L’information est passée inaperçue et pourtant elle constitue une étape majeure dans la politique de souveraineté numérique de l’État. Réunis le 8 avril sous l’impulsion du Premier ministre et de plusieurs membres du gouvernement, un séminaire interministériel piloté par Direction interministérielle du numérique vient, en effet, d’acter une accélération nette de la réduction des dépendances aux outils extra-européennes – essentiellement américains. En toile de fond de cette orientation : une inquiétude désormais installée au sommet de l’État, qu’il existe une possibilité d’interruption potentielle de services numériques américains utilisés par l’administration. L’exemple du juge Guillou, magistrat à la Cour pénale internationale, privé de son e-mail Microsoft ou de ses moyens de paiement en raison de sanctions américaines le visant, en est une illustration. Sortie progressive de Windows au profit de systèmes Linux Première mesure décidée mercredi dernier : la...
Le patron du site internet Amazon, Jeff Bezos, vient d’acheter sur sa fortune personnelle l’emblématique quotidien américain The Washington Post pour 250 millions de dollars.
Jeff Bezos, l’emblématique patron du site internet Amazon, premier libraire mondial, s’est offert lundi soir, sur sa fortune personnelle, l’un des plus célèbres et prestigieux quotidiens américains : le Washington Post. Celui-là même qui avait révélé le scandale du Watergate ayant conduit à la démission du président Nixon en 1974, écrivant là une page de légende de l’histoire du journalisme.
Ancienne et nouvelle économie
D’aucuns verront sans doute dans cette transaction à 250 millions de dollars l’assaut de la nouvelle économie sur l’ancienne, celui de la génération Y sur celle des baby-boomers, celui du numérique sur l’analogique, celui d’internet sur un média traditionnel. Elle illustre surtout la profonde mutation d’un secteur - celui de la presse - qui, des États-Unis à l’Asie en passant par l’Europe, est pris dans une paradoxale tenaille entre de réelles difficultés économiques et d’adaptation à de nouveaux supports et une appétence toujours présente du public pour l’information de qualité, garante du bon fonctionnement des démocraties.
C’est en embrassant cette double problématique que Jeff Bezos, 49 ans et 19e fortune mondiale avec 25,5 milliards de dollars, s’est porté acquéreur du Post et de plusieurs autres titres cédés par la famille Graham.
En devenant le seul patron du Post - fut-ce par une réelle philanthropie - Jeff Bezos, comme d’autres patrons venus de l’industrie, s’achète aussi l’influence politique d’un quotidien de référence. Une influence qui fait souvent défaut aux contenus numériques. En contrepartie, le savoir-faire numérique et commercial acquis depuis 1994 par Amazon, pourrait apporter un levier de croissance pour le journal. «Les valeurs du Post ne changeront pas» a assuré Jeff Bezos. «Il y aura bien sûr des changements dans les prochaines années» afin d’adapter au bouleversement d’internet le quotidien, passé 832 000 à 475 000 exemplaires en vingt ans. «Nous aurons besoin d’inventer, ce qui signifie que nous aurons besoin d’expérimenter», a ensuite indiqué le patron. Des innovations éditoriales que l’on pourrait retrouver sur la liseuse Kindle ou les tablettes maison Fire. Car avec le Washington Post, Amazon parachève un dispositif désormais complet incluant matériels, applications et contenus. La clé du succès ?
Rachats en série
Boston globe. Le 3 août, le New York Times a annoncé la vente du Boston Globe pour 70 millions de dollars. Il l’avait acheté il y a 20 ans pour… 1,8 milliard de dollars !
Newsweek. Le célèbre hebdomadaire concurrent de TimeMagazine avait jeté l’éponge en arrêtant son édition papier fin 2012 avec une Une qui fit date «#thelastprintissue.» Le 3 août, le groupe de médias en ligne IBT Media a annoncé le rachat de Newsweek.
Los Angeles Times. Son propriétaire, le groupe Tribune, a annoncé la scission de son activité presse.
