À l’image de l’Australie, qui a fixé une majorité numérique à 16 ans, Emmanuel Macron a récemment évoqué la possibilité d’interdire l’accès aux plateformes sociales aux moins de 15 ans. En attendant une éventuelle évolution législative, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) a dévoilé ce mois-ci FantomApp, une application gratuite destinée aux 10-15 ans, déjà disponible sur les magasins d’applications et en version web . Son objectif est de permettre aux plus jeunes de mieux protéger leurs comptes, leurs données personnelles et d’identifier les bons réflexes en cas de difficulté en ligne. Conçue à partir d’ateliers menés dans plusieurs collèges, FantomApp a été développée en associant directement des adolescents au projet. Cette démarche collaborative a permis d’identifier des attentes fortes : comprendre les paramètres de visibilité, sécuriser ses comptes sans expertise technique et savoir vers qui se tourner en cas de problème. Selon une étude ...
Le combat auquel se livrent les géants d’internet d’un côté et les auteurs et éditeurs de l’autre autour de la directive réformant le droit d’auteur (qui doit être votée au Parlement européen le 12 septembre) bénéficie depuis ce jeudi 6 septembre d’un éclairage intéressant : l’avis des Européens sur le sujet.
Une menace pour la démocratie
Pour le compte du Gesac (Groupement européen des sociétés d’auteurs et compositeurs), l’institut Harris Interactive vient, en effet, de réaliser une enquête en ligne du 24 au 30 août dans huit pays européens (France, République tchèque, Allemagne, Grèce, Italie, Pologne, Roumanie, Espagne).Le regard des eurocitoyens est sans concessions et sans illusions. Selon eux, les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) détiennent aujourd’hui plus de pouvoir que l’Union européenne (67 % contre seulement 33 % pour l’UE, 65 % en France). Les GAFA peuvent être perçues comme un risque potentiel pour le fonctionnement des démocraties : 6 citoyens sur 10 (61 %) partagent ce point de vue, et même plus de 3 Français sur 4 (76 %).
Rémunérer médias et auteurs
Pour 66 % de personnes interrogées, la façon dont les plateformes internet partagent avec les artistes et créateurs de contenus les revenus générés par ces derniers via leurs plateformes n’est pas équitable. C’est à nouveau particulièrement le cas en France (76 %) et en Allemagne (72 %).Par conséquent, ces citoyens européens approuvent dans leur ensemble la création par l’Union européenne de nouvelles règles visant à protéger et garantir la rémunération des artistes et créateurs de contenus (87 %, dont 37 % tout à fait favorables à cette nouvelle réglementation). Près de 9 Français sur 10 (88 %) s’expriment en faveur de ce type de régulation, et 1 Français sur 3 affirme même y être « tout à fait favorable » (34 %).
Enfin, concernant la rémunération des médias par les plateformes qui réutiliseraient leurs contenus, ces citoyens européens s’y disent également majoritairement favorables (81 % et même 32 % très favorables), une opinion à nouveau partagée par les Français (80 %).
Les citoyens sont donc en faveur de la directive droit d’auteur, se réjouit-on à l'UPREG (Union de la presse en région dont le Groupe La Dépêche est membre)
400 créateurs réunis à Paris
A quelques jours du vote de la directive européenne sur le droit d'auteur, la mobilisation s'intensifie dans les deux camps. Près de 400 représentants du monde de la culture, dont la ministre Françoise Nyssen, se sont rassemblés ce jeudi à Paris."Nous les créateurs (...) demandons solennellement, que la directive sur les droits d'auteurs soit adoptée", a plaidé la chanteuse Emily Loizeau devant des manifestants réunis à l'appel de la Sacem (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique). Si cette directive est adoptée, les géants d'internet "ne pourront plus prendre une partie de nos vies (...) sans verser pour cela une rémunération juste", a-t-elle affirmé, devant le réalisateur Costa-Gavras et le compositeur André Manoukian.
Il est "essentiel que ce combat soit mené", a renchéri Françoise Nyssen lors de ce rassemblement se déroulant sous les fenêtres de son ministère.
