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Thierry de Vulpillières
Par Thierry de Vulpillières, cofondateur de la start-up EvidenceB et ancien directeur des Partenariats Education Microsoft

Les GAFAM n'ont pas de vision de l’éducation, ni du rôle que le numérique pourrait y apporter. Le lobbying qu’ils y consacrent est exclusivement orienté à partir de leurs offres : en quoi les produits et services qu'ils développent pourraient servir des projets utiles à l'éducation ? Jusque-là, rien de grave.
Néanmoins, les investissements colossaux consentis en lobbying pour prouver que leurs produits et services sont la clé de l’éducation peuvent avoir un effet dévastateur sur l'éducation. Imaginez avoir à votre disposition une kyrielle de responsables des affaires publiques disponibles pour arpenter les cabinets des ministères, de l'OCDE ou encore de Bruxelles, pour expliquer que les soft skills, l’apprentissage du code, les « compétences du 21e siècle » ou encore les plans tablettes et maintenant l’accès au cloud sont le sésame de l’éducation.
Imaginez être en mesure de payer des recherches de laboratoires publiques sur les vertus du social learning – quand vous développez des réseaux sociaux – ou sur celles de l’apprentissage collaboratif – quand vous vendez des outils de collaboration.

Le premier effet négatif des GAFAM est de détourner les objectifs que se donnent les politiques éducatives. Ils ne nourrissent pas un discours faux, ils contribuent à créer un effet de sidération qui occultent les priorités des politiques éducatives. Apprendre à coder dans un monde numérique est louable et présente de nombreux intérêts, dont celui d'avoir pléthores de codeur pour baisser la pression aux salaires pour les entreprises informatiques… Néanmoins, cela ne doit pas forcément se faire au détriment de l’enseignement de l'histoire. Là où l'UNESCO alerte sur des objectifs autour de la maitrise de la literacy / numeracy (lire, écrire, compter), là où les enquêtes internationales (PISA, Pirls, Timss…) mesurent encore ces compétences structurelles, là même où le besoin de data scientistes passe par une grande maîtrise des mathématiques, personne n’investit des millions de dollars pour renforcer l'apprentissage de l'histoire, des littératures ou même des mathématiques. De même, il est surprenant que les discours récents sur l’importance de l’éducation dans les plans français concernant l’intelligence artificielle semblent s'en tenir à un objectif de former parmi les meilleurs chercheurs au monde, sans s’interroger pourquoi ces mêmes chercheurs signent leur contrat chez les GAFAM.


  • Leçon 1 : Il ne sert à rien d’écouter les GAFAM sur la conduite de l'éducation.
  • Leçon 2 : Leur puissance financière de détournement doit inviter à une prudence critique, à mesure qu’ils interfèrent avec ces organismes internationaux.
  • Leçon 3 : En ces temps de marketing de la « responsabilité sociale » des entreprises, il faut bien garder à l'esprit que le but des GAFAM restera de développer les produits les plus excellents, générant les profits les plus abondants. L’excellence des systèmes éducatifs ou la promesse de mobilité et de réussite pour tous qu'ils portent ne constitue pas leur objectif – ce sont des entreprises multi-secteurs. Là encore, il convient de ne pas se laisser abuser par la récupération marketing des « AI for Humanity » ou « Tech for Good ». Non, le rôle des GAFAM n’est pas de travailler pour le « bien » ou pour « l’humanité » : c’est un peu trop ambitieux et un peu trop mensonger.
  • Leçon 4 : Ces mouvements autour de l’éthique de la donnée, les avancées du RGPD ou les codes de bonne conduite sont malheureusement des dispositifs bien faibles, dès lors qu'une entreprise détient une quantité considérable de données sur ses utilisateurs. Aussi strict requerra-t-on le cloisonnement des données, aussi vaines seront ces mesures. Il convient, particulièrement dans l'éducation, de limiter enfin l’omniprésence croissante de ces acteurs dans l’authentification et le suivi des élèves : la connaissance qu'ils acquièrent de chacun des élèves ne sera pas contrôlable.


C'est bien un écosystème d’entreprises européennes, dédiées à l'EdTech, qui permettra à la fois de renforcer le travail des enseignants pour la réussite de chaque élève, sans risquer de voir détourner gravement les objectifs des systèmes éducatifs.
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Un data center de Google.


Par Sami Slim, Deputy Director de Telehouse France

Derrière le terme datacenter existent des installations aux vocations différentes. Selon que l'entreprise a besoin de stocker et traiter des volumes massifs de données, de faire monter en force la qualité du service à ses utilisateurs internes, ou d'optimiser les connexions à de multiples acteurs de son écosystème, chaque type de datacenter revêt un profil très différent.

Hyperscale datacenter : traitement et stockage XXL de la donnée


Autour de 500 dans le monde aujourd'hui, les datacenters hyperscale sont des installations à haute capacité de calcul et de stockage implantées majoritairement aux États-Unis et en Chine. Les géants du cloud et du web, dont les plus grands opérateurs de logiciels, d'infrastructures, de recherche, de commerce électronique et de jeux, les utilisent pour servir contenus et applications à leurs millions, voire milliards d'utilisateurs.

Dans l'univers du datacenter hyperscale, tout se joue à grande échelle. Le nombre de serveurs et d'équipements IT y atteint souvent des dizaines de milliers de machines reliées à un réseau à très haute vitesse et à nombre de fibres élevé. Leur superficie est proportionnelle, sur des milliers de mètres carrés. D'où des besoins conséquents en refroidissement, souvent atténués par un emplacement en zone froide.

Ces datacenters offrent une évolutivité importante avec des capacités d'ajout rapide de machines et d'alimentation électrique. En effet, suivre la cadence de la croissance exponentielle des données est capital pour ces installations.

Edge datacenter : la donnée à proximité des utilisateurs


Hébergé dans les locaux de l'entreprise ou dans un datacenter de colocation, l'edge datacenter réduit la distance entre IT et utilisateurs internes de l'entreprise. Ainsi, il ramène des capacités de stockage et de traitement à proximité des collaborateurs et vient compléter localement le datacenter central de l'entreprise. Cette configuration est notamment bien adaptée aux applicatifs non-éligibles au Cloud ou au SaaS. L'edge datacenter sert aussi à assurer le backup du cœur de réseau ou à récupérer la long-tail du trafic client.

L'intérêt majeur de l'edge datacenter tient à délester les réseaux. En effet, en rapprochant la donnée toujours plus volumineuse de son utilisateur, il évite d'appeler les workloads sur de trop grandes distances et de sur-solliciter les réseaux. L'edge datacenter diminue ainsi les temps de latence et permet d'offrir aux utilisateurs un service plus rapide et plus fiable.

Core datacenter : l'art de connecter flux de données et utilisateurs


Le core datacenter est un centre de connectivité sans pareil. Sa spécificité tient d'une part à une densité unique d'équipements réseaux, de fibres et d'interconnexions nationales permettant la collecte et la terminaison du trafic de toutes sources et origines. D'autre part, à une grande concentration d'opérateurs et de membres. Ainsi, FAI, réseaux de diffusion de contenu, points d'interconnexion Internet, transitaires, hébergeurs, fournisseurs de contenus et d'applications comptent tous sur ce hub pour établir entre eux des interconnexions directes.

L'interconnexion directe est justement l'un des grands atouts de ce datacenter cœur de réseau pour ses membres. Effectuée entre machines, voire au sein d'un même point d'échange qui élimine tout besoin d'une nouvelle fibre, l'interconnexion directe permet de transporter la donnée sans passer par Internet ou les réseaux.

Pour l'utilisateur final, il en résulte des avantages en termes de coût de transaction, de latence, de débit et de sécurité pour accéder à son applicatif Cloud ou SaaS. En plus, l'effet de cluster et de volume permet de mieux rentabiliser les équipements et de réduire drastiquement la consommation du réseau, avec à la clé une réelle sobriété numérique.

Installé aux emplacements historiques où sont arrivées les premières fibres et terminaisons de câbles marins, le datacenter cœur de réseau fait figure de maillon vital dans la chaîne de valeur numérique.
cybersecurite



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Par Par David Grout, CTO EMEA, FireEye.

En travaillant avec mes pairs à l’international sur les prédictions 2020 en termes de cybersécurité : je me suis aussi penché sur les grandes perspectives de l’année prochaine pour la France. Bien évidemment, il est toujours compliqué voire impossible de réellement imaginer de quoi sera fait demain, mais l’expérience et les activités au quotidien de nos équipes nous permettent d’en dessiner les contours.

L’influence Géopolitique à l’heure actuelle :


Nous avons déjà eu l’occasion de voir les impacts de la géopolitique et de la diplomatie mondiale sur le monde informatique, que ce soit au travers de campagnes de désinformation, d’attaques sur des états ou des organisations d’importance vitale. Le sommet de Davos en 2019 a remis en exergue à plusieurs reprises le risque que représentent les attaques cyber pour la stabilité mondiale, et cela sera encore plus vrai en 2020. L’actualité du contexte mondial amène lui aussi son lot d’incertitude cyber, en 2020 nous verrons certainement une continuité dans les activités des groupes chinois tels que APT41  ou de nouveaux groupes s’alignant sur le plan Made In China 2025 ou encore sur l’initiative des Nouvelles routes de la soie.

L’année 2020 sera aussi marquée par de grands événements sportifs comme les Jeux Olympiques. Nous y verrons certainement un terreau favorable à l’expression des menaces géopolitiques au travers d’attaques informatiques mais aussi l’émergence de groupes de hackers profitant de cette médiatisation accrue pour être exposé.

Enfin, de nombreuses élections auront lieu à travers le monde aussi bien locales que nationales. Elles seront certainement ciblées à leur tour par différentes campagnes, de désinformation, de fuites massives de données ou encore de dénis de services.

La France engagée sur chacun de ces domaines, sera probablement une cible directe ou indirecte, et nous devons nous y préparer.

La déstabilisation d’entreprise via l’extorsion de fonds et les ransomwares :


La fin 2019 est agitée par des tentatives d’extorsion de fonds, que ce soit auprès d’hôpitaux, de médias ou de PME/PMI, dont on parle moins au quotidien. Il est clair que des groupes motivés financièrement tels que FIN6 ou FIN7, vont continuer et certainement générer une multitude de suiveurs qui trouveront là une source rémunératrice pour leurs activités. La digitalisation étant de plus en plus présente et les machines interconnectées, il est plus que probable de voir les blocages se répéter avec malheureusement de forts impacts directs et indirects. Les emplois des PME/PMI seront directement touchés, les contraignant à mettre la clef sous la porte. Tandis que les plus grandes entreprises devront mettre leur personnel au chômage partiel. Les conséquences pourraient même être dramatiques si des personnes ne pouvaient plus se soigner ou se déplacer, ou encore se chauffer à la suite d’une crise cyber. Les entreprises et les institutions pourraient, elles, être touchées indirectement avec une perte de compétitivité et de confiance sur les marchés. On ne rappellera jamais assez les enjeux d’une bonne protection.

L’adoption du Cloud et ses impacts :


L’adoption du Cloud et de la migration des données dans le Cloud sont également l’une des grandes tendances actuelles. Cette frénésie vers ce type de services ne se fait pas toujours dans les règles de l’art en matière de cybersécurité.

Nous comptons déjà aujourd’hui près de 25% de nos investigations se déroulant dans des infrastructures Cloud. Nous imaginons pour l’année 2020 toujours plus d’incidents sur les environnements Cloud avec des pertes de données massives, et pourquoi pas, des mélanges de genres entre extorsion ou ransomwares rattachées aux services Cloud.

L’accélération des stratégies étatiques :


Enfin, je ne pouvais pas terminer ces prédictions sans parler de l’importance de ce que la Nation, le Gouvernement et l’industrie en général, investiront sur la sécurité informatique.

Une prédiction moins technique : accélération et augmentation des investissements en sécurité pour l’état français, accroissement de la reconnaissance des actions de l’ANSSI, davantage de moyens pour l’innovation et concentration des savoirs avec, entre autres, le projet Campus Cyber.

En 2020, nous verrons tous les corps étatiques se focaliser sur la sécurisation et l’innovation de l’internet, et de l’accès à l’information pour les citoyens.

Je terminerai donc sur cette note positive, et oui une fois n’est pas coutume, ne parlons pas uniquement des risques, ou des malwares, mais aussi d’une prédiction de croissance, d’innovation et d’évolution de l’écosystème de la sécurité informatique, une vraie opportunité pour notre pays, pour l’emploi et pour l’économie.
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Afin de comprendre et analyser la perception des Français à l’égard des nouvelles technologies, l’Académie des technologies et OpinionWay ont réalisé un sondage[i]. Cette étude confirme leur attrait, mais également leurs inquiétudes face aux nouvelles technologies, notamment sur les questions environnementales. Pour la moitié d’entre eux, le progrès technologique est l’une des causes du changement climatique et cela atteint les 55 % chez les 18-24 ans. Après la santé (60%), l’agriculture (25%), la mobilité (21%) et les green tech (20%) cristallisent le plus d’attentes chez les Français.

Les trois-quarts des Français se disent intéressés par la technologie et 70% d’entre eux pensent qu’elle apporte de meilleures conditions de travail. Les jeunes sont les plus optimistes en la matière : 79% pour les 18-24 ans contre 67% pour les 50-64 ans. En revanche, 71% des Français estiment que le progrès technologique entraine des contraintes, et qu’à long terme il apportera plus de problèmes qu’il n’en résoudra. La grande majorité des plus de 65 ans pense que plus la technologie se développe, plus les humains subissent ces contraintes (74% pour les plus de 65 ans contre 60% pour les moins de 25 ans). Les 25-34 ans sont les plus inquiétés (50%) par les nouvelles technologies et également les plus partagés puisque plus d’un 1/3 se dit à la fois intéressé et inquiet. Pour ce qui est des personnalités incarnant le progrès technologique, si Alain Carpentier arrive en tête pour la majorité des français (principalement chez les 50-64 ans), c’est Thomas Pesquet qui l’emporte chez les plus jeunes.

Les Français confirment leur fort intérêt pour la technologie…

76% des Français déclarent être assez, voire très intéressés par la technologie (toutes catégories d’âge confondues). Pour les plus jeunes, cet intérêt s’exprime jusqu’au travers de leurs habitudes de consommation puisque 55% des moins de 25 ans, contre 27% des 50-64 ans déclarent aimer acheter des objets technologiques dernier cri. Les artisans, les commerçants, chefs d’entreprises (91%) ainsi que les habitants du sud-ouest (82%) sont les plus intéressés. Pour 64% des Français, le progrès technologique reste synonyme de progrès pour l’humanité. Les Français considèrent également que le développement technologique offre une meilleure qualité de vie pour les générations futures (61%)


…Mais les trentenaires confirment également leurs inquiétudes…

Bien qu’intéressés et friands de technologie, 41% des Français expriment leurs inquiétudes à ce sujet. Elles s’expliquent notamment par des incertitudes et un manque d’information : près de 1/3 des Français déclare ne pas être suffisamment informé par le Gouvernement sur les conséquences des technologies (32%). Par ailleurs, ils estiment ne pas assez être impliqués dans les décisions portant sur les technologies controversées (81%). Enfin, la moitié des 25-34 ans sont inquiets vis-à-vis des progrès technologiques, contre seulement 37% des 35-49 ans.

Entre curiosité et besoin d’information, l’intérêt et l’inquiétude face à la technologie restent stables et n’apparaissent pas comme incompatibles. Ainsi, 28% des Français affirment ressentir ces deux sentiments et notamment les jeunes âgés de 25 à 34 ans (36%) qui ont grandi et ont assisté à l’évolution technologique. Ainsi les Français gardent un regard critique et objectif sur la technologie : ils ne voient pas le progrès technologique comme étant uniquement une chose positive pour l’humanité puisque 71% considèrent que plus cette dernière se développe, plus les humains subissent ses contraintes (73% pour les plus de 65 ans contre 60% pour les moins de 25 ans).

Concernant le domaine professionnel, l’apport bénéfique de la technologie connait une inflexion depuis l’année dernière. La part de Français qui considèrent que les nouvelles technologies apportent de meilleures conditions de travail est en baisse de 4 points (74% en 2018 contre 70 cette année). Par ailleurs, moins d’un Français sur deux (40%) affirment que la technologie lui offre plus d’opportunités que de dangers dans sa vie professionnelle, soit une baisse de 7 points par rapport à l’an dernier. Ce chiffre chute à 25% pour les ouvriers. Les jeunes sont plus confiants que la moyenne puisque 79% des 18-24 ans estiment que les nouvelles technologies apportent de meilleures conditions de travail (contre 68% pour les 25 34 ans !).


…Notamment sur la problématique environnementale

La question environnementale s’inscrit clairement au cœur des réflexions actuelles. Le deuxième domaine où les Français sont le plus en attente de voir des progrès technologiques est l’agriculture. Domaine pour lequel les attentes ne cessent de croitre (25%, +4 points). Bien que troisième domaine leader du progrès technologique en France (17%), les Français sont conscients des dangers que représentent les méthodes d’exploitation agricoles sur l’environnement et qui sont au cœur des réflexions actuelles. Le troisième domaine où l’innovation technologique est attendue se rattache également à cette problématique, il s’agit de la green tech et de l’énergie (20%).

Le changement climatique, une prise de conscience encore plus prégnante chez les jeunes

Enfin, les Français malgré leur appétence croissante pour les nouvelles technologies semblent prendre de plus en plus conscience du danger qu’elles peuvent représenter pour l’humanité et son mode de vie. Un constat qui inquiète ! Près de la moitié des Français a le sentiment que le progrès technologique est l’une des causes du changement climatique (49%). Ce constat est particulièrement prégnant chez les plus jeunes (55% chez les 18-24 ans contre 43% chez les 65 ans et plus). La technologie trouve ici la limite de ses effets positifs.


La santé, la communication et la mobilité sont perçus comme les principaux progrès technologiques

Depuis la fin du XXème siècle, les principaux progrès technologiques sont ancrés dans le domaine de la communication. Ainsi, malgré une baisse de 5 points, Internet apparait comme le principal progrès technologique (62%). Malgré cet essoufflement, la deuxième place est toujours trustée par le smartphone (40%), un autre outil de communication. Cet engouement, notamment pour les plus de 65 ans, s’explique par l’impact des NTIC dans leur quotidien. Les progrès technologiques dans le domaine de la santé (robotisation en santé 38% et procréation médicalement assistée 21%) demeurent fortement attendus par les Français (59%). Ces innovations amènent désormais à étudier et appréhender la vie d’une autre manière, à atteindre ce qui semble impossible et qui vient transformer la vision de la vie humaine. Enfin, la voiture autonome et les réseaux sociaux sont plus considérés comme des principaux progrès chez les 25-34 ans (22% et 15%) que pour le reste de la population (17% et 9%), et en particulier les plus âgés (10% et 6%).

Enfin la mobilité fait également partie des domaines ayant connu le plus de progrès technologiques (29%).


La santé, au cœur des attentes, talonnée par la green-tech et l’énergie chez les 18-34 ans


Malgré un recul de 4 points, la santé demeure le domaine dans lequel les progrès technologiques sont les plus attendus (60%). Ce constat est particulièrement appuyé chez les plus 65 ans (81%) contre 37% chez les moins de 25 ans. Si l’agriculture, domaine pour lequel les attentes ne cessent de croitre (25% + 4 points) arrive en deuxième position, la green-tech et l’énergie arrivent en 2ème position chez les 18-34 ans avec 27% des voix (seulement 17% chez les plus de 65 ans).



Alain Carpentier, incarne le progrès technologique


La santé et les NTIC, se retrouvent également sous les traits des personnalités incarnant le mieux les progrès technologiques. Si Alain Carpentier, le chirurgien ayant créé et implanté le premier cœur artificiel autonome incarne le mieux le progrès technologique, c’est Thomas Pesquet qui remporte les suffrages chez les 18-24 ans (22% contre 14% pour la moyenne nationale).

Bill Gates, créateur de Microsoft et du portail Internet MSN, s’impose à la première place du classement international (30%). Jack Kilby, deuxième avec 18% n’est cité que par 7% des 18-24 ans. Ces derniers plaçant en deuxième position Timothy John Berners-Lee, l’inventeur du Web (21%).



Avec un modèle comme Alain Carpentier, les Français perçoivent avant tout leur pays comme l’un des leaders de l’innovation technologique en matière de santé et recherche médicale (45%) devant l’aéronautique et l’espace avec Thomas Pesquet (14%) – pourtant un atout fort de la France, mais aussi Esther Duflot, première Française à obtenir le prix Nobel de l’économie (13%) et Cédric Villani (3%).

Les sciences telles que les biotechnologies (16%) et les nanotechnologies (16%) séduisent moins les Français, tout comme les techniques spécifiques comme l’Intelligence artificielle (12%), l’impression 3D (11%) ou encore la réalité augmentée et la réalité virtuelle (8%) qui demeurent en retrait car encore méconnues.


Le numérique est un enjeu majeur pour la France. Sera-t-il au coeur de la campagne électorale des municipales qui ont lieu dans quatre mois ? Vraisemblablement selon Villes Internet, association transpolitique d'élus locaux rassemblés autour du thème de l'Internet citoyen, qui vient d'indiquer que pour l'édition 2020, il y avait une participation en hausse au Label National Villes et Villages Internet.

Pour rappel, ce label national, pendant « innovation » du label Villes Fleuries, est porté par l’association Villes Internet, financée par les cotisations de ses 450 membres, et soutenue par plusieurs ministères, la Mutuelle Nationale Territoriale et La Banque Française Mutualiste, en partenariat avec les associations de collectivité et d’élus : ADF (assemblée des département de France), AMF (association des maires de France), Villes de France, APVF (Association des petites villes de France), AMRF (Association des maires ruraux de France),  FNCCR (Fédération nationale des collectivités concédantes et régies) et AMIF (Association des Maires de l’Île-de-France).

Ce 21e label est attribué comme chaque année par un jury essentiellement composé d’universitaires, et présidé par le géographe Mathieu Vidal. Plus de 20 experts comparent les collectivités volontaires pour les organiser dans un référentiel entre une à cinq arobases (@).

"Les agents territoriaux et élus au numérique de ces villes et villages travaillent depuis plus de 6 mois à décrire les initiatives numériques locales qu’ils publient eux même dans la plateforme collaborative www.villes-internet.net", indique l'association, qui précise que "cette année, ils échangent avec leurs pairs plus de 11 784 fiches d’initiatives à découvrir dans l’Atlaas qui les géolocalise."

Démocratie participative et transition écologique

En attendant la cérémonie de remise des labels le 4 février 2020 à Martigues (Bouches-du-Rhône) par Julien Denormandie, ministre chargé de la Ville et du Logement, l'association Villes internet esquisse quelques tendances sur les dossiers proposés par les villes et villages candidats.

"Les projets numériques locaux des collectivités locales françaises touchent tous les domaines de l’action publique : la dématérialisation des démarches administratives bien sûr est toujours en tête des efforts des mairies pour améliorer le service public. Le numérique à l’école est un enjeu qui progresse rapidement tant pour les méthodes éducatives que pour les dispositifs d’inscriptions scolaire et périscolaire à distance", constate l'association.

Autre sujet fort, peut être un contre effet du mouvement des Gilets jaunes et du Grand débat nationak : la démocratie participative. "La progression des modules pour la démocratie locale ne faiblit pas, débats en lignes ou budgets participatifs se multiplient."

"Nous remarquons cette année plusieurs efforts de vigilance face aux risques induits par les usages du numérique avec des actions concrètes pour la cybersécurité ou la lutte contre la désinformation. La vigilance écologique pointe avec des politiques volontaires de recyclage des matériels notamment, et encore à la marge une écoconception des services numériques", indique Villes internet.

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Par Bastien Bobe, Security Sales Engineer, Europe du Sud chez Lookout.

Les bonnes affaires pleuvent sur votre smartphone : e-mails, SMS, réseaux sociaux… Vous êtes tenté toute la journée de faire chauffer votre carte bleue, mais vous résistez avec plus ou moins de succès. Mais aujourd’hui, vous checkez Instagram une fois de plus dans les transports et tombez sur LA nouvelle enceinte Bluetooth de vos rêves. Incroyable, elle est en promotion et en plus votre influenceur favorit à un code promotionnel mais seulement pour quelques heures, et il n’y en aura pas pour tout le monde… Mais méfiance, ce serait dommage de vous faire voler vos coordonnées bancaires sans même recevoir cette fameuse enceinte. Voici quelques conseils pour acheter sur votre mobile en toute sérénité :

1)      Mettez à jour toutes vos applications très régulièrement : Veillez à toujours utiliser les dernières versions de vos applications et assurez-vous de faire la mise à jour sur un réseau sécurisé pour ne pas télécharger de logiciels malveillants. Ne pensez pas prématurément que les applications, même vos favorites, utilisent toutes le protocole HTTPS, et sont sécurisées. Soyez vigilants surtout avec les plus prisées souvent cibles des hackers.

2)      Attention aux liens frauduleux : Si sur ordinateurs, on peut aisément distinguer les liens malveillants, ce n’est pas le cas sur un smartphone. Faites attention aux liens que l’on vous envoie sur certaines applications comme WhatsApp. Si vous n’êtes pas sûr de la provenance du lien, ne cliquez pas. Les influenceurs ne sont pas tous des plus vigilants lors d’un partage de site et deux vérifications valent mieux qu’une !

3)      Eviter d’acheter en ligne connecté à un Wi-Fi gratuit : les hackers sont à l’affut de données personnelles, il suffit de vous cliquer sur le mauvais lien ou un mauvais site pour qu’un hacker détienne toutes vos coordonnés bancaires. Et les réseaux Wi-Fi ne sont pas tous sécurisés, loin de là. En déplacement, utilisez votre connexion 4G autant que vous le pouvez. Elle est plus sécurisante lorsque vous voulez transmettre des données bancaires.

4)      Utilisez toujours un spot Wi-Fi sécurisé : Si vous n’avez pas le choix et que vous devez utiliser un réseau Wi-Fi à l’extérieur, soyez prudent. Si le site vous demande d’installer un programme appelé « certificat de sécurité » c’est louche. De plus, s’il existe deux types de réseaux pour un établissement : « Nom de l’établissement Wi-Fi » et « Nom de l’établissement Wi-Fi gratuit », le premier est bien souvent celui de l’établissement et l’autre celui d’un hacker. Si vous vous y connectez, il pourra alors copier et intercepter toutes vos données. Demandez toujours au personnel de l’établissement la confirmation du nom du Wi-Fi et son code.

5)      Installez un VPN : En vous connectant via un VPN, celui-ci vous permettra d’avoir une connexion privée. Le VPN (réseau privé virtuel) permet de crypter le trafic entre votre smartphone et les sites internet que vous consultez, et de vous connecter de manière anonyme. Une fois connecté, vous surfez sur le net à l’abri du VPN, les sites visités identifient le VPN mais pas vous. Avant de vous connecter sur le réseau Wi-Fi, décochez la case « se connecter automatiquement ». Une fois que vous avez fini de surfer sur le web, allez dans vos paramètres, sélectionnez le Wi-Fi public et supprimez-le.

Vous voilà paré avec ces quelques premières astuces pour acheter votre enceinte et autres objets de convoitise en toute sécurité.
A vos marques ? Prêt ? Shopper !


ecommerce


Le Black Friday, journée de promotions importée des États-Unis il y a quelques années, est entré dans les habitudes commerciales françaises, malgré des critiques croissantes qui l’accusent de pousser à la surconsommation.

Des réductions monstres sur les téléviseurs, les ordinateurs ou l’électroménager, des rabais importants sur les vêtements ou les chaussures : le Black Friday (vendredi noir) est censé permettre au consommateur de voir la vie en rose, mais peut-être aussi aux commerçants dont certains ont vu leur chiffre d’affaires fondre avec les manifestations hebdomadaires des Gilets jaunes.

Importé des Etats-Unis (il se tient après le jour de Thanksgiving), ce grand rendez-vous commercial en boutique comme sur internet semble plébiscité par les Français. "Les trois quarts des Français (75 %) considèrent que le Black Friday est une bonne chose, contre seulement 24 % qui pensent que c’est une mauvaise chose. Les jeunes (83 %) et les femmes (81 %) sont particulièrement nombreux à porter un jugement positif, tandis que les hommes et les seniors sont plus critiques", indique un sondage BVA-Orange publié mercredi.

Économie ou environnement ?

62 % des Français comptent ainsi réaliser des achats lors du Black Friday, dont 51 % sur internet et 39 % en magasin, notamment pour faire les cadeaux de Noël dans un mois (67 %).

Mais le Black Friday est aussi accusé de porter atteinte à l’environnement, peut-être davantage encore cette année durant laquelle les marches pour le climat se sont multipliées et la conscience environnementale a gagné les esprits. De fait, la surconsommation induite par le Black Friday, l’impact sur l’environnement des milliers de colis qu’il faut livrer aux cyberacheteurs et même le poids des grandes plateformes d’e-commerce au premier rang desquelles le géant américain Amazon contre le petit commerce, font que certains appellent à la raison voire au boycott. Des groupes écologistes comme Extinction Rebellion, Youth for climate, Attac ou Alternatiba COP21 ont d’ailleurs prévu des actions un peu partout en France ce vendredi pour dénoncer "la grande braderie de la planète"

La polémique entre relance de l’économie et préservation de la planète s’est même invitée au sein du gouvernement. Lundi dernier, Elisabeth Borne, ministre de la Transiton écologique et solidaire, avait estimé qu’"on ne peut pas à la fois baisser les émissions de gaz à effet de serre et appeler à une frénésie de consommation. Il faut surtout consommer mieux", avait-elle souligné.

Une position que ne partageait pas le ministre de l’Economie Bruno Le Maire, ni même le Conseil du commerce de France, qui regroupe 31 fédérations de commerçants. Il est vrai que depuis 2013 – année de sa première édition en France – la part des ventes réalisées en novembre s’est accrue de 1,6 point dans le secteur de la vente à distance, selon l’Insee. Et l’an dernier, pour la première fois, novembre a représenté la même part de ventes en volume que décembre pour ce secteur (11,0 %). La part des ventes réalisées en novembre a également fortement augmenté depuis 2013 pour les parfumeries (+ 1,5 point), les magasins d’électroménager (+ 1,5 point) et les bijouteries-horlogeries (+ 1,0 point), note l’Insee.

Dès lors la position de Mme Borne sur le Black Friday qui constitue un coup de pouce économique indéniable n’est pas du goût de tous et a même déclenché la colère du président LR de la commission des Finances à l’Assemblée nationale, l’ancien ministre du Budget Éric Woerth.

"Je pense que la ministre ferait mieux de parler d’autre chose, elle ferait mieux de se taire sur ce type de sujet, elle n’a pas à donner son opinion au consommateur. On a le droit encore en France de consommer et d’acheter ce qu’on a envie d’acheter", a-t-il assené, rejoint par sa collègue LREM Olivia Grégoire. "Les Français sont assez grands pour savoir ce qu’ils ont à faire sur ces sujets-là. À tout interdire, je ne sais pas exactement quelle civilisation on est en train de bâtir" a estimé la députée qui fut la rapporteure de la loi Pacte.

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Achats sur internet : attention aux arnaques

Faire ses achats sur internet à l’occasion du Black Friday (puis du Cyber Monday le lundi suivant pour des produits orientés high-tech et numérique) est évidemment tentant. 51 % des Français et 72 % des jeunes envisagent de passer commande chez des cybermarchands. Mais attention : la frénésie d’achat pour le Black Friday attire aussi les escrocs qui feront tout pour subtiliser les numéros de cartes bancaires.

"La saison des fêtes de fin d’année couvre traditionnellement la période allant de la fête du Thanksgiving aux Etats Unis fin novembre à la première semaine de janvier. Durant ces quelques semaines, le risque potentiel de cyber-attaques, ciblant à la fois les individus et les entreprises, est largement accru. La raison principale de cette escalade est l’augmentation massive du nombre de transactions de paiement constatée durant cette période, à la fois en ligne et dans les magasins", explique David Grout, de FireEye, société spécialisée dans la cybersécurité. "Au cours de la saison des fêtes 2019, les consommateurs peuvent s’attendre à des attaques via e-mail utilisant des leurres tels que des vœux de fin d’année et des promotions liées à des événements majeurs tels que le Black Friday. Emotet, qui a probablement été le botnet le plus prolifique en 2019, illustre cette tendance – durant la période des fêtes précédente, il a diffusé massivement des e-mails utilisant des thèmes dont Thanksgiving, Black Friday, Cyber Monday, et des leurres liés à la fête de Noël, une tactique qui devrait perdurer tout au long de la période des fêtes 2019", explique l’expert qui rajoute qu’"en plus des leurres liés à la période des fêtes, des cyber criminels tenteront probablement d’exploiter le désir des consommateurs de profiter de promotions ou de coupons de réduction en diffusant des e-mails usurpant des marques et des enseignes populaires. "Prudence donc, d’autant plus qu’une étude publiée la semaine dernière par Proofpoint, indique que 60 % des 15 plus grands sites de vente en ligne français exposent encore leurs clients à la fraude par courriels…

Pour l’UFC, des rabais en trompe-l’œil

« En seulement 5 ans, les commerçants français ont réussi à imposer le Black Friday comme l’un des principaux événements promotionnels de l’année. Mais cette opération commerciale poussée à grand renfort de publicité est-elle vraiment synonyme de bonnes affaires ? Notre étude exclusive des prix pratiqués lors de l’édition 2018 révèle que si des rabais sont au rendez-vous, ils sont loin d’être aussi importants et aussi nombreux que les marchands veulent bien le faire croire », estime l’UFC Que choisir.

L’Observatoire de l’association de consommateurs s’est penché sur les prix de 20 types de produits avant et pendant le Black Friday 2018. « Au final, deux constats s’imposent. Tout d’abord, la part de produits faisant l’objet d’une vraie promotion à l’occasion du Black Friday est faible : seulement 8,3 % des 31 603 produits suivis ont vu leur prix réellement baisser. Ensuite, l’ampleur des ristournes est plus que limitée : tous rabais confondus, les prix n’ont baissé que de 7,5 % en moyenne, soit très loin des 50, 60 voire 70 % de réduction mis en avant par les marchands. ».

« La législation sur les prix de référence est tellement souple qu’elles ont la possibilité de jouer quasiment comme bon leur semble sur les prix de référence pour afficher des rabais les plus élevés possible. Et il n’y a aucune raison pour que l’édition 2019 échappe à cette règle », estiment les auteurs de l’étude, Cyril Brosset et Grégory Caret.
hacker


Par David GROUT, CTO EMEA, FireEye

La saison des fêtes de fin d’année couvre traditionnellement la période allant de la fête du Thanksgiving aux Etats Unis fin novembre à la première semaine de Janvier. Durant ces quelques semaines, le risque potentiel de cyber attaques, ciblant à la fois les inidividus et les entreprises, est largement accru. La raison principale de cette escalade est l’augmentation massive du nombre de transactions de paiement constatée durant cette prériode, à la fois en ligne et dans les magasins physiques. Cette augmentation représente une opportunité pour des acteurs malveillants car une intrusion dans les systèmes utilisés peut être baucoup plus lucrative qu’à d’autres moments de l’année.

Durant la saison des fêtes, des acteurs malveillants peuvent également percevoir que certaines organisations seront plus enclines à céder à des extorsions de fonds ou des demandes de rançon afin de minimiser l’impact d’attaques perturbant leur fonctionnement normal. Cette perception est probablement due au fait que le coût des interruptions d’activité durant cette période est plus élevé pour beaucoup d’organisations, principalement dans le commerce de détail et l’industrie hôtelière.

De plus, beaucoup plus d’employés prennent des congés durant la saison des fêtes qu’à d’autres periodes de l’année. Ce qui veut dire qu’un acteur malveillant aura de meilleures chances de se faire passer pour un employé absent, et que dans le cas d’une intrusion réussie, un nombre limité de specialistes de la sécurité seront capables d’identifier rapidement et de réduire la menace.

Au cours de la saison des fêtes 2019, les consommateurs peuvent s’attendre à des attaques via email utilisant des leurres tels que des voeux de fin d’année et des promotions liées à des événements majeurs tels que le Black Friday. Emotet, qui a probablement été le botnet le plus prolifique en 2019, illustre cette tendance – durant la période des fêtes précédente, il a diffusé massivement des emails utilisant des thèmes dont Thanksgiving, Black Friday, Cyber Monday, et des leurres liés à la fête de Noël, une tactique qui devrait perdurer tout au long de la période des fêtes 2019. L’utilisation de ce type de leurres est une stratégie courante et très efficace d’ingénierie sociale employée par beaucoup d’acteurs malveillants pour améliorer l’efficacité de leurs campagnes.

En plus des leurres liés à la période des fêtes, des cyber criminels tenteront probablement d’exploiter le désir des consommateurs de profiter de promotions ou de coupons de réduction en diffusant des emails usurpant des marques et des enseignes populaires. D’autres leurres utilisés par des campagnes d’emails malveillantes tout au long de l’année, tels que des notifications de livraison, auront probablement plus de succès en raison du plus fort volume de ventes en ligne.
cloud


Par Philippe Corneloup, Directeur des ventes régional de Centrify 

Si les outils de cybersécurité sont de plus en plus puissants, dopés à l’intelligence artificielle, les hackeurs ne manquent pas d’inventivité pour pirater les systèmes. L’essor grandissant du cloud leur donne l’occasion de se réinventer, face à des entreprises qui ont entrepris une migration massive vers ces nouvelles infrastructures. Désormais, la menace se transforme : les hackeurs ne piratent plus, ils se connectent.

Des infrastructures au cloud 


La tentation de migrer vers le cloud est forte pour les entreprises : 88 % d’entre elles ont déjà fait le pas, attirées par la flexibilité, les économies de coûts opérationnels et l’évolutivité des offres. Les dépenses mondiales consacrées aux services et infrastructures publiques cloud devraient augmenter de plus de 100 % au cours des cinq prochaines années, passant de 229 milliards de dollars en 2019 à près de 500 milliards en 2023, selon IDC. Plus qu’une tendance, le cloud est désormais un passage obligé de la digitalisation.

Les entreprises n’y sont pas insensibles. Malgré l’appât de la flexibilité et des économies que le cloud promet, un frein majeur se dessine : celui de la sécurité. Ces craintes sont compréhensibles. Avec un si grand nombre d'entreprises migrant leurs opérations, les pirates informatiques ont fait du cloud leur priorité absolue. Ils ciblent désormais les workloads et les infrastructures cloud afin de mettre la main sur des données de valeur.

Cyberattaques : le danger vient de l’intérieur


Ainsi, le phishing se sophistique, les malwares sont tombés dans l’oubli, remplacés par des ransomwares plus efficaces, et les hackeurs ne perdent plus de temps à pirater des systèmes surprotégés. En matière de vecteur d'attaques, les cybercriminels vont au-delà de la couche réseau : le moyen le plus simple, pour eux, d'accéder à des données, est d'utiliser les identifiants d'un utilisateur légitime.

Leur « Saint Graal » est donc l’identifiant d'utilisateur possédant des privilèges administrateurs. Ces identifiants octroient un accès élargi aux systèmes. Ils permettent d'accéder à l'ensemble du réseau et aux données sensibles. En usurpant l'identité d'un collaborateur de confiance, un pirate informatique peut opérer sans être détecté et exfiltrer des données sensibles sans déclencher de signaux d'alarme. Il n'est pas surprenant, de ce fait, que la plupart des cyberattaques actuelles soient précédées de campagnes de collecte d'identifiants : à cette fin, les cybercriminels utilisent des renifleurs de mots de passe (sniffers), mènent des campagnes de phishing et utilisent des logiciels malveillants.

Cette évolution des cyberattaques s’inscrit dans un contexte où la digitalisation, extrêmement démocratisée, pousse des utilisateurs à adopter des pratiques risquées pour l’entreprise et ses données sensibles sans même en avoir conscience. Ainsi, des gestes qui semblent inoffensifs aux salariés, comme la connexion via un réseau public, via leur propre Wi-Fi, des mots de passe avec un niveau de difficulté trop faible ou pas changés assez régulièrement peuvent faciliter le vol d’identifiants de connexions. C’est également vrai pour les entreprises qui peinent à hiérarchiser les droits d’accès où à la restreindre une fois que les salariés ont changé de poste, de département ou ont tout simplement démissionné.

Cybersécurité : le modèle du « zero trust »


Pour limiter les risques, les entreprises doivent repenser leur stratégie de sécurité et adopter une approche de contrôle des identités basée sur la confiance zéro : ne jamais faire confiance, toujours vérifier, limiter les privilèges d'accès. Cette approche doit s'appliquer à l'ensemble de l'organisation, aux partenaires ainsi qu'aux systèmes informatiques externalisés.

Ce modèle « Zero Trust » n'offre pas seulement des avantages concrets. Il permet aux entreprises d'avancer plus sereinement, pour améliorer l'expérience des clients et partenaires, sécuriser les environnements DevOps et offrir un socle sécurisé au développement de la flotte mobile. Cette approche permet aux entreprises d'aujourd'hui d'adopter le cloud tout en réduisant les risques.

Depuis la migration massive des entreprises vers le cloud, les cyberattaques via vol d’identifiant ont explosé. Cela révèle une vulnérabilité stratégique sur laquelle les hackeurs se sont très vite positionnés : les entreprises doivent mettre en place une politique de sécurisation de la gouvernance et des droits d’accès pour verrouiller leurs systèmes et réduire au maximum les risques de vol de données.
4G


Quelle est la teneur du New Deal Mobile conclu entre l’Etat et les opérateurs pour développer la 4G ?

Michel Combot, Directeur général de la Fédération française des Télécoms (FFT)  - Cet accord gagnant-gagnant conclu entre l’Etat et la FFT en janvier 2018 partait du constat qu’il fallait faire plus pour la couverture de la population et des territoires en 4G. Il s’agissait de replacer les citoyens et les entreprises au centre des investissements et du déploiement. Cet accord est simple : généraliser la 4G sur le réseau existant (le faire passer intégralement en 4G d’ici fin 2022) et augmenter le niveau de qualité du réseau. C’était une demande des élus et cela a été notre engagement : augmenter la qualité en déployant de nouveaux pylônes sur l’ensemble du territoire. C’est un engagement qui couvre près de 5 000 pylônes avec un nouveau partenariat avec les collectivités.

C’est-à-dire ?

Avant le New Deal, pour les fameuses zones blanches, il y avait un co-financement entre l’Etat et les collectivités, qui finançaient le pylône, et les opérateurs qui finançaient les antennes mutualisées. Désormais, les opérateurs financent intégralement la couverture de la zone blanche et les collectivités disent où placer prioritairement ces pylônes. Elles passent donc d’un rôle de financeur à un rôle de stratège pour un aménagement du territoire. La relation avec les élus de terrain est très importante pour connaître les priorités en matière d’aménagement numérique des territoires. Avant, on avait des déploiements propres aux opérateurs, d’autres financés par les collectivités. Désormais, sur les nouvelles fréquences, l’Etat a fait le choix de ne pas faire de nouvelles enchères, donc les opérateurs réinvestissent intégralement.

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Quelle est l’échéance pour la couverture d’un maximum de zones blanches ?

On a deux grosses échéances. D’une part, que fin 2022, le réseau actuel soit intégralement en 4G et d’autre part qu’on ait identifié le maximum de zones blanches d’ici fin 2022. En France, il y a deux fois moins d’habitants au kilomètre carré que chez nos voisins allemands, anglais ou italiens et nos territoires évoluent constamment. Par exemple, un site touristique se construit et on a besoin de répondre rapidement à ces enjeux d’aménagement. Parfois une friche ou un terrain agricole deviennent un lotissement : il faut le couvrir. C’est tout le travail que l’on fait avec les élus. On a simplifié les délais de construction, notamment avec la loi ELAN (loi portant évolution du logement de l’aménagement et du numérique, NDLR). Notre enjeu est que d’ici fin 2022, ce que l’on connaît en termes de zones blanches ou 3G soit intégralement couvert en 4G, et qu’on soit capable de répondre très rapidement à de nouvelles zones blanches identifiées par les élus.

En Occitanie, combien de pylônes ont-ils été installés avec le New Deal ?

Si l’on parle en nombre de sites, il faut comprendre que la région Occitanie, c’est 9 000 sites tous opérateurs confondus. Quand on parle de site c’est, sur un pylône donné, une antenne Orange, une antenne Bouygues, une antenne SFR, une antenne Free. Sur ces 9 000 sites, près de 6 800 sont déjà équipés en 4G, et depuis le début du New Deal, près de 1 200 sites sont passés en 4G en Occitanie. On a donc un effet important du New Deal pour la conversion en 4G du réseau existant.

Sur le reste à couvrir, il nous reste 2 200 sites à passer en 4G d’ici fin 2022, dont 1 800 se trouvent sur des pylônes mutualisés à quatre opérateurs, qui sont d’anciennes zones blanches actuellement en 3G. Ces pylônes mutualisés se répartissent sur l’ensemble des départements de la région. Les choses avancent bien.

La région Occitanie a beaucoup de pylônes mutualisés qui sont pour la plupart en zones rurales. Rappelons que techniquement passer un pylône mutualisé de la 3G à la 4G, c’est une première mondiale. On a mis près d’un an et demi à mettre en place ce procédé qui permet aujourd’hui dans l’Aude d’inaugurer des pylônes mutualisés en 4G.

Sur le 2e volet, la construction de nouveaux sites, on a d’ores et déjà près de 224 sites identifiés sur l’ensemble de la région. Quand on ouvre un site mutualisé, les quatre opérateurs sont présents en 4G. Ils seront construits en 2021. On va d’ailleurs au-delà du passage en 4G, on va continuer à faire progresser la couverture car la 4G a besoin d’un signal plus important pour permettre aux usagers d’accéder à l’internet mobile dans de bonnes conditions.

bagage


On connaît tous les célèbres présentations que faisait Steve Jobs, l’emblématique patron d’Apple. Mais il n’y a pas qu’Apple qui fait des « keynotes ». Sigfox, la start-up toulousaine qui est devenue grande dans le domaine des objets connectés, a organisé, mercredi à Singapour, un événement, « Sigfox Connect ». Un rendez-vous qui a permis de présenter l’actualité de la société, et pour son PDG, Ludovic Le Moan, de livrer sa vision de l’avenir de Sigfix et des enjeux du marché de l’IoT (internet of things, internet des objets).
Le PDG a notamment fait quatre annonces majeures. Première annonce, un partenariat avec Amadeus, premier fournisseur de solutions informatiques pour l’industrie du voyage et du tourisme, qui a nécessité un an der recherche. Les deux sociétés lancent PinPoint. Son objectif est de fournir la solution de suivi la plus complète du marché pour les aéroports et les compagnies aériennes. Chaque année, les aéroports et les compagnies aériennes transportent des milliards de bagages et de biens de grande valeur qui sont trop souvent perdus, endommagés ou retardés, entraînant des pertes financières importantes, une inefficacité opérationnelle et une insatisfaction croissante des voyageurs.
Grâce à des étiquettes PinPoint, réutilisables, placées sur les bagages, aux capteurs de proximité installés dans les aéroports et à la couverture mondiale du réseau 0G de Sigfox, les compagnies aériennes seront en mesure de surveiller les bagages, de suivre précisément leur emplacement et de détecter les anomalies. Le système pourra être utilisé pour les biens de valeurs. La collaboration entre Amadeus et Sugfx devrait, à terme, aboutir à une joint-venture.

Meilleure géolocalisation

Seconde annonce dévoilée hier : Sigfox lance un service de réseau privé (PAN) pour permettre aux clients de Sigfox de choisir entre un service privé ou un service global, en fonction de leurs contraintes économiques et industrielles. «Les fournisseurs de solutions Smart Home ou Smart City seront parmi les premiers bénéficiaires de cette nouvelle offre » assure Ludovic Le Moan.
Troisième annonce, le renfort des services de géolocalisation « Atlas » pour améliorer le suivis de biens avec deux nouvelles offres, Atlas Native et Atlas Wifi. Grâce aux données des dispositifs GPS et à leur comparaison avec les empreintes du réseau Sigfox, les algorithmes de Machine Learning (apprentissage automatique) d’Atlas réduisent l’incertitude relative à la localisation « réelle » de l’équipement et améliorent la précision de la géolocalisation en limitant la marge d’erreur à 800 mètres. Atlas WiFi, mené en partenariat avec HERE Technologies, ouvrira de nouvelles opportunités en particulier dans la chaîne d’approvisionnement et la logistique.

Compteurs connectés

Enfin, la dernière grande annonce faite par Ludovic Le Moan, concerne un partenariat avec NICIGAS, l’un des principaux fournisseurs de gaz au Japon. Ce projet, développé par UnaBiz et SORACOM, va permettre de connecter 850 000 compteurs de gaz d’ici fin 2020 via le réseau 0G de Sigfox. « Ce projet démontre le potentiel incroyable des industries à connecter leurs actifs pour augmenter leurs revenus et leurs marges », estime le PDG toulousain, qui a précisé que Sigfox était « sur le point de dépasser l’objectif des 15 millions d’objets connectés à son réseau. »7

1,2 million de bagages perdus
Hantise des passagers comme des compagnies aériennes, les bagages perdus gâchent les voyages.
Selon le rapport 2018 de la Société internationale de télécommunication aéronautique (SITA), 4,27 milliards de bagages ont été transportés l’an passé, 24,8 millions « ont subi un incident ou une erreur d’acheminement ».
Parmi ces derniers, 5 % ont été perdus, soit 1,2 million de bagages qui n’ont jamais été récupérés par leurs propriétaires.
On craignait que la France ne prenne beaucoup de retard, mais le top départ pour les opérateurs télécoms de la vente aux enchères des fréquences 5G a bien été donné. L'Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (Arcep) a publié jeudi soir son cahier des charges. «La bande 3,4-3,8 GHz constitue la bande-cœur de la 5G, dont le déploiement doit permettre d'améliorer la compétitivité des entreprises, de développer l'innovation en France ainsi que de répondre aux attentes des utilisateurs d'accéder à des services mobiles toujours plus performants», a expliqué l'Arcep.
Infographie: La révolution technologique de la 5G | Statista
«La question centrale réside évidemment autour du prix d'attribution des fréquences. Il y a quelques mois, le gouvernement indiquait chercher le bon équilibre entre modèle finlandais (moins de 100 M€ déboursés pour les licences 5G) et modèle allemand (plus de six milliards d'euros). Ainsi le mécanisme mis en place dans cette procédure combine attribution d'un bloc de base de fréquences à prix fixe, et procédure d'enchères pour le reste des blocs disponibles. Après plusieurs semaines de négociations entre toutes les parties prenantes, le gouvernement a privilégié un bloc de base de 50 MHz, contre l'avis de l'Arcep qui a exprimé publiquement son désaccord et les risques encourus. Cette stratégie, qui ne satisfait réellement aucun des acteurs impliqués, permettra-t-elle d'obtenir les résultats escomptés ?», s'interroge Guillaume Vaquero, Senior Manager chez Digital & Emerging Technologies
Le cahier des charges de l'Arcep prévoit d'imposer l'ouverture de la 5G dans au moins deux villes par opérateur avant la fin 2020 puis une trajectoire exigeante pour soutenir les déploiements des équipements en bande 3,4 – 3,8 GHz au cours des années suivantes (3 000 sites en 2022, 8 000 sites en 2024, 10 500 sites en 2025).
Infographie: Quels pays ont banni Huawei de leur territoire ? | Statista

Entre 1,5 et 3 milliards pour l'Etat

Il y a également des exigences pour la couverture rurale (25 % des sites en zone rurale d'ici 2025). Enfin, des engagements optionnels sont prévus : offres adaptées aux entreprises, collectivités et administrations, couverture à l'intérieur des bâtiments, offres d'accès fixe, etc.
En France, l'attribution des fréquences pourrait rapporter de 1,5 à 3 milliards d'euros. Le déploiement de cette nouvelle technologie pleine de promesses (débit multiplié par dix) sera onéreux pour les opérateurs qui investissent déjà 10 milliards d'euros par an.
Le déploiement de la 5G soulève aussi de nombreuses questions environnementales, éthiques et techniques. Alors qu'aux Etats-Unis, l'équipementier chinois Huawei, spécialiste de la 5G, est dans le collimateur de Donald Trump, en France, «nous sommes toujours en attente de clarifications», indique Arthur Dreyfuss, le président de la Fédération française des télécoms (FFT). Pour l'heure, le gouvernement a fait voter avant l'été une loi sur la sécurisation des réseaux qui doit permettre un contrôle accru des équipements qui seront utilisés, car «les secteurs sensibles tels que la santé, l'éducation, les transports, le secteur bancaire, celui de l'énergie et les OIV (opérateur d'importance vitale) en général seront reliés par les réseaux 5G via des milliards d'objets et de systèmes», rappelle David Legeay, expert en cybersécurité et fondateur de la société SYLink Technologie. Les décrets d'applications n'ont toujours pas été publiés, forçant les opérateurs à retarder la commande de leurs équipements.
mobillekey



Par Charles Partakelidis, Responsable commercial Rhône-Alpes Ouest - Auvergne - Bourgogne chez SimonsVoss Technologies

Selon les Nations Unies, plus de 68% de la population mondiale sera installée dans les villes d'ici 2030. Le phénomène de villes intelligentes, ou communément appelées Smart Cities, prend de plus en plus d'ampleur dans le monde entier. Certaines autorités se sont lancées dans la course de faire de leur ville le modèle de la ville du futur, la plus intelligente et la plus heureuse du monde, en se basant sur les dernières technologies pour s'adapter aux besoins de la population et lui proposer des services plus efficaces. Basée sur les données récoltées par les technologies, la ville du futur a pour objectif d'optimiser tout ce qui traverse son territoire, depuis la circulation des voitures autonomes jusqu'au bon fonctionnement des bâtiments intelligents. Et la mise en place des serrures intelligentes, dans des logements intelligents, s'inscrit dans ce courant.
Le bâtiment intelligent, brique importante de la smart city
Simplifier la vie des usagers et faire des économies d'énergie, telle est la promesse des bâtiments intelligents, ou smart buildings, où toute la gestion des objets connectés est centralisée sur un smartphone. Et parmi ces objets intelligents figurent également les serrures intelligentes. Alliant sécurité et confort d'une entrée sans clé, commandées à distance, à l'aide d'assistants vocaux, Wi-Fi ou Bluetooth, les serrures connectées ajoutent du style et du design à la porte d'entrée. Mais pas seulement. Connectées à un réseau internet ou à un Smartphone, elles permettent une plus grande liberté d'utilisation. Et les serrures capables de prévenir les services de sécurité en cas d'intrusion, voilà de quoi rassurer les résidents.

De même que les bâtiments intelligents moins énergivores et plus autonomes, les serrures électroniques fonctionnent à l'aide des piles, dont l'autonomie couplé avec leur intelligence peut atteindre 10 ans en mode veille chez certains fabricants.

La sécurité des serrures électroniques au cœur des projets des logements intelligents

Malgré le confort que peut procurer une serrure connectée, on se pose souvent la question de la sécurité, notamment en raison des données contenues dans les serrures. Et la protection de ces données et la garantie de la sécurité sont au cœur de stratégie des fabricants de serrures électroniques. A l'image de la plupart des objets connectés et des capteurs divers qui constituent un smart home, les serrures intelligentes sont souvent perçues comme la proie facile des pirates informatiques. Si encore à l'époque les serrures connectées ne faisaient pas l'unanimité en matière de sécurité, aujourd'hui, grâce aux divers systèmes de cryptage proposés par certains constructeurs, les résidents peuvent bénéficier d'une sécurité optimale, avec un risque de piratage très restreint. Et tandis que certains fabricants vont jusqu'à rajouter des couches de cryptage supplémentaires en rendant l'effraction quasi impossible, d'autres misent sur les technologies de surveillance des portes. Avec certains produits sur le marché, il est possible de recevoir sur son smartphone les notifications indiquant l'état de la porte : porte fermée, verrouillée, ouverte etc...

La sécurité publique est l'un des piliers visés par la technologie des smart cities. Compte tenu du grand nombre de personnes qui traversent différents quartiers de la ville, et d'un important flux de visiteurs dans les bâtiments publics, il est plus que jamais nécessaire de pouvoir contrôler l'accès des passages et obtenir une traçabilité afin de préserver la sécurité des visiteurs et habitants.

L'économie au cœur des préoccupations

Le retour sur investissement et l'économie d'énergie sont indispensables pour investir dans la ville de demain. Si les projets énergétiques sont vus au premier abord comme les plus rentables, une gestion des accès peut-être un coût énorme pour une ville. Une ville de 100 000 habitants peut administrer entre 30 et 50 bâtiments ce qui équivaut à un organigramme de clefs très complexe et lourd à gérer.

Avec les serrures électroniques, plus besoin de multiplier des clefs mécaniques dont le coût peut varier de 20 à 200 € l'unité en cas de perte ou de vol. Les clefs mécaniques sont remplacées par des supports d'identification qui sont paramétrables à l'infini, en temps réel et... à distance ! En cas de perte, le badge ou la carte sont supprimables depuis le logiciel de gestion des accès et il n'est pas nécessaire de changer le cylindre électronique en place. Le risque de sécurité peut être géré en temps réel et ainsi, réduire, dès la première année, les coûts liés aux dégradations et aux vols. Avec ce contrôle facilité, les habitants peuvent accéder à des services de la ville (salles informatiques, partage d'espaces, fab lab...) sécurisés et préservés. 
ecommerce


A la veille du Black Friday, grand rendez-vous commercial pour faire de bonnes affaires, Proofpoint, société spécialisée dans la cybersécurité et la conformité, a publié ce jeudi une étude indiquant que 60% des 15 plus grands sites de vente en ligne français exposent encore leurs clients à la fraude par emails.

"Considéré comme l’équivalent d’un contrôle de passeport dans le monde de la sécurité des emails, le standard DMARC (Domain-based Message Authentication, Reporting & Conformance) est utilisé aujourd’hui comme une arme puissante pour lutter contre le spoofing (usurpation d’identité) et le phishing (hameçonnage). Pourtant seuls 40% des 15 premiers vendeurs en ligne français ont implémenté le niveau de protection le plus strict de DMARC, dont les principes empêchent les emails frauduleux d'atteindre leur cible", observe la société.

"En négligeant la mise en œuvre des pratiques d'authentification par emails pourtant standardisées, les sites de vente en ligne exposent leurs clients aux cybercriminels à la recherche de données personnelles et financières", explique Loïc Guézo, Directeur Senior, Stratégie Cybersécurité chez Proofpoint. car l'"email continue d'être un vecteur de menace privilégié, et le secteur de la vente demeure une cible clé, surtout dans les périodes de fort trafic. Les chercheurs de Proofpoint ont constaté une augmentation de 144 % d'une année sur l'autre des attaques de fraude par emails centrées sur les sites de vente en ligne en 2018."

La France n'est toutefois pas la plus exposée puisque dans le rapport de Proofpoit on voit que c'est l'Allemagne qui est le pays le plus menacé.

proofpoint


Des conseils pour bien faire ses achats sur le net


Afin d’effectuer ses achats en ligne en toute sécurité, Proofpoint recommande aux consommateurs d’adopter certains reflexes : 

  • Utilisez des mots de passe forts : Ne réutilisez pas deux fois le même mot de passe. Pensez à adopter un gestionnaire de mots de passe pour rendre votre expérience en ligne agréable, en toute sécurité 
  • Évitez les réseaux WiFi non protégé : Le WiFi en accès libre n'est pas sécurisé - les cybercriminels peuvent intercepter des données transférées sur une zone WiFi non protégée, y compris les numéros de cartes bancaires, les mots de passe, les informations personnelles de compte, etc.
  • Attention aux sites "lookalike" : Les cybercriminels créent des sites « lookalike » imitant les marques connues. Ces sites frauduleux vendent des produits contrefaits (ou inexistants), ils sont infectés par des logiciels malveillants et volent de l'argent ou des identifiants.
  • Évitez les attaques potentielles de phishing et SMiShing : le phishing par email mène à des sites Web non sécurisés qui volent les données personnelles, tels que des identifiants et des données de carte bancaires. Méfiez-vous également du phishing par SMS (SMiShing) et des messages envoyés via les réseaux sociaux.
  • Ne cliquez pas sur les liens : Allez à la source en tapant l’adresse du site Web connue directement dans votre navigateur. Pour les codes avec des offres spéciales, entrez-les lors du paiement pour vous assurer de leur légitimité.
  • Vérifiez avant d'acheter : Les publicités malveillantes, les sites Web et les applications mobiles peuvent être difficiles à repérer. Lorsque vous téléchargez une nouvelle application ou visitez un site inconnu, prenez le temps de lire les commentaires en ligne et les plaintes des clients. 

CES


Le Consumer electronic show (CES) de La Vegas est le plus grand rendez-vous du numérique grand public. Chaque année dans la mégalopole américaine se retrouvent les géants du numérique comme les start-up du monde entier. Depuis quelques années, les Français sont des acteurs majeurs de cet événement au point de constituer l'une des plus grande délégation étrangère.

Un pavillon Occitanie sous bannière French Tech

Pour l'édition 2020, qui se tient 7 au 10 janvier 2020, AD'OCC, l'agence de développement économique de la Région Occitanie, rassemblera 16 entreprises sur l'espace Eureka Park du CES. Sur les cinq dernières années, plus de 150 entreprises ont bénéficié de l'action de la Région via son agence AD'OCC.

"Grâce au programme d'accompagnement de l'agence AD'OCC, et l'appui de la Maison de la Région de New York, les startups régionales bénéficient d'atouts indéniables pour convaincre et séduire les grands comptes, percer sur le marché français et international, et aborder efficacement cet événement hors norme : 20 000 innovations, près de 200 000 visiteurs professionnels chaque année, environ 4 400 exposants et 400 médias", précise la Région.

AD'OCC assure par ailleurs aussi la promotion de l'ensemble du territoire régional et des communautés French Tech, illustré par la présence du pavillon Occitanie sous bannière French Tech. L'agence travaille de concert avec les autres membres de la Team France Export Occitanie dont elle est membre et avec Perpignan Méditerranée Invest. ADOCC reconduit son accompagnement auprès des entreprises d'Occitanie qui se déplacent en tant que « visiteur » - hors Pavillon Occitanie Eureka Park - pour optimiser leur participation, réaliser une veille qualifiée sur le CES, et leur permettre une première approche constructive de cet événement.

Les startups d'Occitanie décrochent deux awards

Deux entreprises d'Occitanie ont obtenu les Awards CES 2020 : l'Héraultaise Caremitou et la Catalane Bass Me. Avant elles, d'autres startups de la Région avaient enregistré de beaux succès à la suite du CES Las Vegas : Vaonis (Hérault), Bimp'air (Hérault), Flipr (Haute-Garonne et Pyrénées-Orientales), Matooma (Hérault), Plussh (Hérault), Kyomed (Hérault), Voxtok (Hérault), Yuzz-it (Haute-Garonne), etc..

 "Aujourd'hui, je souhaite promouvoir en Occitanie un modèle de développement économique partagé, créateur de valeur et source de progrès social. La Région bénéficie d'un écosystème particulièrement riche et innovant qui facilite la création de synergies et soutient l'emploi. C'est cet écosystème qui nous permet d'être actif à l'international et particulièrement reconnu au CES Las Vegas" a déclaré la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga.


Les entreprises régionales présentes sur l'édition 2020
ALL PRIV - www.allpriv.com - Aniane (Hérault)
BASSME - www.bassme.fr/ - Villeneuve-de-la-Raho (Pyrénées-Orientales)
BRAINCITIES LAB - www.braincities.co/ - Le Soler (Pyrénées-Orientales)
HELLOMYBOT - https://hellomybot.io/ - Perpignan (Pyrénées-Orientales)
HYGIA - www.hygia.fr - Blagnac (Haute-Garonne)
INFLUBOOK - www.influbook.io/ - Nimes (Gard)
KINVENT - https://k-invent.com - Montpellier (Hérault)
NOV&SAT - www.caremitou.com/ - Murles (Hérault)
NUMIX - https://numix.fr/ - Gaillac (Haute-Garonne)
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La star du Louvre. Pixabay, FAL
Fabrice Raffin, Auteurs fondateurs The Conversation France


C’est un long cortège qui se déploie en un piétinement rituel, celui du public venu en masse au Musée du Louvre ce jeudi 14 novembre 2019 pour admirer les œuvres de Leonardo Da Vinci. Les visiteurs doivent patienter bien plus d’une demi-heure avant d’accéder, non pas aux salles d’exposition, mais à un labyrinthe de poteaux à sangles installés là pour guider la foule, la ramasser sur elle-même, la contenir. Le serpentin du public est ici retenu par un ouvreur qui gère le flux continu. Enfin, il nous laisse accéder au Saint des Saints, en fonction du nombre de sortants. Et la procession de reprendre sur le parquet usé et sonore des salles bondées, dans les crissements de pas. C’est à la queue leu leu que le public se presse devant les œuvres. Je compte : un, deux, trois, quatre secondes et au suivant.
En 2018, 10 millions de visiteurs se sont rendus au Louvre, 6 millions à la National Gallery de Londres et 4 millions à l’Ermitage de Saint-Pétersbourg. Le tourisme de masse alimente une culture de masse et réciproquement, dans la mesure où le flot de touristes s’appuie bien souvent sur des expositions temporaires mises en scènes sous forme événementielle. « Produit d’appel » pour les institutions culturelles, ces expositions sont également un enjeu pour des villes ou des collectivités dans une concurrence féroce entre elles, selon une dynamique communicationnelle propre au musée du XXIe siècle comme le pointait Daniel Jacobi il y a déjà 20 ans.

Le musée est-il une expérience esthétique ?

Si, à la suite de nos précédents articles, nous définissons la culture par l’expérience esthétique qu’elle procure (et non par les œuvres auxquelles le public accède), à bien observer ces expositions de masse, les conditions et l’attitude du public devant les œuvres, on pourra se demander ce qui leur reste de culturel. À lire les statistiques, en 2018, 98 % des visiteurs sont satisfaits d’être venus au Louvre !
Cependant, quand on est dans les salles d’expositions on éprouve des doutes. Comment parler d’expérience esthétique lorsque les études très nombreuses chronomètrent le temps passé devant les œuvres oscille entre 4 et 20 secondes maximum ?.
Encore faut-il ajouter à cette rapidité la pression imposée à celui qui regarde dans la densité extrême du piétinement le long des cimaises. Comment pourrait se jouer en si peu de temps ce que J.C. Passeron nommait le pacte de réception iconique, lorsque celui qu’il appelait le visionneur ne fait que zapper dans la mobilité, d’un tableau à l’autre, d’une sculpture à une installation ? À bien observer les visiteurs, rares sont ceux qui s’arrêtent devant les cartels, encore moins nombreux ceux qui les lisent entièrement, quant aux visites guidées elles sont le fait d’une minorité. « C’est vrai, me dit un visiteur, qu’en dehors des tableaux connus, dans les salles, on ne sait pas trop quoi regarder, ils se ressemblent tous ».

La foule se presse à la boutique de souvenirs de l’exposition Da Vinci. Fabrice Raffin, Author provided

Dos au tableau

Peut-on encore parler d’expérience esthétique pour ces visiteurs à l’attitude apparemment désinvolte, téléphone en main, qui regardent à peine le tableau, qui souvent se tournent immédiatement pour se prendre en photo en selfie ? Peut-on apprécier quoi que ce soit en tournant le dos aux œuvres ? Que signifie dès lors pour cette partie des publics l’enjeu de leur présence au musée ? Pour échapper au jugement conventionnel des amateurs d’art, peut-être pourra-t-on suivre la réflexion d’André Gunthert, se référant à Michel de Certeau, pour qui cette attitude est le contraire de ce qu’elle paraît.
Pour lui, par le selfie, une part du public se réapproprie son expérience du musée, s’inclut dans le cadre. Plus qu’une marque de défiance, le selfie serait une marque de respect envers les œuvres. L’auteur devient alors, via les réseaux sociaux, diffuseur d’une culture dans laquelle il s’inclut, à même d’entretenir le mythe d’un artiste ou d’une œuvre. En une même référence à Michel de Certeau, on pourra analyser que les contrevenants aux règles de la bonne réception des œuvres défient l’ordre institué du monde de l’art. Une fois de plus, ceux que l’on considère comme dominés ne sont-ils pas là engagés dans des tactiques de résistance à l’imposition d’une bonne manière d’apprécier les œuvres ? L’enjeu symbolique est fort tant la culture est l’outil par excellence de domination sociale. Comme le notait déjà Olivier Donnat dans les années 1990 :
« les usages les plus fréquents du musée sont éloignés du modèle du rapport cultivé aux œuvres. »

Avant tout, une expérience urbaine

Pour une partie du public, la venue au musée n’a pas grand-chose à voir avec les œuvres elles-mêmes. Une part majeure de l’expérience du musée réside dans ce que ces expositions et leurs lieux représentent d’événementiel et de symbolique.
Ce qui s’exprime alors, c’est la dimension collective d’une expérience esthétique, mais en dehors du musée et de l’exposition. Elle se joue dans le rapport à l’architecture et à une mise en scène d’urbanité, dans le sens où vivre la ville nous disait Antoine Picon, c’est accéder à son caractère événementiel comme dimension urbaine caractéristique. Aller au Louvre, c’est se confronter à une architecture, à une scénographie urbaine spectaculaires. Dans l’accès au musée se construit un rapport au cadre bâti de la ville et plus largement à son histoire. Accéder aux grands musées est pour le touriste vivre l’essence représentée des villes, d’un pays, de Paris. Le musée est intégré à un parcours urbain, et l’exposition vient renforcer l’expérience de la ville, point d’orgue d’un séjour parfois.

Pour certains touristes, faire l’expérience de la ville est un événement en soi. Pixabay

Le Louvre, la Joconde, Da Vinci créent l’événement continu en eux-mêmes, par leur renommée autant que par la dimension artistique – d’autant plus lorsqu’un scandale comme le différend avec l’Italie au sujet du prêt des œuvres décuple la médiatisation d’une exposition. Se promener dans l’événement urbain que représente l’exposition revient pour beaucoup de touristes à vivre pleinement la ville quitte a éclipser l’enjeu artistique, qui apparaît alors bien secondaire.
« Pourquoi voir la Joconde ? Elle est normale, c’est juste un portrait. Je crois que c’est parce que tout le monde en parle », me dit cette autre jeune visiteuse, « je trouve qu’elle est banale, on s’habitue, pas magnifique quoi. »
L’expérience esthétique se joue pour une partie des publics hors musée, dans la ville donc, sur les réseaux sociaux aussi, par selfie interposé. Une autre partie du public accorde une attention diffuse aux œuvres. Ce n’est pas le moindre des paradoxes : parmi les plus virulents critiques des grandes expositions, on retrouve les apôtres de la démocratisation artistique qui revendiquent la mission de rendre accessible au plus grand nombre les œuvres majeures de l’humanité selon les termes d’André Malraux. Néanmoins, ces mêmes porteurs de la démocratisation sont parfois prompts à déplorer le caractère dégradé de la relation à l’œuvre dans le cadre des expositions-événements. Ainsi, note Daniel Jacobi, « les amateurs d’art et de patrimoine les plus experts n’ont pas de mots assez durs et sévères pour se moquer de ces visites dites « à l’américaine », superficielles et peu à même d’apprécier ou de goûter ce qui est visité ou exposé ».
Le débat n’est pas nouveau et il fut porté en son temps par M. Horkheimer, W. Benjamin et T. Adorno, ce dernier dénonçant « les œuvres perverties » dès lors qu’elles sont exposées à la masse « des yeux des oreilles aliénées ».
L’idéal démocratique achoppe ici sur une fonction majeure de toute pratique culturelle, la distinction sociale, qui rend la démocratisation culturelle si ardue malgré les efforts de médiation culturelle, les amateurs d’art étant certainement les premiers à ne pas vouloir être confondus avec les masses. D’autant plus que les « masses » en question, loin d’être homogènes, restent rétives à toute imposition de ce qui est désigné par les professionnels de la culture comme digne d’intérêt. Les publics sont ainsi toujours enclins, soit, pour le plus grand nombre, à éviter les formes culturelles légitimes, soit à les détourner, serait-ce avec selfie, soit tout simplement à inventer leurs propres pratiques.The Conversation

Fabrice Raffin, Maître de Conférence à l'Université de Picardie Jules Verne et chercheur au laboratoire Habiter le Monde, Auteurs fondateurs The Conversation France
Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.