Industrie, médecine, agriculture, BTP : les promesses des exosquelettes

 

Wandercraft

C’est un harnachement qui a longtemps relevé de la science-fiction : des hommes enfilaient une lourde combinaison qui leur permettait de décupler leurs forces, soulever de lourdes charges en se jouant des obstacles, Les exosquelettes – ou squelettes externes à assistance motorisée – sont aujourd’hui une réalité et dépassent le seul cadre d’un usage militaire. Comme souvent, en effet, ce sont les armées qui se sont intéressées de près au sujet : en 2016, l’armée de terre américaine et le corps des fusiliers marins avaient ainsi développé PowerWalk, un exosquelette qui récupérait l’énergie grâce aux mouvements des jambes des soldats. Des soldats plus autonomes et plus endurants.

En mars dernier, le Battle Lab Terre de l’Armée de terre française, a lancé une campagne exploratoire de mise en situation opérationnelle des exosquelettes passifs, acquis par l’Agence Innovation Défense (AID), auprès de la société Mawashi. Trois régiments ont mené des tests (1er RCP, 17e RGP et 13e BCA). Le Battle Lab Terre interroge également l’apport d’une telle technologie lors d’une mission type Sentinelle.

De l’industrie à la médecine

Mais les exosquelettes se développent désormais dans la sphère civile avec différents degrés de sophistication. Ils intéressent beaucoup l’industrie (automobile, aéronautique), le secteur du BTP ou l’agriculture, autant de domaines où l’on est amené à porter de lourdes charges. Dans le domaine de la viticulture par exemple, des vignerons ont essayé plusieurs types de harnais (Corfor, Hapo, Lift suit…).

L’exosquelette est également utile dans le domaine médical. Wandercraft, spécialisée dans la robotique dynamique de marche, commercialise un exosquelette dédié à la rééducation depuis 2019. Son exosquelette Atalante vient d’être adopté par les hôpitaux AP-HP Rothschild à Paris, Raymond-Poincaré AP-HP à Garches et par la Clinique des Trois Soleils à Boissise-le-Roi. « L’exosquelette auto-stabilisé de Wandercraft nous intéresse particulièrement car, en libérant la partie supérieure du corps du patient, il permet d’imaginer de nouvelles approches thérapeutiques en dédiant la marche ainsi retrouvée à une activité intégrant l’utilisation des mains. Des traitements plus intensifs et plus précoces sont envisageables, avec une motivation accrue des patients et une charge diminuée pour les soignants », se félicite le professeur Philippe Thoumie, chef du service de rééducation neuro-orthopédique de l’hôpital Rothschild AP-HP.

« Nous attendons de ce dispositif qu’il nous aide à proposer des traitements optimaux pour tous types de patients, en particulier ceux atteints d’une lésion cérébrale aiguë ou d’une lésion médullaire. » explique le professeur Djamel Bensmail, chef du service de MPR de l’hôpital Raymond-Poincaré AP-HP. Wandercraft travaille avec des laboratoires universitaires de robotique dynamique et des équipes médicales de premier plan, en Europe et aux Etats-Unis.