La fermeture du réseau cuivre s’accélère en France. Après une première vague début 2025, l’arrêt du réseau cuivre d’Orange s’étend à grande échelle. Le 27 janvier 2026, 763 nouvelles communes verront disparaître définitivement l’ADSL. Une bascule technologique majeure, portée par la généralisation de la fibre, mais qui pose encore des questions concrètes dans certains territoires. Le calendrier s’accélère. Après la fermeture technique du réseau cuivre dans 162 communes au 31 janvier 2025, Orange passe un nouveau cap ce mardi 27 janvier avec l’arrêt définitif du cuivre dans 763 communes supplémentaires. Cette étape marque l’entrée du plan national de fermeture dans une phase beaucoup plus perceptible pour les particuliers, avec la disparition effective de l’ADSL et des services associés. Ce mouvement s’inscrit dans un processus engagé de longue date. Propriétaire du réseau cuivre historique, Orange a transmis dès 2022 à Arcep, le gendarme des télécoms, un plan détaillé...
Par Annabelle Richard et Guillaume Morat, avocats Pinsent Masons
La loi n° 2016-1547 du 18 novembre 2016 de modernisation de la justice du XXIe siècle a consacré l'action de groupe en matière de données à caractère personnel.
L'action de groupe a été pendant longtemps ignorée en droit français avant d'être finalement introduite pour la première fois par la loi n° 2014-344 du 17 mars 2014 relative à la consommation (dite "loi Hamon") au bénéfice des consommateurs. Au 26 septembre 2016, seules huit actions de groupe en matière de consommation ont été introduites devant les juridictions françaises.
S'agissant des données à caractère personnel, la consécration de l'action de groupe avait été envisagée à l'occasion des débats parlementaires relatifs à la loi pour la République numérique (dite "loi Lemaire") mais celle-ci a finalement été adoptée le 7 octobre 2016 sans ce dispositif. Par ailleurs, le règlement européen n°2016/679 du 27 avril 2016 relatif à la protection des personnes physiques à l'égard du traitement des données à caractère personnel et à la libre circulation de ces données (ci-après "Règlement GDPR") – qui sera applicable à partir du 25 mai 2018 – prévoit expressément la faculté pour les Etats de recourir à cette possibilité (art. 80 et s.). Le législateur français a donc décidé d'anticiper l'application de ce règlement en consacrant l'action de groupe en matière de données à caractère personnel moyennant quelques ajustements.
La loi n° 2016-1547 du 18 novembre 2016 a créé un nouvel article 43 ter au sein de la loi n°78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés (dite "loi informatique et libertés) qui dispose notamment que
"Lorsque plusieurs personnes physiques placées dans une situation similaire subissent un dommage ayant pour cause commune un manquement de même nature aux dispositions de la présente loi par un responsable de traitement de données à caractère personnel ou un sous-traitant, une action de groupe peut être exercée devant la juridiction civile ou la juridiction administrative compétente."
Cette nouvelle disposition vise aussi bien le responsable de traitement que les sous-traitants alors même qu'en l'état du droit positif, seuls les responsables de traitement peuvent voir leur responsabilité engagée par les personnes concernées. En réalité, cette disposition a vraisemblablement été inspirée par la réforme issue du règlement GDPR qui va accentuer la responsabilité des sous-traitants.
En outre, cette nouvelle action de groupe ne pourra être exercée que par les associations régulièrement déclarées depuis cinq ans au moins ayant pour objet statutaire la protection de la vie privée et la protection des données à caractère personnel, par les associations de défense des consommateurs représentatives au niveau national et agréées lorsque le traitement de données à caractère personnel affecte des consommateurs, ou par les organisations syndicales de salariés ou de fonctionnaires représentatives lorsque le traitement affecte les intérêts des personnes que les statuts de ces organisations les chargent de défendre.
Enfin, cette action de groupe qui suppose l'envoi d'une mise en demeure préalable demeurée infructueuse quatre mois avant la saisine du juge compétent, est exclusivement destinée à obtenir à la cessation du manquement. Il n'est donc pas possible via cette nouvelle action de groupe d'obtenir la réparation des préjudices pouvant résulter de l'inobservation de la réglementation applicable aux données à caractère personnel, à l'instar d'autres actions de groupe en droit français ou des actions de groupe aux Etats-Unis qui visent essentiellement à obtenir des dédommagements significatifs. Sur ce point, le législateur français ne s'est malheureusement pas aligné avec le règlement GDPR qui prévoit expressément la possibilité pour les Etats de prévoir un tel mécanisme y compris à des fins d'obtenir la réparation du préjudice des personnes concernées. Même si l'impact en termes d'image d'une action de groupe en matière de données à caractère personnel peut être significatif, cette exclusion nous semble éminemment regrettable. Le législateur français n'a donc pas su saisir l'occasion qui lui était offerte en garantissant l'effectivité de cette nouvelle action de groupe.
Pour tout complément d’information et/ou demande d’interview, merci de contacter :
Agence FARGO
Marie Maurel : 01 44 82 95 54 / mmaurel@agencefargo.com
A propos de Pinsent Masons
Pinsent Masons est un cabinet d'avocats international implanté en France depuis 2012.
L'équipe du bureau de Paris, composée de 40 avocats dont 11 associés, conseille ses clients, à tous les stades, sur l’ensemble des pratiques nécessaires au bon déroulement de leurs transactions et cycles d’investissement, notamment dans le cadre d’opérations small et mid cap.
Pinsent Masons se singularise par son approche sectorielle très marquée, principalement sur les domaines des industries de pointe et technologies, énergie et infrastructures.
Au niveau mondial, Pinsent Masons emploie plus de 2.600 personnes dont plus de 1.700 avocats dont 410 associés. Sa présence internationale repose sur plusieurs bureaux en Grande-Bretagne, trois bureaux en Europe continentale (Paris, Munich et Düsseldorf), six sur la zone Asie-Pacifique (Pékin, Shanghai, Hong Kong, Singapour, Sydney et Melbourne), trois au Proche et Moyen-Orient (Istanbul, Doha et Dubaï) et un en Afrique du Sud (Johannesburg).
