Par Patrice NORDEY, CEO Asie de L’Atelier BNP Paribas

Depuis des années les analystes et les experts annoncent la révolution du téléphone mobile dans les habitudes de consommation. Un changement qualifié de « rupture » qui conduira les acteurs de la distribution et les grandes marques à revoir en profondeur non seulement leur modèle de ventes mais plus encore, leur mode de communication et d’interaction avec leurs clients.

Il est vrai que dans l’histoire (courte) des technologies, cette année les ventes cumulées de terminaux mobiles dans le monde (smartphones et de tablettes) dépasseront pour la première fois celles des ordinateurs (PC et ordinateurs portables) pour atteindre presque 500 millions d’unités. Cette inversion de tendance devrait d’ailleurs s’accentuer fortement dans les années à venir avec plus de 700 millions de terminaux mobiles vendus en 2013 contre seulement 400 millions d’ordinateurs à la même période (selon le cabinet KPCB).

Le mobile commerce, ou m-commerce tel que le nomme les spécialistes, va évidement bouleverser les pratiques actuelles du e-commerce qui a lieu principalement depuis la maison ou lieu de travail. Mais plus encore, il va changer les usages du commerce traditionnel, « l’achat en magasin », qui représente encore 90 à 95% des ventes aux particuliers dans les pays où l’Internet est le plus développé.

La meilleure illustration du moment est probablement la société Shopkick, lancée en août 2010 aux USA. La startup de Palo Alto propose à ses utilisateurs une application de géolocalisation sur mobile permettant de gagner des points et recevoir des coupons promotionnels s’ils visitent des magasins partenaires. En seulement un an, la startup à enregistré des résultats phénoménaux. Plus de 2,3 millions de consommateurs ont téléchargé l’application générant ainsi plus de 2 millions d’entrées physiques en magasin dans un réseau de plus de 3 000 points de ventes aux Etats-Unis. Une fois en magasin, des taux de conversion en clients de 15 à 20% ont été enregistrés selon que les consommateurs scannent ou non les étiquettes de produits l’aide de leur téléphone. Au total, plus 700 millions de produits ont été consultés via l’application dont 7 millions ont été scannés durant une visite en magasin.

Le nouveau terme à la mode résultant de ces services géolicalisés est le O2O (Online to Offline) : la connexion du monde physique avec l’Internet.

En Chine, où plus de 952 millions de personnes sont désormais équipés d’un téléphone mobile (septembre 2011), l’adoption en masse des smartphones et de la 3G n’est pas en reste. Plus de 312 millions d’individus surfent déjà sur Internet avec leur mobile, parmi lesquels 100 millions avec un smartphone. Dans les zones urbaines de Shanghai où Pékin, l’adoption du smartphone atteint même 35%. Un taux similaire aux grandes agglomérations américaines telles que New-York ou Washington. Et le rythme d’adoption ne cesse de s’accélérer. La Chine est ainsi déjà devenue le second pays au monde pour le téléchargement d’applications iPhone, juste derrière les Etats-Unis. Pas si mal si lorsque l’on sait que l’App Store n’a été lancé en Chine qu’en Octobre 2010… !

Si le phénomène du O2O est parti des Etats-Unis, on peut s’attendre à une amplification de très grande échelle en Chine à partir de 2012 qui compte déjà 172 millions de e-consommateurs. L’ère du consommateur hyper connecté peut commencer !
Le Montpellier In Game a réuni au Corum l’ensemble des acteurs du monde des jeux vidéo. Pour cette seconde édition, Montpellier Agglomération avait décidé d’étoffer la manifestation et de coupler sur 4 jours un salon professionnel, les 17 et 18 novembre et un salon grand public, gratuit, les 19 et 20 novembre. Avec l’accueil de 700 professionnels et la venue de 34 000 visiteurs, la collectivité est en passe de réussir son pari : faire du MIG un salon incontournable du jeu vidéo.

700 professionnels pour le salon "pro"
Le salon professionnel, les 17 et 18 novembre, a réuni près de 500 professionnels et plus de 200 étudiants. Les premiers étaient venus écouter les 39 intervenants des 9 conférences et s’associer aux rencontres BtoB ; les seconds, participer également aux 3 masters class organisées. Les rencontres d’affaires Pro’games ont ainsi permis concrètement la tenue de 90 entretiens auprès des 40 entreprises participantes.

34 000 visiteurs et véritable engouement pour le salon grand public
Samedi et dimanche, une multitude d’animations étaient programmées pour le salon "grand public", depuis les conférences de haut niveau avec des personnalités qui font figure de référence dans le monde du jeu vidéo (dont, notamment, Jordan Mechner, Michel Ancel, Philippe Ulrich, Eric Chahi, ou encore Frédérick Raynal), jusqu’à la pratique conviviale des jeux les plus en vogue. Playstation, Ankama, Konami, drone Parrot AR.… de nombreux exposants parmi les plus connus du secteur ont également initié les visiteurs à leurs produits-phares. Des consoles de salon aux terminaux mobiles, en passant par le jeu sur PC en solo ou en réseau, le visiteur a ainsi pu découvrir toutes les nouveautés du marché.
Montpellier accueille mercredi 16 et jeudi 17 novembre le 33e Digiworld summit, sommet international du numérique. Organisé par l'Institut de l'audiovisuel et des télécommunications en Europe (Idate), ce rendez-vous s'est imposé comme un moment unique en Europe pour prendre la mesure des changements à l'œuvre dans le secteur des télécoms, de l'internet et des médias.
Au centre des congrès du Corum, 80 exposants, plus de 1 200 participants et plus de 150 intervenants venus du monde entier, vont cette année plancher autour du thème « L'appareil sera-t-il le roi ? » Après les tablettes comme l'iPad, les lecteurs de livres électroniques (eReaders) ou encore les télévisons connectées à internet, quelles seront les prochaines innovations ? Qui choisira quoi chez les particuliers ou les professionnels ? Comment tous ces appareils vont-ils partager les accès hauts débits, fixes, nomades et mobiles ? Et que cherchent vraiment les consommateurs ?
Le congrès qui s'articule autour de séances plénières et de huit grands séminaires (mobile, médias, jeux vidéos, villes connectées, etc.) va dresser un panorama complet de l'état du monde numérique d'aujourd'hui et des perspectives de développement dans les années à venir. Éric Besson, ministre de l'Industrie, conclura les débats.
Hier à minuit, la région Midi-Pyrénées était privée de télévision. Les noctambules qui reçoivent la télé par une antenne râteau avaient beau zapper, leur écran est resté noir, quelques heures, pour la bonne cause : le basculement dans le tout numérique. A minuit, tous les émetteurs terrestres diffusant la télévision en mode analogique et en mode numérique devaient, en effet, s'éteindre. Les émetteurs analogiques de façon définitive ; les émetteurs numériques de façon temporaire, le temps d'effectuer les travaux nécessaires pour ajuster les puissances et les fréquences de diffusion.
Avant-dernière région à basculer - à l'exception de Castres qui est programmée avec le Languedoc-Roussillon le 29 novembre - Midi-Pyrénées a constitué pour France télé numérique (FTN), le groupement d'intérêt public chargé du passage au tout numérique, « un chantier record » pour reprendre l'expression de son président Louis de Broissia, interrogé hier dans La Dépêche.

Basculement progressif

Midi-Pyrénées devant étalonner rien moins que 252 émetteurs, le basculement a été prévu pour s'étaler entre aujourd'hui et jeudi, supervisé par un QG installé à Toulouse. Qu'on se rassure, avant 10 heures ce mardi, 81,1 % de la population de la région doit recevoir à nouveau la télévision ; et ce soir ce devrait être 91 % des foyers qui seront à même de profiter de la qualité de la télévision numérique terrestre (TNT). Car si la TNT a été lancée en France en 2005, tout le monde n'a pas pu en profiter. « Le passage au tout numérique permet également d'étendre la couverture des chaînes », rappelle Michel Boyon, président du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA).
« La couverture de M6 passe de 73 % à 95 % ; celles des chaînes en haute définition passe par exemple de 4 % à 89 % en Aveyron. Et de 63,8 % à 86,5 % au niveau régional. C'est un progrès fantastique », estime M. Boyon, qui est aujourd'hui à Toulouse pour saluer tous les acteurs de ce chantier historique.

RemémorisezIl est normal que le téléspectateur voit apparaître pour les chaînes qui ont changé de canal, le message « pas de signal » ou « no signal » en lieu et place de son programme habituel.
Avec le passage à la télé tout numérique, les canaux de certaines chaînes changent. Pour retrouver toutes les chaînes de la TNT il faudra donc effectuer une recherche et mémorisation des chaînes.


Michel Boyon : "La TNT est une réussite"

Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon sont les deux dernières régions à passer au tout numérique. Êtes-vous satisfait de l'organisation de ce basculement en France ?
 Michel Boyon, président du Conseil supérieur de l'audiovisuel -
Oui, le passage à la télévision entièrement numérique a été très bien maîtrisé. Ce n'était pas évident. Lors de la première expérience, il y a 3 ans, nous étions encore dans l'expectative. Mais, d'une région à l'autre, le processus s'est de mieux en mieux déroulé. On a constaté une très forte mobilisation de tous : les élus, les associations, les services des collectivités locales ; et partout France télé numérique a joué un rôle très efficace dans l'information et l'accompagnement du public. Sur les plans technique aussi bien que social et humain, j'affirme que le passage au tout numérique est vraiment une réussite.

Depuis 2005, la TNT a trouvé sa place dans le paysage audiovisuel français. Le CSA vient de lancer un appel à candidatures pour six nouvelles chaînes. Quels vont être les critères de sélections des différents candidats ? Les groupes qui étaient bénéficiaires des chaînes bonus seront-ils, d'une certaine façon, privilégiés ?
Les critères sont fixés par la loi. Le CSA doit s'assurer de la viabilité économique du projet, du respect des règles concernant la limitation des concentrations, notamment le nombre maximal de chaînes qu'un même groupe peut avoir sur la TNT. Et il y a bien sûr l'intérêt du projet : qu'apporte-il de nouveau au téléspectateur ? Le CSA y sera attentif ; il ne crée pas des chaînes pour se faire plaisir, il exige qu'elles fournissent un plus par rapport à l'offre actuelle.
Les dossiers de candidatures seront déposés pour le 10 janvier. Il est assez probable que nous aurons pas mal de candidats, mais aucun ne part avec un avantage par rapport aux autres. Tous seront placés sur un strict pied d'égalité. La procédure est transparente, avec des auditions publiques. Et le CSA choisira selon des critères totalement objectifs. Le lancement de ces nouvelles chaînes pourra se faire au début de l'automne 2012.

Dans le rapport sur l'évolution de la TNT que vous avez remis au Premier ministre en septembre, vous préconisiez un changement de norme de diffusion pour un passage au DVB-T2, ce qui aurait obligé les Français à changer la totalité de leur équipement. François Fillon n'a pas souhaité que cette norme du futur soit adoptée dans l'immédiat. Quel va être le calendrier ?
En deux mois, j'ai rencontré plus de cent personnalités et organismes : j'ai constaté un large consensus sur le fait que le changement de norme est un impératif. J'ai analysé le pour et le contre d'une application immédiate à toutes les chaînes nouvelles, formule qui avait ma préférence. Le gouvernement a tenu compte du nombre des foyers qui se sont équipés récemment pour accéder à la TNT en changeant de récepteur ou d'antenne, en achetant un adaptateur. Mais l'objectif clairement affiché est le passage à cette nouvelle norme qui est celle de l'avenir. Les textes nécessaires seront prochainement pris.

2012 est l'année de la présidentielle. Vous avez récemment mis en demeure les chaînes de télévision et des stations de radio de respecter sous peine de sanction les temps de parole. Craignez-vous d'autres dérapages ?
Je ne crains pas de nouveaux dérapages. Si nous avons décidé ces mises en demeure, c'est précisément pour éviter que les débordements ne se reproduisent. Les chaînes concernées vont être très vigilantes sur le respect du pluralisme politique. Le CSA a tenu à marquer très fermement les choses quand il a constaté des résultats extravagants par rapport aux règles. Nous étions d'autant plus choqués que, début juillet, nous avions mis en garde les rédactions à propos de la primaire socialiste en leur disant qu'elle pouvait occasionner des infractions aux règles sur les temps de parole. Malgré cela, certaines chaînes n'ont pas pris les mesures correctives avant la fin septembre. Nous leur avons rappelé les règles, car elles s'exposent à des sanctions en cas de récidive.


"Il faut réguler la télé connectée à internet"

Depuis plusieurs années, le CSA souhaite pouvoir réguler certains contenus sur internet. Pourquoi, et est-ce toujours d'actualité ?
Cette question est de plus en plus d'actualité à cause de la télévision connectée, qui permet de recevoir sur le même écran tantôt des images de la télévision classique, tantôt des images provenant d'internet. Le phénomène n'est pas nouveau : sur un ordinateur, sur un téléphone mobile, sur une tablette, vous pouvez aujourd'hui recevoir ces différentes images. Mais que toutes puissent arriver sur le téléviseur familial change beaucoup les choses. On ne sait pas encore très bien comment les Français vont réagir face à la télévision connectée : actuellement un téléviseur vendu sur quatre est connectable à internet ; mais il faut qu'il soit effectivement connecté et que les gens prennent l'habitude de l'utiliser à cette fin. Il est difficile de dire à quelle date le mouvement prendra de l'ampleur, mais ma conviction est que la télévision connectée occupera une place grandissante. La question est de savoir si on peut durablement laisser venir sur le même écran des images classiques régulées par le CSA et des images d'internet qui ne sont pas régulées. Cela pose des problèmes pour la protection de l'enfance ; pour la lutte contre le racisme, l'antisémitisme, les discriminations ; pour le respect de la dignité de la personne. Comment faire pour introduire un minimum de régulation sur les images qui viennent d'internet ? Cette régulation sera différente, plus souple, plus simple, et elle fera très largement appel à l'autorégulation des professionnels. J'ai soulevé ce problème très régulièrement, les autorités françaises l'ont évoqué en mai dernier à l'e-G8. Je sens que les opinions publiques commencent à bouger en Europe. C'est un sujet difficile à cause de la mondialité d'internet. Il faut trouver les bons instruments juridiques et techniques. Mais on n'a pas le droit de rester inerte. Le CSA est la seule institution à avoir une expérience du suivi des contenus ; ce ne serait pas illégitime qu'on lui confie cette mission.

"Téléréalité : on a besoin de règles"

Vous vous êtes récemment montré très critique à l'encontre les programmes de téléréalité, qui ont connu certaines dérives. Que préconise le CSA ?
Le CSA est déjà intervenu dans le passé. Par exemple, Il a imposé dans les émissions de téléréalité où les candidats sont « enfermés » un espace sans caméra où ils puissent être tranquilles : c'est la « salle CSA ». Après un dialogue sérieux avec les professionnels, nous avons pensé qu'il fallait aller plus loin. Pas en édictant des règles, mais en formulant des recommandations, des principes dont tous pourraient s'inspirer. Par exemple, avoir un suivi psychologique beaucoup plus important à l'égard des candidats, non seulement pendant les émissions, mais au moment de la sélection et après les épreuves pendant plusieurs mois. Nous demandons qu'on s'abstienne de sélectionner des personnes paraissant fragiles. Nous avons rappelé aux chaînes et aux producteurs qu'il fallait être attentif au respect de la dignité de la personne.

La nuit prochaine, la diffusion analogique va être arrêtée au profit d'une diffusion numérique. Derrière cette révolution, un vrai défi technique pour Midi-Pyrénées, qui doit mettre en service 252 émetteurs. Le 29 novembre, ce sera au tour du Languedoc-Roussillon.
Il ne reste plus que quelques heures avant que Midi-Pyrénées n'enterre la diffusion analogique de la télévision par voie hertzienne au profit d'une diffusion tout numérique. À l'exception de la région de Castres, qui basculera le 29 novembre prochain (comme le Languedoc-Roussillon), les huit départements de la région, mais également des zones de quatre départements limitrophes - les Landes, les Pyrénées-Atlantiques, le Lot-et-Garonne et le Cantal - vont entamer leur mue cette nuit de lundi à mardi… et peut-être aussi dans les deux jours qui suivent. Car Midi-Pyrénées a ceci de particulier qu'elle dispose d'un nombre record d'émetteurs : 252 précisément dont 50 gérés par les collectivités locales. « Le basculement va s'étaler entre mardi, mercredi et jeudi », indique à La Dépêche, Louis de Broissia, président de France télé numérique (FTN), le groupement d'intérêt public (GIP) chargé du basculement au tout numérique et qui regroupe l'État et les chaînes historiques.
Très concrètement ce soir « à minuit, tous les émetteurs terrestres diffusant la télévision en mode analogique et en mode numérique seront éteints. Les émetteurs analogiques s'arrêteront définitivement. Les émetteurs numériques seront temporairement arrêtés, le temps d'effectuer les travaux nécessaires pour ajuster les puissances et les fréquences de diffusion. Ils seront rallumés progressivement », indique FTN, qui installe un QG à Toulouse pour suivre toutes ces opérations.

Une nuit sans télévision

« À partir de lundi minuit, il n'y aura plus de signal de télévision hertzien terrestre : les foyers qui captent la télévision par l'antenne râteau ne recevront plus la télévision jusqu'au rallumage de leur émetteur. L'interruption de la diffusion du signal numérique permettra aux équipes techniques des opérateurs de diffusion (TDF, Itas Tim, OneCast, Towercast), qui interviendront sur les 4 émetteurs principaux (Tarascon-sur-Ariège Touassomalo, Millau Lévézou, Aurillac Labastide-du-Haut-Mont, Toulouse Pic du Midi) et sur les 198 émetteurs secondaires gérés par les chaînes, d'ajuster les puissances de diffusion et de mettre en place le nouveau plan de fréquences défini par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) », explique FTN.
Les 4 émetteurs principaux seront rallumés dès demain. Ainsi avant mardi 10 heures, 81,1 % de la population recevra à nouveau la télévision. Au final, la couverture atteindra 95,2 %.



"En Midi-Pyrénées, le tout numérique est un chantier record"

Le passage de Midi-Pyrénées à la diffusion tout numérique a lieu cette nuit. C'est l'une des dernières régions à basculer. Quel bilan tirez-vous de ce grand chantier ? Quelle en a été la principale difficulté ?
Louis de Broissia, président de France télé numérique. - Le chantier Midi-Pyrénées est peut-être le plus important du passage de la France par plaques régionales à la télé numérique. En population, c'est moins que l'Ile-de-France, mais il y a huit départements et le passage du nombre d'émetteurs impacte quatre autres départements (les Landes, les Pyrénées-Atlantiques, le Lot-et-Garonne et le Cantal). Midi-Pyrénées compte des émetteurs principaux qui sont très puissants, comme celui du Pic du Midi. Ensuite, le nombre d'émetteurs qui vont être mis en service - 252 dont 50 pris en compte par les collectivités locales - est la plus importante installation qu'on n'ait jamais faite en France. Le nombre d'émetteurs est tel que le passage ne se passera pas en deux heures le 8 novembre. Ce n'est pas possible de faire tout d'un coup ; cela va s'étaler sur le 8, le 9 et le 10 novembre. Midi-Pyrénées est un chantier record, un des plus lourds à préparer.
La difficulté plus classique est de préparer les téléspectateurs aux nécessités de faire quelque chose, avant le jour du passage et après.

Les équipes de France télé numérique ont eu un rôle important d'information et d'accompagnement des Français et particulièrement auprès des personnes âgées.
Oui. Au début on peut penser que le mot numérique, elles ne le comprennent pas. Mais ce n'est pas parce qu'on a 70 ou 80 ans qu'on n'est pas capable de comprendre. Les Français ont bien compris qu'il faudra faire une nouvelle recherche et mémorisation des chaînes après le passage au tout numérique pour bénéficier de 19 chaînes (et TLT pour Toulouse). En Midi-Pyrénées, il y a 350 étudiants qui vont faire des visites à domicile sur rendez-vous, et 2 300 bénévoles ont été formés sur l'ensemble des départements. Par ailleurs, en Midi-Pyrénées, on estime que 4 000 foyers étaient couverts correctement et ils vont perdre cette réception. On leur doit une aide financière de 250€. Comme à ceux qui ne paient pas l'ex-redevance : on leur doit le changement d'antenne et l'adaptateur.

Après le passage au tout numérique, quelle sera la prochaine révolution pour la télé ?
De façon très claire l'arrivée de la HD est l'évolution normale déjà engagée. Cela va prendre 4 ou 5 ans. Quand tout sera en haute définition, il y aura effectivement ensuite la télévision connectée à laquelle tous les médias s'intéressent et qui apportera beaucoup d'avantages. Par exemple, vous interrompez votre programme, vous pouvez le reprendre là où il était. Vous voulez savoir, dans le match de rugby qui se déroule, quel est le palmarès du capitaine qui est en train de marquer un superbe essai, tout son palmarès est disponible. La télé connectée est une télévision de rattrapage permanent, c'est une télévision détemporalisée ; c'est le vrai décloisonnement de la télévision. Ce que la presse a vécu avec internet, la télévision va le vivre de façon définitive.

Quel avenir pour France télé numérique ?
Nous avions une mission éphémère : que 100 % des téléspectateurs passent à la télé numérique sans souffrir. La coopération avec les élus et la presse quotidienne régionale, notamment, a été déterminante. Nous allons nous arrêter. Certains imaginent de faire l'accompagnement des Français vers le très haut débit internet. L'Association nationale des élus de montagne (Anem) a déjà fait savoir que c'était une démarche qui l'intéresserait pour qu'il n'y ait pas de fracture. Demain, tous les habitants de Midi-Pyrénées vont avoir la télévision numérique ; maintenant, il va falloir faire une pédagogie pour expliquer comment on va s'en servir. Comme la TNT pour tous, le haut débit doit être pour tous. C'est d'ailleurs le sens d'une directive européenne qui dit qu'en 2020, chaque habitant doit avoir 30 Mbits de débit.