies dans le but d’améliorer l’efficacité de leurs programmes pédagogiques. Néanmoins, la plupart doivent faire face à des problèmes budgétaires récurrents. Il s’agit aujourd’hui d’un frein important, si ce n’est le plus important à l’acquisition de supports numériques comme à la formation des enseignants qui souhaitent passer le cap digital.
Si les enseignants mesurent bien la valeur ajoutée que peuvent leur apporter les nouvelles techniques d’enseignement numériques, lorsqu’elles sont adaptatives et évolutives, ils ne partagent pas pour autant toujours les mêmes objectifs que leurs institutions de tutelles en termes de moyen pour y parvenir. Cette divergence conjuguée à des charges de travail et des programmes d’enseignements toujours plus pesants ne laissent que peu de temps et de moyens aux enseignants pour se former et convertir leurs supports et leurs méthodes au numérique.

Le défi actuel
La nécessaire évolution des esprits et de la volonté de faire évoluer les comportements tant du côté des enseignants que des institutions est le principal défi à cette transition au « tout numérique ».
A mesure que les nouvelles plateformes pédagogiques numériques se développent et se perfectionnent, elles peuvent être perçues comme un danger ou une menace, visant à terme à remplacer ou estomper le rôle et la stature traditionnelle des enseignants dans les écoles et les universités. Mais le temps que ces nouvelles technologies pourraient permettre d’économiser aux enseignants, notamment en ce qui concerne l’enseignement des savoirs fondamentaux, pourrait et devrait être réinvestit et redéployé pour explorer ou approfondir de nouveaux champs de connaissance avec leurs étudiants. Le temps passé en classe pourrait ainsi être mieux utilisé plutôt que remplacé, comme le craignent certains, par des simulateurs de jeux ou des programme de e-learning dispensés à distance via internet.
La nouvelle génération d’étudiants, familière des nouvelles technologies, est en constante recherche, à titre personnel et en parallèle, de supports d’information numériques. Ils comblent donc déjà naturellement et par eux-mêmes les lacunes du système éducatif. Aussi, cette transition numérique sera, en tout état cause, menée par les étudiants. La demande comme l’attente est grande et l’offre tarde à se construire. Il paraît donc aujourd’hui essentiel et urgent pour les institutions et les éditeurs de travailler main dans la main pour passer le cap du numérique et offrir de nouveaux outils plus performants aux étudiants qui les attendent.

Que devrons-nous changer ?
Dans le monde digital, les changements de paradigme interviennent généralement suite à l’arrivée sur le marché et à l’adoption généralisée par les usagers de nouvelles interfaces qui bousculent le jeu, les « game changers », comme ont pu le faire récemment les smartphones ou les tablettes tactiles. Ces dernières, pleines de promesses, semblent néanmoins encore trop récentes.
Les tablettes ne sont pas encore aujourd’hui ni suffisamment puissantes et développées ni suffisamment abordables en terme de coût à l’achat pour constituer l’interface unique dont pourraient rêver les enseignants et les étudiants. A ce stade, il va falloir attendre encore quelques années, que les tablettes accroissent leur puissance comme leurs champs d’applications, pour qu’elles séduisent définitivement le monde enseignant. Le jour où la majorité des étudiants auront à disposition une offre intelligente, complète et abordable en termes d’interfaces comme de contenus pédagogiques en version numérique, alors les enseignants et les institutions pourront faire évoluer leur approche pédagogique de manière efficace. Le mouvement semble irrémédiable.
La prochaine génération de solutions pédagogiques, encore à venir, sera en tout état de cause entièrement « born digital », c'est-à-dire conçue, pensée et créée à 100% par des auteurs et des développeurs, issus de la nouvelle génération née avec internet. Dans ce cadre, il parait clair que les programmes et les méthodes pédagogiques devront être repensées intégralement, avec une nouvelle approche, qui ne pourra pas être un simple transfert, sorte de copier/coller du papier vers le numérique des méthodes et supports préexistants. Leur design sera modulable, adaptable et personnalisable comme le propose par exemple déjà la plateforme «Cengage’s new Mindtap.» Ces nouveaux programmes d’enseignement auront toutes les caractéristiques du nouveau paradigme numérique : mobile, social, personnalisable, interactif, évolutif, etc.
Dans ce contexte, les éditeurs doivent également repenser intégralement leur organisation et adapter leurs processus de fabrication. Le groupe Jouve propose ainsi d’intégrer le numérique de plus en plus tôt dans le processus éditorial, avec la création en amont, de formats pivots qu’il est ensuite possible de décliner de manière simple dans n’importe quel format final pour n’importe quel support de lecture, numérique ou papier. L’édition papier tendant, à terme, à devenir un support comme un autre aux côtés des différents formats numériques. Ce processus permet également de réduire les délais et les coûts de production, d’améliorer les phases de relecture et d’intégrer des contributeurs extérieurs.
Les modèles d’affaires comme les canaux de distribution vont également devoir changer de manière radicale. A mesure que les éditeurs développeront et commercialiseront des plateformes pédagogiques d’enseignement numériques plus sophistiquées et plus performantes, ils devront abandonner de l’autre côté la commercialisation de leurs supports traditionnels. Dans ce cadre, la conversion des données et des connaissances traditionnelles en version numérique aura un coût important que les éditeurs devront, à un moment ou un autre et d’une manière ou d’une autre, répercuter et refacturer aux écoles, aux universités et aux étudiants. Les éditeurs et les universités expérimentent d’ailleurs actuellement aux USA, un nouveau système de licence permettant de repartir équitablement les coûts entre les parties avec une contribution par élève. L’Université de l’état de l’Indiana aux Etats-Unis fait partie des structures pilotes actuellement en test sur ces nouveaux systèmes. L’un des autres avantages majeur de cette nouvelle relation dématérialisée consistera également à supprimer tous les intermédiaires et permettra aux éditeurs et aux étudiants de développer et d’entretenir un dialogue direct, personnel et en temps réel pour une personnalisation intégrale des supports et des services. Ce sera la fin des standards.

En conclusion
La révolution numérique poursuit son cours et s’accélère. Basée sur les dernières innovations technologiques telles que le XML, le HTML5 et le nouveau format EPub3, les interfaces mobiles deviennent tous les jours plus performantes prenant également un nouvel élan à partir des dernières ressources offertes par le Cloud Computing. Les nouveaux programmes pédagogiques numériques (e-learning) deviennent plus intelligents et autonomes. Ils sont adaptables, personnalisables et évolutifs. Basés sur de puissants algorithmes, les nouvelles interfaces pédagogiques deviennent multimédias et entièrement interactives. Créant un dialogue permanent avec leur utilisateur, ces programmes permettent de questionner et d’évaluer en permanence les lacunes comme les acquis des étudiants pour leur proposer des exercices et des programmes individualisés. Les enseignants pourront donc adapter, mettre à jour et faire évoluer leur enseignement de manière efficace et en temps réel en allant puiser dans des ressources ouvertes de manière quasi-illimitée.
Aujourd’hui, la plupart des technologies nécessaires et utiles à cette transition numérique de nos systèmes d’enseignement, existe ou sera rapidement à disposition et les élèves eux même sont déjà prêts et même impatients. La prochaine étape est donc celle de l’évolution nécessaire des mentalités et pratiques traditionnelles.

Internet : de la Silicon Valley à la Cantine de Toulouse


Le groupe informatique américain Apple a battu lundi le record de la plus grande capitalisation boursière de tous les temps, détrônant Microsoft qui détenait le titre depuis 1999. La firme, capitalisée 623,52 milliards de dollars, a su survivre au décès de son emblématique PDG et donne le tempo à toute l’industrie des nouvelles technologies.
Nous avons interrogé Edouard Forzy, directeur général de La Mêlée numérique, l'association basée à Toulouse qui fédère quelque 500 acteurs de l'économie numérique de Midi-Pyrénées.

La valorisation historique d'Apple peut-elle encore progresser. Comment expliquer ce succès ?
Oui, elle peut encore progresser pour trois raisons. 1. Les analystes parlent d'une croissance à 900 _. 2. la période qui arrive est une période forte dans l'année. 3. L'arrivée annoncée de l'iphone 5, d'un Ipad mini et d'une iTV multifonction connectée à Internet vont encore booster le titre
Ce succès d'Apple s'explique par plusieurs facteurs.
Apple sait innover en accord avec les attentes profondes des usagers
Ensuite, les produits apple sont très performants, hyper connectés (entre eux notamment mais aussi avec le monde Windows) et très simples à utiliser. En outre, ce sont de très beaux objets. Quand on a goûté à l'iPhone, par exemple, il est difficile de repasser à un autre type de smartphone. On sait que les prochaines innovations marquantes dans le domaine des tablettes, smartphones et G4 viendront d'Apple. Même si Steve Jobs n'est plus là, l'esprit Apple reste le même. Ce sont de vrais innovateurs de rupture : leurs produits changent nos façons de communiquer. De quoi assurer leur succès pendant encore longtemps.
Apple a gagné la confiance des consommateurs et des investisseurs, et cette confiance n'est pas déçue pour l'instant : les produits Apple restent à la hauteur des attentes.

Vous étiez récemment avec La Mêlée dans la Sillicon Valley. Comment y travaillent les géants du net et les start-ups ?
La Silicon Valley fonctionne comme fonctionne Apple, comme fonctionnent tout l'écosystème économique là bas, les grandes entreprises, les start up et jusqu'aux laboratoires tels Stanford ou encore les administrations ou les investisseurs ou les banques.
Tous ces organismes fonctionnent en mode collaboratif et très nombreux sont les exemples de réussites nées de ces collaborations.
Stanford a investi pour permettre aux fondateurs de Google de lancer leur moteur de recherche, on voit le succès qui en a découlé, qui pourrait imaginer qu'en france un laboratoire un labo investisse pour que ses chercheurs quittent le labo pour créer une start up ?
Les investisseurs financent sur une simple idée, il sur un coup de poker, souvent en fonction du porteur de projet ou de l'équipe.
Impensable en France. On n'investit pas sans garanties solides et cela tue souvent l'initiative. Des VC là bas peuvent investir pour prendre un marché, sans que l'entreprise ne soit nullement rentable pendant des années (par e exemple Facebook). Bref le vrai sens du mot "investir", ou prendre des risques.
De la même façon, les villes ont du coup des ambitions de vraies villes du futur, par exemple la Californie ou encore la Ville de Palo Alto ont véritablement prise le tournant de la 3° révolution Industrielle décrite par Jérémy Rifkin, révolution à la fois énergétique et de l'information, et souhaitent devenir des lieux ( ville ou état) en pointe sur le thème de la ville du futur, et du coup nourissent bien évidemment l'écosystème des start up, grandes entreprises etc... tout l'écosystème fonctionne ensemble de manière ouverte.

Peut-on imaginer voir un jour un "Apple" européen ?
Pas en l'état actuel, ou chacun des composants de l'écosystème (collectivités, recherche, entreprises grandes ou start up...) travaillent en vase clos.
Les initiatives que nous portons à la Mêlée depuis des années, vont dans le sens de la diffusion, de la collaboration, et nous l'espérons d'un développement accéléré de l'innovation pour et par les acteurs eux mêmes féfdérés au sein de la Mêlée ou d'un lieu tel que la cantine numérique qui ouvrira ses portes le 18 octobre prochain à Toulouse.
Les choses s'accélèrent et les projets se développent de plus en plus en dehors des sentiers battus traditionnels que l'on peut retrouver dans un pays comme la France.

La newsroom de Nordjyske medier

À Aalborg, le journal régional Nordjyske s'est organisé selon le modèle Newsplex pour ses différents supports (print, web, radio, tv). Pragmatisme des Danois et surtout très bonne organisation de la rédaction.

Newsroom Of Nordjyske Medier from David Sallinen on Vimeo.