Le père du viaduc de Millau veut agrandir Monaco


Il a construit le pont multihaubanné le plus haut du monde, le viaduc de Millau ; il pourrait réaliser un projet pharaonique à Monaco. L'architecte britannique Norman Foster est, en effet, bien placé parmi les cinq groupements candidats à l'extension en mer de la principauté.

Ce projet, dont le coût s'élèvera entre 5 et 10 milliards d'euros, vise à donner au petit état de 2 km² une dizaine d'hectares supplémentaires gagnés sur la mer. Dans le prolongement de ce qu'ont fait ses ancêtres pour agrandir son pays, le prince Albert II a lancé en juillet 2006 un nouveau programme d'urbanisation de la baie.

Mais au contraire des réalisations précédentes, comme le quartier de Fontvieille - 22 ha dans les années 70 - le nouveau projet intègre de sévères contraintes environnementales, de développement durable et de protection d'un milieu marin exceptionnel. « Il faudra qu'on ait l'impression que cette extension a toujours existé », a prévenu Jean-Paul Proust, le chef du gouvernement.

Parmi les cinq projets en lice, ceux de Norman Foster et de Daniel Libeskin ont davantage séduit les autorités, même si le choix définitif n'interviendra au plus tard qu'en février 2009. Tous deux proposent, en effet, de constituer une presqu'île pouvant s'étendre sur un kilomètre au large, sur une dalle reposant sur des méga-caissons. Sur les 275 000 m² que ce nouveau quartier va offrir, on trouvera des surfaces commerciales, des locaux d'activités, des infrastructures touristiques, des logements haut de gamme, des équipements publics (crèches, écoles, etc.), des parkings, un parc, des quais et une plage publique. Et surtout un « équipement phare » de 15 000 à 20 000 m² dans le domaine de la culture, du sport de l'éducation, de la science ou du développement durable ; des thèmes chers au prince Albert. 3 000 habitants pourraient loger dans ce nouveau quartier dont les travaux commenceraient début 2010 pour s'étaler sur quinze ans…

La crise invitée surprise

Mais dans ce dossier dont le financement procède d'un partenariat public-privé, un invité surprise est apparu : la crise financière internationale. « Nous allons être conduits à privilégier l'apport en fonds propres par rapport aux prêts bancaires », a récemment indiqué M. Proust. Toutefois, cette extension maritime qui fait suite à l'enfouissement de la gare, à l'édification de l'hôpital princesse Grâce ou à la nouvelle contre-jetée, ne sera pas remise en cause car ce projet est capital pour l'avenir touristique et économique de la principauté.

Polders et îles artificelles à Dubaï

Étendre son territoire sur la mer n'est pas l'apanage de Monaco et partout dans le monde, des projets ont vu le jour, qu'ils soient portés par des micro-états à l'étroit ou par des consortiums industriels.

> Les polders. Il s'agit d'étendues artificielles de terre dont le niveau est inférieur à celui de la mer. On pense immédiatement aux Pays-Bas dont la majorité de la surface a été gagnée sur la mer. Un quart du territoire hollandais se situe, en effet, sous le niveau de la mer avec un record d'Europe à -6,76 mètres sous le niveau zéro. Des polders existent aussi dans le nord de la France dans la région des Watergangen, près de Dunkerque. Le point le plus bas de l'Hexagone (-4 mètres) est situé sur un polder dans la commune Les Moëres. Les polders existent aussi dans la région de Kamouraska, au Québec.

> Les îles artificielles. Elles ont parfois des vocations industrielles, notamment au Japon. Ainsi l'aéroport international du Kansai près d'Osaka, mis en service en 1994, a été construit sur une île artificielle de 1 055 hectares avec le terminal le plus long du monde conçu par l'architecte italien Renzo Piano.

Autres projets à vocation touristique et de prestige, ceux en vogue à Dubaï, qui ont d'ailleurs reçu l'appui d'experts venus des Pays-Bas. Le projet de trois îles palmiers baptisées Jumeirah, Jebel Ali et Deira et entièrement gagnées sur la mer sera achevé en 2 013. Chacune des 17 palmes entourées d'un croissant de 11 km de long accueille des infrastructures de transport, des commerces, des services, des attractions touristiques et de loisir et des immeubles résidentiels haut de gamme. Plus fort encore avec « The World. » Toujours à Dubaï et prévu pour être terminé en 2011, ce projet consiste en la création d'îles imitant un planisphère, entouré d'une digue. En tout l'archipel, de neuf kilomètres de long et sept de large, comptera de 250 à 300 îles qui accueilleront des résidences de luxe.

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