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La France peut interdire les réseaux aux moins de 15 ans selon Bruxelles

  Votée en première lecture à l’Assemblée nationale lundi, la proposition de loi interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans a reçu l’aval de Bruxelles. Inspiré par l’exemple australien, le texte ouvre toutefois un chantier technique et politique complexe, entre promesses de protection et limites concrètes de la vérification d’âge. L’Australie fait figure de laboratoire. La France peut légalement instaurer une « majorité numérique » interdisant les réseaux sociaux aux moins de 15 ans. La confirmation est venue de la Commission européenne, au lendemain de l’adoption en première lecture, dans la nuit de lundi à mardi, d’une proposition de loi soutenue par le gouvernement et le chef de l’État. Pour Bruxelles, le principe est clair : les États membres peuvent légiférer, à condition de rester dans le cadre du droit européen. Il reviendra ensuite à la Commission de veiller à ce que les grandes plateformes appliquent effectivement la règle. À Paris, l’exécutif veut avancer...

Crypto-monnaies : instrument monétaire ou aubaine humanitaire ?

cryptomonnaie


Par Karim Ganem, cofondateur d’IOV

Les crypto-monnaies et la blockchain sont souvent vues comme une technologie complexe et opaque au service d’une poignée de geeks et de spéculateurs. Pour autant, elles peuvent apporter des solutions concrètes pour lutter contre la pauvreté, l’illettrisme, la corruption et offrir les mêmes chances économiques au plus grand nombre.

En quelques années, les crypto-monnaies se sont imposées comme des actifs financiers à part entière. La capitalisation boursière du Bitcoin évolue depuis juillet aux environs de 150 milliards d’euros, soit davantage que celle des plus grandes entreprises françaises cotées. La capitalisation boursière de l’Ether approche quant à elle des 20 milliards d’euros et celle de l’ensemble des crypto-monnaies est évaluée à près de 250 milliards d’euros.

Une création de valeur ex nihilo fondée sur la confiance

Cette valeur bien réelle a pourtant été créée de toute pièce à partir de la confiance collective envers la technologie de la blockchain sur laquelle repose chacune des crypto-monnaies. Cette technologie constitue une méthode réputée infalsifiable de validation des transactions, et c'est la confiance dans cette fiabilité qui donne sa valeur aux crypto-monnaies. Au passage, l'envolée de leur cours a généré des gains substantiels pour de nombreux intervenants passionnés de technologie et d’algorithmique.

Une question se pose néanmoins : que faire de toute cette valeur créée ? Celle-ci bénéficie aujourd’hui directement aux possesseurs des crypto-monnaies et échappe à l’écosystème financier « classique » reposant sur le système bancaire. Grâce à cette configuration très particulière, la création de valeur n’est donc pas mobilisée pour servir les intérêts d’un actionnaire ou d’une maison-mère. De même, les possesseurs de crypto-monnaie ne sont pas attachés à cette valeur de la même manière qu’aux revenus vitaux tirés de leur travail. Les gains peuvent donc avoir d’autres finalités, notamment sociales.

1% des profits d’aujourd’hui peut tout changer

Si 1% de la valeur créée ex nihilo grâce aux crypto-monnaies pouvait être redistribuée, de grands projets pourraient être réalisés. Pour n’évoquer que les causes les plus universelles, il serait par exemple possible d’engager des programmes de lutte contre la pauvreté, de réduction des inégalités ou de lutte contre l’illettrisme. Sommes-nous de doux rêveurs en disant cela ? À chacun d’en juger : un rapide sondage mené auprès d'experts et investisseurs blockchain dans 10 pays a permis d’évaluer qu’environ une personne sur deux active sur ce marché serait prête à réaliser des dons en crypto-monnaies pour défendre les causes qui leur tiennent à cœur.

L’écosystème est lui-même en train de s’adapter à cette nouvelle réalité. Depuis peu, l’Unicef accepte les dons en Bitcoin et en Ether. Cette évolution représente bel et bien une petite révolution : celle de faire entrer de plein pied les crypto-monnaies dans l’univers caritatif. Les donateurs ont par ailleurs une bonne raison d’avoir recours aux crypto-monnaies pour soutenir des projets associatifs : la blockchain, publique et sécurisée, permet de suivre la manière dont cet argent sera utilisé. L’ensemble de la chaîne associative gagne ainsi en transparence et permet de redonner davantage de sens à l’engagement caritatif.

Une aide précieuse pour les populations non bancarisées

Enfin, au-delà des dons, les crypto-monnaies peuvent remplir une autre fonction sociale : celle d’offrir des moyens de paiement aux 2 milliards d’individus n’ayant pas de compte en banque. Avec les crypto-monnaies, un simple téléphone portable suffit à effectuer une transaction entièrement sécurisée sans que celle-ci passe par un intermédiaire bancaire. Si cette problématique est peu visible dans les pays occidentaux, elle est en revanche récurrente sur d’autres continents.

De même, la blockchain offre la possibilité de mettre en place des « smart contracts » ayant la particularité d’être activés automatiquement lorsque surviennent certains événements prédéterminés. Cette fonction, loin d’être anecdotique, permet de simplifier considérablement les circuits de micro-financement en milieu non-bancarisé.

Les premiers pas des crypto-monnaies dans le domaine social deviendront-ils à l’avenir des pas de géants ? Espérons-le. Quelle que soit la réponse, les crypto-monnaies et la blockchain auront démontré une nouvelle fois qu’elles constituent un fantastique réservoir d’expérimentations et d’idées pour créer des services utiles, plus sécurisés et plus transparents, dans un monde qui en a encore grandement besoin.

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