Par Léo-Paul Barthélémy , Université de Lorraine Certains parient sur l’issue de tel ou tel événement sportif. D’autres sur l’évolution à court terme d’un indicateur économique largement suivi. D’autres encore – parfois les mêmes – engagent des sommes importantes sur des questions nettement plus discutables d’un point de vue moral, comme la prise d’une ville en Ukraine par l’armée russe. Les sites permettant ce type de paris sont en plein essor. Un marché prédictif n’est pas tout à fait un site de paris. C’est un dispositif de spéculation collective dans lequel des participants achètent et vendent des contrats indexés sur la réalisation d’un événement futur précisément défini (« X aura lieu avant telle date », « Y gagnera l’élection », etc.). Le prix de ces contrats fluctue en fonction de l’offre et de la demande : plus un événement est jugé probable par les participants, plus le contrat associé est recherché et plus son prix augmente. À la...

C'était le 8 mars 1979. Philips, l'inventeur de la cassette audio qui avait rendu la musique vraiment nomade, présente le prototype d'un futur support révolutionnaire : le compact disc. Une galette dorée de polycarbonate de 115 mm de diamètre pour 1,2 mm d'épaisseur, lisible par un rayon laser, et dont la qualité sonore doit surpasser tout ce qui était connu jusqu'alors. Associé aux japonais Sony et Hitachi, Philips peaufine son concept l'année suivante.
A lui de concevoir le disque proprement dit et les lentilles de lecture. À Sony de définir le format de numérisation de la musique et la méthode pour corriger les erreurs. Dans cette période de cogitation, la légende veut que Sony, qui voulait un encodage en 16 bits avec une durée de 74 minutes, a fait augmenter la taille du disque à 120 mm pour y loger la 9e symphonie de Beethoven…
Les amateurs de musique classique restaient d'ailleurs le cœur de cible des premiers albums commercialisés à l'été 1982 même si le groupe Abba a été le premier à inaugurer le CD. Très vite le support réservé aux mélomanes fortunés s'est démocratisé pour gagner toutes les couches de la société.
Depuis 1982, il s'est ainsi vendu 3,5 milliards de platines et quelque 240 milliards de disques.
Une vraie success-story. Mais une histoire qui semble vivre ses dernières années. À 30 ans, le CD pourrait bien prendre sa retraite. En cause : la croissance exponentielle des fichiers MP3.
Une dématérialisation de la musique qui a fait le succès d'Apple et de son iPod et qui est aujourd'hui plébiscitée par les jeunes. Une étude de Jonathan Berger, professeur de musique à l'université de Stanford, en Californie, a d'ailleurs démontré qu'entre l'écoute d'un CD ou du fichier MP3 d'un même morceau, les jeunes préfèrent le MP3…
Ironie du sort, le CD doit également faire face à la concurrence de celui qu'il avait terrassé et qui pourrait lui survivre : le disque vinyle. Des bourses d'échange pour les aficionados du microsillon aux éditions collectors des plus récents albums en passant par les besoins des DJ, les 33 tours ont retrouvé une belle cote d'amour. Le presseur français MPO sort ainsi 8 millions de disques vinyle par an dont 1,2 pour la France.