Accéder au contenu principal

Élections européennes 2024 : un scrutin ciblé comme jamais par la désinformation

  Rarement une élection aura à ce point été ciblée par des ingérences étrangères et des tentatives de désinformation. « Des institutions, autorités, acteurs de la société civile et vérificateurs de faits tels que l’Observatoire européen des médias numériques, le Réseau européen des normes de vérification des faits et EUvsDisinfo ont détecté et révélé de nombreuses tentatives de tromper les électeurs avec des informations manipulées ces derniers mois », assurait mercredi le Parlement européen. « Les acteurs de la désinformation ont diffusé de fausses informations sur la façon de voter, cherché à décourager les citoyens de voter ou encore cherché à semer la division et la polarisation avant le vote en détournant des sujets de grande envergure ou controversés. Parfois, ces tentatives de tromper consistent à inonder l’espace informationnel avec une abondance d’informations fausses et trompeuses, dans le but de détourner le débat public. Souvent, des dirigeants et leaders politiques sont

Le toulousain Payname veut révolutionner la banque


Voilà une success story comme on les aime et qui illustre bien le dynamisme du numérique en Midi-Pyrénées. Avec une croissance mensuelle de 30 %, la start-up toulousaine Payname, a levé 5 millions d’euros début septembre dont 4 auprès de Maif Avenir (le fonds de l’assureur éponyme) et a noué ce mois-ci un partenariat stratégique avec le groupe Dépêche du Midi à hauteur de 360 000 euros sous forme de Media for equity (crédit d’espaces publicitaires contre une prise de participation minoritaire).

« Poil à gratter des banques »

Cette jeune pousse, forte de 25 collaborateurs et 20 000 clients, n’entend pas s’arrêter là et affiche un objectif ambitieux : devenir la « première banque en ligne collaborative. » Un concept qui s’apparente à une petite révolution dans le secteur très encadré de la banque comme l’explique son PDG, Éric Charpentier.

« Aujourd’hui, nous sommes une plateforme de co-banking,c’est-à-dire qui permet d’envoyer, recevoir ou collecter de l’argent avec à chaque fois des services associés. Concrètement, un particulier peut payer un service et nous nous occupons des déclarations administratives auprès de l’Urssaf et du règlement des cotisations sociales. On peut aussi payer un achat à la réception d’un colis, payer en trois fois, etc. Autre exemple, on peut payer son loyer et recevoir une quittance. Ou encore collecter de l’argent pour financer un voyage, un projet, etc. Notre objectif est d’aller plus loin et de devenir une banque en ligne collaborative », explique le PDG, qui veut que les particuliers « reprennent la main sur leur argent de façon plus transparente. »

De quoi agacer les banques traditionnelles qui peinent à proposer des offres en ligne pertinentes. « C’est vrai qu’on est clairement le trublion, le poil à gratter. On est petit, mais on grandit : on franchit les barrières réglementaires, on lève des fonds. On n’est plus en mode garage », explique Éric Charpentier, qui refuse de se situer dans la lignée des sites comme AirBnB ou le fameux Uber. « On n’est pas dans le schéma les fintech* contre les banques car les consommateurs ont déjà fait leur choix. La banque actuelle ne les satisfait plus. Payname s’adapte aux consommateurs qui attendent autre chose en bâtissant un nouveau modèle. On revient aux fondamentaux de la banque. »

Payname va profiter des fonds levés pour renforcer ses équipes (techniques, sécurité, contrôle interne marketing, communication, direction financière, etc.). « Cet été, après huit mois de procédure, nous avons obtenu l’agrément pour être établissement bancaire. Ensuite il y a d’autres agréments que nous solliciterons plus tard. Le plus important était d’entrer dans le modèle réglementé », détaille Éric Charpentier, qui prévoit désormais de lancer une carte bancaire siglée Payname.

* fintech : start-up qui innovent dans les secteurs bancaires et financiers via les nouvelles technologies. Le 7 octobre, 36 fintechs ont créé l’association France FinTech


Un campus unique
 







À Saint-Elix-le-Château, Payname pose aujourd’hui la première pierre d’un campus unique en France pour aider des projets et permettre l’émergence de start-up. « On se différencie de beaucoup de fintech* aujourd’hui avec ce campus. On n’est pas dans l’esprit spéculatif de ceux qui veulent se faire racheter. Nous, nous avons le temps, nous voulons construire quelque chose de pérenne. Dans ce village de 1 000 habitants, ce campus aura des infrastructures ouvertes à tous : les gens trouveront des compétences sur place, et notre équipe pourra phosphorer sur d’autres projets que Payname », explique Éric Charpentier.

Posts les plus consultés de ce blog

Le bipeur des années 80 plus efficace que le smartphone ?

Par André Spicer, professeur en comportement organisationnel à la Cass Business School (City University of London) : Vous vous souvenez des bipeurs ? Ces appareils étaient utilisés largement avant l'arrivée massive des téléphones portables et des SMS. Si vous aviez un bipeur, vous pouviez recevoir des messages simples, mais vous ne pouviez pas répondre. Un des rares endroits où on peut encore en trouver aujourd’hui sont les hôpitaux. Le Service National de Santé au Royaume-Uni (National Health Service) en utilise plus de 130 000. Cela représente environ 10 % du nombre total de bipeurs présents dans le monde. Une récente enquête menée au sein des hôpitaux américains a révélé que malgré la disponibilité de nombreuses solutions de rechange, les bipeurs demeurent le moyen de communication le plus couramment utilisée par les médecins américains. La fin du bipeur dans les hôpitaux britanniques ? Néanmoins, les jours du bipeur dans les hôpitaux britanniques pourraient être compté

Comment les machines succombent à la chaleur, des voitures aux ordinateurs

  La chaleur extrême peut affecter le fonctionnement des machines, et le fait que de nombreuses machines dégagent de la chaleur n’arrange pas les choses. Afif Ramdhasuma/Unsplash , CC BY-SA Par  Srinivas Garimella , Georgia Institute of Technology et Matthew T. Hughes , Massachusetts Institute of Technology (MIT) Les humains ne sont pas les seuls à devoir rester au frais, en cette fin d’été marquée par les records de chaleur . De nombreuses machines, allant des téléphones portables aux voitures et avions, en passant par les serveurs et ordinateurs des data center , perdent ainsi en efficacité et se dégradent plus rapidement en cas de chaleur extrême . Les machines génèrent de plus leur propre chaleur, ce qui augmente encore la température ambiante autour d’elles. Nous sommes chercheurs en ingénierie et nous étudions comment les dispositifs mécaniques, électriques et électroniques sont affectés par la chaleur, et s’il est possible de r

De quoi l’inclusion numérique est-elle le nom ?

Les professionnels de l'inclusion numérique ont pour leitmotiv la transmission de savoirs, de savoir-faire et de compétences en lien avec la culture numérique. Pexels , CC BY-NC Par  Matthieu Demory , Aix-Marseille Université (AMU) Dans le cadre du Conseil National de la Refondation , le gouvernement français a proposé au printemps 2023 une feuille de route pour l’inclusion numérique intitulée « France Numérique Ensemble » . Ce programme, structuré autour de 15 engagements se veut opérationnel jusqu’en 2027. Il conduit les acteurs de terrain de l’inclusion numérique, notamment les Hubs territoriaux pour un numérique inclusif (les structures intermédiaires ayant pour objectif la mise en relation de l’État avec les structures locales), à se rapprocher des préfectures, des conseils départementaux et régionaux, afin de mettre en place des feuilles de route territoriales. Ces documents permettront d’organiser une gouvernance locale et dé

La fin du VHS

La bonne vieille cassette VHS vient de fêter ses 30 ans le mois dernier. Certes, il y avait bien eu des enregistreurs audiovisuels avant septembre 1976, mais c’est en lançant le massif HR-3300 que JVC remporta la bataille des formats face au Betamax de Sony, pourtant de meilleure qualité. Ironie du sort, les deux géants de l’électronique se retrouvent encore aujourd’hui face à face pour déterminer le format qui doit succéder au DVD (lire encadré). Chassée par les DVD ou cantonnée au mieux à une petite étagère dans les vidéoclubs depuis déjà quatre ans, la cassette a vu sa mort programmée par les studios hollywoodiens qui ont décidé d’arrêter de commercialiser leurs films sur ce support fin 2006. Restait un atout à la cassette VHS: l’enregistrement des programmes télé chez soi. Las, l’apparition des lecteurs-enregistreurs de DVD et, surtout, ceux dotés d’un disque dur, ont sonné le glas de la cassette VHS, encombrante et offrant une piètre qualité à l’heure de la TNT et des écrans pl

Ce que les enfants comprennent du monde numérique

  Par  Cédric Fluckiger , Université de Lille et Isabelle Vandevelde , Université de Lille Depuis la rentrée 2016 , il est prévu que l’école primaire et le collège assurent un enseignement de l’informatique. Cela peut sembler paradoxal : tous les enfants ne sont-ils pas déjà confrontés à des outils numériques, dans leurs loisirs, des jeux vidéos aux tablettes, et, dans une moindre mesure, dans leur vie d’élève, depuis le développement des tableaux numériques interactifs et espaces numériques de travail ? Le paradoxe n’est en réalité qu’apparent. Si perdure l’image de « natifs numériques », nés dans un monde connecté et donc particulièrement à l’aise avec ces technologies, les chercheurs ont montré depuis longtemps que le simple usage d’outils informatisés n’entraîne pas nécessairement une compréhension de ce qui se passe derrière l’écran. Cela est d’autant plus vrai que l’évolution des outils numériques, rendant leur utilisation intuitive, a conduit à masquer les processus in

Des conseils d'administration inquiets et mal préparés face à la menace cyber

Alors que les Assises de la Sécurité ouvrent leurs portes ce mercredi 11 octobre, pour trois jours de réflexion sur l’état de la cybersécurité en France, la société de cybersécurité Proofpoint f ait le point sur le niveau de préparation des organisations face à l’avancée de la menace.  Cette année encore, les résultats montrent que la menace cyber reste omniprésente en France et de plus en plus sophistiquée. Si les organisations en ont bien conscience,  augmentant leur budget et leurs compétences en interne pour y faire face, la grande majorité d’entre elles ne se sont pour autant, pas suffisamment préparées pour l’affronter réellement, estime Proofpoint. En France, 80 % des membres de conseils d’administration interrogés estiment que leur organisation court un risque de cyberattaque d’envergure, contre 78 % en 2022 – 36 % d’entre eux jugent même ce risque très probable. Et si 92 % d’entre eux pensent que leur budget lié à la cybersécurité augmentera au cours des 12 prochains mois, ces