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La télémédecine et l'Occitanie : une longue histoire notamment portée par feu le Pr Louis Lareng, qui avait créé le 7 novembre 1991 la Société Européenne de Télémédecine (SET). "La télémédecine n'est pas un outil, c'est un acte médical à distance qui utilise les systèmes d'information. Elle facilite le déploiement des soins sur le plan Territorial. Elle permet la lutte contre la paupérisation de la Santé dans les campagnes et par la mutualisation évite la fermeture d'établissement de santé en difficulté. Elle permet de concilier les résultats topographiques et les nécessités thérapeutiques", expliquait le professeur visionnaire.

20 pharmacies équipées de bornes et cabines médicales connectées

La crise sanitaire du Covid-19 a montré tout l'intérêt de la télémédecine, notamment avec les cabines de téléconsultation qui sont en pleine expansion. Créée en 2015, Tessan, une start-up MedTech spécialisée en solution phygitales de télémédecine, et qui développe depuis plus de deux ans des cabinets médicaux connectés équipés de 7 dispositifs, s’implante en Occitanie.

La société a d’ores et déjà installé 20 dispositifs médicaux connectés dans les départements de l’Aude, du Gard, de la Haute-Garonne, des Hautes-Pyrénées, de l’Hérault, du Tarn et des Pyrénées-Orientales.

Lutter contre les déserts médicaux

"Équiper la région Occitanie de nos solutions de télémédecine était une évidence. La e-santé devient la priorité de tous les territoires pour lutter contre les déserts médicaux, et pour affronter une prochaine épidémie par exemple. En ce sens, Tessan continue à innover pour démocratiser l’accès aux soins, en s’associant aux acteurs de proximité, comme les pharmacies équipées” souligne Jordan Cohen, PDG et fondateur de Tessan. De fait, si le nombre de déserts médicaux augmente, le maillage pharmaceutique demeure dense : en Occitanie il y a ainsi 34 officines pour 100 000 habitants, soit un ratio de 2 937 habitants par pharmacie.

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Les cabines et bornes médicales connectées de Tessan installées dans l’espace de confidentialité ou au cœur de la pharmacie permettent au patient d’effectuer une téléconsultation de médecine générale. Grâce aux sept dispositifs médicaux connectés installés à l’intérieur des cabines et sur les bornes, le médecin à distance peut ainsi réaliser près de 90 % des actes d’une consultation classique. 

Depuis peu, Tessan donne également la possibilité aux patients de téléconsulter des professionnels de santé ayant des spécialités très demandées comme les pédiatres, les dermatologues, les gastro-entérologues, les ORL ou encore les homéopathes.

 

old people

Par Gilles Marchier, Délégué Prescription Île-de-France chez SimonsVoss Technologies.

Dans les établissements de santé, hôpitaux comme EHPAD, une réorganisation importante de l'établissement est nécessaire afin de faire face à la crise sanitaire actuelle. Dans ce contexte, il est indispensable de pouvoir limiter l'accès des visiteurs aux établissements, notamment au niveau des espaces communs mais aussi au sein des chambres de résidents, sans pour autant entraver leur liberté de mouvements. Dans les EHPAD, il est également question d'optimiser la sécurité de l'établissement. Face à ces différentes contraintes, les EHPAD se voient ainsi confrontés à la nécessaire implémentation de solutions digitales, de plus en plus connectées, dans l'objectif d'améliorer les conditions de travail du personnel tout en garantissant la santé, la sécurité et le confort des occupants.

Les clefs et les claviers à code ne suffisent plus

Au sein des EHPAD où l'on est confronté à des flux importants de personnes, aussi bien en interne qu'en externe, la gestion des clés mécaniques se transforme rapidement en casse-tête. Superviser les déplacements dans le bâtiment et ses locaux alors qu'une clé est perdue ou volée s'avère très compliqué. Remplacer un organigramme complexe à la suite du départ d'un employé parti avec un trousseau de clés est très coûteux (une clé pouvant être facturée une centaine d'euros).

Bien qu'ils aient résisté à l'épreuve du temps et aient conservé une place importante dans la sécurité des EHPAD, les claviers à code ne suffisent plus. Ils offrent, certes, un premier niveau de sécurité mais l'utilisation constante des mêmes codes par les visiteurs peut compromettre la sécurité de l'établissement, d'autant que les codes se divulguent rapidement !

La fermeture numérique, un complément aux gestes barrières qui offre le confort aux résidents  

La sécurité et le bien-être des résidents ayant toujours été la priorité des EHPAD et autres établissements de santé, les fermetures contrôlées grâce aux divers systèmes numériques y jouent un rôle fondamental. En effet, les systèmes de contrôle d'accès à distance font partie de ces solutions digitales contribuant à limiter et contrôler la présence des personnes dans une ou plusieurs zones, et dans le contexte actuel, mieux gérer, voire interdire l'accès dans les zones contaminées.

Les systèmes de contrôle d'accès viennent soulager considérablement le personnel soignant engagé dans la bataille contre le virus, qui en plus d'assister les résidents 24h sur 24, doivent aussi gérer les accès des visiteurs réguliers. Le fait de passer un badge sur une serrure électronique sans fil ou encore un lecteur mural afin d'ouvrir ou fermer la porte, de créer, modifier ou supprimer des droits d'accès en quelques clics représente un véritable gain de temps pour le personnel soignant.

A la grande différence d'un système de fermeture mécanique, les systèmes de contrôle d'accès électroniques permettent de limiter les accès au site pour certains utilisateurs sur des plages horaires prédéfinies. On attribue des horaires spécifiques aux familles pour les visites, au personnel soignant dont l'accès peut être restreint dans certaines zones (locaux techniques, zones de stockage etc), dans les zones dites « protégées » concernant, par exemple, les résidents atteints d'Alzheimer et dont le déplacement sera autorisé mais limité. Grâce au contrôle d'accès électroniques sans fil, offrant plus de souplesse, des autorisations peuvent être rajoutées ou révoquées à tout moment en cas de perte d'identifiants.  

Malheureusement, la situation liée à l'épidémie a mis en lumière la nécessité d'accélérer le changement de pratiques dans les établissements de santé, y compris en termes de contrôle d'accès. Avoir recours aux nouvelles technologies (centralisation des applications numériques telles que « appels malades », gestion de lumière, des fermetures et tout autre moyen de communication interne ou externe comme la visioconférence sur télévision...) permet aux résidents de rester en contact avec le monde extérieur, et plus particulièrement avec leur famille, ce qui est vital pour préserver leur confort et leur santé.


5G


En moquant lundi les partisans d’un moratoire sur la 5G comme des Amish adeptes de la lampe à huile, Emmanuel Macron a avivé le débat autour de la nouvelle norme de communication.

La 5G, la 5e génération de téléphonie mobile n’a pas fini d’agiter les esprits. Alors que la France va ouvrir ses enchères aux opérateurs pour qu’ils acquièrent les fréquences nécessaires à cette nouvelle norme, opposants et partisans s’affrontent à coups de polémiques qui servent mal le besoin d’information des Français.

Le dernier épisode en date de cet épineux dossier est remonté lundi au sommet de l’Etat. Devant un parterre d’entrepreneurs du numérique de la French Tech réunis à l’Elysée, le chef de l’Etat a violemment répondu à la demande d’un moratoire sur le déploiement de la 5G, formulée dimanche dans le JDD par quelque 70 élus écologistes et de gauche, parmi lesquels le leader de la France insoumise Jean-Luc Mélenchon et l’eurodéputé EELV Yannick Jadot.

"La France est le pays des Lumières, c’est le pays de l’innovation […] On va tordre le cou à toutes les fausses idées. Oui, la France va prendre le tournant de la 5G parce que c’est le tournant de l’innovation. J’entends beaucoup de voix qui s’élèvent pour nous expliquer qu’il faudrait relever la complexité des problèmes contemporains en revenant à la lampe à huile ! Je ne crois pas que le modèle Amish permette de régler les défis de l’écologie contemporaine", s’est moqué le chef de l’État, faisant allusion à cette communauté religieuse américaine hostile à la technologie et qui vit comme au XVIIIe siècle.

Emmanuel Macron, lundi, devant des entrepreneurs de la French Tech, a répondu de façon cinglante aux opposants à la 5G.Emmanuel Macron, lundi, devant des entrepreneurs de la French Tech, a répondu de façon cinglante aux opposants à la 5G. - Photo AFP

Le Président a ensuite rajouté combien "sur la 5G et beaucoup d’autres sujets, on ne doit dépendre d’aucune puissance non européenne". Une question de souveraineté qui a pris de l’ampleur alors que le confinement et la crise sanitaire ont montré le poids écrasant des géants américains d’internet et que le leader d’équipements 5G est le chinois Huawei.

Sans surprise, les mots d’Emmanuel Macron ont provoqué un tollé chez tous ceux qui s’inquiètent légitimement des conséquences sanitaires des ondes électromagnétiques de la 5G, dont le risque n’a pour l’heure pas été démontré. "Le moratoire sur la 5G n’émane pas des Amish (qu’on les laisse tranquilles), mais des Français tirés au sort pour la Convention citoyenne pour le climat que Macron a lui-même mise en place. Mais apparemment, il n’y croyait pas non plus", a réagi sur Twitter Clément Sénéchal, porte-parole de Greenpeace.

De leur côté, les Amis de la Terre ont ironiquement rebaptisé leur compte Twitter "Les Amish de la Terre – Pour des sociétés rétrogrades", expliquant ce changement par "une logique de transparence et de cohérence".

"Le président de la République tombe le masque. Emmanuel Macron vient de lancer la saison 2 de l’environnement, ça commence à bien faire, mauvais remake d’une série déjà indigeste", dénoncent dans un communiqué Agir pour l’environnement et Priartem-Electrosensibles de France, exigeant "un véritable débat public".

"Ce débat est celui du monde de demain. La technologie n’est pas en soi bonne ou mauvaise. Elle doit être interrogée, tout comme (le fait de) choisir où affecter prioritairement les investissements. Ça évite de sauter sur sa chaise comme un cabri en disant Innovation innovation innovation " a estimé sur Twitter Cécile Duflot, ancienne ministre aujourd’hui directrice générale d’Oxfam France.

Incendies d’antennes 5G et théories complotistes

Les propos d’Emmanuel Macron n’ont en tout cas pas été prononcés par hasard. Ils recèlent une part très politique et correspondent sans doute à une réponse de l’exécutif aux récentes prises de position d’élus écologistes contre l’arbre de Noël à Bordeaux ou contre le Tour de France, jugé polluant et machiste. Ces propos visent aussi à montrer la volonté de l’Etat d’aller jusqu’au bout du déploiement de la 5G et à rassurer un secteur des télécoms inquiet. Ces derniers mois, les sabotages et incendies d’antennes 5G se sont multipliés et le débat autour de la 5G prend le même chemin que celui autour du compteur communicant Linky.

En l’absence d’études scientifiques qui font consensus, comme pour le compteur, le débat est miné par une ribambelle de fake news voire de théories complotistes. Certains ont même accusé la 5G de propager… le coronavirus (sic). Ces violences contre les équipements 5G et les élucubrations relayées sur les réseaux sociaux sont d’autant plus alarmantes qu’elles nuisent à un débat de qualité pour répondre aux questions légitimes des Français…


Une technologie pour faire quoi ?

Non, la 5G ne va pas servir à télécharger à toute vitesse des films pornographiques, comme l’a lancé un élu EELV, mais plutôt accompagner une multitude d’usages. "La 5G est la cinquième génération de réseaux mobiles, qui succède aux technologies 2G, 3G et 4G", explique l’Arcep, le gendarme des télécoms, qui a créé une section spéciale sur son site internet. Les premières technologies ne permettaient que les appels vocaux puis l’envoi de SMS. Les générations suivantes de technologies mobiles ont permis de se connecter à internet, d’accéder à des applications, ou encore de passer des appels en vidéo. La 5G est à son tour censée améliorer les services existants et favoriser le développement de nouveaux services. Il s’agit d’une technologie évolutive qui va s’enrichir progressivement, au gré de l’évolution des standards au niveau mondial.

Rapport Ericsson


Objets connectés et villes intelligentes

À son lancement, la 5G va améliorer l’accès aux services proposés par les réseaux 4G en permettant un meilleur débit et plus de capacité. Avec la 5G, une quantité beaucoup plus importante de données peut en effet être échangée sans engorgement des réseaux. Elle évoluera ensuite au fur et à mesure que des éléments du réseau adopteront cette technologie et les fréquences sur lesquelles elle sera déployée. Elle favorisera ainsi le développement de services innovants pour les particuliers et pour les entreprises dans de nombreux domaines (santé, transports, etc).

L’internet des objets, tendance consistant à connecter et rendre intelligents un nombre croissant d’objets (automobile, capteurs divers, robots industriels, etc), pourra notamment bénéficier de la 5G et faciliter ainsi des applications multiples comme la ville intelligente, l’agriculture connectée, l’industrie 4.0, le véhicule autonome… À cet égard, la 5G constitue aussi en enjeu de compétitivité pour le pays, bien au-delà du secteur des télécoms.

Un premier rapport publié hier : le gouvernement veut rassurer

Hasard du calendrier, un premier rapport scientifique sur les effets de la 5G sur la santé a été publié hier par l’Inspection générale des affaires sociales (Igas). Intitulé "Déploiement de la 5G en France et dans le monde : aspects techniques et sanitaires", ce document de 190 pages a souligné qu’il n’y avait pas "d’effets néfastes avérés à court terme en-dessous" des valeurs limites recommandées concernant l’exposition aux ondes électromagnétiques.

"La mission s’est appuyée sur un questionnaire adressé dans 26 pays aux ambassades de France et aux correspondants de l’OMS – membres actifs du projet ondes électromagnétiques de celle-ci. Elle se fonde également sur l’analyse rigoureuse des rapports des agences et autorités sanitaires nationales et internationales" a expliqué l’Igas. Concernant les effets sur la santé des ondes électromagnétiques, "il n’existe pas, selon le consensus des agences sanitaires nationales et internationales, d’effets néfastes avérés à court terme, en-dessous des valeurs limites d’exposition recommandées", écrivent les auteurs, qui s’appuient sur "un grand nombre" d’études publiées sur le sujet depuis 1950. "Les éventuels effets de long terme, cancérogènes ou non, difficiles à mettre en évidence, sont à ce stade, pour l’essentiel, non avérés selon les mêmes agences nationales et internationales", ajoutent-ils. La mission formule en l’état "sept recommandations visant à améliorer l’information de la population, à soutenir l’effort de recherche et à adapter les modalités de surveillance de l’exposition à ces ondes."

L’exécutif suivra les recommandations

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), qui avait relevé en janvier le manque de données scientifiques sur le sujet, doit rendre son rapport final en mars 2021. Dans la foulée de la publication de celui-ci, le gouvernement a mis en avant le fait que ce rapport "estime, au vu des premières données disponibles, que l’augmentation des expositions aux ondes sera modérée, y compris en phase d’utilisation commerciale".

Dans un communiqué commun, les ministres Barbara Pompili (Transition écologique), Bruno Le Maire (Economie), Olivier Véran (Santé) et le secrétaire d’Etat Cédric O (Transition numérique) indiquent que le gouvernement "appliquera les recommandations du rapport".

Le gouvernement "entend" ainsi "rendre systématiquement public l’ensemble des informations, études et rapports dont il dispose s’agissant de la 5G". Il affirme que les contrôles menés sur le terrain par l’Agence nationale des fréquences (ANFR) seront "multipliés dans tous les territoires, en particulier dans le cadre du déploiement des antennes 5G, et leurs résultats seront systématiquement rendus publics".

Les travaux d’expertise de l’Anses seront pour leur part "intégralement publiés et soumis à une consultation publique".

Quant aux élus locaux, le gouvernement indique qu’il va engager "sans délai des travaux avec les associations de collectivités territoriales et les opérateurs de téléphonie mobile", dans le but de définir "ensemble les modalités d’une meilleure information et d’une plus grande association des élus locaux".

samu


Par Emmanuel Lagarde, Université de Bordeaux

Chaque jour, les SAMU de France reçoivent environ 85 000 appels. Ce chiffre a presque doublé aux pires moments de la crise de la Covid-19. Le contenu de chaque appel fait l’objet d’un compte rendu informatisé au fur et à mesure des informations collectées par les différents intervenants : l’assistant de régulation médical lors de la prise d’appel, le médecin régulateur et l’assistant de régulation médical dédié à l’envoi des moyens et au suivi des bilans.

Se donner les moyens de suivre les évolutions des motifs de tous ces appels, c’est se doter d’un outil puissant et réactif d’observation de la santé de la population.

Mais en pratique, nous disposons de centaines de milliers de comptes rendus qui ressemblent par exemple à ça :

Deux comptes rendus réels d’appels au SAMU – le cas lié à la Covid-19 est évident. Mais comment prendre le temps de lire et classer 85 000 appels par jour ? Emmanuel Lagarde, Author provided

Pour savoir si l’appel correspondant à ce compte rendu est à classer plutôt dans la catégorie « suspicion de Covid-19 » ou « accident domestique », il suffit de le lire.

Mais lorsqu’il s’agit de classer les 85 000 appels du jour, la relecture est impossible. On pourrait bien sûr demander aux répondants de classer eux-mêmes ces appels, mais cela pose deux problèmes : d’abord, ils ont autre chose à faire, occupés qu’ils sont à prodiguer leurs conseils aux appelants ou à envoyer les secours les plus appropriés. L’autre raison est que, dans le feu de l’action, ils ne disposent pas toujours du recul suffisant pour faire cette classification sans être influencés par divers facteurs : pression de l’urgence, situation épidémique, priorité donnée à d’autres dossiers, sensibilité individuelle à tel ou tel dossier par exemple. C’est pour ces raisons que les tentatives faites jusque-là ont échoué à mettre en place un système de codage satisfaisant.

Un outil récent de l’intelligence artificielle à la rescousse

Nous développons une solution utilisant l’intelligence artificielle pour effectuer ce travail de classification, car elle possède deux qualités bien utiles : elle opère quasi instantanément et de manière totalement indépendante du contexte.

Pour construire un outil permettant de réaliser cette tâche, nous avons fait appel à une technologie issue d’une avancée très récente dans le domaine de l’intelligence artificielle qui porte un nom de blockbuster : le « Transformer ». Cette technologie est construite en deux phases : la première consiste à montrer au Transformer un nombre aussi grand que possible d’exemples de comptes rendus pour lui apprendre à écrire « à la manière » de ces comptes rendus. La deuxième étape consiste à entraîner le Transformer à réaliser la tâche de classification en lui « montrant » des exemples de comptes rendus avec la bonne classification, réalisée pour cette phase d’apprentissage par un humain. Plus on lui montre d’exemples, meilleur sera le Transformer lorsqu’il aura à faire la classification lui-même.

Nous avons appliqué notre Transformer aux données issues du centre 15 du SAMU de la Gironde, avant, pendant et après la période de confinement pour observer les tendances dans le motif des appels.

Admissions aux urgences en Gironde et les appels au SAMU 33 correspondant à des symptômes grippaux, extrait par le Transformer de l’ensemble des appels. Emmanuel Lagarde, Author provided

Ceci nous a appris que le nombre d’appels pour symptômes grippaux a connu un pic très important trois jours avant le début du confinement, deux semaines avant l’arrivée de patients présentant des symptômes évocateurs de Covid-19 aux urgences. On constate aussi des pics d’appels, plus tardifs, pour douleur thoracique et stress et anxiété (non représentés sur la figure), contemporains des admissions aux urgences. Les appels pour douleur thoracique correspondent en fait à des patients qui présentent des difficultés ou des détresses respiratoires, signant pour ceux atteints de la Covid-19 un stade plus grave de la maladie. Le pic des appels pour stress et anxiété témoigne pour sa part de l’inquiétude que génère ce début d’épidémie.

Il ne s’agit là que de résultats préliminaires. Nous travaillons par exemple aujourd’hui à construire des indicateurs qui permettraient de mieux distinguer les signes d’épidémie, de façon par exemple à différencier le plus tôt possible une poussée de Covid-19 de celle de la grippe saisonnière.

Comment les « Transformers » ont révolutionné les outils de lecture de texte automatiques

Le Transformer est le dernier rejeton des techniques d’analyse du langage, qui évoluent très vite.

Les applications les plus connues sont sans doute les outils de traduction automatique, par exemple l’impressionnant DeepL, mais ces techniques sont aussi mises en œuvre pour « comprendre » les textes. C’est ce qui est utilisé par exemple lorsque vous faites une recherche en langage naturel sur un moteur de recherche.

Elles peuvent aussi être utilisées pour des tâches de classification. À partir d’un texte, on peut par exemple demander à la machine de produire un résumé ou de répondre à des questions le concernant.

Pourtant, à la fin des années 80, ça semblait mal parti pour la communauté scientifique de l’apprentissage automatique : les ordinateurs d’alors, dotés des algorithmes d’alors, ne réussissaient pas à assimiler la grammaire et la structure sémantique du langage humain.

Plusieurs stratégies apparaissent dans les années suivantes. Elles sont basées sur des modèles statistiques dont les paramètres s’affinent au fur et à mesure de l’apprentissage et elles ne fournissent pas des résultats, mais seulement des probabilités de résultats : dans notre exemple, le Transformer ne dirait pas qu’un compte rendu doit être classé comme un syndrome grippal. Il dira que la probabilité que ce soit le cas est de 90 %.

Dans les années 2010, l’utilisation d’algorithmes informatiques qui singent de manière grossière le fonctionnement des réseaux de neurones renouvelle le domaine, en permettant enfin de réaliser des « apprentissages profonds », avec de nouvelles performances.

Parmi ces réseaux de neurones dits « artificiels », la famille dont fait partie le Transformer se caractérise par des modèles qui permettent de traiter les données dites « séquentielles », comme les données météo ou les suites de mots qui forment des phrases. Le Transformer apparaît en 2018, et ses performances étonnantes révolutionnent aujourd’hui la discipline.

Pourquoi Transformer est-il aussi puissant ?

Pour faire court, le Transformer est construit pour tirer des leçons des interrelations entre les différents morceaux d’une phrase (par exemple des mots ou des morceaux de mots) à partir de la lecture d’une grande quantité de textes.

Dans une première phase, dite d’« apprentissage non supervisé », le Transformer est rendu capable de produire des textes artificiels indistinguables de textes produits par des humains. On lui montre pour cela le plus grand nombre de textes possible – dans notre cas, environ 300 000 comptes rendus. À la fin de cette phase, le modèle est capable de prédire le mot qui suit une série de mots donnés. Par exemple, si on entre la phase « le petit chat s’approche du chien avec », le système proposera comme mot suivant « précaution », ou encore le mot « son ». On peut ainsi construire de manière itérative un texte artificiel en répétant le processus avec comme nouvelle phrase d’amorce « le petit chat s’approche du chien avec son ».

Le Transformer devient ainsi une machine à produire du texte synthétique. Si le résultat peut être tour à tour surprenant, abscons, amusant ou pertinent, produire du texte artificiel n’a pas beaucoup d’utilité en soi. Mais il permet, et c’est là toute sa puissance, de construire un système dédié à une tâche à moindre effort. Pour nous, il permet de classer ces comptes rendus grâce à la deuxième phase d’apprentissage, dite supervisée.

Voici deux exemples de comptes rendus artificiels produits par notre Transformer après avoir lu 300 000 comptes rendus d’appels au SAMU. Emmanuel Lagarde, Author provided

Cette deuxième phase d’apprentissage change de nature : on montre cette fois au modèle des couples formés du texte à classer et de la bonne classe, déterminée par un codeur humain. Grâce à la première phase d’apprentissage au cours de laquelle le modèle a appris à construire des phrases intelligibles, dans laquelle des notions sémantiques ont été intégrées, les exemples nécessaires pour apprendre une tâche utile deviennent très peu nombreux. Un peu comme un enfant à qui il n’est pas utile de montrer 10 000 fois comment fonctionne un biberon, un jouet ou un téléphone pour qu’il en maîtrise l’usage.

C’est ce Transformer, entraîné cette fois-ci de manière « supervisée » – c’est-à-dire avec des exemples de résultats attendus, qui nous permet pour chaque appel de déterminer automatiquement quels sont les symptômes évoqués, ou quel est la nature de l’événement concerné, un accident de la route, une chute, une toux inquiétante ou un malaise.


 Emmanuel Lagarde, Directeur de recherche INSERM, Université de Bordeaux Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.Cet article a été co-écrit par la Dr Catherine Pradeau du service SAMU-SMUR et par le Dr Cédric Gil-Jardine du service des Urgences du Centre Hospitalier Universitaire de Bordeaux.The Conversation

écriture
Le geste associé au tracé d'une lettre en favorise la reconnaissance en situation de lecture.Shutterstock


Denis Alamargot, Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC) et Marie-France Morin, Université de Sherbrooke

Avec la généralisation des technologies numériques et l’utilisation massive des ordinateurs, la tentation est grande d’abandonner l’écriture à la main au profit du clavier. Toutefois, les recherches menées en psychologie cognitive et en neurosciences cognitives montrent que l’écriture manuscrite est une ressource et un outil cognitif, qui facilite les apprentissages, contrairement au clavier.

Ainsi, chez des élèves de maternelle, le geste d’écriture (ou geste graphomoteur) qui est progressivement associé, avec la pratique, à la réalisation du tracé d’une lettre donnée, devient un indice en mémoire, au même titre que la forme, le nom et le son de cette lettre. Il améliore sa reconnaissance en situation de lecture.

Cet effet facilitateur de la graphomotricité n’a pu être retrouvé à ce jour avec le clavier car celui-ci n’exige qu’un seul et même geste, quelle que soit la lettre – soit un simple appuie sur une touche.

De même, il a été montré que le recours au clavier pour rédiger des textes impactait fortement les performances en rédaction d’élèves, dans la cinquième ou la sixième année de leur scolarité, dès lors qu’ils n’avaient pas bénéficié d’une formation approfondie à la dactylographie. Le clavier les place en situation de surcharge cognitive.

Qualité et vitesse d’écriture

Si les recherches s’accordent sur la nécessité de conserver l’écriture manuscrite, notamment à l’école, il ne s’agit pas pour autant de renier les apports des technologies numériques. L’idée est alors d’utiliser les tablettes tactiles comme support d’écriture manuscrite. Le remplacement du couple papier-crayon par le couple stylet-tablette permet ainsi de conserver le geste d’écriture, tout en profitant des apports d’un environnement numérique.

Mais est-ce si évident ? En fait, non. Le problème qui se pose en premier lieu est celui d’un possible effet perturbateur de la surface de la tablette. Celle-ci est particulièrement lisse par rapport au papier. Qui a signé un jour avec un stylo à l’arrière d’une carte bancaire a très certainement éprouvé l’effet d’une très faible friction de la surface d’écriture… et il ne s’agissait ici que d’une signature dont le tracé est presque automatique. Qu’en est-il s’il s’agit d’écrire des lettres et des mots sur une telle surface lisse ?

À l’évidence, avant d’aller plus loin dans la promotion de l’écriture manuscrite sur tablette à l’école, il s’avère indispensable d’évaluer si, et en quoi, l’écriture des élèves serait perturbée lorsqu’on leur demande d’écrire sur l’écran d’une tablette avec un stylet.

Pour répondre à cette question, nous avons conduit une expérimentation pionnière dans le but d’évaluer l’effet induit par la faible friction de la surface de la tablette sur le pilotage du geste d’écriture chez des élèves encore novices (en deuxième année du primaire – 7,5 ans) et chez des élèves devenus plus experts dans le tracé des lettres (en neuvième année scolaire, soit la classe de troisième en France – 14,5 ans).

Pour ce faire, il a été demandé à tous les élèves de rappeler leur prénom ainsi que les lettres de l’alphabet en écrivant avec un stylo à bille sur du papier, et avec un stylet à mine plastique sur l’écran d’une tablette. Deux analyses complémentaires ont été menées pour apprécier les performances selon les deux conditions d’écriture.

La première analyse a consisté à évaluer la qualité graphique des lettres en termes de conformité par rapport à leurs formes académiques. La seconde analyse a consisté à extraire, depuis les informations transmises par la tablette, des indicateurs de la dynamique du geste graphomoteur, comme : la pression exercée sur le stylo/stylet pendant l’écriture d’une lettre, la durée de production des lettres, la durée des pauses d’écriture, la longueur du tracé, ou encore la vitesse de mouvement du stylo.

Programmation et régulation

Les résultats de cette étude montrent que tracer des lettres sur la tablette avec un stylet entraîne une dégradation de la qualité des lettres du prénom – qui est pourtant une suite de lettres dont l’écriture est bien assimilée par les élèves – et une augmentation de la taille des lettres, ce quel que soit le niveau scolaire.

Par ailleurs, l’écriture sur tablette avec un stylet conduit les élèves de deuxième année à faire des pauses plus longues au cours du tracé, et les élèves de neuvième année à tracer plus rapidement des lettres plus grandes, en exerçant une pression plus importante sur le stylet.

Ces résultats indiquent qu’en écrivant sur la surface lisse d’une tablette, les élèves de deuxième année éprouvent des difficultés à programmer (calculer) les différents segments composant le tracé de la lettre.

Les élèves de neuvième année, plus avancés sur le plan de la graphomotricité, rencontrent des difficultés non pas de programmation des segments mais de régulation de la trajectoire du stylet. Voilà qui les oblige à augmenter la taille des lettres et la pression exercée sur la mine, pour mieux ressentir la force exercée par le stylo sur les doigts (autrement dit, maximiser ce qui est appelé le feedback proprio-kinesthésique) et conserver un pilotage adéquat malgré la faible friction.

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Tracer des lettres sur une tablette avec un stylet entraîne une dégradation de la qualité et la vitesse d’écriture des lettres. Shutterstock

Ces premiers résultats, alertant sur les effets négatifs possibles d’un usage exclusif du couple stylet-tablette pour écrire à l’école, ont été confirmés par deux autres études qui montrent que ces perturbations du pilotage du geste sont également présentes chez des élèves de maternelle (5,5 ans), de deuxième année (7,7 ans) comme chez des adultes (21,8 ans), même si elles sont plus ou moins marquées selon la nature de la tâche d’écriture.

Pilotage visuel

S’il ne fait ainsi pas de doute que la faible friction d’une tablette perturbe le pilotage du geste d’écriture en modifiant la perception de son stylo par le scripteur, il est alors possible de s’interroger sur le recours possible à l’analyse visuelle pour adapter le pilotage du geste et réussir malgré tout à former des lettres, même si celles-ci sont dégradées.

En effet, en plus de l’utilisation du feedback proprio-kinesthésique (c’est-à-dire la sensation du crayon dans les doigts), le scripteur peut également utiliser la vision pour guider la trajectoire de la pointe du crayon. Ce mode de pilotage visuel, utilisant ce qui est appelé le feedback rétroactif visuel (où l’œil pilote le crayon), est le fait des plus jeunes scripteurs qui, encore peu expérimentés, tracent la lettre petit à petit. Ils ajustent la trajectoire de leur trait sur la base de l’analyse visuelle du tracé.

Pour évaluer dans quelle mesure écrire sur une tablette obligerait un scripteur, même expert, à revenir à un mode de pilotage visuel, nous avons proposé à des élèves de deuxième année (7,8 ans), cinquième année (11,1 ans) et à des adultes (25,4 ans) d’écrire avec un stylet des lettres et des mots, sur une tablette dont la surface était lisse ou rendue rugueuse par l’ajout d’un film plastique sur l’écran. Dans certains cas, un cache amovible empêchait de voir ce qu’écrivait la main, dans d’autres, non.

L’analyse de la qualité des lettres tracées et de la dynamique de l’écriture montre qu’en l’absence de vision et en présence d’une surface lisse, la qualité des lettres diminue, alors que la vitesse du crayon et la taille du tracé augmentent, notamment chez les plus jeunes.

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Les jeunes scripteurs tracent chaque lettre petit à petit, ajustant la trajectoire de leur trait par une analyse visuelle. Shutterstock

Ce résultat indique que les élèves, en situation habituelle de vision, compensent l’effet de la faible friction de la surface de la tablette en mobilisant plus fortement la vision pour piloter le tracé du crayon, stratégie caractéristique des scripteurs débutants.

Ces différentes études, aux résultats convergents et complémentaires, indiquent qu’à ce jour le couple tablette-stylet ne saurait se substituer de façon transparente au couple papier-crayon, et ce, quel que soit le niveau des élèves.

Au regard des résultats, il apparaît nécessaire que les écrans des tablettes soient modifiés quant à leur structure de façon à augmenter leur degré de friction, autrement dit, les rendre moins lisses, de telle sorte qu’il devienne aussi aisé et évident d’y écrire que sur une feuille de papier.

Le simple fait de positionner un film plastique plus rugueux sur l’écran de la tablette s’avère être une solution technique simple qui rend les tablettes plus propice à l’écriture. En l’état actuel, la nécessité d’adapter le pilotage de son geste – notamment en exigeant pour le jeune scripteur de recourir plus fortement à l’analyse visuelle de son tracé – pose la question d’un impact possible sur les performances à des tâches orthographiques ou rédactionnelles.

En effet, ces tâches nécessitent elles aussi un traitement d’information visuelle potentiellement concurrent. Des études complémentaires doivent être menées pour explorer ces aspects ainsi qu’étudier les effets d’entraînements qui pourraient minimiser les difficultés associées à l’écriture sur tablette.The Conversation

Denis Alamargot, Professeur des Universités, Université Paris-Est Créteil Val de Marne (UPEC) et Marie-France Morin, Professor / Professeure titulaire, Chercheure régulière au GRISE, Faculté d'éducation, Université de Sherbrooke Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

 

cloud

Par WasabI, spécialiste du cloud

La crise mondiale qui a émergé suite à la pandémie de COVID-19 a impacté tous les secteurs de nos sociétés. Durant cette période, la digitalisation a permis à des secteurs entiers d'assurer la continuité de leur activité quand d'autres ont dû s'arreter du jour au lendemain.Si le numérique apparaît plus que jamais comme incontournable, tant pour le secteur privé que public, il soulève également de nombreuses questions autour de la sécurité, notament à l'heure où les données représentent une valeur inestimables pour les entreprises. Pami elle, les attaques de type ransomware. 

Wasabi, fournisseur de solution hot cloud storage, explique comment et pourquoi il est indispensable de se protéger contre ces attaques. 

L'une des plus grandes menaces de cybersécurité à laquelle sont confrontées les entreprises est le phénomène des ransomware. Il fait des ravages dans les systèmes informatiques et peut coûter des millions aux organisations pour réparer les dégâts. La forme la plus courante est la "crypto-ransomware". Celle-ci consiste à crypter des fichiers de valeur ou le contenu d'un disque entier afin d'empêcher les utilisateurs d'y accéder. Si ces données n'ont pas été sauvegardées quelque part, ou si la sauvegarde est également cryptée, l'organisation ou la personne victime se voit dans l'obligation de payer le cybercriminel, au risque de faire face à la perte de ses données.

 L'impact que représente la perte de données pour une entreprise peut être catastrophique et dans certains cas, mener à l'arrêt total de l'activité. Les conséquences des temps d'arrêt pour les entreprises victimes d'une attaque ransomware sont généralement d'ordre financier, en raison de la perte de revenus ou des temps d'inactivité des employés. En plus de les rendre inaccessibles, ces attaques peuvent également donner lieu à la divulgation des données confidentielles d'une entreprise. Mais lorsque l'attaque vise des services gouvernementaux, médicaux ou d'urgence, il ne s'agit plus seulement de coûts financiers mais de la sécurité, de la protection et de la santé des personnes qui dépendent de ces organismes.

Comment prévenir une attaque ransomware ?

Cela peut paraitre simpliste mais le meilleur moyen d'éviter de payer une rançon est de restaurer les données affectées par une cyber attaque, à partir de sauvegardes. Encore faut-il que cela soit possible. Les données sauvegardées ne sont pas à l'abri, elles aussi, d'une attaque ransomware. Cependant, un programme de conservation diligente comprenant plusieurs versions, différents points de récupération (annuel, mensuel, hebdomadaire, quotidien) et une séparation géographique entre les copies de sauvegarde, contribuent largement à réduire l'impact des attaques.

Bien entendu, le meilleur pare-feu consiste à empêcher les cybercriminels d'accéder au réseau et à surveiller les activités suspectes via des logiciels de surveillance et des systèmes de détection d'intrusions.

 Une règle empirique commune pour la sauvegarde des données est connue sous le nom de « règle 3-2-1 ». Celle-ci consiste à conserver trois copies de ses données, deux sur des supports différents et une hors site. L'option hors site est logique car la délocalisation, aussi appelée « air gapping », d'une des copies de sauvegarde, permet de mieux se prémunir contre une attaque. Malheureusement, le "air gapping" consiste généralement à conserver une copie "hors ligne" et à la mettre hors tension quelque part. Cela limite l'accès à la copie de sauvegarde et, dans certains cas, il peut falloir des jours pour la localiser et la remettre en ligne. C'est ici que le stockage cloud rentre en jeu.

Le stockage cloud permet d'accéder aux données hors site en quelques millisecondes. Cette solution, moins coûteuse que le stockage sur site, donne un accès quasi instantané aux données et ajoute un niveau de protection supplémentaire, en délocalisant la sauvegarde. C'est notamment pour cela que de nombreuses entreprises utilisent désormais le stockage cloud dans le cadre de leur stratégie de sauvegarde 3-2-1.

Dans le cas d'une attaque ransomware la meilleure défense reste encore l'attaque. Il existe aujourd'hui toute une série de produits anti logiciels malveillants et de décryptage pour protéger son système. Pourtant, l'un des moyens les plus simples de sécuriser ses données consiste à effectuer des sauvegardes régulières, idéalement en conservant au moins une copie de sauvegarde hors site. À ce titre, le cloud ne doit pas seulement être perçu par les entreprises comme une solution de stockage, mais comme un élément essentiel de leur stratégie de cybersécurité. 

 

 

recrutement

Aude Barral, co-founder & CCO de Codingame

Partout dans le monde, les professionnels du recrutement tech observent un accroissement important de candidatures pour leurs postes vacants. L'impact de la crise sanitaire et le ralentissement économique qui a suivi ont entraîné une mobilité accrue des développeurs sur le marché de l'emploi dans l'informatique. Avec un nombre de candidats parfois jusqu'à dix fois plus élevé qu'auparavant, les processus de recrutement doivent s'adapter à de nouvelles méthodes, notamment le recrutement à distance, qui s'opère aujourd'hui de bout en bout de la chaîne.

Trouver des développeurs à distance : le sourcing en ligne

Si près de 99 % des développeurs logiciel sont passés en “full remote” pendant la pandémie COVID-19 avec une aisance certaine (Source : Enquête CodinGame sur le Télétravail Juin 2020), les recruteurs ont quant à eux dû adapter leurs process de recrutement à une dématérialisation complète.

Actuellement, il est possible de faire preuve de créativité pour aller plus loin que la chasse de profils tech sur Linkedin. Pour sourcer des profils pertinents efficacement en ligne, il est intéressant de se tourner vers les événements de recrutement organisés à distance. Les compétitions de code et hackathons online ont l’avantage de pouvoir rassembler plusieurs milliers de participants aux quatre coins du monde sur le même lapse de temps. Les forums d’emplois virtuels, quant à eux, remplacent le dialogue candidat-recruteur en face-à-face avec des échanges par messagerie instantanée, forums de discussion et chatbots.

Certaines entreprises ont opté pour des “journées portes ouvertes en ligne”, avec vidéos de présentation de l’entreprise ou des locaux à l’appui, et échanges en mode webinar via des plates-formes de vidéo-conférence type Zoom pour les sessions de questions-réponses avec les visiteurs.

Enfin, les plates-formes de recrutement à distance avec mise en relation par matching permettent aux professionnels des ressources humaines d’entrer en contact et d’échanger avec des candidats ouverts à de nouvelles opportunités.

L’évaluation des compétences à distance : la phase de pré-sélection

Évaluer le niveau de compétences techniques d’un développeur sans le rencontrer en direct oblige bien souvent les entreprises à se doter de nouveaux outils.

Pour plus de pertinence d’évaluation des compétences métiers pour les profils tech, il est préférable de s’éloigner des tests QCM ou de l’exercice à résoudre à la maison et privilégier les tests techniques en ligne avec mise en situation professionnelle, c’est-à-dire, des sessions de qualification qui font directement programmer les développeurs pour répondre à des problématiques métiers qu’ils pourraient rencontrer demain en entreprise. Surtout qu’en ce qui concerne les logiciels d’évaluation des compétences techniques en ligne, le choix est vaste.

Sur ces logiciels c’est le savoir-faire seul qui compte. L’analyse des compétences et la correction sont automatisées, permettant d’éliminer les biais cognitifs. Ces logiciels génèrent ensuite un rapport de test facile à interpréter, qui permet de short-lister rapidement les candidats dans une procédure de recrutement à distance.

Nouveaux sur le marché, les tests techniques sous forme de jeux qui s’appuient sur la gamification permettent de séduire des candidats qui pourraient être réfractaires à un test technique classique.

L’entretien à distance : de la visio-conférence au live coding

Les entretiens en vidéo peuvent être organisés avec la plupart des plates-formes de visio-conférence disponibles sur le marché. Ils permettent de convier plusieurs participants pour des entretiens collaboratifs. Le point crucial est de conserver la rigueur d’un entretien classique : dress code, ponctualité, et surtout, une qualité de réseau irréprochable pour maximiser l’expérience candidat.

Un entretien en ligne est souvent plus complexe à mener qu’un entretien en face-à-face. La distance ne permet pas de décoder le langage corporel et il peut être difficile de capter l’énergie des candidats. Il est conseillé de préparer en amont une grille d’entretien et la liste de questions qui permettra de proposer aux candidats la même trame et de les évaluer sur les mêmes critères objectifs.

Pour aller plus loin, certaines plates-formes de recrutement de développeurs permettent de mener des entretiens techniques en format “live coding”. La fenêtre de dialogue est alors complétée par une interface web de code dynamique qui permet de proposer aux candidats de programmer directement en commentant leur processus de réflexion. Pour les mettre à l’aise dans cet exercice, il convient de leur rappeler qu’on n’attend pas d’eux un algorithme sophistiqué ou une solution optimale mais que c’est un support d’échange pour mieux comprendre leur approche du métier.

Ainsi, il est indispensable aux entreprises mais aussi à la société de façon générale de trouver non seulement les outils les plus performants sur une longue durée, mais surtout d’apprivoiser de nouveaux codes imposés par cette période si particulière et si instable.

 

workflow


Par Franck Lheureux, Directeur Général EMEA chez Ivalua

Jusqu’à présent les entreprises concentraient leurs efforts d’optimisation sur les chaînes d’approvisionnement classiques. Face au contexte actuel, force est de constater qu’elles n’étaient pas préparées à une crise de cette ampleur. Tension sur les matières premières, fermeture des frontières, confinement et limitation de la production, pour de nombreuses entreprises, le contexte de la pandémie était tout simplement inimaginable. Celles-ci ont cependant rapidement pris conscience de ces défis et ont été nombreuses à réorganiser intégralement leurs chaînes d’approvisionnement. Une dynamique qui à mes yeux repose sur cinq critères : créer de la transparence, améliorer les liens avec les fournisseurs, optimiser la chaîne d’approvisionnement, diversifier les fournisseurs pour gagner en agilité, et suivre en permanence les risques éventuels.

Jouer la carte de la transparence

À tout moment, une entreprise doit savoir avec quels fournisseurs elle travaille sur un projet donné, et être en mesure de les visualiser de manière immédiate. Cela s’applique tout particulièrement aux fournisseurs de rang 2 et 3, dont l’importance est bien trop négligée à nos yeux. C’est justement en temps de crise que la situation devient rapidement problématique : la disparition de plusieurs partenaires d’une même région peut rapidement entraîner des problèmes d’approvisionnement et plonger tôt ou tard les entreprises, même de grande envergure, dans des difficultés économiques. La crise du Covid-19 l’illustre très nettement : en Chine, des zones tout entières, consacrées à la  high-tech, ont dû interrompre leur activité, se traduisant par des blocages de production et un allongement considérable des délais de livraison pour les clients.

Améliorer la coopération avec les fournisseurs

Les entreprises ont tout à gagner à collaborer plus étroitement avec leurs fournisseurs pour planifier les commandes, établir des prévisions et suivre les inventaires. Plus le dialogue est structuré et organisé et plus les fournisseurs pourront prévoir efficacement les demandes clients et ainsi mieux gérer leurs propres stocks de produits et sous-traitants – et donc informer plus tôt leurs mandataires d’éventuels problèmes de livraison.

Favoriser une meilleure collaboration au sein de la chaîne d’approvisionnement

Il faut en prendre acte, une utilisation pertinente des données disponibles améliore la transparence à chaque étape de la chaîne d’approvisionnement, car toutes les parties concernées peuvent exploiter ces données pour optimiser leurs processus de travail. Ainsi, les entreprises peuvent évaluer leurs fournisseurs, mieux estimer les risques et, en cas de besoin, sélectionner plus rapidement de nouveaux partenaires. Et ce, à chaque étape du cycle de vie d’un produit. Une démarche bénéfique en temps de crise.

Engager une diversification des fournisseurs

Les crises telles que l’épidémie de coronavirus, ou encore le tsunami de 2011 au Japon, font ressortir les dangers d’une dépendance excessive vis-à-vis d’un seul fournisseur ou de plusieurs partenaires implantés dans une seule et même région. Les entreprises doivent diversifier les fournisseurs de certaines marchandises et prestations, tout comme un investisseur diversifie son portefeuille pour s’assurer des revenus stables.

S’assurer du suivi permanent des risques

Les entreprises auraient tout intérêt à suivre de près les risques majeurs pour leur activité, ainsi que leurs répercussions sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement et donc le produit final, ou le service. Si les points 1) et 2) ont été mis en place, elles pourront s’adresser à temps à des fournisseurs de substitution et rester compétitives. Lorsqu’un système de gestion des risques est déjà en place, ce dernier doit sans cesse tenir compte de l’évolution du contexte et être complété par des informations de sources externes : données météorologiques ou encore analyses de réassureurs ou de solutions de gestion des risques pour supply chains, telles que Risk Methods par exemple.

La crise du Coronavirus a plongé l’ensemble des entreprises dans une période inédite. Nos modes de travail habituels ont été bouleversés en l’espace de quelques semaines et il est fort à parier que les changements que nous vivons actuellement deviennent la norme des prochaines années. Il convient dès lors de s’adapter et de faire évoluer ses cadres opérationnels afin de rester compétitif. Les enjeux logistiques sont dans ce sens un excellent indicateur des transformations utiles qu’il nous convient d’adopter.  

 

Protus

Ces derniers jours nos regards se sont tournés vers l’espace entre le lancement réussi de la mission Mars 2020 ou l’annonce par l’astronaute Thomas Pesquet de son retour sur l’ISS, la station spatiale internationale en 2021 à bord de la capsule Dragon X de Space X. Mais les horizons lointains ne sont pas que dans l’espace, ils peuvent aussi être sur la Terre, dans les profondeurs des océans qui conservent encore beaucoup de mystères. C’est pour pouvoir les percer que le petit-fils du commandant Cousteau, Fabien Cousteau, porte le projet de créer une "ISS de l’océan. "

À la tête de la Fabien Cousteau Ocean Learning Center (FCOLC), dédié à la protection et à la préservation des eaux, des zones côtières et des habitats marins via des actions concernant l’éducation, la recherche, la collaboration, et l’autonomisation, il porte un projet qui s’appelle "Proteus", avec le designer suisse Yves Béhar. "L’exploration océanique est 1 000 fois plus importante que l’exploration spatiale pour – égoïstement – notre survie, pour notre trajectoire vers le futur", explique Cousteau.

Ce projet ambitieux est comme l’héritier des idées du commandant Cousteau qui avait lancé en 1962 les habitats sous-marins "Précontinent", d’abord à basse profondeur près des côtes, puis jusqu’à 100 en 1965 avec Precontinent III.

Proteus serait une vaste base de recherche de 370 m2, capable d’accueillir 12 personnes à 19 mètres de profondeur. Grâce à cet habitat sous-marin, les scientifiques gagneraient du temps et, selon Fabien Cousteau, pourraient réaliser "30 à 40 fois plus de recherches qu’à terre."

Pour construire le projet Proteus, démarré il y a deux ans, Fabien Cousteau cherche à collecter 135 millions de dollars. Il a d’ores et déjà le soutien de plusieurs universités et de la Caribbean Research and Management of Biodiversity.


Disney Plus, le nouveau service de streaming vidéo de Disney a atteint plus de 50 millions d’abonnés début avril. Ivan Marc / Shutterstock

Par Antonios Vlassis, Université de Liège

La pandémie mondiale affecte le fonctionnement des industries culturelles et les flux mondiaux du contenu culturel numérique.

Prenant comme cas d’analyse les plates-formes numériques et leur place dans les écosystèmes de l’audiovisuel et de la musique, nous pourrions constater que même si l’univers des nouvelles plates-formes affiche des opportunités majeures – telles que des gammes de biens culturels abondantes et abordables et une accessibilité accrue des contenus sur le web – le contexte actuel amplifie des dynamiques de concentration du secteur culturel due à l’action omniprésente de certaines plates-formes en ligne (Netflix, Disney Plus, Spotify ou YouTube Music entre autres).

Ces dernières ont acquis une longueur d’avance sur leurs concurrents en matière de positionnement sur des marchés numériques en forte croissance. Par ailleurs, l’action omniprésente des plates-formes numériques américaines crée un fort contraste avec la politique étrangère de l’administration Trump qui se veut de plus en plus unilatéraliste et nationaliste.

Une vague de nouveaux abonnements

Selon le rapport trimestriel de Netflix, dans les trois premiers mois de 2020, la firme multinationale basée en Californie a cumulé 15,77 millions de nouveaux abonnés payants à travers le monde (+9,4 %) contre une prévision de 7 millions. Durant le grand confinement, la plupart des nouveaux abonnés étaient issus du marché international.

Aujourd’hui, Netflix totalise 182,9 millions d’abonnés, mais sa domination est mise à l’épreuve par Disney Plus, le nouveau service de streaming vidéo de Disney, lancé en novembre 2019 aux États-Unis, au Canada et aux Pays-Bas.

Début avril, Disney Plus a atteint plus de 50 millions d’abonnés contre 28,6 millions d’abonnés payants le 3 février. Il est clair que Disney Plus est aussi un bénéficiaire majeur du changement de consommation culturelle et de l’augmentation des heures de streaming à domicile à la suite de la pandémie de Covid-19. Notons que Disney Plus avait initialement fixé un objectif de 60 à 90 millions d’abonnés d’ici la fin de 2024.

Répartition du nombre d’utilisateurs actifs mensuels (MAU’s) de Spotify par zone géographique au premier trimestre 2020. Communiqué de presse Spotify

De son côté, Spotify a atteint 130 millions d’abonnés payants au premier trimestre de 2020 soit une augmentation de 6 millions d’abonnés soit une hausse de 31 %, supérieur aux prévisions initiales.

En outre, le nombre total d’utilisateurs actifs mensuels (MAU) de Spotify a augmenté de 31 % pour atteindre 286 millions, cumulant ainsi trois trimestres consécutifs de croissance supérieure à 30 %. Les régions de l’Amérique latine et du reste du monde continuent de connaître la croissance la plus rapide, ces segments progressant respectivement de 36 % et 65 %.

Enfin, en avril 2020, Apple a rendu Apple Music disponible dans 52 pays supplémentaires – notamment en Afrique, en Amérique latine et dans les Caraïbes – offrant un essai du service gratuit pendant six mois.

Alors que durant la période du confinement, il n’y a pas de données concrètes sur YouTube Music, il est révélateur qu’au cours du premier trimestre de 2020, les revenus publicitaires de YouTube soient passés de 3,02 milliards dollars US à 4,03 milliards dollars US, en hausse de 25 % par rapport au même trimestre de l’année dernière.

YouTube représente ainsi plus de 10 % des revenus globaux de Google, ce qui illustre à quel point la plate-forme vidéo est devenue indispensable pour la société de San José.

Soft power et diplomatie

La diplomatie publique est un élément clé de la stratégie de ces acteurs numériques dans le contexte de la pandémie de Covid-19. Alors que récemment, dans plusieurs pays, les appels à mettre en œuvre des politiques de contenu local et des mesures fiscales destinées aux acteurs numériques se multiplient, la stratégie de diplomatie publique cherche à promouvoir une image bienveillante de ces acteurs mondiaux.

Il s’agit ainsi de susciter un mouvement d’opinion favorable à leurs priorités de la part des régulateurs publics, des organismes de l’industrie numérique et des professionnels de la culture.

Dans le contexte du grand confinement, en mars 2020, Netflix a mis en place un fonds de 100 millions de dollars US pour aider à surmonter les difficultés dans les industries culturelles.

Dans les efforts de la société californienne de consolider sa place de l’acteur incontournable dans les secteurs culturels, ce fonds comprend des dons de 1 million de dollars US chacun destinés à de nombreuses associations aux États-Unis et au Canada, mais aussi à un grand nombre d’organisations publiques telles que le British Film Institute, la Commission du film italien, l’Institut brésilien du contenu audiovisuel, l’Académie mexicaine des arts et des sciences cinématographiques, l’Instituto de la Cinematografía y de las Artes Audiovisuales, l’Acción Cultural et la Film Academy en Espagne, ainsi que le Netherlands Film Fund.

Dans la même veine, Amazon Studios a fourni 1 million de dollars US à l’équipe de restauration du groupe de restaurants Jon & Vinny pour préparer et livrer des repas à des associations, dont le Motion Picture & Television Fund.

Par ailleurs, en avril 2020, Spotify a introduit une nouvelle fonction permettant aux artistes de recevoir de l’argent de la part des fans ou de faire un don à un organisme de charité. Le 25 mars, Spotify a également lancé le projet Spotify Covid-19 Music Relief. Dans ce cadre, Spotify s’est associé à des organisations, qui offrent un soulagement financier à la communauté créative à travers le monde. La contribution totale de Spotify s’élève à 10 millions de dollars US.

Capture d’écran du site Spotify Covid-19 Music Relief permettant de faire des dons. Site web

Les plates-formes visent aussi à développer une stratégie du patrimoine cinématographique. En avril 2020, Netflix a établi un nouveau partenariat avec MK2 Films, la société de vente et de distribution cinématographique basée à Paris. Il couvrira un catalogue de 50 films réalisés par François Truffaut, David Lynch, Michael Haneke, Xavier Dolan, Charlie Chaplin, etc.

À la suite de sa stratégie d’exploitation des œuvres du patrimoine cinématographique, en janvier 2020, Netflix a acquis les droits exclusifs de diffusion en streaming du catalogue complet de films de la maison d’animation japonaise, y compris les films d’animation de Hayao Miyazaki.

Concurrence imparfaite

Pour finir, malgré leur concurrence, les plates-formes en ligne globales sont reliées par une forte interdépendance stratégique bénéficiant d’avantages technologiques, d’une large base de consommateurs, d’économies d’échelle, de stratégies de diplomatie publique, d’une forte capitalisation boursière, ainsi que d’un cadre normatif fondé largement sur l’autorégulation.

Dans ce contexte, comme l’a montré la réforme récente de la directive européenne sur les services médias audiovisuels (SMA), les autorités publiques sont face à un enjeu majeur : garantir l’ouverture des marchés numériques aux contenus culturels transnationaux d’une part, et, d’autre part, impliquer les grandes plates-formes en ligne dans le financement, la visibilité et la découvrabilité des contenus culturels locaux, nationaux ou régionaux.

Cependant, à la lumière de la pandémie de Covid-19, la forte asymétrie d’accès aux données reste cruciale. Les plates-formes globales traitent d’une énorme quantité de données, qui échappe largement aux instituts de statistique culturelle, aux chercheurs et décideurs politiques.

L’accès restreint aux données sur l’offre et la consommation soulève des questions majeures en matière de transparence, de mise en place de conditions de concurrence équitable dans le marché, ainsi que de définition des politiques appropriées visant à améliorer les conditions économiques et sociales des créateurs et promouvoir la diversité des expressions culturelles dans un contexte changeant.The Conversation

Antonios Vlassis, Senior Researcher-Lecturer, Center for International Relations Studies (CEFIR)/Department of Political Science, Université de LiègeCet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

presse

La bataille entre les géants du web, et notamment Google, et les éditeurs de presse sur la rémunération des articles de ces derniers, vient de prendre une nouvelle tournure : une alliance forte entre Français et Allemands à l’heure où les plateformes tentent de diviser le front uni des éditeurs.

Assurer la juste rémunération  des éditeurs


Les éditeurs français et allemands viennent, en effet, de créer une nouvelle société de gestion collective pour assurer conjointement la négociation, la perception et la répartition du droit voisin crée par la directive sur le droit d’auteur. Il y a un an, la France était le premier pays à transposer cette directive européenne de 2019 sur le droit d’auteur avec la loi du 24 juillet 2019 qui accorde aux éditeurs un droit spécifique pour la reprise de leurs publications par les plateformes numériques.

«L’enjeu de ce nouveau droit est d’assurer une rémunération de la part des plateformes pour leur utilisation des publications de presse, afin que la valeur créée en ligne soit équitablement partagée avec les éditeurs», expliquent les partenaires. Afin d’assurer l’effectivité de ce droit en Europe et de créer pour les plateformes un guichet unique pour leurs utilisations de la presse en ligne, l’Alliance de la presse d’information générale, présidée par Jean-Michel Baylet, par ailleurs PDG du groupe Dépêche, et la VG Media, ont créé  ensemble cette nouvelle société de gestion collective, qui  sera ouverte à tous les éditeurs de presse européens.   

Les Européens soutiennent la directive


Pour rappel, la directive sur les droits voisins est largement soutenue par l'opinion. En 2019, avant les élections européennes, Harris interactive avait publié un sondage réalisé en France, Allemagne, Pologne, Espagne, Italie, République tchèque, Grèce et Roumanie. 80 % des Européens se déclaraient favorables à l’application, par l’Union européenne, de règles garantissant la rémunération des artistes et des créateurs de contenus dans le cadre de la diffusion de leurs œuvres sur les plateformes Internet.
GoogleHome


Face au coronavirus, la grande distribution, dont les magasins étaient fermés, a fait preuve d'innovation en développant massivement les drives et le numérique. Carrefour vient à cet égard de lancer une initiative inédite avec Google pour proposer de faire ses courses via l'assistant vocal du géant d'internet.
Carrefour est le premier distributeur au monde à s’intégrer au sein de la nouvelle expérience de courses à la voix sur l’Assistant Google, mise au point par les deux partenaires qui avaient signé un partenariat stratégique en juin 2018.

Une triple innovation

Cette intégration permet une triple innovation, explique Carrefour.
L’Assistant, auquel l’utilisateur peut dicter sa liste de courses (en disant "Ok Google, je veux faire mes courses") en utilisant des mots courants (ex : beurre, lait, fromage), est connecté à l’inventaire e-commerce de Carrefour et peut ainsi traduire cette liste en un panier de produits disponibles à la vente sur carrefour.fr ;
Ensuite, cette traduction se fait de façon personnalisée : les références précises proposées par l’Assistant dans le panier reflètent la meilleure compréhension qu’il a des préférences produits de l’utilisateur, tout en laissant à celui-ci la possibilité de supprimer, modifier ou compléter ces produits à sa guise ;
Enfin, une fois qu’il a validé son panier dans l’Assistant, le client bascule de façon fluide dans l'univers e-commerce de Carrefour pour finaliser sa commande, confirmer son créneau et son mode de livraison (drive, drive piéton ou livraison à domicile), effectuer son paiement et faire jouer ses avantages Fidélité.

Protection des données personnelles

Pour que l’expérience fonctionne et permette à l’utilisateur de se voir proposer des produits pertinents, une condition : associer son compte Google et son compte Carrefour et donc autoriser Carrefour France à partager l’historique de ses achats chez Carrefour avec Google.
"À tout moment, l’utilisateur peut retirer son consentement et dissocier ses comptes. Le partage de l'historique d’achats avec Google est alors interrompu et Google supprime les données transmises. Il en va de même automatiquement si l’expérience n’est pas utilisée pendant une période de 30 jours. Enfin, Carrefour, conformément au Règlement Général sur la Protection des Données personnelles (RGPD), met à disposition des utilisateurs un espace dédié pour l’exercice de leurs droits (ex : droit d’accès, de rectification, d’effacement, d’opposition, etc.)", précise Carrefour sur ce sujet des données personnelles auquel les Français sont très sensibles.

La voix, un nouveau canal

La commande par la voix est une tendance qui va s'accélérer. 46% des Français ont déjà utilisé un assistant vocal selon une étude CSA et Hadopi "Assistants vocaux et enceintes connectées" publiée en mai 2019. 43% des usagers recourent à la recherche vocale pour sa rapidité d’action et les Français utilisent déjà un assistant vocal (notamment sur leur smartphone) pour dicter des mails et des SMS (19%), faire des recherches (15%), interagir avec des objets connectés (8%) et acheter sur internet (4%).
Ce dernier point montre que la marge de progression est donc importante. Carrefour y croit d'autant plus qu'un de ses clients sur 10 possède une enceinte connectée et un tiers déclarent utiliser un assistant vocal sur smartphone.
cloud



Par Laurent Dechaux, CEO France et EVP Sage Europe du Sud


Après l’arrêt brutal que nous avons connu en mars, la reprise progressive de l’activité, même fragile, inégale et étalée dans le temps, nous invite autant à l’optimisme raisonnable qu’à la vigilance. Ce qui est en jeu aujourd’hui va bien au-delà d’un simple retour de la croissance : alors que le monde économique vient de subir le choc le plus rude depuis la Seconde Guerre mondiale, il s’agit de la survie pure et simple des entreprises et des structures socio-économiques sur lesquelles elles reposent.

Les défis sont immenses. Dépasser les risques qui pèsent sur nos business passera par des “transformations radicales”, pour reprendre un mot qui fait florès aussi bien dans les entreprises qu’au plus haut de l’État, en passant par les ONG et les syndicats ! Des révolutions dont nous mesurons à peine la portée et l’importance aujourd’hui.

Si nous évoluons dans un contexte où les incertitudes sont nombreuses, un premier constat s’impose : le Cloud est un atout majeur au service de la performance et de la résistance des entreprises. C’est une réalité qui devient d’autant plus flagrante dans l’urgence de la crise. Pour ne citer que deux chiffres : le Cloud améliore de 20 % la productivité d’une entreprise, comme le montre une étude publiée avant la crise par la London School of Economics. L’un des directeurs associés du Boston Consulting Group rapporte pour sa part avoir observé que la migration dans le Cloud est susceptible de réduire les coûts opérationnels de 15 à 40 %, une économie critique en cette période.


Le Cloud, accélérateur d’inspiration stratégique


Ce constat se double d’une conviction profonde : certes, le Cloud est depuis 15 ans un atout au service de la performance de l’entreprise…mais il est aussi et il sera chaque jour davantage, via le business modèle du Saas qu’il induit, un puissant levier d’auto-disruption.

Par auto-disruption, il faut comprendre la capacité à « concevoir soi-même la fin ou la fragilité de son propre modèle, quand bien même celui-ci serait encore parfaitement rentable et générateur de cash pour l'entreprise. Et d'agir en conséquence », comme le résume Sergine Dupuy présidente de Redpill et administratrice de l’Observatoire de l’ubérisation.

Pour le dire autrement, le Cloud n’est pas seulement un outil, c’est aussi et d’abord un catalyseur d’innovation, un inspirateur de nouveaux process, d’une nouvelle culture du management, d’une nouvelle vision, même. C’est un actif stratégique pour l’entreprise, dans un contexte où chaque jour des certitudes se trouvent remises en cause.

Le Cloud est transformatif, parce qu’il rend possible l’adoption d’une organisation plus « lean » et plus agile. Le Cloud est le gage d’une flexibilité accrue, avec à la clé l’accélération du time-to-market. Le Cloud casse les silos, distribue l’intelligence, facilite l’adoption d’un rythme d’innovation élevé. Il accélère aussi le passage à l’échelle, nombre de startups « digital native » montrent l’exemple : le Cloud, parce qu’il offre la possibilité de distribuer des outils sans frontière de système ou de géographie et d’adapter très rapidement la capacité de charge des services proposés, offre l’opportunité de conquérir ou reconquérir des marchés très larges, facilite l’interconnexion avec ses filiales. On dit souvent qu’une équipe de 10 personnes “dans le Cloud” peut proposer ses services dans 50 pays.


Les entreprises les plus performantes, celles qui réussissent le mieux à saisir les opportunités de leurs marchés, aussi changeants soient-ils, sont déjà celles qui placent le Cloud au cœur de leur stratégie. Cette tendance ne peut que s’accélérer aujourd’hui.