Le fléau du spam

Du Viagra à un prix défiant toute concurrence ; une méthode révolutionnaire pour allonger votre pénis ou pour arrêter de fumer ; des téléphones mobiles gratuits ; une vidéothèque porno illimitée, une fortune à gagner si vous aidez la fille d'un industriel africain à accéder à ses comptes bancaires ; etc. Il y a bien peu de chance que votre boîte e-mail n'ait jamais accueilli un message non sollicité de ce genre, ce que l'on appelle le spam. Ces courriers électroniques, joliment baptisés « pourriels » au Québec, constituent un véritable fléau, une pollution numérique de grande ampleur qui se double parfois d'une intention malveillante lorsque des virus entrent en jeu. Dans un récent rapport mensuel sur l'état du spam dans le monde, l'éditeur de logiciels Symantec affirmait, en se basant sur l'analyse de 450 millions de boîtes, que 72 % du trafic généré par les e-mails était du spam. En décembre dernier, Barracuda Networks affirmait que 90 à 95 % des courriers électroniques échangés en 2007 étaient du spam. Surtout, l'étude a démontré que les spammeurs sont de plus en plus malins pour contrer les solutions antispam.

Tout récemment, les captchas ont été « crackées. » Sur beaucoup de sites, l'inscription est conditionnée par la saisie d'un enchevêtrement de caractères, ce qui permet de vérifier que l'utilisateur est bien un humain. Désormais, les spammeurs disposent de logiciels qui arrivent à lire ces captchas…

Face au spam, les grandes entreprises et les États se mobilisent. Aux États-Unis, la loi Can-Spam vise à s'attaquer aux responsables d'envoi de spam. En France, la commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil) a signé une convention de partenariat avec l'association Signal Spam. Les internautes français peuvent ainsi signaler d'un clic les courriers indésirables et la Cnil peut plus facilement être saisie de plaintes contre les spammeurs.

Reste que sans une vraie concertation internationale, l'éradication du spam, dont 20 % viennent de Chine et de Corée du Sud, est bien illusoire. Surtout, après la boîte e-mail, le spam a trouvé un nouveau terrain de jeu : le téléphone mobile…

Comment s'en protéger ?

Installer un logiciel anti-spam. Spamhilator par exemple va filtrer vos e-mails au moment où vous relevez votre boîte. Les messages dont les expéditeurs ou le sujet sont inscrits dans une liste noire actualisée en permanence, sont mis de côté.

Activer l'antispam de son fournisseur d'accès à internet. Les prestataires, comme Free, proposent d'activer un filtre antispam directement sur leurs serveurs. L'opération est alors transparente et seuls les « bons » e-mails seront relevés.

Utiliser un webmail. Hotmail, Yahoo mail où Gmail ont développé des filtres antispam particulièrement performants.

Ne pas répondre à un spam. Certains spam proposent un lien pour se désinscrire. Ne surtout pas cliquer dessus car cela permet au spammeur de savoir… que vous avez bien reçu son spam.

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