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Echec de StopCovid : à quoi ressemblera la nouvelle application qui sortira le 22 octobre ?

 

stopcovid

Décidément, Jean Castex a du mal avec l’application de traçage de cas contacts StopCovid. Après avoir benoîtement avoué sur France 2 qu’il n’avait pas téléchargé sur son smartphone l’application dont le gouvernement vantait l’utilité, le Premier ministre a annoncé ce lundi 12 octobre sur FranceInfo qu’il allait y avoir une nouvelle version de… TéléCovid le 22 octobre prochain. Gentiment moqué, les réseaux sociaux ont fait un rapprochement avec le Minitel, succès français mais échec international.

En tout cas, l’annonce d’une nouvelle version de l’application est plutôt une bonne nouvelle tant la version actuelle n’a pas rempli ses objectifs. Installée plus de 2,6 millions de fois depuis début juin – soit très loin des chiffres du Royaume-Uni (16 millions) et de l’Allemagne (18 millions) – StopCovid n’a envoyé que… 472 notifications de potentiels cas contacts après que 7 969 personnes se sont déclarés positives…

La colère d'Emmanuel Macron

Un vrai fiasco qui aurait déclenché récemment une colère froide du chef de l’Etat.Soit on arrête tout, soit on change tout, aurait en substance ordonné Emmanuel Macron à ses ministres, Olivier Veran (Santé) et Cédric O (Numérque) en tête.Il faut dire que le coût de StopCovid pèse aussi dans la balance : entre 200 et 300 000 euros mensuels.

"Le gouvernement, le président de la République, ont demandé à travailler sur une nouvelle version qui sera officiellement lancée le 22 octobre et donc à ce moment-là je la téléchargerai", a indiqué Jean Castex lundi. Cédric O avait admis la semaine passée devant le Sénat que l’application marchait "mal". "Si nous voulons relancer l’application, nous avons besoin de trouver des relais et des alliés. Si les professions médicales estiment que c’est utile, alors elles doivent le dire", avait-il insisté, notant "le manque de confiance" dont souffre la parole politique. Une nouvelle société doit remplacer fin octobre le français CapGemini qui travaillait jusqu’alors gratuitement comme chef de projet. Elle sera désignée via une procédure d’appel d’offres, et le plafond mensuel de dépenses liées à l’application augmentera, de 100 000 euros aujourd’hui à "probablement autour de 200 000 euros", a indiqué Cédric O.

Incompatibilité européenne

Reste à savoir comment fonctionnera la nouvelle StopCovid. Au nom de la souveraineté numérique, la version actuelle est un système centralisé (Robert, créé par l’Inria), c’est-à-dire que les contacts des personnes croisées sont stockés dans un serveur central. La solution commune proposée par Google et Apple est au contraire décentralisée, c’est-à-dire que les contacts sont stockés dans le téléphone. Plusieurs pays européens ont opté pour la solution des deux géants d’internet, ce qui leur permet de faire dialoguer leurs applications entre elles. StopCovid est, elle, restée isolée… La France changera-t-elle de philosophie ? En juin, la Norvège, qui utilisait une application centralisée, Smittestopp, y a mis fin. Elle a depuis adopté le système Google-Apple…

Selon des indiscrétions qui ont fuité hier, la nouvelle application ne s’appellerait pas TéléCovid mais AlerteCovid… et conserverait le protocole Robert. La nouvelle application pourrait aussi être une alternative aux cahiers de rappel, introduits pour les restaurants dans les zones d’alerte maximale.

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