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Sur Internet, des adolescents confrontés de plus en plus jeunes à des images pornographiques

Par  Laurence Corroy , Université de Lorraine Si les adolescentes et adolescents se retrouvent confrontés de plus en plus précocement à de la pornographie en ligne, il leur est très difficile d’aborder le sujet avec des adultes. Retour sur une enquête de terrain alors que les éditeurs de sites sont sommés d’instaurer un contrôle d’âge pour l’accès à ces contenus sensibles. Dès que l’on parle des adolescents et de leurs relations au numérique, les débats se polarisent, sans qu’il y ait nécessairement le réflexe de recueillir leur témoignage. En recherche, il est pourtant extrêmement important de leur donner la parole, ce qui permet de mieux mesurer leur capacité d’analyse et de distance vis-à-vis des messages médiatiques. Dans le cadre de l’étude Sexteens , menée en Grand Est, nous avons rencontré plus d’une soixantaine d’adolescents pour évoquer avec eux les représentations de la sexualité et de l’amour dans les séries pour ados qu’ils regardent. Ces séries on...

Le câblage des data centers : les synapses de nos vies numériques



Par Thierry Besrest, Sales Data Center France de Rosenberger OSI

Véritables cerveaux de nos smart cities, les data centers sont devenus indispensables à nos existences rythmées par l’Internet. Depuis deux ans, ils sont le théâtre de profonds renouvellements, qui engagent notamment leur infrastructure de câblage.

Leur présence est discrète, et pourtant ils sont au cœur de nos vies numériques : depuis plusieurs années, les data centers jouent un rôle majeur dans le développement de l’Internet. Constituant la partie matérielle – et à ce titre, très concrète –  du numérique, ils se développent aux abords de nos villes et de nos métropoles, de nos villages et de nos entreprises. Regroupant tout à la fois des ordinateurs centraux, des serveurs, des baies de stockage, des équipements réseaux et télécommunications, ils sont loin d’être anodins. Les data centers sont les centres névralgiques de nos territoires, de nos services et de nos informations ; ils constituent les cerveaux de nos villes désormais smart.

De 10 à 400 Gigabit/s Ethernet

L’histoire de ces data centers a démarré il y a une trentaine d’années – une éternité au regard des progrès technologiques accomplis depuis. Nous sommes dans les années 1990 : la bulle Internet commence à se développer, et, avec elle, la nécessité de faire circuler l’information à la vitesse de cette nouvelle modernité qu’est le World Wide Web. Déployées au sein de chaque data center, les premières synapses de ces cerveaux technologiques ont la teneur du cuivre, avant que la fibre ne vienne offrir de nouvelles alternatives. Au fil des ans, les systèmes de câblage s’adaptent à l’essor exponentiel de nos data, véhiculant les données suivant le protocole Gigabit Ethernet puis 10 Gigabit Ethernet. Las ! Tout change à partir de 2017. Multiplication de nos besoins oblige : une nouvelle génération de serveurs apparaît, capable de gérer toujours plus d’informations simultanément. Particularité de ces machines : elles supportent désormais des débits de transmission non plus de 10 mais de 100 à 400 Gigabits par seconde (400 000 000 000 de 1001010010 en 1 seconde) via le protocole Ethernet. Une révolution est en marche : elle passe par une évolution majeure au sein des data centers, partout dans le monde.

Des process à respecter

Voici donc nos cerveaux technologiques transfigurés dans leur fonctionnement même. Les exigences sans cesse croissantes en termes de puissance et de débit de transmission que doivent respecter les data centers les obligent à transformer leur infrastructure de câblage. Il faut en quelque sorte déployer de nouvelles synapses, supportant des puissances de 100 à 400 Gigabit/s Ethernet. Le câblage mis en place passe ainsi de 2 à 32 fibres, voire à 64. Le prix à payer de ces connections renouvelées ne représente qu’une petite part « du cerveau » : 2% du budget total d’un data center. En revanche, l’intervention est décisive, y compris en termes « green ». Car, si ces nouveaux câbles permettent à de grands comptes tels que de grandes banques ou des compagnies aériennes de bénéficier de services plus rapides et plus fiables, ils répondent également aux nouvelles normes environnementales en vigueur – étant entendu qu’un data center, comme un cerveau humain, est hautement consommateur en dépenses énergétiques.

N’est pas chirurgien qui veut : ces opérations d’installation doivent respecter des normes spécifiques. Phase de test, phase de certification… Les process sont rigoureux et assurés par des techniciens spécialisés et spécifiquement formés. L’enjeu est de taille : une installation mal faite et c’est tout un écosystème de vies, d’activités, de produits et de services, qui se trouve paralysé en une fraction de seconde.

Ici se situe peut-être l’une des difficultés que nous rencontrons actuellement : si nous bénéficions avec ces nouveaux câbles d’outils techniquement performants, il convient d’être vigilant quant à la compétence des personnels en charge du renouvellement de nos « data synapses ». La stratégie n’est pas seulement dans la technologie : elle est aussi dans la justesse du geste humain qui l’accompagne.

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