Fuites de données en cascade, attaques de plus en plus discrètes et industrialisation du cybercrime : la France apparaît comme l’un des pays les plus exposés au monde. Derrière la multiplication des incidents touchant l’État comme les entreprises, se dessine une menace durable, à la fois criminelle et géopolitique, à laquelle les pouvoirs publics tentent d’apporter une réponse. L’incident de sécurité chez France Titres, l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), survenu le 15 mars dernier, avec lequel 11,7 millions de comptes se sont trouvés exposés, est-il l’incident de trop ? En tout cas, il intervient après de nombreuses intrusions et fuites de données concernant des services publics dont on aurait pu penser qu’ils étaient beaucoup mieux protégés que les bases de données d’entreprises privées. Ce nouvel épisode montre en tout cas combien la France est une cible de choix pour les cyberpirates de tout poil. Car l’ANTS s’inscrit dans une série d’incidents réce...
Emmanuel Macron est incontestablement le président de la République le plus intéressé par les nouvelles technologies et le numérique. Il a déjà par le passé reçu à l'Elysée plusieurs grands patrons de la Silicon Valley. Ce mercredi, le chef de l'Etat va ainsi recevoir les participants du sommet "Tech for good" dont Mark Zuckerberg (PDG de Facebook), Satya Nadella (Microsoft), Brian Krzanich (Intel) ou encore Virginia Rometty (IBM). Devraient être également présents les sociétés Uber, Samsung, SAP, Palantir, Wikimedia Foundation, Mozilla Foundation et des dirigeants de La Poste, la SNCF, la RATP, Sanofi, BNP Paribas et Thales.
Mais derrière cet événement, les acteurs français du web social et solidaire se sentent oubliés par le président. "L’ambition de vouloir associer Facebook, Uber, Microsoft, Samsung, Palantir et les autres à la notion d’intérêt général est louable. Mais ne nous méprenons pas : ces plateformes portent une vision de l’innovation qui n’a rien à voir avec l’intérêt général, mais davantage avec la génération d’intérêts pour leurs investisseurs", estime Ismaël Le Mouël, Fondateur de la Social Good Week et de la start-up bordelaise HelloAsso et Vice-Président de France Eco-Sociale Tech (FEST) dans une Tribune à Libération.
La Silicon Valley "ni désintéressée, ni fondamentalement humaniste"
"Curieux mélange des genres en effet que d’associer à cette réunion les géants du web tout droit venus de la Silicon Valley. Des plateformes qui, semble-t-il, sont les dignes représentantes d’une vision de l’innovation qui se restreint à la situation monopolistique sur un marché et à la rentabilité financière. Sans doute sont-elles prêtes à quelques vœux pieux, mais peut-on réellement espérer un véritable changement de comportement ?", analyse Ismaël Le Mouël. "Les promesses de "libérer" des secteurs entiers de l’économie comme le fait Uber, de "connecter le monde entier" comme le veut Facebook, ne sont ni désintéressées, ni fondamentalement humanistes."
"Être Tech For Good, c’est mettre au premier rang de ses priorités l’impact social de l’innovation, sa capacité à être mise au service de l’humain et les enjeux globaux de nos sociétés. La France dispose des premiers de cordée de la Tech For Good mais Emmanuel Macron semble leur préférer ceux qui ne souhaitent tenir la corde qu’à condition que cela leur soit rentable", estime Ismaël Le Mouël.
