L’engouement ne sera pas aussi planétaire que lorsque l’Homme posa pour la première fois son pied sur la Lune le 21 juillet 1969, mais ce lundi 29 août, avec le décollage de la fusée surpuissante SLS de la mission Artemis depuis le complexe de lancement 39B du centre spatial Kennedy, en Floride, le monde assistera bien à la première étape pour le retour de l’Homme sur la Lune, prévu en 2025. En attendant, la Nasa va préparer cette échéance avec une première mission de 42 jours à vide, c’est-à-dire sans équipage. Sans équipage mais pas sans rien à bord.
Car à l’intérieur du vaisseau Orion qu’emporte la fusée et qui mettra plusieurs jours à atteindre la Lune, on trouvera de drôles de passagers : un mannequin baptisé Moonikin Campos, installé dans le siège du commandant et vêtu de la nouvelle combinaison de la Nasa. Il enregistrera l’accélération et les vibrations subies.
Également à bord, deux bustes de femmes, nommés Helga et Zohar, et composés de matériaux imitant les os ou même les organes humains. L’un sera vêtu d’une veste anti-radiation, l’autre non. Des capteurs permettront d’évaluer les taux de radiations reçues, notamment dans l’espace lointain, ou elles sont bien plus importantes que lors des voyages entre la Terre et la station spatiale internationale par exemple.
La Nasa pourra suivre tout ce qui se passe, notamment à l’intérieur de la capsule arrimée à Orion. Des caméras au bout des panneaux solaires d’Orion doivent également prendre des selfies du vaisseau avec la Lune et la Terre en arrière-plan. La communication est aussi, on le voit, l’un des enjeux de la mission.
Enfin, la Nasa va mener une expérience baptisée Callisto… et inspirée de l’ordinateur du vaisseau de la série télé Star Trek, qui était capable d’échanger avec l’équipage. Il s’agit d’une version améliorée de l’assistant vocal Alexa d’Amazon, à qui il sera demandé depuis le centre de contrôle de régler la lumière dans la capsule, ou de lire les données de vol. L’idée est de simplifier la vie des astronautes à l’avenir.
Par ailleurs, un ensemble de dix CubeSats, des microsatellites de la taille d’une boîte à chaussures, seront déployés par l’étage supérieur de la fusée. Les expériences sont multiples : étude d’un astéroïde, de l’effet des radiations sur des organismes vivants, recherche d’eau sur la Lune… Autant de projets menés indépendamment par des entreprises ou des chercheurs internationaux, qui profitent de l’occasion rare d’un lancement vers l’espace lointain.
Par Jean-Pierre Boushira, VP South, Benelux & Nordics, Veritas
La protection de données est un enjeu majeur, que ce soit en Europe ou plus généralement dans le monde. Même si le Conseil de l’Europe créa, en 2017, la journée mondiale dédiée à cette thématique, le monde des données et de l’IT ont largement évolué. Et pour cause ! À cette époque, l'informatique dématérialisée faisait tout juste son apparition et beaucoup ne l’ont d’ailleurs pas remarqué. Nous nous sommes davantage tournés vers les nouveaux iPhone ou BlackBerry, qui venaient remplacer nos technologies PDA devenues obsolètes.
En écho au développement fulgurant de ces nouveaux dispositifs, les données sont devenues de plus en plus centrales, jusqu’à faire partie intégrante de la vie de chaque individu. Les informations personnelles, par exemple, sont celles parmi les plus utilisées, notamment pour permettre d’identifier chacun des utilisateurs. Aujourd'hui, ces appareils connectés sont destinés à de nombreux types d’utilisation, comme la sécurisation des opérations bancaires numériques, la gestion du foyer par le biais de divers appareils intelligents, ou encore le maintien d’un mode de vie sain. Si certains experts ne sont pas encore convaincus des avantages de la reconnaissance faciale et/ou biométrique pour utiliser le réfrigérateur, la nature interconnectée de ces appareils signifie qu'ils en savent probablement plus sur les utilisateurs que leur propre conjoint, leur famille ou leurs amis proches.
Malgré le fait que de nombreux appareils visent à offrir une expérience utilisateur unique basée sur les données personnelles fournies, il semble que de nombreux fabricants aient du mal à respecter la confidentialité des données. Comme principal exemple, la nécessité d'intégrer la protection de la vie privée by design, une méthodologie qui promeut et intègre la protection de la vie privée tout au long du cycle de vie des informations.
Pourtant, il est toujours demandé aux utilisateurs de fournir de nombreuses données personnelles pour activer des appareils, malgré l'émergence de nouvelles lois strictes sur la protection de la vie privée, telles que le RGPD de l'Union européenne et la loi californienne sur la protection des consommateurs (CCPA). À ce jour, rien ne semble avoir changé. Et ce d’autant plus que les régulateurs chargés de la protection de la vie privée exigent que les fabricants intensifient leurs efforts et se conforment à leurs obligations en matière de confidentialité.
À bien des égards, la croissance des appareils connectés et de l'écosystème IoT ont été tributaires de la disponibilité croissante et du caractère abordable du stockage dans le cloud ainsi que de l'accélération des vitesses de réseau. Le déploiement et l'adoption des réseaux 5G devraient porter l'adoption des appareils IoT à de nouveaux niveaux – 75,44 milliards d'appareils IoT connectés seraient en circulation d'ici à 2025. L'une des conséquences de ce phénomène pourrait être que la gestion des informations personnelles secondaires. Si les fabricants se concentrent principalement sur l'attraction et la fidélisation des clients, cela se fait au détriment d'une véritable gestion des ensembles de données personnelles du consommateurs de plus en plus complexes.
De manière générale, une direction approximative engendre une dégradation et une mauvaise gérance des données. Dans cette situation, les contrôles techniques et organisationnels adéquats, nécessaires pour garantir la conformité des données, sont inefficaces (ou pire : absents), et participent à l’augmentation des risques pour la vie privée. Une compréhension incomplète des entrepôts de données personnelles signifie que les questions de conformité de base - quelles sont les données, la raison de leur possession, leur lieu de stockage, leur sécurisation et leur accès - deviennent de plus en plus difficiles et potentiellement coûteuses à résoudre. Cela est particulièrement vrai dans un monde IoT de plus en plus interconnecté, où la complexité croissante et le nombre d'appareils offrent des opportunités accrues pour un acteur de la menace. Ce dernier souhaitera obtenir un accès non autorisé à l'environnement d'une entreprise et de mettre en place les conditions d'une future violation de données.
Pour résoudre cette problématique, les experts pensent qu’adopter une vision holistique des données - sur site et hors site - permettra aux entreprises de comprendre leurs environnements et de développer les connaissances nécessaires pour mieux aider à gérer les risques associés en matière de confidentialité et de données au sens large. Une vision plus approfondie réduit la complexité. De ce fait, les entreprises peuvent anticiper et atténuer les risques liés aux données avant qu'ils ne se matérialisent en incidents, et prendre des décisions plus rapides et mieux informées sur la manière dont elles gèrent leurs données de manière plus générale. Cela contraste directement avec les entreprises qui ont une vision partielle de leurs données. Leur incapacité à reconnaître les risques créés par des données non gérées entraînera inévitablement la non-conformité et, en fin de compte, la déclaration de violation de la réglementation lorsque les risques se matérialiseront en incidents.
Finalement, les entreprises doivent gérer leurs stocks de données en faisant preuve de perspicacité et de compréhension afin de minimiser les risques. Tout particulièrement à l’heure de la croissance de l’ère des IoT, toutes les données n’ont pas les mêmes valeurs et les mêmes règles de gestion. Si cet aspect n’est pas à prendre à la légère, notamment au regard des périls (en matière de piratage ou de règlementation), les entreprises doivent prendre conscience que la gestion des données (de toutes les données) ne peut plus être parcellaire ou reléguée au second plan. Demain, l’environnement connecté ne fera que croître, les données ne cesseront de pulluler ; avant d’être submergé, il faut anticiper et s’adonner à une gestion des données rigoureuse et ordonnée.
Fin octobre 2021, Mark Zuckerberg, PDG et fondateur de Facebook surprenait le monde en décidant de rebaptiser son groupe Meta. Un changement de nom qui intervenait après une succession de scandales sur l’utilisation des données des utilisateurs du réseau social, mais qui surtout marquait les ambitions du groupe dans le métavers, c’est-à-dire un univers numérique dans lequel, via un casque de réalité virtuelle, on peut interagir, acheter un appartement, jouer, commercer, etc. « Internet n’arrête pas d’évoluer. Nous sommes passés des PC fixes aux PC portables puis aux smartphones, du texte aux photos puis aux vidéos. Le métavers est la prochaine frontière », affirmait alors Mark Zuckerberg qui a lancé tout un débat sur le sujet des métavers et avivé les critiques. Puis plus rien… Jusqu’à ce mardi où Zuckerberg a annoncé dans un post Facebook le lancement en France et en Espagne d’Horizon Worlds.
Les métavers : un marché qui vaut des milliards
« J’ai hâte de voir les gens explorer et construire des mondes immersifs, et d’apporter cela à plus de pays bientôt », s’est réjoui le PDG. Huit mois après son lancement aux États-Unis et au Canada, cette plateforme, qui accueille 300 000 membres, est un réseau social immersif dans lequel les utilisateurs évoluent dans des mondes virtuels représentés par leur avatar. Pour accéder à Horizon Worlds, il faut être majeur, titulaire d’un compte Facebook et disposer d’un casque de réalité virtuelle Oculus Quest 2 (449 euros). Dès lors on peut jouer, visiter des musées ou assister à des concertes virtuels.
Reste à savoir si cette révolution sera pérenne ou éphémère. En France, elle sera observée dès septembre par un Observatoire des métavers. Car il n’y a pas que Meta-Facebook qui s’intéresse à ces univers numériques dont le chiffre d’affaires pourrait atteindre 678 milliards de dollars d’ici 2030 selon le cabinet Grand View Research (GVR).
Jusqu’à présent ils étaient réservés aux scientifiques, au monde médical, aux spécialistes de la police ou de la gendarmerie technique et scientifique dans des enquêtes criminelles ou à la justice lorsqu’elle autorise des recherches en paternité. Mais les tests ADN sont aujourd’hui passés de l’exception à la banalisation puisque tout un chacun peut se procurer sur internet un kit de prélèvement auprès de sociétés étrangères qui se chargent de réaliser des tests en quelques semaines.
Une kyrielle de sociétés
Qu’elles s’appellent MyHeritage, EasyDNA, Igenea, FamilyTreeDNA qui peuvent livrer les résultats en France ou encore Ancestry, la très connue 23andme ou LivingDNA, toutes ces sociétés se proposent de réaliser différents types de tests ADN. Test ADN autosomique qui permet de découvrir son appartenance ethnique, test ADN mitochondrial (ADNm) qui permet d’identifier sa lignée matrilinéaire (maternelle) ou de retrouver des parents éloignés, tests ADN-Y qui travaillera sur la lignée paternelle. Certaines de ces sociétés se sont spécialisées dans des domaines particuliers comme la recherche de ses ancêtres pour son arbre généalogique, la comparaison d’ADN pour établir des liens de parentés ou des prestations plus pointues (retrouver ses ancêtres britanniques) ou plus insolites (test ADN pour les chiens).
Certaines mettent en place des outils complémentaires comme contacter par messagerie une personne avec laquelle un client obtient une correspondance, par exemple dans une recherche de paternité ou de fraternité, télécharger ses données ADN, créer directement son arbre généalogique avec un logiciel, obtenir un rapport de santé lorsque le test a pour but de détecter le risque de développer un cancer ou une autre maladie. Toutes ces prestations à portée de clic coûtent de 49 à 200 euros en fonction du laboratoire, du type de test choisi et des services annexes. Toutes ces sociétés insistent sur la simplicité voire le côté ludique (on crée son compte comme sur un réseau social)… mais aussi sur la confidentialité et la sécurité.
Confidentialité et sécurité
Car c’est bien là que le bât blesse avec des interrogations qui ne sont pas toutes levées.
Les ADN analysées par ces sociétés alimentent, en effet, d’immenses bases de données (quelque 6 millions d’entrées pour MyHeritage, 18 millions chez Ancestry), des mines d’or qui peuvent susciter la convoitise d’entreprises tierces, notamment pharmaceutiques. Les laboratoires GlaxoSmithKline ont par exemple investi 300 millions de dollars dans 23andme. Mais ces données peuvent aussi intéresser les autorités : Family Tree DNA a ainsi reconnu avoir partagé les données génétiques de ses clients avec le FBI dans le cadre d’enquêtes criminelles.
« Les données concernant l’ADN représentent une valeur inestimable pour certaines entreprises, le risque de vol des données génétiques est toujours présent, et rend possible une traçabilité accrue des individus » rappelle le cabinet HAAS avocat ,qui constate que « ce nouveau mode de commercialisation des tests ADN démontre que cette pratique s’est progressivement soustraite au contrôle de l’État pour tomber dans le domaine privé » qui procède à « des séquençage génétique mais sans aucun encadrement et sans autorisation officielle. » Entre l’Europe et les États-Unis, la vision des données génétiques n’est pas la même comme le rappelle le Centre européen des consommateurs (EEC-Net). « En demandant l’analyse de votre ADN, vous transmettez au laboratoire une information sensible protégée par la loi car elle permet l’identification d’une personne physique.
En Europe, le Règlement Général de Protection des Données, le fameux RGPD entré en vigueur en mai 2018, a expressément introduit les données biométriques et génétiques comme deux nouvelles catégories de données personnelles protégées. Le RGPD vous protège et s’impose aux laboratoires, même basés dans des pays tiers, qui proposent des tests ADN aux consommateurs européens », explique le centre qui conseille, « pour éviter les risques de commercialisation ou de piratage de la base de données génétiques » de demander l’effacement de ses données au laboratoire sitôt les résultats reçus.
Risques
Autres risques pointés par les tests ADN récréatifs, leur mauvaise interprétation, particulièrement lorsqu’il s’agit de tests ADN de santé. « Compte tenu de l’évolution constante de la recherche médicale et génétique, des facteurs personnels du demandeur non pris en compte au moment du test (mode et hygiène de vie, antécédents familiaux, environnement…), les mêmes résultats pourraient tout à fait être interprétés différemment dans quelques années », estime le Centre européen des consommateurs, qui met en garde contre un dernier risque : les conséquences psychologiques des tests ADN. « Face aux résultats d’un test génétique qui révélerait un secret de famille, une non-paternité ou un lien de filiation, les conséquences psychologiques peuvent être graves. »
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Pourquoi les tests ADN sur internet sont officiellement interdits en France
« En France, un test génétique ne peut être réalisé que sur demande du tribunal dans le cadre par exemple d’une recherche de paternité, ou par un médecin à des fins médicales ou de recherche scientifique. Si vous soumettez un échantillon d’ADN, vous encourez une amende de 3 750 € (article 226-28-1 du Code pénal) et les entreprises qui proposent ce service 15 000 € d’amende », explique le Centre européen des consommateurs (EEC-Net), qui précise que « si vous résidez en France, malgré les publicités récurrentes sur Internet et les réseaux sociaux, commander sur Internet un test ADN est interdit même si la société qui le réalise est basée dans un pays européen où cela est autorisé. » Les tests génétiques sont en revanche autorisés partout en Europe sauf en France et en Pologne. Dans les faits les risques de poursuites semblent minimes.
Les sites français de certaines sociétés étrangères qui réalisent les tests n’indiquent d’ailleurs même pas l’illégalité des tests en France…
Dans un précédent article, nous avions esquissé deux scénarios pour le futur des salles de cinéma, confrontées en période post-Covid au dilemme de l’innovateur : quelles « innovations de rupture » pourraient faire revenir le public dans les salles sans pour autant dérégler leur modèle économique ? Notre hypothèse consistait à différencier le cas des multiplexes des circuits d’une part, de celui des exploitants indépendants d’autre part.
L’étude que le CNC a présentée lors du dernier festival de Cannes (Pourquoi les Français vont-ils moins souvent au cinéma, 23/05/22) confirme le besoin d’un « cinéma de proximité », lieu de convivialité et d’évènements autour du film. Mais certaines données et observations récentes indiquent que ce scénario, loin d’être spécifique à l’exploitation indépendante, pourrait aussi s’appliquer aux multiplexes.
Un quart du public manque à l’appel
Un quart du public manque à l’appel : c’est le constat de la Fédération Nationale des Cinémas Français. Les aides et prêts garantis par l’État, le succès renouvelé des Fêtes du cinéma, le rebond de la fréquentation pendant les vacances scolaires, enfin le succès de quelques blockbusters ont permis de maintenir quasiment intact le réseau de près de 6200 écrans hexagonaux. Mais ce parc, dimensionné pour 200 millions d’entrées annuelles, n’en a enregistré que 95,5 millions en 2021. Or la fréquentation est en baisse de 28 % par rapport à la moyenne des années de référence 2017-2019, et aucune prévision ne dépasse les 150 millions d’entrées annuelles en 2022-2023.
Le multiplexe à la reconquête du public
La reconversion des multiplexes, désertés par les studios hollywoodiens, en lieux d’expériences hybrides, délaissant le cinéma, ne semble finalement pas pour demain. Alors que le nombre de spectateurs dans les salles a globalement baissé de -51,4 % en 2021 par rapport à 2019, elle n’est que de -10,5 % pour les 15-24 ans. Selon l’enquête commandité par le CNC en mai 2022, parmi les 52 % de répondants qui vont au cinéma autant voire plus depuis le dernier confinement, 60 % sont dans cette même tranche d’âge. Ces chiffres peuvent augurer d’une reconquête possible d’un public particulièrement ciblé par les multiplexes, d’autant que les blockbusters américains ont eux aussi retrouvé le chemin des salles.
Mais de quel public ?
À l’inverse, comme pour l’ensemble de l’exploitation, les multiplexes ont lieu de s’inquiéter particulièrement du recul de fréquentation des 25-34 ans (-18,2 % en 2021 par rapport à 2019). D’autant que l’envie de manger de pop-corn et des confiseries en regardant un film ne rassemble que 10 % des répondants ! Autrement dit, il va bien falloir innover, mais à investissement minimal. En effet, la cherté du billet est le 2e motif, après la perte d’habitude, cité par les 48 % de répondants déclarant aller moins souvent ou plus du tout au cinéma depuis la pandémie. La fréquentation étant devenue plus occasionnelle, l’attractivité des formules d’abonnements des circuits se réduit : la carte UGC Illimité et le CinéPass Gaumont Pathé ne représentent que 6,9 % des entrées en 2021, contre 8,7 % en 2020, et 7,6 % en 2019. À l’inverse, la sortie au multiplexe, sans abonnement et même à tarif réduit, est de plus en plus onéreuse, ce qui ne pourrait que freiner davantage le retour du public.
Une programmation à réinventer ?
Si ce n’est sur la politique tarifaire, sur quelles autres attentes les multiplexes pourraient-ils innover ? En tête des films redonnant l’envie d’aller au cinéma, les réponses des sondés déclarant y aller moins souvent ou pas du tout citent ce qui compose déjà la programmation « traditionnelle » des multiplexes : de la comédie au film américain, en passant par les films de genre, mais aussi du cinéma français. On note au passage que les blockbusters en tant que tels ne sont cités que par seulement 14 % des répondants.
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À l’inverse, juste voir un film, qui plus est dans des conditions optimales de confort, passer un moment entre amis et sortir de chez soi et de son quotidien sont les principales raisons de l’assiduité des spectateurs déclarant aller autant voire plus souvent au cinéma.
L’offre actuelle des multiplexes répond à l’ensemble de ces attentes. Pour innover, il faudra donc créer de nouvelles attentes. On peut imaginer que la programmation d’évènements « non film » va s’intensifier, se diversifier et se sophistiquer, tout particulièrement à destination des 25-34 ans qu’il faut reconquérir, voire des 35-49 ans. UGC n’annonce-t-il pas une diffusion évènementielle des concerts du groupe Indochine à l’automne 2022 ? De même, la Ligue Française League of Legend « fait son cinéma » dans les circuits CGR et Gaumont-Pathé. Mais cette programmation n’a qu’un périmètre limité par les attentes du public, dont moins de 10 % citent la retransmission de spectacle vivant, l’e-gaming ou encore les retransmissions sportives, comme raisons de retourner en salle.
De nouveaux publics à conquérir ?
C’est peut-être sur un tout autre terrain que se joue, en partie, le futur des multiplexes. Le relatif rebond de fréquentation des 60 ans et plus, et leur moindre sensibilité à la cherté du billet, pourraient inciter les circuits à une programmation alternative. Les films d’art & essai « porteurs » y sont déjà très présents depuis de nombreuses années.
Mais la programmation de films de patrimoine, c’est-à-dire datant de 20 ans et plus, restaurés, y est très récente. Après le relatif insuccès du premier « miniplexe » flambant neuf et entièrement consacré au film de patrimoine ouvert en 2015 à Paris par Gaumont, ce même cinéma, sous l’enseigne Pathé Les Fauvettes, a repris depuis la réouverture des salles une programmation patrimoine soutenue par de nombreux évènements (séances cultes, présentation du film avec quiz, etc.) Mais plus intéressant encore, cette programmation, parfois exigeante, gagne des circuits dont elle était totalement absente, tandis que UGC semble relancer ses programmations « UGC Culte ».
Le multiplexe à l’heure du data management et du développement durable
Est-ce à dire que les multiplexes, du moins ceux d’entre eux implantés en milieu urbain, vont jouer la carte du « cinéma de proximité » que nous avions dévolu aux salles indépendantes dans notre précédente tribune ? L’hypothèse reste à confirmer. Mais l’enjeu est clairement annoncé lorsque Aurélien Bosc, PDG de Cinéma Pathé Gaumont, déclare à Cannes que le futur réside dans la performance du marketing digital des circuits : la priorité, c’est la gestion et le partage de la data collectée à la billetterie des salles, pour réellement individualiser le rapport de la salle avec chaque spectateur potentiel. Entre-temps, Pathé peaufine sa marque employeur et annonce sur son site mis à jour ce mois-ci vouloir « construire ensemble le cinéma de demain », et met à disposition du public son rapport RSE 2021. En attendant l’ouverture, en 2024, de son nouveau siège et vaisseau amiral boulevard des Capucines à Paris, qui proposera une offre hybride de cinéma, de restauration et de coworking pour les particuliers et les entreprises…
L’innovation de rupture sera donc peut-être là où on ne l’attendait pas, dans l’expérience collective, la low-tech et le développement durable, toutes tendances vers lesquelles convergent les aspirations sociétales actuelles. Peut-être verrons-nous un jour d’autres initiatives plus immersives encore quoi que d’inspirations plus « foraines » comme le fut le cinéma des origines, à l’instar de cette salle végétalisée « Cinéma et forêt » ouverte dans un multiplexes de Séoul ! Décidément, dans sa tentative de réinventer l’expérience hybride des premiers temps, celle réunissant l’artiste, l’industriel et le forain, le cinéma n’a jamais été aussi moderne !
La télévision a été l’un des médias qui aura connu le plus de révolutions depuis sa création. L’arrivée de la couleur dans les années 70, celle de nouvelles chaînes privées ou à péage dans les années 80-90, la multiplication des chaînes avec la télévision numérique terrestre (TNT) dans les années 2000 et, désormais, l’envolée des plateformes de vidéo à la demande, gratuites ou payantes avec la généralisation des box internet, des téléviseurs connectés et de l’internet à haut débit.
En quelques décennies, on est passé du téléspectateur passif, qui recevait un programme, à un téléspectateur actif, qui se fait son propre programme entre des émissions de chaînes traditionnelles disponibles en replay, des séries ou des films proposés par des plateformes comme Netflix, Salto, Disney+ ou Apple TV + qui, à coups d’algorithmes, sont capables de faire des recommandations personnalisées en fonction des goûts de l’utilisateur – chaque membre de la famille ayant son propre profil. Mieux, ce programme individualisé et délinéarisé est accessible sur le poste de télévision, mais aussi sur son smartphone ou sa tablette, à domicile ou en vacances, en France voire depuis l’étranger.
Le coup d’accélérateur des confinements
L’engouement pour les plateformes légales n’a cessé de se conforter au fil des ans au détriment du piratage. « La conformité avec la loi (46 %), le respect des droits des auteurs (38 %) et la peur des virus (36 %) constituent les motivations des Français pour lesquelles ils adhèrent désormais massivement aux offres légales », selon le baromètre de la consommation de biens culturels dématérialisés de la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet (Hadopi), publié en septembre 2021. Les confinements et les couvre-feux imposés par l’épidémie de Covid-19 ont parachevé cette adhésion de fond, qui a basculé dès le premier confinement. En avril 2020, la Hadopi notait ainsi que parmi les offres de biens culturels, les plateformes de vidéos à la demande tiraient particulièrement leur épingle du jeu avec une utilisation de +38 % la première semaine, +37 % la deuxième et + 55 % la semaine du 4 avril.
Selon une étude de l’Association française des cinémas d’art et d’essai (AFCAE), 32 % des Français abonnés ont réalisé leurs souscriptions pendant les périodes de fermeture des salles de cinéma, qui apparaissent comme les perdantes.
Au final, « en 2021, le marché de la vidéo à la demande [a été] en croissance de 11,9 % à 1,75 milliard d’euros par rapport à 2020. L’abonnement progresse de 17,5 %. La vidéo à la demande par abonnement représente 87,6 % du marché », observait, en décembre dernier, le Baromètre de la vidéo à la demande du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), qui soulignait que le nombre d’utilisateurs quotidiens de vidéo à la demande par abonnement en décembre 2021 [était] de 8,7 millions contre 8,1 millions en décembre 2020.
Netflix loin devant
Avec un trio de tête parmi la vingtaine de plateformes généralistes : Netflix (52,1 % de taux d’abonnement par foyer), suivi d’Amazon Prime vidéo (34,7 %) et de Disney + (23,8 %).
55 % des Français sont désormais abonnés à au moins une offre payante de vidéo à la demande, 15 % à deux offres, 11 % à trois et 8 % à quatre offres ou plus, selon l’AFCAE. Car le revers de l’embarras du choix entre toutes ces plateformes est que les utilisateurs sont parfois obligés de s’abonner à plusieurs d’entre elles, pour pouvoir suivre sa série préférée ou, dans le domaine sportif, pour pouvoir suivre 100 % d’un sport. Les fans de football, par exemple, doivent ainsi jongler entre Canal +, BeINSports et Amazon. Ce qui fait gonfler la facture...
Avec le retour de l’inflation, beaucoup de foyers vont devoir faire des arbitrages dans leur budget loisirs et donc regarder attentivement le catalogue de films et de séries pour qu’il satisfasse toute la famille et plonger dans la jungle des tarifs (au mois ou à l’année). D’autant que certaines plateformes ont augmenté leur abonnement comme Amazon (+43 %)… Pas de quoi inquiéter les géants du streaming car la vidéo à la demande est devenue incontournable et indétrônable.
Le Concorde va-t-il avoir un successeur ? La question est toujours posée depuis l’arrêt de l’exploitation par Air France et British Airways du mythique avion supersonique franco-britannique, en 2003. Concorde était sur la sellette depuis le crash survenu à Gonesse le 25 juillet 2000 lorsque l’avion s’était écrasé sur un hôtel, provoquant la mort de 113 personnes (cent passagers, neuf membres d’équipage et quatre personnes au sol). Mais l’aura de l’avion supersonique est restée vive à tel point que de nombreux projets pour imaginer un nouveau Concorde, plus moderne et plus sûr ont vu le jour. Tous se sont fracassés sur le mur de réalités financières ou économiques, aussi complexes les unes que les autres. Mais certains croient encore à la pertinence d’avoir un avion supersonique, à rebours de l’époque qui fustige les déplacements en avion, notamment ceux des jets, trop onéreux et trop polluants.
Parmi ceux qui croient encore en un nouveau Concorde figure Blake Scholl, le PDG fondateur de Boom Supersonic. Ni la pandémie de Covid-19, ni les déboires des projets concurrents dont celui du favori Aerion, n’ont douché l’enthousiasme de ce jeune PDG passé par Amazon et qui a fondé sa start-up aéronautique à Denver (Colorado) en 2014. C’est d’ailleurs ses contacts dans le monde numérique et dans la Silicon Valley qui apportent à Blake Scholl ses premiers investissements. Boom Supersonic lève en 2019 quelque 87 millions d’euros et reçoit le soutien de plusieurs fonds d’investissement et de groupes technologiques américains comme Google, Airbnb et ou Dropbox. Boom noue par ailleurs un partenariat avec Prometheus, un spécialiste des biocarburants et développe des process pour limiter la consommation, notamment avec l’abandon de la postcombustion.
Europe-USA en 3h30
En octobre 2020, Boom présente un premier prototype baptisé XB-1, capable de voler à Mach 2,2, soit deux fois la vitesse du son, ce qui lui permettrait de relier le Vieux continent à New York en 3 h 30, emmenant 55 personnes dans sa cabine futuriste. Boom rêve alors de voir des vols commerciaux vers 2030 et séduit déjà des compagnies comme Virgin Atlantic et Japan Airlines qui précommandent respectivement 10 et 20 exemplaires du supersonique. En juin 2021, la société frappe un grand coup : un engagement d’achat de la compagnie américaine United pour 15 appareils, plus 35 en option.
Le 19 juillet dernier, au salon aéronautique de Farnborough, Boom franchit une étape importante en dévoilant le design définitif de l’avion, rebaptisé Overture, après 51 versions et 26 millions d’heures de simulation logicielle et cinq tests de souffleries ! Élégant, élancé avec ses quatre moteurs et ses ailes « de mouette », l’appareil sera capable de transporter de 65 à 80 passagers à la vitesse supersonique de Mach 1,7, soit 2 100 km/h.
« C’est comme si le Concorde et le 747 avaient eu un bébé », s’amuse Blake Scholl, qui revendique une filiation avec le Concorde. « 707… 747… Concorde… Overture. Le prochain avion emblématique », réagit le PDG à une publication du compte Twitter d’United qui montre une vue d’un Overture aux couleurs de la compagnie. Boom supersonic espère réaliser le premier vol d’Overture d’ici 2026 et recevoir une certification lui permettant d’effectuer des vols commerciaux d’ici 2029.
À Farnborough, Boom Supersonic a dévoilé aussi le nom de nouveaux partenaires qui l’accompagneront : Eaton pour les systèmes de carburant, Collins Aerospace pour les principaux systèmes de l’avion et Safran Landing Systems pour le freinage et le train d’atterrissage. « C’est une occasion unique d’apporter notre expertise pour un produit qui, selon nous, a la capacité de transformer complètement le transport aérien des passagers », s’est félicité Cédric Goubet, PDG de Safran Landing Systems.
Une version militaire
Boom a également annoncé un autre partenariat très important avec Northrop Grumman Corporation. Les deux sociétés « travailleront ensemble pour offrir au gouvernement américain et à ses alliés un avion de mission spéciale supersonique. » Car à côté de l’avion supersonique civil un Overture militaire pourrait bien voir le jour. « Le temps est un avantage stratégique dans les scénarios à conséquences importantes. Doté de capacités spéciales, l’aéronef pourrait être utilisé pour livrer du matériel médical, procéder à des évacuations médicales d’urgence ou à la surveillance de zones bien plus larges qu’un avion conventionnel », a expliqué Boom Supersonic.
Curiosity prend un selfie sur le site Mary Anning grâce à une caméra nommée Mars Hand Lens Imager, située au bout de ses bras robotiques. NASA/JPL-Caltech/MSSS
Le 6 août 2022, nous fêterons les dix ans de l’atterrissage de Curiosity sur la planète Mars. En effet, c’est le 6 août 2012 que cet astromobile de 900 kilos s’est posé au milieu du Cratère Gale, de 150 km de diamètre, creusé il y a environ 3,6 milliards d’années par l’impact d’une météorite. Sur Mars, les jours s’appellent des sols, numérotés depuis l’atterrissage (Sol 0) ; le 6 août 2022 correspond donc au Sol 3555, soit 3652 jours terrestres.
Cet anniversaire nous donne l’occasion de dresser un bilan technique et scientifique de cette mission et d’évoquer les découvertes faites avec les instruments embarqués à bord de Curiosity.
Curiosity : une aventure internationale qui a commencé bien avant l’atterrissage
Curiosity a embarqué à bord dix instruments dont deux franco-américains : ChemCam et SAM.
ChemCam est le fruit du travail de plus de 300 personnes en France (CNRS, universités, CNES et industries) sous la responsabilité technique et scientifique de l’Institut de Recherche en Astrophysique et Planétologie (IRAP) en coopération avec le Los Alamos National Laboratory (LANL – USA) et sous la maîtrise d’ouvrage du Centre national d’études spatiales (CNES) qui finance la contribution française au projet.
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L’instrument ChemCam a été sélectionné pour analyser la composition chimique des roches martiennes autour du rover, en tirant dessus au laser et en collectant la lumière renvoyée (on parle de spectrométrie sur plasma induit par laser ou LIBS). Le principe est de chauffer très fortement la roche (>10 000 °C) sur une petite surface (moins d’un millimètre carré) pour qu’un tout petit fragment soit sublimé (passe de l’état solide à l’état gazeux) puis ionisé à l’état plasma.
C’est avec l’analyse spectrale de la lumière de cette étincelle que la composition atomique de la roche est déterminée et que les scientifiques en déduisent la nature de la roche.
Vue d’artiste de l’utilisation de la ChemCam. NASA/JPL-Caltech.Wikimedia
SAM quant à lui est un gros laboratoire de chimie analytique, pesant près de 40kg, soit la moitié de l’ensemble des instruments du rover. Il permet d’analyser l’environnement du rover au niveau moléculaire. Il s’agit également d’une contribution franco-américaine à la mission, et résulte du travail de près de 100 personnes en France (CNRS, universités, CNES et industrie) sous responsabilité du Laboratoire Atmosphères Observations Spatiales (LATMOS) et sous la maîtrise d’ouvrage du CNES. Il a été développé en collaboration avec le NASA Goddard Space Flight Center et le NASA Jet Propulsion Laboratory (JPL). Ce dernier a également conçu, développé et assemblé Curiosity.
SAM permet de chauffer les échantillons prélevés par le rover jusqu’à plus de 850 °C, et d’analyser finement la nature chimique des gaz produits avec les trois instruments complémentaires qu’il contient. Cela permet de fournir des informations sur la nature des minéraux et composés organiques présents dans les échantillons analysés. SAM a également la capacité d’analyser la composition de l’atmosphère pour comprendre le climat présent et passé de la planète.
SAM est composé de trois différents instruments qui cherchent et mesurent les composants organiques souvent associés à la présence de vie sur une planète.NASA
Depuis 10 ans, au CNES à Toulouse, le Centre d’opérations Martien, nommé FOCSE (French Operation Center for Science and Exploration), accueille une semaine sur deux les équipes françaises qui travaillent en direct avec la NASA (Agence spatiale américaine). Chaque soir, les ingénieurs et scientifiques qui opèrent les instruments ChemCam et SAM se retrouvent au CNES pour assurer la surveillance et la programmation des instruments, la récupération et le traitement des données scientifiques.
Mars : Une planète autrefois habitable
Lors des premiers sols suivant son atterrissage, une phase de vérification de bonne santé des instruments scientifiques (ChemCam, SAM, etc.) a été opérée. Ensuite, Curiosity a commencé à explorer le cratère. Nous pensions y trouver des alluvions (dépôts sédimentaires) transportés par une ou plusieurs rivières dont l’une se déversait depuis le plateau environnant. Le rover recherchait alors des traces de ces écoulements passés.
Stupeur : un échantillon, prélevé sur le site forage Cumberland, a révélé que Mars a bien réuni, à un moment de son histoire, toutes les conditions requises à son habitabilité : de l’eau liquide, de la matière organique et une source d’énergie. Une forme de vie simple aurait pu y exister, mais nous ne pouvons pas dire si le cratère Gale a hébergé ou non un jour une forme de vie.
Les différents outils embarqués ont, de plus, permis de découvrir la présence de matière organique recherchée depuis près de 40 ans. Les équipes étudient aussi l’origine des sédiments présents et leur transformation en roches lorsque l’eau coulait sur la planète Rouge…
Observer toutes les conditions d’habitabilité de façon exhaustive n’est pas commun. À ce jour, cela n’a été possible que sur la Terre et Mars.
Photo de Yellowknife Bay (crédits : NASA/JPL-Caltech/MSSS/ASU).NASA, Fourni par l'auteur
Confronter la « vérité terrain » aux données orbitales
L’aventure sur Mars s’est déroulée de manière nominale au cours de la première année martienne (presque 2 ans terrestres). La NASA a décidé ensuite de prolonger la mission afin d’explorer d’autres formations géologiques.
Au milieu du cratère Gale, s’élève le pic central qui culmine à plus de 5500 mètres au-dessus du plancher. Il se nomme Aeolis Mons, plus familièrement appelé Mont Sharp. Il expose sur ses flancs de nombreuses couches géologiques dont l’empilement constitue un livre ouvert sur l’histoire de la planète. À moins de 10 km du lieu d’atterrissage de Curiosity, il existe des voies d’accès au Mont Sharp empruntées par le rover autour du Sol 750.
Mont Sharp au coucher du soleil. NASA/JPL-Caltech/MSSS/Thomas Appéré.Flickr
L’une des premières couches notables rencontrées lors de cette ascension s’appelle Vera Rubin Ridge, en hommage à l’astronome Vera Rubin.
Selon les données collectées en orbite martienne, cette zone est riche en un minéral appelé « hématite ». Il s’agit d’un oxyde de fer fréquemment formé en milieu aqueux. Observer cette couche depuis le sol grâce au rover nous permet d’acquérir ce qu’en géologie nous appelons la vérité terrain.
Les données orbitales restent importantes car elles permettent une couverture globale de la planète, mais ne seront jamais aussi précises que les données acquises directement au sol. Cependant, contrairement à ce que suggéraient les données orbitales, cette zone n’est pas beaucoup plus enrichie en hématite que les terrains environnants. Ceci met en évidence la complémentarité des deux types de données, en orbite et au sol, pour analyser l’histoire de la planète.
La seconde zone d’intérêt pour la mission de Curiosity est ce qui a été appelé l’unité d’argiles. Les argiles sont d’un fort intérêt pour l’exobiologie, qui s’intéresse aux processus pré-biotiques (avant l’apparition du vivant) et biologiques dans l’univers. Elles protègent la matière organique car elles la préservent entre les feuillets qui les constituent.
On pourrait voir les argiles un peu comme le mille-feuille des minéraux car ils sont constitués d’un empilement de feuillets, entre lesquels se glisse de la matière organique. Les données acquises dans cette zone d’argile sont encore en cours d’analyse et les articles scientifiques qui les concernent sont progressivement publiés dans différents journaux spécialisés. Cette zone caractérise donc la période humide de l’histoire de Mars avec des vestiges de lacs et de rivières.
Enfin, la troisième zone d’intérêt qui constitue le mont Sharp est la couche des sulfates. Ils sont potentiellement les témoins d’une transition environnementale : le passage d’une époque riche en eau liquide vers une époque de plus en plus aride. Le rover se dirige actuellement vers cette zone pour tester cette hypothèse, et les résultats restent à venir.
Toutes ces découvertes montrent que Mars a une histoire géologique complexe et riche remontant a plus de 3 milliards d’années.
Après dix ans, malgré les nombreux défis (changements thermiques diurnes importants, poussière et radiations), Curiosity et ses instruments fonctionnent toujours. Des précautions sont prises pour préserver le matériel pour que la mission scientifique se poursuive.
Aujourd’hui, à l’entrée de l’impressionnante vallée de Gediz, Curiosity se trouve dans un paysage époustouflant et la mission vient d’être reconduite pour trois ans.
Entre le Sol 2638 (7 janvier 2020) et le Sol 2731 (12 April 2020), RMI a imagé le côté nord de Gediz Vallis, un contrefort de Mont Sharp.NASA/JPlL-Caltech/MSSS/LANL/IRAP/Thomas AppéréLe rover Perseverance est suspendu à son étage de descente à l’approche de la surface martienne. NASA/JPL-CALTECH.Flickr
À ce jour, Curiosity n’est plus seul à arpenter la surface de Mars puisque le rover Perseverance l’a rejoint le 18 février 2021 avec pour mission la recherche de traces pré-biotiques et la collecte d’échantillons qui seront rapportés sur Terre.
Le lander Insight s’est également posé sur Mars en novembre 2018 pour « écouter » les tremblements de la planète, grâce au sismomètre français SEIS, et ainsi étudier le cœur de Mars. La connaissance de la structure de Mars est importante pour comprendre son évolution, par exemple connaître les raisons de la disparition du champ magnétique qui autrefois entourait Mars et est en relation étroite avec l’habitabilité de la planète.
Aurait dû s’ajouter à cela Rosalind Franklin, le premier rover européen qui embarque également des participations françaises, dans le cadre de la mission Exomars. Il devait décoller en septembre 2022 avec un lanceur russe, mais son lancement a été retardé jusqu’à nouvel ordre suite au déclenchement de la guerre en Ukraine dont les conséquences politiques impactent la coopération scientifique.
Ce rover devrait creuser jusqu’à deux mètres de profondeur pour analyser des roches mieux protégées des rudes conditions qui règnent à la surface. Elles sont donc supposées renfermer plus d’informations sur la chimie pré-biotique de Mars que les échantillons analysés jusqu’à présent.
Toutes ces missions spatiales extrêmement complémentaires pour l’étude de Mars sont pensées en ce sens, et sont le fruit de coopérations internationales. Mais si elles permettent de mieux comprendre l’histoire de la planète Mars, elles nous renseignent aussi sur l’histoire de la jeune Terre.
En effet sur Terre, les très vieilles roches, témoins de l’apparition de la vie, ont été oblitérées par la tectonique des plaques. En revanche, cette tectonique n’a pas existé sur la planète Mars ou a été très limitée : nous avons donc accès à des roches conservées depuis des milliards d’années, et qui se sont probablement formées dans un environnement proche de celui de notre Terre à l’époque.
Au regard des similitudes des deux planètes, mieux comprendre l’histoire géologique de Mars pourra nous permettre de comprendre notre genèse ainsi que notre possible évolution.
C’est l’un des rendez-vous de l’été préféré des Français : les Nuits des étoiles se tiendront partout en France du 5 au 7 août. Animée par des équipes d’astronomes bénévoles sous la houlette de l’Association française d’astronomie, cette 32e édition va s’articuler autour du thème de l’exploration – du retour de l’Homme sur la Lune à la future conquête de Mars. Mais c’est bien sur l’observation du ciel qui reste le marqueur de cette manifestation qui, comme d’autres, a été impactée par l’épidémie de Covid.
En 2019, 580 manifestations sur 380 communes avaient été organisées, durant lesquelles 3 854 animateurs et organisateurs locaux avaient accueilli quelque 190 000 personnes. Des chiffres de fréquentation que les organisateurs espèrent retrouver cette année, alors que l’an passé, seulement 360 soirées pour 61 350 personnes avaient pu se tenir compte tenu du contexte sanitaire. À ce jour, 476 manifestations sont prévues dans 335 communes, organisées par 290 structures aux quatre coins de la France, mais aussi en Belgique, en Suisse et en Algérie notamment.
L’effet James Webb
Si l’exploration est le thème de cette édition 2022, l’observation reste au cœur des Nuits des étoiles Une observation dont l’intérêt a été décuplé avec la mise en orbite du télescope James Webb, qui a pris la relève, en décembre, du télescope Hubble, en service depuis plus de trente ans.
Début juillet une première image spectaculaire prise par James Webb avait été révélée par le président des États-Unis Joe Biden en personne : l’image la plus profonde de l’univers. La Nasa avait en suivant publié plusieurs photos très détaillées de la nébuleuse de la Carène, qui se situe à environ 7 500 années-lumière de la Terre, dans la constellation de la Carène, ou encore de la Nébuleuse de l’anneau du Sud, l’exoplanète WASP-96 b, une planète géante ou du Quintet de Stephan, dans la constellation de Pégase, à environ 300 millions d’années-lumière.
Ce mardi, la Nasa a dévoilé une nouvelle image spectaculaire de la galaxie de la Roue de chariot, éloignée de 500 millions d’années-lumière de la Terre, dont les anneaux apparaissent avec une clarté jusqu’ici inégalée…
Image de la galaxie de la Roue de chariot et deux autres galaxies plus petites dévoilée mardi par le télescope James Webb. NASA
Ces photographies vont-elles faire augmenter la fréquentation des Nuits des étoiles ? Y aura-t-il un « effet James Webb » ? En tout cas, tous les bénévoles se tiennent prêts à accueillir petits et grands et particulièrement dans notre région. À Toulouse, capitale européenne de l’espace – le Cnes est d’ailleurs l’un des fidèles partenaires de la Nuit des étoiles – la Cité de l’espace organise de 20 heures à minuit toute une série d’animations et notamment des séances de Planétarium et de Stellarium.
Mais un autre épicentre de la Nuit des étoiles se trouve dans le Gers où se déroule le festival d’astronomie de Fleurance jusqu’au 12 août. Parrainé par l’astrophysicien Hubert Reeves, l’un des scientifiques les plus connus et aimés des Français, ce festival organise évidemment des soirées d’observations, mais prolonge aussi la réflexion autour de conférences, d’ateliers. Depuis 1991, 500 scientifiques ont ainsi rencontré le grand public pour expliquer, échanger, débattre, faisant du festival un événement unique en Europe.
Une partie de poker dans le métavers (capture d'écran de la vidéo “Le métavers et comment nous allons le construire ensemble” sur YouTube)
Par Oihab Allal-Chérif, Neoma Business School
Le 17 octobre 2021, Mark Zuckerberg a lancé les hostilités de manière assez théâtrale, comme s’il défiait ses concurrents d’en faire autant. Afin de concrétiser son rêve d’enfant, le métavers, il a décidé de mettre en œuvre des moyens colossaux : 10 000 ingénieurs hautement qualifiés seront recrutés en Europe dans les 5 prochaines années. Cette annonce a été faite quelques jours avant celle du changement de nom du groupe Facebook en Meta, le 28 octobre, démontrant ainsi l’engagement total du fournisseur de réseaux sociaux dans la transition vers le métavers.
Le 22 juillet 2021, dans une interview à The Verge, le créateur de Facebook racontait :
« Je pense à certains de ces trucs depuis le collège quand je commençais tout juste à coder. […] J’écrivais du code et des idées pour les choses que je voulais coder quand je rentrais de l’école ce jour-là. […] L’une des choses que je voulais vraiment construire était un Internet incarné où on pourrait être dans un environnement et se téléporter à différents endroits et être avec des amis. […] Je pensais que ce serait le Saint Graal des interactions sociales bien avant d’avoir lancé Facebook. Et c’est vraiment excitant pour moi que cela se fasse sur les prochaines plates-formes ».
Mark Zuckerberg explique ce qu’est le métavers.
Les métavers nécessitent une combinaison de technologies émergentes et représentent un potentiel commercial considérable. La ruée vers ce nouvel eldorado peut laisser perplexe et même paraître délirante car le grand public n’a pas exprimé d’engouement particulier pour les dispositifs de réalité virtuelle ou augmentée, hormis quelques exceptions comme Pokémon Go. Certains dénoncent déjà les dangers et les dérives inévitables, évoquant les récits de science-fiction dystopiques dans lesquels l’humanité se retrouve asservie ou anéantie par la technologie.
Un métavers qui a presque 20 ans
Les métavers seront des mondes virtuels dans lesquels les individus, les entreprises, les organisations, les universités et les pouvoirs publics pourront interagir via des avatars et des simulations, dans un but social, culturel, professionnel, éducatif ou créatif. Considérés comme des hétérotopies virtuelles, les métavers seront soit des environnements numériques familiers hyperréalistes où les utilisateurs feront virtuellement tout ce qu’ils font déjà dans la vie réelle, soit des environnements fictifs imaginaires dans lesquels les utilisateurs potentiellement dotés de superpouvoirs auront une vie extraordinaire via leur avatar.
Si les projets de métavers se sont multipliés en 2021, ils ne sont pas nouveaux. Depuis 2003, Second Life offre déjà à ses résidents d’avoir une deuxième vie virtuelle sous une autre identité dans un monde numérique persistant. Ils peuvent s’y rencontrer, et même s’y marier, participer à des événements, assister à des cours ou des concerts, regarder des films, visiter des expositions, ainsi qu’acheter, créer et vendre des objets. Second Life a sa propre monnaie, le Linden, qui a un taux de change en temps réel avec le dollar. Bien que présenté comme le futur d’Internet, Second Life déclinera au fur et à mesure de la croissance des réseaux sociaux.
Comme faire ses premiers pas sur Second Life ?
Dans Second Life, il y a une quinzaine d’années que des entreprises comme Accenture, Alstom, Areva, Axa, Capgemini, Dior, Expectra, Lacoste, L’Oréal, Mercedez ou Unilog organisent des réunions de travail, des séances de recrutement, des tests et des lancements de produits, des levées de fonds, des expositions de voitures, et des défilés de mode. La vente d’objets virtuels, les transactions immobilières et la spéculation boursière y sont banales. Cependant, les nouveaux projets de métavers prévoient d’aller beaucoup plus loin en proposant un écosystème complet d’applications, de logiciels et d’environnements intégrés destinés à remplacer complètement Internet.
Le projet de Meta se veut une évolution non seulement des réseaux sociaux, mais de tout Internet. Le métavers tel que le voit Mark Zuckerberg reproduira le monde réel en réalité virtuelle multidimensionnelle avec des lieux de rencontre en famille ou entre amis, des boutiques où faire du shopping pour son avatar ou pour soi-même, des activités et des événements socioculturels, des espaces de jeu et de divertissement audiovisuel, des écoles et universités numériques, ainsi que des entreprises et des lieux virtuels de travail et de création. Pour atteindre l’objectif d’un milliard d’utilisateurs en 2030, Meta investit 10 milliards de dollars dans Facebook Reality Labs dès 2021, et probablement encore plus les années suivantes.
Travailler dans le métavers.
D’autres métavers ressembleraient plus au jeu Oasis du film Ready Player One : des univers vidéoludiques entièrement ouverts où les joueurs pourraient vivre de simples expériences sociales ou des aventures héroïques. Epic Games, l’éditeur de Fortnite, le jeu le plus populaire et le plus rentable de tous les temps, a déjà réussi à créer un monde virtuel persistant avec sa propre économie et sa monnaie. Les concerts virtuels de la chanteuse Ariana Grande, du rappeur Travis Scott et du DJ Marshmello y ont rassemblé des millions de spectateurs en live.
Epic Games est propriétaire d’Unreal Engine, le moteur de jeu tellement photoréaliste qu’il en devient presque impossible de le distinguer de la réalité. Après avoir racheté Mediatonic – le studio à l’origine de Fall Guys – et Harmonix – créateur de la franchise Guitar Hero – Epic Games a levé 1 milliard de dollars, dont 200 millions du Groupe Sony, pour concrétiser la vision de son PDG et fondateur Tim Sweeney.
Microsoft considère que certains de ses jeux sont déjà des métavers, en particulier Minecraft et Halo. Thème le plus visionné sur YouTube en 2020, Minecraft est parfois présenté comme le meilleur jeu jamais créé car il est devenu bien plus. Avec plus de 140 millions d’utilisateurs actifs, c’est un lieu de rencontre, de loisir, de créativité, d’apprentissage et d’entrepreneuriat. Reporters Sans Frontières a inauguré dans Minecraft sa Bibliothèque Libre qui regroupe des articles et des livres censurés dans leur pays d’origine.
Reporters sans frontières aide les journalistes censurés grâce à Minecraft.
Parmi les autres projets qui se distinguent, Nvidia a commencé à créer un double numérique du monde qui pourra être utilisé pour des expérimentations virtuelles destinées à être déployées ensuite dans le monde réel. De son côté, Niantic développe un « métavers du monde réel » en réalité augmentée via sa plate-forme Lightship dont le but est d’améliorer les expériences physiques grâce au numérique. Un partenariat avec Qualcomm devrait donner naissance à des lunettes capables de superposer avec une très grande précision des éléments virtuels interactifs sur des éléments réels.
Les progrès des technologies immersives
Le métavers tel qu’il est envisagé par les géants de la Silicon Valley est devenu possible grâce aux récents progrès technologiques. Il associera la réalité virtuelle et augmentée, l’intelligence artificielle, la blockchain et les cryptomonnaies, les réseaux sociaux et la téléconférence, la simulation 3D et l’imagerie dynamique, l’e-commerce et l’e-business, la 5G et bientôt la 6G.
Avec Oculus, Meta propose des casques et des manettes de réalité virtuelle qui atteignent des niveaux de performance impressionnants, nécessaires pour évoluer dans le métavers. Le modèle Quest 2, considéré comme le meilleur sur le marché, est moins cher que ses concurrents de Sony, HP ou HTC, tout en étant plus puissant, plus léger, plus ergonomique, plus simple, avec une meilleure réactivité aux mouvements et une image plus nette et plus fluide.
Son processeur graphique ultra rapide et ses haut-parleurs intégrés qui diffusent un audio positionnel en 3D cinématographique procurent un fort sentiment d’immersion qui ne sera peut-être surpassé que par le futur casque VR d’Apple attendu pour 2022, mais qui serait 3 fois plus cher.
Microsoft a choisi la réalité mixte avec sa gamme HoloLens de lunettes holographiques. Destinées aux professionnels de la construction, de l’industrie, de la santé, et de l’éducation. Ce casque-ordinateur peut afficher des données et des instructions, créer et imprimer des modélisations 3D, et générer des hologrammes pour reproduire des objets ou des environnements distants.
La technologie haptique a beaucoup fait parler d’elle en 2020 à l’occasion de la sortie de la PlayStation 5. En effet, les manettes DualSense de la console sont réputées pour procurer des sensations extraordinaires comme percevoir les effets des gouttes de pluie. Elles génèrent des vibrations qui permettent de distinguer différentes armes dans les jeux de tir, et différentes pistes dans les jeux de courses.
La veste haptique Skinetic de la société française Actronika.
Cependant, ce sont de véritables combinaisons intégrales haptiques qui voient le jour et qui permettront de reproduire pleinement le sens du toucher pour ressentir les effets de l’environnement et les contacts avec des personnes et des objets. Ces combinaisons mesureront également les données biométriques en temps réel et stimuleront la mémoire musculaire ce qui ouvre des possibilités infinies d’applications sportives et militaires.
Une vie parallèle totalement sous contrôle
Le métavers supprimera les frontières entre réalité et fiction et donnera un fort sentiment de présence dans des lieux qui n’existent pas et avec des personnes qui peuvent être à des milliers de kilomètres, ou avec des personnages imaginaires pilotés par une IA. L’idée principale est que les individus et les organisations puissent y cohabiter et y évoluer via des avatars sans les contraintes matérielles du monde physique.
Plusieurs questions se posent alors. Doit-on laisser une entreprise aussi dominante que Meta, qui a fait l’objet de plusieurs polémiques en 2021 et de nombreuses autres controverses depuis sa création, créer une plate-forme tellement puissante qu’elle permettra de contrôler tous les aspects de notre vie ? Quelles sont les garanties données aux utilisateurs des métavers que ces espaces virtuels seront sécurisés et éthiques ? Comment éviter une hypercentralisation de l’activité numérique où une seule entité privée gérera toutes nos interactions sociales et nos transactions pour en tirer profit ?
Ces inquiétudes sont d’autant plus légitimes que le projet de Meta conduit par nature à une situation monopolistique en voulant remplacer tout Internet. D’une part il n’est rentabilisé et ne fonctionne de manière optimale qu’au-delà d’une taille critique très grande. D’autre part les utilisateurs, qui ont un temps limité et cherchent à optimiser leurs activités numériques, vont choisir de manière quasi exclusive d’être présents dans un seul métavers.
La démarche de Meta semblerait donc aboutir à une propriété et un contrôle total du métavers à travers le matériel et le système d’exploitation. Cependant, Meta affirme déjà que son métavers sera ouvert, collaboratif, et interopérable avec des standards universels. Comme Internet, il ne serait la propriété de personne et serait régulé par toutes les parties prenantes, dont les pouvoirs publics. Plusieurs métavers pourraient coexister et être connectés les uns aux autres, ce qui limiterait la captivité et les dérives.
Cependant, à défaut d’une régulation par les gouvernements qui sont toujours très en retard sur la technologie, il semble essentiel que les entreprises s’accordent sur de bonnes pratiques en matière de respect de la vie privée, de cybersécurité, de lutte contre la désinformation, et de consentement éclairé des consommateurs vis-à-vis des technologies utilisées dans les métavers.