Par Pascal Lardellier , Université Bourgogne Europe Le complotisme fait un étonnant retour dans l’actualité depuis plusieurs années, tout à la fois objet de débat public et catégorie d’accusation. Pas une polémique, pas une affaire dans l’actualité sans que l’assignation ne surgisse, comme explication du problème et ostracisme disqualifiant. Car le terme « complotiste » fonctionne comme une disqualification, qui exclut du champ de la parole légitime. Comment expliquer sa récurrence ? Nous vous proposons aujourd’hui de lire un extrait de l’essai de Pascal Lardellier, le Nouvel Âge du complotisme. Post-vérité : quand le réel vacille (éditions de l’Aube, 2026). Pendant une large partie du XX e siècle, l’hypothèse selon laquelle des groupes influents orientaient les destinées collectives ne relevait pas de la pensée marginale. Elle constituait au contraire une grille de lecture nourrie par l’observation de certaines structures de ...
Par Laurent Porracchia, Responsable des ventes et membre du Comité Exécutif d'Airbus CyberSecurity
Le secteur de la cybersécurité se révèle aujourd’hui porteur d’un fort paradoxe : bien repéré par l’opinion publique, il peine à trouver des professionnels aguerris. Le sujet fait pourtant la une de nos journaux : en 2018, selon une étude de F-Secure, les cyberattaques ont augmenté de 32%, et la délinquance cybernétique a coûté quelque 600 milliards de dollars, contre 445 il y a seulement 4 ans (source Allianz). À l’échelle planétaire, les cyber-incidents sont devenus les premiers risques pour les entreprises, ex-aequo avec les interruptions d’activité. Voilà pour la partie émergée de l’iceberg… Car d’un autre côté, la pénurie de main d’œuvre du secteur est criante, avec seulement 1 recrutement pourvu sur 4 émis. Selon le Fongecif, 6000 postes restent encore à pourvoir en Ile-de-France, région qui emploie 70% des 24 000 salariés recensés à l’échelle nationale… Pour l’essentiel, il s’agit de CDI à temps complet !
Une élite au sein de nos entreprises
Les besoins sont donc bien là, et les métiers suffisamment variés pour accueillir un large panel de profils. La filière cybersécurité comporte actuellement 18 métiers, qui recrutent à partir du bac + 2, et ce jusqu’au bac + 8. Cinq types de métiers sont envisageables, de l’organisation de la sécurité et gestion des risques au conseil, du management de projet à la maintenance, sans oublier les fonctions support et la gestion d’incidents. Les besoins les plus saillants en termes de recherches concernent les consultants, les veilleurs-analystes, les chefs de projets, les architectes sécurité et les administrateurs. Les formations sont également là, qu’elles soient longues (licences professionnelles, masters… 150 au total) ou courtes (400 actuellement recensées).Que se passe-t-il donc ? Méconnue, pâtissant sans doute de sa dimension technique, force est de constater que la cybersécurité peine à attirer à elle les jeunes ou les salariés en quête de reconversion. Question de communication assurément ; question d’image également. Il y aurait fort à dire de ce métier dont les attributs répondent tout à fait aux enjeux de notre époque. Garants de la sécurité de nos données et de nos réseaux, les « cyber agents » veillent sur nos vies. Agissant dans l’ombre, devant faire preuve tout à la fois de sang-froid, de compétences et d’esprit d’équipe, ils constituent une élite au sein de nos entreprises, au même titre que nos pompiers ou nos forces de l’ordre à l’échelle sociétale. Comment passer à côté de la noblesse de leur tâche ? Il est urgent de construire autour de la figure de ces experts un story telling à la hauteur du rôle qui est le leur au quotidien, et qui constitue la garantie même de la stabilité de notre monde.


