gafam

Guerre d’information et d’influence au Sahel pour Facebook, prise de position de Twitter contre les messages de désinformation sur les vaccins, la place prépondérante qu’occupent les géants numériques dans les économies occidentales ne se calcule plus simplement en parts de marché.

Les GAFAM (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) jouent désormais un rôle central dans notre espace public – rôle qui confère à ces géants une influence qui dépasse celle des grandes entreprises classiques.

Ces dernières sont donc sous le radar des États qui n’hésitent pas à brandir la menace du démantèlement, comme dans le cas de Google ou de Facebook, face à des activités de plus en plus complexes à encadrer.

Un rôle dans l’espace législatif

La centralité de ces GAFAM pose en effet trois dilemmes que les régulateurs ont du mal à surmonter à l’heure actuelle.

D’abord, la nature de leur activité pourrait rendre obsolète l’arsenal à la disposition des régulateurs qui chercheraient à mieux encadrer leur activité.

Ensuite, quand bien même les régulateurs parviendraient-ils à encadrer l’activité des GAFAM, sauraient-ils le faire et pourraient-ils le faire sans réduire l’efficacité de ces entreprises ?

Car ce sont bien les effets d’échelle des GAFAM qui placent ces entreprises en position dominante. Mais contrairement aux entreprises leaders du passé, cette position dominante ne se traduit pas forcément par une hausse des prix, indicateur habituellement utilisé pour mesurer l’intérêt du consommateur qui, lui aussi, bénéficie de cette efficacité. C’est d’ailleurs le principal argument avancé par ces mêmes géants devant la puissance publique américaine.

Enfin (et corollaire du précédent dilemme), ces géants du numérique pourraient présenter un risque systémique pour les économies européennes et américaines. En s’appuyant sur les nouvelles technologies, afin de le rendre le plus efficace possible.

Une multitude de fournisseurs et de consommateurs en dépendent par conséquent : près de 500 000 PME américaines dépendent d’Amazon aux États-Unis. La question du risque systémique que présentent ces géants est ainsi posée : sont-il devenus « trop grands pour faire faillite » (« too big to fail ») ?

Ces trois dilemmes expliquent pourquoi la relation entre GAFAM et États s’avère souvent compliquée : les règles du jeu manquent parfois de clarté et l’objectif même du régulateur s’en trouve parfois faussé.

C’est peut-être pourquoi, en matière de régulation, Américains et Européens ont fait des choix radicalement différents.

En Amérique, la menace de démantèlement

Les autorités judiciaires américaines se sont souvent focalisées sur la taille des entreprises en question et sur leur capacité à limiter la concurrence sur les marchés.

Le pays a mis en place un dispositif conçu pour garantir le maintien de la concurrence dès la fin du XIXe, avec le Sherman Act de 1890, et au début du XXe siècle, avec le Clayton Act et la Federal Trade Commission Act de 1914.

Ce dispositif de lois « antitrust » constitue encore à ce jour le cadre légal dans lequel la loi de la concurrence s’exerce aux États-Unis.

Il vise notamment à interdire toutes les pratiques de concentration qui viseraient à restreindre l’activité économique, à bannir les pratiques de concurrence déloyale et à restreindre l’influence des entreprises qui pourraient occuper une place prépondérante dans le marché.

Dans le cadre de ce dispositif, la menace qui a souvent plané sur les entreprises visées par les plaintes des autorités de la régulation américaine est celle d’un démantèlement.

L’exemple historique le plus connu est sans doute celui de Standard Oil, ou alors, celui, plus récent, de Microsoft (qui l’aura finalement évité).

Au cœur de cette approche réside l’idée qu’une entreprise dominante doit être démantelée afin que les nouvelles entreprises qui en naissent puissent se faire concurrence entre elles. C’est la première condition nécessaire à l’existence d’une concurrence dite « pure et parfaite » : celle de l’atomicité du marché qui garantit qu’aucune entreprise ne soit assez prépondérante pour avoir une quelconque influence sur les prix.

Mais l’approche comporte un inconvénient majeur : il suppose que la puissance publique devienne acteur d’un marché qu’elle prétend réguler – et peut se trouver ainsi juge et partie en démantelant une entreprise et en influençant, volontairement ou non, les motivations des autres acteurs, actuels ou futurs, du marché. L’un des dirigeants de Microsoft le soulignera lors du procès de 1999 : comment justifier le démantèlement d’une entreprise qui proposait des outils populaires et influents et qui avait pris toutes les bonnes décisions stratégiques ?

Contrairement à Standard Oil d’ailleurs, qui s’était développé grâce au rachat de concurrents, Microsoft avait d’ailleurs choisi la piste de la croissance organique, reposant sur le développement de ses activités. D’autres rajouteront également que le recul historique nous laisse penser que la décision de démanteler Microsoft aurait aussi pu profondément peser sur les décisions de jeunes entrepreneurs comme Elon Musk et Mark Zuckerberg.

À l’heure où le Département de la Justice américaine prépare son offensive contre deux autres géants, Google et Facebook, le même débat pourrait se poser. La position dominante de Google est plus facile à mesurer, mais comment démanteler une entreprise dominante sans biaiser les dynamiques de marché ?

Europe : entre amende et régulation du business-model ?

Le traité européen de 1957 interdit à deux entreprises privées (ou plus) de chercher à restreindre l’activité économique ou à contrôler les prix.

Le traité limite ainsi les possibilités de fusions et d’acquisitions, réservant à la Commission européenne un droit de veto en la matière. La Commission européenne dispose également d’un pouvoir d’investigation. Elle peut ainsi infliger des amendes à des entreprises qui auraient violé les règles de concurrence ou pour punir l’abus de position dominante d’une entreprise.

Ainsi, Google, mais aussi Microsoft et le fabricant de microprocesseurs Intel, ont dû payer des amendes souvent impressionnantes après avoir été accusés d’avoir profité de leur position dominante, d’avoir empêché la concurrence de se développer et d’avoir ainsi protéger, de manière artificielle et contre l’intérêt du consommateur, leur place de leader.

Mais ces amendes représentent une part tout à fait négligeable du chiffre d’affaires de ces géants du web : à titre d’exemple, en 2018, l’amende de 4,3 milliards d’euros qu’a infligée la Commission à Google représente moins de 4 % de son chiffre d’affaire, soit une perte que le géant a pu combler en moins de deux semaines.

Le règlement général sur la protection des données (RGPD) que l’Union européenne a mis en place en mai 2018 peut potentiellement changer la donne.

Il oblige les géants du numérique à obtenir le consentement de l’utilisateur pour recueillir ses données privées. Les entreprises qui veulent pénétrer le marché européen doivent s’y conformer.

L’État de Californie, qui abrite la Silicon Valley, a adopté un standard très proche.

De même, l’Australie et le Japon ont adopté des réglementations similaires, Tokyo et Bruxelles trouvant même une opportunité de coopérer sur le terrain de la protection des données. Le règlement s’impose ainsi de plus en plus comme un standard international qui pourrait ainsi forcer une transformation partielle des business-model de ces géants américains (et un jour chinois) qui ne peuvent se priver de ces marchés. Il faut cependant noter que le dispositif actuel n’est pas encore en mesure de pleinement imposer cette transformation et exigera des mises à jour à venir.

Rendre les marchés « contestables »

Développée par l’économiste William Baumol, puis formalisée par les prix « Nobel » d’Économie Eric Maskin et Jean Tirole en 1990 puis en 1992, l’idée des marchés contestables suggère que l’on peut forcer une entreprise dominante à se comporter comme si elle faisait face à une véritable concurrence, en laissant planer l’ombre d’une possible émergence de concurrents demain.

Dans la mesure où l’entreprise craindrait la concurrence demain, sa capacité et sa volonté d’augmenter ses prix ou de se comporter de manière abusive vis-à-vis des autres parties prenantes du marché seraient ainsi limitées. Le marché contestable exige une absence de barrière à l’entrée et de barrière à la sortie (qui ne serait qu’une barrière à l’entrée déguisée) – et donc l’existence d’une entreprise qui pourrait venir défier le leader dominant.

En théorie, l’absence de barrières et l’existence de ce challengeur potentiel constitueraient une pression suffisante pour pousser le leader du marché à se comporter comme s’il était sur un marché autrement plus concurrentiel.

Rendre le marché des GAFAM « contestable » constitue ainsi une alternative intéressante tant elle pourrait réduire l’empreinte de la puissance publique dans les dynamiques de marché : faire en sorte que les marchés de ces géants deviennent contestables en les ouvrant le plus possible à des concurrents de l’extérieur en réduisant les barrières à l’entrée. Dans cette configuration, la puissance publique ne serait pas celle qui choisirait les vainqueurs et les perdants de par son action. Elle ne ferait qu’assurer le bon fonctionnement du marché qui déciderait de l’issue des dynamiques concurrentielles.

L’ombre de la Chine

La création de marchés contestables fait l’objet de débat tant la mise en pratique peut s’avérer problématique compte tenu de l’importance des écosystèmes numériques, qui limite la possibilité de passer d’un fournisseur numérique à un autre, et des effets de réseau.

Il faut aussi noter que dans le contexte actuel dans lequel le protectionnisme pourrait devenir l’outil de préférence des puissances publiques, non seulement sur le plan du commerce international mais aussi sur le plan du contrôle des entreprises numériques, comme le montre l’exemple de TikTok, ouvrir le marché à la concurrence n’est pas l’option que favorisent les États à l’heure actuelle.

Pourtant, l’idée n’est pas sans valeur, car elle pose deux questions fondamentales sur l’absence de concurrence dont jouissent les GAFAM pour le bon fonctionnement de l’économie numérique de demain.

En effet, l’incapacité des pays européens à produire leurs propres géants du numérique devient pesante dans ce contexte. Cette absence de concurrence, qui aurait pu réduire de manière considérable la centralité des GAFAM, pèse énormément dans les réglementations telles qu’elles sont établies aujourd’hui.

Les autres candidats pourraient venir de la Chine et de ses BATX (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi). Les réserves qu’éprouvent tant les opinions publiques que les pouvoirs publics à l’égard de Pékin empêchent cependant les BATX de jouer ce rôle à l’heure actuelle. Leur transformation et leur respect du droit européen, et plus généralement des réglementations occidentales, confèreraient à ces géants un rôle fondamental demain.The Conversation

Jeremy Ghez, Professor of Economics and International Affairs, HEC Paris Business School Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

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Par Marie-Claude Chazot, DRH Sage Europe du Sud

Une idée reçue semble persister au sein des entreprises : la digitalisation serait avant tout une affaire d’outils. Cette façon de penser élude une question, pourtant centrale : quelles sont les personnes qui apprivoisent ces outils ? En effet, sans l’investissement des collaborateurs, aucune transformation numérique ne peut se réaliser

Soutenus par la direction, les services des ressources humaines sont les premiers bâtisseurs de la culture d’innovation de l’entreprise. Quels sont les points indispensables pour l’ancrer durablement et obtenir l’engagement tous les collaborateurs ?

L’espace de liberté du collaborateur au service de l’innovation

Lors d’une récente table ronde organisée par Sage (Sage #DéfisPME - Transformation de la société : comment les métiers RH s’adaptent pour répondre aux nouveaux enjeux des PME)  sur le sujet, le sociologue Stéphane Hugon expliquait qu’il existait une condition essentielle pour la digitalisation fluide d’une entreprise : il faut que les collaborateurs puissent proposer des modifications qui touchent à la structure de cette dernière. En effet, le degré de liberté que peut prendre le collaborateur pour proposer l’adoption de nouveaux process est directement lié aux innovations qui peuvent en découler. Les innovations ne sont pas que technologiques, elles concernent avant tout des usages et des comportements.

Cette culture de l’innovation est mise en pratique quotidiennement au sein des équipes RH. Elle touche les process et modes de travail au cœur de l’entreprise qui peut dès lors être qualifié de laboratoire. Les RH veillent à créer et faire évoluer cette culture d’entreprise, propice à l’adoption de nouvelles technologies, et par conséquent à accompagner les différentes équipes et leurs managers. Le maintien de la cohérence entre le discours de l’entreprise et la réalité de la culture qui y règne est également primordial. Il permet aux collaborateurs de disposer d’un espace de liberté et d’évoluer dans une ambiance bienveillante. Lorsque ces conditions sont réunies, ils se sentent généralement assez à l’aise pour « innover » aussi bien dans les pratiques que dans les propositions et l’adoption de nouveaux outils digitaux.

Le DRH, garant de la culture de l’entreprise

Les outils sont non seulement au service de la performance de l’entreprise mais aussi du lien social qui existe entre les collaborateurs. En créant et maintenant une culture du digital au sein de l’entreprise, le DRH devient le garant de la qualité relationnelle des échanges. En effet, quels que soient les chocs et les bouleversements auxquels doivent faire face les entreprises, les DRH et leurs équipes restent présents pour continuer, avec une résilience certaine, à assurer leur mission. Si cet objectif est assez intangible et difficilement mesurable, il peut néanmoins directement impacter les résultats des collaborateurs qui n’auraient pas adopté une posture de partenaire du changement.

Pour certaines organisations, la mise en place soudaine du télétravail généralisé a permis aux services des ressources humaines de sonder les équipes pour s’informer de l’état d’esprit des collaborateurs et s’assurer du suivi de leur évolution en parallèle du contexte sanitaire. Ils devaient également s’assurer de préserver les relations sociales et les temps de partages déjà existants, même lorsque ceux-ci adoptent désormais de nouvelles formes. Au moment de l’année où les échanges en présentiel ont été rendus impossibles, les RH ont dû redoubler d’efforts et faire preuve de créativité pour apporter aux collaborateurs, qu’ils soient employés ou cadres, le soutien et les informations nécessaires à la poursuite de l’activité. Ce faisant, il était essentiel de toujours être en accord avec la culture de l’entreprise, quels que soient les nouveaux outils à prendre en main pour poursuivre le travail.

L’année 2020 aura sans aucun doute permis aux entreprises de mesurer l’importance des équipes RH. Si globalement la situation a permis à la majorité des entreprises de grandement accélérer en termes de transformation digitale, il faut garder en tête que cette transition n’est pas achevée et qu’elle se fera par petites touches dans le futur. Le constat jouant, les équipes dirigeantes et opérationnelles ont dû adopter rapidement une culture du digital, par crainte de disparaître en cas de résistance au changement. Reste à espérer que l’année 2021 permettra de garder cette dynamique, mais cette fois parce que les équipes accueilleront l’idée de digitalisation avec un esprit ouvert et positif eu égard aux opportunités d’innovations qu’elle induit.

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Par Christian Viguié, président-directeur général de Delta Drone

La proposition de loi relative à la sécurité globale examinée par le gouvernement fin novembre 2020 entend fournir un cadre à l’utilisation des drones pour des situations de surveillance. Si celle-ci n’est pas nouvelle, elle restait jusqu’alors marginale et n’était régie par aucune règle particulière en dehors de celles applicables aux aéronefs civils. Surtout, elle ne définissait pas quel type de drone utiliser, au risque d’une utilisation inadéquate d’engins conçus à l’origine pour les activités de loisir, et/ou provenant de fabricants, asiatiques pour la plupart, suspects de ne pas assurer un strict contrôle de la confidentialité des données captées.

Le développement de l’utilisation des drones dans la surveillance est inéluctable. En effet, ils offrent des possibilités inédites et multiples pour renforcer la sécurité et la sûreté, publique ou privée.

Afin de pallier les éventuels débordements, plusieurs dispositions sont désormais prévues pour fournir un cadre légal répondant aux questions de respect de la vie privée. Cependant, il semble tout autant nécessaire d’enfin définir strictement les types de drones accrédités pour assurer les missions de surveillance, en tenant compte par ailleurs des impératifs de sûreté nationale.

Le « système de drone » est une technologie mobile qui permet « vu de dessus » une surveillance à 360° et continue, et qui ne souffre d’aucune interruption liée à l’activité humaine (congés, arrêts maladies…). La captation, l’enregistrement et la transmission d’images sont permis dans divers cas de figure dont la sécurité des rassemblements de personnes sur la voie publique ou dans des lieux publics (manifestations), la prévention d’actes de terrorisme, la surveillance des littoraux et des zones frontalières ou encore le constat des infractions et la poursuite de leurs auteurs par la collecte de preuve.

Pourquoi parler de « système de drone » et non pas simplement de « drone » ? Le « drone » en lui-même est un simple porteur de charges, constitué de pièces mécaniques, d’une batterie et d’un autopilote lui permettant de naviguer et d’évoluer dans l’espace, qui a la capacité de voler de manière autonome, sans personne à bord.

Il intègre deux types de charges : des composants électroniques et des supports d’applications logicielles de haute technologie (disques durs) qui vont lui permettre de se diriger, de communiquer avec le sol, d’analyser en temps réel des données, de les stocker et les transmettre. Des charges utiles, enfin, qui sont des capteurs de diverse nature : optique, infrarouge, thermique, etc.

Deux facteurs essentiels

On comprend donc aisément que le point crucial d’une utilisation d’un système de drone respectueuse des règles de vie privée et de la préservation du droit individuel de droit à l’image dépend de deux facteurs essentiels.

Le premier est que les données (images) captées, voire enregistrées par les systèmes de drone doivent pouvoir être consultées uniquement par des personnes appartenant à des structures qualifiées, services de Police et de Gendarmerie, personnels assermentés.

Le second réside dans la faculté à tout moment, sur simple requête, de pouvoir accéder aux codes sources des composants électroniques et des logiciels, afin de s’assurer de leur parfaite cohérence avec les missions à réaliser, de manière également à intégrer des fonctions additionnelles relevant de l’Intelligence artificielle (IA) telles que la reconnaissance de formes, le floutage, etc.

En amont, le concepteur du système de drone doit s’assurer que les produits qu’il propose sont conformes aux exigences de l’autorité aérienne civile, en réalité de chaque autorité dans chacun des pays où le système sera opéré. Il doit également être en mesure de prouver que son équipement est en capacité de fonctionner en « mode dégradé » afin de prévenir tout incident : c’est ce que l’on appelle la « sécurité embarquée ». Une attention toute particulière doit être apportée à ce type d’usage afin de s'assurer que le drone peut, en cas d’incident, atterrir sans dommage pour autrui.

Il lui incombe enfin la charge de vérifier l’exemplarité de la structure qui utilise son matériel en sélectionnant ses clients avec soin, et ne pas mettre cette technologie entre les mains de n’importe qui ! En effet, le drone peut comme de nombreux appareils, s’il se retrouve entre de « mauvaises mains », être utilisé à mauvais escient. Les entreprises de drones doivent donc être en capacité de qualifier leur clientèle au maximum, mais également de former les futurs utilisateurs à l’utilisation responsable de ces technologies.

Très récemment, les autorités américaines ont décidé de bannir de leur territoire les drones DJI, de manière très générale au-delà des seules applications dans le secteur de la surveillance et de la sécurité. Le creuset de cette décision, au fond, se trouve dans l’impossibilité de déverrouiller et d’accéder aux codes sources des équipements électroniques et informatiques embarqués, ce qui est du reste une constante dans tous les composants chinois, entraînant inexorablement une légitime suspicion.

Dès lors, quelle est la politique à suivre pour les acteurs du drone, face à cette évolution majeure issue d’un pays qui souvent « donne le ton » en prélude à des décisions internationales ? Il est difficile de répondre de manière catégorique, tant les stratégies peuvent être différentes.

Ainsi, en ne retenant que l’exemple de deux sociétés françaises cotées à la bourse de Paris, dont les informations sont publiques, le positionnement est diamétralement opposé : Delta Drone a fait le pari de systèmes entièrement conçus, fabriqués et assemblés en France (hormis quelques éléments non critiques tels que les moteurs). A l’inverse, Drone Volt indique dans son dernier Document Universel d’Enregistrement que 90% des composants de ses drones proviennent de Chine.

Le drone est une technologie d’avenir qui se heurte à bon nombre de problèmes liés aux libertés publiques et à la sécurité, pas seulement en tant que secteur d’activité. Aussi est-il essentiel de rappeler que le drone est avant tout un outil, dont le bon usage dépend totalement de son utilisateur. Si l’utilisation d’un drone de surveillance permet d’assurer la protection et la sécurité des individus dans de nombreuses circonstances tout en offrant rapidité de mise en œuvre et maniabilité, la réglementation doit évoluer et se concentrer sur sa bonne utilisation et sur la définition de systèmes accrédités.

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Par Daniel Benchimol, président d’honneur de Digital 113, le cluster numérique d’Occitanie, et président d’ALSO

De nombreuses entreprises ont des problèmes de cash liés à la pandémie et à l'arrêt de leur activité. Il est difficile de stopper net son activité du jour au lendemain ; tout au moins, il est facile de ne plus vendre, de ne plus faire de chiffre d'affaires, cela peut s'arrêter instantanément. Par contre, on ne peut pas faire un arrêt sur image pour les charges de l'Entreprise. Même si les salariés peuvent être mis en chômage partiel, il y a toutes les charges fixes qui courent : coût du stock, loyers commerciaux, leasing, intérêts financiers, locations de véhicules etc...

Les mêmes qui vous ont obligé à zéro chiffre d'affaires, les mêmes continuent à vous envoyer tous les impôts et autres taxes...

Alors, le Prêt garanti par l'Etat (PGE) est arrivé comme la panacée et effectivement l'Etat garantit 90% d'un prêt pouvant aller jusqu'à 3 mois de chiffre d'affaires pour les PME et 2 ans de masse salariale pour les startups. Plus de 97% des Entreprises qui ont demandé un PGE en ont obtenu un. Un effet d'aubaine indéniable pour la survie des entreprises et notamment des startups qui ont pour la plupart retardé leur BP de 1 ou 2 ans avec l'absence de visibilité. Pire encore, celles qui étaient en levée de fonds se sont retrouvées en standby dans leur process et dans certains cas, cet arrêt a été létal.

Mais il ne faut pas oublier qu'un prêt, ça se rembourse. Je ne connais encore aucune entreprise qui le remboursera au bout d'un an ; elles prendront toutes l'option 5/6 ans avec des taux dont l'Etat dit qu'ils seront plafonnés. Dans la vraie vie, normale, un prêt pour une Entreprise est fait pour créer de la valeur par de l'investissement productif (en machines, en hommes, en process, etc..) ; cette valeur servant elle-même à rembourser ledit prêt. Là, il s'agit d'un prêt à blanc, car l'Entreprise est en veille. Ce prêt permet de la laisser en veille et lui évite d'aller à la casse. Mais pendant ce mode veille, elle ne produit que très peu de valeur. Ce qui fait que pour rembourser le prêt, à la reprise, il faudra qu'elle crée des survaleurs. Or, il est certain que peu d'entre elles pourront le faire. Autrement dit, on diffère la casse.

Il n'y a pas beaucoup d'autres solutions que l'augmentation des fonds propres pour les entreprises exsangues mais là c'est un autre vaste sujet.

De plus, on n'évalue pas encore l'impact négatif qui aura été causé par le télétravail. Au 1er confinement, on a cru qu'on avait trouvé le bonheur au travail en télétravaillant depuis chez soi. Déjà, au 2ème confinement, un certain nombre d'Entreprises, ont revu leur position sur le télétravail, y compris chez les jeunes générations. On a peut-être un peu vite oublié que l'Entreprise est un sport d'équipe où les relations humaines sont fondamentales. A-t-on vu des joueurs de rugby s'entrainer chacun dans son coin en télétravail ? Pendant 40 ans, on a considéré l'Entreprise comme un être social vivant. Il y a eu la mode des ‘projets d'Entreprise' qui décrivaient où l'Entreprise voulait aller et comment ; ensuite on a décliné les ‘valeurs de l'Entreprise' où l'humain prenait la position centrale ; après, on a développé les ‘fondamentaux de l'Entreprise' où là, c'était la raison d'être de l'Entreprise qui était mise en avant et maintenant c'est le RSE, l'impact positif sur son environnement, impact social et sociétal de l'Entreprise1 . Tous ces courants ont un point en commun : c'est de mobiliser notre intelligence collective pour relever les challenges de demain. Or, ce n'est pas derrière son écran que nous y arriverons. Je ne pense pas que APPLE, MICROSOFT, SPACE X ou encore DASSAULT et AIRBUS seraient arrivés à leur position mondiale sans que le charisme de leur fondateur n'ait entrainé des hommes et femmes qui se sont mobilisés corps et âmes derrière eux.

Le besoin de créer du lien social dans l'Entreprise est une nécessité pour savoir pour qui et pourquoi nous travaillons et encore plus, dans la culture française où la confiance affective est un facteur déterminant de la relation professionnelle. De même, toute la communication non verbale disparait derrière une visio ; même si certaines entreprises imposent qu'on mette la caméra...

On a besoin d'un vivre ensemble professionnel évoluant au gré de l'évolution de la Société à la recherche de plus de bonheur. Mais le vivre ensemble n'est pas le vivre tout seul ! Et comme pourrait conclure Aimé JACQUET « Ce n'est pas le fait de porter le même maillot qui fait une équipe, c'est de transpirer ensemble. »

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L'armure d'Iron Man, nouvelle étape pour les militaires français? pxhereCC BY-SA

Par Elise Roumeau, Université Clermont Auvergne (UCA)

« Nous disons oui à l’armure d’Iron Man et non à l’augmentation et à la mutation génétique de Spiderman », expliquait la ministre des Armées Florence Parly à propos du soldat augmenté, annonçant la semaine passée que la France se préparait à déployer des « soldats augmentés ».

Les références à la science-fiction sont communes lorsque l’on traite d’augmentation humaine tant on trouve d’exemples dans la littérature ou le cinéma.

Pourtant, les pratiques visant à augmenter les capacités de l’homme sont sorties du cadre fictif et font aujourd’hui partie d’une réalité que l’éthique et le droit peinent parfois à appréhender.

Ici, les nouvelles technologies et techniques biomédicales ne sont pas employées pour soigner, mais pour conférer à l’homme des aptitudes qui dépassent ses capacités naturelles. Dans ce contexte, la particularité de l’activité militaire nécessite d’approfondir la réflexion relative à l’augmentation des soldats sans oublier que ces soldats sont avant tout des êtres humains.

Des interrogations spécifiques à anticiper

L’augmentation humaine a déjà fait l’objet de nombreux ouvrages, articles ou avis, surtout depuis le rapport américain Beyond Therapy en 2003.

En France, le premier rapport rendu par le Comité d’éthique de la défense le 18 septembre 2020 porte sur le soldat augmenté et souligne sa singularité. Celle-ci est liée à la principale mission des armées : sauvegarder les intérêts fondamentaux de la Nation. Si la collectivité prime sur l’individualité du soldat, avec toutes les conséquences éthiques que cela peut avoir en termes d’amélioration, les bénéfices pour la société ne doivent pas effacer les risques encourus par les soldats.

Pour faire face au durcissement des conflits et ne pas entraîner de retard de la part de l’armée française, il n’est pas possible de rejeter a priori les nouvelles opportunités technologiques. Il faut anticiper leurs utilisations, en tenant compte de l’intérêt que d’autres nations leur portent comme les États-Unis, la Chine ou encore la Russie.

Comme l’augmentation humaine plébiscitée par le mouvement transhumaniste, celle du soldat pourrait porter sur ses capacités physiques, cognitives, perceptives, psychologiques.

Les risques de cette pratique seraient, eux, exacerbés dans la sphère militaire. Malgré leur diversité, certains doivent être soulignés en ce qu’ils se heurtent à des règles de droit essentielles à la protection de la personne humaine.

L’interdiction de principe de l’augmentation non consentie

D’abord, l’augmentation humaine doit être expérimentée avant d’être couramment réalisée. L’article 7 du Pacte international des droits civils et politiques doit donc être rappelé :

« […] En particulier, il est interdit de soumettre une personne sans son libre consentement à une expérience médicale ou scientifique. »

L’expérimentation de l’augmentation humaine doit donc faire l’objet d’un consentement libre et éclairé. Ce principe, énoncé de manière générale au sein du Code de la santé publique, doit également être respecté pour les expérimentations réalisées sur les soldats.

La difficulté porte néanmoins sur le caractère libre d’un tel consentement dans le cadre militaire. Le risque ne serait-il pas que le soldat se trouve dans une situation de coercition implicite, voire explicite le conduisant à accepter l’augmentation ?

Il pourrait en effet accepter l’augmentation pour ne pas se distinguer des autres membres du groupe, ou parfois se la voir imposer. Les obligations des militaires et la restriction de certains de leurs droits doivent alors être conciliées avec cette exigence de consentement.

Différentes formes d’influences ont déjà été identifiées par le CCNE dans son avis relatif à la neuro-amélioration sur des personnes non malades.

Ce rapport rendu en 2013 traite notamment de la modification des capacités cognitives, par l’usage de substances biochimiques comme la Ritaline par exemple. L’exigence du consentement vaut également au-delà de l’étape expérimentale.

Hugh Jackman
Les super-pouvoirs du héros Wolverine (ici incarné par Hugh Jackman, statue de cire) en ont fait une cible de choix pour les expérimentations et manipulations de l’armée américaine dans la fiction des X-Men. WikimediaCC BY

L’article 16-3 du code civil prévoit en effet une double condition pour déroger au principe de respect de l’intégrité du corps humain, rappelée parmi les règles de déontologie des praticiens des armées : la nécessité médicale et le consentement de l’intéressé.

Or, si la médecine a aujourd’hui intégré quelques pratiques qui relèvent de l’anthropotechnie, l’augmentation des capacités naturelles du soldat n’a certainement pas de finalité médicale.

Si elle cause une atteinte à l’intégrité du soldat, l’augmentation devra donc bénéficier d’une solide justification.

L’analyse impérieuse des bénéfices et des risques de l’augmentation

Une telle pratique ne peut être réalisée que si le ratio bénéfice/risque est favorable. Cette exigence est par exemple rappelée au sujet des recherches impliquant la personne humaine dans le Code de la santé publique.

L’augmentation des capacités, par le recours à la technique, ne devrait être admise que si elle ne peut faire l’objet d’une alternative naturelle.

Par exemple, pour l’augmentation des capacités physiques, l’usage de moyens biochimiques ne saurait se substituer totalement à l’entraînement militaire. En outre, la singularité du soldat augmenté se situe également sur le plan de son retour dans la société civile. Le comité d’éthique de la défense prend un exemple explicite pour souligner ce qui ne doit pas être fait :

« Un militaire dont le bras amputé aurait été remplacé par une prothèse inamovible qui serait une arme, qui ne pourrait de facto pas revenir à la vie civile ».

Sans aller jusque-là, certaines modifications des fonctions psychologiques du soldat pourraient avoir des effets indésirables en dehors de l’activité militaire.

Pensons par exemple aux modifications du comportement visant à supprimer la peur ou l’empathie, comme l’envisage le philosophe Jean‑Michel Besnier dans un rapport des Écoles de Saint-Cyr Coëtquidan. D’autres risques concernent la dépendance que pourrait causer l’augmentation humaine ou l’engendrement d’un déséquilibre entre des capacités augmentées et d’autres qui ne le seraient pas.

Comment un soldat ayant connu l’augmentation s’adaptera-t-il à une vie civile non augmentée ? Présents pour tout individu augmenté, ces risques sont exacerbés s’agissant du soldat augmenté. La règle de principe doit donc être celle de la réversibilité des augmentations.

La nécessaire protection de la nature humaine du soldat

En définitive, l’augmentation du soldat présente un risque de déshumanisation, c’est-à-dire, d’altération de sa nature humaine. Si « l’état militaire exige l’esprit de sacrifice », ce sacrifice ne peut conduire à nier la dignité du soldat qui est avant tout une personne humaine : il doit être traité comme une fin et non seulement comme un moyen.

Le soldat augmenté ne saurait devenir un cyborg et être assimilé à une arme.

Armée de cyborgs
Une future armée de cyborgs pour défendre la nation ? Kahll/PixabayCC BY

Certaines augmentations sont aujourd’hui testées, d’autres sont envisagées, d’autres encore sont prohibées. Les augmentations extrinsèques tel l’usage d’un exosquelette qui ne serait qu’un accessoire, sont expérimentées.

Certaines augmentations invasives sont discutées bien qu’elles franchissent la barrière corporelle. Cela concerne par exemple les implants corporels qui permettraient la géolocalisation, les implants de caféine à libération prolongée pour masquer la fatigue, etc. L’augmentation humaine impliquant eugénisme et modifications génétiques demeure prohibée, en cohérence avec l’article 16-4 du Code civil.

Pas question donc de modifier le génome humain en recourant à l’hybridation entre espèces pour que le soldat bénéficie de la vision nocturne propre à certains animaux par exemple. Bien d’autres possibilités ne manqueront pas de voir le jour dans les prochaines années, obligeant les comités d’éthique à maintenir une vigilance accrue pour assurer la protection des soldats.


L'autrice effectue sa thèse sous la direction d’ Anne-Blandine Caire.The Conversation

Elise Roumeau, Doctorante & ATER en droit privé - Centre Michel de l'Hospital, Université Clermont Auvergne (UCA) Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

 

smartphone

Par Christoph Hebeisen, directeur Security Intelligence Research chez Lookout

Au cours de la dernière décennie, beaucoup d’adeptes des nouvelles technologies ont rêvé de voir les smartphones et les tablettes s’imposer dans divers aspects de nos vies. Ils l’ont fait de diverses manières, mais toujours de façon progressive. Tout ceci a changé en 2020 lorsque la plupart d’entre nous ont dû rester confinés à domicile. Qu’il s’agisse de la façon dont nous travaillons, allons à l’école, échangeons avec le personnel de santé, gérons nos finances, faisons nos courses et nous connectons avec nos amis et nos proches, le mobile est désormais au centre de nos vies.

En 2021, cette tendance va se poursuivre. Voici cinq prédictions sur les grandes évolutions de l’année qui vient dans l’univers de la sécurité des mobiles.

L’importance croissante de la protection de la vie privée va entrainer un changement des comportements

La plupart d’entre nous transmettent librement des données personnelles sur les réseaux sociaux et autres applications mobiles sans en comprendre pleinement les conséquences. Même lorsque des piratages ou des vols de données se produisent, nous ne savons souvent pas ce que cela veut dire concrètement pour nous.

Les initiatives visant à l’interdiction de TikTok ont déclenché un débat mondial sur les types de données que collectent les applications mobiles et la façon dont elles sont utilisées. Certaines organisations sont même allé jusqu’à bannir TikTol des terminaux mobiles de leurs employés. Les individus et les organisations pennent de plus en plus conscience que les données collectées par les applications mobiles peuvent être utilisées à des fins malveillantes. Apple a commencé à demander aux développeurs de préciser quels types de données leurs applications vont collecter et comment elles seront utilisées. Nous prévoyons que les entreprises tout comme les consommateurs vont devenir plus prudents sur le partage de leurs données personnelles.

Les menaces liées aux coronavirus vont persister

Le traçage des contacts et la protection de la vie privée ont fait la une des médias en 2020 alors que différents états à travers le monde ont testé diverses technologies pour contenir la propagation du COVID-19. Certaines personnes ont craint que les données collectées portent atteinte à leur vie privée ou soient utilisées à des fins malveillantes. Compte tenu de ces inquiétudes, la plupart des pays en Europe et en Amérique du Nord ont opté pour des méthodes préservant la vie privée, basées sur la technologie Bluetooth. Toutefois, cette décision ne signifie en aucune manière la fin des menaces de sécurité encouragées par la pandémie.

Nous prévoyons que Ia pandémie sera toujours exploitée lors de nouvelles cyber attaques en 2021, les gouvernements et les organisations dans les domaines de la santé et de la pharmacie continuant d’être ciblés. En particulier lors du démarrage des campagnes de vaccination, nous assisterons probablement à des attaques massives de phishing utilisant la pandémie et le vaccin comme des leurres pour voler des identifiants et des données personnelles.

Les malwares sur mobile vont devenir (encore plus) un vrai business

Les types de malwares déployés par des états nations, tels que les outils de surveillance destinés à espionner la minorité ethnique Ouighour en Chine, découverts par Lookout en 2020, ont tendance à mobiliser l’attention. Toutefois, le cyber crime à motivation financière devient sans bruit plus sophistiqué et insidieux, et les malwares sur mobile sont aujourd’hui utilisés par une variété d’acteurs – y compris le crime organisé.

Nous avons déjà constaté la commercialisation progressive de menaces telles que des ‘adwares’ (malwares dans les publicités), des applications générant des fraudes téléphoniques, des chevaux de troie bancaires et des ‘spywares’. En naviguant sur le Dark Web, on trouve des kits en vente libre qui permettent de déployer facilement tous ces types de malwares.

Mais une évolution est en cours. A la fin de l’année 2020, nous avons découvert une campagne de ‘spywares’ (outils de surveillance) sur mobile que nous pensons être opérée par le crime organisé. L’objectif de cette menace, que nous avons appelé Goontact, est de voler des données sur le terminal de la cible et de les utiliser pour de l’extorsion ou du chantage. Les victimes sont incitées à télécharger une application associée aux sites web illicites que les attaquants ont créé. Mais ces applications n’ont pas de fonctionnalités réelles, en dehors de l’exfiltration d’informations. Ceci est la preuve que le ‘mobile malware as a business’ change d’échelle et devient l’apanage du crime organisé.

Les ransomwares vont investir les mobiles

Les ransomwares ont dominé la une des journaux tout au long de l’année 2020. Une série d’hopitaux, d’organisations gouvernementales et d’établissements d’enseignement ont dû arrêter leur activité, leur infrastructure informatique ayant été pris en otage par des acteurs malveillants. Bien que les ransomwares n’aient jusqu’à présent joué qu’un rôle mineur sur les terminaux mobiles – en grande partie en raison de l’utilisation généralisée des sauvegardes dans le cloud et du ‘sandboxing’ des applications mobiles – nous prévoyons que les mobiles joueront un rôle lors de futures attaques de ransomware et autres sur des réseaux d’entreprise et du secteur public.

Beaucoup d’entre nous continuant de travailler à domicile, nous utilisons plus intensivement nos téléphones, nos tablettes et nos Chromebooks – à la fois à des fins personnelles et professionnelles. Avec leurs petits écrans et la multitude de leurs canaux de communication, ils sont un vecteur parfait pour des messages de phishing destinés à voler des identifiants d’accès à des ressources d’entreprise. Nous allons probablement assister à des cas confirmés de phishing sur mobile servant de point d’entrée à des cyber attaquants pour déployer des ransomwares ou d’autres malwares dans une infrastructure d’entreprise.

Les solutions traditionnelles de cyber sécurité vont devoir s’adapter

Les solutions traditionnelles de sécurité des postes de travail tels que les ordinateurs de bureau étaient intrusives et nécessitaient un accès privilégié aux systèmes d’exploitation (OS) et aux applications. Mais ces systèmes d’exploitation ressemblent de plus en plus à leurs homologues sur mobile, limitant ce que les applications, dont les solutions de sécurité, peuvent faire.

Apple a résolument entamé cette évolution en 2019 avec Catalina, lorsqu’il a supprimé la capacité des applications à utiliser des extensions kernel – limitant sévèrement les moyens d’intervention des logiciels de sécurité sur les systèmes. Plus récemment, avec l’introduction d’ordinateurs portables et de bureau exploitant sa propre puce M1, Apple apporte aux postes de travail traditionnels encore plus de fonctionnalités d’iOS et de l’iPad OS. De même, Windows 10 offre désormais le mode S, qui n’autorise que les applications installées à partir de la boutique Microsoft fonctionnant avec leurs propres ‘sandboxes’.

Les OS mobiles, comme d’autres OS modernes tels que Chrome OS, ont créé le standard des systèmes d’exploitation plus comportementalisés. D’une certaine façon, ceci rend plus difficile pour un attaquant de compromettre ces terminaux. Mais cela veut dire également que nous devons repenser la façon dont nous déployons les solutions de sécurité sur les postes de travail. Même si cela risque de prendre quelque temps pour y parvenir, le processus à déjà commencé. Il est probable que dans l’avenir les logiciels de sécurité sur les ordinateurs ressembleront beaucoup à leurs homologues sur mobile.

Pour en savoir plus sur les plus récents développements dans le domaine des malwares mobiles, consulter notre blog sur la découverte de la menace Goontact.

 

laboratoire

Par Benoit Grunemwald, expert en cybersécurité chez ESET France.

Les chercheurs ont décrit une cyberattaque potentielle qui pourrait être utilisée pour tromper des scientifique et les amener à produire des substances biologiques dangereuses, des toxines et des virus synthétiques.

L’article, rédigé par des chercheurs de l’université Ben-Gourion du Néguev en Israël, met en lumière les risques potentiels que des cyberattaquants utilisent des logiciels malveillants pour détourner l’ordinateur d’un scientifique et interférer avec le processus de synthèse de l’ADN.

« Alors que la synthèse de l’ADN se répand, on craint de plus en plus qu’une cyberattaque intervenant avec des ordres de synthèse de l’ADN puisse conduire à la synthèse d’acides nucléiques codant pour des parties d’organismes pathogènes ou des protéines et toxines nocives », souligne l’équipe au journal scientifique Nature Biotechnology.

Selon les chercheurs, l’attaque exploiterait une faiblesse dans la conception du cadre de sélection des fournisseurs d’ADN double brin synthétique et de son successeur, le protocole de sélection harmonisé v2.0, qui permet de contourner ces protocoles par une procédure d’obscurcissement générique. En combinant cela avec des mesures de cybersécurité inadéquates protégeant le pipeline du génie génétique synthétique, un acteur de menace à distance pourrait s’immiscer dans les processus biologiques.

« Ensemble, ces faiblesses facilitent une attaque cyberbiologique de bout en bout, dans laquelle un attaquant distant peut injecter de l’ADN pathogène obscurci dans un ordre en ligne de gènes synthétiques, en utilisant un plugin de navigateur malveillant », expliquent les chercheurs.

Le document de recherche démontre un scénario d’attaque potentiel qui utilise cette combinaison de faiblesses et permet à un acteur distant de duper la cible en créant une substance dangereuse sans qu’aucune interaction physique ne soit nécessaire du côté de l’attaquant.

L’attaquant devrait commencer par compromettre l’ordinateur de la cible par une attaque de type man-in-the-browser. Lorsque la marque conçoit une expérience sur l’ADN et commande en ligne de l’ADN synthétique à une société de synthèse d’ADN, l’attaquant en remplace une partie par un fragment de l’ADN pathogène qui est obscurci et séquencé en vue d’une désobfuscation ultérieure.

Comme l’ADN malveillant est obscurci, il n’est pas détecté par le processus de dépistage. La commande est livrée à la cible, et même si elle est vérifiée après le séquençage, l’inspection est effectuée à l’aide d’ordinateurs compromis, qui ne signaleront pas l’ADN. Au final, une substance nocive serait produite.

L’équipe de recherche a pu prouver la viabilité de la menace en menant une attaque de validation de concept, où elle a réussi à encoder l’ADN d’un peptide toxique et à le faire passer à la phase de production, tout en évitant la détection par le logiciel de dépistage. Ils ont ensuite révélé la menace au Consortium international de synthèse des gènes et partagé des conseils sur la manière de l’atténuer.

Les contre-mesures consistent à renforcer les protocoles de cybersécurité, notamment en ajoutant des signatures électroniques aux ordres de séquences et en proposant des méthodes de détection des intrusions, tout en utilisant l’apprentissage automatique pour identifier les codes malveillants.

Les experts terminent avec quelques mises en garde : « Les cyberdangers s’étendent à l’espace physique, brouillant la séparation entre le monde numérique et le monde réel, en particulier avec les niveaux croissants d’automatisation dans le laboratoire biologique. Les meilleures pratiques et normes doivent être intégrées dans les protocoles biologiques opérationnels pour combattre ces menaces ».

orage

Alors que les chefs d’Etat et de gouvernement étaient réunis hier à Paris pour le cinquième anniversaire de l’accord de Paris sur le climat, les prévisions des climatologues restent sombres et le dérèglement climatique devrait perdurer, avec son lot d’incendies monstres, de sécheresses ou de tempêtes tropicales.

Face aux aléas de la météo, la Chine a annoncé le lancement d’un vaste programme pour… modifier la météo. Certes, le contrôle des précipitations n’est pas nouveau : partout dans le monde depuis 1946, notamment aux Etats-Unis, en Australie et en Russie, des techniques existent, notamment celles consistant à "ensemencer" des nuages par avion avec de l’iodure d’argent, des sels de sodium ou du nitrogène liquide, pour que des gouttes d’eau se forment et tombent. Mais la Chine a acquis dans le domaine une sérieuse expertise.

Contrôler la pluie sur 5,5 millions de kilomètres carrés

"Deux ans avant les Jeux olympiques d’été de 2008 à Pékin, les autorités chinoises ont révélé leur intention d’utiliser l’ensemencement des nuages pour contrôler la météo. L’exploit a consisté à lancer 1 104 roquettes remplies d’iodure d’argent dans le ciel, ce qui a contribué à éliminer toute menace d’averses dans la capitale nationale lors de la cérémonie d’ouverture de l’événement, le 8 août de cette année", raconte le South China Morning Post.

Depuis, le pays a considérablement progressé et s’est donné pour objectif de mettre en place un "système avancé de modification du temps d’ici 2025". "La superficie totale de l’exploitation des pluies artificielles (chutes de neige) atteindra plus de 5,5 millions de kilomètres carrés, et pour la suppression de la grêle, elle devrait dépasser 580 000 kilomètres carrés", a annoncé le Conseil des affaires de l’État, dans un communiqué publié le 2 décembre. "D’ici 2035, la modification météorologique de la Chine devrait arriver à un niveau mondial avancé en termes de fonctionnement, de technologies et de services", assure le Conseil.

Depuis maintenant plusieurs années, les scientifiques chinois travaillent sur cet ambitieux plan baptisé Tianhe ("rivière céleste"), qui mobilise 35 000 personnes, pour détourner la vapeur d’eau du nord du bassin du fleuve Yangtsé vers le bassin du fleuve Jaune, où elle deviendrait de la pluie. Ce qui pourrait provoquer de sérieuses tensions diplomatiques avec les pays voisins, et notamment l’Inde. En "contrôlant" la météo sur le plateau tibétain, la Chine pourrait perturber tout le système météorologique de la région, le flux du Mékong ou du Brahmapoutre, et l’Inde verrait plusieurs de ses régions privées de précipitation.

Rêvée en 1959 par Edgar P. Jacobs, le père de Blake & Mortimer dans sa bande dessinée "SOS Météores", le contrôle du climat est en passe de devenir, en partie du moins, une réalité.

villes

Le label Villes internet récompense depuis plusieurs années maintenant des initiatives très concrètes conduites dans les collectivités territoriales qui mettent le numérique au service des citoyens. Présent dans près de 1200 communes, ce label s'apprête à dévoiler son palmarès 2021. La cérémonie de remise des labels aura lieu le 4 février 2021 en distanciel, à Dijon Métropole. 

"Pas moins de 219 collectivités participent au nouveau cru, dont 9 territoires composés de 190 communes, soit plus de 4 millions d'habitants représentés. Au total, 12 040 fiches d’initiatives ont été éditées ou mises à jour, soit plus que l’année précédente", explique l'association soutenue par plusieurs ministères, la Mutuelle Nationale Territoriale et La Banque Française Mutualiste, en partenariat avec les associations de collectivité et d’élus.

Ce 22e label est attribué par un jury essentiellement composé d’universitaires. Plus de 20 experts comparent ainsi les collectivités volontaires afin de les organiser dans un référentiel entre une à cinq arobases (@)

Mention "Numérique responsable et durable"

Cette année la crise sanitaire a montré toute l'importance des services numériques. C'est la raison pour laquelle " Villes Internet et l’Institut du Numérique Responsable (INR) ont décidé d’accompagner les collectivités dans leur transformation vers un numérique durable en créant une nouvelle mention Numérique responsable et durable pour souligner les initiatives numériques locales cherchant à diminuer l’empreinte environnementale", indique l'association, qui précise que "ce label récompense des initiatives très concrètes telles qu’il en existe des dizaines sur la plateforme participative de l’association, Atlaas". Atlaas rassemble désormais 19 000 fiches d’initiatives.

En Occitanie, 11 communes sont candidates : Castelnaudary (11), Davejean (11), Floure (11), Rustiques (11), Arvieu (12), Castanet-Tolosan (31), Noé (31), Ordan-Larroque (32), Frontignan (34), Tarbes (65) et Sainte-Marie (66).

 

google

On connaît les bêtisiers télévisés et les rétrospectives des grands événements dans la presse. Depuis plusieurs années maintenant, les géants du web font aussi leur bilan de l'année à l'image de Gogle La firme de Mountain View dont le moteur de recherches sur internet est n°1 mondial vient de dévoiler ce mercredi 9 décembre le palmarès des recherches effectuées sur l'année 2020 dans le monde et en France.

Le coronavirus, Joe Biden et... Benjamin Griveaux

"Indéniablement, le coronavirus aura été le point central de l’année. En effet, les tendances de recherche 2020 reflètent cette période atypique comme en témoignent les recherches sur Google en lien avec la pandémie. Quant aux sujets d’actualités, c’est sans surprise les événements et personnalités politiques qui ont marqué ces 12 derniers mois avec des requêtes telles que Elections Américaines, Benjamin Griveaux et Joe Biden en tête des classements", indique Google France.

Cyril Lignac superstar

Si côté télé et cinéma c'est "Ici tout commence" et "Tenet" qui occupent le haut du classement, côté cuisine, le chef Aveyronnais Cyril Lignac, qui a accompagné les Français pendant le confinement, truste les classements.

"On retrouve des demandes comme "Recette Cyril Lignac”, "Recette pain maison" ou encore "Recette gel hydroalcoolique". Et dans ce top Cyril Lignac apparaît à pas moins de trois reprises avec également "Recette croque monsieur Cyril Lignac” et "Brownie Cyril Lignac recette". Il est aussi la personnalité célèbre qui a connu la plus forte progression en tendances de recherche cette année", observe Google France.

Pour réaliser ses différents palmarès "l'année 2020 en recherches n’intègre pas les requêtes ayant connu le plus gros volume de recherches, mais plutôt les tops de tendances des recherches, qui prennent en compte une augmentation de l'intérêt de 2019 à 2020 autour d'un sujet spécifique", précise Google France.

Enfin, comme chaque année, Googgle a dévoilé la vidéo de l'année 2020 :


Le palmarès des recherches en France

Tendances de l'année
1) Coronavirus
2) Attestation Covid
3) Election américaine
4) Coronavirus conseils
5) PS5
6) Attestation de déplacement sur smartphone
7) Coronavirus Italie
8) Kobe Bryant
9) Symptome Coronavirus
10) Roland Garros

Informations / Actualités
1) Election américaine
2) Benjamin Griveaux
3) Joe Biden
4) Ministère Intérieur
5) Jean Castex
6) Kim Jong Un
7) Victorine
8) Boris Johnson
9) Samuel Paty
10) Iran

Les personnalités politiques
1) Benjamin Griveaux
2) Joe Biden
3) Jean Castex
4) Kim Jong Un
5) Boris Johnson
6) Edouard Philippe
7) Patrick Devedjian
8) Dupont Moretti
9) Kamala Harris
10) Gérald Darmanin

Coronavirus
1) Coronavirus
2) Attestation Covid
3) Coronavirus conseils
4) Attestation de déplacement sur smartphone
5) Coronavirus Italie
6) Symptome Coronavirus
7) Confinement
8) Reconfinement
9) Couvre-feu
10) Gel hydroalcoolique

Recettes
1) Recette Cyril Lignac
2) Recette pain maison
3) Recette gel hydroalcoolique
4) Recette cheese naan
5) Recette croque monsieur Cyril Lignac
6) Brownie Cyril Lignac recette
7) Recette baguette maison
8) Recette brioche maison
9) Tiramisu speculoos recette
10) Recette crêpes Chandeleur

Les séries et programmes TV
1) Ici tout commence
2) Koh Lanta
3) Umbrella Academy
4) Le Jeu de la Dame
5) The Witcher
6) Emily in Paris
7) Mask Singer
8) Messiah
9) Big Little Lies
10) Elite

Les films
1) Tenet
2) 1917
3) Black Panther
4) The Gentlemen
5) Dirty Dancing
6) Jojo Rabbit
7) Parasite
8) Ducobu 3
9) Enola Holmes
10) Les Filles du Docteur March

Le sport
1) Roland Garros
2) Tour de France
3) Ligue des Champions
4) NBA
5) PSG-Bayern
6) PSG-Dortmund
7) PSG-OM
8) France-Portugal
9) Lyon-Bayern
10) PSG-Lepizig

Les célébrités
1) Cyril Lignac
2) Sadek
3) Wejdene
4) Marie Papillon
5) Camelia Jordana
6) Freeze Corleone
7) Moha La Squale
8) Kim Glow
9) Catherine Laborde
10) Lara Fabian

Chanteuses / Chanteurs / Musiciens
1) Wejdene
2) Sadek
3) Camelia Jordana
4) Freeze Corleone
5) Moha La Squale
6) Lara Fabian
7) Johnny Cash
8) Kanye West
9) Florian Rossi
10) Isabelle Boulay

numerique

Par Stéphanie Moret, Directrice Marketing chez Jahia

Une récente étude de SalesForce souligne une augmentation sans précédent du chiffre d’affaires des ventes en ligne au cours du 2ème trimestre 2020 : +71% aux USA. Une tendance que confirme l’enquête de We Are Social et Hootsuite qui met en avant des chiffres similaires à l’échelle du monde entier. Les politiques de confinement liées à la crise de Covid-19 ont forcément joué un rôle majeur dans les comportements de consommation. Mais, fait plus marquant, les chiffres ne diminuent que très peu au sortir du confinement, preuve que le mouvement s’installe sur la durée. La digitalisation massive, pourtant déjà entamée depuis de nombreuses années, s’accélère. Que cela implique-t-il pour les marchés, les entreprises et les consommateurs-utilisateurs ?

Les bienfaits de la digitalisation forcée

La transformation digitale est entamée – voire acquise – pour un grand nombre d’entreprises. Force est de constater, qu’à la faveur de la crise et du confinement, elle s’est imposée dans des secteurs qui ne l’attendaient pas. Avec l’obligation de distanciation physique, l’écran est devenu le principal accès au monde pour l’ensemble de la planète. Les entreprises ont dû (et ont su pour la plupart) s’adapter, se réinventer, et proposer des services à distance, y compris lorsqu’elles n’avaient intrinsèquement pas vocation à le faire. On a vu les salles de sport multiplier les cours en visio, des petits commerçants primeurs mettre en place des services de commande en ligne, des médecins proposer des vidéo-consultations… La crise va durer, il convient d’envisager le temps présent pour réagir vite. Le numérique peut permettre la survie, et ce, dans tous les secteurs. Les entreprises qui resteront debout demain seront celles capables de s’adapter dans un environnement toujours changeant, et d’avoir un temps technologique d’avance, luttant ainsi contre le risque de Darwinisme numérique. L’année 2020 et ses impondérables auront brisé les dernières barrières de résistance au changement et propulsé les entreprises près de six ans en avant en matière de communication digitale.

Expérience utilisateur, expérience client, expérience collaborateur

L’expérience numérique correspond au sentiment que va éprouver un utilisateur lorsqu’il évolue dans un environnement numérique. Pour qu’elle soit optimale, il faut qu’elle soit adaptée à la personne derrière l’écran. Tout doit être intuitif et personnalisé. Aujourd’hui les plateformes numériques permettent d’agréger des données (physiques, statiques, comportementales, etc.), et de les exploiter pour produire des services sur mesure, créer et maintenir un lien avec les utilisateurs. Tout l’enjeu consiste ainsi à adresser le bon message (ou le bon produit) à la bonne personne au bon moment. En fonction du comportement de navigation d’un utilisateur sur un site web, une entreprise pourra comprendre les produits qui l’intéressent le plus, et les lui reproposer au moment le plus opportun. Aviez-vous remarqué que Netflix vous recommandait systématiquement des films que vous avez envie de regarder ? Ou qu’Asos vous proposait un catalogue justement adapté à votre style ? Magique ? Non, juste personnalisé. Et si les entreprises développent des services à destination des clients finaux, elles le font aussi en interne pour leurs collaborateurs. C’est le cas de Pôle Emploi notamment, qui a su mettre en place un portail de services performant pour ses agents. Portail d’autant plus pertinent dans les situations de télétravail qui se sont multipliées récemment.

Être capable d’optimiser et de personnaliser l’expérience numérique est donc une arme puissante pour faire face à une concurrence digitale toujours plus forte. 

Et ça ne coûte pas forcément plus cher

Dès que l’on parle de transformation digitale, on imagine tout de suite qu’il va falloir passer à la caisse. Ce n’est pas toujours le cas. La plupart des entreprises sont en effet déjà équipées d’outils (CRM, contenu, analyse des données, etc.) pour les accompagner dans leur déploiement marketing, mais elles sous-estiment souvent leur potentiel et n’utilisent qu’une toute petite partie des possibilités des plateformes. Demain, les entreprises les plus performantes seront celles qui sont capables d’optimiser l’utilisation des données qu’elles collectent. Cela leur permettra de mieux connaître et de renforcer le lien avec leurs clients. Ainsi les messages seront plus adaptés, les chatbots plus performants, les recommandations produits plus justes… Dans l’environnement ultra-concurrentiel dans lequel nous évoluons aujourd’hui, la différence se fera sur la capacité des entreprises à exploiter et à faire évoluer rapidement toutes les fonctionnalités des outils dont elles disposent déjà.

Encore plus depuis le début de la crise du coronavirus, une part croissante de la vie des entreprises et des populations s’effectue en ligne. Il en résulte que la concurrence se fait plus vive sur des marchés déjà tendus, et que l’exigence des utilisateurs ne fait que croître. Pour se démarquer, une seule solution : booster son expérience numérique, pour offrir des services toujours plus adaptés aux besoins et envies des internautes. Cela passe par des outils digitaux, qu’il n’est pas forcément nécessaire de multiplier mais qu’il convient d’exploiter au maximum. L’optimisation de votre marketing digital n’est finalement qu’à portée de quelques clics !

 

cityairbus
Le prototype CityAirbus

La crise du coronavirus a eu de multiples conséquences, elle rebat les cartes et nous oblige à repenser ce qu’on croyait acquis. C’est particulièrement vrai en ce qui concerne les transports. L’effondrement du trafic aérien, le choix du train ou le retour de modes de transoprt individuel : tout semble remis à plat.

170 projets dans le monde

Et dans cette réflexion, les taxis volants ou les drones taxis occupent une bonne place. Plus agiles qu’un hélicopère, plus souples et parfois autonomes, les drones taxis sont, en effet, riches de promesses. Et ce qui n’était il y a peu qu’une idée de film de science fiction prend de plus en plus corps avec de nombreuxprojets partout dans le monde. On en compte près de 170 ! Et parmi eux celui d’Airbus : CityAirbus. Ce drone géant à plusieurs hélices, long de 8 mètres sur 8 est 100 % électrique et autonome. D’une autonomie de 15 minutes, il devrait avoir à terme la capacité de transporter quatre passagers à 120 km/h. La RATP s’est déjà dite intéressée et Airbus rêve de lance son taxi-drone en 2024 pour les Jeux olympiques de Paris. Airbus pourrait être devancé par Uber et Hyundai qui pourrait lancer une flotte de drone taxi en 2023 à San Francisco. En Chine, la société Ehang, qui a réalisé un premier vol sans pilote de son appareil en janvier 2020 et un nouvdeau vol au-dessus de Séoul, la capitale sud-coréenne. Debut novembre, le gestionnaire espagnol de la navigation aérienne Enaire a annoncé participer à deux projets d’aéro-taxis financés par les fonds européens Horizon 2020, et table sur des taxis volant à Barcelone en 2022. Le cabinet de conseil américain Oliver Wyman estile que les premières routes commerciales intra-villes pourraient s’ouvrir dès 2023, avec un marché des taxis volants à partir de 2025 qui pourrait représenter 35 milliards de dollars dans 15 ans.Si les difficultés techniques sont peu à peu levées, reste évidemment la question du prix – on parle de 300€pour 15 minutes – et de la confiance des utilisateurs.

Sur ce dernier point, l’opinion semble mûre. Une étude réalisée par Carvea Consulting et Opinea, publiée cette semaine, a révélé que 43% des Français sont prêts à monter à bord d’un drone taxi sans pilote. Cette volonté monte à 51% parmi les hommes et elle est encore plus forte parmi les plus jeunes en affichant 54%. "La légitimité de cette utilisation aux yeux des Français est forte avant tout pour un usage civil avec 68% qui trouvent un drone approprié pour la surveillance des zones (cultures, chantiers), puis 65% pour la photographie aérienne ou 53% pour la sécurité comme la police nationale ou municipale", précise l’enquête. Enfin, "parmi les personnes positives à l’usage d’un drone-navette une personne sur deux est prête à réaliser un trajet entre des stations prédéfinies ou un trajet librement prédéfini sur un smartphone. Mais également pour se rendre en centre-ville ou à l’aéroport."

 

tinder

Les mesures de confinement prise au printemps puis à nouveau en automne auraient pu leur faire mal puisqu’elles servent justement à organiser des rendez-vous physiques, mais les sites et applications de rencontre ont au contraire su rebondir sur l’épidémie de Covid-19 pour proposer à leurs membres de nouvelles expériences. "Depuis le début de l’épidémie, nous avons vu une augmentation de l’activité de nos utilisateurs, sur toutes nos applications et dans le monde entier", détaillait ainsi au mois de mai Match Group, qui édite plusieurs applications de rencontre dont Tinder, Meetic et OkCupid. "Forcés de rester chez nous, surfer sur Tinder est devenu un moyen de continuer à "voir du monde". Pendant le pic, le volume de swipes (glisser à droite ou à gauche pour choisir ou écarter un profil) parmi les membres âgés de moins de 25 ans était en hausse de 39 %", indique Tinder, qui a connu un pic le 5 avril avec 52 % de messages en plus qu’au début des mesures de confinement début mars.

Pour conserver leurs membres actifs, la plupart des applications ont rendu gratuites des fonctionnalités qui étaient jusqu’alors payantes. Elles ont revu aussi les limites de leur géolocalisation : de quelques kilomètres autour de soi, le rayon de recherche a été fortement augmenté afin de nouer contact avec plus de personnes. Autre fonctionnalité ouverte à tous : la possibilité de passer des appels vidéo.

Les applications sont peu à peu devenues de vrais outils de communication et non plus seulement des outils de mise en relation.

Outre les appels vidéo et audio, les applications misent également sur des événements virtuels pour leurs communautés de membres. Meetic a ainsi proposé des événements pour célibataires en ligne, sous différents formats et autour d’un thème précis. Des vidéos de coaching sont également proposées. En partenariat avec UberEats, Meetic va offrir à certains de ses célibataires un dîner à deux à partir du 8 décembre. Un repas à distance, histoire de s’entraîner pour un vrai repas en tête à tête avec la réouverture des restaurants le 20 janvier.

 

mannequin

Les mannequins réalistes sont utilisés pour la formation aux tests diagnostiques du Covid-19, aux complications respiratoires, et bien plus. (Photo de Lifecast Body Simulation)


Par Andrei Vakulenko, Directeur du Développement Commercial chez Artec 3D

Aujourd'hui, tous les regards sont rivés sur les professionnels de santé. Alors que la pandémie de coronavirus fait rage, les médecins, infirmières et autres personnels soignants sont en première ligne pour soigner les malades, créer en urgence des protocoles de sécurité, et mettre au point des traitements contribuant à éradiquer le virus. Pendant ce temps, la future génération de professionnels médicaux apprend les spécificités du métier avant de participer à leur tour à la lutte contre les maladies.

La formation médicale se voit accélérée et enrichie par l'utilisation combinée des technologies de scan 3D, de l'impression 3D et de la réalité virtuelle. Ces outils ne cessent de gagner en popularité au sein de la communauté médicale - une tendance que la pandémie ne fait que renforcer.

De la dissection de cadavres virtuels numérisés en 3D...

Si la Covid-19 a développé l'enseignement en ligne et à distance, des étudiants de la faculté de médecine de Montpellier ont déjà l'habitude de cette forme d'apprentissage, en particulier quand ils doivent disséquer des cadavres, via des technologies de réalité virtuelle.

De vrais cadavres sont traditionnellement utilisés pour enseigner l'anatomie humaine et la dissection aux étudiants en médecine, mais des problèmes de disponibilité et de coût se posent souvent. Disséquer un cadavre est onéreux, d'autant plus que les étudiants inexpérimentés ne réussissent pas toujours du premier coup et peuvent abîmer voire détruire ce cadavre.

Guillaume Captier et Mohamed Akkari, deux chirurgiens du Laboratoire d'anatomie de la faculté de Montpellier, ont eu l'idée d'utiliser le scan 3D pour créer une application de formation à la dissection de cadavres. Afin de garantir le réalisme et la précision de l'exercice, toutes les étapes de la dissection ont été réalisées sur un vrai cadavre et ensuite numérisées à l'aide de scanners 3D, pour créer des modèles photoréalistes

Désormais, les étudiants s'entrainent à la dissection dans un environnement de réalité virtuelle montrant des cadavres ultraréalistes constitués de plusieurs couches de peau, de fascia et de muscle.

Grâce aux dispositifs haptiques, les élèves peuvent ressentir une résistance dans les instruments qu'ils utilisent pour pratiquer des dissections numériques. Ce projet pilote représente une forme d'apprentissage virtuel qui pourrait rapidement devenir populaire grâce aux économies qu'il permet et à son accessibilité aux étudiants à distance.

...à la simulation médicale sur des mannequins imprimés en 3D

Pendant ce temps, au Royaume-Uni, les hôpitaux NHS Nightingale n'ont eu d'autre choix que d'innover face à la propagation de la Covid-19. Dès le début de l'épidémie, les respirateurs sont devenus indispensables au traitement des cas de Covid-19 les plus graves. Toutefois, dans les situations d'urgence, la précision est cruciale et peut constituer un défi pour les infirmières et les médecins débutants.

Deux semaines à peine avant que le Royaume-Uni ne se confine, les hôpitaux NHS Nightingale ont reçu des mannequins hyperréalistes à des fins médicales.

Pour créer ces mannequins, des volontaires vivants de tous âges, formes et origines sont scannées en 3D, afin d'obtenir un éventail de modèles de différentes taille, poids...

Ces scans sont ensuite imprimés en 3D puis utilisés pour créer des moules. Les touches finales, y compris l'ajout de poils (d'homme et de yak) sur les mannequins, ne fait qu'ajouter à leur réalisme.

Le scan et l'impression 3D servent également à reproduire des composants qui seraient extrêmement difficiles à mouler, telle la cage thoracique. Les mannequins ne se limitent pas à leur apparence incroyablement réaliste : ils ont atteint un niveau où ils peuvent avoir des capacités respiratoires et des fonctions internes, y compris le battement d'un pouls et une simulation de respiration. Chaque mannequin est également équipé d'une caméra enfoncée dans sa gorge et utilisée pour la formation à l'intubation.

Grâce aux mannequins scannés en 3D, les hôpitaux ont d'ores et déjà pu former des milliers de professionnels de santé aux soins liés à la Covid-19, et cela sans la pression de travailler sur un vrai patient et sans aucun risque d'une contamination.

Cette technologie 3D sert non seulement à améliorer la réactivité face à l'épidémie mais également à former un grand nombre de personnels soignants à utiliser des respirateurs, des ventilateurs et des incubateurs.

Ces deux cas offrent un aperçu du futur de la formation médicale. Chacun crée un environnement sûr et contrôlé pour la formation médicale, en éliminant la pression subie par les étudiants pour « réussir du premier coup ». La pandémie de Covid-19 accélère indubitablement ce genre d'avancées, et la présence du scan 3D dans la formation médicale se renforce au fur et à mesure que notre monde se numérise.

Par Fabien Girard de Barros, DG de Lexbase

« Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie », énonçait la troisième loi de Clarke.  Cette loi se vérifie dans tous les domaines de la vie économique et sociale, droit compris. En Finlande notamment, le recours à la prédictivité est de plus en plus fréquent pour les petits procès. La question n’est pas de se positionner pour ou contre ces avancées : à l’occasion du bicentenaire de l’Ordre des avocats au Conseil d’État et à la Cour de cassation, Jean-Marc Sauvé estimait que « nous devons accepter cette réalité, nous saisir de ces opportunités, tout en sachant faire preuve d’une grande vigilance sur l’intangibilité des principes d’une justice indépendante, impartiale, transparente, humaine et équilibrée (…)». Même vigilance de la part du ministre de la justice finnois, pour lequel le développement des nouvelles technologies implique que l’on porte « une attention particulière à (…) la protection juridique des citoyens » . Il est fondamental que les professionnels du secteur se saisissent du sujet de l’intelligence artificielle et définissent les usages qu’ils veulent en faire, pour garantir à tous les citoyens un égal accès à la force du droit et, in fine, une justice plus humaine.

Vers une standardisation du droit ?

Il y a soixante-dix ans, Bernanos lançait un cri d’alarme contre le règne de la technique , qui résonne comme un avertissement très actuel pour de nombreux juristes. En effet, le système dépeint dans Lex Humanoïde, des robots et des juges2  ne semble plus relever de la science-fiction. Dans un futur proche, on peut concevoir un monde judiciaire déshumanisé, dans lequel les avocats ne font que fournir des données à une machine. A charge de celle-ci de rendre un jugement ou d’évaluer le risque d’une action, dépossédant ainsi le professionnel de sa fonction de conseil. Le règne de la quantité sur la qualité n’est pas loin.

Ce nouveau scientisme est plausible ; il ne serait jamais que la parfaite continuité d’une philosophie qui fait la part belle à la « rationalité ». Aujourd’hui en effet, «la métaphysique et la technique se rejoignent pour imposer une vision du monde qui étend sans limite l’empire de la causalité et le champ du prévisible. »3  Dans le domaine de la justice, cela donnerait une pensée juridique extrêmement standardisée, sous prétexte d’éliminer toute subjectivité. Or, l’on sait bien que les individus ne sont pas des atomes sociaux aux comportements parfaitement déterminés !

L’intelligence artificielle au service de l’intelligence humaine

Cette dystopie, pour effrayante qu’elle soit, oublie deux éléments auxquels les citoyens ne sont pas prêts à renoncer : l’empathie et la finesse d’interprétation de l’avocat. Le droit est un ciment de la société ; or, celle-ci est éminemment complexe au sens latin du terme : il s’agit d’appréhender des éléments imbriqués ensemble, qui sont à la fois rationnels et émotionnels. Cette analyse relèvera toujours du libre-arbitre de l’humain ! De même, si ce qu’on appelle à tort justice prédictive – aujourd’hui, des statistiques sur des décisions de justice- offre de bons éléments de compréhension pour orienter une stratégie, c’est toujours l’humain qui reste aux commandes !

L’avocat a non seulement de beaux jours devant lui, mais la digitalisation de son métier lui offre de belles perspectives. Grâce aux nouveaux outils, il pourra se décharger de tâches laborieuses et bénéficier d’une aide précieuse pour tenir ses connaissances à jour. Dès lors, il sera en mesure d’aller au-delà de la jurisprudence et d’exprimer sa créativité, qui constitue sa valeur ajoutée réelle. Ne nous lançons donc pas dans des prospectives trop sombres : si l’intelligence artificielle est amenée à faire évoluer les pratiques du droit, sa place est avant tout au service de l’intelligence humaine.

Pour un techno-humanisme porté par les professions juridiques !

N’oublions pas, enfin, que les avocats ne sont pas contraints de rester passifs dans la transformation de leur métier. Si, selon les mots de Dominique Cardon , le commun des mortels préfère ignorer les conditions de production des algorithmes, il est tout à fait possible, pour les différentes professions, de prendre la main sur le développement des intelligences artificielles pour qu’elles ne dérogent jamais à une certaine déontologie. C’est tout l’enjeu d’une collaboration poussée entre avocats et legaltechs, qui conçoivent les outils numériques en itérant avec leurs utilisateurs. Cette dynamique est profitable à tous : au professionnel, qui demeure maître de son destin, au citoyen, qui accède plus facilement aux sources du droit, et plus globalement au système judiciaire, qui gagne en efficacité. La révolution de l’intelligence artificielle, loin d’être une menace, est une formidable opportunité pour l’avocat de garantir que l’homme demeure toujours au centre de la justice. Il s’agit, ni plus ni moins, d’assumer un positionnement techno-humaniste incontournable à l’heure du « deuxième âge de la machine »4 .