Votée en première lecture à l’Assemblée nationale lundi, la proposition de loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans a reçu l’aval de Bruxelles. Inspiré par l’exemple australien, le texte ouvre toutefois un chantier technique et politique complexe, entre promesses de protection et limites concrètes de la vérification d’âge. L’Australie fait figure de laboratoire. La France peut légalement instaurer une « majorité numérique » interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. La confirmation est venue de la Commission européenne, au lendemain de l’adoption en première lecture, dans la nuit de lundi à mardi, d’une proposition de loi soutenue par le gouvernement et le chef de l’État. Pour Bruxelles, le principe est clair : les États membres peuvent légiférer, à condition de rester dans le cadre du droit européen. Il reviendra ensuite à la Commission de veiller à ce que les grandes plateformes appliquent effectivement la règle. À Paris, l’exécutif veut avancer...
Tribune d'expert. Violation de données chez Ashley Madison : une simple affaire de mauvais choix de mots de passe ?
Par Filip Chitry, Security Expert chez Avast
Les experts en sécurité d’Avast ont cherché à comprendre la manière dont les pirates avaient pu découvrir les mots de passe des utilisateurs du site d’Ashley Madison, et ont analysé les différentes méthodes qui ont pu être mises en œuvre*. Car, contrairement à ce que l’on pourrait croire, les mots de passe des utilisateurs étaient bien chiffrés et donc, a priori illisibles pour les voleurs. Mais c’était sans compter la multitude d’outils disponibles pour craquer les codes et déchiffrer les données, ainsi que la détermination des pirates.
Dans le cas d’un mot de passe purement aléatoire ou très soigneusement élaboré, ce type d‘outil peut mettre plusieurs années à le découvrir, ce qui n’est malheureusement pas le cas de mots de passe trop simples ou évidents. Les chercheurs Avast ont donc réalisé un test sur une petite portion des données disponibles suite à la faille chez Ashley Madison (1 million de données sur les 36 millions divulguées), en utilisant les outils de déchiffrement disponibles sur internet tels que « md5 » ou encore « bcrypt ».
Pour cela, les experts Avast ont utilisé les listes contenant les pires mots de passe découverts (très facile à trouver sur internet), pour les comparer avec les données issues du système d’Ashley Madison. Il ressort que les mots de passe les plus simples de type « 123456 », « password » ou « 12345 » sont sur le podium des mots de passe les plus utilisés par les membres d’Ashley Madison.
Dans ce contexte, et malgré toutes les précautions prises par les services en ligne pour protéger les données de leurs utilisateurs comme c’était le cas pour Ashley Madison, le choix du mot de passe reste déterminant pour déjouer les méthodes de plus en plus sophistiquées des hackers mal intentionnés. Il n’y a aujourd’hui aucune excuse valable pour ne pas consacrer plus d’attention au choix de ses mots de passe, sachant qu’ils restent l’ultime rempart contre les violations de données.
L’utilisateur doit donc être responsabilisé vis-à-vis de ses propres données et ne pas se contenter de « faire confiance » aux différents prestataires, qu’il s’agisse des fournisseurs Internet, des services en ligne auxquels il se connecte ou même du réseau qu’il utilise– les accès Wi-Fi publics ne sont, par exemple, pas non plus réputés pour leur sécurité.
La fuite de données chez Ashley Madison n’est malheureusement qu’un exemple parmi d’autres, il est donc impératif que les internautes prennent conscience de l’importance des mots de passe pour la protection de leurs données personnelles. Si tous les mots de passe étaient véritablement choisis selon des méthodes purement aléatoires ou bien de manière « intelligente » - donc en essayant clairement de contourner les outils de déchiffrement existants – les conséquences de certaines cyber-attaques seraient probablement moindres.
