Réchauffement climatique : l'impact des nouvelles technologies

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Tribune d’expert de Olivier de Montlivault, CEO de SOS Accessoire 

Partout dans le monde, l’émergence de nouvelles technologies - donc de nouveaux biens, tels que l’électroménager - a modifié, au fil des années, les habitudes de vie et de consommation des foyers. Aujourd’hui, on estime qu’une personne consomme trois fois plus que dans les années 60. Une évolution forte, qui vient confirmer une tendance de plus en plus décriée : la surconsommation, une consommation donc excessive, responsable de la surexploitation des ressources naturelles  et venant contribuer au réchauffement climatique. Mais alors, comment à notre niveau, par des gestes et des actions simples, pouvons-nous palier ce phénomène ?

Le tourbillon de la surconsommation


L’avènement des nouvelles technologies influe grandement sur les habitudes de vie de la population et sont un premier facteur de surconsommation. La télévision, le téléphone ou encore le lave-linge en sont de parfaits exemples. Partout dans le monde, les foyers s’équipent, cherchant à se délester de tâches fastidieuses, à gagner du temps ou encore, à limiter leurs déplacements. Achetés à ces fins, tous ces assistants de vie viennent créer de nouveaux  besoins et entrainent une production massive d’appareils en tout genre.
Parmi tous ces progrès technologiques, c’est probablement l’arrivée d’internet qui a le plus transformé la société. Ainsi, en 10 ans, on estime que le pourcentage des ménages français disposant d’un accès à Internet est passé de 12 à 64 % !  Un véritable changement de paradigme qui a, entre autres conséquences, permis de considérablement développer les achats à distance. Parfois, considéré comme un acteur  « écolo » - car permettant d’éviter aux consommateurs de se déplacer vers les commerces - le web engloutit cependant des quantités considérables d’énergie - en conservant d’énormes quantités de données dans les différents “cloud” par exemple - et dope le marché de la livraison qui compense en grande partie les déplacements évités aux acheteurs finaux ! A titre d’exemple, l’ONU considère que la quantité des "e-déchets" générée en Asie a augmenté de 63 % entre 2010 et 2015.
D’autres facteurs expliquent cette tendance à la surconsommation : l’élévation du niveau de vie des populations, la réduction du temps de travail, la démultiplication de l’offre et du choix, la volonté de suivre les tendances de la société, etc.

Des mauvaises habitudes à la prise de conscience plus « verte »


Certaines habitudes de consommation sont également bien ancrées dans la société : nous sommes nombreux à céder à l’achat impulsif, à l’envie du moment ou au besoin de suivre la mode. Prenons l’exemple des soldes et de la « fast-fashion » ou des achats de high-tech durant le Black Friday : des comportements aberrants, sources de déchets massifs, de pollution et de production de gaz à effet de serre, à l’impact sociétal et environnemental dramatique !
Dans le secteur alimentaire également, les mauvaises pratiques ne sont plus à démontrer : abattage d’animaux en masse - dont seulement une faible partie est consommée -  nombre hallucinant d’emballages alimentaires inutiles… Le secteur automobile n’est pas en reste, en produisant des gammes de voitures sportives ultra énergivores. Quant au secteur agricole, avec une consommation d’eau potable toujours plus importante, il tient le haut du pavé !
Si la conscience écologique des Français s’est éveillée notamment à cause des catastrophes naturelles à répétition déplorées dans le monde ces dernières années, leurs habitudes quotidiennes ne le reflètent pas toujours…

Le développement de l’économie collaborative


La plupart des personnes ne savent pas comment réduire leur impact sur l’environnement alors que de simples gestes comptent et peuvent suffir ! C’est le regroupement de ces actions individuelles qui incitera les institutions et les entreprises à réagir.
Eteindre les lumières en sortant d’une pièce, faire le tri de ses déchets, privilégier des produits locaux, acheter les produits avec le moins d’emballage, baisser la température de la maison quand on s’absente, éteindre les appareils électroménagers lors d’une absence prolongée ou encore réduire sa consommation d’eau, sont des actions simples pouvant être réalisées chaque jour pour préserver l’environnement.
Egalement, par manque de temps dans leur quotidien, les Français entretiennent peu leurs appareils electroménagers. Lorsque ceux-ci tombent en panne, ils n’ont souvent pas de temps à consacrer pour les réparer. Ce qui malheureusement provoque une grande source de gaspillage.
Afin de développer l’entraide et promouvoir l’autoréparation au lieu de jeter, l’économie collaborative est une belle alternative notamment grâce aux plateformes d’échanges de biens et de services entre particuliers, créés sans intention de profit. Internet peut être une belle source d’information pour effectuer soi-même de petites ou grandes réparations.
L’économie circulaire qui vise à réduire le gaspillage, peut être développée également grâce à de simples actions quotidiennes : recyclage, tri, réparation, réutilisation d’objets, etc. D’autant plus que cette dernière générerait six millions d’emplois ! Consommer des produits éthiques permet également de favoriser et encourager les initiatives respectueuses des ressources naturelles et humaines.
Le point de rupture se fait de plus en plus sentir. Sans changement profond des habitudes de consommation, les conséquences sur l’environnement seront dramatiques pour les générations futures.
Il est donc urgent d’agir afin de ne pas laisser une “terre poubelle” en héritage aux générations suivantes et engendrer une pénurie d’eau, devenant alors une ressource rare et précieuse.
Les hésitations des Etats en termes d’engagement et de respect des Accords de Paris ont un impact fort sur la capacité des sociétés à faire des avancées significatives pour limiter le processus de réchauffement climatique.
La prise de conscience quant à la nécessité de changer la manière de consommer est réelle alors que pour la majorité de la population cela n’est pas une priorité. L’éducation des nouvelles générations – notamment à l’aide de nombreuses sources d’information (internet, réseaux sociaux, associations, etc.) - est essentielle pour mieux consommer. Certaines tendances (celle du bio écolo par exemple)  et certaines personnes – trop radicales dans leurs démarches (politique zéro déchet) - dévalorisent malheureusement ce changement d’habitudes et peuvent décourager les autres à agir à leur niveau.

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