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Téléphone, mail, notifications… : comment le cerveau réagit-il aux distractions numériques ?

  Par  Sibylle Turo , Université de Montpellier et Anne-Sophie Cases , Université de Montpellier Aujourd’hui, les écrans et les notifications dominent notre quotidien. Nous sommes tous familiers de ces distractions numériques qui nous tirent hors de nos pensées ou de notre activité. Entre le mail important d’un supérieur et l’appel de l’école qui oblige à partir du travail, remettant à plus tard la tâche en cours, les interruptions font partie intégrante de nos vies – et semblent destinées à s’imposer encore davantage avec la multiplication des objets connectés dans les futures « maisons intelligentes ». Cependant, elles ne sont pas sans conséquences sur notre capacité à mener à bien des tâches, sur notre confiance en nous, ou sur notre santé. Par exemple, les interruptions engendreraient une augmentation de 27 % du temps d’exécution de l’activité en cours. En tant que chercheuse en psychologie cognitive, j’étudie les coûts cognitifs de ces interruptions numériques : au

Ces Toulousains fous de Facebook


C'est actuellement le site internet le plus en vogue dans le monde et, comme d'autres, les Toulousains ont succombé à Facebook. Ce site de réseau social fondé en 2004 aux États-Unis, est celui qui a le vent en poupe dans la Ville Rose comme dans la région. Ainsi, selon Google, pour la région Midi-Pyrénées et sur les douze derniers mois, les recherches concernant Facebook ont augmenté de… 2 550 % ! Le terme « Facebook » se retrouve ainsi en 7e position des mots les plus recherchés derrière Toulouse, Youtube, jeux, Pages jaunes, Orange et météo.

Un vrai raz-de-marée donc qui se traduit très concrètement par la multiplication des groupes thématiques concernant Toulouse.

Actuellement, on en compte plus de 500 qui rassemblent une poignée d'adhérents ou plusieurs milliers de fans selon leur intitulé… et leur sérieux. Car beaucoup de ces groupes permettent de cerner de bien réelles préoccupations exprimées par les citoyens. Ce qu'ont bien compris les élus locaux dont plusieurs - Pierre Cohen en tête et plusieurs de ses adjoints - ont une page personnelle sur Facebook.

Parmi les groupes les plus sérieux, on trouve notamment ceux baptisés « Contre la fermeture du Vélo Toulouse entre 1 heures et 6 heures du matin ! (1 434 membres) ; « Contre la rocade à 90 à Toulouse » (266 membres) ; « Pour que le métro de Toulouse soit ouvert la nuit ! » (6 713 membres). Et une douzaine de groupes réclame l'ouvert ure d'un café Starbucks.

La plupart des groupes sont toutefois dédiés aux étudiants qui se regroupent selon leur école ou leur fac, ou selon leurs lieux préférés de rendez-vous. L'esprit potache n'est d'ailleurs jamais bien loin lorsqu'il s'agit de créer un groupe, ce qui est à la portée de tous dès lors qu'on est inscrit sur Facebook. On trouve ainsi le groupe « Banalisons le short à paillettes à Toulouse », ou encore « Pour la construction d'un chauffage géant à Toulouse », ou encore « 50 000 filles dans ce groupe et je traverse une rue de Toulouse en string » (369 membres, il y a de la marge…).

Groupes potaches donc mais aussi groupes parfois chauvins marquant l'identité régionale. « Pour tous ceux qui trouvent Toulouse plus jolie que Bordeaux… » (2 154 membres) ou encore « Pour que Toulouse devienne la capitale de la France… Marre des Parigooooo » (1 696 membres). Il existe même pour ainsi dire des sous-groupes avec les Aveyronnais de Toulouse, les Albigeois de Toulouse, etc. Mais le plus important reste bien sûr le « Réseau Facebook Toulouse » et ses 16 460 membres.
Célébrités locales

Enfin, les Toulousains de Facebook ont aussi leurs célébrités. le groupe « Fan de la vieille qui hurle dans les rues de Toulouse » dédié à la septuagénaire qui promet l'enfer aux passants qu'elle croise place du Capitole regroupe 4 118 membres. Elle est toutefois largement battue par « Le gars qui chante James Brown dans les rues de Toulouse » qui fédère, en l'ignorant probablement, 7 741 membres…

Passer du virtuel au réel

Nombreux sont les détracteurs de Facebook (ou d'autres réseaux sociaux comme MySpace) qui dénoncent l'enfermement dans un univers virtuel dont seraient victimes ceux qui s'y inscrivent. L'argument semble bien éculé tant l'articulation entre vie virtuelle et vie réelle semble bien pris en compte par les internautes et particulièrement ceux qui appartiennent à la « génération Y », celle qui est née avec un ordinateur dans le berceau.

La preuve ? Les groupes constitués sur Facebook se prolongent souvent par des activités bien concrètes dans la vie réelle. C'est même la vocation première de certains d'entre eux. Un bel exemple s'est d'ailleurs produit à Toulouse. En septembre dernier, le groupe « 5 000 personnes en 1 mois : un pique-nique géant place du capitole-Toulouse » se crée de façon un peu potache à l'initiative de Pauline Gaden. Sauf que le défi fait son chemin et 5 000 personnes s'inscrivent en moins de 15 jours. Le 5 octobre à midi, les convives se retrouvent vêtus en rouge et noir devant l'hôtel de ville. Chacun a apporté son pique-nique et tous se sont promis de réitérer l'opération. Un second pique-nique a été envisagé toujours au même endroit le 2 novembre dernier mais a dû être repoussé. Le groupe initial compte désormais 7 506 membres.

Cette initiative en a inspiré d'autres. Le groupe « Facebook Party in Toulouse » envisage d'organiser LA soirée Facebook des Toulousains et de tous les réunir… au Zénith. Pas moins. L'idée de Yannick Rolland, Benjamin Leitz et Thomas Cauchi, responsables du groupe, a déjà séduit 13 816 membres prêts à participer à cette soirée dont les modalités restent à fixer. Enfin, au-delà de ces initiatives spectaculaires, d'autres, plus discrètes, promeuvent coups de pouces. Comme « Entr'aide utile entre amis facebookeur toulousains » qui propose demande de baby sitter, de covoiturage, d'échanges de billets de spectacles, de bons plans, etc. Bref pour Facebook, le passage du virtuel au réel (et vice-versa) est devenu une activité banale. C'est aussi cela qui explique le succès du réseau.

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