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Télécoms : bataille spatiale pour la fin des zones blanches

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Domino's Pizza refuse de céder au chantage des cyberpirates



Victime d'une opération de piratage de quelque 650 000 données concernant certains de ses clients belges et français, la chaîne Domino's Pizza a refusé de verser une rançon de 30 000 euros.

Ce n'est sans doute pas la première fois que cela se produit, mais c'est la première fois qu'une société victime de cyberpiratage livre au public la tentative d'extorsion dont elle vient d'être victime. La chaîne Domino's Pizza a ainsi refusé de verser une rançon de 30 000 euros au groupe de hackers Rex Mundi qui menaçait – et menace peut-être toujours – de publier les données personnelles de clients de France et de Belgique.

650 000 données contre une rançon de 30 000 euros

L'affaire remonte au 9 juin dernier. Profitant d'une faille informatique – aujourd'hui corrigée – sur les serveurs de Domino's Pizza, le groupe de hackers Rex Mundi parvient à dérober les données personnelles de quelque 650 000 clients (592 000 clients français et 58 000 clients belges). En fonction des informations transmises par ces derniers pour faciliter la livraison des pizzas à domicile, ces données correspondent aux noms, prénoms, adresses, digicode, numéro de téléphone voire certains mots de passe. Des données qui valent de l'or et sont généralement revendues par les pirates à d'autres cybercriminels qui, eux, lanceront des opérations de spam publicitaires ou de phishing pour tenter de tromper les destinataires et leur subtiliser leurs coordonnées bancaires. Mais cette fois-ci, le groupe de hackers décide de rendre public ses exploits.

Le 13 juin, en plein match de Coupe du Monde de football entre l'Espagne et Pays-Bas, les pirates écrivent sur leur compte Twitter «Si vous êtes un client français de Domino's Pizza, vous voudrez peut-être savoir que nous avons donné à Domino la possibilité de ne pas publier vos données personnelles en échange de 30 000 euros.» Pour preuve de leur vol, les pirates, qui fixent leur ultimatum à lundi 16 juin, 20 heures, publient sur le site dpaste.de des données de trois Français et trois Belges.

Contrairement à d'autres sociétés qui étouffent ce genre d'affaire pour ne pas ternir leur réputation, Domino's Pizza décide de rendre publique la tentative d'extorsion. Sur le compte Twitter de sa filiale française, le géant américain des pizzas explique le 13 juin : «Domino's Pizza utilise un système de cryptage des données commerciales. Toutefois les hackers dont nous avons été victimes sont des professionnels aguerris et il est probable qu'ils aient pu décoder le système de cryptage contenant les mots de passe. C'est la raison pour laquelle nous vous recommandons de modifier votre mot de passe, par mesure de sécurité. Nous regrettons fortement cette situation et prenons cet accès illégitime très au sérieux.»

Quelques heures après l'expiration de l'ultimatum, Domino's Pizza a indiqué n'avoir pas payé la rançon et «ne pas vouloir céder au chantage de quelque organisation criminelle que ce soit.» La société a par ailleurs porté plainte auprès du procureur de la République de Paris.

Rex Mundi n'en est pas à son coup d'essai. Ce groupe avait déjà tenté de rançonner Numericable ; lui réclamant 22 000 euros contre la restitution des donnés de 6 000 clients. Faute d'avoir été payés, les pirates avaient publié la liste. Rex Mundi a aussi attaqué l'hébergeur belge Alfa Hosting. Peut-être va-t-il publier la liste de Domino.

275 à 422 milliards d'euros

Ce type d'attaques est en tout cas en forte hausse et concerne des millions de données. Début mai, Orange a ainsi été victime d'un vol de données personnelles touchant environ 1,3 million de clients ; après un précédent vol en février touchant 800 000 clients. Le site d'enchères EBay ou Adobe ont eux aussi été victimes de pirates. Ces attaques contre les entreprises constituent la part la plus importante de la cybercriminalité dans le monde. Une cybercriminalité qui coûte très cher à la société : 275 à 422 milliards d'euros de pertes estimées en 2013, selon un rapport publié lundi du Center for Strategic and International Studies, soit 0,8 % du PIB mondial. Juste derrière le trafic de drogue (0,9 %)…

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