Accéder au contenu principal

Marchés prédictifs en ligne : miser sur un résultat sportif… ou sur la guerre en Ukraine

Par  Léo-Paul Barthélémy , Université de Lorraine Certains parient sur l’issue de tel ou tel événement sportif. D’autres sur l’évolution à court terme d’un indicateur économique largement suivi. D’autres encore – parfois les mêmes – engagent des sommes importantes sur des questions nettement plus discutables d’un point de vue moral, comme la prise d’une ville en Ukraine par l’armée russe. Les sites permettant ce type de paris sont en plein essor. Un marché prédictif n’est pas tout à fait un site de paris. C’est un dispositif de spéculation collective dans lequel des participants achètent et vendent des contrats indexés sur la réalisation d’un événement futur précisément défini (« X aura lieu avant telle date », « Y gagnera l’élection », etc.). Le prix de ces contrats fluctue en fonction de l’offre et de la demande : plus un événement est jugé probable par les participants, plus le contrat associé est recherché et plus son prix augmente. À la...

Cybersécurité : le top management en ligne de mire

business



Par Thomas Leconte, Directeur technique chez MTI France

Une image contenant homme, personne, complet, murDescription générée automatiquement

En matière de sécurité des systèmes d'information, l'humain reste l'un des principaux éléments constituant le risque. Et pas seulement quant aux malveillances (internes ou externes) qu'il peut représenter : cible de nombreuses attaques, l'humain est une faille. Notamment quand il dispose d'un compte à privilèges, comme c'est le cas des top-managers.

Top management : des droits importants, des risques majeurs


Le top management, qui bénéficie en général d'un accès aux informations sensibles de l'organisation, compte parmi les cibles privilégiées des attaques. Ses membres, aussi bien que leurs plus proches collaborateurs tels que leurs assistants, n'ont souvent pas conscience d'être des cibles privilégiées des cybercriminels, ce qui les rend d'autant plus vulnérables aux attaques.

Dès lors, ces profils sont souvent victimes d'attaques de type spear phishing (ou pêche au gros poisson). Spécifiquement adaptées à l'individu qu'elles ciblent, ces attaques ont généralement pour objectif principal l'accès à des informations sensibles. Des dispositifs d'autant plus faciles à mettre en œuvre que pour beaucoup, les top-managers disposent d'une certaine notoriété.

En outre, très souvent en voyage, sur leur marché domestique ou à l'étranger, il leur arrive d'utiliser des réseaux WiFi publics non sécurisés, les exposant à des attaques type MITM (man-in-the-middle). Sans compter que les C-levels sont aussi ceux qui ont tendance à respecter le moins les procédures de sécurité et les politiques de confidentialité, ce qui aggrave encore leur exposition aux risques.

Face aux risques : les actions à entreprendre


Au regard de ces constats, comment s'assurer de faire du top management un moteur de la cybersécurité, plutôt qu'une cible d'attaques ? Une stratégie efficace de cybersécurité commence par la bonne compréhension des éléments et ressources à protéger et des risques encourus en cas d'exposition. Les managers doivent impérativement prendre conscience des menaces et de l'impact qu'une violation pourrait avoir sur l'organisation.

Et en définitive comprendre le contexte de ces menaces qui en fait des cibles privilégiées, du fait également qu'ils sont amenés à être en contact avec les publics de l'organisation. Ce qui implique tout d'abord la mise en œuvre d'une gouvernance et de processus efficaces, et un renforcement de la résilience en matière de sécurité. Mais également le développement d'une culture de la sécurité, tenant compte des préoccupations des collaborateurs tout en les sensibilisant à l'importance de respecter les pratiques de sécurité.

Par ailleurs, l'adoption d'une approche orientée gestion des risques pour les processus opérationnels et la gestion des mots de passe, ainsi qu'une démarche avancée de sensibilisation à la sécurité et des canaux de communication clairement définis sont des pistes à explorer pour renforcer la sécurité des comptes, en particulier des comptes à privilèges.

La question prioritaire de la sécurité des comptes à privilèges


L'établissement de processus explicites en réaction à une attaque contre un membre de la direction, et les mesures à prendre pour y remédier, associées à l'intensification des efforts de formation en matière de cybersécurité, et en particulier quant aux bonnes pratiques à adopter en matière de sécurité des emails, peuvent rapidement réduire l'exposition aux risques.

Plus le volume d'incidents et de compromissions des données augmente, plus la question inquiète la direction de l'organisation. Selon Forrester, 80 % des incidents de sécurité impliquent des comptes Administrateur ou à privilèges.

Il s'agit donc de réduire au maximum le risque de compromission de ces comptes. Dès lors, la mise en œuvre de processus précis, de reporting, de traçabilité et une gestion fine de ces comptes est un investissement rentable pour l'organisation.

Posts les plus consultés de ce blog

Le bipeur des années 80 plus efficace que le smartphone ?

Par André Spicer, professeur en comportement organisationnel à la Cass Business School (City University of London) : Vous vous souvenez des bipeurs ? Ces appareils étaient utilisés largement avant l'arrivée massive des téléphones portables et des SMS. Si vous aviez un bipeur, vous pouviez recevoir des messages simples, mais vous ne pouviez pas répondre. Un des rares endroits où on peut encore en trouver aujourd’hui sont les hôpitaux. Le Service National de Santé au Royaume-Uni (National Health Service) en utilise plus de 130 000. Cela représente environ 10 % du nombre total de bipeurs présents dans le monde. Une récente enquête menée au sein des hôpitaux américains a révélé que malgré la disponibilité de nombreuses solutions de rechange, les bipeurs demeurent le moyen de communication le plus couramment utilisée par les médecins américains. La fin du bipeur dans les hôpitaux britanniques ? Néanmoins, les jours du bipeur dans les hôpitaux britanniques pourraient être compté...

Quelle technologie choisir pour connecter les objets ?

Par Frédéric Salles, Président et co-fondateur de Matooma   En 2021, le nombre total d'objets connectés utilisés atteindra les 25 milliards selon Gartner. Il est ainsi légitime de se demander quelles sont les technologies principales permettant de connecter les objets, et quelle pourrait être celle la plus adaptée pour sa solution. Un projet de vidéosurveillance par exemple n'aura absolument pas les mêmes besoins qu'un projet basé sur le relevé de température au milieu du désert. Ainsi pour trouver la meilleure connectivité pour son objet, de nombreuses questions peuvent se poser : mon objet fonctionne-t-il sur batterie ou est-il alimenté ? Mon objet restera-t-il statique ou sera-t-il mobile ?  Mon objet est-il susceptible d'être dans un endroit difficile d'accès ou enterré ? A quelle fréquence mes données doivent-elles remonter ? Etc. Voici les différentes solutions actuellement disponibles sur le marché. Courte distance : RFID/Bluetooth/WiFi La RFID (Ra...

Comment savoir si je suis touché par un logiciel espion ?

Par Allan Camps, Senior Enterprise Account Executive chez Keeper Security Les logiciels espions sont des logiciels malveillants qui, installés à votre insu sur votre appareil, permettent aux cybercriminels de vous espionner et de voler vos informations privées. Ces informations peuvent ensuite être utilisées par des cybercriminels ou vendues sur le dark web pour commettre des fraudes ou des usurpations d'identité. Il est possible de repérer ces logiciels malveillants sur votre appareil en observant des signes particuliers tels que l'épuisement rapide de la batterie, la surchauffe, l'augmentation du nombre de fenêtres pop-up ou de l'utilisation des données, et la présence d'applications inconnues. Comment détecter un logiciel espion sur votre smartphone Android ou votre iPhone ? Recherchez les applications que vous n'avez pas téléchargées. Les applications que vous n'avez pas téléchargées peuvent se cacher dans votre bibliothèque et contenir des logiciels ...

La fin du VHS

La bonne vieille cassette VHS vient de fêter ses 30 ans le mois dernier. Certes, il y avait bien eu des enregistreurs audiovisuels avant septembre 1976, mais c’est en lançant le massif HR-3300 que JVC remporta la bataille des formats face au Betamax de Sony, pourtant de meilleure qualité. Ironie du sort, les deux géants de l’électronique se retrouvent encore aujourd’hui face à face pour déterminer le format qui doit succéder au DVD (lire encadré). Chassée par les DVD ou cantonnée au mieux à une petite étagère dans les vidéoclubs depuis déjà quatre ans, la cassette a vu sa mort programmée par les studios hollywoodiens qui ont décidé d’arrêter de commercialiser leurs films sur ce support fin 2006. Restait un atout à la cassette VHS: l’enregistrement des programmes télé chez soi. Las, l’apparition des lecteurs-enregistreurs de DVD et, surtout, ceux dotés d’un disque dur, ont sonné le glas de la cassette VHS, encombrante et offrant une piètre qualité à l’heure de la TNT et des écrans pl...

Tribune libre. Maison et objets connectés : une véritable French touch

Alexandre Chaverot est président d' Avidsen et de Smart Home International Réjouissons nous que la France soit précurseur dans le domaine de la maison et des objets connectés. Oui, il existe un vrai savoir faire, une véritable « patte » française. Il n'y a qu'à voir le nombre de start-up qui existent et évoluent dans ce domaine là : Sigfox pour la partie protocole de communication, Netatmo sur l'objet connecté autour de la régulation thermique, MyFox sur la sécurité et, évidemment, Avidsen sur l'univers de la maison intelligente. Sans parler des grands groupes comme Legrand , Schneider , Somfy qui travaillent aussi sur ces sujets là et qui nous challengent. A moins que ce ne soit nous, les petites « boîtes » qui les challengions. En tant qu'entreprises françaises, nous n'avons donc pas à rougir par rapport à ce qu'il se passe en Asie ou aux États-Unis en matière de produits et de développement. Le « faire savoir » devient plus que nécessai...

Le retour de la pellicule argentique : Kodak investit pour l'avenir

La photographie argentique, longtemps considérée comme une relique du passé, connaît un regain d'intérêt spectaculaire en 2024. Kodak, l'emblématique entreprise américaine, a récemment annoncé des investissements significatifs pour moderniser ses infrastructures et augmenter sa production de pellicules. Cette décision intervient alors que la demande pour les films argentiques explose, portée par une nouvelle génération de passionnés et de créateurs en quête d'authenticité. L'engouement pour l'argentique n'est pas un simple effet de mode. Il s'agit d'un véritable retour aux sources, où la qualité des couleurs, les textures uniques et le processus créatif de la photographie analogique séduisent autant les amateurs que les professionnels. Kodak, conscient de cet engouement, s'engage à produire des films aussi longtemps que la demande existera. Cette modernisation de l'usine de Rochester, où sont fabriqués les films emblématiques de Kodak, représente...