Fuites de données en cascade, attaques de plus en plus discrètes et industrialisation du cybercrime : la France apparaît comme l’un des pays les plus exposés au monde. Derrière la multiplication des incidents touchant l’État comme les entreprises, se dessine une menace durable, à la fois criminelle et géopolitique, à laquelle les pouvoirs publics tentent d’apporter une réponse. L’incident de sécurité chez France Titres, l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), survenu le 15 mars dernier, avec lequel 11,7 millions de comptes se sont trouvés exposés, est-il l’incident de trop ? En tout cas, il intervient après de nombreuses intrusions et fuites de données concernant des services publics dont on aurait pu penser qu’ils étaient beaucoup mieux protégés que les bases de données d’entreprises privées. Ce nouvel épisode montre en tout cas combien la France est une cible de choix pour les cyberpirates de tout poil. Car l’ANTS s’inscrit dans une série d’incidents réce...
Selon une récente étude de EY et l’Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle (ALPA), entre 2016 et 2017, le nombre de pirates est passé de 11,6 millions de personnes consommant illégalement du contenu par mois à 10,6 millions, soit un million de moins en un an (-8%). Les pirates consomment également moins, en moyenne chaque pirate a consommé 4% de contenu illégaux de moins qu’en 2016. Mais le piratage constitue toujours une plaie pour les producteurs de contenus.
Alors que le Parlement européen a voté le 12 septembre dernier la directive réformant le droit d'auteur, l'institut Idate, basé à Montpellier, vient de réaliser une enquête sur les nouveaux enjeux du piratage des médias .
"Différents facteurs ont favorisé l’évolution des méthodes et pratiques de piratage, en particulier le recours plus important au streaming, le développement des systèmes d’applications, la structuration plus « professionnelle » des offres, et le relais d’usage des plateformes sociales", explique Jacques Bajon, consultant Pôle Média-Télécoms à l'Idate.
Un modèle économique rentable pour les offres de piratage à grande échelle
"Les contenus linéaires et sportifs sont le nouveau champ de bataille, avec des impacts économiques forts. En effet, Le manque à gagner pour les détenteurs de droits et les risques sur les revenus de l’abonnement TV sont importants. Sans oublier l’impact du piratage communautaire, il existe un modèle économique rentable pour les offres de piratage à grande échelle, qui se sont professionnalisées", indique l'Idate."La fermeture des sites et la poursuite des pirates donnent des résultats ponctuels, mais sur le long terme des sites miroirs sont mis en place, le recours à d’autres systèmes de piratage est utilisé, la localisation géographique des hébergeurs s’adapte … D’autres mesures comme la protection technique des contenus, la communication auprès du grand public ou la collaboration entre les acteurs de l’écosystème peuvent également compléter un dispositif de lutte contre le piratage audiovisuel", explique l'Idate.
Sites miroirs et boîtiers TV pirates
On peut par exemple citer le site Zone-telechargement qui était opéré depuis la région toulousaine. Fermé en décembre 2016, il est réapparu en de multiples exemplaires depuis...Quant aux nouvelles méthodes de piratages, elles se multiplient également. On peut citer l'émergence de boîtiers Android pré-configurés qui permettent de visionner en direct des chaînes payantes pour une somme modique.
Après une enquête complexe d’un an coordonnée par Europol, les autorités du Hampshire (sud-est de l’Angleterre), de l’Ecosse et de l’Irlande ont arrêté début septembre six personnes soupçonnées de distribuer illégalement des chaînes de télévision premium utilisant la technologie IPTV (Internet Protocol Television).

