Par Pascal Lardellier , Université Bourgogne Europe Le complotisme fait un étonnant retour dans l’actualité depuis plusieurs années, tout à la fois objet de débat public et catégorie d’accusation. Pas une polémique, pas une affaire dans l’actualité sans que l’assignation ne surgisse, comme explication du problème et ostracisme disqualifiant. Car le terme « complotiste » fonctionne comme une disqualification, qui exclut du champ de la parole légitime. Comment expliquer sa récurrence ? Nous vous proposons aujourd’hui de lire un extrait de l’essai de Pascal Lardellier, le Nouvel Âge du complotisme. Post-vérité : quand le réel vacille (éditions de l’Aube, 2026). Pendant une large partie du XX e siècle, l’hypothèse selon laquelle des groupes influents orientaient les destinées collectives ne relevait pas de la pensée marginale. Elle constituait au contraire une grille de lecture nourrie par l’observation de certaines structures de ...
Les jeunes ont un rapport à l'information différent de celui de leurs aînés, mais subissent peut-être davantage la fatigue émotionnelle. Pexels/Hasan Zahra , CC BY-NC-ND Par Arnaud Mercier , Université Paris 2 Panthéon-Assas Beaucoup d’idées simples (quand elles ne sont pas tout bonnement fausses) circulent sur le rapport des adolescents et jeunes adultes à l’information. Ils manqueraient d’appétence pour l’information, seraient frivoles dans leurs centres d’intérêt, délaisseraient la télévision, seraient plus prompts à être bernés par les fake news… Ces idées reçues trahissent une incompréhension des adultes vis-à-vis d’une jeunesse qui n’adoptent pas tous leurs réflexes et usages lorsqu’il s’agit de s’informer. Et un fossé générationnel s’est en effet creusé en la matière qui engendre des incompréhensions et des jugements de valeur hâtifs.Heureusement, de nombreuses données d’enquête permettent de dresser un portrait très différent d...