Accéder au contenu principal

Smart city : les nouveaux défis de la sécurité des villes intelligentes

Barcelone
Barcelone, pionnière dans les technologies de ville intelligente


Par JF Tesseraud / RSSI / Directeur Technique de Systemis

On lit et fantasme beaucoup sur le concept de la Smart city. Les représentations de ces villes dans l'imaginaire collectif sont en partie largement influencées par le cinéma (des Temps modernes à Minority Report). Pour autant, qu'en est-il dans la réalité ?

La Smart City ou ville intelligente consiste globalement en l'optimisation des coûts, de l'organisation, du bien-être des habitants à travers l'utilisation des nouvelles technologies.

En filigrane de ce concept, ce qui va permettre d'inventer la Smart City, ce sont les connexions entre ces réseaux, le croisement et l'exploitation des données (big data).

Prenons l'exemple des déménagements.  En France, 10% de la population déménage chaque année. Soit 3 millions de déménagements par an.
Pour une famille avec 2 enfants scolarisés, un déménagement c'est des dizaines de services différents à contacter pour effectuer les inscriptions, les désinscriptions et les changements d'adresse.
La réalité d'aujourd'hui :  des démarches répétitives et des accès multiples

La smart city de demain : un portail et une authentification uniques et sûres mais aussi un partage de données entre les différents services

Dans notre ville « numérique », ce jeune couple ne perdra pas de temps en démarches, déplacements, files d'attente.
Il ira directement se connecter au portail de la ville pour s'y informer et y effectuer en ligne toutes les démarches nécessaires à son intégration et celles des enfants : il pourra ainsi les inscrire à l'école, contracter ou résilier leurs anciens abonnements, effectuer ses démarches de changement d'adresse pour la carte grise, la Caisse d'Allocation Familiale, la Sécurité Sociale, ou l'accès à l'énergie.

Dans cette toute nouvelle ville numérique, ces inscriptions, réservations, annulations, changements d'adresse, prennent en moyenne une vingtaine de minutes.

Toutes les données privées seront stockées dans un espace personnel dont le propriétaire est l'utilisateur. Il pourra les contrôler, les modifier ou les supprimer le cas échéant. Ces données seront ensuite partagées par les différents services privé ou public. Cela s'appelle l'open data. La diversité des sources, des données, leur volumétrie, les nombreux acteurs, nécessite un pilotage mené par la ville.

Enfin, les réelles conditions de succès résident dans l'interopérabilité des données, à savoir l'accès et le partage de toutes les données via des formats standards (dont les APIs). L'enjeu consiste à rendre les données disponibles dans un format lisible et exploitable par les acteurs.

Il va de soi que l'accès aux informations de cet espace devra être hautement sécurisé par un identifiant unique (nous en possédons tous un !) et un mécanisme d'authentification fort mais simple d'utilisation et une surveillance stricte permettant au propriétaire de savoir qui accède à ces données.

Mais cela ne s'arrête pas là. La ville numérique, c'est aussi un portail personnalisable par l'utilisateur donnant l'accès à l'ensemble des services souhaités quelque soit son terminal.

Un élément fédérateur : l'identifiant unique

Pour créer cet espace numérique personnalisé, l'élément fédérateur est l'identifiant unique. Ce dernier doit permettre d'identifier et d'authentifier la personne qui se connecte, de signer de façon sûre et non répudiable les inscriptions ou tout autres documents administratifs imposant la signature de son dépositaire.  Cet identifiant avec ces composantes sécuritaires existent, il s'agit de la carte d'identité numérique contenant des éléments biométriques.
Plusieurs pays comme la Belgique, le Luxembourg ou l'Estonie ont déjà mis en œuvre ces mécanismes et l'utilisent pour accéder à de nombreux services en ligne.

Par exemple l'administration estonienne propose à ses citoyens une identité numérique unique pour toutes leurs démarches, exceptés le mariage, le divorce ou les prêts bancaires. Cette identité permet de s'authentifier sur les différents services, de signer des documents administratifs et des contrats ; d'accéder à des données personnelles comme celles de la santé ou de la justice. Afin d'assurer la protection des données de ses habitants, l'Estonie a mis en place un dispositif juridique garantissant la protection des données personnelles, leur accès et leur durée de rétention.
Mais pour que cet élément soit fédérateur, il est nécessaire que l'ensemble des services en ligne puisse partager,  en toute sécurité, ces mécanismes et les données nominatives nécessaires.

Une passerelle personnalisable pour accéder aux services souhaités 

La ville numérique, c'est un ensemble de services publics et privés indépendants les uns des autres, utilisant des mécanismes d'authentification spécifique, ayant leur propre cycle d'évolution. Si cette indépendance est nécessaire et indispensable pour la protection de la vie privée et pour la sécurité de l'ensemble (une faille sur un système n'a pas de conséquence sur le système voisin), elle génère une complexité pour créer cet espace personnalisable et fonctionnellement unifié.
Puisque nous ne pouvons pas créer un système d'information uniforme, il faut mettre un élément permettant de créer cette homogénéité. C'est le rôle du portail captif.
Ses fonctions doivent être multiples. Tout d'abord, il assure les mécanismes d'authentification de l'utilisateur pour accéder aux services de la « smart city ». Il doit proposer au travers d'une bibliothèque la liste des services disponibles et compatibles avec le portail, liste dans laquelle l'utilisateur choisira ses services utiles. Il permet d'accéder aux données nominatives et privées. Pour finir, il assure une redirection vers les différents services voulus en transférant également et de façon transparente les mécanismes d'identification et d'authentification (single sign On).
Pour que cela fonctionne, il faut rendre les services compatibles, c'est l'objet de la bibliothèque d'application. Si un acteur public ou privé veut bénéficier de ce portail, elle doit proposer un service compatible avec son fonctionnement. C'est le principe de toutes les « apps store »

La « smart city » n'est pas un système d'information centralisé mais un moyen d'accès à de multiples systèmes d'information.

En résumé, la ville numérique n'est pas un système centralisé regroupant un certain nombre de services mais un ensemble de services indépendant les uns des autres fédérés autour d'un portail unique et personnalisable par l'utilisateur, garantissant l'identité de l'utilisateur et permettant d'accéder aux différents services quel que soit le moyen de connexion utilisé.

Rêve ou réalité ?

Les différentes solutions décrites ne sont pas le fruit d'une imagination débordante. Elles existent et sont opérationnelles.

Systemis développe et intègre des solutions pour mettre en place ces modèles qui permettent l'intégration des services de voix, données et images, adaptables aux besoins des utilisateurs, sécurisés (protection des données, solution d'authentification forte, protection des communications, portail adaptatif…).

Posts les plus consultés de ce blog

Le bipeur des années 80 plus efficace que le smartphone ?

Par André Spicer, professeur en comportement organisationnel à la Cass Business School (City University of London) : Vous vous souvenez des bipeurs ? Ces appareils étaient utilisés largement avant l'arrivée massive des téléphones portables et des SMS. Si vous aviez un bipeur, vous pouviez recevoir des messages simples, mais vous ne pouviez pas répondre. Un des rares endroits où on peut encore en trouver aujourd’hui sont les hôpitaux. Le Service National de Santé au Royaume-Uni (National Health Service) en utilise plus de 130 000. Cela représente environ 10 % du nombre total de bipeurs présents dans le monde. Une récente enquête menée au sein des hôpitaux américains a révélé que malgré la disponibilité de nombreuses solutions de rechange, les bipeurs demeurent le moyen de communication le plus couramment utilisée par les médecins américains. La fin du bipeur dans les hôpitaux britanniques ? Néanmoins, les jours du bipeur dans les hôpitaux britanniques pourraient être compté

Univers parallèles et mondes virtuels : la guerre des métavers est commencée

  Une partie de poker dans le métavers (capture d'écran de la vidéo “Le métavers et comment nous allons le construire ensemble” sur YouTube) Par  Oihab Allal-Chérif , Neoma Business School Le 17 octobre 2021, Mark Zuckerberg a lancé les hostilités de manière assez théâtrale, comme s’il défiait ses concurrents d’en faire autant. Afin de concrétiser son rêve d’enfant, le métavers, il a décidé de mettre en œuvre des moyens colossaux : 10 000 ingénieurs hautement qualifiés seront recrutés en Europe dans les 5 prochaines années. Cette annonce a été faite quelques jours avant celle du changement de nom du groupe Facebook en Meta , le 28 octobre, démontrant ainsi l’engagement total du fournisseur de réseaux sociaux dans la transition vers le métavers. Le 22 juillet 2021, dans une interview à The Verge , le créateur de Facebook racontait : « Je pense à certains de ces trucs depuis le collège quand je commençais tout juste à coder. […] J’écrivais du code

Sans Sauvegarde, pas de cyber-résilience

Par Alexandra Lemarigny, directrice commercial Europe du Sud Opentext Security Solutions Les études diverses sur les habitudes de sauvegarde des entreprises et leurs collaborateurs sont sans équivoque : très majoritairement, elles ne s’attardent vraiment sur ces questions de sauvegarde ou de récupération qu’en cas d’incidents. Pourtant la sauvegarde est l’élément majeur des dispositifs de cyber-résilience, à savoir la capacité à rester opérationnel, même face aux cyberattaques et à la perte de données. La sauvegarde n’est pas suffisamment considérée Dans les faits, force est de constater que la sauvegarde n’est pas envisagée dans son entièreté par les entreprises qui n’ont pas eu à subir d’accidents et il est fréquent qu’elles ne sauvegardent pas les éléments les plus pertinents. A titre d’exemples une entreprise peut ne sauvegarder qu’un ou deux serveurs, ou un élément qu’elle a identifié comme critique quelques années auparavant. Certaines ne tiennent pas compte de l’évolution de leu

Implants cérébraux : la délicate question de la responsabilité juridique des interfaces homme-machine

Dans le film Transcendance , de Wally Pfister, sorti en 2014, le héros mourant transfère son esprit dans un ordinateur quantique. Wally Pfister, 2014 Par  Elise Roumeau , Université Clermont Auvergne (UCA) Depuis quelques années, Elon Musk ne cesse de faire des annonces relatives à des avancées technologiques. Voitures autonomes , voyages interplanétaires , interface homme-machine , achat du réseau social Twitter… rien ne semble arrêter l’homme d’affaires. Aucun obstacle technique, géographique, physiologique ne lui semble infranchissable. Pourtant, ses projets pourraient, à court terme, poser de véritables difficultés du point de vue juridique. La recherche d’une fusion entre le cerveau et l’intelligence artificielle Avec Neuralink, l’un des objectifs visés par Elon Musk est de créer une interface entre l’humain et la machine . À plus ou moins court terme, le projet porte sur le développement d’implants cérébraux pour pallier des troubles neur

Sondage : quatre Français sur dix craignent le vol d'identité

Selon un sondage représentatif commandé par le fournisseur de messagerie GMX , de nombreux internautes français sont préoccupés (31%), voire très inquiets (9%), d'être victimes d'un vol d'identité. La majorité craint que des inconnus puissent faire des achats (52%) avec leur argent. Dans le cas d'une usurpation d'identité, les criminels accèdent aux comptes en ligne et agissent au nom de leurs victimes. De nombreuses personnes interrogées craignent que des inconnus signent des contrats en leur nom (37 %), que des escrocs utilisent l'identité volée pour ouvrir de nouveaux comptes (36 %) et que des informations les plus privées tombent entre des mains étrangères ou soient rendues publiques (28 %). Besoin de rattrapage en matière de sécurité des mots de passe Il est urgent de rattraper le retard en matière d'utilisation de mots de passe sûrs selon GMX : 34 % des utilisateurs d'Internet en France utilisent dans leurs mots de passe des informations personnell

Sources d’information et orientation politique : ce que nous apprend Twitter

  Par  Laura Hernandez , CY Cergy Paris Université et Rémi Perrier , CY Cergy Paris Université Plusieurs études du discours médiatique ont mis en lumière, par des analyses quantitatives et qualitatives, des soutiens à peine voilés de certains médias envers certains courants politiques . Et si l’on inversait la question ? Bien qu’on ait tendance à considérer, par exemple, qu’un lecteur régulier du Figaro s’oriente politiquement à droite, peut-on établir des corrélations à grande échelle entre choix de sources d’information et orientation politique ? Des études basées sur des enquêtes d’opinion ont montré notamment la part grandissante des réseaux sociaux dans la diffusion de l’information et le rôle qu’ils jouent dans la formation de l’opinion publique depuis une décennie, à l’image des évolutions observées lors de deux dernières élections aux États-Unis (voir ici et ici ). Les médias traditionnels ont intégré cette donnée et utilisent les réseaux sociaux en se faisant l’écho