L’information est passée inaperçue et pourtant elle constitue une étape majeure dans la politique de souveraineté numérique de l’État. Réunis le 8 avril sous l’impulsion du Premier ministre et de plusieurs membres du gouvernement, un séminaire interministériel piloté par Direction interministérielle du numérique vient, en effet, d’acter une accélération nette de la réduction des dépendances aux outils extra-européennes – essentiellement américains. En toile de fond de cette orientation : une inquiétude désormais installée au sommet de l’État, qu’il existe une possibilité d’interruption potentielle de services numériques américains utilisés par l’administration. L’exemple du juge Guillou, magistrat à la Cour pénale internationale, privé de son e-mail Microsoft ou de ses moyens de paiement en raison de sanctions américaines le visant, en est une illustration. Sortie progressive de Windows au profit de systèmes Linux Première mesure décidée mercredi dernier : la...
Une délégation du secrétariat d’État à l’Économie numérique était hier à Toulouse pour auditionner les porteurs du projet « French Tech Toulouse ». La plateforme « French Tech » a été lancée fin 2013 par l’ancienne secrétaire d’État au numérique Fleur Pellerin. Elle vise à favoriser la croissance des start-up, faire émerger et détecter les projets, accompagner les porteurs dans la construction de leur projet et labelliser les projets « Métropoles French Tech ». Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Montpellier, Grenoble, Nancy, Saint-Étienne sont ainsi candidates à ce label aux côtés de Toulouse.
Midi-Pyrénées en pointe
L’obtention de celui-ci par les acteurs de la Ville Rose est, d’évidence, en bonne voie, à en juger par le dynamisme numérique. Il est vrai que la région est la seconde de France du secteur. Elle se situe même à la première place pour l’édition de logiciels applicatifs, la programmation informatique, la fabrication d’équipements électriques et électroniques. Au total le secteur du numérique représente plus de 34 000 emplois, 5 300 entreprises, 2 600 chercheurs, avec de vraies pépites, grandes ou petites, institutionnelles ou privées, comme le LAAS-CNRS, l’IRIT, Sigfox, Thales Alenia Space, Pole Star, etc.
Pour obtenir le label « French Tech », les différentes structures qui soutiennent l’innovation tout au long de l’année, ont uni leurs forces. La Cantine Toulouse, le cluster Digital Place, la TIC Valley, l’incubateur Midi-Pyrénées, etc. ont préparé un projet cohérent qui a visiblement séduit la délégation ministérielle venue ce jeudi.
« La délégation a rencontré des entreprises, les clusters, les associations pour se faire une idée au-delà du dossier. Ils ont fait un retour critique sur nos points forts, ce qui reste à améliorer. L’objectif était de faire une présentation de l’écosystème et sa capacité à se développer et générer des champions. La délégation a reconnu la qualité de notre écosystème et notre dynamisme », explique Jean-Pierre Bayol, directeur de Digital Place.
Prochaine étape ? D’ici 15 jours, compléter le dossier, affiner certains aspects, mieux définir les lignes stratégiques et l’organisation à mettre en place.
Toulouse espère donc être parmi les premières métropoles labellisées, fin octobre.
