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Covid-19 : comment le scan 3D fait avancer la formation médicale

 

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Les mannequins réalistes sont utilisés pour la formation aux tests diagnostiques du Covid-19, aux complications respiratoires, et bien plus. (Photo de Lifecast Body Simulation)


Par Andrei Vakulenko, Directeur du Développement Commercial chez Artec 3D

Aujourd'hui, tous les regards sont rivés sur les professionnels de santé. Alors que la pandémie de coronavirus fait rage, les médecins, infirmières et autres personnels soignants sont en première ligne pour soigner les malades, créer en urgence des protocoles de sécurité, et mettre au point des traitements contribuant à éradiquer le virus. Pendant ce temps, la future génération de professionnels médicaux apprend les spécificités du métier avant de participer à leur tour à la lutte contre les maladies.

La formation médicale se voit accélérée et enrichie par l'utilisation combinée des technologies de scan 3D, de l'impression 3D et de la réalité virtuelle. Ces outils ne cessent de gagner en popularité au sein de la communauté médicale - une tendance que la pandémie ne fait que renforcer.

De la dissection de cadavres virtuels numérisés en 3D...

Si la Covid-19 a développé l'enseignement en ligne et à distance, des étudiants de la faculté de médecine de Montpellier ont déjà l'habitude de cette forme d'apprentissage, en particulier quand ils doivent disséquer des cadavres, via des technologies de réalité virtuelle.

De vrais cadavres sont traditionnellement utilisés pour enseigner l'anatomie humaine et la dissection aux étudiants en médecine, mais des problèmes de disponibilité et de coût se posent souvent. Disséquer un cadavre est onéreux, d'autant plus que les étudiants inexpérimentés ne réussissent pas toujours du premier coup et peuvent abîmer voire détruire ce cadavre.

Guillaume Captier et Mohamed Akkari, deux chirurgiens du Laboratoire d'anatomie de la faculté de Montpellier, ont eu l'idée d'utiliser le scan 3D pour créer une application de formation à la dissection de cadavres. Afin de garantir le réalisme et la précision de l'exercice, toutes les étapes de la dissection ont été réalisées sur un vrai cadavre et ensuite numérisées à l'aide de scanners 3D, pour créer des modèles photoréalistes

Désormais, les étudiants s'entrainent à la dissection dans un environnement de réalité virtuelle montrant des cadavres ultraréalistes constitués de plusieurs couches de peau, de fascia et de muscle.

Grâce aux dispositifs haptiques, les élèves peuvent ressentir une résistance dans les instruments qu'ils utilisent pour pratiquer des dissections numériques. Ce projet pilote représente une forme d'apprentissage virtuel qui pourrait rapidement devenir populaire grâce aux économies qu'il permet et à son accessibilité aux étudiants à distance.

...à la simulation médicale sur des mannequins imprimés en 3D

Pendant ce temps, au Royaume-Uni, les hôpitaux NHS Nightingale n'ont eu d'autre choix que d'innover face à la propagation de la Covid-19. Dès le début de l'épidémie, les respirateurs sont devenus indispensables au traitement des cas de Covid-19 les plus graves. Toutefois, dans les situations d'urgence, la précision est cruciale et peut constituer un défi pour les infirmières et les médecins débutants.

Deux semaines à peine avant que le Royaume-Uni ne se confine, les hôpitaux NHS Nightingale ont reçu des mannequins hyperréalistes à des fins médicales.

Pour créer ces mannequins, des volontaires vivants de tous âges, formes et origines sont scannées en 3D, afin d'obtenir un éventail de modèles de différentes taille, poids...

Ces scans sont ensuite imprimés en 3D puis utilisés pour créer des moules. Les touches finales, y compris l'ajout de poils (d'homme et de yak) sur les mannequins, ne fait qu'ajouter à leur réalisme.

Le scan et l'impression 3D servent également à reproduire des composants qui seraient extrêmement difficiles à mouler, telle la cage thoracique. Les mannequins ne se limitent pas à leur apparence incroyablement réaliste : ils ont atteint un niveau où ils peuvent avoir des capacités respiratoires et des fonctions internes, y compris le battement d'un pouls et une simulation de respiration. Chaque mannequin est également équipé d'une caméra enfoncée dans sa gorge et utilisée pour la formation à l'intubation.

Grâce aux mannequins scannés en 3D, les hôpitaux ont d'ores et déjà pu former des milliers de professionnels de santé aux soins liés à la Covid-19, et cela sans la pression de travailler sur un vrai patient et sans aucun risque d'une contamination.

Cette technologie 3D sert non seulement à améliorer la réactivité face à l'épidémie mais également à former un grand nombre de personnels soignants à utiliser des respirateurs, des ventilateurs et des incubateurs.

Ces deux cas offrent un aperçu du futur de la formation médicale. Chacun crée un environnement sûr et contrôlé pour la formation médicale, en éliminant la pression subie par les étudiants pour « réussir du premier coup ». La pandémie de Covid-19 accélère indubitablement ce genre d'avancées, et la présence du scan 3D dans la formation médicale se renforce au fur et à mesure que notre monde se numérise.

L’avocat sera-t-il remplacé une intelligence artificielle ?

Par Fabien Girard de Barros, DG de Lexbase

« Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie », énonçait la troisième loi de Clarke.  Cette loi se vérifie dans tous les domaines de la vie économique et sociale, droit compris. En Finlande notamment, le recours à la prédictivité est de plus en plus fréquent pour les petits procès. La question n’est pas de se positionner pour ou contre ces avancées : à l’occasion du bicentenaire de l’Ordre des avocats au Conseil d’État et à la Cour de cassation, Jean-Marc Sauvé estimait que « nous devons accepter cette réalité, nous saisir de ces opportunités, tout en sachant faire preuve d’une grande vigilance sur l’intangibilité des principes d’une justice indépendante, impartiale, transparente, humaine et équilibrée (…)». Même vigilance de la part du ministre de la justice finnois, pour lequel le développement des nouvelles technologies implique que l’on porte « une attention particulière à (…) la protection juridique des citoyens » . Il est fondamental que les professionnels du secteur se saisissent du sujet de l’intelligence artificielle et définissent les usages qu’ils veulent en faire, pour garantir à tous les citoyens un égal accès à la force du droit et, in fine, une justice plus humaine.

Vers une standardisation du droit ?

Il y a soixante-dix ans, Bernanos lançait un cri d’alarme contre le règne de la technique , qui résonne comme un avertissement très actuel pour de nombreux juristes. En effet, le système dépeint dans Lex Humanoïde, des robots et des juges2  ne semble plus relever de la science-fiction. Dans un futur proche, on peut concevoir un monde judiciaire déshumanisé, dans lequel les avocats ne font que fournir des données à une machine. A charge de celle-ci de rendre un jugement ou d’évaluer le risque d’une action, dépossédant ainsi le professionnel de sa fonction de conseil. Le règne de la quantité sur la qualité n’est pas loin.

Ce nouveau scientisme est plausible ; il ne serait jamais que la parfaite continuité d’une philosophie qui fait la part belle à la « rationalité ». Aujourd’hui en effet, «la métaphysique et la technique se rejoignent pour imposer une vision du monde qui étend sans limite l’empire de la causalité et le champ du prévisible. »3  Dans le domaine de la justice, cela donnerait une pensée juridique extrêmement standardisée, sous prétexte d’éliminer toute subjectivité. Or, l’on sait bien que les individus ne sont pas des atomes sociaux aux comportements parfaitement déterminés !

L’intelligence artificielle au service de l’intelligence humaine

Cette dystopie, pour effrayante qu’elle soit, oublie deux éléments auxquels les citoyens ne sont pas prêts à renoncer : l’empathie et la finesse d’interprétation de l’avocat. Le droit est un ciment de la société ; or, celle-ci est éminemment complexe au sens latin du terme : il s’agit d’appréhender des éléments imbriqués ensemble, qui sont à la fois rationnels et émotionnels. Cette analyse relèvera toujours du libre-arbitre de l’humain ! De même, si ce qu’on appelle à tort justice prédictive – aujourd’hui, des statistiques sur des décisions de justice- offre de bons éléments de compréhension pour orienter une stratégie, c’est toujours l’humain qui reste aux commandes !

L’avocat a non seulement de beaux jours devant lui, mais la digitalisation de son métier lui offre de belles perspectives. Grâce aux nouveaux outils, il pourra se décharger de tâches laborieuses et bénéficier d’une aide précieuse pour tenir ses connaissances à jour. Dès lors, il sera en mesure d’aller au-delà de la jurisprudence et d’exprimer sa créativité, qui constitue sa valeur ajoutée réelle. Ne nous lançons donc pas dans des prospectives trop sombres : si l’intelligence artificielle est amenée à faire évoluer les pratiques du droit, sa place est avant tout au service de l’intelligence humaine.

Pour un techno-humanisme porté par les professions juridiques !

N’oublions pas, enfin, que les avocats ne sont pas contraints de rester passifs dans la transformation de leur métier. Si, selon les mots de Dominique Cardon , le commun des mortels préfère ignorer les conditions de production des algorithmes, il est tout à fait possible, pour les différentes professions, de prendre la main sur le développement des intelligences artificielles pour qu’elles ne dérogent jamais à une certaine déontologie. C’est tout l’enjeu d’une collaboration poussée entre avocats et legaltechs, qui conçoivent les outils numériques en itérant avec leurs utilisateurs. Cette dynamique est profitable à tous : au professionnel, qui demeure maître de son destin, au citoyen, qui accède plus facilement aux sources du droit, et plus globalement au système judiciaire, qui gagne en efficacité. La révolution de l’intelligence artificielle, loin d’être une menace, est une formidable opportunité pour l’avocat de garantir que l’homme demeure toujours au centre de la justice. Il s’agit, ni plus ni moins, d’assumer un positionnement techno-humaniste incontournable à l’heure du « deuxième âge de la machine »4 .

Face aux cybermenaces qui visent les collectivités, l’Association des maires de France édite un guide pratique

 

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La crise sanitaire du coronavirus aura eu pour conséquence une accélération de la numérisation de nombreux secteurs, économiques mais aussi institutionnels. La dématérialisation des démarches administratives de l’Etat ou des collectivités territoriales a ainsi connu un fort développement mais qui comporte ses points noirs : la vulnérabilité aux attaques informatiques. C’est la raison pour laquelle l’Association des maires de France et l’Agence nationale de sécurité des systèmes informatiques (Anssi) viennent d’éditer un guide intitulé très explicitement « Cybersécurité : toutes les communes et intercommunalités sont concernées. » 

La transformation numérique des mairies et intercommunalités est aussi source de risques, comme le rappelle Guillaume Poupard, directeur général de l’Anssi. « Défiguration de sites Internet, prise de contrôle de comptes de messagerie et de réseaux sociaux, vol de données sensibles, notamment celles à caractère personnel, ou encore rançongiciels pour ne citer que les plus visibles d’entre eux. Lorsque survient une attaque informatique, outre l’impact sur l’image de la commune et l’atteinte à la confiance de ses administrés, c’est la responsabilité même de l’élu qui peut être engagée. S’il est de plus en plus difficile de dire Je ne savais pas et qu’être victime d’attaque informatique ne doit pas être honteux, il est en revanche de votre responsabilité de prendre en compte ces enjeux au juste niveau et de décider la mise en œuvre des mesures de sécurité numérique nécessaires. » 

« Cette prise de conscience est plus que jamais nécessaire. », assure de son côté François Baroin, président de l’AMF. Les maires, qui peuvent par ailleurs compter sur l’aide des délégués régionaux de l’Anssi et sur la plateforme gouvernementale cybermalveillance.gouv.fr trouveront dans ce guide 30 recommandations sur la gouvernance numérique et les moyens (humains, matériels et financiers) à mettre en œuvre, mais aussi sur la nécessité d’élaborer un plan de crise.

Digital 113 présente une cartographie régionale de l’intelligence artificielle

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L’intelligence artificielle, ce ne sont pas que les géants américains de la Silicon Valley. Ce sont aussi des acteurs plus modestes et plus près de chez nous mais au travail d’exploration et d’innovation tout aussi essentiel. Le Cluster Digital 113, né de la fusion de DigitalPlace et FrenchSouth. digital, les clusters numériques d’Occitanie, vient d’en apporter la preuve avec la publication d’une cartographie de l’écosystème IA en Occitanie.

La cartographie référence "les acteurs classés par expertise (analyse de texte, analyse médicale, cybersécurité, IoT, maintenance prédictive, chatbot, traitement d’images, architecture et hébergement de données…), localisation géographique et secteur d’activité (relation client, santé, aéronautique et spatial, agriculture et agroalimentaire, BTP, chimie et pharmacie, éducation, Smart-City…)", indique Digital 113 qui note que les expertises IA les plus représentées en Occitanie sont les outils à base d’analyse prédictive (32 acteurs), la cartographie pour la défense, l’aéronautique et l’agriculture (8) et les chatbots (agents conversationnels, 7 acteurs). 

"Les trois secteurs dans lesquels l’IA est très représentée en Occitanie sont l’aéronautique, suivis de près par la défense et la santé. Ceux du Retail, du E-commerce et de l’éducation, qui ont le vent en poupe en France, sont peu représentés en Occitanie." Enfin Digital 113 a compté 21 experts de niche comme Adagos (réseaux neuronaux), Pixience (imagerie pour la dermatologie), etc.

Institut interdisciplinaire en intelligence artificielle

Cette cartographie a le mérite de montrer combien l’Occitanie s’inscrit dans l’IA, un enjeu majeur. En mars 2018, Emmanuel Macron avait présenté un plan IA doté de 1,5 milliard d’euros d’ici 2022pour faire de la France un leader européen et mondial dans le domaine. Première Région de France et 8e en Europe pour l’effort consacré à la recherche-développement (R & D), l’Occitanie dispose d’un institut interdisciplinaire en intelligence artificielle. 

Porté par l’Université fédérale de Toulouse, cet institut baptisé Aniti (Artificial & Natural intelligence Toulouse Institute) rassemble plus de 200 chercheurs baptisé Aniti travaille sur la mobilité et les transports, la robotique-cobotique (relation robot-homme) pour l’industrie du futur, et l’environnement et la santé.



Réouverture des commerces : quand le numérique se mobilise

 

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Retrouver ses commerçants préférés et préparer les cadeaux de Noël : chacun l’espérait et c’est désormais possible dès ce samedi. Mais dans quelles conditions sanitaires pourrons-nous aller faire nos achats ?

"Les Français ont besoin d’être rassurés par la capacité des commerçants à délivrer des expériences efficaces", indique un récent sondage BVA EPISTO. "Au-delà d’assurer le respect des gestes barrières (un basique incontournable pour 49 %), les Français sont en attente de solutions qui permettront de les rassurer et de mieux gérer l’affluence en point de vente, comme proposer des solutions d’encaissement sur la zone de vente pour éviter le monde en caisse (37 %), élargir les horaires d’ouverture (32 %) ou encore les informer sur le temps d’attente avant d’entrer en magasin une fois sur place (27 %)."

Pour mettre en place ces nouveaux parcours clients bien différents de ceux que nous connaissions avant l’épidémie, nombre d’innovateurs se mobilisent.

Plusieurs start-up de la French Tech Toulouse ont ainsi fait des propositions pour les commerces. Beaucoup concernent la création de boutiques en ligne, de solutions simples de paiement sur internet ou de présentation innovante de leurs produits. Parmi les start-up occitanes mobilisées on peut citer Ysyone (boutique en ligne), Izidore (pour les magasins de meubles), Unicorner, INSPI 3D ou encore Lyra (solution de paiement clé en main). Pole Star propose NAO® Safe & Covid-19, une solution de badges ou bracelets remis à l’accueil pour apporter toutes les garanties sur le respect des mesures barrières (alerte distanciation sociale, alertes surdensité, etc.).

File d’attente virtuelle

Mais la principale demande des commerces concerne les files d’attente : avec un nombre limité de clients dans la boutique, comment éviter de voir une foule agglutinée devant l’entrée ? Plusieurs start-up ont trouvé la solution avec la file d’attente virtuelle. Concrètement, lorsqu’un client veut entrer dans un magasin, il scanne avec son smartphone un QR Code collé sur la vitrine du commerce. En retour, un numéro lui est attribué et il sait combien de personnes sont avant lui. Il peut donc profiter de ce temps d’attente pour faire autre chose et il sera alerté par une alarme lorsque ce sera son tour d’entrer dans la boutique.

La start-up nîmoise Ubip.me a créé une application de gestion de file d’attente sécurisée et anonyme à télécharger. La société héraultaise ESII a imaginé aussi une solution. Le client n’a rien à installer et peut même programmer son passage dans l’établissement dans un créneau disponible depuis le site web ou l’application mobile de l’enseigne.

Un indice pour la French Tech Toulouse

 

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La French Tech Toulouse, qui a pour mission la détection, l’aiguillage et l’accélération de start-up de la région toulousaine, vient de lancer le Toulouse Tech index (TTi), un nouvel pour offrir plus de visibilité sur les levées de fonds effectuées par les entreprises de la tech toulousaine. 

"L’index du 3e trimestre 2020 confirme le dynamisme des entreprises de la tech toulousaine : neuf opérations ont été menées durant le trimestre pour un total de 25,5 M€", se félicite l’association, qui se réjouit de voir que les investisseurs sont là en dépit de la crise sanitaire. 

"La période actuelle est compliquée et on constate que la diffusion de la technologie s’accélère. Ce secteur est une des clés de l’avenir de notre bassin d’emplois", estime Sandrine Jullien-Rouquié, présidente de la French Tech Toulouse, qui publiera le TTi tous les trimestres.

Quand l’intelligence artificielle de Google permet de lutter contre le réchauffement climatique dans les villes

 

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Si Google est évidemment connu pour son moteur de recherche sur internet, sa maison mère Alphabet multiplie les projets de recherche notamment en intelligence artificielle. Le dernier exemple mis en avant cette semaine par la firme de Mountain View montre que l’IA ne sert pas forcément qu’à pister nos comportements sur internet mais peut constituer une aide importante dans la lutte contre le réchauffement climatique, notamment dans les villes. Ainsi Google a signé un partenariat avec la ville de Los Angeles, vaste mégalopole en Californie – 4 millions d’habitants, plus de 1 300 km2 de superficie – pour cartographier la densité de la végétation dans la ville et identifier les quartiers qui ont besoin d’arbres pour lutter contre la chaleur… "C’est un nouvel outil puissant et nous sommes la première ville dans le pays à faire ça", s’est félicité le maire de Los Angeles, Eric Garcetti, en présentant le programme baptisé "Tree Canopy Lab" (Laboratoire de la canopée des arbres).

Savoir où planter les arbres

google

"Google utilise des avions pour collecter des images aériennes dans le monde entier afin d’améliorer Google Maps et Google Earth. Dans le Tree Canopy Lab, nous utilisons ces mêmes données d’imagerie, collectées principalement au printemps, en été et en automne pour estimer la couverture de la canopée des arbres dans la ville de Los Angeles", explique Google Lab.

En plus des données basées sur l’imagerie aérienne, le Tree Canopy Lab superpose des données publiques importées de sources externes (risque de chaleur, densité de la population, utilisation des sols..). Pour estimer la couverture forestière idéale, Google analyse les images en combinaison avec des modèles de surface numériques 3D pour générer un modèle de probabilité de végétation. En utilisant les données générées par le modèle, Google est ainsi capable de fournir une estimation de la couverture globale pour chaque zone de la ville. Tree Canopy Lab a déjà permis de montrer que plus de la moitié des habitants de Los Angeles vivent dans des zones où la canopée représente moins de 10 % de la surface et que 44 % d’entre eux sont exposés à des risques de chaleur extrême.

Tree Canopy Lab permet alors d’accélérer la prise de décision. Los Angeles, qui s’est fixé pour objectif de planter 90 000 arbres d’ici la fin de 2021 puis 20 000 chaque année va mieux cibler les lieux de plantation.

Google a d’ores et déjà annoncé que Tree Canopy Lab allait être étendu à "des centaines d’autres villes" dans le monde.

Greenpeace France lance une plateforme de pétitions dédiée à l’environnement

greenpeace


On connaissait Change.org ou Mesopinions comme plateformes de pétitions en ligne généralistes. L'ONG Greenpeace France innove et lance une plateforme de pétitions dédiée à l’environnement.

Greenpeace France lance en fait deux outils de mobilisation citoyenne afin de soutenir et faciliter les projets de lutte pour l'environnement : 

GreenVoice, une plateforme de pétitions en ligne dédiée à l'écologie dont l'objectif est de donner aux citoyennes et aux citoyens les moyens de s'organiser concrètement, collectivement et localement pour un monde plus juste et une société plus respectueuse de la nature. GreenVoice est ouverte à toutes celles et ceux qui souhaitent se mobiliser pour un projet au plus proche de leurs préoccupations et des enjeux locaux autour de la protection du climat et de la biodiversité, à travers l'un des douze thèmes proposés.

WeGreen, de son côté, est un réseau social dédié à l'environnement qui permet à ses membres de se rencontrer, de partager des informations et d'agir ensemble autour d'enjeux environnementaux. Sur WeGreen, l'actualité écologique est recensée localement et de nombreuses opportunités sont proposées pour découvrir les mobilisations en cours près de chez soi.

Ces deux plateformes sont également ouvertes aux associations et collectifs qui souhaitent monter des campagnes et mobiliser le public autour de problématiques environnementales. Elles sont respectueuses des données qui ne sont ni vendues ni échangées, et traitées par des flux sécurisés, indique l'ONG.

S'organiser pour ne pas revenir au monde d'avant

"Pour beaucoup, la crise sanitaire a renforcé le sentiment que notre modèle économique et nos modes de vie doivent changer en profondeur pour préserver le climat et notre avenir. Nous souhaitons accompagner cette prise de conscience en proposant au public des outils pour prendre les rênes de ce changement à son niveau, fédérer le plus grand nombre autour d'initiatives concrètes et briser l'isolement. Alors que la plupart des responsables économiques et politiques, notamment le gouvernement, cherchent à tout prix à préserver le monde d'avant destructeur pour l'environnement, nous incitons les citoyen·nes à s'organiser et agir concrètement pour la planète en mettant à leur disposition des outils, mais aussi une expertise que Greenpeace a développée depuis près de cinquante ans", explique Laurence Veyne, directrice adjointe du programme de Greenpeace France

Arts et Design Numériques : un musée virtuel créé par une Toulousaine

 

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Le reconfinement mais aussi la pandémie de Covid-19 nous obligent à repenser la façon dont nous abordons la culture. Et dans cette réflexion, le numérique joue évidemment un rôle crucial car il permet de maintenir l’accès à des contenus culturels pour le plus grand nombre lorsque nos déplacements sont empêchés. La réflexion peut-elle aller au-delà ? Les musées, par exemple, peuvent-ils devenir virtuels ?

C’est dans ce contexte que l’artiste toulousaine Nataliya Velykanova, fondatrice et directrice artistique de Gate 22, porte le projet de création d’un "Musée d’Arts et Design Numériques en réalité virtuelle". Gate 22 est un projet de musée nouvelle génération. Il sera basé sur la communauté, à l’écoute de ses publics, et deviendra une plateforme dynamique de création et de partage de contenu.

Il sera interactif, les visiteurs devenant de véritables acteurs de leur expérience et non plus de simples spectateurs. Enfin, "il sera vraiment omniprésent et inclusif, grâce à son implantation dans le monde physique, digital et virtuel, offrant un accès 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 à son contenu", précise Gate 22, qui a déjà concocté une exposition baptisée "Introspexion". La découverte de ces contenus numériques se fera avec ou sans casque de réalité virtuelle (de type Oculus) depuis chez soi et promet l’expérience étonnante d’entrer dans les œuvres.

Pour l’heure, le musée, soutenu par l’association La Mêlée qui fédère les acteurs du numérique en Occitanie, en est au stade du projet et a récemment lancé une campagne de financement participatif. En une semaine, 20 % des 7 000 € nécessaires ont été collectés, preuve que les arts numériques trouvent leur public. De bon augure pour la suite.

Plus d’infos sur bit.ly/gate22.

L’agriculture, nouveau terrain de jeu de Google

 

Mineral

En Occitanie quand on parle robot et agriculture, on pense tout de suite à l’entreprise Naïo Technologies. Fondée en 2011 par deux ingénieurs en robotique, Gaëtan Séverac et Aymeric Barthes, la société, dont l’ambition est de fournir des outils autonomes au service des agriculteurs, maraîchers et producteurs, a depuis fait du chemin.

Plusieurs robots sont à son catalogue : Oz, destiné aux maraîchers diversifiés, Dino pour le désherbage des légumes en planches ou Ted, pour la viticulture. À ce jour, Naïo Technologies a commercialisé près de 150 robots dans le monde.

Dans ce domaine en plein développement, un acteur de poids va faire son entrée : Google, le géant du moteur de recherche sur internet. La société de Moutain View a confié à sa filiale Project X, qui travaille sur tous les projets novateurs, de créer un robot "Mineral". Son rôle sera toutefois très différent de celui des robots toulousains puisqu’il ne s’agira pas de travailler les cultures mais de recueillir des données sur l’état des plantes et des sols.

Récolter des données

"Les pratiques agricoles modernes se concentrent sur la culture de quelques cultures connues pour avoir des rendements élevés. Mais un système agricole optimisé pour la productivité et la simplicité comporte des risques. La culture intensive de seulement quelques variétés de plantes rend notre approvisionnement alimentaire vulnérable aux ravageurs, aux maladies et au changement climatique. Au fil du temps, il épuise également le sol de nutriments et de minéraux, réduit la diversité du microbiome du sol et diminue la capacité du sol à stocker le carbone", explique Google, qui souligne que "sur les 30 000 espèces végétales comestibles connues, moins de 1 % sont cultivées pour l’alimentation humaine." D’où l’objectif du robot Mineral : "aider à construire un système alimentaire plus durable, résilient et productif."

mineral


Google a alors rencontré des sélectionneurs et cultivateurs en Argentine, au Canada, aux États-Unis et en Afrique du Sud. "Même s’ils utilisent des outils numériques tels que des capteurs, des feuilles de calcul et des GPS, leurs données sont soit cloisonnées, soit ne représentent pas pleinement la complexité de l’agriculture", estime Google, qui développe des logiciels et matériels pour avoir un maximum de données. Pour les premiers, pas mal d’intelligence artificielle et pour les seconds, un robot autonome bardé de capteurs qui va analyser les plantes et le sol. En combinant les images recueillies par le robot et des données d’images satellites, météorologiques, etc., Mineral peut ainsi déterminer exactement le besoin individuel de la plante, ce qui permet éviter de traiter un champ entier par exemple.

Une brève histoire d’Internet… et un regard vers son avenir

 

internet


Harold Li
Par Harold Li, Vice-Président, ExpressVPN


Il y a un peu plus de 50 ans, le 29 octobre 1969 plus précisément, le premier lien ARPANET (qui sera plus tard connu sous le nom d'Internet) voyait le jour. Ce premier réseau de transfert a contribué à jeter les bases de l'Internet moderne, un outil qui allait révolutionner la communication mondiale.

Aujourd'hui, Internet fait partie intégrante de la vie de milliards de personnes et s'est répandu plus largement que quiconque n’aurait pu l'imaginer. Mais récemment, plusieurs restrictions numériques et des menaces à la liberté d’expression en ligne ont fait leur apparition. Comment en sommes-nous arrivés là ?

De la théorie à la pratique 

Le premier document conceptuel qui théorisait des réseaux informatiques communiquant entre eux a été rédigé par J.C.R. Licklider du MIT en août 1962. Ce document constituait le cadre théorique dont l'internet avait besoin pour démarrer. En effet, il proposait une vision d'un réseau mondial interconnecté avec de multiples points d'accès afin que toute personne sur le réseau puisse accéder à une quantité infinie de données et d'applications.

Mais c'est à Tim Berners-Lee, alors ingénieur informatique au CERN, que l’on doit l’introduction d’Internet dans la sphère publique. Il lui a été demandé de résoudre un problème unique pour faciliter le travail des scientifiques du monde entier qui venaient travailler au CERN. Ces derniers rencontraient beaucoup de difficultés pour partager des informations et des données. Les ordinateurs fonctionnant avec des systèmes plus complexes les uns que les autres donnaient du fil à retordre aux chercheurs. Ils devaient parfois apprendre les programmes de chaque ordinateur pour récupérer quelques informations. Berners-Lee a donc, en 1990, codé le premier site internet au monde. La suite, tout le monde la connaît !

La multiplication des usages et des réglementations

La démocratisation d’Internet en a fait changer les usages continuellement et de manière très rapide au cours des 30 dernières années.

Des secteurs entiers ont été bousculés comme l’industrie musicale ou encore le commerce, obligeant les professionnels à revoir leurs modèles commerciaux.

Des communautés en ligne se sont créées, faisant fi des frontières nationales, sous la forme de sites tels que MySpace, MSN ou encore Skyblog. Le pouvoir s’est progressivement déplacé, arrachant le contrôle de l’information aux grandes institutions gouvernementales ou encore des médias traditionnels. C’est alors que la censure sur Internet a fait son apparition.

Les prémices de la censure en ligne sont apparues en 1996 sous la forme du Communications Degency Act par le gouvernement américain. Plus tard, le Digital Millenium Copyright Act (DMCA) a été adopté en 1998. Une loi similaire de directive européenne sur les droits d’auteur a vu le jour en 2001. Très certainement bien intentionnées, ces lois ont fait l’objet de nombreuses critiques en raison de leur terminologie vague et trompeuse. L’Electronic Frontier Foundation, en particulier, affirmait que la DMCA entravait la liberté d’expression, bloquait la recherche scientifique, entravait la concurrence et l’innovation et interférait avec les lois autour de l’intrusion informatique.

Au fil du temps, la censure sur Internet est devenue beaucoup plus présente et complexe. Aujourd’hui, des gouvernements à travers le monde mettent en place des frontières numériques, restreignent l’accès aux contenus et entravent véritablement la liberté d’expression.

Le futur d’Internet à travers la confidentialité et la sécurité

L’utilisation d’Internet a connu une croissance massive si l’on considère que seule une poignée d’utilisateurs y avait accès en 1990. Cependant, pour que ce taux de pénétration soit total, un long chemin reste à parcourir. Avec plus de 40 % de la population mondiale hors ligne, les décennies à venir seront axées sur l'extension de l'accès à l'internet à des régions éloignées, grâce à des satellites et des ballons stratosphériques pour faciliter les connexions, notamment dans certaines parties du continent africain.

En 2016, les Nations Unies ont condamné les perturbations intentionnelles de l’Internet, tout en obligeant les gouvernement à investir dans les infrastructures à larges bandes mobiles et fixes, en faisant de l’accès pour tous un élément clé des politiques de développement durable.

Les pays où le taux de pénétration d’Internet est élevé sont susceptibles d'assister à une nouvelle prolifération d'appareils connectés. Le lancement de la 5G, bien que très controversé, devrait accélérer cette tendance dans les mois et les années à venir.

Mais finalement, l’avenir d’Internet est directement lié à la manière aux questions relatives à la vie privée et la sécurité.

Le grand public est de plus en plus conscient et ressent de la frustration dans la façon dont les gouvernements et les grandes entreprises suivent et utilisent leurs activités et données en ligne, bien souvent sans leur autorisation. En outre, les actualités récentes nous rappellent à quel point les risques sont grands sur Internet. Les cyberattaques et autres violations de données ne font que s’accroître.

La situation a tellement empiré que Tim Berners-Lee a lui-même fondé la World Wide Web Foundation en 2009 pour sauver Internet d’une très probable dystopie numérique. Parmi ses objectifs figurent le renforcement de la protection de la vie privée en ligne, la dissuasion des mesures de répression gouvernementales sur le web, tout en veillant à ce que tous les habitants de la planète aient accès à l'internet.

Selon Berners-Lee, il est de la responsabilité morale de chacun de sauver Internet. Si des réglementations comme la RGPD sont utiles, l'avenir de la protection de la vie privée et de la sécurité sur Internet n’est pas uniquement entre les mains des gouvernements et des entreprises. Il est primordial d’agir collectivement en tant qu'individus, prendre des mesures de son propre chef et exiger des précautions nécessaires pour protéger les informations personnelles des internautes.

Pour ce faire, il convient de vérifier tous les paramètres de confidentialité des appareils utilisés, mais aussi d’éteindre les micros et les caméras des applications et appareils lorsqu'ils ne sont pas utilisés. Il est aussi important d’en informer les personnes les moins habiles avec les nouvelles technologies.

Les entreprises quant à elles, doivent impérativement concevoir des plateformes et des solutions technologiques qui auront tout d’abord l’ambition de protéger la vie privée et la sécurité des utilisateurs. Y réfléchir après coup n’est pas une démarche assez ambitieuse.

Ce sont bien évidemment des premières étapes autour d’une véritable prise de conscience de l’importance de la vie privée dans la sphère numérique.

Il est possible aujourd’hui de façonner l’avenir d’Internet grâce à certaines mesures et précautions qui peuvent changer la donne.


Pourquoi le mois européen de la cybersécurité est plus important que jamais

 

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Par Benoit Grunemwald, expert en cybersécurité chez ESET France

Ce mois d’octobre voit l’arrivée du Mois européen de la cybersécurité (ECSM), et compte tenu des événements de cette année, cette campagne revêt une importante sans précédent. Bien sûr, la sensibilisation à l’importance de la cybersécurité a toujours été une priorité absolue, mais cette année, les cybermenaces ont connu une forte recrudescence avec les cybercriminels cherchant à tirer profit de la peur et de l’incertitude causées par la crise de COVID-19.

La crise a accéléré la digitalisation de notre quotidien, offrant aux escrocs davantage de possibilités de cibler des victimes potentielles parmi les particuliers et les entreprises. Par conséquent, il n’a jamais été aussi crucial de veiller à ce que chacun soit sensibilisé à sa sécurité en ligne.

L’ECSM est une campagne annuelle menée par l’Agence européenne pour la cybersécurité (ENISA) et la Commission européenne, qui se déroule tout au long du mois d’octobre depuis 2012.  Elle est consacrée à la promotion de la cybersécurité auprès des citoyens et des entreprises dans toute l’Europe, en communiquant des informations actualisées sur la sécurité en ligne, des conseils d’experts et les meilleures pratiques.

L’ECSM vise à promouvoir l’importance de la sécurité de l’information, en insistant sur les mesures simples qui peuvent être prises pour protéger les données personnelles, financières et professionnelles. Ce mois est consacré à la sensibilisation, au changement des comportements et à l’accès à des ressources, afin d’éduquer les gens sur la manière de se protéger en ligne.

Cette année, la devise officielle de l’ECSM est « Réfléchissez avant de cliquer », soulignant l’importance d’être informé sur les bonnes pratiques d’hygiène en ligne consistant à identifier et éviter les cybermenaces. La campagne de ce mois-ci comporte deux thèmes. Le premier, sur les « compétences digitales », a pour objectif de fournir aux participants des informations sur des questions de vie privée, telles que la protection des données personnelles et le cyberharcèlement. Le second thème, sur les « cyberescroqueries », permettra de communiquer des informations sur les cybermenaces actuelles et potentielles telles que l’hameçonnage, l’usurpation de la messagerie professionnelle, et la fraude aux achats en ligne.

Des centaines d’activités se dérouleront dans toute l’Europe pour promouvoir la sécurité digitale et l’hygiène en ligne, notamment des conférences, des ateliers, des sessions de formation, des webinaires, des présentations et bien d’autres encore. L’ENISA et ses partenaires publieront également des rapports, et fourniront des conseils d’experts sur une variété de sujets liés à la cybersécurité.

Vous souhaitez vous impliquer ? Rendez-vous sur le site web de l’ECSM pour découvrir toutes les activités et tous les événements qui se tiendront en Europe, et participer à la campagne de sensibilisation à la cybersécurité.

Echec de StopCovid : à quoi ressemblera la nouvelle application qui sortira le 22 octobre ?

 

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Décidément, Jean Castex a du mal avec l’application de traçage de cas contacts StopCovid. Après avoir benoîtement avoué sur France 2 qu’il n’avait pas téléchargé sur son smartphone l’application dont le gouvernement vantait l’utilité, le Premier ministre a annoncé ce lundi 12 octobre sur FranceInfo qu’il allait y avoir une nouvelle version de… TéléCovid le 22 octobre prochain. Gentiment moqué, les réseaux sociaux ont fait un rapprochement avec le Minitel, succès français mais échec international.

En tout cas, l’annonce d’une nouvelle version de l’application est plutôt une bonne nouvelle tant la version actuelle n’a pas rempli ses objectifs. Installée plus de 2,6 millions de fois depuis début juin – soit très loin des chiffres du Royaume-Uni (16 millions) et de l’Allemagne (18 millions) – StopCovid n’a envoyé que… 472 notifications de potentiels cas contacts après que 7 969 personnes se sont déclarés positives…

La colère d'Emmanuel Macron

Un vrai fiasco qui aurait déclenché récemment une colère froide du chef de l’Etat.Soit on arrête tout, soit on change tout, aurait en substance ordonné Emmanuel Macron à ses ministres, Olivier Veran (Santé) et Cédric O (Numérque) en tête.Il faut dire que le coût de StopCovid pèse aussi dans la balance : entre 200 et 300 000 euros mensuels.

"Le gouvernement, le président de la République, ont demandé à travailler sur une nouvelle version qui sera officiellement lancée le 22 octobre et donc à ce moment-là je la téléchargerai", a indiqué Jean Castex lundi. Cédric O avait admis la semaine passée devant le Sénat que l’application marchait "mal". "Si nous voulons relancer l’application, nous avons besoin de trouver des relais et des alliés. Si les professions médicales estiment que c’est utile, alors elles doivent le dire", avait-il insisté, notant "le manque de confiance" dont souffre la parole politique. Une nouvelle société doit remplacer fin octobre le français CapGemini qui travaillait jusqu’alors gratuitement comme chef de projet. Elle sera désignée via une procédure d’appel d’offres, et le plafond mensuel de dépenses liées à l’application augmentera, de 100 000 euros aujourd’hui à "probablement autour de 200 000 euros", a indiqué Cédric O.

Incompatibilité européenne

Reste à savoir comment fonctionnera la nouvelle StopCovid. Au nom de la souveraineté numérique, la version actuelle est un système centralisé (Robert, créé par l’Inria), c’est-à-dire que les contacts des personnes croisées sont stockés dans un serveur central. La solution commune proposée par Google et Apple est au contraire décentralisée, c’est-à-dire que les contacts sont stockés dans le téléphone. Plusieurs pays européens ont opté pour la solution des deux géants d’internet, ce qui leur permet de faire dialoguer leurs applications entre elles. StopCovid est, elle, restée isolée… La France changera-t-elle de philosophie ? En juin, la Norvège, qui utilisait une application centralisée, Smittestopp, y a mis fin. Elle a depuis adopté le système Google-Apple…

Selon des indiscrétions qui ont fuité hier, la nouvelle application ne s’appellerait pas TéléCovid mais AlerteCovid… et conserverait le protocole Robert. La nouvelle application pourrait aussi être une alternative aux cahiers de rappel, introduits pour les restaurants dans les zones d’alerte maximale.

Cybercriminalité : les hôpitaux en ligne de mire pendant l'épidémie de Covid-19

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Philippe Rondel
Par Philippe Rondel, cyber évangéliste  chez Check Point Software Technologies France

 Au début de la pandémie, certains groupes de cybercriminels avaient promis qu'ils n’attaqueraient pas les hôpitaux à l’aide de logiciels rançonneurs. Il s'agit notamment des groupes qui utilisent les logiciels rançonneurs Maze et DoppelPaymer. Aujourd'hui, six mois plus tard, il semble que toutes ces promesses se soient envolées, car les groupes Maze et DoppelPaymer sont tous deux soupçonnés d'être à l'origine des attaques actuelles contre des hôpitaux et des cliniques. Faire confiance à des cybercriminels n'a jamais été une option et cela devrait être maintenant clair pour tous, quel que soit le logiciel rançonneur au cœur d'une attaque. Les hôpitaux sont et resteront des cibles intéressantes, en particulier avec la récente législation allemande Krankenhauszukunftsgesetz concernant la numérisation des hôpitaux.

Les logiciels rançonneurs ne font pas partie du top 3 des menaces ciblant les hôpitaux

Les chercheurs de Check Point ont compilé pour une étude les méthodes et les cibles d'attaque les plus importantes. Par exemple, 70 % des hôpitaux allemands ont été attaqués via une vulnérabilité d'exécution de code à distance. Dans presque le même nombre de cas, des données et des informations ont été exfiltrées et publiées. Dans 58 % des cas, l'authentification qui était effectivement requise a pu être contournée. Il n'y a que peu de chiffres disponibles sur l'utilisation actuelle des logiciels rançonneurs, car la dernière enquête date d’avant la pandémie. Des extracteurs de cryptomonnaie, des botnets et des voleurs d’information ont été découverts dans les réseaux. Le cas décrit au début ainsi que d’autres exemples de l'année dernière soulignent cependant que les logiciels malveillants sont un outil que les cybercriminels utilisent volontiers contre les hôpitaux. Bien que cette forme de menace fasse sans cesse la une des journaux, d'autres menaces telles que les extracteurs de cryptomonnaie, les botnets et autres sont beaucoup plus fréquentes, comme le montrent les chiffres ci-dessus.

Selon un rapport de Slate, plus de 1 000 organismes de santé ont été attaqués par des logiciels rançonneurs aux États-Unis depuis 2016. Le coût total de ces attaques dépasse 157 millions de dollars. En 2017, des dizaines d'hôpitaux et de cabinets médicaux britanniques ont été visés par WannaCry, et en 2019, un certain nombre d'hôpitaux américains ont été contraints de refuser des patients en raison d'attaques de logiciels rançonneurs. Même dans les hôpitaux tchèques, les cas de chantage augmentent, comme l'a montré celui de l'hôpital de Benešov au début de l'année.

Les attaques par logiciel rançonneur sont de plus en plus sophistiquées et perfectionnées. Les cybercriminels menacent de révéler des informations sensibles stockées dans les systèmes chiffrés, et les logiciels rançonneurs sont souvent associés à d'autres techniques de menace, comme dans le cas de l'hôpital de Benešov, où le logiciel rançonneur ryuk est entré dans les systèmes informatiques via le botnet Emotet. De même, le botnet Phorpiex, par exemple, diffuse le logiciel rançonneur Avaddon.

Des logiciels rançonneurs sous forme de services sont également proposés de plus en plus fréquemment, de sorte que même des attaquants inexpérimentés et sans connaissances techniques peuvent mener des attaques. En cas de réussite, ils versent une partie de la rançon aux auteurs. Cette méthode constitue par exemple entre 30 et 40 % des bénéfices du logiciel rançonneur GandCrab. En 2018, GandCrab a infecté plus de 50 000 ordinateurs en seulement deux mois et a rapporté aux agresseurs jusqu'à 600 000 dollars de rançon.

Plus d’appareils à l’avenir et des exigences de protection plus élevées

L'avenir dans les hôpitaux s'oriente clairement vers l'utilisation accrue d'appareils en réseau via l'Internet des objets (IdO). Grâce aux communications intelligentes et automatisées entre différents systèmes et dispositifs, les employés, les médecins et le personnel infirmier pourront encore mieux veiller au bien-être physique des patients et surveiller les groupes à risque. En même temps, cette communication numérique génère également davantage de données, c'est-à-dire des proies potentielles pour les cybercriminels. De même, l'augmentation du nombre de dispositifs et de points de connexion individuels à Internet signifie également que les systèmes ont besoin de niveaux de protection plus étendus et plus élevés. Des concepts de sécurité complets doivent être mis en place pour ces nouvelles infrastructures afin d'empêcher les infractions de pirates. 

Conclusion : comment se protéger contre les logiciels rançonneurs et autres ?

Les hôpitaux doivent protéger les fichiers importants et utiliser des sauvegardes automatiques sur les appareils de leurs employés. Les exploitants de logiciels rançonneurs essaient souvent d'infiltrer les entreprises via des emails de phishing ou de spam, c'est pourquoi une formation de sensibilisation à la sécurité peut être utile. Si les employés soupçonnent des activités inhabituelles, ils doivent le signaler immédiatement aux équipes de sécurité, tout comme ils doivent signaler leurs propres erreurs. Un clic ou un téléchargement malheureux doivent être signalés immédiatement au département informatique et, au mieux, aux experts en sécurité informatique. Pour éviter qu'une menace potentielle ne se propage de manière incontrôlée sur le réseau, il est nécessaire de segmenter et de veiller à ce que les employés n'ont accès qu'aux données dont ils ont réellement besoin. Les hôpitaux devraient également déployer des solutions de sécurité complètes, avec des technologies préventives telles que l'extraction et l'émulation des menaces. Tous les systèmes, dispositifs et applications doivent également être constamment actualisés. Seule une combinaison de toutes ces mesures peut contribuer à réduire les risques.

Étudiants, qu'ont-ils à faire sur LinkedIn ?

Les étudiants doivent comprendre que leur profil LinkedIn ne peut être qu’une simple copie de leur CV. Pixabay, CC BY

Par Géraldine Galindo, ESCP Business School

« Avez-vous un compte LinkedIn ? » À chaque fois qu’on leur pose cette question, au début de cours sur le « Personal Branding » que nous animons à l’ESCP Business School, 100 % des étudiants lèvent la main. Mais lorsqu’on les interroge sur la manière dont ils utilisent ce réseau social, leurs réponses convergent vers ce type de propos : « je sais que je dois y être mais je ne sais pas comment agir et m’en servir réellement ».

Pourquoi ces étudiants, pourtant souvent addicts à Facebook et à Instagram, semblent-ils entretenir une relation circonspecte avec ce réseau social, et ce, alors même que les recherches soulignent les effets positifs de l’usage de LinkedIn sur la carrière ? (Davis et al).

Plusieurs hypothèses peuvent être avancées pour expliquer leur posture paradoxale.

Apparaître plus que paraître

Force est de constater que de nombreux étudiants se sentent obligés d’être présents sur LinkedIn mais ne savent pas exactement pourquoi. Leur présence sur Facebook, Instagram et plus récemment TikTok, est devenue pour eux « une norme implicite de rigueur » où ils exposent plutôt facilement des « métaphorisations » d’eux (selon les propos de De Rigail, 2013). Ils ont ainsi pris l’habitude de prendre part à des « mondanités numériques » qu’ils ont sélectionnées, pour entretenir ou élargir leurs liens amicaux, ou tout simplement se montrer et être vus.

Loin de ces visées personnelles, LinkedIn correspond plus pour eux à une norme sociale développée par d’autres, à laquelle ils doivent adhérer pour prétendre développer leurs réseaux professionnels, et qu’ils ont souvent du mal à identifier et à choisir.

Si les étudiants ont pris l’habitude de parler d’eux sur les réseaux sociaux, ils ont ainsi souvent plus de facilités à montrer leur identité personnelle que leur identité professionnelle. Leurs photos, leurs participations à des événements et leurs passions sont exposées plus facilement que leurs parcours et leurs réalisations. Le « paraître », parfois assorti d’artifices ou de projections de soi, tend ainsi à être une démarche plus aisée pour ces jeunes adultes, que d’« apparaître » à l’aide de faits et de réalisations aux yeux d’une nouvelle sphère professionnelle.

L’enjeu de LinkedIn est d’élargir leur réseau au-delà de leur cercle rapproché de connaissances. Mais les jeunes s’arrêtent parfois à cette étape, n’osant pas solliciter des personnes plus expérimentées. Ils peinent à dynamiser leur profil, par leurs activités, par des réactions ou des posts. Beaucoup s’estiment peu légitimes à relayer de l’information, à réagir aux activités des autres et à créer de l’information.

LinkedIn offre quatre types de potentialités à ses membres :

  • la visibilité

  • la persistance (en récupérant les posts)

  • l’édition de contenu

  • l’association entre les personnes.

Beaucoup d’étudiants se contentent d’exploiter le potentiel de visibilité, a minima, en renseignant les rubriques avec des copier-coller de leurs CV, et donc en restant une ombre sur LinkedIn avec le sentiment du devoir accompli. Ils passent alors à côté des opportunités offertes par ce réseau social qui compte 700 millions d’inscrits dans le monde et 20 millions de membres en France (soit 64 % de la population active).

Les étudiants ont dès lors à (re)penser leur présence sur LinkedIn, et ce, en suivant trois objectifs.

Se différencier

Le premier objectif est d’inciter les jeunes à enrichir leur identité déclarative pour se différencier. Les étudiants doivent comprendre que leur profil LinkedIn ne peut être qu’une simple copie de leur CV. Ils doivent sortir d’une logique de substitution pour aller vers une vision de complémentarité entre ces deux outils. Il s’agit d’en dire plus et de donner envie d’en savoir plus encore.

Cela passe en premier lieu par des actions assez simples. La partie « infos » n’est souvent pas ou trop peu renseignée et n’attire pas l’attention de potentiels recruteurs. Au cours de formations que l’on pourrait considérer comme génériques, certains choix de spécialisations ou des réalisations (mémoires, projets…) permettent de différencier un étudiant d’un autre, d’estimer son potentiel et ses centres d’intérêt.

De nombreuses rubriques sont aussi pertinentes et sous-utilisées par les étudiants comme les investissements dans des associations, les réalisations, les appartenances à des groupes et le suivi de personnes ou organisations. C’est donc un travail à mener avec les étudiants, pour les amener d’abord à identifier dans leurs parcours ce qu’ils pourraient mettre en valeur.

Dynamiser son profil

Le challenge est ensuite de ne pas se contenter de ce travail déclaratif. L’enjeu pour les étudiants est d’oser passer à une utilisation active du réseau social : nouer de nouveaux contacts, poster des informations sur leurs sujets d’intérêts professionnels et participer à des groupes.

Cette mise en action a un préalable incontournable pour eux : savoir pourquoi et pour quoi initier et développer ces démarches, afin d’aller vers une posture active. La cohérence de ces activités doit donc être pensée pour asseoir leur crédibilité numérique. Cela signifie donc sortir de leur spontanéité habituelle sur les réseaux sociaux pour penser son activité et ses finalités.

Gérer sa réputation

Le nombre de personnes dans le réseau est un indicateur certes, mais insuffisant si l’on aspire à être repéré. La diversité des membres de son réseau (organisations, postes, formations) indique aussi le capital social que peut et pourrait avoir un étudiant, futur salarié demain. Plus encore, le nombre de personnes ayant lu, réagi et commenté les posts représente un outil clef pour mesurer l’audience de leur marque personnelle et surtout son évolution.

Il existe des outils, comme Shield ou Social Selling Index, qui permettent de mesurer les effets de l’activité sur LinkedIn. Ces outils inscrivent la démarche, au-delà des mesures quantitatives, dans une perspective dynamique et non statique.

En définitive, LinkedIn permet de donner et de dépasser la première impression que l’on peut avoir sur un individu. Il donne une épaisseur numérique à une personne à travers les trois facettes de sa personnalité : déclarative, agissante et calculée.

Comme le disait le philosophe Alain, « le secret de l’action, c’est de s’y mettre ». Concernant LinkedIn, cette étape d’activation du profil, que tout étudiant a souvent bien consciencieusement construite, est donc cruciale pour leur insertion professionnelle. Leur reste cependant le choix de penser leurs particularités, d’inventer leurs propres manières d’utiliser les fonctionnalités du réseau social et de s’adapter aux contextes professionnels auxquels ils aspirent.

LinkedIn n’agrège donc pas que des contraintes mais peut aussi être vu comme un espace de liberté pour permettre à ces jeunes de montrer qui ils sont, ou pourraient être, dans une sphère professionnelle. À condition de les y accompagner.The Conversation

Géraldine Galindo, Professeur, ESCP Business School Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Montpellier : The Green IT Day, ou le numérique éco-responsable

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Le numérique, dont les outils et services ont largement permis aux Français de franchir l’épreuve du confinement, est souvent critiqué pour son empreinte environnementale. Un numérique vert, responsable et durable, est-il dès lors possible ? La question ne date pas d’hier puisque le Green IT Day en est à sa sixième édition, qui se déroule ce mercredi à la Cité de l’Économie et des Métiers de Demain de Montpellier.

Organisé par Digital 113, en partenariat avec la CCI Occitanie, Agri Sud-Ouest, AquaValley, Derbi, l’Ademe, la Cité de l’Économie et des Métiers de Demain, et grâce au soutien d’entreprises sponsors comme EDF ou ISIA, le Green IT Day vise à informer et mettre en valeur les solutions numériques de start-up, PME, grands groupes et du monde académique de la recherche.

"Au service de la transition énergétique"

"Il a aussi pour ambition d’accélérer la prise de conscience des impacts environnementaux du numérique dans les entreprises et d’apporter des pistes de réflexion/des solutions concrètes pour y remédier", expliquent les organisateurs. "Le numérique de demain doit être plus fort, il doit être un accélérateur de diversité et il se doit d’être responsable et au service de la transition écologique. Aujourd’hui plus que jamais, Digital 113, au travers de ses actions et du The Green IT Day défend un numérique éthique et solidaire", explique Emmanuel Mouton, président de Digtal 113.

La journée s’ouvrira par une table ronde sur le thème : "Le numérique responsable est-il un vecteur de résilience ?" (diffusée en direct sur YouTube).

Huit ateliers thématiques seront organisés l’après-midi sur la sobriété numérique, la transition énergétique, l’usage des objets connectés dans la transition numérique et énergétique des bâtiments ou la cybersécurité.

Plus d’information : bit.ly/GreenITD

La 5G, une nouvelle phase de la révolution digitale, mais plutôt pour 2025-2035

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Que va changer la 5G ? Jack Sloop / Unsplash , CC BY

Par Valery Michaux, Neoma Business School

Entre le 20 septembre et le 30 septembre 2020 seront lancées en France les enchères sur les fréquences de la 5G. Entre enthousiasme et crainte, les tensions entre les promoteurs et les détracteurs sont fortes. La 5G peut-elle être une révolution, à court, moyen, long terme ?

La 5G en quelques mots

La 5G est la cinquième génération en matière de réseau de téléphonie mobile. Elle repose sur une technologie cellulaire à haut débit. Il s’agit d’une norme internationale sur laquelle tout le monde s’est accordé. Elle permettra d’offrir un service « sans couture » à l’échelle planétaire.

Stricto sensu, la 5G apporte une amélioration d’un facteur 10 par rapport à la 4G, tant pour le débit que pour le temps de latence. Le débit concerne la quantité de données. Le temps de latence désigne la rapidité de transit d’une donnée entre le moment où elle est envoyée et celui où elle est reçue. Débit et latence vont permettre une instantanéité des échanges. Dans un premier temps, on pourra faire ce que l’on fait aujourd’hui avec son smartphone, mais beaucoup plus rapidement.

Temps de latence en fonction des usages potentiels. CIGREF, CC BY-NC

Le moteur majeur du développement de la 5G restera au démarrage les limites de la 4G et les problèmes d’encombrement de la bande passante auxquels nous faisons déjà face. Néanmoins, ce sont les nouveaux usages potentiels qu’elle rend possibles qui vont dans un second temps servir de locomotive. En effet, la 5G offre une capacité à connecter un nombre croissant d’objets aux humains et d’objets ensemble. On annonce 1 million d’objets connectés au km². La 5G représente une « potentialité » technologique… ce qui ne dit rien de ce qui peut réellement se passer. Par exemple, en 2013, on prévoyait 50 milliards d’objets connectés en 2020, mais fin 2019, on avait seulement 7,6 milliards d’objets connectés, si on exclut les ordinateurs et les smartphones.

De la difficulté à appréhender l’influence future des technologies

Quand on cherche à appréhender l’impact d’une technologie, on surestime les changements induits à court terme en se laissant influencer par des effets de mode. On nous annonce depuis quelques années que la blockchain révolutionnerait la finance. On attend toujours.

Mais si on surestime la vitesse de diffusion des innovations à court terme, on sous-estime par contre les transformations induites par les technologies à plus long terme – c’est le paradoxe relevé par Bill Gates. Les bouleversements induits peuvent être très profonds au sein de la société.

2010-2020 : 4G, une réelle révolution sociétale

Pour mieux comprendre la dynamique de la révolution 5G, il est indispensable de comprendre la dynamique des quatre révolutions télécoms précédentes : 1G, 2G avec EDGE et GSM, 3G et 4G constituent des révolutions très lentes. La 3G, qui a émergé au niveau recherche dans les années 1990, a fait l’objet de premières offres commerciales en 2001 un peu partout dans le monde. Elle a pris une bonne quinzaine d’années pour arriver à son apogée, période durant laquelle le monde bascule du téléphone filaire au smartphone.

De même, les premières offres commerciales de la 4G apparaissent entre 2009 et 2011, après 10 ans de recherche. À cette époque, l’iPhone était sorti il y a à peine 3 ans et Apple nous initiait à un tout nouvel objet : la tablette. On n’avait encore jamais entendu parler d’Uber, lancé en 2009, de Airbnb lancé en 2008 ou de Netflix qui était tout juste en train de tester le streaming. 10 ans après, on mesure la distance avec ces années 2010 et les profondes transformations de notre paysage quotidien. La 4G a été une vraie révolution sociétale. Il n’est donc pas exclu que la 5G puisse bouleverser aussi notre quotidien en seulement 10 ans.

En réalité, les transformations observables aujourd’hui ne sont pas dues seulement à la 4G, mais à la convergence de la 4G, du streaming, du cloud et du wifi. D’une part, cette convergence a révolutionné notre façon de nous informer, d’acheter, d’échanger, de regarder la télévision. D’autre part, elle a rendu la « révolution cloud » possible : le secteur informatique dans les entreprises s’est renouvelé complètement avec de nouvelles manières de stocker et d’analyser les données. Une simple PME de 20 personnes peut « louer » aujourd’hui une intelligence artificielle pour quelques heures en fonction de ses besoins.

2025-2035 : la 5 G, une nouvelle phase de la mutation digitale

La 5G, elle, a émergé dans la recherche au milieu des années 2010. Il existe déjà quelques offres commerciales dans quelques pays, souvent d’ailleurs à l’échelle seulement d’un quartier restreint : États-Unis, Corée du Sud, Chine, Espagne, Italie, Allemagne, Royaume-Uni et Suisse. En dehors de quelques expérimentations, en France, on en est simplement aujourd’hui à la négociation des fréquences avec les opérateurs pour une ouverture commerciale à la fin de l’année 2020 voire au début de l’année 2021.

Néanmoins, les opérateurs télécoms installent plutôt une 4G+ qu’une « vraie 5G » en continuant à utiliser le cœur des réseaux 4G tout en ajoutant petit à petit des antennes 5G. Les nouveaux smartphones 5G pourront bénéficier de cette première avancée dès cette année. Les opérateurs n’annoncent la « vraie 5G », ou 5 G Standalone, avec une infrastructure réseau dédiée, qu’à l’horizon 2023-2025. En effet, les investissements nécessaires sont colossaux. L’apogée de la 5G est donc plutôt pour 2035, sauf accélération inattendue. Il est d’ailleurs possible que la 4G et la 5G cohabitent encore un bon moment. La 5G permettra de faire converger les autres réseaux et jouera le rôle d’un réseau des réseaux.

La 6G émerge déjà dans le monde de la recherche, mais il faudra compter au moins une dizaine d’années pour un démarrage.

Comme pour la 4 G, ce n’est pas la 5 G qui va révolutionner le monde, mais une convergence technologique qui va d’abord se faire sentir dans les entreprises : le « cloud distribué », ou edge computing, c’est-à-dire le stockage et l’analyse des données au plus proche de l’utilisation et des besoins, l’intelligence artificielle, la réalité augmentée et la réalité virtuelle (qui étaient bloquées par les débits limités de la 4 G), la robotisation ainsi que l’industrie des objets connectés. Toutes ces technologies vont se nourrir les unes des autres progressivement pour amplifier les potentialités de la transformation digitale.

Potentiellement, cette convergence pourrait apporter des solutions innovantes dans les domaines de la santé, de l’énergie, de la production industrielle, de la sécurité publique, de la mobilité comme de la formation et de l’entertainment entre autres. La course entre les acteurs a déjà commencé comme l’illustre la guerre économique qui entoure Huawei.

Quels freins à la 5G ?

En prospective, pour appréhender les transformations futures, il faut non seulement s’intéresser à la dynamique que peuvent créer les nouveaux usages, mais aussi aux facteurs qui peuvent freiner l’adoption des nouvelles technologies. Le frein majeur au développement de la 5G sera sociétal. Des craintes d’un nouvel ordre sont apparues avec la révolution 4 G, et elles sont en train de s’amplifier avec l’arrivée de la 5G.

Encore plus qu’aujourd’hui, on pourra tout connaître en permanence de nos faits et gestes tant en tant que citoyens, usagers, patients ou consommateurs. Quelles limites voudrons-nous donner à cette intrusion potentielle continue dans nos vies privées ? Les débats ne font que commencer, portés par des associations et des collectifs qui dénoncent une future société de surveillance. Corollaire à cette connexion permanente, les risques de cybersécurité, de cybercrimes et de cyberterrorisme risquent d’être décuplés. Les défaillances techniques peuvent aussi avoir des répercussions plus fortes étant donné le nombre d’objets connectés possibles.

Les dangers pour la santé font également polémiques. La 5G utilise des ondes à haute fréquence qui sont très locales. Les antennes vont donc se multiplier. Pour l’instant, les études ne démontrent ni un effet nocif ni un effet inoffensif. Mais pour prendre un temps de recul, 180 scientifiques et médecins de 37 pays différents ont déjà demandé à l’Union européenne un moratoire. Des régions en France comme la Corse ou des élus de grandes villes en font autant.

Enfin, la 5G est-elle « meilleure » ou « pire » pour la planète que la 4G ? Aujourd’hui, nombreux sont ceux qui tirent la sonnette d’alarme sur la pollution digitale énergivore qui se développe. La 5G est potentiellement meilleure, car elle correspond à des rayonnements ciblés sur mesure contrairement à la 4G qui diffuse son rayonnement en continu sur un ensemble géographique. Elle serait également plus économe en énergie. Néanmoins, de nombreux experts sont prudents : l’explosion potentielle des usages et des objets connectés peut très bien limiter ces deux avantages. Ici aussi, la société va devoir faire des arbitrages.The Conversation

Valery Michaux, Enseignant-Chercheur - HDR, Neoma Business School. Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Les enjeux géopolitiques de la 5G

5G huawei

Par Christine Dugoin-Clément, IAE Paris – Sorbonne Business School

Le débat relatif à la 5G, qui permettrait d’échanger sans temps de latence 14 à 20 fois plus de données que l’actuelle 4G, s’enflamme. Il se cristallise, notamment, autour des problématiques environnementales que soulève cette nouvelle technologie.

Cette question, évidemment essentielle, tend à monopoliser un débat qu’elle prive d’une lecture géopolitique du développement de la 5G. Or cet aspect est également d’une grande importance.

Des tensions économiques à une guerre économique

Si la 5G enflamme le débat français, la discussion dépasse également largement les frontières de l’Hexagone. En effet, l’un des principaux acteurs se trouve être une société chinoise, objet de l’attention toute particulière des États-Unis.

Dans la stratégie de sécurité nationale des États-Unis parue en 2017, la Chine est désignée comme un « concurrent stratégique » au regard de la sécurité, de l’influence et de la puissance américaines. Étaient notamment visées les pratiques commerciales offensives de Pékin, parmi lesquelles l’espionnage industriel.

Dès juin 2018, avec la première augmentation des droits de douane décidée par le président Trump, les deux États s’engagent dans une guerre commerciale intense. L’accroissement des taxes américaines sur 5 700 catégories de produits chinois est immédiatement suivi de menaces de la part de la Chine.

Si cette guerre commerciale affecte les deux pays, elle affaiblit particulièrement certains secteurs économiques américains. Il s’agit notamment de l’agriculture, majoritairement située dans les zones rurales et les grandes plaines. Or cette zone géographique constitue un important réservoir de votes en faveur de Donald Trump, qui se retrouve ainsi contraint de concilier le maintien de sa ligne « America first » et la sécurité économique de ses partisans.

Dans un esprit de riposte, les Américains signent alors un contrat de vente pour une soixantaine d’avions de chasse avec Taiwan, zone hautement sensible pour la Chine, qui déploie de plus en plus d’avions militaires aux bordures de l’espace aérien de l’île.

Un enjeu de souveraineté : espionnage industriel et vol de propriété intellectuelle

Outre la guerre économique, la relation entre les deux pays s’est particulièrement tendue après l’adoption par la RPC de la loi sur le renseignement en 2017. Ce texte fait « obligation aux citoyens chinois de soutenir le travail de renseignement national ». Même s’il n’autorise pas l’espionnage préventif, le travail de renseignement national devant avoir un caractère défensif, ce texte a fait l’effet d’une bombe car il a été interprété comme destiné à permettre, voire à imposer, l’espionnage par toute structure ou citoyen chinois.

Le rapport rédigé en 2018 par le Bureau de la politique commerciale et manufacturière de la Maison Blanche, intitulé « Comment l’agression économique de la Chine menace les technologies et propriétés intellectuelles des États-Unis et du monde », montre que ce sujet était déjà éminemment sensible aux yeux des Américains. Le climat se détériore encore suite aux différentes attaques menées par des groupes de hackers, notamment ceux connus sous les appellations APT 1 et APT 10, soupçonnés d’être liés au gouvernement chinois.

Dans ce contexte, on comprend l’inquiétude suscitée par l’accès de Huawei au développement de la 5G. En effet, cette technologie autorisera l’échange massif de données, y compris à caractère sensible, sans que puisse être totalement exclue, nonobstant les dénégations de Huawei, l’installation de systèmes permettant la captation des informations transitant par un réseau 5G maîtrisé par cette société chinoise.

Cette inquiétude ressort très fortement des chefs d’accusation présentés par le Département de la Justice américain dans sa demande d’extradition de Meng Wanzhou, directrice financière de Huawei et fille du fondateur de l’entreprise, à la suite de son interpellation le 1er décembre 2019 au Canada à la demande de ces mêmes autorités américaines. Si l’accusation principale porte sur la violation de l’embargo contre l’Iran qu’aurait commise la firme chinoise, une dizaine de chefs d’accusation concernent exclusivement des faits d’espionnage industriel.

Dans la foulée, Huawei a été inscrite sur la liste noire du département du Commerce, ce qui interdit aux entreprises américaines de travailler avec elle, sauf à obtenir préalablement une licence spécifique.

Les États-Unis enjoignent clairement leurs alliés européens à adopter des mesures similaires. La crise s’accentuant avec la course au développement de la 5G, Donald Trump a signé le 6 août 2020 deux décrets exécutifs interdisant aux Américains de s’engager dans des transactions avec les sociétés mères chinoises des applications mobiles TikTok et WeChat, interdictions devant prendre effet à la mi-septembre.

La préoccupation concernant la possible captation d’informations par la firme chinoise est partagée par l’UE. Le 29 janvier 2019, le vice-président de la Commission européenne en charge du numérique a affirmé que, du fait de l’adoption de la loi chinoise sur le renseignement, il est possible que les composants Huawei comportent des portes dérobées, des programmes malveillants et des micropuces permettant un accès à distance aux dispositifs d’information.

Enjeu européen et affrontements stratégiques de puissance

Outre cette déclaration, l’UE est un théâtre de première importance, tant pour le développement de la 5G chinoise que pour la guerre commerciale sino-américaine. Pour la Chine, gagner le marché européen s’intégrerait dans une stratégie plus large d’affaiblissement de la puissance étasunienne sur le Vieux Continent. Avec la 5G, non seulement la RPC gagnerait un marché représentant une manne financière, mais elle pourrait aussi créer un lien, sinon une dépendance, des États européens l’ayant choisie au détriment du concurrent américain.

Si l’UE a conscience d’être un enjeu, elle ne présente pas un front uni, les pays membres affirmant des postures différentes face à Huawei. Certains, comme le Royaume-Uni, interdisent l’adoption de la technologie chinoise alors que d’autres, comme la France, adoptent une position médiane : ils l’excluent des secteurs sensibles comme ceux liés à la défense nationale, mais proposent des accès somme toute limités.

Même si le risque d’espionnage par la Chine est bien perçu par les États européens, certains d’entre eux ont peu apprécié les pressions américaines tendant à influencer leurs choix. En ce sens, proposer une voie médiane pourrait être un moyen d’affirmer une position géopolitique indépendante face aux États-Unis tout en essayant de négocier une politique de réciprocité, comme l’a récemment souligné le ministre français des Affaires étrangères : l’objectif serait de « rééquilibrer par le haut nos relations en matière de commerce et d’investissement en parlant d’une seule voix au niveau européen » afin d’obtenir de la Chine une ouverture réciproque de son marché.

En outre, l’UE dispose de deux entreprises à même de proposer leurs services en matière de 5G, Nokia et Ericsson, alors que les États-Unis en sont totalement démunis. Si ces deux entreprises accusent un certain retard relatif quant au déploiement de la 5G, elles restent néanmoins compétitives, notamment Nokia qui est en mesure de proposer la même complétude de services que Huawei et d’assurer la totalité de la chaîne, de l’accès, aux câbles sous-marins en passant par le transport et la transmission optique.

Au-delà même de l’enjeu que représente le continent européen, se joue là une autre question majeure : le signal envoyé au reste de la communauté internationale. En effet, si la Chine envoie déjà un premier signal fort avec son équipementier en capacité de déployer de la 5G, gagner le marché européen, alors que les États-Unis cherchent à l’en empêcher, porterait un coup au prestige de la bannière étoilée et renforcerait une politique globale ayant déjà permis à Huawei de déployer la 5G dans d’autres pays comme l’Afrique du Sud, la Turquie ou l’Indonésie.

Un pari sur l’avenir technologique : la maîtrise du monde de demain

Les États-Unis, nous l’avons dit, ne disposent pas d’entreprises capables de déployer la 5G. Or il s’agit là d’un enjeu structurant pour l’économie et l’industrie. Si la 5G permet à l’internaute de surfer bien plus vite et sans latence, elle permettra aussi de développer la télémédecine, les smart cities, l’Internet des Objets (IoT), de changer des modes de production ou de rationaliser les flux ferroviaires, maritimes et aériens. En termes de défense, elle deviendra également une pierre angulaire de nombreux changements tactiques et stratégiques.

Ainsi, de même que le passage à la fibre a pu changer les pratiques et représenter un avantage pour certaines entreprises, la 5G sera probablement une révolution technologique. Ne pas s’y associer pourrait engendrer une prise de retard potentiellement difficile à combler pour certaines entreprises. Or, à ce jour outre la Chine, seules deux sociétés, la finlandaise Nokia et la suédoise Ericsson, sont en mesure d’entrer dans la course. Ces deux États n’étant pas membres de l’OTAN, ils bénéficieront probablement d’une image positive de neutralité aux yeux des États extérieurs à l’UE et à l’Alliance atlantique.

Néanmoins, ces deux sociétés, bien que concurrentielles en termes de technologie, de brevets déposés ou de contributions au standard 3GPP, ne bénéficient pas de l’appui d’un État puissant pour soutenir leurs efforts de déploiement, tant financièrement que diplomatiquement. À la différence de Huawei en Chine, elles n’ont pas davantage la possibilité de déployer leurs technologies sur un vaste territoire. Les États-Unis ne sont pas en capacité d’entrer en compétition avec Huawei, quand bien même ils se lanceraient dès aujourd’hui dans le développement de ces technologies. Dès lors, ils pourraient parfaitement être tentés de procéder à la captation a minima d’une de ces deux entreprises, soit sous une forme collaborative, en proposant l’appui de leur puissance économique, financière et géographique, soit dans une approche plus offensive, spoliant ainsi l’Europe de ses champions dans une course qui semble déjà dessiner le monde de demain.

Dans l’implantation de la 5G, le rôle de l’opinion publique n’est pas négligeable. Or celle-ci redoute d’être victime de l’espionnage chinois et a une image globalement négative de la RPC du fait des agissements récents de Pékin à Hongkong, vis-à-vis de Taiwan ou encore envers la communauté ouïgoure.

Cette défiance, qui a contribué à rendre moins attractive la technologie de Huawei auprès des populations, a encore été renforcée par la communication particulièrement agressive des ambassadeurs de Chine, ces « loups guerriers » dont le comportement a été jugé insultant, caricatural et indigne du niveau diplomatique. À titre d’exemple, on peut évoquer un texte émanant de l’ambassade de Chine en avril 2020 qui a provoqué la convocation de l’ambassadeur au ministère français des Affaires étrangères.

On l’aura compris, la 5G voit s’affronter des acteurs pour des enjeux de pouvoirs où les rivalités et les manœuvres utilisées nécessitent, pour être décryptées, de recourir à une lecture mêlant géographie, histoire, économie, sociologie, et sciences politiques – en somme, une réelle analyse géopolitique.The Conversation

Christine Dugoin-Clément, Analyste en géopolitique, chercheuse à Paris 1-la Sorbonne ( IAE) et à Saint Cyr Coëtquidan., IAE Paris – Sorbonne Business School. Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.