Accéder au contenu principal

World Password Day : la fin du mot de passe comme identifiant unique

password


Par Arnaud Gallut, Directeur des Ventes Europe du sud, Ping Identity 

Le 4 mai prochain marquera la troisième édition du World Password Day, dont l’objectif est de mobiliser l’opinion publique sur la nécessité de disposer de mots de passe robustes. Le fait que les mots de passe sont aujourd’hui omniprésents dans la nouvelle économie numérique n’échappe à personne, et surtout pas aux cybers criminels, qui s’y attaquent en priorité, et savent d’une part qu’ils sont simples à usurper dans la grande majorité, et d’autre part qu’ils sont la porte d’entrée aux informations et aux ressources les plus précieuses. D’après le Data Breach Investigation Report 2017 de Verizon, 81% des cyber attaques réussies ont exploité des mots de passe insuffisamment robustes ou volés. La faible robustesse des mots de passe est de notoriété publique. Bien plus, d’après une récente enquête OVUM, 80% des utilisateurs conservent le même mot de passe pour différents comptes, et 46% des employés utilisent des mots de passe personnels pour leurs comptes professionnels. La raison est simple. Plus les mots de passe sont complexes et multiples, plus ils sont difficiles à mémoriser. Beaucoup d’organismes officiels, la CNIL en France par exemple, recommandent des bonnes pratiques pour limiter les risques, telles que des mots de passe d’au moins 12 caractères de 4 types différents, un mot de passe par compte, des mises à jour régulières, l’absence de tout lien entre le mot de passe et son propriétaire, ou encore l’utilisation d’un gestionnaire de mots de passe. Mais ces pratiques sont peu respectées car elles sont contraires aux attentes des utilisateurs, qui privilégient l’ergonomie et la simplicité d’accès.

Ceci étant dit, ne nous y trompons pas. Quelle que soit leur robustesse et les bonnes pratiques utilisées, les mots de passe n’offrent plus un niveau de sécurité suffisant pour protéger les données les plus sensibles. Dans l’immense majorité des cas, ils sont devenus simples à usurper, et n’importe quel cyber criminel sérieux, s’il y met les moyens, mettra moins d’une journée par y parvenir. Sans compter qu’il pourra se servir sur le ‘dark web’, où des milliards d’identifiants sont disponibles à un prix modique.

De nouveaux standards à la rescousse du mot de passe


Le W3C (World Wide Web Consortium) et la FIDO Alliance, à l’origine des standards les plus répandus d’Internet, ont récemment finalisé l’API WebAuthn, dont l’objectif avoué est de généraliser une authentification sans mot de passe (Passwordless). WebAuthn est disponible gratuitement et déjà supportée par tous les principaux navigateurs, ainsi que par Android et Windows 10. Il permet aux fournisseurs de services de remplacer le mot de passe par une validation de l’authentification de l’utilisateur sans transmettre de données sensibles en y procédant localement sur son poste de travail (tablette, périphérique ou smartphone). La validation de l’authentification s’effectue alors par des moyens tiers interfacés avec cette API, tels qu’une clé de sécurité USB ou une montre connectée par exemple. L’intérêt de cette API est de ne plus avoir de mot de passe à véhiculer sur les réseaux.

La biométrie, remède miracle ?


Beaucoup d’acteurs de l’industrie high tech prédisent la disparition totale des mots de passe comme méthode d’identification, et son remplacement notamment par des systèmes biométriques. Les systèmes de lecture d’empreintes digitales et de reconnaissance faciale se multiplient ainsi depuis plusieurs années, en particulier sur les terminaux mobiles. Toutefois, les solutions biométriques ne sont pas non plus immunisées contre les attaques. La technologie de lecture des empreintes digitales s’est certes grandement améliorée ces dernières années, mais n’est toujours pas infaillible. Elle peut notamment être prise en défaut par des solutions d’intelligence artificielle et de machine learning qui permettent de réaliser des empreintes ‘passe partout’. Même chose pour les solutions de reconnaissance faciale, dont certaines peuvent être trompées à l’aide d’une simple photo d’identité.

Authentification multifacteur et SSO : le duo gagnant


La biométrie utilisée seule a donc elle aussi ses faiblesses. Cela ne veut pas dire qu’elle est inutile, mais simplement qu’elle souffre des même défauts qu’un mot de passe en tant qu’authentification unique. Que ce soit en utilisant un visage imprimé en 3D, en créant de fausses empreintes, ou en craquant simplement un mot de passe de secours trop faible, il est beaucoup plus facile pour un attaquant de s’emparer d’un compte utilisateur qui n’est pas protégé par au moins deux facteurs d’authentification.

L’authentification multifacteur, associant par exemple biométrie, mot de passe et terminal identifié, est ainsi seule capable d’offrir un niveau maximum de sécurité car elle impose à l’attaquant de prendre le contrôle de non pas un mais plusieurs facteurs. La solution idéale aujourd’hui est de l’associer à des solutions d’authentification unique, ou SSO (Single Sign On) qui permet à un utilisateur d'accéder à de nombreuses applications sans avoir à multiplier les authentifications. Il lui de s’authentifier en début de session, et il peut ensuite accéder à de nombreuses applications sans être contraint de devoir s'identifier sur chacune d'entre elles. On obtient ainsi une solution qui associe une grande simplicité d’utilisation, notamment pour des applications grand public, et un haut niveau de sécurité.

Posts les plus consultés de ce blog

Le bipeur des années 80 plus efficace que le smartphone ?

Par André Spicer, professeur en comportement organisationnel à la Cass Business School (City University of London) : Vous vous souvenez des bipeurs ? Ces appareils étaient utilisés largement avant l'arrivée massive des téléphones portables et des SMS. Si vous aviez un bipeur, vous pouviez recevoir des messages simples, mais vous ne pouviez pas répondre. Un des rares endroits où on peut encore en trouver aujourd’hui sont les hôpitaux. Le Service National de Santé au Royaume-Uni (National Health Service) en utilise plus de 130 000. Cela représente environ 10 % du nombre total de bipeurs présents dans le monde. Une récente enquête menée au sein des hôpitaux américains a révélé que malgré la disponibilité de nombreuses solutions de rechange, les bipeurs demeurent le moyen de communication le plus couramment utilisée par les médecins américains. La fin du bipeur dans les hôpitaux britanniques ? Néanmoins, les jours du bipeur dans les hôpitaux britanniques pourraient être compté

Univers parallèles et mondes virtuels : la guerre des métavers est commencée

  Une partie de poker dans le métavers (capture d'écran de la vidéo “Le métavers et comment nous allons le construire ensemble” sur YouTube) Par  Oihab Allal-Chérif , Neoma Business School Le 17 octobre 2021, Mark Zuckerberg a lancé les hostilités de manière assez théâtrale, comme s’il défiait ses concurrents d’en faire autant. Afin de concrétiser son rêve d’enfant, le métavers, il a décidé de mettre en œuvre des moyens colossaux : 10 000 ingénieurs hautement qualifiés seront recrutés en Europe dans les 5 prochaines années. Cette annonce a été faite quelques jours avant celle du changement de nom du groupe Facebook en Meta , le 28 octobre, démontrant ainsi l’engagement total du fournisseur de réseaux sociaux dans la transition vers le métavers. Le 22 juillet 2021, dans une interview à The Verge , le créateur de Facebook racontait : « Je pense à certains de ces trucs depuis le collège quand je commençais tout juste à coder. […] J’écrivais du code

Sans Sauvegarde, pas de cyber-résilience

Par Alexandra Lemarigny, directrice commercial Europe du Sud Opentext Security Solutions Les études diverses sur les habitudes de sauvegarde des entreprises et leurs collaborateurs sont sans équivoque : très majoritairement, elles ne s’attardent vraiment sur ces questions de sauvegarde ou de récupération qu’en cas d’incidents. Pourtant la sauvegarde est l’élément majeur des dispositifs de cyber-résilience, à savoir la capacité à rester opérationnel, même face aux cyberattaques et à la perte de données. La sauvegarde n’est pas suffisamment considérée Dans les faits, force est de constater que la sauvegarde n’est pas envisagée dans son entièreté par les entreprises qui n’ont pas eu à subir d’accidents et il est fréquent qu’elles ne sauvegardent pas les éléments les plus pertinents. A titre d’exemples une entreprise peut ne sauvegarder qu’un ou deux serveurs, ou un élément qu’elle a identifié comme critique quelques années auparavant. Certaines ne tiennent pas compte de l’évolution de leu

Implants cérébraux : la délicate question de la responsabilité juridique des interfaces homme-machine

Dans le film Transcendance , de Wally Pfister, sorti en 2014, le héros mourant transfère son esprit dans un ordinateur quantique. Wally Pfister, 2014 Par  Elise Roumeau , Université Clermont Auvergne (UCA) Depuis quelques années, Elon Musk ne cesse de faire des annonces relatives à des avancées technologiques. Voitures autonomes , voyages interplanétaires , interface homme-machine , achat du réseau social Twitter… rien ne semble arrêter l’homme d’affaires. Aucun obstacle technique, géographique, physiologique ne lui semble infranchissable. Pourtant, ses projets pourraient, à court terme, poser de véritables difficultés du point de vue juridique. La recherche d’une fusion entre le cerveau et l’intelligence artificielle Avec Neuralink, l’un des objectifs visés par Elon Musk est de créer une interface entre l’humain et la machine . À plus ou moins court terme, le projet porte sur le développement d’implants cérébraux pour pallier des troubles neur

Sondage : quatre Français sur dix craignent le vol d'identité

Selon un sondage représentatif commandé par le fournisseur de messagerie GMX , de nombreux internautes français sont préoccupés (31%), voire très inquiets (9%), d'être victimes d'un vol d'identité. La majorité craint que des inconnus puissent faire des achats (52%) avec leur argent. Dans le cas d'une usurpation d'identité, les criminels accèdent aux comptes en ligne et agissent au nom de leurs victimes. De nombreuses personnes interrogées craignent que des inconnus signent des contrats en leur nom (37 %), que des escrocs utilisent l'identité volée pour ouvrir de nouveaux comptes (36 %) et que des informations les plus privées tombent entre des mains étrangères ou soient rendues publiques (28 %). Besoin de rattrapage en matière de sécurité des mots de passe Il est urgent de rattraper le retard en matière d'utilisation de mots de passe sûrs selon GMX : 34 % des utilisateurs d'Internet en France utilisent dans leurs mots de passe des informations personnell

Sources d’information et orientation politique : ce que nous apprend Twitter

  Par  Laura Hernandez , CY Cergy Paris Université et Rémi Perrier , CY Cergy Paris Université Plusieurs études du discours médiatique ont mis en lumière, par des analyses quantitatives et qualitatives, des soutiens à peine voilés de certains médias envers certains courants politiques . Et si l’on inversait la question ? Bien qu’on ait tendance à considérer, par exemple, qu’un lecteur régulier du Figaro s’oriente politiquement à droite, peut-on établir des corrélations à grande échelle entre choix de sources d’information et orientation politique ? Des études basées sur des enquêtes d’opinion ont montré notamment la part grandissante des réseaux sociaux dans la diffusion de l’information et le rôle qu’ils jouent dans la formation de l’opinion publique depuis une décennie, à l’image des évolutions observées lors de deux dernières élections aux États-Unis (voir ici et ici ). Les médias traditionnels ont intégré cette donnée et utilisent les réseaux sociaux en se faisant l’écho