Votée en première lecture à l’Assemblée nationale lundi, la proposition de loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans a reçu l’aval de Bruxelles. Inspiré par l’exemple australien, le texte ouvre toutefois un chantier technique et politique complexe, entre promesses de protection et limites concrètes de la vérification d’âge. L’Australie fait figure de laboratoire. La France peut légalement instaurer une « majorité numérique » interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. La confirmation est venue de la Commission européenne, au lendemain de l’adoption en première lecture, dans la nuit de lundi à mardi, d’une proposition de loi soutenue par le gouvernement et le chef de l’État. Pour Bruxelles, le principe est clair : les États membres peuvent légiférer, à condition de rester dans le cadre du droit européen. Il reviendra ensuite à la Commission de veiller à ce que les grandes plateformes appliquent effectivement la règle. À Paris, l’exécutif veut avancer...
Par Christine Dugoin-Clément , IAE Paris – Sorbonne Business School Le 24 août, Pavel Durov était arrêté alors que son jet privé faisait un arrêt au Bourget. Les autorités françaises expliquent cette décision par le refus de coopération du PDG de Telegram, notamment dans le cadre d’enquêtes relatives à des actions criminelles (trafic de drogue, escroquerie ou encore pédocriminalité) dont les auteurs auraient employé sa messagerie pour les perpétrer. En effet, si Telegram est largement utilisé pour communiquer entre individus ou sur des chaînes – lesquelles sont souvent considérées par leurs abonnés comme des sources d’information –, c’est aussi une marketplace d’envergure, y compris pour les milieux criminels . Une longue histoire de non-collaboration avec les autorités Si Pavel Durov est connu pour son rôle au sein de Telegram, son aventure commence bien avant, notamment à travers la création en 2006 du réseau social en langue russe VKontakte. Les réseaux sociaux, don...