Numérique : Midi-Pyrénées a rattrapé son retard

Si certains estiment que Midi-Pyrénées reste encore trop enclavée par la route ou le rail, il est des autoroutes qu'elle a prises à bras-le-corps : celles de l'information. En présentant, hier matin à Toulouse, le diagnostic 2010 de la société de l'information en Midi-Pyrénées, réalisée par son agence Ardesi, Martin Malvy, président du conseil régional, s'est réjoui de voir que Midi-Pyrénées a rattrapé son retard. « Notre région s'est transformée, elle est entrée dans la modernité technologique », a estimé le président du conseil régional. Une analyse corroborée par les chiffres de la 6e édition de ce diagnostic qui, tout à la fois, détaille l'équipement technologique des Midi-Pyrénéens et décrypte leurs usages numériques au quotidien (voir infographie).

Forte progression d'internautes
Parmi la masse de chiffres recueillis par l'enquête de l'Ardesi et de ses partenaires, trois sont à retenir, qui illustrent, après la stabilité observée l'an dernier, une nouvelle progression dans l'appropriation des technologies de l'information et de la communication (TIC) : 88 % des habitants de la région possèdent un téléphone mobile (81 % au plan national), 73 % un ordinateur (contre 71 %) et 66 % une connexion internet à domicile (contre 68 %). Mieux encore, la région compte désormais 71 % d'internautes, soit un point de plus que la moyenne nationale et, surtout, une progression spectaculaire de 16 points en un an !
Force est donc de constater que la région, pourtant handicapée par de nombreuses zones blanches dues à un relief compliqué, a su combler son retard et trouver une réelle dynamique. « 96 % de la population a aujourd'hui accès à l'internet à haut débit », se réjouit Martin Malvy, qui voit là les résultats tangibles d'une politique régionale ambitieuse en faveur du numérique, entamée il y a déjà plusieurs années autour des réseaux numériques ; des services numériques ; de l'accès et de l'accompagnement.
La Région, au-delà des infrastructures, s'est depuis particulièrement investie autour des accès publics Cyberbases (lire ci-contre) et de l'enseignement (ci-dessous), deux domaines primordiaux pour lutter efficacement contre la fracture numérique. Que celle-ci se situe au départ de la vie à l'école ou lorsque l'on aborde la retraite ; ou qu'elle se trouve entre zones urbaines et zones rurales.

Le diagnostic est consultable sur http://www.ardesi.fr/


Education, jeunes : le boom des usages
Préparer les générations futures à savoir utiliser et tirer parti des technologies de l'information et de la communication (TIC), tel est aussi l'un des objectifs de la Région, qui a massivement investi dans l'enseignement. Ainsi les lycées de Midi-Pyrénées disposent de 174 tableaux blancs interactifs (TBI). 245 établissements ont déployé des environnements numériques de travail (ENT), soit 85 de plus que l'an passé ; sur lesquels ont été créés 500 000 comptes utilisateurs, 200 000 de plus qu'il y a un an. Consulter les notes, utiliser un service de messagerie, les espaces partagés ou les services de la Vie scolaire sont quelques-uns des usages les plus prisés par la communauté éducative. Transposés au niveau de l'enseignement supérieur, ces dispositifs numériques constituent l'Université numérique en Région (UNR) avec entre autres la carte multiservice de l'Université de Toulouse (82 000 exemplaires) ou un bureau numérique (BUT) pour l'ensemble des établissements (47 000 utilisateurs). Mais surtout, Midi-Pyrénées s'est particulièrement illustrée cette année avec le lancement d'OrdiLib', des ordinateurs portables destinés aux élèves de seconde et achetés par les familles selon une échelle de prix indexée sur les revenus du foyer. Une première vague de 13 000 appareils a été mise en service. En y ajoutant les 35 000 postes informatiques fixes, la région arrive sans peine à dépasser l'objectif d'un ordinateur pour trois lycéens ; et c'est bel et bien l'objectif d'un pour un qui est en ligne de mire.
Autant d'efforts au service de jeunes multiconnectés. Le diagnostic de l'Ardesi confirme combien cette génération « Y » est friande de TIC puisque 97 % des 12-17 ans et 94 % des 18-24 ans sont des internautes. 76 % des jeunes possèdent un ordinateur personnel, 85 % un téléphone mobile, 61 % ont une connexion internet. Près de 6 jeunes sur 10 se connectent tous les jours avec une durée moyenne de 2 h 35 ! Utiliser Facebook, Twitter, Live messenger mais aussi créer son blog sont leurs activités préférées, qu'ils effectuent de plus en plus en mobilité.

Derrière le succès des Cyberbases, le lien social se renforce
« Avec la multiplication des connexions internet à domicile, nous pensions que la fréquentation des Cyberbases baisserait. C'est l'inverse qui se produit », s'amuse Martin Malvy. « En 4 ans, le nombre de ces espaces a doublé mais le nombre d'inscrits a été multiplié par cinq », précise Isabelle Hardy, responsable de la communication de l'Ardesi. « A Coussergues, en Aveyron, la Cyberbase a plus d'inscrits que d'habitants dans la commune. On s'aperçoit que ces lieux d'accès public à internet créent du lien social », rajoute Carole Delga, vice-présidente de la Région en charge de la ruralité, des services au public et des TIC.
Créé en 2002 par la région et la Caisse des Dépôts, le réseau Cyberbase compte 52 points d'accès public à internet (quatre en développement) pour accompagner jeunes et aînés, via des ateliers, dans leur découverte des outils numériques ou dans leurs démarches administratives en ligne. 132 animateurs sont au service de quelque 52 000 inscrits dans les huit départements de la région. À côté de ces Cyberbases, le conseil régional développe par ailleurs les points visio-public (PVP), qui permettent aux habitants de communes isolées d'entrer en contact par vidéoconférence avec plusieurs administrations. Neuf sont en place, six le seront trèsprochainement avec un objectif d'ici 2012 de 35 à 40 PVP.

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