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Le patron d'Amazon s'offre le Washington Post




Le patron du site internet Amazon, Jeff Bezos, vient d’acheter sur sa fortune personnelle l’emblématique quotidien américain The Washington Post pour 250 millions de dollars.

Jeff Bezos, l’emblématique patron du site internet Amazon, premier libraire mondial, s’est offert lundi soir, sur sa fortune personnelle, l’un des plus célèbres et prestigieux quotidiens américains : le Washington Post. Celui-là même qui avait révélé le scandale du Watergate ayant conduit à la démission du président Nixon en 1974, écrivant là une page de légende de l’histoire du journalisme.

Ancienne et nouvelle économie
D’aucuns verront sans doute dans cette transaction à 250 millions de dollars l’assaut de la nouvelle économie sur l’ancienne, celui de la génération Y sur celle des baby-boomers, celui du numérique sur l’analogique, celui d’internet sur un média traditionnel. Elle illustre surtout la profonde mutation d’un secteur - celui de la presse - qui, des États-Unis à l’Asie en passant par l’Europe, est pris dans une paradoxale tenaille entre de réelles difficultés économiques et d’adaptation à de nouveaux supports et une appétence toujours présente du public pour l’information de qualité, garante du bon fonctionnement des démocraties.

C’est en embrassant cette double problématique que Jeff Bezos, 49 ans et 19e fortune mondiale avec 25,5 milliards de dollars, s’est porté acquéreur du Post et de plusieurs autres titres cédés par la famille Graham.

En devenant le seul patron du Post - fut-ce par une réelle philanthropie - Jeff Bezos, comme d’autres patrons venus de l’industrie, s’achète aussi l’influence politique d’un quotidien de référence. Une influence qui fait souvent défaut aux contenus numériques. En contrepartie, le savoir-faire numérique et commercial acquis depuis 1994 par Amazon, pourrait apporter un levier de croissance pour le journal. «Les valeurs du Post ne changeront pas» a assuré Jeff Bezos. «Il y aura bien sûr des changements dans les prochaines années» afin d’adapter au bouleversement d’internet le quotidien, passé 832 000 à 475 000 exemplaires en vingt ans. «Nous aurons besoin d’inventer, ce qui signifie que nous aurons besoin d’expérimenter», a ensuite indiqué le patron. Des innovations éditoriales que l’on pourrait retrouver sur la liseuse Kindle ou les tablettes maison Fire. Car avec le Washington Post, Amazon parachève un dispositif désormais complet incluant matériels, applications et contenus. La clé du succès ?

Rachats en série
Boston globe. Le 3 août, le New York Times a annoncé la vente du Boston Globe pour 70 millions de dollars. Il l’avait acheté il y a 20 ans pour… 1,8 milliard de dollars !
Newsweek. Le célèbre hebdomadaire concurrent de TimeMagazine avait jeté l’éponge en arrêtant son édition papier fin 2012 avec une Une qui fit date «#thelastprintissue.» Le 3 août, le groupe de médias en ligne IBT Media a annoncé le rachat de Newsweek.
Los Angeles Times. Son propriétaire, le groupe Tribune, a annoncé la scission de son activité presse.

Le trophée Diderot de la culture scientifique décerné au Museum de Toulouse


Le Muséum de Toulouse reçoit le trophée Diderot de la culture scientifique qui distingue les Jardins du Muséum à Borderouge pour l’originalité du travail effectué sur le thème de la relation Homme-Nature- Environnement. Cette distinction entre dans la catégorie « Institution confirmée » et sera remise par l’Association pour le développement de la culture scientifique, technique et industrielle - AMCSTI - le mardi 2 juillet 2013 à 19h30 sur le site du Puits Morandat à Gardanne - Bouches du Rhône.

Espionnage américain de l'UE : Françoise Castex appelle à différer les négociations commerciales

La colère des Européens ne faiblit pas face à l'espionnage des réseaux de communications de l'UE et de plusieurs pays dont la France dans le cadre du scandale PRISM.

L'eurodéputé EELVDaniel Cohn-Bendit a appelé à une rupture immédiate des négociations sur le traité de libre-échange transatlantique, tant qu’un accord n’a pas été signé avec les États-Unis sur la protection des données. Même état d'esprit chez l'eurodéputée PS du sud ouest Françoise Castex. "En attendant les résultats de la commission d’enquête [demandée parle groupe socialiste du Parlement européen], toute négociation avec les Etats-Unis en vue d’un accord de partenariat transatlantique (TTIP) doit être suspendue", estime-t-elle avant de conclure: "Garder la maîtrise de nos données personnelles, de nos vies, est un droit fondamental."

L'affaire PRISM aura en tout cas eu le mérite de mettre sur la table la question des données personnelles et de leur utilisation, sujet de discorde entre Etats-Unis et Européens.

Un débat en session plénière est prévu ce mercredi à Strasbourg en présence du Conseil et du Président de la Commission européenne José Manuel Barroso au sujet du scandale PRISM.

Piratage, écoutes : nos données valent de l'or





D’un côté, l’affaire du scandale des écoutes américaines avec le programme PRISM qui n’en finit pas et concernerait désormais l’Europe ; de l’autre les fuites accidentelles de millions de données chez Facebook, ou la mise en demeure de Google sur sa politique de gestion des données personnelles par les 27 CNIL de l’Union européenne et l’UFC : autant dire que les questions de la protection des données personnelles sur internet n’ont peut-être jamais été autant au cœur de l’actualité.

C’est que toutes ces données que nous émettons – des commentaires postés au bas d’un article en passant par nos textos, nos e-mails, nos photos et vidéos mises en ligne et partagées avec nos amis sur les réseaux sociaux – en disent long sur nous et nos comportements. Très long au point qu’elles constituent un véritable eldorado pour des entreprises dont l’objectif est de constituer de gigantesques bases de données comportementales qui se vendent à prix d’or. « Les données personnelles sont l’or numérique », a analysé la semaine passée, à raison, Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, lors de l’assemblée générale de l’Electronic Businesss Group (EGB), un club d’affaires de l’économie digitale qui réunit quelque 600 entreprises du secteur. Le ministre a même résumé la philosophie des géants des réseaux sociaux : « les données personnelles : nous les offrons à de grands acteurs qui nous les revendent ensuite. »  Et d’indiquer que chaque clic sur «J’aime » (Like) représentait pour Facebook 0,06$. Multiplié par le milliard d’utilisateurs du plus célèbre des réseaux sociaux, on comprend l’ampleur des enjeux, colossaux, qui motivent les géants du Net à faire un lobbying forcené au Parlement européen pour qu’il n’adopte pas une politique de protection des données personnelles par trop restrictive.

Piratage, espionnage, cyberdéfense

À côté de ces intérêts commerciaux, les données qui circulent sur les réseaux de communication intéressent aussi les États. Car avec le temps, le cyberespace est devenu un terrain d’affrontements aussi violents que ceux de la guerre froide. Espionnage économique, contre-espionnage, virus, sabotage numérique, piratage, etc. Aux États-Unis comme en Chine, des unités militaires aux effectifs de plus en plus nombreux se sont spécialisées sur les réseaux. En France, la cyberdéfense a été au cœur du dernier Livre blanc sur la Défense et le ministre de l’Intérieur Manuel Valls vient d’effectuer un voyage aux États-Unis sur ces thématiques. « Le débat sur l’équilibre à trouver entre la lutte contre le terrorisme, les moyens de la grande criminalité, les moyens qu’on se donne pour surveiller et anticiper les actes terroristes et les libertés et la vie privée n’est pas nouveau et ne va cesser de s’accentuer dans les années qui viennent », a-t-il ajouté.

Au nom de cette cyberdéfense et de cette cybersécurité, les États prennent ainsi des libertés… avec nos libertés. C’est au nom de la lutte contre le terrorisme et les attentats potentiels que sont justifiés sans coup férir des programmes comme Échelon ou PRISM, récemment dévoilé par le « lanceur d’alerte » Edward Snowden. Des programmes secrets et très – trop ? – intrusifs qui questionnent nos démocraties. À une époque où internet n’existait pas, le président américain Thomas Jefferson (1801-1809) s’interrogeait : « Si vous êtes prêt à sacrifier un peu de liberté pour vous sentir en sécurité, vous ne méritez ni l’une, ni l’autre. » Deux siècles plus tard, l’analyse n’a rien perdu de sa pertinence.


Interview : "Nous devons former les gens aux enjeux des bonnes pratiques numériques" 

Christophe Alcantara est enseignant-chercheur à l’IDETCOM de l’Université Toulouse 1 Capitole.

Que représente l’intérêt économique des données numériques ?

Aujourd’hui, la collecte des données personnelles dans des data center (centre de données) est véritablement un eldorado. Le problème c’est que les acteurs majeurs du marché, que ce soit Google, Facebook et autres, arrivent sur ce terrain-là de façon cachée à travers le prisme de la société de l’information et des mythes de cette société de l’information : la transparence, le don d’ubiquité, une nouvelle forme de socialisation. Derrière ça, ils nous invitent à lâcher prise avec un objectif unique : collecter des données personnelles pour pouvoir vendre derrière des mégabases comportementales. C’est quelque chose que j’observe depuis plusieurs mois. Heureusement, des gens réagissent.

Lorsque Nicolas Sarkozy avait lancé, à l’occasion du G8 de Deauville, l’IG8 pour cadrer l’internet, Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, a fait un galop d’essai en disant que pour des questions de démocratisation, d’accès et de convivialité, il voulait permettre aux enfants de moins de 13 ans d’avoir un compte Facebook de façon officielle._Aujourd’hui, l’enjeu économique est là et représente des centaines de milliards de dollars.

Aujourd’hui, je suis moins optimiste qu’il y a deux mois._Alors même que la Commission européenne doit statuer sur la protection des données personnelles, il y a des actions de lobbying absolument énormes pour que les adresses IP (c’est-à-dire l’adresse unique des ordinateurs) n’apparaissent pas comme une donnée personnelle, comme c’est le cas aux États-Unis. Et ça, c’est un véritable scandale.

À côté de l’intérêt des sociétés du Net, il y a l’intérêt des États qui surveillent les communications.

Là, on est véritablement sur un enjeu de pouvoir qui se joue aujourd’hui totalement dans le cyberespace. Les États sont dans l’espionnage industriel à très grande échelle qui peut toucher à la fois des sociétés – les Chinois ne s’en privent pas – mais aussi les individus dans une logique d’appropriation. Soit pour influencer une donnée géostratégique. Soit, sous couvert de prévenir des attentats possibles et réels. Mais cela vient empiéter sur la sphère privée. Aujourd’hui, ce qui a été dénoncé aux États-Unis s’inscrit dans la continuité des enjeux de cyberguerre telle qu’elle s’est pratiquée, par exemple, en Iran par le Mossad israélien, lorsqu’il a décidé de fracasser les centrifugeuse iranienne en leur injectant à travers une clé USB un logiciel malveillant.

Comment les citoyens peuvent-ils préserver une part de la vie privée ?

Aujourd’hui, nous devons véritablement former les gens aux enjeux des bonnes pratiques numériques pour qu’ils soient éduqués comme pouvait l’être l’homme du XVIIIe siècle qui savait converser, faire de la rhétorique et avait un esprit encyclopédique. Il faut l’appréhender très tôt. L’idée n’est pas de ne pas aller dans le cyberespace ou sur les réseaux sociaux, mais d’y aller en ayant conscience de ce que l’on écrit et avec le soucis de protéger son identité numérique.

Ensuite il y a des contre-pouvoirs à mettre en œuvre. Ce sont des ONG qui peuvent intervenir pour être vigilant, mettre en place des veilles, dénoncer des mauvaises pratiques dans des entreprises. Enfin, qui va regarder les conditions d’utilisation de Facebook ? Personne. Qui a les capacités de lire les 200 pages proposées ? Peu de monde. Si on permettait aux gens d’y voir plus clair, on pourrait lutter contre cette dissymétrie. Aujourd’hui, le pouvoir des associations et des ONG doivent s’approprier cet environnement, cet enjeu de société qu’il ne faut pas lâcher.

Télés connectées : les mêmes menaces que sur les ordinateurs

Les constructeurs de téléviseurs font progressivement basculer leur gamme dans la TV connectée c'est-à-dire des télés qui sont connectées à internet et qui, à la manière des tablettes et smartphones, proposent des applications pour consulter la météo, voir un film en vidéo à la demande (VOD), mettre à jour son profil Facebook voire surfer sur internet.

Malgré ces promesses, les TV connectées ont du mal à décoller puisque selon une enquête Analysys Mason réalisée dans  5 pays d’Europe (France, Allemagne, Pologne, Espagne, et Royaume-Uni) et aux Etats-Unis, plus de 50% des possesseurs de Smart TV ne l’ont pas connectée à internet !

Pour autant le parc de Smart TV ne va pas cesser de croître. 60 millions de TV connectées ont été vendues en 2012 dans le monde, et 50% des TV vendues seront des Smart TV à partir de 2015. En 2017,  31% des foyers de la planète en seront équipés.

Dès lors l'émergence de ce marché de masse s'accompagne bien souvent de questions de sécurité. "Avec l'augmentation du taux d'équipement, les familles doivent faire face aux mêmes menaces que les PC : phishing, vol de données, détournement d'informations... et suivre les mêmes règles pour bénéficier d'une navigation sécurisée sur leur Smart TV", explique l'éditeur d'antivirus Trend Micro.

Et l'éditeur de rappeler les principales règles de sécurité :
-    utiliser des mots de passe forts pour les comptes de streaming vidéo ou musique
-    créer des identifiants différents  pour chaque compte
-    connecter la smart tv à un réseau sécurisé
-    mettre en place un contrôle parental (restriction d'accès, logiciels de filtrage...)


Les Français de plus en plus sensibles à la protection des données personnelles


Le 3e baromètre de la confiance des Français dans le numérique, édité la semaine dernière par la CDC (Caisse des dépôts et consignations) et l’ACSEL (l’association de l’économie numérique) a mis en évidence  la sensibilité forte des Français aux données personnelles.
La conservation des données personnelles constitue l’un des sujets les plus sensibles : 92% jugent important qu’elle soit limitée dans le temps. La géolocalisation est également un sujet majeur de préoccupation des Français : 75% disent la refuser ;
L’utilisation abusive des données est citée en moyenne par plus de 40% des Français comme un risque perçu dans les domaines de l’e-administration, la banque en ligne et l’e-commerce.  52% des utilisateurs de réseaux sociaux manifestent quant à eux des craintes sur l’accès éventuel de tiers à leurs données.

L'eurodéputée Françoise Castex part en guerre contre Google


Un data center de Google.


L'affaire du scandale des écoutes américaines avec le programme PRISM et britanniques avec l'opération Tempora d'un côté ; les fuites accidentelles de millions de données chez Facebook, ou la mise demeure de Google sur sa politique de gestion des données personnelles par les 27 CNIL de l'Union européenne : autant dire que les questions de la protection des données personnelles sur internet n'ont peut-être jamais été autant au coeur de l'actualité.

C'est dans ce contexte que se déroule devant la Cour de justice de l'Union Européenne un procès opposant l'État espagnol à Google autour de l'interprétation de la Directive 95/46/CE du Parlement européen et du Conseil du 24 octobre 1995 relative à la protection des personnes physiques à l'égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données.

"Google n'est pas au-dessus des lois"

Plus exactement, la Audiencia Nacional au nom de l'autorité espagnole de protection de données a demandé le 9 mars 2012 une décision préjudicielle dans son conflit avec Google Espagne. Un internaute espagnol peut-il s'adresser à Google pour faire supprimer des pages qui apparaissent sur le moteur de recherche et qui comportent des données nominatives le concernant ?

On serait tenté de répondre oui mai il en va autrement. Dans ses conclusions rendues publiques ce mardi 25 juin, l’avocat général de la Cour de Justice de l'Union européenne (CJUE), Niilo Jääskinen, a estimé que "les fournisseurs de services de moteur de recherche sur Internet ne sont pas responsables, en vertu de la directive sur la protection des données à caractère personnel, des données personnelles apparaissant sur les pages web qu’ils traitent." Avec un tel argumentaire, le "droit à l'oubli" ne peut donc exister.

La position de l'avocat général a fait vivement réagir l'eurodéputée Françoise Castex. Pour la Vice-présidente de la Commission des Affaires juridiques du Parlement européen "cette affaire révèle l'obsolescence de la législation européenne qui date de 1995. La Cour vient nous rappeler ici combien il est devenu urgent pour l'Union européenne de se doter d'une législation uniforme avec un champ d'application transnational qui sécurise juridiquement les entreprises et protège efficacement ses citoyens à l'ère d'internet".

L'eurodéputée gersoise plaide pour la mise en place d'un nouveau règlement européen. "Actuellement en discussion au Parlement européen et au Conseil, il prévoit un renforcement des droits des citoyens avec le droit à l'oubli et le droit à la portabilité des données personnelles. Cependant, son adoption ne cesse d'être reportée !", déplore la parlementaire, qui demande au Parlement européen d'arbitrer le match Google-Espagne. "Google n'est pas au-dessus des lois, mais encore faut-il que l'Europe se dote d'une législation adaptée à l'ère numérique"

Les "Rencontres 2013" du réseau Cyber-bases Midi-Pyrénées se déroulent à Toulouse



A l'heure des tablettes, des smartphones et de la connexion permanente à internet, on en oublierait presque que pour certains, accéder à internet est plus compliqué. Soit parce qu'ils n'ont pas d'accès au Net chez eux, soit parce qu'ils ne sont pas familiers des terminaux. C'est à ces publics que se destinent les Cyberbases, ces points d'accès publics initiés par la Région Midi-Pyrénées en 2002, mais qui sont bien plus que de simples hot spots : de véritables lieux d'échanges intergénérationnels.

Créé par la région et la Caisse des Dépôts, le réseau Cyberbase, qui compte 52 points d'accès public à internet, accompagne, en effet,jeunes et aînés, via des ateliers, dans leur découverte des outils numériques ou dans leurs démarches administratives en ligne. 132 animateurs sont au service de plus de 52000 inscrits (depuis 2011) dans les huit départements de la région, qui y a consacré un budget de près d'1 M€ d'investissement et  près de 200000 € de fonctionnement par an, au travers du réseau ASTER.

Le succès est au rendez-vous avec un public sans cesse en augmentation. Et pour célébrer cette réussite, la région organise ce mardi les « Rencontres 2013 » du réseau Cyber-bases Midi-Pyrénées, organisées en partenariat avec la Caisse des Dépôts. Celles-ci seront ouvertes à 14 heures par Viviane Artigalas, vice-présidente de la Région en charge des Technologies de l'Informations et de la Communication (TIC). La remise des trophées Cyber-bases Midi-Pyrénées viendra clôturer cette manifestation.
La liste des Cyber-bases Midi-Pyrénées est consultable ici



Premier vol de l'A350 XWB : l'édition spéciale iPad de La Dépêche




A l'occasion du premier vol d'essai de l'Airbus A350XWB, ce vendredi 14 juin, la rédaction de La Dépêche du Midi vous propose une édition spéciale iPad "A350, naissance d'un avion."

Photos, vidéos, infographies vous permettront de découvrir la genèse de ce nouveau fleuron de l'aéronautique. Pour lire cette édition, téléchargez gratuitement l'application La Dépêche sur l'AppStore.

SFR lance la 4G à Toulouse

Des débits impressionnants proches de 100 Mb/s


Après Bouygues Télécom le 6 mai dernier et avant Orange cet été, SFR, 2e opérateur mobile en France, a lancé ce midi à Toulouse la 4G. En présence d'élus et de clients professionnels, Pierre Barnabé, directeur exécutif business team de SFR, a officiellement donné le top départ de ce nouveau réseau mobile haut débit depuis l'espace SFR Esquirol au centre de Toulouse.

Au 13 juin, Toulouse, Colomiers et Tournefeuille sont couvertes en 4G soit 80% de la population toulousaine. La totalité de l'agglomération Toulouse Métropole sera couverte d'ici fin 2013.

Dans le Grand Sud, Tarbes et Pau mais également Agen bénéficieront elles aussi de la 4G d'ici la fin de 2013.

D'ici la fin de l'année, SFR proposera la 4G et le Dual Carrier (une norme intermédiaire entre la 3G et la 4G) soit une couverture nationale de 70% de la populaton dont la moitié en 4G.

Pour expliquer les avantages de ce haut débit mobile, SFR va faire circuler un bus jusqu'au 23 juin permettant aux Toulousains de comparer le confort d'utilisation de la 4G avec la 3G en terme de téléchargement, rapidité de navigation sur internet, vidéo HD, visioconférence, etc.

Scandale PRISM aux Etats-Unis : l'eurodéputée Françoise Castex saisit la Commission européenne


Les révélations sur le programme secret PRISM de l'Agence nationale de sécurité (NSA) américaine - qui surveille et stocke, avec la coopération de grandes firmes d'internet, les communications téléphoniques et les échanges en ligne passées par des non-Américains - n'en finissent pas de rebondir. Ce lundi, The Guardian a ainsi recueilli les premières déclarations d'Edward Snowden, un jeune homme âgé de 29 ans, ancien employé de la NSA et source des fuites.

Le scandale a également pris une tournure politique en Europe avec l'intervention de l'eurodéputée PS Françoise Castex, qui a interpellé la Commission européenne sur ces pratiques qui pourraient concerner des citoyens européens.

L'eurodéputée, spécialiste des questions numériques, appelle Bruxelles à agir "afin de protéger la vie privée des ressortissants de l’Union européenne en particulier sur le cloud face la toute-puissance du Foreign Intelligence Surveillance Amendment Act (FISAA). "

Lobbying insupportable

"Ce scandale éclate alors que la législation européenne sur la protection des données personnelles en cours de révision fait l’objet d’un lobbying insupportable des  géants américains du Net, et ce, avec le concours du gouvernement américain!”, rappelle l’élue du Gers sur son blog.

Enfin, elle demande "un règlement strict sur les données personnelles, qui donne l’avantage concurrentiel aux entreprises européennes" et "appelle ses collègues parlementaires, et en particulier la droite européenne, à ne pas céder aux sirènes des lobbyistes américains qui tentent de détricoter chaque jour un peu plus la proposition ambitieuse de la Commission européenne."

Mme Castex a récemment interpellé les autorités européennesur un aurte sujet touchant aux données personnelles numériques, celui de l'IP-Tracking pratiqué par certains sites web, notamment de voyagistes.

Les drones civils, un marché qui décolle

Surveillance pipeline par un drone de Delair Tech


Entre l’usage intensif et controversé qu’en font les États-Unis ; les ratés de la mise en œuvre d’une filière française ; et le scandale outre-Rhin où l’Allemagne a acheté cinq exemplaires qui ne peuvent pas prendre les airs en raison des restrictions européennes, les drones sont au cœur de l’actualité. Mais des drones militaires dont l’usage est aux antipodes des drones civils auxquels la 17e Mêlée numérique, qui se tenait hier à Toulouse, consacrait une conférence « Des robots, des drones et des hommes. »
François Baffou, directeur de la technopole bordelaise Technowest, le reconnaît d’ailleurs bien volontiers. « Le drone a une image négative car on ne parle que des drones militaires. On voit le drone comme un engin de terreur. L’image pacifiste est absente », se désolait hier le spécialiste, convaincu que les drones civils peuvent trouver un accueil favorable dans le grand public.

Multiples applications

Car ces petits avions sans pilote à bord et d’un poids inférieur à 250 kg, peuvent intervenir dans une multitude de domaines, et particulièrement l’environnement et la sécurité.
Par exemple en Aquitaine, le Service départemental d’incendie et de secours des Landes utilise des drones pour détecter des incendies de forêt. ERDF utilise également des drones pour contrôler ses lignes à haute tension. Idem pour la SNCF qui peut superviser ses voies. Lors d’événements festifs rassemblant d’immenses foules, police et gendarmerie peuvent faire appel à des drones. Cinéma et télévision utilisent aussi des drones pour obtenir de spectaculaires images, qu’on a pu voir dans Des racines et des ailes, ou le Village préféré des Français.
« Une heure d’hélicoptère revient à 1 000 €. Les drones sont donc une alternative intéressante pour de nombreuses missions et notamment celles que l’on ne faisait plus car trop onéreuses », précise François Baffou, qui observe un décollage du marché civil, notamment grâce à une nouvelle réglementation.
« Avant avril 2012, on était coincé entre les drones militaires et les jouets d’aéromodélisme, alors que le drone est un vrai robot. Maintenant, il a une réelle existence juridique pour les vols à vue comme pour les vols hors vue » se réjouit Benjamin Benharrosh, directeur général de la start-up Delair-Tech, qui s’est vue décerner mercredi le prix spécial Christine Empociello des Trophées de l’économie numérique.

Les 11es trophées de l'économie numérique décernés à Toulouse


Au premier jour de la 17e Mêlée numérique, rendez-vous incontournable du secteur des technologies de l'information et de la communication qui se déroule jusqu'à demain au centre des congrès Diagora de Labège, les 11es trophées de l'économie numérique ont été décernées à des entreprises innovantes.

Le trophée "Territoire numérique et citoyenneté" a été remis à Graphites pour son projet destiné au jeunes "Écrire l'Europe".

Le trophee "Developpement durable" a été décerné à Openairline pour son logiciel d'optimisation de vol qui permet aux compagnies aériennes de faire de significatives économies de carburant.



Le trophée "Performances systèmes d'information" a été remis à la clinique Pasteur. L'établissement privé, l'un des plus importants de Midi-Pyrénées a concçu un logiciel de brancardage moderne qui évite toute erreur d'd'identité.


Le très attendu trophée de l'"Innovation" a été décerné à Ubleam, une jeune start-up qui a inventé un nouveau tag mobile.



Enfin, le trophée "E-business" a été remis à PCB, créateur de communautés.


A côté de ces 5 prix ont été remis des prix spéciaux.

Le coup de coeur du Sicoval, coorganisateur de la Mêlée numérique, a été remis à Payname, une start-up qui a imaginé un système de paiement innovant pour les particuliers.

Le prix spécial Christine Empociello parrainné par la CCI de Midi-Pyrénées a été remis à Delair-Tech. Cette jeune société conçoit des mini-drones et sera d'ailleurs présente au prochai, salon du Bourget.



Enfin, le Grand prix de l'économie numérique de Toulouse métropole, a été décerné à Airbus pour son logiciel de diagnostic de panne des appareils en temps réel.

La Mêlée numérique se poursuit aujourd'hui avec encore beaucoup de conférences, d'ateliers, de démonstrations sur les innovation numériques d'aujourd'hui et de demain.

L'eurodéputée du Gers Françoise Castex en guerre contre le profilage des internautes



Vous souhaitez acheter un voyage sur internet et vous vous rendez sur un site web pour consulter différentes offres. Vous prenez le temps de la réflexion, revenez plus tard sur le site et… surprise, découvrez que les prix ont sensiblement augmenté. Un de vos amis se connecte sur le même site et lui retrouve des prix plus bas. Derrière cette situation qu’ont vécue de nombreux internautes se cache la pratique de l’IP-tracking, le traçage de votre adresse internet qui a permis au cybercommerçant de vous reconnaître et d’augmenter ses tarifs pour vous inciter à acheter plus rapidement.

Enquête de la CNIL

Cette pratique de profilage de navigation des internautes qui repose sur la collecte de l’adresse IP sans qu’ils en soient informés a alerté l’eurodéputée Françoise Castex qui vient de demander à la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) d’enquêter sur le sujet. « L’IP-tracking doit également être appréhendée sur le fondement des pratiques commerciales déloyales », estime la CNIL, qui « travaille en collaboration étroite avec la DGCCRF afin de déterminer […] de l’opportunité de réaliser des actions conjointes auprès des principaux opérateurs concernés. » Interrogée par La Dépêche, Françoise Castex estime qu’il est urgent d’agir alors qu’un règlement européen sur la protection des données personnelles est actuellement en débat au Parlement européen.



Interview : "Il y a urgence à légiférer"

Comment vous êtes-vous intéressée à l'IP-tracking ?

J'ai une attention particulière à ces questions parce que je travaille actuellement au Parlement européen sur la directive relative à la protection des données personnelles. C'est une directive qui date de 1995 qui est en cours de révision parce que, évidemment, avec internet, la problématique des données personnelles a été modifiée. Donc j'ai eu vent de cette pratique et en janvier j'ai posé une question écrite à la Commission européenne pour savoir ce qu'elle en pensait et pour qu'elle me confirme que l'adresse IP était ou pas une donnée personnelle.

Elle m'a répondu en mars pour me dire que l'adresse IP constituait une donnée personnelle donc à ce titre qu'elle était protégée, et que sur l'usage qui en était fait à des fins commerciales, il fallait interroger les autorités nationales de contrôle de données personnelles sur internet. J'ai donc saisi la CNIL qui a répondu en me disant qu'elle allait lancer une enquête. Elle n'a pas encore commencé.

En quoi est-ce illégal ?

Cette pratique, si elle est avérée, aurait enfreint deux choses. D'une part l'usage des données personnelles et à ce titre, c'est illégal puisqu'on ne peut pas les utiliser sans votre consentement. Et d'autre part, elle mettrait au jour des pratiques commerciales sur internet qui sont déloyales sinon illégales, puisqu'elles gèrent la rareté et des fausses promotion en fonction de l'intérêt que manifeste l'internaute à un produit sans qu'il y ait son consentement et sans que ce soit du yield management (pratiqué par la SNCF par  exemple qui augmente ses prix en période d'affluence ou en faisant des promotions qui doivent être clairement identifiées comme telle avec une date limite ou un nombre limité de place.)

Ce que je constate depuis que je travaille sur ce dossier, c'est que l'IP-tracking est une pratique parmi d'autres de profilage des internautes soit à des fins marketing, soit à des fins de pratiques commerciales  déloyales. Il y a les cookies, la géolocalisation, etc. Il y a tout un arsenal de profilage de l’internaute. On trace vos connexions internet pour connaître vos habitudes, votre pouvoir d'achat, etc. Et en fonction de cela, soit on vous cible pour de la publicité  mais on modifie aussi les prix en fonction de ce profil établi.

Si c'est avéré, quels sont les moyens d'action au niveau européen ?

L'Europe est en train de réviser cette directive sur la protection des données personnelles et le débat qui oppose la  droite et la gauche est : quelle est la tolérance que l'on admet sur l'intérêt légitime à collecter des données personnelles et à la traiter à des fins commerciales ? Où va-t-on mettre le curseur pour dire que c'est interdit ou qu'il y a une autorisation de profilage ?

Certaines de ses sociétés sont extra-européennes, comment agir sur elles ?

Sur la protection du consommateur et des données personnelles en Europe, c'est toujours le droit qui s'applique en Europe, c'est d'ailleurs pourquoi la chambre de commerce et d'industrie américaine en Europe est extrêmement attentive aux débats qui ont cours actuellement au Parlement européen. Ils ont fait déposer des amendements par certains députés pour garantir une liberté d'utilisation de ces données.

Il y a une étude américaine qui a été publiée par le Financial Times qui évalue à l'heure actuelle à 315 milliards d'euros la valeur des données personnelles des européens. En 2020, cette valeur atteindrait 1000 milliards d'euros. L'intérêt économique et commercial est immense. Nos données personnelles, c'est l'âge, le sexe, les amis que l'on fréquente sur Facebook, les sites d'information, de consommation auxquels on accède le plus souvent. Tout cela permet d'établir un profil.

On sait qu'aux Etats-Unis, cela va très très loin puisqu'il y a un marché des profils. Et cela influence les  polices d'assurance qu'on vous propose, les assurances-vie pour lesquelles il y a même un marché. On peut savoir si vous êtes malade, si vous avez des enfants, etc.

L'IP-traking est peut-être la face émergée d'un iceberg sur le marché des données personnelles. Et de mon point de vue, il faut que l'on ait une vigilance maximale là-dessus. IL y a un seul critère qui doit être mis en oeuvre : le consentement de la personne. Il faut que par défaut la protection maximale soit assurée sur internet. Et si vous acceptez de recevoir des offres partenaires, vous aurez à décocher une case.

Il y a des tensions entre la droite et la gauche au Parlement. Ne peut-il y avoir consensus ?

Pour le moment, il apparaît qu'il y a des positions assez tranchées et que dans la commission des affaires juridique, le vote a eue lieu . Dans la commission des affaires de libertés civiques, le vote a encore été reporté, parce qu'il y a eu des centaines et centaines d'amendements et les rapporteurs n'arrivent pas encore à trouver une rédaction de compromis. C'est un dossier extrêmement sensible. Il y a urgence à réagir, urgence à alerter les consommateurs pour qu'ils soient vigilants et il y a urgence à légiférer.

Wikileaks : le procès des secrets d'Etat

C'est un procès historique qui s'ouvre ce lundi aux États-Unis. Un procès qui fera date et que certains ont déjà qualifié de «procès du siècle» tant il touche de domaines à la fois : politique, diplomatique, social, militaire. Ce procès, c'est celui de Bradley Manning, un soldat accusé d'avoir divulgué des centaines de documents secrets américains qui, publiés sur le site internet WikiLeaks au nom de la transparence et du droit de savoir, ont bouleversé la diplomatie mondiale et montré par la même occasion combien internet est aujourd'hui devenu un sixième continent, numérique, où vont se faire et se défaire les économies, les trafics en tout genre et les guerres du XXIe siècle.

Vingt-deux charges d'accusation

Il y a toutefois fort à parier que le procès du soldat Manning, qui doit durer trois mois sur la base militaire de Fort Meade, dans le Maryland, à quelques miles de la capitale Washington DC, n'aborde pas tous ces thèmes mais se concentre sur les agissements du jeune soldat de 25 ans, féru d'informatique et qui est devenu la plus célèbre des taupes. Un traître ou un héros selon les points de vue.

Arrêté il y a trois ans, Bradley Manning encourt la réclusion criminelle à perpétuité devant le tribunal militaire présidé par la juge Denise Lind, qui aura à examiner rien moins que 22 charges. Il est accusé de «collusion avec l'ennemi» - en l'occurrence Al Qaïda - pour avoir livré au site internet WikiLeaks des milliers de documents militaires américains sur les guerres d'Irak et d'Afghanistan, mais aussi quelque 250 000 câbles diplomatiques du Département d'État que dirigeait alors Hillary Clinton.

Dans les deux cas ont été mises au jour les pratiques peu reluisantes des États-Unis et de certains de ses alliés. La publication des documents militaires (les War Logs) a ainsi porté à la connaissance du grand public les bavures de l'armée américaine.

Le 5 avril 2010, WikiLeaks publie une vidéo de l'armée américaine, transmise par Manning, montrant deux photographes de Reuters et des civils, tués par un hélicoptère Apache, lors d'un raid aérien à Bagdad, le 12 juillet 2007. Cette première publication donne le départ d'une série de révélations très embarrassantes pour les États-Unis. S'associant très intelligemment à de grands journaux dans le monde (The Guardian, The New York Times, Der Spiegel) à qui il fournit ses documents pour commentaires et analyses, WikiLeaks permet ainsi de démontrer le double jeu du Pakistan, révéler que la guerre en Irak a fait environ 110 000 morts dont 66 000 civils, et attester que plusieurs milliers d'Irakiens ont été livrés par des soldats américains à des centres de détention pratiquant la torture…

Sarkozy «susceptible et autoritaire», Berlusconi «incapable»

Le 25 juillet 2012, WikiLeaks lance une nouvelle offensive avec l'opération «Cablegate» qui dévoile quelque 250 000 télégrammes échangés entre les diplomates américains. Ces documents, relayés là aussi par des journaux dans le monde entier, lèvent le voile sur l'appréciation réelle qu'ont les États-Unis de différents pays, leur leader comme leur politique ou leur économie. Nicolas Sarkozy, qualifié de «président le plus pro américain depuis la Seconde Guerre mondiale» y est ainsi dépeint comme «très susceptible et autoritaire», et «brillant tacticien». Berlusconi comme «incapable» et «inefficace», «ayant un goût prononcé pour la fête»… Mais ce coup de projecteur sur la diplomatie mondiale, dont la pratique du secret et du double langage est consubstantielle à son fonctionnement, s'attire les foudres de très nombreux gouvernements.

Dès lors, pas étonnant que le procès de Manning, pour éviter d'autres révélations, se tienne alors à huis clos et que la juge Lind ait annoncé qu'elle interdirait aux plaidoiries d'aller vers un débat général sur la politique étrangère américaine. Un débat qui se tiendra de toutes façons hors du prétoire où des manifestations de soutien au prévenu sont prévues. Car ce procès d'un seul homme est assurément aussi celui de la transparence et des secrets d'États en démocratie.

Julian Assange, le reclus de Londres
Le fondateur et rédacteur en chef du site WikiLeaks est toujours reclus à Londres, accueilli à l'ambassade d'Équateur. Il s'était réfugié le 19 juin 2012 dans cette représentation diplomatique afin d'échapper à une extradition vers la Suède pour une affaire de viol, dans laquelle il clame son innocence. La justice suédoise, qui a émis un mandat d'arrêt, espère bien que Londres va l'appliquer. Le cybermilitant, qui avait tenu une rocambolesque conférence de presse depuis le balcon de l'ambassade, craint, si cela se réalisait, d'être à terme transféré vers les États-Unis, où il pourrait encourir la peine de mort ou la prison à vie pour la publication des documents secrets.
Si Julian Assange est comme privé de sa liberté de déplacement, sa liberté de parole reste, elle, intacte. L'Australien, aujourd'hui âgé de 41 ans et qui fit la couverture du magazine Time, entend bien continuer son combat, à la fois dans la publication de nouveaux documents confidentiels, et dans la défense des libertés individuelles. Car pour lui les deux sont liés, comme il l'explique dans «Menaces sur nos libertés. Comment internet nous espionne. Comment résister» dont le credo final est «vie privée pour les faibles, transparence pour les puissants.»
Mi-mai, à quelques jours du procès de Manning, Assange assurait que WikiLeaks est «plus fort aujourd'hui qu'il y a deux ans»

Quand WikiLeaks fait des petits dans le monde
La divulgation de documents secrets au nom du droit de savoir et de la transparence démocratique a fait la puissance de WikiLeaks, qui s'est fait connaître avec la publication de documents militaires et diplomatiques confidentiels. Le site de Julian Assange a d'ailleurs dévoilé depuis bien d'autres documents gênants sur les accidents nucléaires de Fukushima, sur les conditions de vie des détenus du camp de Guantanamo ou sur la Syrie. Dernièrement le site a annoncé la publication des «Kissinger Cables», soit un ensemble de 1,3 million de câbles diplomatiques dont 320 000 documents classés secrets.
Mais la force de WikiLeaks est que le site a fait école et des «petits» WikiLeaks sont apparus partout dans le monde.
Parmi ceux-ci, OpenLeaks, né d'une dissidence de WikiLeaks mais qui n'a encore rien publié. La chaîne d'informations continue arabe Al Jazeera a lancé en janvier 2011 Al Jazeera Transparency Unit (AJTU) qui a sorti des documents sur la Jordanie ou la mort de Yasser Arafat. Et au Québec, QuébecLeaks lancé en mars 2011.
Décrypter et analyser des documents confidentiels a aussi donné des idées aux médias qui ouvrent eux aussi des plateformes similaires. Le Wall Street Journal a lancé, le 6 mai 2011 une section Safe House (coffre-fort) ; le New York Times veut pour sa part fédérer des lanceurs d'alerte parmi ses lecteurs. En France, le site Mediapart d'Edwy Plénel, a lancé le 10 mars 2011 un FrenchLeaks. Le Monde et d'autres journaux ont publié il y a deux mois des documents relatifs aux paradis fiscaux fournis par le consortium d'investigation américain ICIJ pour une «Opération Offshore Leaks
Enfin, il y a eu le VatiLeaks. Même si l'appellation a été un peu détournée des initiatives de type WikiLeaks, il s'agit de la publication dans la presse italienne de documents confidentiels sur les luttes d'influence au sein de la Curie romaine. Des documents transmis par le majordome de Benoît XVI, Paolo Gabriele.

Vos données personnelles sont-elles à l'abri ?
De prime abord rien de commun entre des secrets d'États et des documents militaires qui fuitent et nos données personnelles, photos de familles ou commentaires sur les réseaux sociaux. Et pourtant… Dans son livre «Menace sur nos libertés. Comment Internet nous espionne. Comment résister», Julian Assange démontre que toute notre activité électronique, des SMS aux recherches sur Google, est scrutée par «des systèmes de surveillance globaux» à la fois pour mieux contrôler ce qui circule sur Internet, quitte à censurer tel ou tel contenu sous un vernis juridique, et pour «tirer profit du nouvel or noir du XXIe siècle : les données personnelles»
Vie privée et droit à l'oubli. Pour Assange, le respect de la vie privée, donc des données, qui doit aller de pair avec la transparence des États, est capital. Un constat partagé d'ailleurs par les participants du récent colloque international sur l'e-réputation et les traces numériques qui s'est tenu à Toulouse. «L'e-réputation, c'est un enjeu de société. Les traces numériques qu'on laisse par notre pratique du web permettent de vous identifier. On a dépassé «1984» de George Orwell», confiait à La Dépêche Christophe Alcantara, enseignant-chercheur en Sciences de l'information et communication au sein de l'IDETCOM de l'Université Toulouse I Capitole. Quelle solution pour nos données ? «La cryptographie» proclame Assange dans son livre. Mais aussi, tout simplement, comme le dit Alcantara «savoir que tout ce que l'on va dire sur internet pourra être exploité... en bien comme en mal.»

Neventy : l'avenir du réseau social passe par Toulouse


Alors que Facebook connaît une – légère – désaffection, notamment de la part des jeunes (le réseau social américain, sur les six derniers mois, aurait perdu neuf millions d’inscrits aux États-Unis et 2 millions au Royaume-Uni), les initiatives se multiplient dont, l’une, Neventy, lancée ce 8 mai à 17 heures à Toulouse, préfigure peut-être l’avenir du réseau social.

Imaginé par 8 étudiants toulousains soutenus par un investisseur, Neventy est un réseau social d’événements géolocalisés en temps réel, qui joue la carte mobile avec une application dédiée.

« Lors d’une soirée, nous avons constaté qu’un de nos amis se trouvait dans la rue juste à côté sans qu’on le sache, déplore le jeune homme. On s’est dit que c’était vraiment dommage et qu’il fallait y remédier », expliquait à La Dépêche le mois dernier Stéphane Nimer, qui a travaillé un an sur le projet avec ses camarades, qui suivent ou ont suivi des études d’informatique et de communication.

« Le réseau social se décline en deux axes : le privé, permettant d’échanger avec ses amis et de créer des événements, et le public, en partenariat avec des bars et des boîtes de nuit », détaillait Stéphane Nimer.

Le partenariat avec les établissements a déjà permis de réunir plusieurs noms célèbres de Toulouse comme le Saint des Seins, le Snapper Rock, la Couleur de la Culotte ou Chez Tonton. Une vingtaine d’établissements au total. Ce nouveau réseau, qui va rester toulousain dans un premier temps, vise 24 000 utilisateurs jusqu’à 40 000.

Neventy a été lancé hier en version beta. « Cette version regroupe seulement 70 % des fonctionnalités mais elle est indispensable car elle permet de tester l’application dans son environnement, avec une base de données et un nombre d’utilisateurs réels », expliquent les fondateurs, qui donnent rendez-vous aux Toulousains le 18 mai prochain pour avoir accès à une version complète de Neventy..

Plus d'infos ici : www.neventy.fr

Le web a déjà 20 ans




Déjà 20 ans et pourtant nous avons l'impression que le web a toujours fait partie de notre vie, tellement cette innovation nous accompagne tout au long de nos activités : consulter une encyclopédie ou lire La Dépêche en numérique, télécharger un album ou voir un film en vidéo à la demande, jouer en réseaux ou partager ses photos sur Facebook ou sur son blog, déclarer ses impôts, faire ses courses, réserver ses vacances, etc. Autant d'activités auxquelles les inventeurs du web, le Britannique Tim Berners-Lee et le Belge Robert Cailliau, n'avaient sans doute pas à l'esprit lorsqu'ils ont entamé leurs travaux.

Au début, un outil pour les chercheurs
La toile (le « web »), principale application d'internet, a été inventée à Genève, en mars 1989, au Centre européen de recherche nucléaire (CERN). L'idée était d'offrir aux chercheurs, notamment aux physiciens des hautes énergies, une nouvelle façon d'échanger de l'information. Internet était alors, en effet, très peu ergonomique. Berners-Lee va imaginer de lier entre elles les adresses web et le langage hypertexte. En 1990, lui et ses équipes font fonctionner le premier serveur et le premier navigateur web. L'année suivante, d'autres laboratoires de physique des particules vont profiter de cette invention.
Le web pour le grand public verra, lui, réellement le jour il y a 20 ans, fin avril 1993, année où les pages web, qui ne contenaient que du texte, s'ouvrent aux images…
En 1995, Cailliau et Berners-Lee convainquent le CERN de mettre le web et ses protocoles dans le domaine public. Par pragmatisme d'une part, pour accélérer son développement ; mais aussi par adhésion aux principes de partage et de standards ouverts (le fameux open source) portés par le monde universitaire.

Le risque d'un web à deux vitesses
Le web connaît alors un développement fulgurant, faisant émerger des empires comme Google, Youtube, Amazon, etc. En constante évolution, il devient « 2.0 » dans les années 2000. Ce « nouveau » web propose alors des sites conçus pour que l'internaute, de spectateur, devienne aussi producteur. Les communautés émergent, le partage d'informations, de contenus, n'a jamais été aussi fort et simple à réaliser. Les réseaux sociaux comme Facebook inventent de nouveaux liens amicaux, familiaux, professionnels, commerciaux et surtout intergénérationnels. Bien sûr, tout n'est pas rose et sur la Toile se développent aussi virus, cybercriminalité voire cyberterrorisme.
Vingt ans après sa naissance, le web est aujourd'hui à un tournant, tiraillé entre des intérêts particuliers, économiques ou gouvernementaux, et l'ambition généreuse des débuts. En 2010 déjà, Tim Berners-Lee tirait la sonnette d'alarme : entre la bataille des droits d'auteurs, l'émergence de plateformes verrouillées, le non-respect des standards, et la remise en cause par les grands opérateurs télécoms de la neutralité du Net (le réseau transmet les informations sans discrimination), le web risque la balkanisation. Pour éviter ce web à deux vitesses, Berners-Lee compte sur nous tous ; car le web n'est finalement que le reflet de ce que nous en faisons, individuellement et collectivement.

A noter que le CERN a mis en place un site web spécial pour fêter cet anniversaire : http://first-website.web.cern.ch/


20 ans du web : ce qui vous attend demain



En matière de numérique, il est toujours hasardeux de prédire l'avenir.  Thomas Watson, le PDG d'IBM, n'avait-il pas assuré en 1943: « Je pense qu'il existe un marché mondial pour environ 5 ordinateurs » ? Pour autant, de grandes tendances se dessinent pour le web de demain.

1. L'internet des objets (IdO). 
Qu'un ordinateur, une tablette ou un smartphone soit connecté au web, rien de plus normal. Mais d'autres objets qui ne sont pas des terminaux de consultation sont également connectés au web, de façon indépendante et autonome. Votre frigo à écran tactile scanne vos courses et passe commande sur internet de ce qu'il vous manque. Votre machine à laver en panne vous alerte ainsi que le réparateur ; une balance connectée suit au fil des jours votre poids ; un bracelet analyse votre biorythme et vous suggère des exercices physiques. Les possibilités sont infinies dans de nombreux domaines (transport, commerce, santé, énergie, services à la personne, etc.) pour les particuliers, les entreprises, les collectivités. En 2020, on estime qu'il y aura entre 24 et 50 milliards d'objets connectés dans le monde… Seul écueil pour l'instant, l'absence de standard.

2. L'explosion des données.
Une autre tendance, qui découle en partie de l'internet des objets, est la multiplication des données que nous produisons. L'on parle alors de « big data » (grosses données) tellement les volumes générés sont importants et constituent un défi pour le secteur informatique. Certaines collectivités qui émettent de telles données décident de les rendre publiques : on parle alors d'« open data » (donnés ouvertes). N'importe qui peut s'en saisir pour les utiliser. Par exemple à Toulouse, les données du réseau de bus sont ouvertes et ont permis à certains d'imaginer des applications à installer sur son smartphone pour suivre toutes les caractéristiques de sa ligne de bus préférée.
Enfin, la multiplication des données se retrouve aussi chez les particuliers (photos, vidéos, musique, etc.) qui s'installent sur des disques durs à la capacité de plus en plus importante ou sur des serveurs distants (c'est le « cloud computing », l'informatique dans les nuages).

3. Internet sur soi.
Enfin, une autre tendance très marquée dans les années à venir sera les objets connectés à internet que l'on porte sur soi («wearable computing»). Un capteur dans ses chaussures pour mesurer sa performance au footing, ou encore les lunettes de Google qui projettent sur un prisme, devant le regard, une multitude d'informations.


Journée mondiale de la liberté de la presse



Le 3 mai est le jour choisi pour célébrer les libertés de la presse durement gagnées, mais aussi pour constater combien ces victoires restent fragiles.
Ci-dessous l'éditorial de la WAN-IFRA,  l’Association Mondiale des Journaux et des Éditeurs de Médias d’Information, qui  représente plus de 18 000 publications, 15 000 sites Web et plus de 3 000 sociétés dans plus de 120 pays.


Le principe d’une presse libre

Nous voulons une presse libre ! Un refrain familier, un de ces refrains repris d’une voix de plus en plus forte chaque année et qui ne perd jamais de son actualité. Mais pourquoi la liberté de la presse est-elle sujette à discussion ? Ne parvenons-nous pas à faire passer le message ?

La réponse toute simple est que la presse représente le pouvoir et là où il y a pouvoir, il y a aussi ceux qui cherchent à le contrôler ou à l’influencer. Une presse libre est sauvage de nature ; elle est capable de parler sans retenue à l’opinion publique ; elle a toujours été un support essentiel de la liberté d’expression.

Et c’est pour cela qu’elle a toujours été prise pour cible.

Nous acceptons de plus en plus notre citoyenneté numérique, mais les tyrans qui s’opposent à la liberté d’expression apprennent rapidement à devenir des oppresseurs numériques. Les cibles sont de plus en plus nombreuses ; les attaques de plus en plus complexes et diverses. Nous devons faire preuve d’une sensibilisation et d’une vigilance accrues.

L’impunité pour les meurtriers de journalistes s’applique maintenant aussi à ceux qui assassinent les blogueurs. La censure ne fait pas de différence entre les plates-formes rédactionnelles. Les prisons sont construites pour ceux qui offensent, quel que soit le support média.

Il est impossible d’empêcher ceux qui étouffent la liberté d’expression de saper nos libertés fondamentales. Et ils ne s’en privent pas, comme l’indiquent les divers classements mondiaux de la liberté de la presse. Ils le font souvent et sans crainte des conséquences.

Notre droit à l’information – chercher, recevoir et répandre les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit – est peut-être inscrit dans les droits de l’homme et les lois internationales, mais les médias doivent se battre tous les jours et faire office de rempart contre les abus vis-à-vis de la liberté d’expression. En tant que contrôle du pouvoir en place, une presse libre sert de fenêtre de la société au travers de laquelle les abus, les digressions, les mensonges et les intérêts de ceux au pouvoir sont révélés au public.

Selon les gouvernements corrompus, les criminels et les fondamentalistes de tout genre, il serait préférable de définitivement murer cette fenêtre.

Prenez l’exemple du Mexique, où les journalistes font face à un climat de violence, souvent meurtrier. Les répercussions d’un tel environnement sont dévastatrices. « Cela engendre la peur et il est préférable de se taire plutôt que de s’exprimer sur des événements qui pourraient constituer une menace », indique la journaliste et écrivaine Anabel Hernández. « Cela mène à l’autocensure qui a un impact sur la liberté d’expression, qui à son tour influe sur la qualité et la profondeur des informations données à la société. Si la société ne connaît pas la réalité qui l’entoure, qui peut alors prendre des décisions ? »

Où que vous viviez, quoi que vous fassiez, réfléchissez une seconde à votre environnement et de quoi il aurait l’air si les médias n’étaient pas présents pour poser des questions.

Qui prend les décisions en votre nom et quel est le degré de transparence du processus ?

C’est en fin de compte la raison pour laquelle nous défendons les journalistes et la liberté de la presse dans le monde entier.

Avec Internet, l’enjeu est poussé à son maximum. Les règles du contrôle assuré par les médias traditionnels depuis si longtemps comme contrepoids du pouvoir évoluent rapidement pour adhérer à des paramètres non définis par les médias.

Internet invite les censeurs jusque dans nos foyers, souvent involontairement, et la liberté d’expression devient un souci quotidien pour tous ceux qui sont membres de réseaux sociaux, communiquent par mail et possèdent un smartphone ou une tablette.

Tout au moins devraient-ils s’en soucier. Paradoxalement, la grande révolution numérique qui nous a projetés à une époque de connexion mondiale est également la source d’un autre mécanisme de contrôle, une occasion de restreindre la liberté d’expression. Les médias d’information en ligne, avertis par les expériences vécues par la presse écrite, sont peut-être prêts pour combattre ce problème, mais nous, en tant qu’individus, le sommes-nous ?

En ligne ou hors ligne, les nouveaux défis à relever ou les menaces familières ne sont pas moins choquants. Chaque année a son lot de journalistes morts, de professionnels des médias emprisonnés, de publications menacées, intimidées obligées de mettre la clef sous la porte car financièrement étranglées.

Cette journée du 3 mai est principalement l’occasion solennelle d’avoir une pensée pour les collègues harcelés en raison de leur travail, notamment pour ceux qui ont été tués dans l’exercice de leur profession.

Leur ‘profession’ n’a pas seulement consisté à nous ramener les informations. Leur travail – de par sa nature risqué, parfois dangereux, toujours direct et franc – allait au-delà des titres et de leurs articles qui devenaient en soi des notices nécrologiques involontaires. Leur travail repose sur une croyance en un principe sur lequel est basée la démocratie et qui est palpable dans chaque article, chaque photo ou chaque émission.

Et c’est à ce principe que nous adhérons fièrement. C’est sur ce principe que repose notre industrie et au nom duquel le journalisme se développe.

Message vidéo d'Irina Bokova, directrice générale de l’UNESCO

Plus d’informations sur le site de l'Unesco consacrée à la Journée mondiale


Une balise toulousaine à l'assaut du continent de plastique



Une expédition va partir fin mai à l'assaut du «7e continent», une gigantesque plaque de déchets plastiques flottant sur l'océan Pacifique. Un capteur réalisé par des élèves ingénieurs toulousains et le Cnes.

Le réchauffement climatique, la fonte de la banquise ou l'élévation du niveau de la mer sont désormais bien connus du grand public. Ce dernier va découvrir une autre conséquence environnementale de l'inconscience des hommes à la faveur d'une expédition scientifique impliquant des Toulousains, qui va partir fin mai à l'assaut du «7e continent». Derrière cette expression se cache une gigantesque plaque de déchets plastiques flottant sur l'océan Pacifique. Rassemblés par les courants marins en un immense vortex appelé «gyre», ces déchets forment un «continent» grand comme six fois la France !

Un an après une première tentative, une expédition va repartir le 20 mai de San Diego, en Californie, pour mieux cerner les conséquences dramatiques de ces plastiques sur l'eau et la faune. À l'origine de cette aventure, Patrick Deixonne, un explorateur guyanais de 48 ans, qui a découvert le «continent» en 2009 lors de sa participation à la course en solitaire à l'aviron Rames-Guyane. Revenu à terre, cet ancien sapeur-pompier au centre spatial de Kourou et membre de la Société des explorateurs français, se documente et s'aperçoit que le «continent», découvert fortuitement par un océanographe américain, Charles Moore, en 1997, n'est pas cartographié car difficilement détectable par les satellites. Dès lors, Patrick Deixonne ambitionne d'étudier l'impact de cette «soupe» de plastiques et mobilise des partenaires.

Parmi ceux-ci le Centre national d'études spatiales (Cnes) mais aussi des élèves ingénieurs de l'Institut Catholique d'Arts et Métiers (ICAM) de Toulouse.

Cinq bouées au total

Ces derniers ont réalisé une bouée dérivante qui sera larguée, avec quatre autres, par Patrick Deixonne au cours de son périple. À l'intérieur de la balise toulousaine baptisée Gyroplastic, différents capteurs vont mesurer les paramètres de l'environnement : température, luminosité, fluorescence, salinité. Dans un second temps, les élèves-ingénieurs toulousains vont développer un capteur qui sera capable de différencier les microdéchets plastiques collectés du plancton, afin de pouvoir déterminer ensuite la concentration de plastiques dans la zone.

Sur le site internet de l'expédition, le grand public pourra suivre le parcours des balises - arrivées à San Diego vendredi dernier pour être embarquées sur le voilier - et parcourir un carnet de bord multimédia.

Le CNES en première ligne
Le 7e continent n'a été exploré que par deux expéditions américaines en 2006 et 2009. L'expédition française mise en œuvre par Patrick Deixonne est fortement soutenue par le Cnes. Le programme pédagogique de l'expédition a intégré le dispositif Argonautica du Cnes. Et les capteurs Modis à bord des satellites Aqua et Terra, ainsi que les satellites Parasol et Jason seront sollicités pour des prises de vue et fourniture de données sur la zone.

Toulouse : l'homo numericus au programme de la 17e Mêlée numérique



L'association toulousaine La Mêlée - principale association numérique en France qui regroupe quelque 570 adhérents dont une centaine de PME - a dévoilé ce mercredi le programme de la 17e édition de son grand rendez-vous. Organisée les 5 et 6 juin au centre des congrès diagora de Labège, en partenariat avec le Sicoval et Toulouse Métropole, la Mêlée numérique abordera la thématique "L'homo numericus est là."
"La révolution digitale est une révolution sociale qui est encore peu intégrée  par l'entreprise et les organisations. En 2020, il y aura 6,6 objets connectés par personne dans le monde. On ne se connecte pas ; on est connecté", explique Edouard Forzy, délégué général de l'asociation et cheville ouvrière de la manifestatoon avec les 9 permanents.

Cinq thèmes

Pour explorer comment cette connectivité permanente qui bouleverse notre quotidien, La Mêlée numérique s'articuliera autour de cinq thèmes : la ville connectée (en terme de réseaux, d'énergie, de transports avec l'exemple de Rio de Janeiro) ; l'open société (télétravail, ouverture des données publiques) ; le marketing digital (cybercommerce, réseaux sociaux, e-réputation) ; innovaton et corévolution ; systèmes d'information (cloud computing, télécoms).

Trophées de l'économie numérique

Les quelque 3500 visiteurs attendus pourront partir à la rencontre de 150 exposants réunis dans le village  des start-up. A cpoté d'ateliers et de t ables rondes, de grandes conférences seront données par des personnalités comme Benoît Thieulin, président du Conseil national du numérique, Louis Dreyfus, président du directoire du Monde, ou Francis Pisani, journaliste et enseignant à l'université de Californie-Berkeley.
Enfin, comme chaques année, la Mêlée décernera les trophées de l'économie numérique qui, pour la 11e fois, vont distinguer les initiatives les plus innovantes de la région.

6 millions de visiteurs pour comprendrechoisir.com


En 2007, Christophe Poupinel devait faire les travaux d'isolation de sa maison. Frustré de devoir aller sur plus de 20 sites internet non spécialisés, pour au final glaner des informations incomplètes, il décide de créer ComprendreChoisir.com.
Six ans plus tard, ComprendreChoisir.com propose une information extrêmement complète et de qualité sur l'isolation et... sur plus de 420 autres sujets couvrant les différents univers de la vie quotidienne : Maison/travaux, Argent/Droit, Santé/Beauté, Conso/Services et Carrière/Business.

« L'idée est très simple : un internaute qui recherche des infos fiables sur l'isolation, les trouvera beaucoup plus facilement sur un site dédié qui ne parle que d'isolation et pas de carrelage ou de piscine. Nous offrons aux internautes, sur plus de 420 sujets différents, une info complète, indépendante et de qualité pour l'aider à 'Mieux Comprendre pour bien choisir' » explique Christophe Poupinel, Président-Fondateur de ComprendreChoisir.com.

Le site vient de franchir la barre des 6 millions de visiteurs uniques et plus de 100% de croissance

Le commerce mobile et les réseaux sociaux transforment le comportement des voyageurs Français



L’émergence du commerce mobile et l’importance croissante des réseaux sociaux ont modifié en profondeur le comportement des voyageurs Français selon le site internet TripAdvisor. Ce dernier vient de faire le point avec son TripBarometer, la plus grande enquête combinée sur les hébergements et les voyageurs du monde.

Le marché mobile : un petit écran, de grands écarts
44% des voyageurs français interrogés estiment que la possibilité de réserver des hébergements via des appareils mobiles est très utile et 48% attendent des hôteliers qu'ils interagissent avec eux par le biais d'appareils mobiles alors que seulement 28% des propriétaires d’hébergements français le font.
Parmi les propriétaires d’hébergements français qui communiquent via les appareils mobiles :
-       66% ont des sites internet adaptés aux appareils mobiles et ils sont les plus nombreux devant les autres pays interrogés à en proposer,
-       56% proposent la réservation via un appareil mobile,
-       26% proposent des offres spéciales pour les utilisateurs mobiles.

Des voyageurs connectés en permanence
Pendant leurs voyages, les Français interrogés :
-       naviguent sur le web à l’aide d’appareils mobiles (43%)
-       téléchargent des photos sur les réseaux sociaux (28%)
-       téléchargent des applications spécifiques (28%)
-       trouvent des activités locales à l’aide d’appareils mobiles (27%)
-       publient des mises à jour sur les réseaux sociaux (21%)
Pour préparer le dernier voyage,  les voyageurs qui utilisent les plateformes de médias sociaux ont été sur Facebook (49%), Google+ (35%) et Flickr (8%).

Lancement d'un site web de référence des services sans contact en France



L'Association Française du Sans Contact Mobile (AFSCM) et le Forum des Services Mobiles Sans Contact (Forum SMSC) annoncent le lancement du site internet : « Observatoire du NFC et du Sans Contact ». Cette initiative a pour objectif de regrouper et de mettre à disposition de tous, l'ensemble des données chiffrées fournies par les acteurs du sans contact en France.

Le site propose des informations statistiques régulièrement mises à jour sur l'intégralité de l'écosystème du sans contact en France. Actuellement, 30 modèles de mobiles NFC Cityzi sont disponibles et le parc ne cesse de progresser, avec une augmentation de 290%  en 8 mois. On constate que ce développement est complété par une forte hausse du nombre de points de ventes (+ 2000%) et de cartes de paiements (+ 340%) sans contact.

L'AFSCM, le GIE Cartes Bancaires, la Fédération Française des Télécoms et le Forum des Services Mobiles Sans Contact (Forum SMSC, pilote de l'opération) collaborent comme membres contributeurs, en participant notamment à l'enrichissement mensuel des statistiques. 
Retrouvez l'Observatoire NFC et du sans contact sur http://observatoireNFCsanscontact.fr

Tribune libre : l'encadrement juridique de l'utilisation de leurs équipements personnels par les salariés

Par Donatienne Blin, avocat au sein du département Informatique & Réseaux du cabinet Courtois Lebel.


Le BYOD (« Bring your own device »), ou l'utilisation par les employés de leurs équipements personnels (smartphone, pc portable, tablette tactile...) dans un contexte professionnel, est aujourd'hui une pratique courante en entreprise, qui demeure pourtant peu encadrée juridiquement.

L'accès immédiat et en toutes circonstances au système d'information de l'entreprise grâce aux BYOD améliore la réactivité et la productivité des employés.
Pourtant cette pratique souvent tolérée par les entreprises présente, en l'absence d'encadrement spécifique, des risques substantiels pesant sur la sécurité du système d'information, précisément sur la confidentialité et l'intégrité des données de l'entreprise : négligence de l'utilisateur (prêt ou perte du terminal), applications malveillantes téléchargées, virus ou failles de sécurité de l'OS (operating system) rendent possibles les accès frauduleux au système d'information par des tiers non autorisés.
Chaque type de BYOD présente des risques particuliers qui devront être traités différemment.
L'utilisation des équipements personnels et l'anticipation des risques est donc une problématique majeure au sein de l'entreprise et précisément des directions juridiques et des directions des systèmes d'information.
Toute perte ou altération des données personnelles peut provoquer des dommages économiques à l'entreprise, mais peut également engager sa responsabilité : l'article 34 de la loi n°78-17 Informatique, fichiers et libertés du 6 janvier 1978 impose au responsable de traitement de données personnelles de prendre toutes précautions utiles, au regard de la nature des données et des risques présentés par le traitement pour « préserver la sécurité des données et notamment, empêcher qu'elles soient déformées, endommagées, ou que des tiers non autorisés y aient accès ».
Ainsi, dans le prolongement de la politique de sécurité mise en œuvre par les DSI (directions des systèmes d'information), les entreprises doivent encadrer l'utilisation des BYOD et garder en toutes circonstances le contrôle de l'accès au réseau et des données y étant accessibles.
Cet encadrement devra se matérialiser par la mise en place d'une charte informatique, ou la mise à jour de celle-ci dès lors qu'elle serait existante, en vue d'y inclure les mesures propres à leur utilisation, applicables à l'ensemble des salariés.

Les problématiques suivantes devront y être abordées :

L'accès au système d'information de l'entreprise
Compte tenu des risques (introduction de virus, fuite, perte, altération de données personnelles ou sensibles et confidentielles...) pesant notamment sur les données de l'entreprise, des règles d'accès au système d'information de l'entreprise via un équipement personnel devront être adaptées.
On pourra prévoir que le salarié utilisant un équipement personnel soit obligé, préalablement à la connexion de son terminal au réseau de l'entreprise, d'avertir le DSI et de faire contrôler son équipement afin de s'assurer de sa conformité en termes de sécurité.
De même, le salarié devra toujours disposer d'un équipement en état de fonctionnement, et systématiquement, télécharger les mises à jour proposées par les éditeurs (du système d'exploitation, des logiciels et des applications utilisés).
Il pourra également être imposé au salarié de protéger son équipement par mot de passe afin d'en interdire l'accès aux tiers.
L'obligation de faire l'acquisition d'outils permettant de limiter les risques de sécurité pourra également être imposée au salarié : logiciel antivirus, de cryptage des données, ou encore dispositif permettant de supprimer les données à distance dès lors que les données seraient directement stockées sur l'équipement personnel du salarié.
Afin d'éviter la perte définitive des données (les applications cloud le permettent), il peut également être imposé au salarié d'installer des outils de sauvegardes journalières ou de synchronisation des données avec un autre appareil.
En cas de vol, perte, ou constat quelconque d'intrusion frauduleuse sur l'équipement personnel, le salarié devra immédiatement prévenir le DSI afin qu'il prenne toutes mesures nécessaires pour protéger le système d'information de l'entreprise et les données y étant stockées.

La propriété et le contrôle des données accessibles via l'équipement personnel
Il devra être précisé que toutes données professionnelles stockées ou accessibles via un équipement personnel demeureront la propriété exclusive de l'employeur.
Les cas d'accès et de contrôle aux données stockées sur l'équipement personnel du salarié par l'employeur devront être précisément définis dans la charte.
Pour rappel, la règle est la suivante : le salarié utilisant un équipement professionnel doit expressément identifier les éléments personnels comme tels ; à défaut d'identification explicite contraire, le contenu est considéré comme ayant un caractère professionnel et son employeur peut dès lors y accéder.
L'employeur ne peut accéder aux fichiers personnels expressément identifiés comme tels par son salarié hors la présence de ce dernier, et ce sauf risque ou évènement particulier.
Il devra être imposé au salarié, en cas de départ de l'entreprise, de transférer à son supérieur hiérarchique l'ensemble des données professionnelles éventuellement stockées sur son équipement personnel. En cas d'application cloud, l'accès doit être coupé au jour du départ.

La problématique du coût ou la participation de l'entreprise aux frais payés par les salariés
Dans le cas des BYOD, le coût des équipements personnels utilisés à des fins professionnelles et les éventuels frais annexes (assurance, maintenance, anti-virus, forfait téléphone/internet, logiciels indispensables à l'activité, tel que le Pack Office de Microsoft) sont de fait déportés chez les salariés.
Certains coûts pourraient être partiellement pris en charge par les entreprises, dès lors qu'il est raisonnable de considérer que le salarié n'aurait pas fait l'acquisition de ces différents outils, imposés par l'entreprise, dans le cadre d'une utilisation strictement personnelle.
Ces règles liées à la prise en charge totale ou partielle des coûts devront être définies et portées à la connaissance des employés.
Cette problématique rejoint celle de la discrimination entre les salariés : certains salariés pourront se procurer eux-mêmes leur propre équipement tandis que d'autres ne le pourront pas pour des raisons exclusivement financières.

La durée légale du travail
En utilisant son équipement personnel, notamment pour recevoir ses mails professionnels, le salarié reste connecté en permanence avec le réseau de son entreprise.
Cela a pour conséquence d'augmenter la durée du travail. Or les entreprises doivent respecter la durée légale du temps de travail sous peine de sanction.
La charte devra donc tenir compte du fait que l'utilisation de l'équipement personnel ne doit en aucun cas porter atteinte à la durée légale du travail applicable à chaque salarié concerné.
Au même titre, aucune sanction ne devrait découler d'une absence de réactivité d'un salarié en dehors de ses horaires de travail.
Les accès aux applications ou plus généralement au réseau de l'entreprise en dehors des horaires de travail peuvent être directement bloqués à distance par la direction des systèmes d'information. Ce système impose de créer des groupes d'utilisateurs autorisés, en fonction des horaires de travail qui leur sont applicables, du poste ou encore du rang hiérarchique occupé.

La responsabilité en cas de vol ou de dommages matériels causés à l'équipement personnel
La question des éventuels dommages causés à l'équipement personnel de l'employé sur le lieu de travail sans aucune faute de sa part devra être tranchée dans la charte.
Par exemple un virus pourrait être transmis sur l'équipement personnel du salarié qui se serait connecté au réseau de l'entreprise.
Dès lors que l'équipement du salarié serait endommagé par la faute ou la négligence de l'entreprise, celle-ci devrait, dans ces conditions, être responsable des réparations.
Les conditions de responsabilité et de réparation totale ou partielle en cas de dommages matériels doivent donc être précisément définies, dans le respect des règles du code du travail applicables.

La redéfinition des règles d'utilisation prohibées
Il conviendra d'élargir les règles d'utilisation prohibées des ressources de l'entreprise aux ressources personnelles, dès lors que le réseau internet de l'entreprise devient accessible via un équipement personnel.
Ainsi, il faudra rappeler au salarié que les règles d'utilisation prohibées des ressources de l'entreprise s'étendent à son équipement personnel (faits d'atteinte à la vie privée ou à l'image d'un tiers, diffamation, injure, discrimination, dénigrement de l'entreprise, l'atteinte à l'image de marque, à sa réputation ou à ses droits)
De même, devront être prohibés les téléchargements de contenus portant atteinte au droit de la propriété intellectuelle qui seraient effectués par le salarié via le réseau de l'entreprise avec son équipement personnel.
Enfin, il devra être interdit au salarié de se connecter via des réseaux wifi non sécurisés mais également de télécharger des applications ou logiciels non sécurisés sur son équipement personnel. La DSI pourrait préalablement établir une liste d'applications ou d'éditeurs interdits car présentant des risques en termes de sécurité, et mettre à jour cette liste.

L'opposabilité des règles
L'opposabilité de ces règles devra être assurée afin de pouvoir engager la responsabilité disciplinaire ou judiciaire du salarié qui ne les aurait pas respectées et qui aurait été responsable du dommage causé à l'entreprise par sa faute.

Ces règles peuvent donc figurer dans la charte informatique de l'entreprise, laquelle sera elle-même annexée au règlement intérieur. Les instances représentatives du personnel devront être consultées.


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