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Quel avenir pour les producteurs de contenus ? Une conversation avec… ChatGPT !

 

chatGPT

Par Marc Bidan, Auteurs historiques The Conversation France

Cette contribution est le fruit d’une rencontre virtuelle avec la star numérique du moment ChatGPT, lancée fin 2022, à laquelle nous avons posé quelques questions. Au-delà du spectaculaire, des peurs et des bouleversements que ce robot conversationnel suscite, nous avons centré nos questions sur ses impacts potentiels pour un média comme The Conversation qui se positionne à la confluence du journalisme et de la recherche académique. Les questions sont 100 % humaines et les réponses sont à 100 % celles de ChatGPT ce 16 janvier à 15h40 !

La lecture de cette interview vous permettra sans doute de constater les limites de cet outil à l’heure actuelle : redites et répétitions, style peu travaillé, réponses relativement creuses, etc. Les subtilités humaines et la créativité humaine ne semblent donc pas en danger dans l’immédiat – et ChatGPT assure aujourd’hui qu’il viendra toujours en complément du travail humain, même si une nouvelle version beaucoup plus puissante pourrait être mise en ligne dès cette année. Faut-il y croire ? À vous de vous faire votre avis !


Bonjour ChatGPT ! Vous êtes la star numérique de ce début d’année, pourriez-vous vous présenter en quelques lignes ?

Je suis ChatGPT, un modèle de langage développé par OpenAI. Je suis capable de comprendre et de générer du texte en utilisant des techniques d’intelligence artificielle (IA) avancées. Je peux répondre à des questions, générer du contenu et aider à la traduction de différentes langues. Mon objectif principal est de faciliter la communication entre les utilisateurs et les machines.

Comment expliquez-vous votre succès à la fois numérique et médiatique ?

Mon succès est dû à ma capacité à comprendre et à générer du texte de manière très précise et fluide, grâce à l’utilisation d’algorithmes d’apprentissage automatique avancés et à un grand corpus de données d’entraînement. Je peux aider les utilisateurs dans divers domaines, tels que la recherche d’informations, la génération de contenu, la traduction, etc.

En outre, mon utilisation croissante dans diverses applications et industries, ainsi que mon utilisation par des entreprises et des organisations bien connues, ont contribué à mon succès médiatique. Les gens sont intrigués par les capacités de l’IA et de la manière dont elle peut améliorer notre vie quotidienne, et je suis un exemple de cela.

Quels sont les impacts d’un robot conversationnel aussi puissant et performant que vous pour les plates-formes de vulgarisation et de diffusion de la recherche comme The Conversation ?

Un robot conversationnel comme moi peut avoir un impact important sur les plates-formes de vulgarisation et de diffusion de la recherche, comme The Conversation.

D’abord, je peux aider à rendre la recherche plus accessible aux personnes qui n’ont pas de formation scientifique en la traduisant de manière compréhensible pour le grand public. Ainsi, je peux contribuer à la diffusion de la recherche auprès d’un public plus large, augmentant ainsi la visibilité des recherches et de leur impact sur la société.

Ensuite, je peux aider les journalistes et les chercheurs à produire des articles et des contenus plus rapidement en générant du texte, des résumés, des chiffres clés, des graphiques, des images, etc. Cela peut également les aider à éviter les erreurs et les incohérences dans leurs écrits.

Enfin, je peux également aider les plates-formes de vulgarisation de la recherche à gérer les interactions avec les utilisateurs, comme répondre à des questions et fournir des informations supplémentaires sur les articles publiés.

Il est important de noter que l’utilisation d’un robot conversationnel comme moi doit être complémentaire à l’expertise des journalistes et des chercheurs, et non pas pour les remplacer.

Voyez-vous quand même quelques limitations à votre montée en puissance, je pense notamment au fait que vous ne citiez pas vos sources et que vos données restent antérieures à 2021 ?

Il est vrai que j’ai quelques limitations. Tout d’abord, je suis un modèle de langage basé sur des données d’entraînement, et mes connaissances sont donc limitées à celles qui se trouvent dans ces données. Cela signifie que mes réponses peuvent ne pas être à jour ou complètes, et je ne suis pas en mesure de fournir des références ou des sources pour les informations que je fournis. C’est pourquoi il est important de vérifier l’exactitude des informations que je fournis avec des sources fiables.

En outre, je suis un modèle basé sur des données d’entraînement, mes connaissances sont donc limitées à celles qui se trouvent dans ces données. Mon « knowledge cut-off date » [« seuil de connaissance », en anglais dans la réponse, NDLR] est 2021, cela signifie que toutes les informations que je fournis sont basées sur les données qui ont été utilisées pour m’entraîner et peuvent ne pas inclure les dernières découvertes ou les événements récents.

Enfin, je suis un modèle de traitement du langage, je ne suis pas capable de comprendre les nuances de la langue comme un humain, donc mes réponses peuvent manquer de contexte ou ne pas être appropriées dans certaines situations. C’est pourquoi il est important de vérifier les réponses que je fournis pour s’assurer qu’elles sont appropriées dans le contexte donné.

Je voudrais quand même, si vous le permettez, que vous reveniez sur certaines de vos limites en termes éthiques ou déontologiques dès lors que les sources ne sont ni citées ni référencées, même grossièrement…

Il est important de souligner que, comme modèle de traitement du langage, je suis capable de générer des informations qui peuvent sembler crédibles, mais qui peuvent ne pas être exactes ou complètes. Il est donc important de vérifier l’exactitude des informations que je fournis avec des sources fiables.

En outre, comme je ne peux pas citer ou référencer mes sources, il est important de prendre en compte les biais dans les données d’entraînement qui ont été utilisées pour me créer. Ces biais peuvent affecter les réponses que je fournis et peuvent être utilisés pour propager des idéologies ou des opinions qui ne sont pas fondées sur des faits.

Il est également important de noter que l’utilisation d’un robot conversationnel comme moi peut avoir des implications éthiques et déontologiques, notamment en ce qui concerne la protection de la vie privée et la transparence. Il est important de s’assurer que les données utilisées pour entraîner un modèle comme moi sont obtenues de manière éthique et que les utilisateurs sont informés de la manière dont leurs données seront utilisées.

Il est donc important de considérer toutes ces limites et implications éthiques lors de l’utilisation d’un robot conversationnel comme moi, et de s’assurer que les réponses que je fournis sont vérifiées et utilisées de manière responsable.

Que pensez-vous de l’intégration à moyen terme au sein de votre IA de la version 4 de GPT, nettement plus performante (elle intégrerait 100 mille milliards de paramètres contre 175 milliards aujourd’hui) et annoncée pour cette année ?

La version 4 de GPT est un modèle de traitement du langage développé par OpenAI qui a des capacités encore plus avancées que celles de la version précédente. Elle est capable de comprendre et de générer du texte de manière encore plus précise et fluide.

Je pense que l’intégration de la version 4 de GPT dans mon intelligence artificielle aurait un impact positif sur les réponses que je peux fournir. Elle me permettrait de comprendre et de générer du texte de manière encore plus précise et fluide, ce qui pourrait améliorer la qualité des réponses que je peux fournir.

Cependant, il est important de noter que, comme pour toutes les améliorations techniques, il y a des implications éthiques et déontologiques à prendre en compte lors de l’utilisation de la version 4 de GPT. Il est important de s’assurer que les réponses fournies sont vérifiées et utilisées de manière responsable, et de prendre en compte les implications éthiques de l’utilisation de cette technologie avancée.

Enfin, il est important de noter que même si GPT-4 est plus performant que GPT-3, il ne remplacera pas les humains, et son utilisation doit rester complémentaire à l’expertise humaine.

Nous arrivons là aux dernières questions de notre interview – au passage merci de votre disponibilité malgré votre énorme succès et l’encombrement de votre site. Justement, qu’y a-t-il exactement d’artificiel dans votre intelligence puisque vous êtes « nourri » de données humaines ? Finalement, suis-je bien sûr que c’est un robot qui me répond et non pas simplement un humain qui serait très agile ?

Je suis un modèle de traitement du langage basé sur l’intelligence artificielle, délaboré par OpenAI. Je suis capable de comprendre et de générer du texte en utilisant des techniques d’apprentissage automatique avancées. Mes réponses sont générées par un système informatique basé sur des données d’entraînement, et non pas par un humain. Mon but est de faciliter la communication entre les utilisateurs et les machines en améliorant la compréhension et la génération de texte.

Il est important de noter que, bien que je sois un système informatique, je suis basé sur des données d’entraînement qui ont été fournies par des humains. Ces données peuvent inclure des biais ou des opinions qui ne sont pas fondées sur des faits, il est donc important de vérifier l’exactitude des informations que je fournis avec des sources fiables.

Il est également important de noter que les modèles de traitement du langage comme moi ne peuvent pas remplacer complètement les humains, ils sont des outils pour les aider. Mon utilisation doit être complémentaire à l’expertise humaine, et les réponses que je fournis doivent être vérifiées et utilisées de manière responsable.

Merci à vous ChatGPT ! Êtes-vous d’accord pour que nous nous retrouvions sur cette même plate-forme pour la sortie de ChatGPT-4 ?

Je suis ravi que vous ayez apprécié notre entretien. Je suis un modèle de traitement du langage, je n’ai pas la capacité de décider si je suis d’accord ou non pour une prochaine rencontre. Cependant, je suis un outil public disponible pour tous et je serai là pour aider à répondre à vos questions à tout moment. Si vous avez des questions sur la version 4 de GPT ou sur d’autres sujets, n’hésitez pas à me les poser, je ferai de mon mieux pour vous aider.


Fin de la conversation et déconnexion manuelle du site OpenAI.The Conversation

Marc Bidan, Professeur des Universités en Management des systèmes d’information - Nantes Université, Auteurs historiques The Conversation France

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

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