Harcèlement scolaire : Macron annonce une application et un changement de la loi sur le contrôle parental

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La prise en compte du harcèlement scolaire par la communauté éducative comme par la société a progressé ces dernières années, notamment après de terribles faits divers. Le récent suicide de la jeune Dinah à Kingersheim, près de Mulhouse, qui a ému l’opinion montre qu’il reste encore beaucoup à faire en France, où le nombre d’enfants harcelés chaque année est estimé à environ 700 000. 6 à 10 % des élèves subiraient une forme de harcèlement lors de leur scolarité selon un rapport du Sénat publié fin septembre.

Mieux utiliser les outils existants

La Défenseure des droits, Claire Hédon, dans son rapport remis mercredi sur la santé mentale des enfants, reconnaît la volonté des pouvoirs publics de s’emparer de cette problématique, en consacrant notamment le droit pour l’élève à une scolarisation sans harcèlement en droit interne et en multipliant les outils de lutte contre le harcèlement scolaire, mais elle recommande d’avoir davantage recours aux outils mis en place.

Parmi ceux-ci, le programme PHARe (Prévenir le Harcèlement et Agir avec Respect), un plan de prévention du harcèlement à destination des écoles et des collèges généralisé à tous les établissements et les écoles à la rentrée 2021 et qui élargit les horaires des lignes téléphoniques 3020 (pour signaler un cas de harcèlement) et 3018 (pour le cyberharcèlement).

Ce programme qui était expérimenté dans six académies depuis six ans se déploie progressivement. "43 % des collèges (soit 2290 établissement en métropole et en outre- mer) et 8190 écoles sont engagés depuis la rentrée avec 22 900 ambassadeurs collégiens à la rentrée 2021 (10 000 ambassadeurs en 2020).  15 508 personnes-ressources, toutes académies confondues, seront formées aux méthodes de prise en charge du harcèlement dans le cadre de 8 jours de formation académique", a indiqué ce jeudi le ministère de l'Education nationale.

Les ambassadeurs "Non au harcèlement" ont par ailleurs réalisé un clip avec Laëtitia Bertheuil, responsable éditoriale Fiction chez M6.

"La lutte contre le harcèlement et le cyber-harcèlement nous concerne tous, tous les jours. Aujourd’hui, c’est la journée nationale de lutte contre le harcèlement. Le programme phAre se déploie dans tout le système scolaire. #NonAuHarcèlement ! C’est l’affaire de chacun de nous", a expliqué ce jeudi Jean-Michel Blanquer.

Macron : «Que la honte change de camp !»

Mais ce jeudi, à l’occasion de la Journée nationale contre le harcèlement scolaire, c'est l'implication d'Emmanuel Macron, dont l’épouse Brigitte est très engagée sur le sujet, qui a retenu l'attention. Le Président a fait plusieurs annonces pour améliorer la prévention du harcèlement, et plus particulièrement le cyberharcèlement.

Le chef de l’Etat a publié une vidéo sur ses comptes de réseaux sociaux pour assurer de sa volonté  «que la honte change de camp !» «À tous les jeunes victimes de harcèlement : vous devez savoir que nous sommes de votre côté. Parlez. Je le dis clairement : nous pouvons remporter ce combat à condition de ne rien laisser passer, de ne rien céder. Face au harcèlement, nous sommes tous une partie de la solution. Professeurs, camarades de classe, familles… Soyons tous attentifs pour voir, signaler, aider. Ne laissons RIEN passer !», a déclaré Emmanuel Macron.

«Face au harcèlement en ligne, nous lancerons dès février prochain une application qui viendra compléter le dispositif 3018. Elle permettra de signaler en quelques instants un fait de harcèlement, en transmettant des captures d’écran. Face aux dangers du numérique, nous changerons la loi pour que le contrôle parental soit installé par défaut sur tous les smartphones, ordinateurs et tablettes utilisés par nos enfants», a annoncé Emmanuel Macron.