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Piratages, fuites de données : pourquoi la France est autant ciblée

Fuites de données en cascade, attaques de plus en plus discrètes et industrialisation du cybercrime : la France apparaît comme l’un des pays les plus exposés au monde. Derrière la multiplication des incidents touchant l’État comme les entreprises, se dessine une menace durable, à la fois criminelle et géopolitique, à laquelle les pouvoirs publics tentent d’apporter une réponse. L’incident de sécurité chez France Titres, l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), survenu le 15 mars dernier, avec lequel 11,7 millions de comptes se sont trouvés exposés, est-il l’incident de trop ? En tout cas, il intervient après de nombreuses intrusions et fuites de données concernant des services publics dont on aurait pu penser qu’ils étaient beaucoup mieux protégés que les bases de données d’entreprises privées. Ce nouvel épisode montre en tout cas combien la France est une cible de choix pour les cyberpirates de tout poil. Car l’ANTS s’inscrit dans une série d’incidents réce...

Enceintes connectées intelligentes : l'offensive de Google



Le géant américain de l'internet Google lance aujourd'hui en France la commercialisation de son enceinte connectée intelligente Google Home. Disponible aux États-Unis depuis fin 2016, cet appareil piloté par la voix, vendu 149 €, ouvre ainsi la bataille des constructeurs pour la conquête d'une nouvelle dimension numérique. Avant Google, Amazon a lancé fin 2015 outre-Atlantique son enceinte connectée Echo qui fonctionne avec l'assistant Alexa. Le géant du cybercommerce a déjà écoulé environ cinq millions d'exemplaires de son enceinte qui ne devrait pas arriver en France avant 2018. Apple est aussi sur les rangs avec son Home Pod fonctionnant avec l'assistant vocal Siri. Vendu 349 €, il devrait être commercialisé en fin d'année. Microsoft, Facebook, Samsung : tous réfléchissent à de tels appareils qui constituent à la fois de véritables leviers de croissance mais aussi la possibilité de pénétrer au cœur des foyers. Orange a lui aussi annoncé en avril dernier lors de son Hello Show à Paris qu'il planchait sur sa propre enceinte connectée, Djingo, avec l'opérateur allemand Deutsche Telecom. L'enceinte d'Orange devrait sortir elle aussi en 2018.



Pour apporter un maximum de services aux utilisateurs de son enceinte, Google a signé une quinzaine de partenariats avec des services d'écoute de musique (Deezer, Spotify) des médias (France info), ou encore des industriels comme Philips et ses ampoules connectées Hue. Après la révolution du smartphone, c'est donc bien une nouvelle étape qui se dessine avec, bien sûr, ses enthousiasmes et ses craintes suscitées par ce qui est au cœur de ces enceintes : l'intelligence artificielle. Prouesse technologique qui n'en est qu'à ses débuts, l'IA soulève des questions de sécurité et d'éthique. Permettra-t-elle une amélioration de la vie de l'homme ou représentera-t-elle une menace potentielle à l'image de Hal, l'IA qui allait causer la perte des spationautes du film «2001, l'odyssée de l'espace» ?

Le débat enflamme philosophes, scientifiques… et industriels. Une passe d'armes a ainsi opposé le PDG de Facebook Marck Zuckerberg au patron des voitures électriques Tesla et de Space X, Elon Musk. Le premier voit dans l'IA une formidable opportunité quand le second estime qu'il y a urgence à réglementer une menace potentielle pour l'Homme…

Gilles Drieu"Nous lui avons appris chocolatine"
Parmi tous les projets d'Alphabet, la maison mère de Google, l'enceinte connectée Google Home, commercialisée en France aujourd'hui, représente un produit capital pour le groupe américain. Ce projet a été piloté par un Français né à Tarbes, Gilles Drieu. Pour La Dépêche, ce brillant ingénieur revient sur son parcours et sur les enjeux de Google Home.
Comment passe-t-on des Hautes-Pyrénées à la Silicon Valley ?
J'ai grandi dans le Sud-Ouest, j'ai fait mes études d'ingénieur. Je suis diplômé des Mines de Paris, spécialisé en mathématiques et en 1997, j'ai décidé de déménager vers la Silicon Valley. J'ai commencé à travailler dans une start-up pendant trois ans puis j'ai travaillé avec de plus grosses sociétés comme Adobe pendant six ans puis Apple pendant quatre ans. J'ai rejoint Google en 2014 pour intégrer l'équipe Nest puis l'équipe Google Home. Je me suis occupé de la partie logicielle de ces produits.
Google est le premier à lancer en France une enceinte connectée intelligente. La «francisation» du produit a-t-elle été le plus gros obstacle ?
Google Home est une enceinte connectée, intelligente et activable par la voix grâce à l'assistance Google. Celle-ci est basée sur des technologies d'intelligence artificielle. Les parties les plus difficiles étaient pour nous de rendre l'assistant Google français. Il fallait qu'il comprenne le langage français, qu'il le parle mais aussi qu'il comprenne la culture française. Toutes ces choses que nous tenons pour acquises car nous les avons apprises depuis que nous sommes nés, nous avons dû les apprendre à Google Home. Cet apprentissage sera ensuite continu au fur et à mesure que les utilisateurs interagiront avec Google Home.
Vous avez dû apprendre à Google Home des locutions bien françaises ?
Exactement, il a fallu lui apprendre par exemple les nuances entre pain au chocolat et chocolatine, ou encore des expressions du Nord… Bref, toute la subtilité propre à notre culture.
Quel avenir se dessine avec ce type d'appareil ? La voix sera-t-elle la nouvelle interface entre l'homme et la machine ?
Ce que nous avons observé c'est, après plusieurs années de travail, la convergence de plusieurs technologies : intelligence artificielle, apprentissage automatique, analyse du langage naturel. Nous sommes arrivés à un point de basculement où ces technologies peuvent s'allier pour rendre service aux utilisateurs dans des contextes différents. Par exemple au sein de la maison, lorsque l'on utilise ses mains pour faire la cuisine, il est pratique de pouvoir interagir par la voix avec Google Home et avec les objets connectés compatibles (lumières Philips Hue, thermostat Nest…). L'assistant Google est déjà sur les smartphones, les montres connectées, la télé : on peut imaginer tout un univers d'endroits où il peut apparaître.
Certains s'inquiètent de la protection de la vie privée. L'enceinte écoute-t-elle tout dans la maison ?
La vie privée est un sujet extrêmement important pour Google, que nous traitons avec la plus grande vigilance. Il n'y a qu'un bouton sur l'enceinte qui permet de couper les micros et des voyants lumineux permettent de vérifier cela. Ensuite, toutes les requêtes faites par Google Home sont transcrites seulement après que les mots-clés «OK Google» sont détectés localement. Avant que cette phrase ne soit prononcée, rien n'est enregistré et tout est effacé. Une fois qu'on l'a prononcée, la question est transmise à nos serveurs et toutes les requêtes peuvent ensuite être effacées par l'utilisateur à tout moment.
Google Home constitue un saut technologique, ne faudra-t-il pas un saut culturel pour que les utilisateurs adoptent de tels dispositifs pilotés par la voix ?
Notre objectif est effectivement d'aider les utilisateurs à franchir cette évolution culturelle et pour cela, nous nous focalisons sur l'expérience utilisateur. Google Home est designé pour la maison afin que les gens assimilent cet appareil dans leur vie de tous les jours avec une garantie de sécurité des données personnelles. Nous pensons que qualité et respect de la vie privée sont deux éléments essentiels du succès.

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