Apple : les cinq révolutions de Steve Jobs



Une page de l'histoire de l'informatique s'est tournée mercredi 24 août avec la démission de son poste de PDG de Steve Jobs, l'emblématique patron d'Apple.
C'est par une lettre émouvante rendue publique mercredi que Steve Jobs a annoncé sa démission. «J'ai toujours dit que si jamais je venais à ne plus être en mesure d'assumer mes fonctions et obligations en tant que directeur général d'Apple, je serais le premier à vous le faire savoir. Malheureusement, ce jour est arrivé», a écrit Steve Jobs, qui conservera toutefois la présidence du conseil d'administration d'Apple. Pour lui succéder, Jobs a choisi Tim Cook qui était, jusqu'à présent n°2 de la société. Steve Jobs, 55 ans, qui a survécu à un cancer du pancréas en 2004 en subissant une transplantation, était en congé maladie depuis janvier. Sa démission ne signifie pas que son état de santé se soit aggravé ; elle est plutôt le signe de sa volonté de préparer en douceur une transition que chacun savait inéluctable.

Qu'on l'adule ou qu'on le déteste, force est de reconnaître que le co-fondateur, avec Steve Wozniak en 1976, de la marque à la pomme aura marqué le secteur des nouvelles technologies en lui donnant bien souvent le tempo. Apple aura été, en effet, à l'origine d'au moins cinq révolutions. En 1984, après l'Apple II, Jobs lance le Macintosh qui aura ouvert l'ère de l'ordinateur personnel. En 2001, Apple lance l'iPod, un baladeur qui va bouleverser la façàn dont on écoute de la musique. En 2007, la firme à la pomme s'attaque à la téléphonie mobile en lançant l'iPhone, qui reste toujours une référence pour le secteur en plein boom des smartphoners. Enfin, en 2010, Steve Jobs ouvre l'ère post-PC avec l'iPad, sa tablette tactile qui n'a toujours pas trouvé de concurrents à sa hauteur.

Ces quatre révolutions ont également signé une profonde évolution dans la philosophie Apple qui est passée d'un esprit ouvert et libertaire à un écosystème des plus fermés. C'est cette fermeture, ces verrouillages qui agacent le plus... mais qui séduisent aussi le plus le grand public, reconnaissant pour la simplicité d'usage et l'ergonomie des machines.

Enfin, on peut mettre au crédit de Steve Jobs une 5e révolution : celle d'avoir mis au-dessus de la technique le design de ses appareils. Là aussi, qu'on adule ou qu'on déteste Apple, on ne peut que reconnaître que le design des ordinateurs ou des tablettes de la marque donnent souvent la tendance gébérale du secteur. De l'iMac aux couleurs acidulées au dernier ultraportable MacBook Air tout en finesse et en aluminium les produits - conçus par Jonathan Ive - sont toujours beaux avec une finition irréprochable qui se retrouve bien évidemment dans ds tarifs plus élevés que la moyenne.

La démission de Steve Jobs ajoute enfin un nouveau chapitre à un parcours réellement exceptionnel, de ceux dont on dit qu'il constituent un destin. Viré d'Apple en 1985, Steve Jobs était parti fonder NeXT, des stations confidentielles haut de gamme. En 1996, il revient pour prendre les rennes d'une entreprise au bord de la faillite qu'il va conduire de succès en succès jusqu'à aujoud'hui, au point de devenir, il y a quelques jours, la première entreprise mondiale...

Que deviendra Apple sans son "gourou" ? Difficile à dire. Jeudi le cours d'Apple a été suspendu et à la reprise, l'action a chuté de 5%. Mais dernièrement Steve Jobs, qui a toujours eu le culte du secret jusqu'à la paranoïa, assurait qu'il avait mis la société à l'abri avec des innovations pour les dix ans à venir. Apple n'a pas fini de nous surprendre...

Illustration : le portrait de Steve Jobs réalisé avec les produits Apple, publié par Fortune Magazine en 2008.

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