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Les questions que pose l'Interdiction de TikTok aux fonctionnaires français

  Avis de Constantin Pavléas, avocat spécialisé en droit des technologies, fondateur et dirigeant du cabinet Pavléas Avocats et responsable d'enseignements à l'école des Hautes Études Appliquées du Droit (HEAD). Le gouvernement français vient d’emboiter le pas à d’autres pays occidentaux (Etats-Unis, Canada, Royaume-Uni..) et organisations internationales (Commission européenne) et interdit à ses fonctionnaires l’installation et l’utilisation de certaines applications « récréatives » sur leurs téléphones professionnels, tels que TikTok, de streaming (telles que Netflix) ou de jeux (tels que Candy Crush),. Les raisons de cette interdiction invoquées par le gouvernement sont les « risques en matière de cybersécurité et de protection des données des agents publics et de l’administration. »   Depuis quelques mois déjà, TikTok était sur la sellette aux Etats-Unis qui soupçonnent le réseau social chinois d’être un cheval de Troie des autorités chinoises. L’interdiction de TikTok sur

Accès à internet, services publics : comment lutter contre les inégalités

 

telephone

Lundi dernier a été publié le Baromètre Numérique, qui rend compte de l’évolution des usages des Français et dessine les contours de leurs besoins à venir. Des utilisateurs du numérique toujours plus équipés et satisfaits des services sur les réseaux, mais aussi « davantage de personnes [qui] rencontrent des freins à la pleine utilisation du numérique ». « 48 % des Français éprouvent au moins une forme de difficulté qui les empêche d’utiliser pleinement les outils numériques et internet (+ 13 points par rapport à 2020). Plus que l’équipement ou l’accès à internet, c’est la complète maîtrise des outils numériques qui reste le premier frein à la pleine utilisation du numérique (25 %, + 7 points par rapport à 2020) », indique le baromètre, qui souligne que les inégalités en compétences numériques s’accentuent.

« Les périodes de confinements qui se sont succédé depuis 2020 et le début de la crise Covid ont rendu les outils numériques indispensables dans de nombreuses démarches et activités du quotidien. Si le sentiment de s’être mieux approprié les outils numériques avec la pandémie est marqué chez les cadres et professions intellectuelles supérieures (71 %), à l’inverse, les Français parmi les plus vulnérables (non diplômés et âgés de 70 et plus), quant à eux, sont une majorité à ne pas avoir l’impression de gagner en maîtrise depuis ces deux dernières années (respectivement 53 % et 56 %).

4 000 conseillers numériques répartis dans les collectivités

Par conséquent, l’écart se creuse sur le sentiment de monter en compétences chez les Français », explique le baromètre. Et de poursuivre « la dématérialisation des services publics se déploie depuis deux décennies avec une forte accélération récente. Celle-ci semble créer quelques difficultés. On constate en effet une augmentation de la part de personnes ayant au moins parfois des difficultés à effectuer des démarches administratives en ligne (54 %, + 16 points par rapport à 2020). Face à ces difficultés, la solution la plus plébiscitée est de demander des explications pour réussir à réaliser la démarche seul (40 %, + 16 points par rapport à 2020). »

Le ministre délégué chargé de la Transition numérique et des Télécommunications, Jean-Noël Barrot est conscient du problème. « Dès l’été dernier, la Première ministre a souhaité pérenniser l’action des 4 000 conseillers numériques répartis dans les collectivités, les associations, les maisons France services et dont la mission est d’accompagner la montée en autonomie des personnes en difficulté avec le numérique via notamment des ateliers de formation. » Une grande concertation sur l’inclusion numérique est par ailleurs en cours dans le cadre du Conseil National de la Refondation numérique.

(Article initialement publié dans La Dépêche du Midi du samedi 4 février 2023)


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