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Technologies et médias
22 janv. 2012
Free Mobile : interview exclusive de Xavier Niel
En débarquant sur le marché de la téléphonie mobile la semaine dernière, Free Mobile a fait l'effet d'un tremblement de terre. Et l'onde de choc n'est, semble-t-il, pas près de s'arrêter, tant du côté des consommateurs que de celui des opérateurs.
Ces derniers avaient bien sûr anticipé l'arrivée du 4e opérateur - qu'ils avaient tenté de circonscrire en vain - en lançant des offres low cost de 10 à 20 % moins chères que leurs forfaits classiques et sans engagement : Sosh chez Orange, séries Red chez SFR et B and You chez Bouygues Telecom. Mais les deux forfaits de Free - 19,99 €pour du tout illimité et 2 € pour 1 heure d'appels et 60 SMS par mois - ont fait l'effet d'un coup de bambou. Depuis, les trois opérateurs historiques ont « ajusté » leurs tarifs… mais qui restent - à services équivalents - plus chers que Free. Les petits opérateurs mobiles virtuels (les MVNO qui louent le réseau d'un des trois grands) se sont alignés en proposant des offres à 19,99 € voire moins, mais là, ce sont les services qui ne suivent pas. Ceux que Xavier Niel a qualifiés de « pigeons » s'ils restaient encore chez leur opérateur, ne se privent pas de railler les nouvelles offres des concurrents de Free. Et certains entendent bien sanctionner par principe leur opérateur…
De fait, les demandes de portabilité ont triplé depuis le 10 janvier, passant de 10-15 000 à 30-40 000 par jour, selon le Groupement d'intérêt économique-Entité de la gestion de la portabilité (GIE-EGP), véritablement débordé et qui peine à tenir le délai légal de trois jours pour porter un numéro d'un opérateur à l'autre.
D'ailleurs, les équipes commerciales des trois opérateurs historiques en relation avec les clients peinent à endiguer l'exode… Un exode qui fait fi de la dernière polémique en vigueur : Free n'aurait pas allumé toutes ses antennes qui couvrent 27 % de la population, préférant voir ses nouveaux abonnés utiliser le réseau d'Orange en vertu de l'accord d'itinérance passé entre les deux sociétés, selon la CFE-CGC/UNSA de France Télécom-Orange.
Loin de ces considérations, les consommateurs semblent avoir choisi : 8 sur 10 seraient prêts à partir chez Free, devenu pour ses concurrents un vrai casse-tête.
Patience pour migrer
Depuis la loi Chatel de 2008, vous pouvez, en effet, résilier votre contrat mobile avant la fin des 24 mois d'engagement normalement prévus, si votre contrat a été signé après le 1er juin 2008. Si vous avez effectué au moins 12 mois chez votre opérateur, vous devrez payer une indemnité de résiliation de 25 % du montant restant dû. Si vous avez effectué moins d'un an auprès de votre opérateur, il vous faudra payer, en plus, la totalité des mensualités dues sur cette année. Si l'on remplit toutes les conditions pour changer d'opérateurs, on peut alors envoyer une lettre de résiliation à son opérateur de téléphonie, en recommandé avec avis de réception.
40000 demandes par jour
Il existe par ailleurs une procédure plus simple et plus sûre si l'on souhaite conserver son numéro de téléphone actuel et le faire porter sur un forfait Free. Il faut préalablement connaître la date de fin d'engagement de son contrat ainsi que le numéro RIO (Relevé d'Identité Opérateur). Pour cela, il faut composer le 3179 sur son mobile (appel gratuit). Ces éléments peuvent ensuite être transmis à Free Mobile qui va se charger de la résiliation et de la portabilité du numéro. L'organisme qui gère la portabilité, le GIE-EGP, étant débordé par les demandes qui ont triplé depuis le lancement de Free Mobile (entre 35 000 et 40 000 demandes par jour), les délais ont été allongés de 3 à 8-10 jours. Et encore Free se limite à l'envoi de 25 000 à 30 000 demandes par jour pour éviter le pire. La rançon du succès.
Xavier Niel : « Notre objectif: changer la vie des gens »
Xavier Niel, 44 ans, est le PDG d'Iliad, maison mère du fournisseur d'accès à internet Free et de Free Mobile. Après avoir fait fortune dans le Minitel, ce patron atypique a révolutionné l'internet en France en lançant la Freebox en 2002 qui a donné le « la » en terme de tarif (29,99 € par mois) sur le tripleplay. Dix jours après le lancement de ses forfaits Free Mobile, Xavier Niel est revenu en exclusivité pour La Dépêche sur cette nouvelle aventure et ses projets.
Le lancement des forfaits Free Mobile a suscité un énorme engouement auprès du public. Vous attendiez-vous à un tel succès ?
Je ne suis pas sûr qu'on avait pris conscience à quel point les Français comprenaient qu'il y avait un problème avec leur abonnement. L'engouement, plus que par nous, il est provoqué par cette prise de conscience des Français qui payaient trop cher leur facture de téléphone. Et je pense qu'on a été trop agressif dans notre présentation. On n'avait peut-être pas besoin de l'être.
Vous regrettez d'avoir employé le terme de « pigeons » que vous avez utilisé pour qualifier les abonnés mobiles ?
Non je ne le regrette pas. On pensait que l'on avait besoin d'utiliser des mots durs pour avoir une sorte d'effet réveil. Et en fait, les gens étaient déjà bien conscients d'avoir un problème avec leur facture de téléphone mobile. Le côté limité, encadré était un problème car c'est quelque chose que l'on n'a plus sur sa ligne fixe et les gens s'en rendent très bien compte.
Peut-on savoir combien vous avez d'abonnés à Free Mobile ?
On ne peut pas communiquer là-dessus. Notre seul moyen est de faire un communiqué financier pour que tous les investisseurs se retrouvent sur un pied d'égalité, ce qu'on n'a pas l'intention de faire au demeurant.
Votre réseau va-t-il pourvoir accueillir tous les nouveaux abonnés ? Certains affirment que toutes vos antennes ne seraient pas activées. Qu'en est-il ?
On a un réseau qui fonctionne très bien. Il est activé, il couvre une part insuffisante de la population, on aimerait bien sûr qu'il couvre 100 % de la population, mais il en couvre déjà 30 %.
Vos concurrents ont réagi en lançant de nouveaux forfaits ou en baissant leurs forfaits existants. Quelle est votre réaction ?
Nos petits camarades ont touché uniquement les forfaits qui ne sont pas vendus. Donc en fait ils ont baissé les prix des forfaits internet sur lesquels ils ont très peu d'abonnés, donc en fait la très grande majorité des Français continue d'être dans la pigeonnade. Puisqu'ils continuent à avoir des forfaits classiques sur lesquels ils n'ont rien touché.
Pensez-vous que vos concurrents vont être obligés de s'aligner ?
Si on fait un parallèle avec ce qui s'est passé pour internet, au début tout le monde nie et se dit «on va s'en sortir. » Puis au bout d'un moment, la pression est trop forte et on est obligé de tout baisser. Pour l'instant, ils résistent sur la quasi-totalité de leurs forfaits. Mais quand il y aura le feu dans la maison et qu'il y aura trop de résiliations, ce jour-là, ils changeront pour enfin appliquer à tout le monde des forfaits à des prix vraimentplus normaux.
On vous a comparé à Steve Jobs. Y a-t-il des points communs entre Apple et Free ?
On fait des choses différentes. Apple fait des produits extrêmement luxueux qui s'adresser à des gens qui en ont les moyens. À l'inverse, on est plutôt dans un modèle grand public. On essaye d'avoir le produit le plus innovant et le moins cher possible, accessible au plus grand nombre. Quant au format de ma présentation, c'est quelque chose de très classique aux États-Unis.
Pour les mois à venir, quelles surprises préparez-vous ?
Sur le mobile, il y a beaucoup de choses à faire. On lance une offre de départ que l'on va améliorer. On a travaillé sur le tarif, on va montrer ce que l'on a fait en terme d'innovations, ce qui peut changer la vie des gens. À partir du moment où on a un lien permanent à internet, on se pose la question de savoir ce qu'on peut apporter et qui peut améliorer ou modifier votre vie. On peut imaginer des choses autour de cela. Comme l'écosystème des applications pour mobiles est déjà très développé, il faut trouver des idées que seul un opérateur de réseau peut réaliser. Notre objectif est d'être le plus innovant et le plus accessible.
Tags :
Free
11 janv. 2012
Free réussit son forfait
En présentant en personne, hier matin à Paris, les forfaits de téléphonie de Free Mobile, le nouvel opérateur français, Xavier Niel, le PDG d'Iliad, avait, à dessein, endossé le costume d'un Steve Jobs français. Comme le PDG d'Apple disparu le 5 octobre dernier, c'est debout sur scène devant une salle pleine de journalistes et de fans surexcités par plusieurs jours de suspense, que Xavier Niel a dévoilé deux offres assez révolutionnaires pour bouleverser un marché mobile français jusqu'à présent jalousement gardé par trois grands opérateurs, Orange, SFR et Bouygues télécom. Un forfait tout illimité (appel, SMS, MMS, internet) à 19,99 € par mois sans engagement et un forfait « social » (60 minutes d'appel et 60 SMS) à 2 € par mois sans engagement : telle est l'arme à double tranchant que Free a brandie hier avec la ferme intention de lancer un défi aux acteurs en place.
Les Français comme des « vaches à lait »
Ceux qui craignaient d'être déçus après tant de mois d'attente - Free détient la 4e licence mobile française depuis décembre 2009 - n'auront pas regretté leur patience et ont pu constater le mordant du PDG. « En 2008, on vous avait promis de diviser votre facture par deux. Depuis, les opérateurs présents sur le marché ont baissé leurs prix de seulement 10 %. Free propose aujourd'hui des offres qui divisent de deux à quatorze fois les forfaits existants », a-t-il ainsi martelé, poursuivant ensuite sans ambages ses piques contre les autres opérateurs. « On pense chez Free que jusqu'à présent, vous avez été pris pour des vaches à lait », a poursuivi Xavier Niel, invitant les consommateurs à « donner une leçon » à leur opérateur. « Vous avez deux solutions : c'est de venir vous abonner chez Free ou de lui demander les mêmes tarifs. »
La donne a changé
De côté des opérateurs historiques justement dont le cours en bourse a chuté hier, l'irruption de Free - contre laquelle ils s'étaient élevés en vain - a été très diversement appréciée. « C'est le jour J pour Free et nous les laissons savourer. Mais que nos clients se rassurent, nous reviendrons vite vers eux pour parler des propositions que nous avons préparées », a réagi une porte-parole d'Orange dont le PDG, Stéphane Richard, confiait récemment qu'il était prêt à ajuster ses tarifs. Du côté de SFR, on remarque que ces offres de lancement sont réservées aux trois premiers millions de clients. Et la marque au carré rouge d'afficher sa volonté de miser sur l'accompagnement et l'assistance des clients, ce qui constitue le talon d'Achille de Free dans l'internet.
Reste qu'avec ses forfaits chocs - salués par le ministre de l'Industrie Éric Besson comme « intensifiant la concurrence au profit du pouvoir d'achat des Français » - la donne a changé. Si un alignement des forfaits sur les tarifs de Free semble peu probable, une baisse générale des forfaits se dessine.
Tout ce qu'il faut savoir
Quels forfaits ?
Free Mobile joue la carte de la simplicité et de la clarté dans un secteur où la jungle tarifaire est de mise depuis bien trop longtemps selon les associations de consommateurs.
Le premier forfait présenté hier coûtera 19,99 €par mois sans engagement (15,99 € si l'on est déjà abonné à Free pour internet). Ce prix comprend des appels illimités en France métropolitaine et DOM vers des numéros fixes ou mobiles (hors numéros courts, spéciaux, surtaxés et autres services à valeur ajoutée) ainsi que des appels vers 40 destinations en Europe, aux États-Unis et au Canada. Ces appels gratuits vers l'étranger doivent se faire vers les téléphones fixes sauf pour les États-Unis et le Canada où l'on peut appeler des mobiles et des fixes. Le forfait comprend ensuite des SMS et MMS illimités (hors SMS/MMS surtaxés). Puis vient l'internet illimité tous usages (web, e-mail, VoIP, partage de connexion avec un ordinateur ou une tablette, etc.) dans la limite d'une consommation de données de 3 Go par mois. Au-delà de cette limite, le débit de données est réduit. Free promet également des tarifs de communication depuis l'étranger (roaming) « parmi les moins chers » par rapport aux autres opérateurs français. Free donne par ailleurs la possibilité de bloquer son forfait afin d'éviter tout dépassement. Enfin, les abonnés Free Mobile pourront accéder au réseau de hotspots WiFi FreeWifi.
Le second forfait est tout aussi révolutionnaire puisqu'il s'établit à 2 € par mois toujours sans engagement. Pour ce prix, l'on a droit à 60 minutes d'appels et 60 SMS par mois, soit bien au-delà du forfait social promu par le gouvernement (40 minutes d'appels et 40 SMS pour 10 € par mois). Cette offre est « plus de 4 fois moins chère que l'offre la moins chère du marché » a indiqué Free hier. Si l'on dépasse ce forfait, la minute de communication est de 0,05 € ; et les SMS sont à 0,05 €également.
Ceux qui sont déjà abonnés chez Free pour l'internet bénéficieront gratuitement - sur demande - de ce forfait dans la limite d'un abonnement par foyer.
Quel téléphone ?
Petite révolution dans les mentalités, les téléphones ne seront pas subventionnés comme c'est l'habitude en France. Free Mobile vend, en effet, ses forfaits sans appareils. En revanche, il propose d'acquérir un mobile et de le payer en plusieurs loyers sur 12, 24 ou 36 mois. Actuellement six mobiles sont proposés avec des mensualités allant de 4 € sur 12 mois à 7,99 € sur 24 mois. Un Blackberry Curve sera proposé prochainement ainsi que le dernier iPhone à partir du 27 janvier. Pour ce dernier modèle, les mensualités varieront de 15 € sur 36 mois à 35,99 € sur 24 mois. Free rappelle que si vous possédez votre téléphone mobile depuis plus de 3 mois, le désimlockage sera gratuit. En dessous de 3 mois, le désimlockage sera facturé 76 €. Hier plusieurs sites web spécialisés ont fait le calcul : entre la formule habituelle d'un mobile subventionné par l'opérateur et la formule de Free d'un mobile à crédit, la situation pour le consommateur est équivalente voire meilleure chez Free.
Quel réseau ?
Question capitale pour laquelle on n'a pas encore de réponse : quelle sera la qualité de la couverture du réseau de Free Mobile. Free a déployé plus d'un millier d'antennes à son nom qui vont lui permettre de couvrir environ 30 % de la population française. Les 70 % restants seront couverts grâce à un accord d'itinérance conclu avec Orange pour six ans et un milliard d'euros. Les Freenautes étant particulièrement technophiles, les nouveaux abonnés de Free Mobile seront certainement gourmands en bande passante pour profiter de l'internet mobile. Pour éviter que son réseau ne soit saturé, Orange ne sera-t-il pas tenté de réserver la connexion 3G en priorité à ses propres abonnés ?.
Concernant les antennes que gérera FreeMobile, la société semble prête ; elle a fait de nombreux tests techniques, ce qui a vraisemblablement empêché une commercialisation des offres avant Noël.
Quel suivi ?
Les forfaits de Free Mobile pourront être souscrits dans les boutiques physiques de Free - une centaine en France - mais surtout sur internet (mobile.free.fr). Souvent critiqué par ses abonnés pour son assistance téléphonique qui connaît régulièrement beaucoup d'engorgements, Free devra mettre les bouchées doubles pour contenter ses nouveaux clients mobiles. Les premiers d'entre eux risquent d'essuyer les plâtres pour les autres… Sans doute une des raisons pour laquelle Free réserve pour l'instant ses forfaits aux premiers trois millions d'abonnés.
"Il y aura une baisse des prix"
La Dépêche : Va-t-il y avoir une hémorragie des clients des autres opérateurs vers Free ?
Mathieu Drida, Président Directeur Général de Meilleurmobile.com : Il est évident qu'avec une telle offre, Free, qui a une forte notoriété, va prendre une part de marché non négligeable. Maintenant, est-ce que tout le monde va changer d'opérateur ? Je ne le pense pas car d'une part tout le monde n'est pas insatisfait de son opérateur ; et d'autre part les autres opérateurs vont réagir rapidement.
L'absence de téléphone subventionné peut-il être un handicap pour Free ?
L'offre de Free est extrêmement intéressante, très bien positionnée en terme tarifaire et avec beaucoup de contenus, mais vous devez acheter votre téléphone ailleurs. Quand on regarde la différence entre les offres subventionnées et non-subventionnées ; les premières sont plus chères mais vous achetez le mobile moins cher au démarrage. En séparant le forfait du mobile, Free est plus transparent et finalement pas plus cher.
Quels peuvent être les points faibles des offres de Free ?
Il y a deux axes à surveiller. Le premier est la qualité du produit : est-ce que le réseau de Free va être à la hauteur des opérateurs existants puisque pour Free, c'est un nouveau métier ? Au départ, Free va utiliser à 70 % le réseau d'Orange. Sur les 30 % qui lui appartiennent, Free a eu le temps de se préparer pour que le réseau fonctionne. Deuxième axe à surveiller : la qualité de la relation client. Free n'a pas de réseau de boutiques, ce qui est un plus chez les opérateurs historiques. Est-ce que cela va bien se passer par téléphone et internet seulement ; est-ce que cela va correspondre à tous les types de consommation ? On verra.
Va-t-on assister à une baisse générale des forfaits ?
On peut imaginer qu'il y ait une riposte sur les prix puisque Free arrive avec les tarifs les moins chers du marché. Il y aura aussi une riposte sur le contenu. L'offre de Free n'est pas adaptée à tous les types de consommation, mais elle est extraordinaire pour ceux qui en ont besoin.
Comment changer d'opérateur ?
Les offres de Free vous séduisent mais vous êtes déjà engagé chez un autre opérateur ? Quelle que soit votre situation, vous pouvez le quitter.
Depuis la loi Chatel de 2008, vous pouvez, en effet, résilier votre contrat mobile avant la fin des 24 mois d'engagement normalement prévus, si votre contrat a été signé après le 1er juin 2008.
Si vous avez effectué au moins 12 mois chez votre opérateur, vous devrez payer une indemnité de résiliation de 25 % du montant restant dû.
Si vous avez effectué moins d'un an auprès de votre opérateur, il vous faudra payer, en plus, la totalité des mensualités dues sur cette année. Dans ce cas-là, il vaut mieux ne pas résilier son contrat car les sommes à payer peuvent être élevées.
Si l'on remplit toutes les conditions pour changer d'opérateurs, on peut alors envoyer une lettre de résiliation à son opérateur de téléphonie, en recommandé avec avis de réception, à l'issue du 12e mois d'abonnement.
Conserver son numéro
Il existe par ailleurs une procédure plus simple si l'on souhaite conserver son numéro de téléphone actuel et le faire porter sur un forfait Free. Il faut préalablement connaître la date de fin d'engagement de son contrat ainsi que le numéro RIO (Relevé d'Identité Opérateur). Pour cela, il faut composer le 3179 sur son mobile (appel gratuit). Ces éléments peuvent ensuite être transmis à Free Mobile qui va se charger de la résiliation et de la portabilité du numéro.
Xavier Niel le trublion
Depuis hier et son show à l'américaine pour présenter les forfaits mobiles de Free, Xavier Niel, le PDG d'Iliad s'est vu qualifier de Steve Jobs français sur les réseaux sociaux. Il est vrai qu'entre l'ancien PDG d'Apple et le trublion de l'internet en France, désormais bête noire des opérateurs mobiles, les points communs ne manquent pas. Même goût pour l'innovation, même envie de bousculer l'establishment et les idées reçues, même simplicité bonhomme apparente, même envie d'en découdre seul contre tous, même science du marketing bâtie sur des semaines de rumeurs et de buzz avant de dévoiler un produit : iPhone, iPad pour l'un ; Freebox Révolution, forfaits Free Mobile pour l'autre. Pour parodier un des slogans de Free, on pourrait dire que Xaviel Niel, « il a Free, il a tout compris » de Steve Jobs.
Mais les deux hommes ont un parcours différent. Xavier Niel baigne depuis bien longtemps dans les télécoms et tire sa fortune du Minitel… rose. En 1987, à 20 ans, cet enfant de Créteil arrête sa classe préparatoire scientifique pour se lancer dans une entreprise de services par minitel. Il crée alors de lucratifs services érotiques sur le Minitel dans les années 90, mais également des peep-shows et sex-shops (qui lui vaudront quelques déboires en 2004).
Il lance ensuite un annuaire inversé très pratique (3617 annu) et un registre des sociétés (societe.com). En 1999, après une expérience avec Worldnet, premier fournisseur français d'accès à internet, Xavier Niel prend le virage du Net et crée Free. Avec Rani Assaf - actuelle cheville ouvrière de Free Mobile - le jeune PDG lance la Freebox et son tarif de 29,99 €par mois qui va devenir le tarif-étalon des offres triple play. Fort de son succès, Niel, devenu milliardaire - 8e fortune française - investit dans de nombreuses start-up avec son fonds Kima Ventures. Et en juin 2010, ce fan de Claude François - il possède les droits des chansons - est devenu, avec Pierre Bergé et Matthieu Pigasse, le patron du quotidien Le Monde.
Les Français comme des « vaches à lait »
Ceux qui craignaient d'être déçus après tant de mois d'attente - Free détient la 4e licence mobile française depuis décembre 2009 - n'auront pas regretté leur patience et ont pu constater le mordant du PDG. « En 2008, on vous avait promis de diviser votre facture par deux. Depuis, les opérateurs présents sur le marché ont baissé leurs prix de seulement 10 %. Free propose aujourd'hui des offres qui divisent de deux à quatorze fois les forfaits existants », a-t-il ainsi martelé, poursuivant ensuite sans ambages ses piques contre les autres opérateurs. « On pense chez Free que jusqu'à présent, vous avez été pris pour des vaches à lait », a poursuivi Xavier Niel, invitant les consommateurs à « donner une leçon » à leur opérateur. « Vous avez deux solutions : c'est de venir vous abonner chez Free ou de lui demander les mêmes tarifs. »
La donne a changé
De côté des opérateurs historiques justement dont le cours en bourse a chuté hier, l'irruption de Free - contre laquelle ils s'étaient élevés en vain - a été très diversement appréciée. « C'est le jour J pour Free et nous les laissons savourer. Mais que nos clients se rassurent, nous reviendrons vite vers eux pour parler des propositions que nous avons préparées », a réagi une porte-parole d'Orange dont le PDG, Stéphane Richard, confiait récemment qu'il était prêt à ajuster ses tarifs. Du côté de SFR, on remarque que ces offres de lancement sont réservées aux trois premiers millions de clients. Et la marque au carré rouge d'afficher sa volonté de miser sur l'accompagnement et l'assistance des clients, ce qui constitue le talon d'Achille de Free dans l'internet.
Reste qu'avec ses forfaits chocs - salués par le ministre de l'Industrie Éric Besson comme « intensifiant la concurrence au profit du pouvoir d'achat des Français » - la donne a changé. Si un alignement des forfaits sur les tarifs de Free semble peu probable, une baisse générale des forfaits se dessine.
Tout ce qu'il faut savoir
Quels forfaits ?
Free Mobile joue la carte de la simplicité et de la clarté dans un secteur où la jungle tarifaire est de mise depuis bien trop longtemps selon les associations de consommateurs.
Le premier forfait présenté hier coûtera 19,99 €par mois sans engagement (15,99 € si l'on est déjà abonné à Free pour internet). Ce prix comprend des appels illimités en France métropolitaine et DOM vers des numéros fixes ou mobiles (hors numéros courts, spéciaux, surtaxés et autres services à valeur ajoutée) ainsi que des appels vers 40 destinations en Europe, aux États-Unis et au Canada. Ces appels gratuits vers l'étranger doivent se faire vers les téléphones fixes sauf pour les États-Unis et le Canada où l'on peut appeler des mobiles et des fixes. Le forfait comprend ensuite des SMS et MMS illimités (hors SMS/MMS surtaxés). Puis vient l'internet illimité tous usages (web, e-mail, VoIP, partage de connexion avec un ordinateur ou une tablette, etc.) dans la limite d'une consommation de données de 3 Go par mois. Au-delà de cette limite, le débit de données est réduit. Free promet également des tarifs de communication depuis l'étranger (roaming) « parmi les moins chers » par rapport aux autres opérateurs français. Free donne par ailleurs la possibilité de bloquer son forfait afin d'éviter tout dépassement. Enfin, les abonnés Free Mobile pourront accéder au réseau de hotspots WiFi FreeWifi.
Le second forfait est tout aussi révolutionnaire puisqu'il s'établit à 2 € par mois toujours sans engagement. Pour ce prix, l'on a droit à 60 minutes d'appels et 60 SMS par mois, soit bien au-delà du forfait social promu par le gouvernement (40 minutes d'appels et 40 SMS pour 10 € par mois). Cette offre est « plus de 4 fois moins chère que l'offre la moins chère du marché » a indiqué Free hier. Si l'on dépasse ce forfait, la minute de communication est de 0,05 € ; et les SMS sont à 0,05 €également.
Ceux qui sont déjà abonnés chez Free pour l'internet bénéficieront gratuitement - sur demande - de ce forfait dans la limite d'un abonnement par foyer.
Quel téléphone ?
Petite révolution dans les mentalités, les téléphones ne seront pas subventionnés comme c'est l'habitude en France. Free Mobile vend, en effet, ses forfaits sans appareils. En revanche, il propose d'acquérir un mobile et de le payer en plusieurs loyers sur 12, 24 ou 36 mois. Actuellement six mobiles sont proposés avec des mensualités allant de 4 € sur 12 mois à 7,99 € sur 24 mois. Un Blackberry Curve sera proposé prochainement ainsi que le dernier iPhone à partir du 27 janvier. Pour ce dernier modèle, les mensualités varieront de 15 € sur 36 mois à 35,99 € sur 24 mois. Free rappelle que si vous possédez votre téléphone mobile depuis plus de 3 mois, le désimlockage sera gratuit. En dessous de 3 mois, le désimlockage sera facturé 76 €. Hier plusieurs sites web spécialisés ont fait le calcul : entre la formule habituelle d'un mobile subventionné par l'opérateur et la formule de Free d'un mobile à crédit, la situation pour le consommateur est équivalente voire meilleure chez Free.
Quel réseau ?
Question capitale pour laquelle on n'a pas encore de réponse : quelle sera la qualité de la couverture du réseau de Free Mobile. Free a déployé plus d'un millier d'antennes à son nom qui vont lui permettre de couvrir environ 30 % de la population française. Les 70 % restants seront couverts grâce à un accord d'itinérance conclu avec Orange pour six ans et un milliard d'euros. Les Freenautes étant particulièrement technophiles, les nouveaux abonnés de Free Mobile seront certainement gourmands en bande passante pour profiter de l'internet mobile. Pour éviter que son réseau ne soit saturé, Orange ne sera-t-il pas tenté de réserver la connexion 3G en priorité à ses propres abonnés ?.
Concernant les antennes que gérera FreeMobile, la société semble prête ; elle a fait de nombreux tests techniques, ce qui a vraisemblablement empêché une commercialisation des offres avant Noël.
Quel suivi ?
Les forfaits de Free Mobile pourront être souscrits dans les boutiques physiques de Free - une centaine en France - mais surtout sur internet (mobile.free.fr). Souvent critiqué par ses abonnés pour son assistance téléphonique qui connaît régulièrement beaucoup d'engorgements, Free devra mettre les bouchées doubles pour contenter ses nouveaux clients mobiles. Les premiers d'entre eux risquent d'essuyer les plâtres pour les autres… Sans doute une des raisons pour laquelle Free réserve pour l'instant ses forfaits aux premiers trois millions d'abonnés.
"Il y aura une baisse des prix"
La Dépêche : Va-t-il y avoir une hémorragie des clients des autres opérateurs vers Free ?
Mathieu Drida, Président Directeur Général de Meilleurmobile.com : Il est évident qu'avec une telle offre, Free, qui a une forte notoriété, va prendre une part de marché non négligeable. Maintenant, est-ce que tout le monde va changer d'opérateur ? Je ne le pense pas car d'une part tout le monde n'est pas insatisfait de son opérateur ; et d'autre part les autres opérateurs vont réagir rapidement.
L'absence de téléphone subventionné peut-il être un handicap pour Free ?
L'offre de Free est extrêmement intéressante, très bien positionnée en terme tarifaire et avec beaucoup de contenus, mais vous devez acheter votre téléphone ailleurs. Quand on regarde la différence entre les offres subventionnées et non-subventionnées ; les premières sont plus chères mais vous achetez le mobile moins cher au démarrage. En séparant le forfait du mobile, Free est plus transparent et finalement pas plus cher.
Quels peuvent être les points faibles des offres de Free ?
Il y a deux axes à surveiller. Le premier est la qualité du produit : est-ce que le réseau de Free va être à la hauteur des opérateurs existants puisque pour Free, c'est un nouveau métier ? Au départ, Free va utiliser à 70 % le réseau d'Orange. Sur les 30 % qui lui appartiennent, Free a eu le temps de se préparer pour que le réseau fonctionne. Deuxième axe à surveiller : la qualité de la relation client. Free n'a pas de réseau de boutiques, ce qui est un plus chez les opérateurs historiques. Est-ce que cela va bien se passer par téléphone et internet seulement ; est-ce que cela va correspondre à tous les types de consommation ? On verra.
Va-t-on assister à une baisse générale des forfaits ?
On peut imaginer qu'il y ait une riposte sur les prix puisque Free arrive avec les tarifs les moins chers du marché. Il y aura aussi une riposte sur le contenu. L'offre de Free n'est pas adaptée à tous les types de consommation, mais elle est extraordinaire pour ceux qui en ont besoin.
Comment changer d'opérateur ?
Les offres de Free vous séduisent mais vous êtes déjà engagé chez un autre opérateur ? Quelle que soit votre situation, vous pouvez le quitter.
Depuis la loi Chatel de 2008, vous pouvez, en effet, résilier votre contrat mobile avant la fin des 24 mois d'engagement normalement prévus, si votre contrat a été signé après le 1er juin 2008.
Si vous avez effectué au moins 12 mois chez votre opérateur, vous devrez payer une indemnité de résiliation de 25 % du montant restant dû.
Si vous avez effectué moins d'un an auprès de votre opérateur, il vous faudra payer, en plus, la totalité des mensualités dues sur cette année. Dans ce cas-là, il vaut mieux ne pas résilier son contrat car les sommes à payer peuvent être élevées.
Si l'on remplit toutes les conditions pour changer d'opérateurs, on peut alors envoyer une lettre de résiliation à son opérateur de téléphonie, en recommandé avec avis de réception, à l'issue du 12e mois d'abonnement.
Conserver son numéro
Il existe par ailleurs une procédure plus simple si l'on souhaite conserver son numéro de téléphone actuel et le faire porter sur un forfait Free. Il faut préalablement connaître la date de fin d'engagement de son contrat ainsi que le numéro RIO (Relevé d'Identité Opérateur). Pour cela, il faut composer le 3179 sur son mobile (appel gratuit). Ces éléments peuvent ensuite être transmis à Free Mobile qui va se charger de la résiliation et de la portabilité du numéro.
Xavier Niel le trublion
Depuis hier et son show à l'américaine pour présenter les forfaits mobiles de Free, Xavier Niel, le PDG d'Iliad s'est vu qualifier de Steve Jobs français sur les réseaux sociaux. Il est vrai qu'entre l'ancien PDG d'Apple et le trublion de l'internet en France, désormais bête noire des opérateurs mobiles, les points communs ne manquent pas. Même goût pour l'innovation, même envie de bousculer l'establishment et les idées reçues, même simplicité bonhomme apparente, même envie d'en découdre seul contre tous, même science du marketing bâtie sur des semaines de rumeurs et de buzz avant de dévoiler un produit : iPhone, iPad pour l'un ; Freebox Révolution, forfaits Free Mobile pour l'autre. Pour parodier un des slogans de Free, on pourrait dire que Xaviel Niel, « il a Free, il a tout compris » de Steve Jobs.
Mais les deux hommes ont un parcours différent. Xavier Niel baigne depuis bien longtemps dans les télécoms et tire sa fortune du Minitel… rose. En 1987, à 20 ans, cet enfant de Créteil arrête sa classe préparatoire scientifique pour se lancer dans une entreprise de services par minitel. Il crée alors de lucratifs services érotiques sur le Minitel dans les années 90, mais également des peep-shows et sex-shops (qui lui vaudront quelques déboires en 2004).
Il lance ensuite un annuaire inversé très pratique (3617 annu) et un registre des sociétés (societe.com). En 1999, après une expérience avec Worldnet, premier fournisseur français d'accès à internet, Xavier Niel prend le virage du Net et crée Free. Avec Rani Assaf - actuelle cheville ouvrière de Free Mobile - le jeune PDG lance la Freebox et son tarif de 29,99 €par mois qui va devenir le tarif-étalon des offres triple play. Fort de son succès, Niel, devenu milliardaire - 8e fortune française - investit dans de nombreuses start-up avec son fonds Kima Ventures. Et en juin 2010, ce fan de Claude François - il possède les droits des chansons - est devenu, avec Pierre Bergé et Matthieu Pigasse, le patron du quotidien Le Monde.
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Free
17 déc. 2011
14 déc. 2011
Smartphone : comment protéger sa vie privée
Plus encore que l'année dernière, les smartphones vont être les stars de Noël. Ces téléphones « intelligents » grignotent de plus en plus de parts de marché. 17 millions de Français en possèdent déjà un et cela n'est pas prêt de s'arrêter car dans le sillage de l'iPhone - l'appareil vedette d'Apple - ou des Blackberry, très présents dans le monde de l'entreprise, sont apparus les smartphones Android produits par de nombreuses marques qui ont démocratisé l'usage de ces mobiles à tout faire.
Passer un coup de fil , pour ces appareils, constitue une caractéristique presque secondaire tant ils recèlent d'autres fonctionnalités : prendre des photos et des vidéos, gérer ses e-mails et son agenda, prendre des notes, se repérer automatiquement sur une carte grâce au GPS intégré, jouer à des jeux en ligne, dialoguer avec ses amis sur les réseaux sociaux Facebook ou Twitter, etc. Autant dire que dans ces petits ordinateurs de poche, chacun enregistre une partie de ses données et de son intimité.
C'est pour cette raison que la Commission informatique et liberté (CNIL) a voulu comprendre les pratiques des Français avec ces nouveaux outils, s'ils étaient conscients de la sensibilité des données qu'ils enregistrent et s'ils protègent bien l'accès à leur smartphone. L'enquête menée par Médiamétrie auprès de 2 315 utilisateurs est édifiante (fichier PDF disponible ici). Les informations personnelles sont stockées en masse sur les smartphones sans grande protection. Paradoxalement, 65 % des Français pensent que les données ne sont pas bien protégées mais 30 % déclarent n'avoir aucun code de protection actif !
Pour remédier à cette situation, la CNIL a délivré hier dix conseils dont certains sont déjà suivis… par les adolescents. Plus à l'aise que leurs parents avec les appareils numériques, les 15-17 ans sont bien plus prudents que les adultes.
10 règles d'or pour préserver ses données
1. N'enregistrez pas d'informations confidentielles (codes secrets, codes d'accès, coordonnées bancaires…) dans votre smartphone (vol, piratage, usurpation d'identité…).
2. Ne désactivez pas le code PIN et changez celui proposé par défaut. Choisissez un code compliqué. Pas votre date de naissance !
3. Mettez en place un délai de verrouillage automatique du téléphone. En plus du code PIN, il permet de rendre inactif le téléphone au bout d'un certain temps. Cela empêche la consultation des informations contenues dans le téléphone en cas de perte ou de vol.
4. Activez si possible le chiffrement des sauvegardes du téléphone. Pour cela, utilisez les réglages de la plateforme avec laquelle vous connectez le téléphone sur votre ordinateur. Cette manipulation garantira que personne ne sera en mesure d'utiliser vos données sans le mot de passe que vous avez défini.
5. Installez un antivirus quand cela est possible.
6. Notez le numéro «IMEI» du téléphone pour le bloquer en cas de perte ou de vol (taper *#06# sur le clavier pour l'obtenir).
7. Ne téléchargez pas d'application de sources inconnues. Privilégiez les plateformes officielles.
Vérifiez à quelles données contenues dans votre smartphone l'application que vous installez va avoir accès.
8. Lisez les conditions d'utilisation d'un service avant de l'installer. Les avis des autres utilisateurs peuvent également être utiles !
9. Réglez les paramètres au sein du téléphone ou dans les applications de géolocalisation (Twitter, Foursquare, Plyce...) afin de toujours contrôler quand et par qui vous voulez être géolocalisé.
10. Désactivez le GPS ou le WiFI quand vous ne vous servez plus d'une application de géolocalisation.
Attention aux virus
Les smartphones étant de vrais petits ordinateurs, pas étonnant qu'ils soient désormais la cible… des virus. Les malwares ciblant les appareils mobiles sont en nette progression, avec un risque plus élevé pour les téléphones sous Android. Dans son dernier rapport trimestriel, l'éditeur d'antivirus McAfee a révélé une augmentation de 76 % des malwares mobiles sur cette plateforme au 2e trimestre, par rapport au 1er trimestre 2011 (rapport PDF disponible ici). Dès lors, les applications antivirus pour smartphones vont se multiplier.
Passer un coup de fil , pour ces appareils, constitue une caractéristique presque secondaire tant ils recèlent d'autres fonctionnalités : prendre des photos et des vidéos, gérer ses e-mails et son agenda, prendre des notes, se repérer automatiquement sur une carte grâce au GPS intégré, jouer à des jeux en ligne, dialoguer avec ses amis sur les réseaux sociaux Facebook ou Twitter, etc. Autant dire que dans ces petits ordinateurs de poche, chacun enregistre une partie de ses données et de son intimité.
C'est pour cette raison que la Commission informatique et liberté (CNIL) a voulu comprendre les pratiques des Français avec ces nouveaux outils, s'ils étaient conscients de la sensibilité des données qu'ils enregistrent et s'ils protègent bien l'accès à leur smartphone. L'enquête menée par Médiamétrie auprès de 2 315 utilisateurs est édifiante (fichier PDF disponible ici). Les informations personnelles sont stockées en masse sur les smartphones sans grande protection. Paradoxalement, 65 % des Français pensent que les données ne sont pas bien protégées mais 30 % déclarent n'avoir aucun code de protection actif !
Pour remédier à cette situation, la CNIL a délivré hier dix conseils dont certains sont déjà suivis… par les adolescents. Plus à l'aise que leurs parents avec les appareils numériques, les 15-17 ans sont bien plus prudents que les adultes.
10 règles d'or pour préserver ses données
1. N'enregistrez pas d'informations confidentielles (codes secrets, codes d'accès, coordonnées bancaires…) dans votre smartphone (vol, piratage, usurpation d'identité…).
2. Ne désactivez pas le code PIN et changez celui proposé par défaut. Choisissez un code compliqué. Pas votre date de naissance !
3. Mettez en place un délai de verrouillage automatique du téléphone. En plus du code PIN, il permet de rendre inactif le téléphone au bout d'un certain temps. Cela empêche la consultation des informations contenues dans le téléphone en cas de perte ou de vol.
4. Activez si possible le chiffrement des sauvegardes du téléphone. Pour cela, utilisez les réglages de la plateforme avec laquelle vous connectez le téléphone sur votre ordinateur. Cette manipulation garantira que personne ne sera en mesure d'utiliser vos données sans le mot de passe que vous avez défini.
5. Installez un antivirus quand cela est possible.
6. Notez le numéro «IMEI» du téléphone pour le bloquer en cas de perte ou de vol (taper *#06# sur le clavier pour l'obtenir).
7. Ne téléchargez pas d'application de sources inconnues. Privilégiez les plateformes officielles.
Vérifiez à quelles données contenues dans votre smartphone l'application que vous installez va avoir accès.
8. Lisez les conditions d'utilisation d'un service avant de l'installer. Les avis des autres utilisateurs peuvent également être utiles !
9. Réglez les paramètres au sein du téléphone ou dans les applications de géolocalisation (Twitter, Foursquare, Plyce...) afin de toujours contrôler quand et par qui vous voulez être géolocalisé.
10. Désactivez le GPS ou le WiFI quand vous ne vous servez plus d'une application de géolocalisation.
Attention aux virus
Les smartphones étant de vrais petits ordinateurs, pas étonnant qu'ils soient désormais la cible… des virus. Les malwares ciblant les appareils mobiles sont en nette progression, avec un risque plus élevé pour les téléphones sous Android. Dans son dernier rapport trimestriel, l'éditeur d'antivirus McAfee a révélé une augmentation de 76 % des malwares mobiles sur cette plateforme au 2e trimestre, par rapport au 1er trimestre 2011 (rapport PDF disponible ici). Dès lors, les applications antivirus pour smartphones vont se multiplier.
8 déc. 2011
Tribune Libre. Facebook face à Google ou algorithme mathématique contre algorithme humain ?
Google : une menace pour le consommateur dans l’industrie du voyage ?
A l’heure de l’hégémonie annoncée du moteur de recherche, Google, dans l’industrie du voyage, suite à l’intégration d’ITA software et au développement de Google Flights et de Google Hotel Finder, le voyageur doit désormais s’interroger profondément sur ses réflexes de consommation.
La recherche de destinations, de bons plans, de meilleurs prix et d’avis qualifiés est aujourd’hui très centralisée. Le voyageur ne prend pas forcément conscience que le moteur de recherche le plus utilisé au monde, classifie, filtre et délivre les résultats de recherche en fonction non pas de l’intérêt du voyageur mais en fonction de son modèle économique. Plus un site de voyage achète de mots clé pour optimiser son référencement, plus il est représenté dans les résultats de recherche des internautes voyageurs. Le voyage est le secteur le plus important du marché mondial du e-commerce (350 milliards de dollars)[1].
Faut-il laisser le voyageur à la merci de l’algorithme mathématique de Google? Le prix lui aussi peut être manipulé (options incluses ou non incluses) et les voyageurs sont nombreux à en avoir fait l’expérience. Quel est dans ce contexte la pertinence réelle d’un tel modèle ? L’argument mathématique peut-il continuer à rassurer le voyageur quand on voit les dérives des mathématiques appliquées à l’industrie de la finance?
Pourquoi Facebook peut-il jouer un rôle important dans le voyage ?
Jusqu’ici cantonné à un rôle plutôt ludique, le premier réseau social mondial, Facebook (800 millions de membres) vient d’ouvrir sa plateforme à de nombreuses applications verticales pour en accélérer l’usage “utile”. Les utilisateurs peuvent désormais découvrir la musique, les vidéos, les plats cuisinés et les voyages à travers les « partages » de leurs amis, en temps réel. Autrement dit, l’internaute n’a plus besoin d’aller chercher sur Google sa prochaine destination ou un bon plan voyage : les amis, qui en général ont des goûts communs, vont partager avec lui leurs « résultats » et propositions de voyages.
“Mes amis” plus forts que Google
Un utilisateur de Facebook a en moyenne 130 amis. Si chaque ami voyage en moyenne 3 fois par an, cela représente 390 voyages avec une probabilité très forte de couvrir 100% de nos destinations préférées et de nous faire découvrir de nouvelles destinations susceptibles de nous plaire. Chaque voyage donne lieu à des recherches pour trouver un vol, un train, un hôtel, un package, une activité…Et si l’internaute faisait confiance aux résultats de ses amis pour réserver le même vol, le même hôtel ou le même voyage ? Ces résultats représentent déjà des milliers de recherches sur le web et le voyageur peut les pondérer avec les goûts de ses amis plutôt qu’avec celui de millions de voyageurs anonymes…
Il s’agit donc d’un canal alternatif à Google. Les voyageurs vont gagner du temps en intégrant des paramètres humains dans leur décision d’achat tandis que les industriels du voyage vont économiser des budgets de référencement Google qu’ils pourront répercuter sur les prix des voyages.
Qui sera le gagnant ?
Le frein évident au développement du web social, c’est la crainte de l’individu par rapport à l’utilisation qui risque d’être faite de ses données personnelles, que ce soit par Facebook ou par ses amis… Faut-il partager ou bien ne pas partager ses voyages ? Faut-il se méfier plus de Facebook et de ses amis que de Google et de son algorithme ? Facebook, tout comme Google, doit protéger massivement la confidentialité des données de ses utilisateurs pour rester plateforme tiers de confiance. Si le débat est déjà virulent avec Facebook, il ne faut pas perdre de vue que Google possède déjà la plupart de nos informations personnelles et confidentielles : mots de passe, documents importants, données bancaires…
Au final, c’est bien le voyageur qui a le plus à gagner du développement du social web et du social commerce. Favorisons donc l’innovation dans ce domaine.
Matthieu Heslouin
Fondateur et PDG de Wipolo
A l’heure de l’hégémonie annoncée du moteur de recherche, Google, dans l’industrie du voyage, suite à l’intégration d’ITA software et au développement de Google Flights et de Google Hotel Finder, le voyageur doit désormais s’interroger profondément sur ses réflexes de consommation.
La recherche de destinations, de bons plans, de meilleurs prix et d’avis qualifiés est aujourd’hui très centralisée. Le voyageur ne prend pas forcément conscience que le moteur de recherche le plus utilisé au monde, classifie, filtre et délivre les résultats de recherche en fonction non pas de l’intérêt du voyageur mais en fonction de son modèle économique. Plus un site de voyage achète de mots clé pour optimiser son référencement, plus il est représenté dans les résultats de recherche des internautes voyageurs. Le voyage est le secteur le plus important du marché mondial du e-commerce (350 milliards de dollars)[1].
Faut-il laisser le voyageur à la merci de l’algorithme mathématique de Google? Le prix lui aussi peut être manipulé (options incluses ou non incluses) et les voyageurs sont nombreux à en avoir fait l’expérience. Quel est dans ce contexte la pertinence réelle d’un tel modèle ? L’argument mathématique peut-il continuer à rassurer le voyageur quand on voit les dérives des mathématiques appliquées à l’industrie de la finance?
Pourquoi Facebook peut-il jouer un rôle important dans le voyage ?
Jusqu’ici cantonné à un rôle plutôt ludique, le premier réseau social mondial, Facebook (800 millions de membres) vient d’ouvrir sa plateforme à de nombreuses applications verticales pour en accélérer l’usage “utile”. Les utilisateurs peuvent désormais découvrir la musique, les vidéos, les plats cuisinés et les voyages à travers les « partages » de leurs amis, en temps réel. Autrement dit, l’internaute n’a plus besoin d’aller chercher sur Google sa prochaine destination ou un bon plan voyage : les amis, qui en général ont des goûts communs, vont partager avec lui leurs « résultats » et propositions de voyages.
“Mes amis” plus forts que Google
Un utilisateur de Facebook a en moyenne 130 amis. Si chaque ami voyage en moyenne 3 fois par an, cela représente 390 voyages avec une probabilité très forte de couvrir 100% de nos destinations préférées et de nous faire découvrir de nouvelles destinations susceptibles de nous plaire. Chaque voyage donne lieu à des recherches pour trouver un vol, un train, un hôtel, un package, une activité…Et si l’internaute faisait confiance aux résultats de ses amis pour réserver le même vol, le même hôtel ou le même voyage ? Ces résultats représentent déjà des milliers de recherches sur le web et le voyageur peut les pondérer avec les goûts de ses amis plutôt qu’avec celui de millions de voyageurs anonymes…
Il s’agit donc d’un canal alternatif à Google. Les voyageurs vont gagner du temps en intégrant des paramètres humains dans leur décision d’achat tandis que les industriels du voyage vont économiser des budgets de référencement Google qu’ils pourront répercuter sur les prix des voyages.
Qui sera le gagnant ?
Le frein évident au développement du web social, c’est la crainte de l’individu par rapport à l’utilisation qui risque d’être faite de ses données personnelles, que ce soit par Facebook ou par ses amis… Faut-il partager ou bien ne pas partager ses voyages ? Faut-il se méfier plus de Facebook et de ses amis que de Google et de son algorithme ? Facebook, tout comme Google, doit protéger massivement la confidentialité des données de ses utilisateurs pour rester plateforme tiers de confiance. Si le débat est déjà virulent avec Facebook, il ne faut pas perdre de vue que Google possède déjà la plupart de nos informations personnelles et confidentielles : mots de passe, documents importants, données bancaires…
Au final, c’est bien le voyageur qui a le plus à gagner du développement du social web et du social commerce. Favorisons donc l’innovation dans ce domaine.
Matthieu Heslouin
Fondateur et PDG de Wipolo
22 nov. 2011
Tribune libre : 2012, année du consommateur « hyper connecté »
Par Patrice NORDEY, CEO Asie de L’Atelier BNP Paribas
Depuis des années les analystes et les experts annoncent la révolution du téléphone mobile dans les habitudes de consommation. Un changement qualifié de « rupture » qui conduira les acteurs de la distribution et les grandes marques à revoir en profondeur non seulement leur modèle de ventes mais plus encore, leur mode de communication et d’interaction avec leurs clients.
Il est vrai que dans l’histoire (courte) des technologies, cette année les ventes cumulées de terminaux mobiles dans le monde (smartphones et de tablettes) dépasseront pour la première fois celles des ordinateurs (PC et ordinateurs portables) pour atteindre presque 500 millions d’unités. Cette inversion de tendance devrait d’ailleurs s’accentuer fortement dans les années à venir avec plus de 700 millions de terminaux mobiles vendus en 2013 contre seulement 400 millions d’ordinateurs à la même période (selon le cabinet KPCB).
Le mobile commerce, ou m-commerce tel que le nomme les spécialistes, va évidement bouleverser les pratiques actuelles du e-commerce qui a lieu principalement depuis la maison ou lieu de travail. Mais plus encore, il va changer les usages du commerce traditionnel, « l’achat en magasin », qui représente encore 90 à 95% des ventes aux particuliers dans les pays où l’Internet est le plus développé.
La meilleure illustration du moment est probablement la société Shopkick, lancée en août 2010 aux USA. La startup de Palo Alto propose à ses utilisateurs une application de géolocalisation sur mobile permettant de gagner des points et recevoir des coupons promotionnels s’ils visitent des magasins partenaires. En seulement un an, la startup à enregistré des résultats phénoménaux. Plus de 2,3 millions de consommateurs ont téléchargé l’application générant ainsi plus de 2 millions d’entrées physiques en magasin dans un réseau de plus de 3 000 points de ventes aux Etats-Unis. Une fois en magasin, des taux de conversion en clients de 15 à 20% ont été enregistrés selon que les consommateurs scannent ou non les étiquettes de produits l’aide de leur téléphone. Au total, plus 700 millions de produits ont été consultés via l’application dont 7 millions ont été scannés durant une visite en magasin.
Le nouveau terme à la mode résultant de ces services géolicalisés est le O2O (Online to Offline) : la connexion du monde physique avec l’Internet.
En Chine, où plus de 952 millions de personnes sont désormais équipés d’un téléphone mobile (septembre 2011), l’adoption en masse des smartphones et de la 3G n’est pas en reste. Plus de 312 millions d’individus surfent déjà sur Internet avec leur mobile, parmi lesquels 100 millions avec un smartphone. Dans les zones urbaines de Shanghai où Pékin, l’adoption du smartphone atteint même 35%. Un taux similaire aux grandes agglomérations américaines telles que New-York ou Washington. Et le rythme d’adoption ne cesse de s’accélérer. La Chine est ainsi déjà devenue le second pays au monde pour le téléchargement d’applications iPhone, juste derrière les Etats-Unis. Pas si mal si lorsque l’on sait que l’App Store n’a été lancé en Chine qu’en Octobre 2010… !
Si le phénomène du O2O est parti des Etats-Unis, on peut s’attendre à une amplification de très grande échelle en Chine à partir de 2012 qui compte déjà 172 millions de e-consommateurs. L’ère du consommateur hyper connecté peut commencer !
Depuis des années les analystes et les experts annoncent la révolution du téléphone mobile dans les habitudes de consommation. Un changement qualifié de « rupture » qui conduira les acteurs de la distribution et les grandes marques à revoir en profondeur non seulement leur modèle de ventes mais plus encore, leur mode de communication et d’interaction avec leurs clients.
Il est vrai que dans l’histoire (courte) des technologies, cette année les ventes cumulées de terminaux mobiles dans le monde (smartphones et de tablettes) dépasseront pour la première fois celles des ordinateurs (PC et ordinateurs portables) pour atteindre presque 500 millions d’unités. Cette inversion de tendance devrait d’ailleurs s’accentuer fortement dans les années à venir avec plus de 700 millions de terminaux mobiles vendus en 2013 contre seulement 400 millions d’ordinateurs à la même période (selon le cabinet KPCB).
Le mobile commerce, ou m-commerce tel que le nomme les spécialistes, va évidement bouleverser les pratiques actuelles du e-commerce qui a lieu principalement depuis la maison ou lieu de travail. Mais plus encore, il va changer les usages du commerce traditionnel, « l’achat en magasin », qui représente encore 90 à 95% des ventes aux particuliers dans les pays où l’Internet est le plus développé.
La meilleure illustration du moment est probablement la société Shopkick, lancée en août 2010 aux USA. La startup de Palo Alto propose à ses utilisateurs une application de géolocalisation sur mobile permettant de gagner des points et recevoir des coupons promotionnels s’ils visitent des magasins partenaires. En seulement un an, la startup à enregistré des résultats phénoménaux. Plus de 2,3 millions de consommateurs ont téléchargé l’application générant ainsi plus de 2 millions d’entrées physiques en magasin dans un réseau de plus de 3 000 points de ventes aux Etats-Unis. Une fois en magasin, des taux de conversion en clients de 15 à 20% ont été enregistrés selon que les consommateurs scannent ou non les étiquettes de produits l’aide de leur téléphone. Au total, plus 700 millions de produits ont été consultés via l’application dont 7 millions ont été scannés durant une visite en magasin.
Le nouveau terme à la mode résultant de ces services géolicalisés est le O2O (Online to Offline) : la connexion du monde physique avec l’Internet.
En Chine, où plus de 952 millions de personnes sont désormais équipés d’un téléphone mobile (septembre 2011), l’adoption en masse des smartphones et de la 3G n’est pas en reste. Plus de 312 millions d’individus surfent déjà sur Internet avec leur mobile, parmi lesquels 100 millions avec un smartphone. Dans les zones urbaines de Shanghai où Pékin, l’adoption du smartphone atteint même 35%. Un taux similaire aux grandes agglomérations américaines telles que New-York ou Washington. Et le rythme d’adoption ne cesse de s’accélérer. La Chine est ainsi déjà devenue le second pays au monde pour le téléchargement d’applications iPhone, juste derrière les Etats-Unis. Pas si mal si lorsque l’on sait que l’App Store n’a été lancé en Chine qu’en Octobre 2010… !
Si le phénomène du O2O est parti des Etats-Unis, on peut s’attendre à une amplification de très grande échelle en Chine à partir de 2012 qui compte déjà 172 millions de e-consommateurs. L’ère du consommateur hyper connecté peut commencer !
21 nov. 2011
Succès pour le 2e salon international du Jeu Vidéo de Montpellier
Le Montpellier In Game a réuni au Corum l’ensemble des acteurs du monde des jeux vidéo. Pour cette seconde édition, Montpellier Agglomération avait décidé d’étoffer la manifestation et de coupler sur 4 jours un salon professionnel, les 17 et 18 novembre et un salon grand public, gratuit, les 19 et 20 novembre. Avec l’accueil de 700 professionnels et la venue de 34 000 visiteurs, la collectivité est en passe de réussir son pari : faire du MIG un salon incontournable du jeu vidéo.
700 professionnels pour le salon "pro"
Le salon professionnel, les 17 et 18 novembre, a réuni près de 500 professionnels et plus de 200 étudiants. Les premiers étaient venus écouter les 39 intervenants des 9 conférences et s’associer aux rencontres BtoB ; les seconds, participer également aux 3 masters class organisées. Les rencontres d’affaires Pro’games ont ainsi permis concrètement la tenue de 90 entretiens auprès des 40 entreprises participantes.
34 000 visiteurs et véritable engouement pour le salon grand public
Samedi et dimanche, une multitude d’animations étaient programmées pour le salon "grand public", depuis les conférences de haut niveau avec des personnalités qui font figure de référence dans le monde du jeu vidéo (dont, notamment, Jordan Mechner, Michel Ancel, Philippe Ulrich, Eric Chahi, ou encore Frédérick Raynal), jusqu’à la pratique conviviale des jeux les plus en vogue. Playstation, Ankama, Konami, drone Parrot AR.… de nombreux exposants parmi les plus connus du secteur ont également initié les visiteurs à leurs produits-phares. Des consoles de salon aux terminaux mobiles, en passant par le jeu sur PC en solo ou en réseau, le visiteur a ainsi pu découvrir toutes les nouveautés du marché.
700 professionnels pour le salon "pro"
Le salon professionnel, les 17 et 18 novembre, a réuni près de 500 professionnels et plus de 200 étudiants. Les premiers étaient venus écouter les 39 intervenants des 9 conférences et s’associer aux rencontres BtoB ; les seconds, participer également aux 3 masters class organisées. Les rencontres d’affaires Pro’games ont ainsi permis concrètement la tenue de 90 entretiens auprès des 40 entreprises participantes.
34 000 visiteurs et véritable engouement pour le salon grand public
Samedi et dimanche, une multitude d’animations étaient programmées pour le salon "grand public", depuis les conférences de haut niveau avec des personnalités qui font figure de référence dans le monde du jeu vidéo (dont, notamment, Jordan Mechner, Michel Ancel, Philippe Ulrich, Eric Chahi, ou encore Frédérick Raynal), jusqu’à la pratique conviviale des jeux les plus en vogue. Playstation, Ankama, Konami, drone Parrot AR.… de nombreux exposants parmi les plus connus du secteur ont également initié les visiteurs à leurs produits-phares. Des consoles de salon aux terminaux mobiles, en passant par le jeu sur PC en solo ou en réseau, le visiteur a ainsi pu découvrir toutes les nouveautés du marché.
15 nov. 2011
Le 33e sommet Digiworld à Montpellier
Montpellier accueille mercredi 16 et jeudi 17 novembre le 33e Digiworld summit, sommet international du numérique. Organisé par l'Institut de l'audiovisuel et des télécommunications en Europe (Idate), ce rendez-vous s'est imposé comme un moment unique en Europe pour prendre la mesure des changements à l'œuvre dans le secteur des télécoms, de l'internet et des médias.
Au centre des congrès du Corum, 80 exposants, plus de 1 200 participants et plus de 150 intervenants venus du monde entier, vont cette année plancher autour du thème « L'appareil sera-t-il le roi ? » Après les tablettes comme l'iPad, les lecteurs de livres électroniques (eReaders) ou encore les télévisons connectées à internet, quelles seront les prochaines innovations ? Qui choisira quoi chez les particuliers ou les professionnels ? Comment tous ces appareils vont-ils partager les accès hauts débits, fixes, nomades et mobiles ? Et que cherchent vraiment les consommateurs ?
Le congrès qui s'articule autour de séances plénières et de huit grands séminaires (mobile, médias, jeux vidéos, villes connectées, etc.) va dresser un panorama complet de l'état du monde numérique d'aujourd'hui et des perspectives de développement dans les années à venir. Éric Besson, ministre de l'Industrie, conclura les débats.
Au centre des congrès du Corum, 80 exposants, plus de 1 200 participants et plus de 150 intervenants venus du monde entier, vont cette année plancher autour du thème « L'appareil sera-t-il le roi ? » Après les tablettes comme l'iPad, les lecteurs de livres électroniques (eReaders) ou encore les télévisons connectées à internet, quelles seront les prochaines innovations ? Qui choisira quoi chez les particuliers ou les professionnels ? Comment tous ces appareils vont-ils partager les accès hauts débits, fixes, nomades et mobiles ? Et que cherchent vraiment les consommateurs ?
Le congrès qui s'articule autour de séances plénières et de huit grands séminaires (mobile, médias, jeux vidéos, villes connectées, etc.) va dresser un panorama complet de l'état du monde numérique d'aujourd'hui et des perspectives de développement dans les années à venir. Éric Besson, ministre de l'Industrie, conclura les débats.
8 nov. 2011
Télévision : tout change
Hier à minuit, la région Midi-Pyrénées était privée de télévision. Les noctambules qui reçoivent la télé par une antenne râteau avaient beau zapper, leur écran est resté noir, quelques heures, pour la bonne cause : le basculement dans le tout numérique. A minuit, tous les émetteurs terrestres diffusant la télévision en mode analogique et en mode numérique devaient, en effet, s'éteindre. Les émetteurs analogiques de façon définitive ; les émetteurs numériques de façon temporaire, le temps d'effectuer les travaux nécessaires pour ajuster les puissances et les fréquences de diffusion.
Avant-dernière région à basculer - à l'exception de Castres qui est programmée avec le Languedoc-Roussillon le 29 novembre - Midi-Pyrénées a constitué pour France télé numérique (FTN), le groupement d'intérêt public chargé du passage au tout numérique, « un chantier record » pour reprendre l'expression de son président Louis de Broissia, interrogé hier dans La Dépêche.
Basculement progressif
Midi-Pyrénées devant étalonner rien moins que 252 émetteurs, le basculement a été prévu pour s'étaler entre aujourd'hui et jeudi, supervisé par un QG installé à Toulouse. Qu'on se rassure, avant 10 heures ce mardi, 81,1 % de la population de la région doit recevoir à nouveau la télévision ; et ce soir ce devrait être 91 % des foyers qui seront à même de profiter de la qualité de la télévision numérique terrestre (TNT). Car si la TNT a été lancée en France en 2005, tout le monde n'a pas pu en profiter. « Le passage au tout numérique permet également d'étendre la couverture des chaînes », rappelle Michel Boyon, président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA).
« La couverture de M6 passe de 73 % à 95 % ; celles des chaînes en haute définition passe par exemple de 4 % à 89 % en Aveyron. Et de 63,8 % à 86,5 % au niveau régional. C'est un progrès fantastique », estime M. Boyon, qui est aujourd'hui à Toulouse pour saluer tous les acteurs de ce chantier historique.
Michel Boyon : "La TNT est une réussite"
Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon sont les deux dernières régions à passer au tout numérique. Êtes-vous satisfait de l'organisation de ce basculement en France ?
Michel Boyon, président du Conseil supérieur de l'audiovisuel - Oui, le passage à la télévision entièrement numérique a été très bien maîtrisé. Ce n'était pas évident. Lors de la première expérience, il y a 3 ans, nous étions encore dans l'expectative. Mais, d'une région à l'autre, le processus s'est de mieux en mieux déroulé. On a constaté une très forte mobilisation de tous : les élus, les associations, les services des collectivités locales ; et partout France télé numérique a joué un rôle très efficace dans l'information et l'accompagnement du public. Sur les plans technique aussi bien que social et humain, j'affirme que le passage au tout numérique est vraiment une réussite.
Depuis 2005, la TNT a trouvé sa place dans le paysage audiovisuel français. Le CSA vient de lancer un appel à candidatures pour six nouvelles chaînes. Quels vont être les critères de sélections des différents candidats ? Les groupes qui étaient bénéficiaires des chaînes bonus seront-ils, d'une certaine façon, privilégiés ?
Les critères sont fixés par la loi. Le CSA doit s'assurer de la viabilité économique du projet, du respect des règles concernant la limitation des concentrations, notamment le nombre maximal de chaînes qu'un même groupe peut avoir sur la TNT. Et il y a bien sûr l'intérêt du projet : qu'apporte-il de nouveau au téléspectateur ? Le CSA y sera attentif ; il ne crée pas des chaînes pour se faire plaisir, il exige qu'elles fournissent un plus par rapport à l'offre actuelle.
Les dossiers de candidatures seront déposés pour le 10 janvier. Il est assez probable que nous aurons pas mal de candidats, mais aucun ne part avec un avantage par rapport aux autres. Tous seront placés sur un strict pied d'égalité. La procédure est transparente, avec des auditions publiques. Et le CSA choisira selon des critères totalement objectifs. Le lancement de ces nouvelles chaînes pourra se faire au début de l'automne 2012.
Dans le rapport sur l'évolution de la TNT que vous avez remis au Premier ministre en septembre, vous préconisiez un changement de norme de diffusion pour un passage au DVB-T2, ce qui aurait obligé les Français à changer la totalité de leur équipement. François Fillon n'a pas souhaité que cette norme du futur soit adoptée dans l'immédiat. Quel va être le calendrier ?
En deux mois, j'ai rencontré plus de cent personnalités et organismes : j'ai constaté un large consensus sur le fait que le changement de norme est un impératif. J'ai analysé le pour et le contre d'une application immédiate à toutes les chaînes nouvelles, formule qui avait ma préférence. Le gouvernement a tenu compte du nombre des foyers qui se sont équipés récemment pour accéder à la TNT en changeant de récepteur ou d'antenne, en achetant un adaptateur. Mais l'objectif clairement affiché est le passage à cette nouvelle norme qui est celle de l'avenir. Les textes nécessaires seront prochainement pris.
2012 est l'année de la présidentielle. Vous avez récemment mis en demeure les chaînes de télévision et des stations de radio de respecter sous peine de sanction les temps de parole. Craignez-vous d'autres dérapages ?
Je ne crains pas de nouveaux dérapages. Si nous avons décidé ces mises en demeure, c'est précisément pour éviter que les débordements ne se reproduisent. Les chaînes concernées vont être très vigilantes sur le respect du pluralisme politique. Le CSA a tenu à marquer très fermement les choses quand il a constaté des résultats extravagants par rapport aux règles. Nous étions d'autant plus choqués que, début juillet, nous avions mis en garde les rédactions à propos de la primaire socialiste en leur disant qu'elle pouvait occasionner des infractions aux règles sur les temps de parole. Malgré cela, certaines chaînes n'ont pas pris les mesures correctives avant la fin septembre. Nous leur avons rappelé les règles, car elles s'exposent à des sanctions en cas de récidive.
"Il faut réguler la télé connectée à internet"
Depuis plusieurs années, le CSA souhaite pouvoir réguler certains contenus sur internet. Pourquoi, et est-ce toujours d'actualité ?
Cette question est de plus en plus d'actualité à cause de la télévision connectée, qui permet de recevoir sur le même écran tantôt des images de la télévision classique, tantôt des images provenant d'internet. Le phénomène n'est pas nouveau : sur un ordinateur, sur un téléphone mobile, sur une tablette, vous pouvez aujourd'hui recevoir ces différentes images. Mais que toutes puissent arriver sur le téléviseur familial change beaucoup les choses. On ne sait pas encore très bien comment les Français vont réagir face à la télévision connectée : actuellement un téléviseur vendu sur quatre est connectable à internet ; mais il faut qu'il soit effectivement connecté et que les gens prennent l'habitude de l'utiliser à cette fin. Il est difficile de dire à quelle date le mouvement prendra de l'ampleur, mais ma conviction est que la télévision connectée occupera une place grandissante. La question est de savoir si on peut durablement laisser venir sur le même écran des images classiques régulées par le CSA et des images d'internet qui ne sont pas régulées. Cela pose des problèmes pour la protection de l'enfance ; pour la lutte contre le racisme, l'antisémitisme, les discriminations ; pour le respect de la dignité de la personne. Comment faire pour introduire un minimum de régulation sur les images qui viennent d'internet ? Cette régulation sera différente, plus souple, plus simple, et elle fera très largement appel à l'autorégulation des professionnels. J'ai soulevé ce problème très régulièrement, les autorités françaises l'ont évoqué en mai dernier à l'e-G8. Je sens que les opinions publiques commencent à bouger en Europe. C'est un sujet difficile à cause de la mondialité d'internet. Il faut trouver les bons instruments juridiques et techniques. Mais on n'a pas le droit de rester inerte. Le CSA est la seule institution à avoir une expérience du suivi des contenus ; ce ne serait pas illégitime qu'on lui confie cette mission.
"Téléréalité : on a besoin de règles"
Vous vous êtes récemment montré très critique à l'encontre les programmes de téléréalité, qui ont connu certaines dérives. Que préconise le CSA ?
Le CSA est déjà intervenu dans le passé. Par exemple, Il a imposé dans les émissions de téléréalité où les candidats sont « enfermés » un espace sans caméra où ils puissent être tranquilles : c'est la « salle CSA ». Après un dialogue sérieux avec les professionnels, nous avons pensé qu'il fallait aller plus loin. Pas en édictant des règles, mais en formulant des recommandations, des principes dont tous pourraient s'inspirer. Par exemple, avoir un suivi psychologique beaucoup plus important à l'égard des candidats, non seulement pendant les émissions, mais au moment de la sélection et après les épreuves pendant plusieurs mois. Nous demandons qu'on s'abstienne de sélectionner des personnes paraissant fragiles. Nous avons rappelé aux chaînes et aux producteurs qu'il fallait être attentif au respect de la dignité de la personne.
Avant-dernière région à basculer - à l'exception de Castres qui est programmée avec le Languedoc-Roussillon le 29 novembre - Midi-Pyrénées a constitué pour France télé numérique (FTN), le groupement d'intérêt public chargé du passage au tout numérique, « un chantier record » pour reprendre l'expression de son président Louis de Broissia, interrogé hier dans La Dépêche.
Basculement progressif
Midi-Pyrénées devant étalonner rien moins que 252 émetteurs, le basculement a été prévu pour s'étaler entre aujourd'hui et jeudi, supervisé par un QG installé à Toulouse. Qu'on se rassure, avant 10 heures ce mardi, 81,1 % de la population de la région doit recevoir à nouveau la télévision ; et ce soir ce devrait être 91 % des foyers qui seront à même de profiter de la qualité de la télévision numérique terrestre (TNT). Car si la TNT a été lancée en France en 2005, tout le monde n'a pas pu en profiter. « Le passage au tout numérique permet également d'étendre la couverture des chaînes », rappelle Michel Boyon, président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA).
« La couverture de M6 passe de 73 % à 95 % ; celles des chaînes en haute définition passe par exemple de 4 % à 89 % en Aveyron. Et de 63,8 % à 86,5 % au niveau régional. C'est un progrès fantastique », estime M. Boyon, qui est aujourd'hui à Toulouse pour saluer tous les acteurs de ce chantier historique.
RemémorisezIl est normal que le téléspectateur voit apparaître pour les chaînes qui ont changé de canal, le message « pas de signal » ou « no signal » en lieu et place de son programme habituel.
Avec le passage à la télé tout numérique, les canaux de certaines chaînes changent. Pour retrouver toutes les chaînes de la TNT il faudra donc effectuer une recherche et mémorisation des chaînes.
Michel Boyon : "La TNT est une réussite"
Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon sont les deux dernières régions à passer au tout numérique. Êtes-vous satisfait de l'organisation de ce basculement en France ?
Michel Boyon, président du Conseil supérieur de l'audiovisuel - Oui, le passage à la télévision entièrement numérique a été très bien maîtrisé. Ce n'était pas évident. Lors de la première expérience, il y a 3 ans, nous étions encore dans l'expectative. Mais, d'une région à l'autre, le processus s'est de mieux en mieux déroulé. On a constaté une très forte mobilisation de tous : les élus, les associations, les services des collectivités locales ; et partout France télé numérique a joué un rôle très efficace dans l'information et l'accompagnement du public. Sur les plans technique aussi bien que social et humain, j'affirme que le passage au tout numérique est vraiment une réussite.
Depuis 2005, la TNT a trouvé sa place dans le paysage audiovisuel français. Le CSA vient de lancer un appel à candidatures pour six nouvelles chaînes. Quels vont être les critères de sélections des différents candidats ? Les groupes qui étaient bénéficiaires des chaînes bonus seront-ils, d'une certaine façon, privilégiés ?
Les critères sont fixés par la loi. Le CSA doit s'assurer de la viabilité économique du projet, du respect des règles concernant la limitation des concentrations, notamment le nombre maximal de chaînes qu'un même groupe peut avoir sur la TNT. Et il y a bien sûr l'intérêt du projet : qu'apporte-il de nouveau au téléspectateur ? Le CSA y sera attentif ; il ne crée pas des chaînes pour se faire plaisir, il exige qu'elles fournissent un plus par rapport à l'offre actuelle.
Les dossiers de candidatures seront déposés pour le 10 janvier. Il est assez probable que nous aurons pas mal de candidats, mais aucun ne part avec un avantage par rapport aux autres. Tous seront placés sur un strict pied d'égalité. La procédure est transparente, avec des auditions publiques. Et le CSA choisira selon des critères totalement objectifs. Le lancement de ces nouvelles chaînes pourra se faire au début de l'automne 2012.
Dans le rapport sur l'évolution de la TNT que vous avez remis au Premier ministre en septembre, vous préconisiez un changement de norme de diffusion pour un passage au DVB-T2, ce qui aurait obligé les Français à changer la totalité de leur équipement. François Fillon n'a pas souhaité que cette norme du futur soit adoptée dans l'immédiat. Quel va être le calendrier ?
En deux mois, j'ai rencontré plus de cent personnalités et organismes : j'ai constaté un large consensus sur le fait que le changement de norme est un impératif. J'ai analysé le pour et le contre d'une application immédiate à toutes les chaînes nouvelles, formule qui avait ma préférence. Le gouvernement a tenu compte du nombre des foyers qui se sont équipés récemment pour accéder à la TNT en changeant de récepteur ou d'antenne, en achetant un adaptateur. Mais l'objectif clairement affiché est le passage à cette nouvelle norme qui est celle de l'avenir. Les textes nécessaires seront prochainement pris.
2012 est l'année de la présidentielle. Vous avez récemment mis en demeure les chaînes de télévision et des stations de radio de respecter sous peine de sanction les temps de parole. Craignez-vous d'autres dérapages ?
Je ne crains pas de nouveaux dérapages. Si nous avons décidé ces mises en demeure, c'est précisément pour éviter que les débordements ne se reproduisent. Les chaînes concernées vont être très vigilantes sur le respect du pluralisme politique. Le CSA a tenu à marquer très fermement les choses quand il a constaté des résultats extravagants par rapport aux règles. Nous étions d'autant plus choqués que, début juillet, nous avions mis en garde les rédactions à propos de la primaire socialiste en leur disant qu'elle pouvait occasionner des infractions aux règles sur les temps de parole. Malgré cela, certaines chaînes n'ont pas pris les mesures correctives avant la fin septembre. Nous leur avons rappelé les règles, car elles s'exposent à des sanctions en cas de récidive.
"Il faut réguler la télé connectée à internet"
Depuis plusieurs années, le CSA souhaite pouvoir réguler certains contenus sur internet. Pourquoi, et est-ce toujours d'actualité ?Cette question est de plus en plus d'actualité à cause de la télévision connectée, qui permet de recevoir sur le même écran tantôt des images de la télévision classique, tantôt des images provenant d'internet. Le phénomène n'est pas nouveau : sur un ordinateur, sur un téléphone mobile, sur une tablette, vous pouvez aujourd'hui recevoir ces différentes images. Mais que toutes puissent arriver sur le téléviseur familial change beaucoup les choses. On ne sait pas encore très bien comment les Français vont réagir face à la télévision connectée : actuellement un téléviseur vendu sur quatre est connectable à internet ; mais il faut qu'il soit effectivement connecté et que les gens prennent l'habitude de l'utiliser à cette fin. Il est difficile de dire à quelle date le mouvement prendra de l'ampleur, mais ma conviction est que la télévision connectée occupera une place grandissante. La question est de savoir si on peut durablement laisser venir sur le même écran des images classiques régulées par le CSA et des images d'internet qui ne sont pas régulées. Cela pose des problèmes pour la protection de l'enfance ; pour la lutte contre le racisme, l'antisémitisme, les discriminations ; pour le respect de la dignité de la personne. Comment faire pour introduire un minimum de régulation sur les images qui viennent d'internet ? Cette régulation sera différente, plus souple, plus simple, et elle fera très largement appel à l'autorégulation des professionnels. J'ai soulevé ce problème très régulièrement, les autorités françaises l'ont évoqué en mai dernier à l'e-G8. Je sens que les opinions publiques commencent à bouger en Europe. C'est un sujet difficile à cause de la mondialité d'internet. Il faut trouver les bons instruments juridiques et techniques. Mais on n'a pas le droit de rester inerte. Le CSA est la seule institution à avoir une expérience du suivi des contenus ; ce ne serait pas illégitime qu'on lui confie cette mission.
"Téléréalité : on a besoin de règles"
Le CSA est déjà intervenu dans le passé. Par exemple, Il a imposé dans les émissions de téléréalité où les candidats sont « enfermés » un espace sans caméra où ils puissent être tranquilles : c'est la « salle CSA ». Après un dialogue sérieux avec les professionnels, nous avons pensé qu'il fallait aller plus loin. Pas en édictant des règles, mais en formulant des recommandations, des principes dont tous pourraient s'inspirer. Par exemple, avoir un suivi psychologique beaucoup plus important à l'égard des candidats, non seulement pendant les émissions, mais au moment de la sélection et après les épreuves pendant plusieurs mois. Nous demandons qu'on s'abstienne de sélectionner des personnes paraissant fragiles. Nous avons rappelé aux chaînes et aux producteurs qu'il fallait être attentif au respect de la dignité de la personne.
7 nov. 2011
La télé fait sa mue en Midi-Pyrénées
La nuit prochaine, la diffusion analogique va être arrêtée au profit d'une diffusion numérique. Derrière cette révolution, un vrai défi technique pour Midi-Pyrénées, qui doit mettre en service 252 émetteurs. Le 29 novembre, ce sera au tour du Languedoc-Roussillon.
Il ne reste plus que quelques heures avant que Midi-Pyrénées n'enterre la diffusion analogique de la télévision par voie hertzienne au profit d'une diffusion tout numérique. À l'exception de la région de Castres, qui basculera le 29 novembre prochain (comme le Languedoc-Roussillon), les huit départements de la région, mais également des zones de quatre départements limitrophes - les Landes, les Pyrénées-Atlantiques, le Lot-et-Garonne et le Cantal - vont entamer leur mue cette nuit de lundi à mardi… et peut-être aussi dans les deux jours qui suivent. Car Midi-Pyrénées a ceci de particulier qu'elle dispose d'un nombre record d'émetteurs : 252 précisément dont 50 gérés par les collectivités locales. « Le basculement va s'étaler entre mardi, mercredi et jeudi », indique à La Dépêche, Louis de Broissia, président de France télé numérique (FTN), le groupement d'intérêt public (GIP) chargé du basculement au tout numérique et qui regroupe l'État et les chaînes historiques.
Très concrètement ce soir « à minuit, tous les émetteurs terrestres diffusant la télévision en mode analogique et en mode numérique seront éteints. Les émetteurs analogiques s'arrêteront définitivement. Les émetteurs numériques seront temporairement arrêtés, le temps d'effectuer les travaux nécessaires pour ajuster les puissances et les fréquences de diffusion. Ils seront rallumés progressivement », indique FTN, qui installe un QG à Toulouse pour suivre toutes ces opérations.
Une nuit sans télévision
« À partir de lundi minuit, il n'y aura plus de signal de télévision hertzien terrestre : les foyers qui captent la télévision par l'antenne râteau ne recevront plus la télévision jusqu'au rallumage de leur émetteur. L'interruption de la diffusion du signal numérique permettra aux équipes techniques des opérateurs de diffusion (TDF, Itas Tim, OneCast, Towercast), qui interviendront sur les 4 émetteurs principaux (Tarascon-sur-Ariège Touassomalo, Millau Lévézou, Aurillac Labastide-du-Haut-Mont, Toulouse Pic du Midi) et sur les 198 émetteurs secondaires gérés par les chaînes, d'ajuster les puissances de diffusion et de mettre en place le nouveau plan de fréquences défini par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) », explique FTN.
Les 4 émetteurs principaux seront rallumés dès demain. Ainsi avant mardi 10 heures, 81,1 % de la population recevra à nouveau la télévision. Au final, la couverture atteindra 95,2 %.
"En Midi-Pyrénées, le tout numérique est un chantier record"
Le passage de Midi-Pyrénées à la diffusion tout numérique a lieu cette nuit. C'est l'une des dernières régions à basculer. Quel bilan tirez-vous de ce grand chantier ? Quelle en a été la principale difficulté ?
Louis de Broissia, président de France télé numérique. - Le chantier Midi-Pyrénées est peut-être le plus important du passage de la France par plaques régionales à la télé numérique. En population, c'est moins que l'Ile-de-France, mais il y a huit départements et le passage du nombre d'émetteurs impacte quatre autres départements (les Landes, les Pyrénées-Atlantiques, le Lot-et-Garonne et le Cantal). Midi-Pyrénées compte des émetteurs principaux qui sont très puissants, comme celui du Pic du Midi. Ensuite, le nombre d'émetteurs qui vont être mis en service - 252 dont 50 pris en compte par les collectivités locales - est la plus importante installation qu'on n'ait jamais faite en France. Le nombre d'émetteurs est tel que le passage ne se passera pas en deux heures le 8 novembre. Ce n'est pas possible de faire tout d'un coup ; cela va s'étaler sur le 8, le 9 et le 10 novembre. Midi-Pyrénées est un chantier record, un des plus lourds à préparer.
La difficulté plus classique est de préparer les téléspectateurs aux nécessités de faire quelque chose, avant le jour du passage et après.
Les équipes de France télé numérique ont eu un rôle important d'information et d'accompagnement des Français et particulièrement auprès des personnes âgées.
Oui. Au début on peut penser que le mot numérique, elles ne le comprennent pas. Mais ce n'est pas parce qu'on a 70 ou 80 ans qu'on n'est pas capable de comprendre. Les Français ont bien compris qu'il faudra faire une nouvelle recherche et mémorisation des chaînes après le passage au tout numérique pour bénéficier de 19 chaînes (et TLT pour Toulouse). En Midi-Pyrénées, il y a 350 étudiants qui vont faire des visites à domicile sur rendez-vous, et 2 300 bénévoles ont été formés sur l'ensemble des départements. Par ailleurs, en Midi-Pyrénées, on estime que 4 000 foyers étaient couverts correctement et ils vont perdre cette réception. On leur doit une aide financière de 250€. Comme à ceux qui ne paient pas l'ex-redevance : on leur doit le changement d'antenne et l'adaptateur.
Après le passage au tout numérique, quelle sera la prochaine révolution pour la télé ?
De façon très claire l'arrivée de la HD est l'évolution normale déjà engagée. Cela va prendre 4 ou 5 ans. Quand tout sera en haute définition, il y aura effectivement ensuite la télévision connectée à laquelle tous les médias s'intéressent et qui apportera beaucoup d'avantages. Par exemple, vous interrompez votre programme, vous pouvez le reprendre là où il était. Vous voulez savoir, dans le match de rugby qui se déroule, quel est le palmarès du capitaine qui est en train de marquer un superbe essai, tout son palmarès est disponible. La télé connectée est une télévision de rattrapage permanent, c'est une télévision détemporalisée ; c'est le vrai décloisonnement de la télévision. Ce que la presse a vécu avec internet, la télévision va le vivre de façon définitive.
Quel avenir pour France télé numérique ?
Nous avions une mission éphémère : que 100 % des téléspectateurs passent à la télé numérique sans souffrir. La coopération avec les élus et la presse quotidienne régionale, notamment, a été déterminante. Nous allons nous arrêter. Certains imaginent de faire l'accompagnement des Français vers le très haut débit internet. L'Association nationale des élus de montagne (Anem) a déjà fait savoir que c'était une démarche qui l'intéresserait pour qu'il n'y ait pas de fracture. Demain, tous les habitants de Midi-Pyrénées vont avoir la télévision numérique ; maintenant, il va falloir faire une pédagogie pour expliquer comment on va s'en servir. Comme la TNT pour tous, le haut débit doit être pour tous. C'est d'ailleurs le sens d'une directive européenne qui dit qu'en 2020, chaque habitant doit avoir 30 Mbits de débit.
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